Structure du Tarot : La voie de la contradiction

Structure du Tarot : La voie de la contradiction

 Le Monde 

L’Atout XXI n’est pas seulement le dernier Atout du Tarot et la manifestation d’un ensemble complet et parfait, d’une réalisation définitive, il donne la clé de la voie du Tarot qui est une voie de la réconciliation entre des forces contradictoires au sein d’une même dynamique. Ainsi, le mouvement giratoire qui lie Vache sacrée, Lion sacré, Aigle céleste et Ange divin accompagne la voie d’une humanité qui suit quatre Âges en relation avec les quatre Couleurs du Tarot : la Vache correspond à l’ère de Denier (préhistoire néolithique), le lion à l’ère de Bâton (Antiquité et Moyen-Age), l’aigle à l’ère rationnelle, moderne et industrielle (XVIIe à nos jours), et l’ange annonce un futur lié à l’ère dernière, l’ère spirituelle. Mais ce n’est pas la seule structure lisible dans cet Atout XXI. La Danseuse qui est au centre ne se lie aux autres Atouts que si Vache et Aigle (ou Denier et Épées), mais aussi Lion et Ange (ou Bâton et Coupes) vont l’un vers l’autre pour se rencontrer au centre. Telle est la voie de la Contradictoires du Niveau I et IIIcontradiction, car ces Cartes ou Couleurs sont à l’opposé l’une de l’autre. La Vache est en effet féminine, de terre et dès lors sèche et froide quand l’Aigle est masculin, d’Air, et dès lors chaud et humide. Et le Lion est masculin, de feu et dès lors sec et chaud, tandis que l’Ange est féminin, d’eau et dès lors humide et froid.

Sachant que chacun de ces Personnages sacrés de l’Atout XXI représente à la fois une Couleur et un Niveau du Tarot, cette Carte nous donne la clé d’un cheminement spirituel à suivre : les Atouts du premier Niveau et ceux du troisième Niveau (ceux qui correspondent aux Deniers, à l’élément Terre et à la Vache sacrée pour le premier Niveau et aux Epées, à l’Air et à l’Aigle pour le troisième Niveau), ainsi que les Atouts du second Niveau et ceux du quatrième Niveau (des Bâtons, le Feu, et du Lion, face aux Coupes de l’Eau et de l’Ange) doivent être emmenés l’un vers l’autre. Car, par delà la contradiction, se trouve un chemin de traverse, qui permet à ces éléments de se retrouver, de s’unir deux par deux : Terre et Air, Feu et Eau et de faire naître l’Unité qu’incarne la Danseuse. Et c’est ce que manifeste les Nombres que partagent ces Atouts : ainsi, il y a une relation particulière, faite de contradictions, mais aussi d’intimes relations entre les Atouts I et XI, II et XII, III et XIII, IIII et XIIII, V et XV ; puis entre les
Contradictoires Niveau II et IV
Atouts VI et XVI, VII et XVII, VIII et XVIIII, VIIII et XVIIII et enfin X et XX.

Ainsi pour prendre un exemple, il y a une évidente contradiction entre L’Empereur et Tempérance : L’Empereur représente l’autorité mâle faite pour encadrer, protéger et diriger une communauté, que ce soit la communauté familiale ou politique. C’est une relation très verticale, car hiérarchique :
il est celui qui donne ses ordres et les autres obéissent. Et face à l’extériorité (les étrangers par exemple), il oppose de très fermes frontières. Tempérance représente au contraire, les échanges et partages horizontaux, là où une certaine égalité s’affiche entre tous, afin de permettre le partage culturel. Et loin d’opposer une frontière étanche aux étrangers, Tempérance ne demande qu’à les rencontrer, à les accueillir, et à s’enrichir de leurs cultures, de leurs arts, de leurs apports… et à devenir leur ami dans la plus parfaite égalité et par la réciprocité de la relation.L'Empereur et Tempérance

Mais, si L’Empereur ne fait pas un pas vers Tempérance pour le rejoindre, et si Tempérance n’accompagne ce mouvement de son propre élan vers L’Empereur, chacun s’enferme dans une manière d’être qui perd toute vertu.

Ainsi L’Empereur ne saura pas se mettre au niveau de ses administrés, si un père être l’ami de son fils ou de sa fille, s’il n’y a pas d’échange, d’écoute, de partage. Le pouvoir qu’il incarne devient alors tyrannique.

Et si Tempérance ne sait pas conserver ses frontières, sa propre culture, ses propres traditions, lorsqu’il s’ouvre aux autres, il peut très vite être noyé et perdre son identité. 

L’équilibre même de chacune de ces deux Cartes impose de faire un certain chemin pour rejoindre l’autre Carte, même si, au départ, leur expression est à l’opposée l’une de l’autre.

On peut donc dire qu’un véritable Souverain (ou un véritable Père terrestre) n’est accompli qu’en étant capable d’être l’ami de ceux qu’il dirige, tout comme un ami ne pourra être un ami véritable qu’en ayant fermement conscience de son identité propre et de ses frontières psychiques (ses limites).

Contradictoires du Niveau I et IIIOn retrouve un même croisement entre toutes les Cartes qu’unissent le même Nombre : Le Bateleur qui débute et a devant lui tout son potentiel a besoin d’apprendre à dominer celui-ci par une véritable maîtrise, ce qu’incarne La Force. Et de même, celle-ci ne trouvera la plénitude de son être que si elle n’oublie pas le tout petit, le débutant, l’humble joueur qui est en elle. La Papesse, enfermée dans sa bibliothèque et ensevelie sous ses voiles, cultive l’abnégation du Pendu, sa patience, et son aptitude à relier la Terre au Ciel, tandis que ce dernier n’oublie jamais que les fruits de son travail, même s’ils n’apparaissent pas, finiront par murir, car aucun de ses efforts ne sont vains dans l’ensemencement qui est le sien d’une Nouvelle Terre. L’Impératrice sait qu’en donnant la vie, elle fait don de la mort, et cette dernière sait qu’elle est entièrement au service de la vie vivante, et enfin, Le Pape au service de son Eglise doit faire place aux critiques de l’athéisme et du rationalisme qu’incarne Le Diable, quand ce dernier doit se garder de devenir un guru manipulateur en développant une spiritualité humaniste.

D’un autre côté, L’Amoureux éprouve la puissance bouleversante de l’amour érotique sous la forme de la foudre, quand La Maison Dieu fait de tout bouleversement une occasion d’aimer et de changer de vie, Le Chariot est guidé par la chance à l’état pur qu’incarne L’Étoile, tandis que cette dernière, jardinière de l’Eden, conquiert, exploratrice, et Chariot du Cosmos, l’ultime Terre, le Jardin à la fois céleste et terrestre. La Justice incarne la froide raison mais pour mieux s’élever à la conquête de l’intuition que représente La Lune, quand le rêve que représente cette dernière vise la conscience et l’objectivité de La Justice. Le froid, hivernal et ancestral L’Hermite devient, par sa transmission, un père solaire, quand Le Soleil qui aime ses enfants dans la plus stricte égalité, veille à ne pas les écraser sous sa magnificence, en se retirant, Saturne sage, premier L’Hermite, de sa propre plénitude pour l’offrir à ses enfants. La terrible Sphinge de la Roue de Fortune ne peut être vaincue que par l’intuition de ce qu’est vraiment l’être humain, ce que souffle l’ange du Jugement, quand ce dernier tempère son exultation pour devenir le Juge suprême.Contradictoires Niveau II et IV

A ce travail qui impose un croisement de chaque Niveau au sein de chacune des Verticales du tarot, il faut cependant adjoindre le travail sur le Tarot secret qui traverse en Croix les Verticales et les Niveaux du Tarot. Ainsi, on apprend que L’Empereur ne peut se réaliser pleinement dans sa mâlitude qu’en découvrant en lui L’Étoile, son anima ; et tout de même que Tempérance doit s’adjoindre au Chariot pour aller jusqu’au Monde. La voie du Tarot sera alors, non celle de la contradiction, mais des complémentaires, dont nous avons vu déjà l’importance dans l’étude du tarot secret. 

Enfin, la Structure du Tarot met encore en lumière, la proximité des Niveaux I et IV, Niveaux féminins, de Terre et d’Eau, de Denier et de Coupes, tout comme celle des Niveaux II et III, Niveaux masculins, de Feu et d’Air, de Bâtons et d’Epée. Ainsi, il y a une affinité entre Le Bateleur et La Maison Dieu, La Papesse et L’Étoile, L’Impératrice et La Lune, L’Empereur et Le Soleil, Le Pape et Le Jugement, tout comme entre L’Amoureux et La Force, Le Chariot et Le Pendu, La Justice et L’Atout XIII, L’Hermite et Tempérance et enfin entre La Roue de Fortune et Le Diable. Cela mérite, là aussi, cependant, une étude particulière.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atout XVII- L’Étoile

L’Étoile

Atout XVII

Foi, mystère sacré, destinée

La Vierge aux grâces et au manteau étoilé

Chant des étoiles, bain de lumière stellaire

Intuition et clairvoyance

Simplicité d’être

Anima, féminité virginale et maternelle

Service, don, altruisme

Vulnérabilité, servitude et humiliation

 17 Etoilenuit

 

Le deuxième Atout du dernier Niveau du Tarot est l’un des plus beaux. Il s’agit de L’Étoile. C’est un Atout de la Nuit, du Mystère sacré, de l’Anima, de la féminitude dans son éternelle virginité. Il n’est pas faux de le considérer comme l’un des Atouts les plus bénéfiques du Tarot, « Atout de la chance pure » disent certains taromanciens, car cet Atout parle effectivement des Bénédictions du Ciel au même titre que tous les Atouts du 5e Niveau, celui qui exprime les émanations du Ciel et la possibilité humaine de les recueillir.

Etoile-viellevilleCertains pourraient s’étonner de cette interprétation qui fait de L’Étoile un Atout cosmique où est en jeu des émanations du Ciel puisque c’est un Ciel étoilé et non un astre qui émet des gouttes de lumières qui est représenté là. Mais le Ciel étoilé des rêves est un Ciel qui offre un bain de lumière, une onde stellaire, et un chant d’étoiles. Regardez le très inspiré Tarot Vieville et son interprétation de l’Atout XVII : un savant, certainement un astronome ou même un astrologue, est assis sous un ciel étoilé, où une immense étoile suinte des gouttes de lumière, à l’instar de La Lune et du Soleil. 

Le dernier Niveau du Tarot est en effet en relation harmonique avec les Coupes et l’élément Eau qui n’est pas l’eau terrestre, mais la rosée spirituelle, l’eau qui s’épanche du Ciel pour nourrir la Terre de sa spiritualité. Avec L’Étoile, nous avons le seul Atout qui traduit très clairement cette réception de la pluie stellaire, de l’onde divine, puisque la jeune femme possède deux vasques remplie de cette eau divine dont elle épanche le précieux contenu dans l’eau et le sol de la Terre.

L'Etoile-sforzaComme aucun autre Atout, L’étoile est, de ce fait, signification du destin ultime de l’être humain : faire le lien entre le Ciel et la Terre, devenir le Gardien et le Protecteur de la biosphère, créer et entretenir l’Eden, ce Jardin céleste et terrestre à la fois que seule l’individualité sainte peut en effet servir. L’Étoile est la Jardinière divine du Tarot. 

Si L’Étoile est à même de devenir ce Serviteur du divin (on la voit un genou à Terre, le genou droit et non le gauche : elle ne sert pas le Roi, le pouvoir politique, mais le divin lui-même), c’est parce qu’elle a renoncé aux expressions égotiques de son être. L’Étoile est une altruiste. Appartenant à la Verticale de l’altérité, elle ne représente le plus haut aboutissement. Après avoir porté l’altérité en soi avec La Papesse, après l’avoir aimé dans son exotisme avec Le Chariot, après avoir appris à supporter son oppression sans se perdre soi-même avec Le Pendu, L’Étoile a appris à Servir et à Aimer. Elle répand sur le monde le flux de sa compassion et de sa tendresse. 

Elle  fut libérée des obsessions égotiques et de la volonté de contrôle par La Maison Dieu. Nue, elle incarne la Simplicité sainte. Entièrement tournée vers la gauche, elle est Méditation et Prière dans son activité même. Elle est Marthe parce que Marie. Et cette oraison qui l’accompagne en tout ce qu’elle fait l’a conduit à l’acceptation la plus parfaite de son destin. Elle n’a nul besoin de le contrôler. Elle a acquis tout ce que Le Pendu a su comprendre de la réalité et désormais, elle a les mains libres pour agir en fonction de ses intuitions fulgurantes et profondes. Elle a la foi et celle-ci s’enracine dans sa confiance absolue dans sa mission sur Terre.

3e oeilLe corps de L’Étoile et son Moi ont été ouverts aux émanations célestes. Et en son être, pénètre les énergies stellaires, symbolisées par la Couleur bleu nuit, bleu presque Indigo, bleu du chakra du troisième œil qui donne la connaissance intuitive et même la clairvoyance. Ce chakra n’est ouvert que quand l’être humain accepte de s’en remettre entièrement à une destinée imprévisible et à sa bonne étoile. Il obtient alors la connaissance véritable. Il voit. Il a les yeux ouverts. Il sait. D’où cette représentation du chakra frontal par un oeil.

Le Serviteur du divin n’a plus jamais peur, n’est plus jamais humilié quoiqu’il arrive, n’est plus jamais en colère. Il sait que tout son être Sert la vérité, la connaissance, l’action juste, le bien. Il agit en étant les mains du Seigneur dans la tendresse, la compassion maternelle. L’Étoile est en effet l’Atout liant le virginal au maternel.

Écoutons ce que dit G. Romey des rêves de Ciel étoilé : « Un ciel de nuit bleue, plein d’étoiles, est un vaste manteau de mystère offrant au regard la contemplation de l’impénétrable. » Un tel rêve de nuit étoilée est rêve de musique des sphères, et les étoiles du ciel emmènent vers la foi, de laquelle la confiance en sa destinée est toujours l’expression la plus sûre : le Ciel étoilé, en effet, « rétablit un rapport de confiance avec le Mystère ». L’étoile toujours montre le chemin. Elle rend l’être à sa simplicité et lui ouvre la porte de la véritable liberté. On ne peut se tromper en suivant sa bonne étoile. Celle-ci ouvre le chemin et mène à la sagesse. C’est un symbole évident de Vénus, mais avant elle d’Ishtar, la Déesse mésopotamienne qui a inspiré l’image d’Ashéra, la Déesse compagne de Yahvé avant l’instauration du monothéisme hébraïque. Comme Ishtar, L’Étoile du Tarot a huit branches. Elle est le guide de tous les bergers et de tous les voyageurs.

En tant qu’étoile du matin et étoile du soir, L’Étoile est aussi ce qui fait le lien entre le jour et la nuit et, dans le Tarot, entre La Lune et Le Soleil qui vont suivre. Entre ces deux mondes et leurs valeurs opposées, elle est fille qui rend le flux des informations possibles. Elle éclaire Le Soleil des intuitions de la Nuit et de La Lune, et elle permet à celles-ci de s’exprimer dans le monde solaire de l’action et de la réalisation.letoile (1)

En acceptant l’imprévisibilité du devenir, expression de la liberté divine elle-même, le rêveur renoue avec la féminité de son âme, son anima. Et tout en lui devient onde : « L’étoile du rêve dit la Source primordiale et le flux de vie qui composent un destin. Elle est du monde de l’humide. Elle est eau, femme, animal. Sa lumière est une lumière qui baigne » rappelle encore G. Romey. Sa longue chevelure ruisselle sur son dos et rejoint l’eau de la rivière. Dans cette humidité féminine et spirituelle, elle a su recueillir l’eau stellaire pour la répandre dans la rivière (l’eau de la terre, les émotions) et sur la terre (les réalisations concrètes), et ainsi transformer la Tour en Arbre de Vie, et la verticalité humaine en verticalité qui entraîne la totalité du monde naturel dans ce lien entre le Haut et le Bas.

Mais bien sûr, L’Étoile bien qu’Atout merveilleusement béni, comporte des significations propres au Niveau III du Tarot, Niveau en lien avec les Épées et l’Air, Niveau des épreuves et des vertus humaines issues de ces épreuves. L’Étoile parle alors de la grande vulnérabilité d’une personne incapable de voiler ses intentions et sa bienveillance et qui se heurte aux manipulations, mensonges, et violences d’autrui. Si elle est protégée, elle est aussi en butte à de nombreuses épreuves qui l’a rapprochent du Pendu, son prédécesseur dans la Verticale des II. Serviteur du Divin, sa foi la protège alors de l’amertume et du désespoir. 

N’oublions pas aussi que le complémentaire de L’Étoile est L’Empereur : sans la réalisation concrète que représente ce dernier, sans la force mâle de celui qui impose sa loi au monde, L’Étoile reste dans les rêveries de la nuit et ne parvient pas à sortir de son seul élan spirituel. L’Étoile tend, si elle ne trouve pas en elle la force de son complémentaire L’Empereur, à rester une sorte de Pierrot lunaire, étourdi, un peu perdu dans le monde réel. Elle reste alors Marie, celle qui prie, sans parvenir à être Marthe, celle qui Sert dans le monde concret. 
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En lien avec le premier Niveau du Tarot, L’Étoile parle de la jeune fille éternelle, de ces femmes qui ne peuvent jamais sortir complètement de l’adolescence, de celles qui sont liées à leur Mère pour toujours, qui n’ont donc jamais d’enfants, dont le destin est d’être la tante parfaite, l’amie de sa mère, la femme enfant de son amant. Ce n’est pas une femme qu’on épouse ou alors c’est une femme qui ne peut évoluer vers la maternité. En vieillissant, elle reste lune éternelle vieille jeune fille. Elle est bien plutôt destinée à être la maîtresse d’un amant plus âgé. Pour advenir à la plénitude de son destin et sortir de l’état de jeune fille, il lui faut rencontrer Le Père et l’homme (par une psychanalyse ou en se mariant avec l’amant et en ayant des enfants).

En lien avec le second Niveau du Tarot, L’Étoile renvoie aux métiers liés à la féminité adolescente, mais aussi à ceux qui traitent de l’eau (travail sur les rivières et fleuves comme pénichiers), de la nature (agriculteur), des oiseaux (ornithologue par exemple). Les métiers de la nuit sont possibles aussi. L’art est en jeu parce que la beauté de la jeune fille renvoie aux peintures et sculptures.

cendrillonEn lien avec le troisième Niveau du Tarot, L’Étoile indique une période de grande vulnérabilité, un manque de souci des apparences, une trop grande transparence de soi. On ne sait pas se protéger. Il faut apprendre à revenir à La Papesse et à son message : savoir se préserver du regard d’autrui. 

L’Étoile renvoie aussi à une idéalisation coupée de toute réalisation. Il faut désormais passer à l’action.

Enfin, l’Atout XVII parle d’humiliations, de vexations, de blessures d’amour-propre, et souvent d’exploitation et de servitude.

Dans l’univers patriarcal qui fut celui de l’ère de Bâton et qui reste en partie celui de l’ère des Épées, les femmes sont toutes des Étoiles entrées dans une servitude, une humiliation, une non-reconnaissance de leur valeur terrestre et spirituelle invraisemblable. Ventres reproducteurs à la filiation des fils, servantes de leurs époux et de leurs fils, esclaves sexuelles, elles ont enduré une aliénation de leur féminité durant plusieurs millénaires.

Mais nous sommes en passe de quitter l’ère d’Épée et d’entrer dans l’ère des Coupes. Alors la féminité ne sera plus un poids et un enfermement, mais le moyen d’une révélation et d’un sacerdoce spirituel qui feront des femmes les guides des hommes, de leur fils, de leur frères, de leur compagnon de vie, de leur amant. Toutes alors seront proches de la Bien-Aimée du Cantique des cantiques. 

Les grandes vertus qui ressortent de ces longues épreuves et qui seront transmises aux hommes, ce sont l’humilité sans humiliation, mais aussi la franchise et la droiture sans exposition à un excès de vulnérabilité.

Mexico-ND-de-Guadalupe-vierge-gros-plan--2-En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, L’Étoile parle de l’âme humaine dans sa relation avec le mystère de sa destinée. Elle est aussi le symbole de la Vierge divine qui, dans la religion chrétienne a pris la forme de Marie, mais qui existe dans d’autres cultures. Ainsi, elle est Perséphone pour les Grecs, et Proserpine pour les Romains, cette Déesse essentielle aux mystères d’Éleusis. 

D’où cette désignation ancienne qu’on trouve aussi dans Convers par exemple : Le Toille. La Toile qui entoure le corps nu de la jeune vierge de l’Atout XVII n’est autre que le manteau étoilé de Marie. Cette jeune fille est, en tant qu’âme humaine, en tant que représentante du Féminin sacré dans sa virginité immaculée, l’éternelle Vierge qui est aussi la Mère divine la plus tendre. Toujours accompagnée de l’oiseau car il fait le lien entre le Ciel et la Terre, entre la vie, la mort et la renaissance, qu’il soit rapace noir dans les religions anciennes, colombe blanche dans la religion chrétienne. La Vierge sainte est celle qui offre au monde l’Eau céleste de vie, l’onde qui permet de revivre en accord avec sa destinée, l’onde qui sauve. N’oublions pas l’importance, pour les Apparitions de la Vierge Marie, de ce flux de grâces qui toujours se répandent de ses mains au monde. C’est L’Étoile éternelle de tous les Peuples. 17 Etoile

Nous avons privilégié le bleu nuit pour illustrer L’Étoile, mais nous voyons que le choix de Pamela Smith d’un bleu turquoise pour signifier le Ciel et le manteau de Marie est parfaitement légitime : cette couleur turquoise qu’on retrouve sur les Bouddhas et en Iran est le symbole de la guérison spirituelle et physique, ainsi que de l’amour inconditionnel qui sont les attributs de la Vierge Marie dans la vision chrétienne de la Mère divine. c’est aussi la couleur du ciel à l’aurore, quand l’étoile du matin, fille astrale, fait le lien entre sa mère, La Nuit-Lune, et son père, Le Jour-Soleil. 

Comment terminer ce petit moment passé avec L’Étoile sans offrir une prière à la Puissance féminine virginale et maternelle, et qui offre à l’humanité refuge, protection et consolation. L’Étoile est la médiatrice par excellence. L’énergie qui permet à  l’humanité de supporter le feu du Ciel pour en répandre la semence sur la Terre. 

Mère divine, Mère de tendresse et d’amour,

Étoile du matin et Étoile du soir,

Rose parmi les roses,

Guide, Protectrice et Bienfaitrice de l’humanité,

Sois infiniment remerciée pour le flux ininterrompu de  grâces que tu offres à l’humanité depuis toujours et pour toujours,

Ainsi que pour ton amour maternel miséricordieux.

Libère l’humanité de la guerre, de la corruption, des effets pervers de la mondialisation et de la finance, de l’injustice, de l’envie, de la maladie, du désordre climatique, de ses causes et de ses effets. De l’obscurantisme, tout comme du manque de foi et de spiritualité. Ainsi que de tout ce qui l’accable.

Ouvre maintenant le coeur de tous les êtres humains à l’Esprit saint de Jésus et au flux de tes grâces.

Que chacune et chacun connaisse et accomplisse sa mission sur Terre dans la joie, la santé et le bonheur et la bonté !

Que chaque peuple soit heureux de former avec tous les autres cette humanité une, et arc en ciel, que tu désires !

 

 

 

Atout XVI-La Maison Dieu

La Maison Dieu

Atout XVI

La Porte du Ciel, la Tour

L’inversion des points de vue

La Révélation, l’Illumination

La Transfiguration

L’Épreuve majeure

16maisondieu 

La Maison Dieu est l’Atout qui pose le plus de problèmes d’interprétation. Certains y voient un feu d’artifice, une fête nationale, le 14 Juillet, une manne céleste, un coup de chance incroyable, un trésor qui bombe du Ciel… et d’autres la Tour de Babel, la catastrophe radicale, un cataclysme naturel, et d’une manière générale le coup de sort qui tombe sur la tête du consultant comme la foudre du Ciel pour détruire sa vie et ses espoirs. Et rien, dans la seule iconographie de la Carte, ne nous permet de trancher entre ces deux interprétations tellement opposées. Pour pouvoir interpréter de manière juste cet Atout, il est donc nécessaire, encore une fois, de le situer dans le Système en 4×5 et comprendre la signification du nombre XVI.

Tout d’abord, il s’agit de l’Atout le plus élevé de la Verticale des I. Il nous parle donc, au sein du cheminement de l’individualité humaine en construction, de la dernière étape, avant que la Réalisation parfaite engagée par la voie initiatique s’exprime dans le dernier Atout du Tarot qui est aussi un Atout où le I est en jeu : Le Monde, Atout XXI. Ce n’est pas un hasard si La Maison Dieu se trouve au-dessus de La Force dans cette Verticale des I : alors que l’individualité représentée par l’Atout XI est fermement installée dans son être (contrairement à L’Amoureux divisé, partagé, tiraillé entre les influences contradictoires qui sont en lui), cette individualité arrivée au Niveau des Calices qui recueillent les émanations du Ciel et la rosée spirituelle doit désormais s’ouvrir au divin. C’est ce que représente l’iconographie de la Tour qui, dans le Tarot de Marseille classique (Conver) est solide, ferme, parfaitement linéaire dans sa verticalité, mais voit sa couronne crénelée ouverte sur le Ciel : la Tour est ouverte et peut recevoir toute la rosée spirituelle qui tombe en pluie du Ciel. 

as-de-coupeLa Maison Dieu est aussi l’Atout qui commence le dernier Niveau, le 4e Niveau du Tarot qui est en relation harmonique avec les Coupes. Tous les Atouts de ce Niveau sont en effet des Calices permettant de recueillir les émanations du Ciel, des émanations très visibles sur les iconographies des Atouts à partir de l’Atout XVI. Ce sont les Grâces et l’aptitude humaine à les absorber que représentent tous les Atouts du dernier Niveau du Tarot. Dans ces conditions, ils ne peuvent jamais être interprétés comme des Cartes négatives. Mais bien sûr, comme toute Carte, les Atouts-Calices obéissent aux quatre Niveaux d’interprétation et ont donc, parmi les significations familiales et corporelles, sociétales, et enfin spirituelles des significations d’épreuves et de la construction de vertus correspondant au 3e Niveau du Tarot en relation harmonique avec les Epées.

Cet Atout de l’Individualité humaine en construction manifeste par son Nombre, le XVI, qu’avec lui tout de la Terre est en place, mais qu’en ce qui concerne le Ciel, un seul Calice est ouvert. Ce dernier est représenté par le premier V, c’est celui de l’aspect mâle du Ciel (ou terre du Ciel qu’incarne aussi, dans les Nombres, l’élément Air et qui est issue de la digestion des grandes épreuves de la vie humaine en une vertu essentielle). Le deuxième Calice, celui qui permettra de recueillir les émanations du Ciel, est à construire, et cette construction qui se termine avec l’Atout XX commence avec La Maison Dieu.

C’est en ayant en tête le croisement de la Verticale des I avec ce 4e Niveau du Tarot, et en n’oubliant pas la posture de première Carte de ce dernier Niveau du tarot que nous pouvons aborder en toute sécurité l’iconographie pour l’interpréter. Que voyons-nous ? Quels éléments doivent être immédiatement et objectivement saisis dans cette iconographie ? Quatre éléments essentiels (n’oublions pas que le XVI est un 4×4, le nombre quatre est redoublé quatre fois) ressentent de la Carte : une Tour d’abord, deux personnages dans une posture inversée (les pieds dirigés vers le ciel, les mains sur le sol), des boules multicolores qui tombent du Ciel, une plume ou série de plumes qui relie (nt) le haut ouvert de la Tour au Ciel.

Que signifie la Tour ? C’est une construction en pierres, souvent carrée, très élevée. C’est une image qui est l’exacte représentation du XVI en tant que 4 fois 4. Or, le 4, représenté dans le Tarot par L’Empereur, est comme les édifices en pierres symbole de frontière, solidité et base. Il est le fondement du carré, lui-même fondement de la Tour. Le seize, carré de quatre, indique dès lors « l’accomplissement de la puissance matérielle » rappelle le Dictionnaire des Symboles Chevalier et Gheerbrant. La solidité, la fermeté, mais aussi la fermeture et la pesanteur sont les expressions de ce nombre seize en tant que 4 fois 4.

La Tour est encore un symbole d’élévation : elle est une construction humaine qui relie la terre au ciel en ligne droite, semblable à cet avant-dernier « I » qu’on voit dans le Nombre XVI. En ce sens, il est bon de rappeler ce que signifie le nom « Babel » de la Tour de Babel biblique : « la porte du Ciel ». Faut-il s’étonner dès lors de ce nom « Maison Dieu » ? La Tour de Babel dans son sens initial, c’est-à-dire avant l’interprétation hébraïque était un Temple habité par le divin. Cette ziggourat mésopotamienne était construite en étages de plus en plus étroits incarnant les Cieux et les planètes : Saturne, en noir à la base, Jupiter avait son séjour dans l’étage dédié au blanc, le rouge était habité par Mercure, le bleu par Vénus, le jaune par Mars, l’argent par la Lune et l’or au sommet était dédié au Soleil. Cette Tour avait pour objectif de permettre aussi bien la descente des dieux sur la terre que la montée des hommes jusqu’au divin.  

Zigourate de BabyloneBien évidemment quand on sait l’importance des couleurs dans les ziggourats mésopotamiennes et leur symbolique stellaire, on comprend mieux le sens de ces boules tombant du ciel. N’oublions pas que le cercle et la sphère s’opposent directement au carré et au cube, le cercle et le carré étant avec la croix et le centre l’un des quatre symboles universels fondamentaux. Alors que le carré indique la séparation et la frontière, le cercle parle d’absence de distinction et de division. Selon le Dictionnaire des symboles, « le cercle symbolise l’activité du ciel, son insertion dynamique dans le cosmos ». Il rejoint les symboles de la divinité penchée sur la création et lui donnant vie. Très clairement, nous avons là une descente des émanations stellaires et célestes sur la Terre que symbolisent ces « confettis » dessinés sur la Carte. Il ne s’agit pas du tout d’une explosion de la pierre et de la Tour, mais d’une imprégnation divine qui se répand sur toute la terre, grâce à ce lien entre le Ciel et la Terre que représente la Tour, ce Temple dédié à la communication entre les hommes et le divin.

Rainbow Website Banner HeaderChaque couleur de ces gouttes d’eau traversées de lumières représente un aspect du divin : lorsque la lumière blanche passe à travers le prisme de la rosée terrestre, elle devient couleur. Cela symbolise la diversité culturelle et il est aisé de donner une couleur à chacune des grandes ethnies ou communauté culturelles. Ainsi le bleu de la Vierge, le bleu de France, est la couleur préférée des Européens. On le retrouve dans le drapeau américain. C’est la couleur de l’Occident. Le vert bien aimé du Prophète est symbole de l’Islam. L’orange safran est la couleur de l’Inde et des deux religions nées sur son sol et alentours : l’hindouisme et le bouddhisme. Le Jaune solaire est celle de l’Afrique, tout comme le rouge incarne la spiritualité athée de la Chine tout comme des pays anciennement soviétique tant qu’ils s’interdisaient les croyances religieuses (premier pays athée au monde) etc. Chaque couleur peut croire, un temps, qu’elle est à elle seule la totalité de la lumière. AInsi, l’Occident dit : « la lumière est bleue », les musulmans : la lumière est verte, etc. Mais La Maison Dieu le révèle : ces Temples, trop intolérants et fermés, finiront par être ouverts. Les religions vont se dépasser elles-mêmes, dans une tolérance qui accepte et reconnaît la valeur de  toute forme de spiritualité, à égalité avec la sienne. En se donnant la main, les êtres humains quelle que soit leur représentation religieuse reformeront la totalité de la Lumière qui n’est n’i rouge, ni bleue, ni verte. Pour la retrouver, il faut ouvrir, aérer les spiritualités et les faire communiquer, comme le montre ce Temple ouvert sur le Ciel et rayonnant toutes les couleurs. 

PlumeCette interprétation est corroborée par le symbole de la plume qui est lui aussi opposé à la pesanteur que contiennent le nombre 4 et l’image de la pierre. La plume résume l’oiseau qui lui-même résume le lien entre la terre et le ciel, la possibilité d’une élévation sans pesanteur, d’une merveilleuse légèreté. Or cette plume ouvre le haut de la Tour, sa couronne en quelque sorte, permettant aux émanations célestes d’y entrer. Nous avons-là exprimée la transmutation alchimique : quand la pierre devient philosophale, emplie de lumière, investie de divinité. Cette Maison Dieu est dès lors le Temple universel ou la Cathédrale suprême (pierre remplie de lumière, pierre aérienne, pierre libérée de la pesanteur) qui s’opposent aux religions révélées dans leur rigorisme lourd et antispirituel. Le prêtre, rabbin ou imam disparaît et fait place au berger véritable comme le montre clairement le très inspiré Tarot Vieilleville, celui à qui Dieu délègue véritablement une partie de son autorité, parce qu’il est un véritable guide spirituel. N’est-il pas intéressant que dans la cure en rêves éveillés libres, tels que nous les XVIvieville (1)présente G. Romey, le personnage du Berger intervient quand la personnalité est prête à abandonner « l’attitude de compétition exacerbée » qu’incarne précisément l’image de la Tour ? La Maison Dieu indique la fin des guerres de religion. Alors, le véritable lien entre l’homme et le divin cesse d’être une tour, même une tour ouverte sur le haut et allégée, remplie de lumière. Il s’incarne dans l’arbre sacré, le poteau divin, le symbole vivant et le plus ancien du lien entre la terre et le ciel. Un arbre qui va se retrouver dans l’Atout suivant, L’Étoile, mais que symbolise aussi les personnages de La Maison Dieu.

12penduReste à comprendre, en effet, la posture inversée des personnages de la Carte : deux individus, tournés l’un vers la droite, l’autre vers la gauche, l’un visible tout entier, l’autre par le haut du corps seulement, ont les mains sur la terre et les pieds dans le ciel. Nous n’ignorons pas la signification, dans le Tarot, de cette posture inversée puisque nous l’avons rencontrée avec Le Pendu. Mais, ce dernier était pieds et poings liés. Il était confronté à la verticalité par l’impuissance de l’horizontalité. Ces deux personnes ont au contraire toute leur puissance, puisque leurs mains sont visibles, agissantes et agissante dans ce monde matériel (leur couleur est de chair). Mais ces mains qui agissent sur la matière (elles sont posées sur la terre) le font dans la plus parfaite des inspirations puisque les racines de leur être (les pieds) sont du Ciel et non de la Terre. Les pieds sont donc jaunes, c’est-à-dire solaires et non plus rouges (comme ceux du Mat, de L’Empereur, de l’Amoureux, et du Pendu lui-même), jaunes comme ceux du Bateleur, parce que la potentialité solaire que contient ce dernier est enfin réalisée.


arbre
C’est ce qui explique aussi la raison pour laquelle beaucoup d’arbres de vie se sont incarnés, comme symbole majeur de la spiritualité humaine et dans de nombreuses cultures, dans un arbre inversé : les racines sont celles du Ciel, les fruits sont ceux qui, nourri d’une sève spirituelle, sont néanmoins pleinement terrestres. L’arbre inversée fait circuler les énergies du haut et du bas pour réaliser l’Eden sur Terre, ce Jardin à la fois du Ciel et de la Terre. 

Les deux personnages, en outre, se partagent l’orientation droite-gauche parce que peu importe qu’ils soient femme ou homme, introspectifs ou actifs, c’est toujours la même spiritualité qui agit en eux et par eux. A eux deux, comme l’ensemble des symboles de cette Carte, ils incarnent la réconciliation des contraires : terre et ciel, droite et gauche, féminin et masculin, carré et cercle, pierre et plume, pesanteur et légèreté, matérialité et spiritualité, etc. 

En tant que liée au premier Niveau du Tarot (corps, famille), La Maison Dieu parle de révélations familiales, de prises de conscience salutaires, de libération à l’égard des coutumes et mœurs oppressantes.

Il peut s’agir d’une guérison subite d’un mal ancien, d’un allégement, d’un amincissement brutal par un repositionnement dans la relation à la nourriture.

Elle parle aussi de l’habitat avec soit une impression de surdimensionnement, de pesanteur, de lourdeur, ou au contraire d’un lieu investi par la lumière.

En tant que liée au second Niveau du Tarot (investissement sociétal), La Maison Dieu parle de bâtisseurs, de maçons, de constructeurs, de superstructures, de poseurs de fenêtre et de toits, de métiers liés aux plumes (matelassiers costumiers), mais aussi des métiers qui conduisent à des prises de conscience (thérapie familiale, psychanalyse), à des révélations (enquêteurs). Terrassiers, métiers de l’explosif.

Cette Carte renvoie aussi aux métiers de l’acrobatie, aux artificiers, etc.

Par son nom de Maison Dieu (proche du terme Hôtel Dieu, la maison initialement destinée à l’accueil des pèlerins puis au soins des pauvres, des malades, des handicapés, lepreux, etc. et qui se trouvait toujours accolée à la Cathédrale médiévale), cette carte renvoie à l’hospitalisation et à l’enfermement, ainsi qu’aux métiers de soins médicaux en maison hospitalière, mais aussi la maison de retraite, et tout bâtiment collectif où l’on séjourne sans pouvoir aller et venir à sa guise. 

piemontais (16)En tant que liée au troisième Niveau du Tarot (épreuves et grandes vertus), La Maison Dieu évoque les épreuves qui finissent toujours par une réforme intérieure très bénéfique. Ainsi, on peut retrouver là cette notion de châtiment divin qui est liée à la Tour de Babel biblique, mais en n’inversant complètement la signification de ce châtiment divin : ce n’est pas parce que les hommes cherchent à s’élever jusqu’au divin qu’ils sont punis, mais parce qu’ils tendent, dans leur quête spirituelle ou leur relation à la religion à être figés, oublieux de leur incarnation terrestre, divisés, compétitifs, croyant que le divin leur appartient (parlant de « leur dieu » comme d’une possession).

Et s’ils subissent une épreuve majeure, de type cataclysmique, c’est pour qu’ils aillent non vers la division (la perte de la langue commune que raconte la Bible hébraïque), mais au contraire vers l’unité, la simplicité, la conscience que si Dieu existe il ne peut pas faire autrement de par sa nature divine même qu’aimer tous les êtres humains dans la plus parfaite égalité. Le but est donc plus de conscience, plus d’unité, plus d’amour, plus de lumière.

Retenons surtout cette idée essentielle : La Maison Dieu est un Atout éminemment positif. Certes, il prend souvent la forme d’une épreuve majeure, mais soyez assuré que celle-ci sera réussie et finira par alléger la vie de l’individu, le débarrasser des pesanteurs inutiles, des structures étouffantes de sa vie, et le mènera à la simplicité d’une vie de berger, guidé par les étoiles, ayant lui-même appris à guider avec amour son troupeau.

Alors, oui, la notion de Châtiment divin est bien incluse dans cet Atout, mais ce châtiment est une bénédiction, une manifestation de l’Amour divin pour sa Créature. Il a pour but non d’humilier, non de rabaisser, non de briser, mais de purifier, d’élever, de ramener l’individu enfermé dans sa tour d’ivoire égotique et égoïste, dans ses peurs, dans ses certitudes religieuses mortifères, à sa destinée de confiance et de simplicité qui est celle de toute âme qui se laisse guider par les étoiles. 

C’est en grande partie la signification de l’Atout complémentaire de l’Atout XVI : Le Pape. Celui qui a la chance d’avoir rencontré La Tour et l’éveil spirituel qu’elle enjoint, devra devenir, lui-même, le berger d’un troupeau encore en chemin, tout comme Le Pape est l’enseignant spirituel par excellence du Tarot. 

Trasfiguration-fra-AngélicoCet Atout XVI enjoint enfin de cultiver en soi la parfaite confiance en son destin spirituel, et en l’amour du divin pour chacun de ses enfants. N’oubliez pas que la Tour est toujours cette antique Porte du Ciel qui est le sens véritable de ce symbole : elle ouvre sur le Ciel étoilé qui va suivre avec l’Atout XVI. 

En tant que liée au quatrième Niveau du Tarot (les émanations du Ciel), La Maison Dieu trouve sa signification la plus aboutie.

Elle parle alors d’illumination, de réalisation, de transfiguration, de transmutation, de spiritualisation radicale de la vie humaine. L’éveil a quelque chose de brutal et d’évident. C’est une radicale transformation du rapport au monde qui engendre un nouveau monde autour de soi. L’humanité royale est alors en jeu.

La Maison Dieu représente aussi le dépassement de toute religion, l’ouverture à la sacralité spirituelle quand l’humanité est capable de faire de l’ensemble de la Terre, un Temple sacré. 

 

 

 

Ps : merci pour l’arbre stylisé du site vivre ses racines.

 

Atout XI-La Force

La Force

Atout XI

Violence, guerre, tyrannie

Individualité, puissance, maîtrise

11-LA-FORCE

La Force est au croisement de la Verticale des I (individuation) et du premier Niveau du Cycle du Ciel. Faite d’un X (une réalité complète, celle de la Terre) et d’un I marquant une nouvelle étape, essentielle, dans l’affirmation du Soi, elle est la petite sœur du Monde, le XXI, constituée de deux X, symbolisant successivement la réalité de la Terre, celle du Ciel, deux réalités réunies en une unité : le I de l’individualité.

La Force et Le Monde contenant chacune un monde unifié autour d’un Moi maîtrisé sont les deux Atouts-maîtres des As, cette Carte numérale unique dans le jeu de Tarot puisqu’elle a deux places, au commencement des Nombres et à la couronne des Honneurs. Les As sont donc les plus petites Cartes et, en tant que telles, sous l’égide du Bateleur, mais en tant qu’expression ultime, perfection et en tant qu’essence des Honneurs c’est dans La Force et dans Le Monde qu’ils trouvent leur énergie.

La Force-RiderDans les Tarots anglo-saxons, La Force est placée en VIIIe position, à la place de la Justice, qui prend sa place en tant qu’Atout XI. Quelle hérésie donc que l’inversion de ces postures des Tarots anglais, tous influencés par le Rider, cette production tarologique de la Golden Daw ! La Justice appartient à la Verticale des III qui fait l’équilibre parfait entre les puissances de Vie (L’Impératrice et La Lune) et les puissances de Mort (La Justice et L’Atout XIII). La Justice (Atout VIII) est la petite mort que représente l’épée de la Justice quand pour que la vie vivante perdure et soit sauvée. L’Atout VIII, la jardinière du Tarot, est en effet celle qui opère une taille qui  débarrasse la plante vivante de ce qui est pourri, mort, entravant. La Force au contraire incarne l’un des Atout de la Verticale des I, Verticale du Moi, de l’Individualité.  Elle est placée, au sein de cette Verticale, au-dessus du Bateleur dont elle porte la coiffe, et de L’Amoureux et l’on retrouve le nombre 6 dans le nombre des dents du lion et celui des pointes de la couronne qui surmonte la coiffe , ainsi que dans le nombre de ses orteils.  Et elle appelle le renversement futur de La Maison Dieu, quand le Moi se dépasse lui-même en tant que petit ego, pour se découvrir dans son universalité et son attachement au Ciel. 

Que représente l’iconographie ? Une femme tient, sans effort, la gueule ouverte d’un lion assis à ses pieds. Le Lion est l’animal par excellence du deuxième Niveau du Tarot, tout comme des Bâtons, symbole du feu et de l’énergie sociétale et c’est aussi le plus noble des animaux, le symbole de la force pulsionnelle maîtrisée. Cette femme, en tant que premier individu réalisé dans son unité terrestre, représente la parfaite maîtrise de son corps, de son énergie, de ses impulsions. Sa noblesse se lit dans toute sa posture, mais particulièrement aussi dans sa couronne. Elle ne craint rien du lion qui est devenu son ami, qui est à son service, et dès lors dont elle use au besoin, montrant les dents si nécessaire car elle a pour destin la défense de sa communauté. Elle fait exactement suite à l’Atout X, La Roue de Fortune, quand les animaux au contraire occupent tout l’espace sociétal dans une roue perpétuelle qui ne peut être dépassée que lorsque naît à lui-même l’individu comme Unifié, toutes ses forces intérieures, pulsionnelles et sociétales harmonisée autour d’une conscience claire, d’une volonté affirmée. 

Le fait que la Carte complémentaire de La Force soit La Roue de Fortune indique que l’Atout XI doit désormais se dévouer à la communauté. Car il ne suffit pas d’être soi-même un Individu véritable, ayant maîtrisé ses pulsions, il faut encore se mettre au service d’une communauté d’hommes endormis, restés au stade mécanique du conformisme, afin de la guider vers la conscience.

21-mondeLa Force, en tant qu’Individu royal, représente l’humanité adamique admise dans sa royauté, celle qui se sait faite à la réplique du Divin. C’est pourquoi l’Atout XI est la petite réplique de l’Atout XXI, et le maître-Atout principal des As. Sur l’Atout XI et sur l’Atout XXI, nous voyons une femme et non un homme, car c’est le féminin sacré qui est destiné à être l’Individualité adamique royale, quand la Coupe que sera l’humanité aura recueilli, en soi, la rosée spirituelle. Et c’est pourquoi la Verticale des III, la verticale centrale, est dédiée à la féminité maternelle. Le féminin sacré est le cœur du réel divinisé comme la Vierge Marie est la reine du monde, la Mère divine de tous les peuples.

La Force est traditionnellement identifiée en tant qu’Atout du Courage, et on pourrait s’étonner que cette Vertu mâle par excellence (le mot latin « virtu » est composé du mot « vir » qui signifie « le mâle ») soit représentée par une femme. Le fait que ce soit une femme qui tienne ainsi la gueule du lion ouverte signifie qu’il n’y a aucun effort visible, aucun étalage de sa puissance. Le puissant charisme de cette personne est acquis. Et la Force est féminine car elle ne tire sa puissance que de sa réceptivité au regard des émanations du Ciel.

Cet Atout du Tarot de Marseille est entièrement tourné vers la droite, car il incarne l’être actif, créatif, et procréatif. Il procède d’une énergie mâle, émissive, mais totalement maîtrisée et de ce fait féminisé. C’est l’Atout de l’individualité réalisée comme personnalité dans la famille et la vie sociétale et qui désormais affronte, avec courage, les épreuves de la vie, procédant à leur conversion en épreuves spirituelles.

Premier Atout du Ciel, la Force contient en elle la totalité des Atouts de la Terre. Et c’est ce que signifie, entre autres, la forme en lemniscate de son chapeau couronné. Deux mondes se rejoignent en elles, l’un étant complet, l’autre en devenir. En cela, l’Atout XI fait pendant à l’Atout I qui démarre le cycle de la Terre. Dans le Tarot Rider, la lemniscate a remplacé le chapeau couronné du Tarot de Marseille. Par derrière, on voit les montagnes : La Force, dans la plénitude de son individualité, et malgré son évident charisme, est seule au sommet des réalisations matérielles, familiales et sociales, tout comme devant les épreuves de la vie. 

Inaugurant le Ciel du Tarot, La Force est aussi la première Carte du IIIe Niveau qui est en liaison harmonique avec les Epées et qui ouvre sur les grandes épreuves de la vie. Ces épreuves bien évidemment sont celles de tout un chacun, mais elles peuvent être l’occasion d’une transmutation du Moi et ouvrir au Ciel. Toutes les personnes en chemin spirituel traversent une vie d’épreuves qui sont autant de martelage du métal dont est fait leur âme. On n’aborde donc pas ce chemin sans courage, et celui-ci représente la première vertu à acquérir, non seulement pour vivre en société ce qu’apportait la Justice, et non seulement pour acquérir la sagesse née d’une longue expérience que promettait L’Hermite, mais pour ouvrir en soi le cœur aux émanations célestes promises au dernier Niveau du Tarot.

Le LionLe courage est l’une des grandes Vertus de l’homme, évoqué par le Tarot et repris aux analyses philosophiques antiques. Il apparaît, dans le Tarot, en troisième place, après la Justice et la Sagesse (ou la Prudence et la Patience) respectivement incarnés par l’Atout VIII (La Justice) et l’Atout VIIII (L’Hermite) et qui appartenaient tous les deux au deuxième Niveau du Tarot, celui de la vie sociétale. Cette vertu du courage est pourtant considérée par l’Antiquité comme la vertu guerrière la plus ancienne, la plus primitive. Si le Tarot place le Courage en troisième position et en ouverture du cycle du Ciel, c’est parce que cette vertu naît d’une grande épreuve, celle de la position agressive qu’on subit ou qu’on manifeste, posture faite de colère et d’une violence qu’il faut transmuter en fermeté et courage. La dernière vertu du Tarot, Tempérance, arrivera ensuite, mais, elle aussi, et malgré les apparences, naît d’une épreuve, celle que représente l’idéalisme et l’idéalité qu’il faudra tempérer, en gardant les pieds sur terre, pour en faire une vertu de tempérance, vertu la plus élevée.

De même qu’Éros et son feu accompagnaient chacune des Cartes du deuxième Niveau du Tarot, de même le Courage de la Force accompagne chacun des Atouts du troisième Niveau, celui où l’énergie de l’Épée va trancher tout ce qui n’est pas digne, en soi, de servir à son élévation spirituelle. Et il faudra du courage pour supporter l’impuissance du Pendu, le deuil de l’Atout XIII, le renoncement au pur idéal de Tempérance et l’acceptation de la séparation d’avec le Ciel du Diable.

Tirer cet Atout XI indique toujours une grande force de caractère, une puissance d’action sans besoin de forcer son image, de mobiliser grandement son énergie.

Du point de vue du premier Niveau du Tarot, niveau de la famille et des incarnations corporelles et matérielles, La Force parle de la fille aînée, femme puissante déjà, et autoritaire.

Du point de vue du second Niveau de Tarot, niveau sociétal, l’Atout XI renvoie aux métiers liés au dressage et soins des animaux, aux métiers de courages (force de l’ordre, police, armée) et bien sûr toujours renvoie plutôt aux femmes qu’aux hommes dans ces métiers.

Du point de vue du troisième Niveau, La Force indique qu’une période d’épreuves est possible, avec la nécessité de mettre les points sur les i, et pour le coup de montrer quelque peu ses armes à ses ennemis. Un courage est sollicité car durant un bon moment, on sera solitaire face aux obstacles, ennemis, difficultés. Mais on possède tous  les moyens de triompher, et d’abord de l’emportement, de la colère et de la violence que peuvent provoquer, en soi, ces oppositions. Bien évidemment, à ce Niveau des épreuves, cet Atout peut indiquer un échec à se contrôler, la force des pulsions de violence, la colère et l’emportement.image011

jésus roi de FranceDu point de vue du quatrième Niveau, La Force parle du courage, de la maîtrise de soi, de l’individualité charismatique.

C’est par excellence, la Carte du héros.

Et plus encore de l’Adam royale, l’humanité adamique réplique du divin, et destinée à la royauté de la glèbe.

De ce fait, le XI est par excellence la représentation déployé du chrisme, ce symbole christique, où le I (P ou rhô grec) se place au centre du X (khi). Le X  et le I étant représentant les deux premières lettres du nom écrit en grec du Christ (Χριστός).

Mais nous voyons dans ce chrisme, tout comme dans le nombre XI bien autre chose encore : la réunion du ciel et de la terre, par deux urnes qui se rejoignent au centre, l’une tournée vers le Ciel, l’autre vers la Terre, traversée par la verticalité de l’individualité que symbolise le I.

Merci à Vision de vie pour son magnifique Lion. 

Atout X-La Roue de Fortune

LA ROUE DE FORTUNE

Atout X

Cycles et répétitions

Conformisme, bêtise humaine

Animalité

Justice de la vie

Passer une étape essentielle

Humanisation, Individuation

roue-de-la-fortune

La Roue de Fortune est l’un des plus mystérieux Atouts et elle conserve, même après l’élucidation que représente sa posture dans la Structure du Tarot, et l’analyse du nombre X qui est le sien, cette signification de mystère. La tirer peut donc conduire à désigner une énigme à résoudre. Mais quelle énigme ?

Sachant qu’il s’agit du dernier Atout de ce cycle tarologique qu’est la Terre des Atouts, la Sphinge qui interroge le consultant, comme elle interrogea, en son temps, Œdipe pose une question qui ouvre la porte du Ciel : « que te faut-il comprendre pour que tu cesses de répéter, sempiternellement les mêmes erreurs, les mêmes errances qui te ferment les portes du Ciel ? »

sphinge_moreauSe souvenir de la question, bien connue, que la Sphinge posa au héros de Thèbes, peut aider à saisir le message de la Roue de Fortune : « qu’est-ce qui, au point du jour, marche à quatre pattes, avance à midi sur deux, et finit, le soir, sur trois jambes ? » La réponse d’Œdipe lui permit de rencontrer, pour la seconde fois, son destin, et d’entrer dans Thèbes en triomphateur. Mais ce succès se transforma en épreuve puisqu’en aveugle sur qui était pour lui la reine, il épousa sa propre mère, eut des enfants avec elle dont il était à la fois le frère et le père, et dut ensuite affronter cette vérité pour sauver Thèbes de la peste. Après s’être crevé les yeux, Œdipe erra aveugle, avec un bâton de pèlerin, et devint un sage, honoré dans la Grèce entière.

On le voit, la Sphinge mêla, à sa question énigmatique, l’essence de l’homme et la temporalité. Etre humain, c’est commencer à quatre pattes, comme un animal car on ne naît à l’humanité que d’une manière potentielle. Il faut, ensuite, la conquérir. Se relever et marcher à deux jambes, c’est verticaliser la relation au monde, c’est être enraciné dans la terre et avoir les yeux levés vers le ciel. Mais cela ne suffit pas, le destin de l’être humain c’est la sagesse et la spiritualité que symbolise, particulièrement dans le Tarot, le bâton du vieillard et du pèlerin.

« Sauras-tu entendre l’énigme de la nature humaine et réaliser ta propre reliance au Ciel ? » demande la Sphinge au Consultant. S’il n’en est pas capable, c’est alors le cycle de la Terre qui va se répéter, indéfiniment, et que symbolise la grande roue qui se trouve au cœur de l’iconographie de la Carte. Sur cette dernière, en effet, il n’y a que des animaux, mais des animaux en habits : cela signifie que la plupart des êtres humains restent très mécaniques, automatiques, réactifs, dans leurs comportements grégaires et conformistes (que symbolise bien le singe attaché à la roue). Leur intelligence reste entièrement ancrée dans les besoins matériels. On notera avec intérêt que l’animal en train de monter sur cette roue peut aussi bien être un chien qu’un lièvre. Or ces deux animaux font figure de gardien du seuil. Le Chien est le gardien du seuil de l’autre monde selon de nombreux mythes. Et le lièvre est un passeur, et sa fonction est d’ouvrir « le passage entre le monde de l’apparence et celui de la réalité intérieure, entre le monde visible et les potentialités du devenir » (Dictionnaire de la symbolique de G. Romey).  Dans le Tarot, cet animal qui monte est doté de trois oreilles, l’une est celle qui permet d’entendre ce qui ne passe pas par le son audible habituel. C’est la voix de l’inconscient ou mieux celle du surconscient que le Lièvre grippant possède.

Roue de fortune chez Bocace

Le mouvement de la roue nous éclaire en effet : en bas de la roue, il tourne de gauche à droite, et en haut de droite à la gauche dans un mouvement qui est exactement contraire au mouvement de l’aiguille dans une horloge, comme si on remontait le temps. En réalité, ce mouvement inversé est le mouvement de la vie même : en bas, c’est-à-dire, dans le Cycle de la Terre qu’on vient de finir, il faut avancer de la gauche à la droite : aller du féminin passif au masculin actif, du réceptif à l’émissif, de l’imparfait au parfait ou, en langage de Tarot, des Deniers aux Bâtons. Mais à un moment donné, si on veut s’élever jusqu’au Ciel (que symbolise le haut de la Roue), il faut aller de la droite à la gauche, du masculin au féminin, de l’actif au réceptif, et de l’intellect au spirituel, ou encore, en langage de Tarot, des Épées aux Coupes. La spiritualité est en effet un renversement total des perspectives, comme le montrent deux Atouts essentiels du cycle du Ciel : Le Pendu et La Maison Dieu. Le féminin, le plus bas, le plus enraciné dans la Terre, se révèle aussi le plus élevé, le plus spirituel. « Es-tu capable de ce renversement des perspectives ? » demande la Sphinge au consultant. Il te faudra alors avoir les pieds en l’air : être enraciné dans la Ciel. Le singe prend alors une tout autre signification : il n’est plus le symbole du conformisme bête, mais l’acteur d’une libération psychique, d’une ouverture vers le mystère, le sacré.

Le X est le Nombre de l’Atout. Chaque X signale, dans le Tarot, qu’un cycle entier est accompli. Dans le X, nous avons deux V qui sont reliés l’un à l’autre au centre du X, l’un est un calice ouvert vers la Terre, l’autre vers le Ciel. Ces deux V liés de la Roue de Fortune se trouvent, au demeurant, dans le nom attribué à cet Atout : La Rove de Fortvne, comme une clé supplémentaire au décryptage de cette énigme entière qu’est le Tarot. Ce premier X des Atouts du Tarot indique que les deux Niveaux du premier Cycle de la Terre sont désormais liés l’un à l’autre : celui, le premier, du féminin de la Terre et celui, le second du masculin de la Terre (V+V). La vie familiale et la vie sociale sont l’essentiel de ces deux Niveaux que dessine le X. Chaque élément de ces deux vies sont en place, désormais, et dès lors, le consultant peut s’élever au troisième Niveau qui inaugure le Ciel des Atouts. Ce X qui la caractérise est à la fois le signe qu’un cycle complet est accompli, et une croix qui indique que le chemin est barré. Un chemin est barré, au sens où l’on ne pourra pas aller plus loin dans ce cycle de la Terre. Il  faut désormais élever les yeux, et regarder le Ciel.

Le fait que l’Atout XI soit la Carte complémentaire de  l’Atout X insiste sur ce fait : pour sortir du cycle de la répétition perpétuelle, pour advenir pleinement à son humanité, il faut accéder à sa propre individualisation. Il faut faire preuve de maîtrise de soi.

Verticale des VAu sein de la verticale des V, la Roue de Fortune a parfaitement sa place. Cette Verticale est en effet dédiée aux petits et grands maîtres spirituels, aux petits et grands éveilleurs de conscience, aux petits et grands Inspirés. La forme du V est en effet celui du Calice, et tous les V des Atouts sont des êtres en lien médiumnique au Ciel, d’une façon différente, cependant, des Coupes des Cartes numérales et des Honneurs. Les Atouts représentent les Essences éternelles de l’humanité, ils parlent donc d’archétypes. Et ceux qui sont en question dans les V, ce sont les êtres les plus charismatiques, ce et ceux qui lient les hommes à la communauté fraternelle et au Ciel. Après le prêtre (Le Pape) qui incitait ses ouailles à grandir en changeant de Niveau et surtout en allant voir ailleurs, en sortant de sa famille, de sa communauté, de sa contrée, de sa culture, de son pays… la Roue de Fortune est le grand Juge de la vie terrestre qui incite à changer de Cycle et plus seulement de Niveau. Il ne s’agit plus désormais d’aller se promener dans l’horizontalité d’une géographie ouverte, mais dans la verticalité d’une conscience en éveil. La Sphinge est une reine. Sa tête est couronnée, son pouvoir est total. C’est l’équivalent supérieur au Pape au sens où elle ouvre un nouvel horizon et un  nouvel espoir, mais elle est bien plus dure : la sphinge tient dans la main la même épée que la Justice et comme avec cette dernière l’épée penche, mais beaucoup plus et dans l’autre sens : sur la droite. Ici, pas de tendresse pour la faiblesse humaine, pas d’indulgence. La Sphinge a la dureté du Diable son équivalent supérieur. C’est la dure loi de la vie qui est en jeu, celle que les hindous et les bouddhistes appellent le karma et qui fait qu’on paie toujours exactement ses dettes. Son message est clair : ou bien on est capable d’élévation ou bien on est rejeté dans le flux de l’éternel retour du même. Faite d’un corps de lion et d’ailes d’oiseaux, la Sphinge est femme en partie. Elle réunit donc déjà en elle cette union de la Terre au Ciel qu’incarnera, de façon bien plus accomplie l’Atout du Jugement.

Quand on tire La Roue de Fortune, on peut être certain d’être à un tournant essentiel de sa vie : ou bien on régressera, parce qu’on n’aura pas su élever sa vision des choses, et on retournera au cycle antérieur, du fait de la répétition des mêmes erreurs, ou bien on va passer un seuil, celui de la spiritualité. Cet Atout indique toujours qu’il faut rassembler ses forces MAINTENANT pour trouver des réponses qui ne soient ni réactives, ni automatiques. Il s’agit d’inventer une nouvelle manière d’être au monde qui ouvre sa vie au Ciel.

Du point de vue du premier Niveau des Atouts du Tarot, La Roue de Fortune parle des animaux domestiques.

Du pont de vue du second Niveau, cet Atout X indique qu’un changement de vie est en cours. Il renvoie aux métiers d’élevage, mais aussi aux métiers en lien avec la rivière, le fleuve, les meules, les moulins, ainsi qu’aux métiers en lien avec les énigmes, les enquêtes (inspecteur de police) mais aussi à ceux qui favorisent un questionnement intérieur, une prise de conscience (juge, psychanalyste, prêtre, guru).

Du point de vue du troisième Niveau, la Roue de Fortune parle de karma, de nécessité de faire face à ses erreurs passées, à ses méfaits, à ses défaillances afin de faire les prises de conscience nécessaires. Elle parle aussi de blocage ou de régression. Les vertus induites par cette carte sont celles de la rédemption et la conversion, c’est-à-dire de la capacité à s’engager dans une transformation radicale de sa vie pour l’orienter vers le Ciel.MandalaSable2008-12

Du point de vue du quatrième Niveau, cet Atout ouvre le Ciel. C’est l’indication que l’on est mûr pour entrer dans la voie spirituelle. Bien évidemment cette Carte se rapproche de la notion de Karma hindou et bouddhiste, mais aussi de l’éternel retour de la nature tel que le voyaient les stoïciens, et dès lors aussi du mandala tibétain, éternel et éphémère.

Le X ne représente pas seulement la Croix de Saint André, le premier Appelé, premier Disciple du Christ, cette croix et ce nom d’André sont porteur d’une signification importante pour la compréhension de ce X qui se traduit, dans le Tarot, par la Roue de fortune.

Cette croix en X sur laquelle fut crucifié saint André est aussi la première lettre du nom grec Christos (χριστός), le premier être humain réalisé dans sa royauté céleste, Réplique du divin, Gardien de la Terre, Protecteur de toute la biosphère et de l’humanité endormie. André est un prénom qui signifie sous sa forme grecque (Andros), l’Homme. andrésurlacroix

Dans ce X, si c’est l’humain qui est en question, c’est l’humain qui a accompli le premier cycle, celui de la Terre, qui n’est complet que dans la réunion de la petite Terre (le féminin, l’élément terre et le sec, et fin les Deniers sont en relation harmonique avec ce premier Niveau  dont le symbole est Symbole de la terre) de la Terre et du petit Ciel de la Terre (le masculin, l’élément Feu, le chaud, et les Bâtons et dont le symbole est Symbole de feu). L’un plus l’autre donne un carré sur la pointe, la réunion de deux univers, pour la formation d’un ensemble solide et parfaitement uni : étoile. Cet ensemble est celui de première complétude.

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