La France en 2019

Pour suivre la tradition du Nouvel An, nous avons demandé à Aim Ailbé de procéder au tirage annuel pour la France, selon la méthode qu’elle nous a enseignée.

Tirage France 2019 copie

Le Tirage général : Dans ce tirage, nous avons deux figures, un Atout et un As. C’est  une année importante. De jeunes personnes vont jouer un rôle essentiel dans le destin de la France. Elle devra passer par une épreuve majeure, où se jouera un passage essentiel de sa destinée. Elle aura un appui majeur du Ciel pour ce faire.  

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Au niveau de la matière, des possessions et richesses, de l’acquis sous toutes ses formes, c’est le VALET D’ÉPÉE qui est tiré. Les Épées sont en lien avec les épreuves et le jugement lié à ces épreuves, mais aussi avec l’intelligence pour résoudre les difficultés.

bateleurLes Valets représentent une énergie neuve, un commencement, une ouverture sur quelque chose d’inédit et demandant beaucoup d’échanges, de communication. L’Atout référentiel pour les Valets, c’est en effet le Bateleur auquel chaque valeur ressemble clairement par la posture, mais aussi par le port du même couvre-chef en 8 couché, symbole de l’infini. Cet Atout confère une idée de commencement, de jeunesse, de potentialité ouverte. L’Atout secondaire du Valet d’Épée, c’est La Force, symbole d’une certaine maîtrise de soi et de courage.

Valet d'épéeLe Valet d’Épée dans le Tarot de Marseille tout comme dans le Rider, et à l’instar de son Atout maître, Le Bateleur, a les pieds dans deux directions opposées : l’un à droite, l’autre à gauche. C’est un jeune homme qui incarne une énergie distribuée à égalité entre la compréhension des choses, et l’action qui suit cette compréhension. Et ce n’est pas étonnant, puisqu’il s’agit d’une carte d’Épée, c’est-à-dire, dédiée à la fois à l’intelligence de la réalité dans sa complexité, au jugement qui en découle, et à la culture des vertus nécessaires pour y faire face, parfois même à l’exécution d’un sacrifice, d’une saignée destinée à la guérison. N’oublions pas que le cœur du Niveau III du Tarot, correspondant à l’essence de la Couleur des Épées, c’est L’Atout XIII, la grande faucheuse.

Placé en première place du Tirage en quatre Cartes, place destinée à déterminer l’énergie matérielle de la France de 2019, cet Atout nous parle du fait que la France ne pourra guère compter sur les acquis du passé, sur les expériences bénéfiques qu’on pourrait être tenté de renouveler. Le tirage nous indique au contraire qu’il lui faudra faire preuve d’humilité (le Valet est la plus petite Figure du Tarot), mais aussi d’intelligence, de vertus et de courage pour affronter la vérité. À cette condition seulement, quelque chose de nouveau et de solide, de bon, de fondateur même pourra être érigé. Il faudra pour cela être capable de créativité, et inventer de nouvelles solutions aux problèmes de fonds de la France, ainsi qu’accepter des sacrifices nécessaires, tout comme multiplier les formes d’échanges et de communication. Il semblerait que la jeunesse soit particulièrement en jeu cette année 2019 dans ce nouveau courage, cette nouvelle énergie créatrice nécessaire au relèvement de la France, mais aussi la justice, et l’importance des formes de communication. C’est en tous cas avec courage et dignité qu’une nouvelle forme de lucidité sera cultivée et que la France sera capable de relever les défis que sa situation comporte.

 

Knight of CupAu niveau de l’investissement économique, politique et sociétal, on a le CAVALIER DE COUPE qui, comme tous les Cavaliers, a pour Atout principal Le Chariot et pour Atout secondaire, L’Étoile. Les Cavaliers, Chevaliers ou Princes du Tarot sont des êtres très mobiles et pouvant être des défenseurs, voire des conquérants de nouveaux domaines, de nouveaux territoires, ou encore des émissaires destinés à la diplomatie.

Les Coupes représentent ce et ceux qui recueille les émanations célestes (la rosée céleste) pour les distribuer et transmuter la matière en matière spiritualisée.

Placée dans la seconde place du tirage, place désignant la vie sociétale sous toutes ses formes, cette Carte désigne l’importance de la vie artistique dans la France de 2019, mais aussi toutes les formes de relation compassionnelle, actions sociales, charismatiques, dons aux associations, etc. Quand le Cavalier de Coupe apparaît, dans cette situation, il insiste sur l’importance du cœur dans la relation humaine, mais aussi de la prière, de tous les moyens que possède l’être humain pour se connecter au Ciel et agir sous cette inspiration.

Aussi étrange que cela puisse paraître, le tirage de 2019 semble dire que la France ne sortira de sa situation économiquement quelque peu désespérée tant elle est écrasée sous la dette qu’en mettant en avant sa générosité, et particulièrement ceux qui en ont les moyens. Un emprunt national est-il en question-là ?

 

radiant-rider-JugementÀ la place des épreuves et des grandes vertus, mais aussi de la compréhension intellectuelle des choses, c’est Le JUGEMENT qui est sorti dans ce tirage pour la France de 2019. Dans le Tarot de Marseille, les trois quarts de la Carte sont occupés par le Ciel et par l’Ange-musicien qui transmet le chant céleste du divin pour en imprégner une Terre bénie du Ciel, transmutée, traversée de lumière. Cet Atout est l’avant-dernier, c’est l’Atout le plus puissant de tous, annonçant que désormais tout est achevé, chacun étant nu sous le regard du Ciel.

Placé à la troisième place, celle des épreuves, cet Atout indique clairement que le destin de la France est en jeu cette année 2019 et qu’elle peut renaître de ses cendres ou s’enfoncer dans un marasme qui la mettra vraiment en danger. Il indique aussi une carence de spiritualité, une carence de prières, de lien entre le Ciel et la Terre, ainsi qu’une carence dans l’ordre de la communication. 

Cet Atout révèle  qu’on ne peut s’en sortir dans faire appel au Ciel, sans la prière, sans l’aide de la Mère et du Père divins. Mais qu’en faisant ainsi appel au Ciel, ce n’est pas seulement une sortie de crise qui est promise, mais ni plus ni moins qu’une Renaissance en tant qu’humanité bleue, spiritualisée, réalisant le destin ultime de la condition terrestre, faisant de la France le commencement de l’Éden, ce Jardin à la fois terrestre et divin que l’univers attend depuis toujours et que seule, l’humanité oblative, le cœur sur la main, peut réaliser.

 

As de bâtonLa dernière Carte de ce tirage, placé au niveau spirituel du destin de la France en 2019 est l’As de Bâton. L’aide du Ciel sera telle que tout sera possible à la France. L’As de Bâton représente le pouvoir par excellence, le pouvoir de réalisations concrètes, sociétales, et politiques. L’As de Bâton apporte le charisme, la force et le courage de guider les autres, de les mener sur une terre plus accueillante et d’organiser les moyens de toute réalisation.

Il semblerait que si la France résout avec courage ses problèmes, elle deviendra un phare pour l’humanité entière, un modèle, montrant le chemin vers l’Éden.

 

La France en 2018

Suivant une petite tradition qui remonte à 2015, je me propose de vous offrir un petit tirage prédictif pour la France en 2018. 

Voici mon tirage : 

tirage-France-2018

Comme on peut le voir, dans ce tirage du jeu Tarot Rider-Waite-Radiant que j’aime beaucoup pour sa luminosité, on a en bas à gauche, qui est la posture liée aux Deniers et au premier Niveau du Tarot de la vie matérielle, familiale, financière, économique, patrimoniale, territoriale, L’Empereur, le IIIIe Atout du Tarot. 

En bas à droite, qui correspond au deuxième Niveau du Tarot et aux Bâtons, et qui s’occupe de la vie sociétale, professionnelle, politique, militaire, etc., on a le 6 d’Epée. 

En haut, à droite, car il faut suivre le chemin que le Tarot lui-même nous indique, et qui correspond au troisième Niveau du Tarot ainsi qu’aux Epée, et qui correspond à la vie intellectuelle, aux épreuves, et aux grandes vertus issues de ces épreuves, on a le 2 de Coupe.

En haut, à gauche, dernière étape, qui correspond au quatrième Niveau du Tarot et à la Couleur Coupe, Niveau et Couleur de l’inspiration sous toutes ses formes, artistique et religieuse, ainsi qu’aux Bénédictions du Ciel, j’ai tiré un 2 d’Epée. 

Passons à l’interprétation… rapide, vu le peu de temps que je peux consacrer à ce blog en ce moment… 

The Emperor-RadiantLe premier Niveau, celui de la vie matérielle, financière, accueille l’énergie de L’Empereur. C’est une Carte très puissante. C’est au demeurant, le seul Atout de ce tirage, ce qui est en soit une indication. Contrairement aux années précédentes marquées par un tirage avec deux Atouts ce qui permet de faire remonter le tirage jusqu’aux Atouts occultes, cette année, nous n’avons qu’un Atout. C’est signe d’une année moins importante pour la France.  2015, 2016 et 2017 furent des années qui marqueront l’histoire d’une façon plus importante que 2018, elles ont représenté un virage très important avec la construction d’un avenir qui imposait des choix risqués, alors que 2018 suit ce chemin entamé précédemment, tout en apportant une pierre importante à l’édifice, puisque il y a quand même la présence d’un Atout. 

L’Empereur est parfaitement à sa place dans cette position I en lien aux Deniers. Il est le représentant de frontières bien gardées, de la reprise de ses traditions, de la défense de ses droits, de sa culture. L’autorité de la France sera donc marquante sur le plan financier, patrimonial, mais aussi militaire, avec une position de défense plutôt qu’offensive. Avec une Carte aussi forte, on sent que les choses se remettent en place et à leur juste place. L’autorité parentale, celle des professeurs, des directeurs d’école et des proviseurs de lycée vont s’affirmer et les jeunes seront bien mieux protégés de leurs propres dérives. L’autorité de l’État sera particulièrement vigilante sur le plan de la bonne gestion de l’imposition. Ce sera désormais beaucoup plus dur de tricher. 

6 d'épée radiant Le second Niveau du Tirage, celui de la vie sociétale, politique, militaire et professionnelle, accueille l’énergie du 6 d’Épée. Je suis très heureuse de cet aspect du tirage, car il indique que nous sommes en train de sortir des périodes assez terribles que nous avons vécues. On voit, sur l’iconographie un homme qui emmène une femme, veuve peut-être, et son enfant sur une plus rive calme, avec une eau moins agitée, et au loin de la verdure, signe d’espérance. En fait, la barque fait le lien encore entre les eaux agitées du passé (elles sont derrière soi) et les eaux calmes de l’avenir. Cela signifie que la France est en transition et commence à sentir qu’elle sort de la mauvaise passe militaire, économique, politique qui fut la sienne durant des décennies. Sur le plan militaire, ce devrait être le désengagement progressif des espaces de guerre. Sur le plan politique, des débats plus policés. Sur le plan économique, un commencement de régression du chômage, etc. 

2 de coupe-radiantLe Troisième Niveau du Tirage, celui des épreuves, des vertus issues des épreuves et de la vie intellectuelle, accueille l’énergie du 2 de Coupe. Je pense qu’il y a une mise en garde sur les nouvelles alliances de la France. J’ai bien peur qu’il y ait des alliances qui se révèlent nuisibles à court ou long terme, après avoir semblé idylliques. Notre gouvernement ferait bien d’être très vigilant à ce niveau-là. 

Sur le plan intellectuel, on verra un intérêt pour la vie affective, pour l’amour, pour l’état amoureux, pour tout ce qui permet l’harmonie relationnelle. 

2 d'épée-radiantLe dernier Niveau du Tirage, celui des bénédictions du Ciel, nous avons l’énergie du 2 d’Épée qui indique toujours la nécessité d’une grande prudence. Le Ciel aidera la France à se préserver des choses cachées, obscures, qu’elle n’a pas les moyens de déceler ou de combattre au grand jour. Malgré tout, on voit la nécessité de rester sur la réserve, et de garder sa vigilance. Car rien n’est gagné. La France reste encore insuffisamment instruite des coups bas, et de ses ennemis cachés, mais elle en aura l’intuition à temps. 

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Je peux d’ors et déjà, au 9 février,  amender l’interprétation de ce tirage sur un point : il est évident que la case épreuve, celle qui a reçu l’énergie du 2 de Coupe, me parle désormais, aux vues de l’actualité, comme une série de scandales liés à la question de la relation homme-femme, amoureuse, en lien avec le harcèlement sexuel, le viol, etc.

Cela n’enlève rien aux possibilités d’erreurs dans les alliances que la France va nouer sur le plan international. On verra.

 

L’As de Coupe

L’As de Coupe

Le Graal et l’Eucharistie

Guérison

Le prêtre, l’artiste et le médium

Inspiration, Bénédictions du ciel

Puissance et réalisation de l’Amour véritable

 As de Coupe

As de Coupe - châteauL’As de Coupe est, comme tous les As, sous l’égide du Bateleur en tant que Puissance et Commencement et du Monde en tant que Réalisation parfaite. En tant que Coupe, il a pour Atout-maîtres secondaires, La Maison-Dieu et Le Jugement.

De la Maison-Dieu, l’As de Coupe a repris l’apparence. Si, par sa forme, il apparaît comme un splendide Calice, sans aucun doute le Graal, on peut y voir aussi un Temple magnifique ou le Château de l’âme dont parle sainte Thérèse d’Avila. Calice, Temple ou Château de l’âme, l’As de Coupe est destiné à recueillir les émanations du ciel, son inspiration et ses bénédictions. C’est l’Amour le plus pur que Graal ou Temple, il recueille ainsi, celui qui émane du Cœur même du divin, un amour inconditionnel et sans limites, pour le restituer ensuite à travers les deux As masculins : As d’Épée et As de Bâton, afin d’en imprégner la matière tout entière sous la forme de l’As de Denier.

Du Jugement, l’As de Coupe possède le pouvoir de guérison et de régénérescence. Il représente la Coupe qui présente l’eau de vie, l’eau qui donne la vie, qui répare, guérit, ressource.

As de Coupe RiderDans le Rider, une colombe, symbole du Saint-Esprit, de sa pureté et de sa simplicité sainte, et de l’Amour éthique et altruiste, descend du ciel, apportant une Ostie traversée par la croix : le Ciel (Verticale de la Croix) et la Terre (horizontale de la Croix) sont réunies dans cette Ostie qui représente aussi le Corps du Christ, le premier Homme né à sa Royauté, en tant qu’Individualité sainte, Réplique et Serviteur du Divin.

Un M inversé est inscrit sur la Coupe, rappelant le rôle essentiel de Marie, la Mère divine. Mais c’est aussi un rappel de cette Matière spiritualisée qui est la finalité de l’aventure tarologique (le M est inversé, car la matière prend racine dans le Ciel). C’est enfin la mort vaincue (le M est la treizième lettre, ici, elle est  renversée). C’est ce même M inversé qu’on voit dans le Tarot de Marseille, au sommet de la coupe. Au coeur de ce M inversé, se trouve un V, une Coupe dans un Nombre dont on sait à quel point il est  important dans le Tarot. Ce V se trouve tourné vers le sol : il s’agit moins désormais de recueillir les
émanations du Ciel et sa rosée spirituelle que de les répandre partout sur la Terre.

Cinq jets d’eau émanent en effet du Calice nourri de cette Ostie sainte, évoquant les cinq Verticales du Tarot, et les émanations propres à chacune d’elle : émanation contribuant à la construction d’une Individualité sainte avec la première Verticale, émanation permettant l’accès à la relation d’Altérité et au Don de soi avec la seconde Verticale, émanation du Féminin sacré avec la troisième Verticale, émanation de la Mâlitude sacrée avec la quatrième Verticale, et enfin, émanation de la Voie charismatique et prophétique avec la cinquième Verticale. Ces cinq Jets d’eau se mêlent à l’eau calme et sereine de la Terre, faisant jaillir les Lotus sacrés, fleurs qui symbolisent l’épanouissement de l’âme humaine.

Le Saint GraalCet As représente la potentialité de l’Amour pur, de l’amour véritable, de l’amour terrestre et charnel quand il prend appui sur le respect d’autrui et l’éthique. Il incarne aussi la pleine réalisation de cet Amour et dès lors la vie familiale dans sa sainteté. C’est aussi l’Atout des prophètes, des médiums, des saints, des artistes inspirés, et de tous ceux qui font le lien entre le Ciel et la Terre.

En tant que lié au premier Niveau du Tarot, l’As de Coupe parle d’une vie familiale potentiellement ou réellement heureuse, épanouie, et d’un respect infini de chacun de ses membres pour chacun des autres. Dans le cas où la personne serait encore célibataire, il annonce le grand amour de sa vie.

Sur le plan physique, guérison, amélioration complète de la santé, ressourcement. Cette Carte représente alors l’élixir de vie des alchimistes, la source de la jeunesse et de la vie.

En tant que lié au second Niveau du Tarot, l’As de Coupe indique la réussite parfaite dans le monde professionnel, du fait d’une capacité d’empathie et d’une véritable bonne volonté dans la relation à autrui. Les qualités du cœur sont le plus grand atout de celui qui est ainsi signé par l’As de Coupe. Toutes les relations sont bénéfiques, contrat, associations, etc.

Il est la Carte des prêtres, moniales, artistes, médiums et tous les inspirés, tous ceux qui font le lien entre le Ciel et la Terre, tous ceux qui ont une parole de paix, de réconciliation, et une activité visant une plus grande harmonie entre les gens.

En tant que lié au troisième Niveau du Tarot, cette Carte met en garde sur la nécessité d’ouvrir son cœur. Il s’agit maintenant de dépasser l’égoïsme qui était le moteur principal de sa vie jusqu’alors et d’aller vers autrui, afin que la sècheresse avec laquelle on se comportait soit remplacée par la rosée spirituelle de celui qui a un coeur honnête, fidèle, et surtout aimant.

Attention aussi aux excès d’émotivité. L’amour véritable, l’altruisme véritable n’est pas sentimentalisme larmoyant, mais activité et parfois dureté.

Ingres-musée du LouvresEn tant que quatrième Niveau du Tarot, cet As déploie son plus grand potentiel.

C’est le rituel de l’Eucharistie que l’As de Denier représente d’abord, quand le vin et le pain partagés réunis dans l’Ostie sacrée symbolisent le sang et le corps du Christ offerts à tous pour la rédemption du monde.

L’As de Coupe incarne aussi la communion des âmes, chacun ayant nourri son âme et son corps de l’Amour sacrificiel et inconditionnel christique et par là même étant advenu à sa propre Individualité sainte, peut alors participer à la transformation du monde en cet Eden, ce Jardin à la fois terrestre et spirituel d’une humanité Unie que l’univers attend depuis toujours.

 

 

 

Le 10 d’Épée

Le 10 d’Épée

Achèvement tragique

Complot, ruine

Nuit et sable

Mater Dolorosa, Notre Dame des Douleurs

Deuil, acceptation du destin

 10 d'epée

Cette carte, comme la précédente, le 9 d’Épée est tragique dans sa tonalité. Et ce tragique se traduit dans la brisure de la lame droite. On le sait, la droite représente la partie mâle de la personne humaine, celle qui est tournée vers l’action, la réalisation, l’avenir. C’est donc une Carte qui, par sa représentation marque l’achèvement tragique d’un projet, d’un amour, d’une forme de réalisation de soi qui furent, dans le passé (l’épée de gauche), tendrement chéris tout comme l’occasion d’une forme de réalisation de soi.

L’ensemble des Nombres 10 ont pour maîtres -Atouts le X et le XXI, deux Cartes qui présentent un Juge qui marque la fin d’un cycle : la sphinge dans l’Atout X représente le Juge de la partie animale de l’être humain, de sa capacité à maîtriser le pulsionnel, l’instinctif, la matière, le corps, le mécanique. L’ange dans l’Atout XX représente le Juge de la partie céleste de l’être humain, de sa capacité à maîtriser l’esprit, l’intelligence, l’âme, le créatif. Or ces juges émettent des jugements positifs ou négatifs qui vont se répartir, dans les Nombres dix du Tarot, en deux parties distinctes selon le genre. Le jugement qui accompagne les derniers Nombres est en effet marqué par la tonalité propre à chaque Couleur, ainsi que par le genre de cette Couleur.

Très clairement, plus clairement que dans tous les autres Nombres bien qu’un même phénomène soit en jeu, les 10 de Denier et de Coupe sont proches, quand les 10 de Bâton et d’Épée marquent un achèvement d’un tout autre ordre. Pour les Nombres féminins (Denier et Coupe), l’Achèvement est une grâce et une plénitude qui se traduisent dans le monde matériel et familial (le 10 de Denier), ou dans le monde affectif et familial (le 10 de Coupe) ; tandis que l’Achèvement est pesanteur infinie pour le 10 de Bâton et meurtre symbolique en ce qui concerne le 10 d’Épée. 

10ofswordsC’est cet Achèvement tragique qu’a choisi de représenter Pamela Colman Smith dans le Rider. On voit un ciel noir charbon obscurcir plus de la moitié de la Carte, et un homme qui a reçu dans le dos dix coups d’Épée et en est mort. Les dix Épées plantées tout au long de la colonne vertébrale : aucun chakra n’est épargné. Tous ses centres vitaux et au-delà sont atteints. Il est étendu sur un sol de sable, tourné vers la terre, le visage caché. Or le sable est précisément le terrain de l’infertilité. Rien ne pousse dans le désert de sable, et toute construction humaine est destinée à finir en grains de sable qui se dissolvent dans cette mer de minuscules petites pierres. Comme le rappelle G. Romey dans le Dictionnaire de la symbolique, « le sable est une image grave. Il est à la fois une image première et la dernière image. Celle qui précède tout ce qui sera et qui demeure quand tout a disparu. Elle est l’origine et le dernier des horizons. Devant le sable, il n’est pas de création de la nature, pas de réalisation humaine, pas même de pensée, qui ne se dissolve dans le dérisoire ». Rêver de sable, c’est se confronter au caractère éphémère de toute chose, c’est accepter d’être dans une expiration au regard du souffle créateur qui traverse nos vies. C’est adhérer à l’achèvement d’un projet, d’un amour, d’un lien, d’une réalisation qui s’est écroulée.

Beaucoup d’interprètes du Rider mettent l’accent sur le caractère « exagéré » de cette Carte. Un coup d’épée suffit à tuer, pourquoi en mettre dix ? Du coup, ils interprètent ce dix d’Épée d’un point de vue psychologique : la personne surjoue ses malheurs, tend à construire une image de victime pour en avoir les bénéfices secondaires. Cette interprétation est possible, la fêlure de l’Épée représentant alors une manière peu équilibrée de vivre sa relation aux événements de la vie et aux autres. Mais il ne faut pas nier la possibilité d’une interprétation littérale du Rider. Les complots existent, tout comme la décision surgissante de mettre une fin définitive, en soi, à une espérance (une relation, une dimension importante de sa réalité, un projet, etc.) qui avait trop longtemps duré et qui a miné les constructions de sa vie.

Cependant, cette Carte n’est pas que négative. Le visage de cet homme, qu’on ne voit pas, est tourné vers la mer, et cette mer est calme. Au loin, on voit des montagnes bleues, et une aube nouvelle qui se lève, dorant le ciel, d’une lumière solaire, dissipant peu à peu le noir épais de la nuit. Dites-vous que, quand le dix d’Épée tombe, le pire est derrière vous et vous le savez. Ce qui vous accable encore n’est pas mince. C’est une suite de douleurs et de meurtres symboliques que vous avez dû vivre, et que vous devez encore revivre. Mais, sur la Carte, on voit cet homme mort étendu sur le sol qui est tourné dans le creux de la Terre-Mer (e). Il est calme, tout comme l’eau plate vers lequel il a tourné son visage et qui représente l’absence d’émotions vives. Il a accepté d’entrer dans un deuil au regard de ses espérances. Il s’apprête à renaître tout autre, revivifié, revitalisé par une relation au monde bien plus simple et vraie. Cet épisode tragique met fin à vos souffrances. Celles-ci sont déjà en train de muer en une forme de sérénité nécessaire à la reconstruction qui va suivre. 

En lien avec le premier Niveau du Tarot, le dix d’Épée renvoie au divorce, à la ruine, au deuil, à la perte d’un proche, d’un être cher, à une amputation. Le pire est arrivé dans le domaine du corps, des biens matériels, de la famille. Le pire est derrière soi. Il faut maintenant aller au-delà, accepter de vivre le renouveau de la vie sans cet espoir, sans cette partie de soi, sans s’appuyer sur ce qui appartient désormais au passé. 

En lien avec le second Niveau du Tarot, ce Nombre parle clairement d’un échec relationnel et professionnel. Sans aller jusqu’à la ruine financière, il indique la rupture dans un contrat, le divorce dans une relation professionnelle, sociétale, politique, commerciale. La multiplicité des épées tend à illustrer un complot, un harcèlement où est en jeu plus d’une personne.

Il enjoint à un certain repli sur l’essentiel afin de faire renaître sa vie sociétale autrement.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, cette Carte peut être lue dans les deux acceptions les plus contradictoires, propre à ce niveau. D’un côté, les aspects les plus sombres du 10 d’Épée sont en jeu : deuil, mort d’un proche, nécessité de renoncer à un projet ou à une expression forte de soi, fin d’une espérance et d’une réalisation, ruine, désespérance, complot contre soi, etc. Et de l’autre, en creusé, les retrouvailles avec la part absolument éternelle de son être. Écoutons encore une fois la poésie de G. Romey dans sa description du symbole qu’est le sable : « un sable est sans mémoire, sans projet. Il est. Il est dans un présent qui contient un passé effacé, un devenir non prévu. Il est éternité. » Le dix d’Épée nous enlève quelque chose d’important, peut-être même ce qu’on croyait l’essentiel dans sa vie, mais il nous place, par là même, avec le véritable essentiel, sa propre réalité de sujet d’existence, sa vérité d’être conscient, enraciné à la fois dans la Terre et dans le Ciel.

Giovanni Dall'Orto, Madone des sept douleursEn lien avec le quatrième Niveau du Tarot, ce Nombre du dix d’Épée est lié à la Mater Dolorosa qui existe dans toutes cultures, cette Déesse des pleurs, du chagrin terrible, cette Mère divine et Dame de la peine insurmontable.

Dans la religion catholique, elle a pris la forme de la Vierge aux sept douleurs. Cette Dame de toutes les Dames a vécu, en tant que Mère, toutes les peines du monde, depuis la prophétie de Syméon (« une épée te transpercera l’âme ») jusqu’à la mise au tombeau de son enfant. Sept épées féroces, symbole des sept événements les plus douloureux de la présence de Marie au sein des Evangiles, lui ont transpercé chacun des centres vitaux de son être. Sept douleurs ont éteint en elle toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. De ce fait, Marie, élevée en Mère divine, est devenue la Mère-sable-eau qui, dans le Rider, est promesse de repos, de sérénité, et de renaissance, et d’un rivage encore lointain, mais nimbé de lumière et d’espérance. 

La France en 2017

Tirage pour la France de 2017

 

Bonne année à tous !

L’an passé, à cette même époque, j’ai proposé un tirage pour l’année qui venait de commencer. Je vous propose cette année un nouveau tirage, qui suit une forme qui s’est imposée d’elle-même, suite à mes recherches sur le Tarot. 

Ce tirage suit l’organisation de l’Atout XXI, Le Monde, où cinq figures se répartissent dans la Carte, quatre de chaque côté, et une au milieu qui fait la synthèse. Comme le savent ceux qui suivent ce blog, les quatre Cartes réparties au quatre coins de l’horizon représentent quatre forces foncières de la réalité humaine : la matière et le corps en bas à gauche, force féminine et de nature Terre ; l’énergie et l’investissement sociétal et politique en bas à droite, force masculine et de nature Feu ; les épreuves et l’investissement intellectuel en haut à droite, force masculine et de nature Air ; et enfin les bénédictions du ciel, force féminine et de nature Eau, qui concerne la vie spirituelle et artistique en haut à gauche. Au centre se trouve l’Individualité réalisée dans sa plénitude. 

Voici le tirage tel qu’il s’est offert à nous pour la France de 2017 :

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Sur le plan matériel, financier, et de manière générale économique : la Reine d’Épée

Cela signifie clairement que la France est devant la nécessité absolue de régler ce qu’elle doit. Il ne sera plus possible d’engager de nouveaux emprunts à l’infini, de continuer à creuser le déficit monétaire au-delà des ressources mêmes de la nation. Désormais, la justice à laquelle la Reine d’Épée est liée va sévir. La Reine d’Epée est aussi inspirée par l’Atout XIII qui se trouve dans ce tirage, et comme par redondance, juste au-dessus d’elle.

Cela promet une année difficile, car la Reine d’Épée n’est pas du tout une femme douée pour le rire et le plaisir. C’est, dans la représentation symbolique du Tarot, une femme sévère, austère, car elle en a vu des vertes et des pas mûres dans le passé. C’est souvent une veuve qui a dû affronter la mort d’un aimé et survivre, ou une célibataire endurcie, qui a renoncé à donner la vie suite à des déceptions amoureuses. C’est toujours, cependant, une femme intelligente, cultivée, sage, et qui regarde droit dans les yeux, car sa lucidité et son intégrité sont sans failles. Dure avec elle-même, elle est dure avec les autres. Elle exige la rectitude et la droiture de ses partenaires professionnels, de ses amants.

On s’attend donc à ce que la France élise un honnête homme et qui fera ce qui doit être fait pour redresser le pays de son marasme économique et financier. La Reine d’Épée n’accorde pas facilement sa confiance, et si elle le fait, c’est en parfaite connaissance de cause. Attendons-nous à une grande exigence du peuple pour l’élection présidentielle, avec un refus radical de toute corruption et de toute mollesse. 

Je dirais donc que c’est une année de redressement ou un commencement de redressement qui nous attend. Et la pilule sera amère.

Sur le plan sociétal et politique : le 10 de Bâton

Ouille !!! J’ai envie de dire « travailler plus pour gagner moins » avec cette Carte qui manifeste un accablement sous le poids du travail. Là encore, on ne rigole pas cette année. On voit les Français courber le dos sous le poids des charges en tout genre. Je suppose que les impôts ne vont pas s’alléger, que le temps de travail non plus et j’irais même croire que tout cela va en s’aggravant. Il est probable que le temps de travail soit allongé, et que l’entrée dans la retraite soit encore repoussée.

Ce n’est pas une Carte de catastrophe, de batailles de rue, de guerre civile. Mais ce n’est pas non plus la joie et le carnaval. On entre dans une période où le poids de la vie va en s’alourdissant.

Les responsabilités internationales de la France risquent aussi de s’alourdir.

Sur le plan des épreuves et des vertus qui en ressortent : La Force

Premier Atout du jeu, et quel Atout ! C’est l’un des Atouts les plus bénéfiques du Tarot, un de ceux qui maîtrisent les As. Malheureusement il tombe dans l’espace dédié aux épreuves bien que celles-ci finissent par construire une grande vertu. Gardons en tête qu’un Atout reste toujours un Atout, quelle que soit sa place, et cela signifie toujours  une énergie qui peut, si on la joue correctement, nous faire gagner le jeu. 

La Force est le premier Atout du Niveau III, dédié par nature aux grandes épreuves de la vie, et c’est aussi une Carte qui indique une maturation et la maîtrise de ses potentialités, de ses impulsions, de ses énergies.

Placé dans la situation III, je dirais qu’il est probable que la guerre continue durant cette année 2017, avec son expression particulière, le terrorisme. D’autre part, il faut s’attendre à des rapports de force importants dans le monde sociétal et politique. 

Mais je n’ai pas envie d’être catastrophiste, parce que La Force est aussi la Carte du courage et de l’individualité née à elle-même et capable d’une grande maîtrise de soi. Est donc en jeu, là, l’autonomie de la France, son indépendance économique, financière, politique et internationale. 2017 pourrait bien être une année clé pour que la France retrouve sa dignité.

XIIISur le plan des bénédictions du Ciel : l’Atout XIII

Cette posture en haut à gauche du tirage est le don du Ciel, le don de l’ange à la France. C’est la mort qui est ainsi offerte à la France et pour ne pas désespérer, il faut bien se rappeler encore une fois que cet Atout est un Atout, même si c’est l’Atout central du Niveau III du Tarot dédié aux grandes épreuves de la vie.

L’Atout XIII annonce la fin de quelque chose, et la nécessité de faire table rase pour repartir sur de bonnes bases. Regardez la colonne vertébrale du squelette qui avance à grand pas en fauchant tout sur son passage : c’est un épi de blé. Ici, il prend la couleur du Ciel. L’épi de blé est le symbole d’une vie donnée pour le renouveau de la vie. C’est le sens de cette Carte majeure. 

Les Français ont donc un deuil à faire et un travail de renoncement. Il leur faut distinguer le superflu de l’essentiel, ne conserver que le squelette de ce qui fait leur nation dans son essence, et reconstruire une relation au monde qui soit au plus près de cette essence. Ce n’est pas facile, mais nécessaire.

Le Croisement des cartes opposées nous emmène vers la confirmation des rapports de force liés aux problèmes économiques et sociaux (La Force sur La Reine d’Épée) mais à terme une guérison de ce qui va de travail et une reprise en main. On voit aussi un arrêt portant sur l’excès de charges et de travail. Il y a un allègement promis pour le futur (Atout XIII sur le 10 de Bâton)… Mais pour quand, cela ne je ne le sais pas. 

l-amovreuxLa synthèse : L’Amoureux

Ayant deux Atouts dans ce tirage, j’ai opéré une addition numérologique pour obtenir l’Atout central au lieu de faire un tirage, ce qu’on est obligé de faire dans le cas où les Cartes sont uniquement ou majoritairement des Nombres et des Honneurs. (13 + 11 = 24) (2 + 4 = VI)

J’ai ici présenté l’Atout VI sous la forme du Tarot de Marseille, tant le Rider est éloigné du sens véritable de cet Atout, même si je le privilégie souvent ce Tarot, et par pédagogie, pour la justesse de ses interprétations en ce qui concerne les Nombres et les Honneurs.

L’Amoureux est souvent interprété comme l’Atout du choix, du libre arbitre. En réalité, c’est l’Atout d’un virage à 90 degrés dans la manière de vivre sa relation au monde et du tiraillement que ce virage implique dans un premier temps.

N’oublions pas, encore une fois, qu’un Atout est toujours un Atout. Cela signifie que, même s’il représente une difficulté, celle-ci à terme sera à notre avantage. L’Amoureux c’est l’Atout de l’adolescence, de l’âge qui fait l’intermédiaire entre l’enfance et la maturité de celui qui atteint l’âge adulte (non de celui qui en atteint la force majeure, ce qui est plutôt représenté, comme son nom l’indique, par La Force).

Ce tirage semble donc dire que La France, avec toutes ses qualités, avec son essence qui réside dans les droits de l’homme, dans les Lumières, dans la laïcité, dans son système de solidarité sociale, dans les plaisirs de la table et de la vie, etc. n’a jamais encore atteint l’âge adulte. Elle est restée infantile, notamment dans la gestion de ses ressources. Il s’agit désormais de faire preuve de maturité. Et tout est possible, parce que L’Amoureux annonce toujours cette évolution, aussi difficile soit-elle, parfois.

Par ailleurs, L’Amoureux est traditionnellement considéré comme l’Atout de la beauté, la beauté du Diable par excellence, celle de la jeunesse donc, mais aussi des réunions festives, des festivals donc, de la passion, de l’éros, du feu sacré de l’amour, des discussions publiques, des débats politiques… C’est donc une tonalité beaucoup plus positive qui termine ce tirage et qui rappelle que la France n’est pas un pays où le plaisir de vivre, le sens esthétique et un amour incontestable du luxe puissent se perdre, pourvu que cela se fonde aussi sur un certain sens des réalités. Pour revivre à ce niveau des jouissances et des réjouissances, il faut passer un cap durant lequel, manifestement, la France devra se serrer quelque peu la ceinture. Enfin, à terme, c’est une nouvelle jeunesse qui est promise à la France, un renouveau de ses forces vives et nous verrons que c’est par la jeunesse, cette fois, que le redressement pourrait bien se faire, en cultivant ses vraies passions (on pense entre autres aux innovations technologiques et l’importance et la dynamique de la France à ce niveau-là). 

En conclusion : le Tarot ne nous annonce pas un moment facile, bien au contraire. Mais il se pourrait aussi que 2017 marque un début de reprise en main de notre destin national. Nous verrons en mai, et au moment des élections, si les espoirs d’un redressement sont véritablement permis.

 Ajout du 8 mai 2017

Je trouve ce tirage bien représentatif de ce que la première partie de l’année nous a donné à voir.

Sur le plan financier et matériel, la Dame d’Epée incarne ce besoin émergeant mais impérieux des Français d’une intégrité morale dans toutes les dimensions de la vie publique. Des têtes sont symboliquement tombées ou en passe de l’être, des comptes sont exigées auprès de membres passés des gouvernements successifs en ce qui concerne les finances.

Sur le plan sociétal et politique  Le 10 de Bâton me semble décrire l’impression générale qui s’est manifestée à partir de janvier : le poids incroyablement lourd des affaires qui ont pesé sur les débats sur les présidentielles et cette multiplicité des révélations qui se sont succédées. Avec ce 10 de Bâton, croisait un Atout puissant : L’Atout XIII. La fin des affaires semble promise à la France de 2017. 

Sur le plan des épreuves et des vertus issues de ces épreuves, La Force me semble avoir désigné la présence de Marine Le Pen au second tour avec cette violence verbale dont elle a fait preuve au dernier débat avant l’élection d’Emmanuel Macron, et cela d’autant plus que La Force résistait à la justice qu’incarnait La Dame d’Epée qui croisait avec elle, Marine Le Pen refusant de se rendre aux différentes convocations qu’on lui faisait.

Et L’Atout XIII, La Mort, comme cadeau du ciel correspond au refus des Français de réélire les représentants du passé, et la nécessité, incarnée par notre nouveau Président de repartir de zéro, et de tout changer.

Enfin, l’Atout déduit de l’addition numérologique, L’Amoureux est incarné par notre jeune Président, pris entre deux Frances, ni à droite, ni à gauche, accueillant aussi bien des personnalités des deux bords, artiste dans l’âme, et manifestement inspiré. Si bien que j’ai pu prédire sans me tromper, sa réussite à l’élection présidentielle à ma famille et à mes amis, d’autant qu’il arrivait en dernier et comme maître du tirage, quand Marine Le Pen (La Force) était à la place des épreuves.

Enfin, L’Amoureux désigne une mutation à 90 degré et un changement radical dans la gestion de sa vie. Il me semble que c’est exactement ce que veut faire notre jeune Président de la République française. 

Bien évidemment, un véritable médium qui serait aussi un taromancien ou un taromancien qui aurait un don de voyance auraient pu, bien mieux que je ne l’ai fait en janvier, donner les orientations qu’allait prendre la vie publique en France. Cet exercice me semble mettre clairement en lumière les pouvoirs et les limites du tarot. 

Le 6 d’Epée

Le 6 d’Épée

Guérison, Apaisement, le Passeur

Thaumaturgie

6 d'épée

 

Le maître-Atout des Nombres six, c’est principalement La Maison Dieu et secondairement L’Amoureux, deux Atouts dédiés à la vie en commun, à la relation entre l’individualité et la communauté. L’Amoureux parle d’une hésitation, d’un tiraillement entre deux communautés, entre les fidélités du passé et l’attrait irrésistible de nouvelles fidélités promises pour l’avenir. La Maison Dieu est l’Atout qui ouvre les Atouts cosmiques, les Bénédictions du Ciel, et l’aptitude humaine à recueillir la rosée spirituelle. Tous les Nombres six sont, de ce fait, des Nombres profondément altruistes, dédiés à l’aide à autrui, au plus faible que soi et visent la construction d’une meilleure relation au monde par l’aide aux plus faibles. 

Le Six d’Epée place la générosité de qui est ouvert à la compassion pour qui est plus faible que soi dans le domaine des Epées : celui des épreuves et des grandes vertus qui découlent de ces épreuves. Les Epées ont la vue perçante et l’intelligence aiguisée par la compréhension d’une nature humaine faite de complexité, voilà pourquoi ce sont des thérapeutes hors pair. Le 6 d’Epée est donc la Carte de la thérapie, une thérapie qu’on peut entreprendre sans peur et suivre en toute confiance, car elle va vers la guérison comme le montre la fleur au centre de la Carte, entourée qu’elle est de quatre fleurs à chaque côté de l’horizon. Elle indique le passage d’un état de confusion à un état de paix. Elle est aussi la Carte du thérapeute, de celui qui guide les autres vers la santé, vers une meilleure harmonisation de vie.

6ofswordsC’est précisément ce qu’a choisi de représenter le Rider : un passeur conduit un couple d’une rive à l’autre. Ce couple est vu de dos, mais on voit bien qu’il s’agit d’une femme et d’un enfant : la veuve et l’orphelin, c’est-à-dire, symboliquement, le plus faible que soi, le fragilisé de la vie, le sans protection. Devant eux, six épées leur bouchent le paysage vers lequel cependant ils se dirigent. Ces épées symbolisent les grandes épreuves qu’ils viennent de vivre. Elles ont la même signification que l’eau mouvementée qui est à droite de la barque : les émotions furent vives. Peur, angoisse, souffrance, deuil, tristesse, désolation furent à vivre et cela sans grandes défenses psychiques. Ils ne voient plus que de l’eau, rien n’est montré du paysage quitté, ni du paysage avenir : ces deux pauvres âmes sont dans l’affliction la plus profonde, courbés sur eux-mêmes, blessés. Mais la femme voilée, enfermée dans sa souffrance, est assise à côté de son enfant intérieur. Elle l’emmène avec elle. L’espoir reste entier.

Et le passeur est là, derrière eux, anonyme, discret, mais puissant, capable de les emmener vers d’autres horizons, plus heureux. Il est debout, lui, car il sait exactement où il va. Il conduit ces deux pauvres hères sur une rive bien plus calme (les eaux sont quasi plates). Le paysage lointain que les deux personnes qu’il guide ne voient pas lui est parfaitement visible à lui : c’est une rive calme, mais  vivante, avec des arbres et des collines. La rive prochaine est beaucoup plus heureuse.

En relation avec le Niveau I du Tarot, le 6 d’Épée parle d’un apaisement des relations familiales, d’une période qui s’annonce beaucoup plus tranquille sur le plan financier et matériel. Après une période où la famille fut chahutée de toutes les manières, elle s’achemine vers un rivage beaucoup plus heureux et harmonieux.

En relation avec le Niveau II du Tarot, cette Carte renvoie aux thérapeutes et aux thérapies de toutes sortes. Yoga, pilates, psychanalyse, soins médicaux sont indiqués par ce Nombre 6 au sein de la Couleur des Epées. 

Elle peut annoncer aussi un changement de lieu de travail, un départ pour un mieux-être, un changement qui permet d’avoir une vie plus heureuse dans sa relation aux collègues et à son métier.

Marie de LourdesEn relation avec le Niveau III du Tarot, le 6 d’Epée met en garde sur la nécessité d’entreprendre une thérapie. Elle prévient qu’on est désarmé face à ses ennemis, ou à la maladie, ou à l’égard d’une addiction et nous renvoie à la nécessité de trouver la personne qui pourra nous emmener vers une meilleure hygiène de vie.

En relation avec le Niveau IV du Tarot, ce Nombre désigne le pouvoir thaumaturgique du divin. Ce pouvoir est très anciennement lié au culte de la Déesse et de son Fils aimé. Dans le christianisme, il s’est lié aux miracles pratiqués par Jésus par l’imposition de ses mains, mais aussi aux grâces de la Mère divine incarnée en Marie, la Vierge, Mère de l’Enfant Jésus. L’eau miraculeuse de Lourde est ainsi désignée, clairement, par cette Carte du 6 d’Epée. 

Le 2 d’Épée

Le 2 d’Épée

Méfiance, Prudence !

 Le 2 d'Épée

La caractéristique des Nombres 2 du Tarot, c’est la germination. Ils sont en effet sous l’égide de leur maître-Atout La Papesse qui représente ce qui se prépare dans le secret de son alcôve, la gestation, et ce qui couve. Avec le 2 d’Épée, cette gestation porte sur le domaine proprement à cette Couleur d’Épée qui n’est pas facile a priori puisque, en résonnance avec le troisième Niveau du Tarot, les Épées représentent les épreuves de la vie et les vertus qui en découlent quand ces épreuves sont réussies.

2 d'Épée-RiderLe 2 d’Épée a pour maître-Atout secondaire Le Pendu : celui qui subit une oppression, une limitation drastique de tous ses moyens d’agir et d’expression dans une extériorité hostile. Le Pendu a les mains liés dans le dos. C’est l’Atout du handicap et du sacrifice. Le 2 d’Épée signifie donc que quelque chose d’éprouvant et d’hostile couve, sans que l’on ait les moyens de savoir exactement de quoi il est question. Elle traduit une forme d’impuissance dans le fait de saisir ce qui est en train de se former dans son dos.

C’est précisément ce que le Rider a représenté avec cette femme placée dos à la mer, dos à la mer d’émotions qui se trame derrière elle et aveuglée par un bandeau placé sur ses yeux et dans la nuit (on voit la lune). Cette femme intuitive et méfiante se tient sur ses gardes. Elle n’est pas désarmée, mais aveuglée. Elle sent que quelque chose ne va pas, sans savoir quoi. Elle s’attend à une attaque et pare à celle-ci en croisant les fers devant elle. Elle est dans l’expectative, prête à se battre s’il le faut. Quelque chose couve, et la femme du Rider ne sait pas quoi, mais elle le sent.

Voilà pourquoi, cette Carte du 2 d’Épée est la carte de la méfiance. Elle incite à la plus grande prudence, tout en indiquant qu’à l’heure actuelle des informations manquent pour pouvoir agir de manière correcte. Elle met aussi en garde : des ennemis, des actes hostiles sont encore cachés et vont faire feu de tout bois. Il s’agit d’éviter de leur donner des informations, ou de leur donner prise par des propos inconsidérés. « PRUDENCE ! » Tel est le principal conseil de cette Carte.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, le 2 d’Épée parle d’une jeune personne douée d’intelligence et intuitive qui sent les choses sans savoir pourquoi ni comment elle sait ceci ou cela.

En ce qui concerne les relations familiales, elles ne sont pas détendues. Chacun est sur sa réserve, chacun en effet a peur d’être critiqué. Personne ne fait confiance à personne. Les relations sont en apparence cordiales, en réalité très tendues. Chacun reste sur la défensive, personne ne peut se permettre d’être spontané. 

En lien avec le second Niveau du Tarot, le 2 d’Épée incite à la prudence dans les contrats, les relations entre collègues. Vous ne possédez pas toutes les informations dont vous avez besoin. Des rumeurs se font derrière votre dos. Soyez sur vos gardes !

Pietro Perugino, Archangel Saint-MichelEn lien avec le troisième Niveau du Tarot, cette Carte peut désigner l’existence d’ennemis cachés, de malversations qui se font par derrière. Elle est une mise en garde radicale sur le type de relation qui est en jeu et cela d’autant plus que vous avancez dans le noir. « Appuyez-vous sur vos intuitions ! » Tel est le conseil de cette Carte dans  cette position. 

Mais, à l’inverse, elle peut aussi dénoncer un rapport paranoïa que au monde. On vous demande de baisser la garde, et de fluidifier vos relations par plus de confiance. La vertu qu’il faut alors cultiver, c’est la confiance. 

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, le 2 d’Épée est particulièrement en résonance avec l’archange Saint-Michel qui protège ceux qui l’aiment du mal, des ennemis cachés, des manœuvres perverses du malin.

Quand le 2 d’Épée ressort, il est bon de faire appel à la clairvoyance que l’archange peut apporter à ceux qui l’invoquent en aide, ainsi qu’à sa protection. 

L’As de Bâton

L’As de Bâton

La chevalerie

Le grand chef d’Etat

Puissance et réalisation du désir et de la pulsion créatrice

As de bâton 

En tant qu’As de Bâton, ce tout premier Nombre lié au deuxième Niveau du Tarot est, comme tout As, sous l’égide du Bateleur et du Monde, mais en tant que Carte première de Bâton, il incarne la puissance de L’Amoureux et de la Roue de Fortune. 

ace_wandsDu Bateleur, il manifeste une grande potentialité, et de La Force, il tire une signification de réalisation individuelle parfaite, dans le domaine qui est le sien, celui des Bâtons. C’est en ce sens qu’il représente la puissance et la force des Bâtons : il incarne à la fois le potentiel et la réalisation de l’espace d’affirmation sociétale et politique dédiée à la défense communautaire. L’As de Bâton s’incarne dans le champion, dans le chevalier et, au sein des démocraties, dans le citoyen impliqué politiquement et à l’idéal élevé : il est celui qui prend sa place au sein d’une vie communautaire et qui en supporte la charge. Il en accomplit les devoirs et en retire les honneurs.Pour faire simple, quand les Bâtons sont en jeu, on a souvent une référence au monde du travail, à la vie économique et sociale, et à l’autorité policière et politique. Les Bâtons représentent tous ceux qui assument la charge de la vie en société : les directeurs, les autorités politiques, les policiers, les membres de l’armée, mais aussi ceux qui ont charge de permettre la communication (en France la poste), etc.

Cette Couleur des Bâtons renvoie, en effet, à la totalité de ce qui soutient la vie communautaire, et dès lors l’implication professionnelle, les échanges et la vie économique, l’organisation et la direction de la communauté et dès lors la vie politique. 

AsofwandsgoldenL’Amoureux lie l’As de Bâton à l’éros primordial qui est en jeu dans le Tarot, rappelant que l’élément Feu accompagne la Couleur de Bâton. L’As de Bâton parle donc d’une grande énergie physique, d’une puissance pulsionnelle qui accompagne une personnalité passionnée par ce qu’elle fait, qui possède une dynamique, une fougue et un charisme certains, mais aussi une grande générosité, un sens aigu de la justice, une tendance à se proposer comme le chevalier des causes perdues, mû qu’il est par son idéalisme.

Très actif, ce Nombre est cependant tourné vers la gauche. Parce que l’un de ses deux Atouts-Maîtres secondaires, la Roue de Fortune incarne le temps cyclique, le temps répétitif, le temps de l’éternel recommencement, cet As ne vise pas tant une transformation du réel et la créativité d’un Nouveau Monde, plus juste, ce qui sera le fait de l’As d’Épée, que la conservation et la préservation du monde tel qu’il est.  L’As de Bâton est le grand défenseur de la Cité des hommes, de ceux qui en permettent la pérénité. Il renvoie donc aux personnalités de tout premier plan dans le domaine militaire ou politique notamment, avec de fortes tendances conservatrices (Dans la politique française, il est de droite). 

En tant que lié au premier Niveau du Tarot, l’As de Bâton renvoie à une santé de fer, à un physique musculeux, à un corps de sportif.

Il représente une intense et mâle énergie sexuelle. N’oublions pas que les Bâtons représentent les phallus du Tarot.

Le tempérament est bouillant, passionné, l’attitude générale franche, directe, passionnée. 

De_Gaulle-OWIL’As de Bâton parle d’une famille qui est très impliquée dans la vie sociétale, aux membres sportifs, possédant des personnalités charismatiques, aimant les jeux de rivalité, la compétition, etc.

Sur le plan de la santé, il indique la guérison parfaite, le retour à une bonne circulation des énergies. Le cœur en particulier est tonique.

En tant que lié au second Niveau du Tarot, l’As de Bâton indique une réussite parfaite dans tous les domaines sociétaux, politiques et sportifs. Avec cette Carte, on est assuré d’avoir gagné toute guerre économique ou même militaire, et à moindre niveau, tout jeu de rivalité, toute compétition.

Indique un très haut niveau de conscience de ses devoirs en ce qui concerne la vie en société.

Volontiers, il renvoie aux jeux Olympiques.

En tant que lié au troisième Niveau du Tarot, l’As de Bâton exagère le côté compétitif et orgueilleux des Bâtons, mais aussi leur côté brutal, agressif, violent. La vérité alors peut être dite sans précaution, ou nous tomber dessus sans qu’on s’y attende, sans qu’on puisse l’assimiler. 

Indique que la vie sociétale dévore tout le reste. Tend à surinvestir l’image qui est la sienne en société. Le paraître écrase l’être. 

Il invite à mieux diriger son énergie, à ne pas oublier que réussir dans la vie, ce n’est pas nécessairement réussir sa vie.

En défaut, il marque un radical manque d’énergie, une forme d’impuissance sexuelle, un cœur défaillant, un problème circulatoire ou musculaire.

Galaad, E. Burne-JonesEn tant que lié au quatrième Niveau du Tarot, l’As de Bâton est par excellence la Carte du personnage à la force légendaire. Samson et Hercule sont ainsi les héros classiques qui incarnent l’As de Bâton.

Mais c’est encore davantage le Nombre du chevalier dans sa quête du Graal et dans sa défense de la veuve et de l’orphelin. La légende arthurienne est en jeu dans ce Nombre et les valeurs qui y sont véhiculées : quand la force se met entièrement au service de la justice et de la défense des faibles. C’est le personnage de Galahad qui incarne le mieux les valeurs éternelles de l’As de Bâton. 

Structure du Tarot : La voie de la contradiction

Structure du Tarot : La voie de la contradiction

 Le Monde 

L’Atout XXI n’est pas seulement le dernier Atout du Tarot et la manifestation d’un ensemble complet et parfait, d’une réalisation définitive, il donne la clé de la voie du Tarot qui est une voie de la réconciliation entre des forces contradictoires au sein d’une même dynamique. Ainsi, le mouvement giratoire qui lie Vache sacrée, Lion sacré, Aigle céleste et Ange divin accompagne la voie d’une humanité qui suit quatre Âges en relation avec les quatre Couleurs du Tarot : la Vache correspond à l’ère de Denier (préhistoire néolithique), le lion à l’ère de Bâton (Antiquité et Moyen-Age), l’aigle à l’ère rationnelle, moderne et industrielle (XVIIe à nos jours), et l’ange annonce un futur lié à l’ère dernière, l’ère spirituelle. Mais ce n’est pas la seule structure lisible dans cet Atout XXI. La Danseuse qui est au centre ne se lie aux autres Atouts que si Vache et Aigle (ou Denier et Épées), mais aussi Lion et Ange (ou Bâton et Coupes) vont l’un vers l’autre pour se rencontrer au centre. Telle est la voie de la Contradictoires du Niveau I et IIIcontradiction, car ces Cartes ou Couleurs sont à l’opposé l’une de l’autre. La Vache est en effet féminine, de terre et dès lors sèche et froide quand l’Aigle est masculin, d’Air, et dès lors chaud et humide. Et le Lion est masculin, de feu et dès lors sec et chaud, tandis que l’Ange est féminin, d’eau et dès lors humide et froid.

Sachant que chacun de ces Personnages sacrés de l’Atout XXI représente à la fois une Couleur et un Niveau du Tarot, cette Carte nous donne la clé d’un cheminement spirituel à suivre : les Atouts du premier Niveau et ceux du troisième Niveau (ceux qui correspondent aux Deniers, à l’élément Terre et à la Vache sacrée pour le premier Niveau et aux Epées, à l’Air et à l’Aigle pour le troisième Niveau), ainsi que les Atouts du second Niveau et ceux du quatrième Niveau (des Bâtons, le Feu, et du Lion, face aux Coupes de l’Eau et de l’Ange) doivent être emmenés l’un vers l’autre. Car, par delà la contradiction, se trouve un chemin de traverse, qui permet à ces éléments de se retrouver, de s’unir deux par deux : Terre et Air, Feu et Eau et de faire naître l’Unité qu’incarne la Danseuse. Et c’est ce que manifeste les Nombres que partagent ces Atouts : ainsi, il y a une relation particulière, faite de contradictions, mais aussi d’intimes relations entre les Atouts I et XI, II et XII, III et XIII, IIII et XIIII, V et XV ; puis entre les
Contradictoires Niveau II et IV
Atouts VI et XVI, VII et XVII, VIII et XVIIII, VIIII et XVIIII et enfin X et XX.

Ainsi pour prendre un exemple, il y a une évidente contradiction entre L’Empereur et Tempérance : L’Empereur représente l’autorité mâle faite pour encadrer, protéger et diriger une communauté, que ce soit la communauté familiale ou politique. C’est une relation très verticale, car hiérarchique :
il est celui qui donne ses ordres et les autres obéissent. Et face à l’extériorité (les étrangers par exemple), il oppose de très fermes frontières. Tempérance représente au contraire, les échanges et partages horizontaux, là où une certaine égalité s’affiche entre tous, afin de permettre le partage culturel. Et loin d’opposer une frontière étanche aux étrangers, Tempérance ne demande qu’à les rencontrer, à les accueillir, et à s’enrichir de leurs cultures, de leurs arts, de leurs apports… et à devenir leur ami dans la plus parfaite égalité et par la réciprocité de la relation.L'Empereur et Tempérance

Mais, si L’Empereur ne fait pas un pas vers Tempérance pour le rejoindre, et si Tempérance n’accompagne ce mouvement de son propre élan vers L’Empereur, chacun s’enferme dans une manière d’être qui perd toute vertu.

Ainsi L’Empereur ne saura pas se mettre au niveau de ses administrés, si un père être l’ami de son fils ou de sa fille, s’il n’y a pas d’échange, d’écoute, de partage. Le pouvoir qu’il incarne devient alors tyrannique.

Et si Tempérance ne sait pas conserver ses frontières, sa propre culture, ses propres traditions, lorsqu’il s’ouvre aux autres, il peut très vite être noyé et perdre son identité. 

L’équilibre même de chacune de ces deux Cartes impose de faire un certain chemin pour rejoindre l’autre Carte, même si, au départ, leur expression est à l’opposée l’une de l’autre.

On peut donc dire qu’un véritable Souverain (ou un véritable Père terrestre) n’est accompli qu’en étant capable d’être l’ami de ceux qu’il dirige, tout comme un ami ne pourra être un ami véritable qu’en ayant fermement conscience de son identité propre et de ses frontières psychiques (ses limites).

Contradictoires du Niveau I et IIIOn retrouve un même croisement entre toutes les Cartes qu’unissent le même Nombre : Le Bateleur qui débute et a devant lui tout son potentiel a besoin d’apprendre à dominer celui-ci par une véritable maîtrise, ce qu’incarne La Force. Et de même, celle-ci ne trouvera la plénitude de son être que si elle n’oublie pas le tout petit, le débutant, l’humble joueur qui est en elle. La Papesse, enfermée dans sa bibliothèque et ensevelie sous ses voiles, cultive l’abnégation du Pendu, sa patience, et son aptitude à relier la Terre au Ciel, tandis que ce dernier n’oublie jamais que les fruits de son travail, même s’ils n’apparaissent pas, finiront par murir, car aucun de ses efforts ne sont vains dans l’ensemencement qui est le sien d’une Nouvelle Terre. L’Impératrice sait qu’en donnant la vie, elle fait don de la mort, et cette dernière sait qu’elle est entièrement au service de la vie vivante, et enfin, Le Pape au service de son Eglise doit faire place aux critiques de l’athéisme et du rationalisme qu’incarne Le Diable, quand ce dernier doit se garder de devenir un guru manipulateur en développant une spiritualité humaniste.

D’un autre côté, L’Amoureux éprouve la puissance bouleversante de l’amour érotique sous la forme de la foudre, quand La Maison Dieu fait de tout bouleversement une occasion d’aimer et de changer de vie, Le Chariot est guidé par la chance à l’état pur qu’incarne L’Étoile, tandis que cette dernière, jardinière de l’Eden, conquiert, exploratrice, et Chariot du Cosmos, l’ultime Terre, le Jardin à la fois céleste et terrestre. La Justice incarne la froide raison mais pour mieux s’élever à la conquête de l’intuition que représente La Lune, quand le rêve que représente cette dernière vise la conscience et l’objectivité de La Justice. Le froid, hivernal et ancestral L’Hermite devient, par sa transmission, un père solaire, quand Le Soleil qui aime ses enfants dans la plus stricte égalité, veille à ne pas les écraser sous sa magnificence, en se retirant, Saturne sage, premier L’Hermite, de sa propre plénitude pour l’offrir à ses enfants. La terrible Sphinge de la Roue de Fortune ne peut être vaincue que par l’intuition de ce qu’est vraiment l’être humain, ce que souffle l’ange du Jugement, quand ce dernier tempère son exultation pour devenir le Juge suprême.Contradictoires Niveau II et IV

A ce travail qui impose un croisement de chaque Niveau au sein de chacune des Verticales du tarot, il faut cependant adjoindre le travail sur le Tarot secret qui traverse en Croix les Verticales et les Niveaux du Tarot. Ainsi, on apprend que L’Empereur ne peut se réaliser pleinement dans sa mâlitude qu’en découvrant en lui L’Étoile, son anima ; et tout de même que Tempérance doit s’adjoindre au Chariot pour aller jusqu’au Monde. La voie du Tarot sera alors, non celle de la contradiction, mais des complémentaires, dont nous avons vu déjà l’importance dans l’étude du tarot secret. 

Enfin, la Structure du Tarot met encore en lumière, la proximité des Niveaux I et IV, Niveaux féminins, de Terre et d’Eau, de Denier et de Coupes, tout comme celle des Niveaux II et III, Niveaux masculins, de Feu et d’Air, de Bâtons et d’Epée. Ainsi, il y a une affinité entre Le Bateleur et La Maison Dieu, La Papesse et L’Étoile, L’Impératrice et La Lune, L’Empereur et Le Soleil, Le Pape et Le Jugement, tout comme entre L’Amoureux et La Force, Le Chariot et Le Pendu, La Justice et L’Atout XIII, L’Hermite et Tempérance et enfin entre La Roue de Fortune et Le Diable. Cela mérite, là aussi, cependant, une étude particulière.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Structure et Tarot secret : la croix des complémentaires au sein de l’Arbre de vie

Structure et Tarot secret : la croix des complémentaires au sein de l’Arbre de vie

 

Tous les Atouts ayant été abordés, nous possédons désormais une clé essentielle pour ouvrir la porte de la compréhension du Tarot et de la voie qu’il représente pour l’initié. Nous savons que la structure en 4×5 est essentielle, nous savons aussi que, dans cette Structure tarologique, le X ou la Croix, porte toute l’espérance tarologique. Nous avons appris que cette Forme en Croix s’accomplissait entre les Niveaux I et III, ainsi qu’entre les Niveaux II et IV, ou encore entre Les Deniers et les Épées, tout comme entre les Bâtons et les Coupes, parce qu’il s’agit là d’oppositions qui, si elles se rencontrent et se dépassent dans une synthèse heureuse, génèrent l’Individualité épanouie. Il y a donc une Croix des oppositions dans le Tarot, mais il y a aussi une Croix des Atouts complémentaires, dans cette complémentation que nous avons présentée sous le nom de Tarot secret et qu’il s’agit désormais de mettre en évidence, dans son lien à l’Arbre de vie tarologique.

Rappelons d’abord ce qui est en question dans le Tarot secret : chaque Atout est une parcelle de la complétude et de l’unité que représente l’Atout XXI. Pour parvenir jusqu’à cette pleine complétude et cette unité qui est au bout du chemin tarologique, il lui faut donc s’allier avec la Carte qui est complémentaire. Ainsi, l’Atout I a pour complément nécessaire l’Atout XX et cela signifie que la potentialité que contient Le Bateleur ne pourra advenir à sa réalité pleine et entière que s’il trouve la communauté qui le supportera et le protègera et qui est représentée par Le Jugement. Ou, pour prendre l’Atout suivant, La Papesse qui représente entre autres choses la mère fusionnelle, a radicalement besoin du Père solaire (Atout XVIIII), père qui aime tous ses enfants dans une stricte égalité, qui les réchauffe de son amour paternel, qui les éclaire et leur montre le bon chemin, sous peine d’en faire des proies d’un amour maternel qui étendrait autour d’eux une toile engluante de laquelle ils ne pourraient jamais se libérer. Bien évidemment, ce qui est vrai dans un sens l’est aussi dans l’autre. Ainsi, la famille spirituelle et prête à accueillir l’Enfant royal qu’incarne l’Atout XX n’a de sens que par l’advenue de cet Enfant réel et vivant que représente Le Bateleur. Et de même, le père solaire ne saurait se dispenser d’aimer sa compagne, la mère fusionnelle, sans quoi son amour paternel pourrait lui aussi être délétère, trop Structure-complémentaires-Verticale IIIbrûlant (œdipien).

Or, quand on étudie le jeu des Complémentaires au sein des Atouts, on voit se dessiner à la fois l’Arbre de Vie tarologique et la Structure en Croix du Tarot. Ainsi, il est tout à fait frappant que les Atouts comlémentaires (ceux qui s’additinonent pour aller jusqu’au XXI) de la IIIe Verticale du Tarot, Verticale qui engage le Féminin Sacré dans sa puissance de Vie et de Mort, sont inclus dans la Verticale des III, quand tous les autres Atouts cherchent leur complémentaires dans la Verticale opposée au sein de la Structure globale.

Ainsi le Complémentaire de l’Atout III, c’est l’Atout XVIII, parce que la Femme que représente L’Impératrice a pour condition de réalisation son inclusion dans le Féminin sacré que représente La Lune, tout comme cette dernière, pourtant incarnée dans la totalité du monde naturel, ne peut atteindre sa plénitude divine et sacrée qu’à travers les femmes humaines quand ces dernières deviennent les vecteurs de sa Puissance de vie et de mort, incarnant le Féminin sacré. Et une même relation engage la mort de L’Atout XIII et La Justice (Atout VII) : la mort est en effet la justice suprême, celle qui remet tous les pendules à zéro, celle qui ne fait aucune différence, celle qui impose l’égalité radicale de tous et de toutes , quand la justice impose une petite mort, un deuil, une sanction à l’épanouissement excessif de l’un face à l’autre. La mort sans la justice est un instrument de guerre et de violence, la justice sans la mort est impuissante.

Structure-Complémentaires II et IIIILa Verticale des III est le tronc de l’Arbre de vie, et l’étude des complémentaires suffirait à nous en convaincre : elle seule trouve ses complémentaires en elle-même, elle seule n’est la complémentaire d’aucun Atout extérieur à elle.

Les Atouts de la Verticale des I trouvent leurs complémentaires dans la Verticale des V, tout comme les Atouts de la Verticale des II trouvent les leurs dans la Verticale des IIII. Et c’est très intéressant, car non seulement cela impose une structure en Croix (X) qui conforte cette lecture du Tarot qui s’impose de multiples manières, mais elle propose une réflexion philosophique sur le sens même de la vie.

Ce n’est pas en effet face au Féminin sacré, où s’expriment les Puissances de Vie et de Mort que la mâlitude dans sa Verticale des IIII se manifeste, mais face à l’altérité et à une féminité de l’âge et du voilement ou dévoilement, mais aussi face aux fils de la mère que sont Structure-Verticale I et VLe Chariot et Le Pendu.

Et de même, le Tarot renvoie l’individualité dans sa construction (Verticale des I) à l’individualité charismatique dans sa relation à la communauté (Verticale des V). Ainsi, s’il n’y a pas d’enfant sans parent (ou de Bateleur sans Jugement), il n’y a pas non plus d’amoureux sans sexualisation de la relation amoureuse (ou pas d’Amoureux sans Diable), pas d’Individu royal et maître de soi sans la confrontation au conformisme social (et donc pas de Force sans Roue de Fortune) et enfin pas d’Église ou Temple universel sans son berger (pas de Maison Dieu sans Pape).

 

 

Atout XXI-Le Monde

Le Monde

Atout XXI

Intégration, Unité

Humanité divine et intégrative

Bonheur et Paix pour la Terre entière

Exultation de l’univers

Le Monde 

Le Monde contient en lui la totalité du monde, comme l’affirme son nom. Et en tant qu’Atout final du Tarot, il contient la totalité du Tarot, sachant que le Tarot est lui-même une image de l’aventure humaine. Ainsi, quatre personnages symboliques encadrent la mandorle où se tient la danseuse du Monde et ces quatre personnages représentent les quatre Niveaux du Tarot. Ces derniers se situent aussi dans le Nombre de cet Atout : XXI qui se compose de quatre V, placés deux par deux, dans une relation où leur pointe se rejoignent. Ainsi, chaque X renvoie à deux univers complets : la Terre pour le premier X et le Ciel pour le second, et chacun d’eux se décompose lui-même en deux V, deux Calices, où fut recueilli l’essence des éléments propre à chacun des Niveaux : élément Terre pour le premier V tourné vers le bas correspondant au premier Niveau du Tarot, symbolisé par la Vache sacrée ; élément Feu pour le second V tourné vers le haut correspondant au second Niveau du Tarot, symbolisé par le Lion sacré ; élément Air pour le troisième V tourné vers le bas et correspondant au troisième Niveau du Tarot  et que symbolise l’Aigle; et enfin élément Eau pour le quatrième V tourné vers le haut et correspondant au quatrième Niveau du tarot, représenté par l’ange à gauche du Monde.

vache sacréeLa Vache, animal féminin et terrien, renvoie aux Deniers et au premier Niveau du Tarot qui sont liés à l’élément Terre, qui est sec, féminin et froid. Elle parle de la maîtrise de la réalité matérielle et de sa générosité. La Vache est en effet l’animal qui incarne la Mère divine dans sa matérialité, elle est la nourrice de l’humanité, celle qui donne son lait aux petits humains. Elle est la matière nourricière sans laquelle aucun corps, aucune incarnation n’est possible. D’où cette couleur chair qui est la sienne. Or, cet animal fortement terrien qu’est La Vache est représenté, dans l’Atout XXI, comme étant ailée : la matière n’est plus un poids qui tire vers le bas. Elle est remplie de lumière, devenue vase sacré recueillant les émanations du Ciel.

Lion mur du temple d'IshtarLe Lion, animal masculin et solaire, renvoie aux Bâtons et au second Niveau du Tarot qui sont liés à l’élément Feu, lui-même sec, masculin et chaud. Le Lion parle de la puissance et de la générosité d’une activité humaine engagé dans le monde sociétal. Il est l’animal qui incarne le Père divin dans sa créativité et son inventivité. Il est le feu qui protège, éclaire, transforme la matière pour l’humaniser et la mettre au service de l’humanité. C’est un lion ailé et qui n’a donc plus rien de la violence, de la tyrannie et du danger qu’un lion simplement terrestre recèle. Il possède en effet l’auréole de la sainteté.

L'aigle-JeanL’Aigle, animal masculin et aérien, renvoie aux Epées et au troisième Niveau du Tarot qui sont liés à l’élément Air, lui-même humide, masculin et chaud. L’Aigle qui s’élève dans le Ciel et qui, seul, peut regarder le Soleil sans en avoir les yeux brûlé, l’Aigle qui possède un regard perçant symbolise l’intelligence humaine et son aptitude à voir la réalité telle qu’elle est. C’est le temps de la conscience issue des épreuves et des grandes vertus qu’il incarne. Cet Aigle n’est pas seulement royal et perspicace, il est auréolé parce que son intelligence n’est pas au service d’une rationalité coupée de toute spiritualité, mais au contraire est placée sur le cœur.

Ange-femmeL’Ange enfin, être suprahumain, être céleste, renvoie aux Coupes et au quatrième Niveau du Tarot qui sont liés à l’élément Eau, lui-même humide, féminin et froid. Cet ange est féminin en tant qu’il réceptionne et fructifie les essences du Ciel pour les verser sur la Terre. Son visage est de chair, et ses cheveux d’or. Son être n’est pas que céleste. Il est relié à la Terre par la danseuse au centre de la mandorle.

Et bien sûr, il y a un cinquième personnage, car s’il y a quatre Niveaux et quatre Couleurs dans le Tarot, il y a aussi cinq Verticales. Il fallait donc bien qu’un cinquième personnage apparaisse sur la Carte du Monde. Mais, pour lier ce cinquième personnage aux autres, et comprendre en quoi consiste sa royauté, il faut revenir à la Structure de cet Atout.

Nous voyons un mouvement dans cet Atout, un mouvement qui nous a été révélé par La Roue de Fortune, ainsi que par la Structure du Tarot : le mouvement de la vie, dans le Tarot, passe du féminin-terre (la Vache) au masculin-feu (le Lion), puis s’élève au masculin-air (l’Aigle) et se dirige ensuite vers le féminin-eau (l’ange). Ce mouvement translate donc en bas de la gauche vers la droite (ou du féminin matériel au masculin matériel), puis du bas vers le haut (du masculin matériel au masculin spirituel), et enfin en haut, de la droite vers la gauche (du masculin spirituel au féminin spirituel). Cette demi-spirale ne mène pas à revenir à la Terre. Il ne s’agit pas d’un Cercle. Le mouvement a un aboutissement. La haute spiritualité des Coupes qui recueillent les Bénédictions du Ciel.

Cette demi-spirale représente le mouvement naturel de la vie qui va du matérialisme à la vie spirituelle, en passant par des incarnations sexuées qui situe le féminin aux extrêmes et le masculin au cœur. Or, précisément, c’est une femme qui se trouve au cœur de l’Atout XXI, comme c’était déjà le cas dans l’Atout XI. La plénitude est féminine, et cette danseuse en outre représente l’humanité entière.

Mais, pour passer du cadre de l’Atout XXI au centre, et des personnages du cadre, à la Danseuse du centre, il faut croiser ces personnages du cadre. Ainsi, ceux parmi eux qui doivent absolument se connecter, sont précisément ceux qui sont le moins naturellement connectés : la Vache et l’Aigle (Terre-matérielle et Air-spirituel) ainsi que l’Ange et le Lion (Eau-spirituelle et Feu-matériel). C’est ce croisement qui fait émerger l’Individualité sainte et joyeuse qu’est la Danseuse cosmique au centre de la Carte.

Ce croisement apparaît très clairement si on regarde les Atouts du Tarot dans leur ensemble. On voit alors, à travers les Niveaux et les nombres des Atouts, ce croisement a lieu. Ainsi, les Niveaux I et III, ainsi que II et IV portent les mêmes nombres : I et XI, II et XII, III et XIII, IV et XIV, V et XV, puis VI et XVI, VII et VII, VIII et XVIII, VIIII et XVIIII, X et XX.

Verticale des IIIPour prendre un exemple et un seul, car ce n’est pas le lieu ici de tout expliquer, s’il y a une proximité et une complémentarité évidente entre L’Impératrice et La Justice (Atouts III et VIII dans une proximité de situation dans la Structure du Tarot), deux femmes investies de manière centrale dans les deux communautés les plus importantes pour l’être humain : la maison et la société, tout comme entre L’Impératrice et La Lune (qui ont pour lien leur féminité, dans l’ordre de l’humain et du sacré), c’est néanmoins avec L’Atout XIII et la mort que L’Impératrice doit trouver à dépasser l’opposition qui les lie (entre celle qui donne la vie et celle qui l’ôte), afin que L’Impératrice sache bien qu’en donnant la vie, elle fait aussi le don de la mort, et que la mort de son côté sache bien que son don n’a de sens que pour un renouvellement de la vie et dans l’amour maternel. Tel est le message du Monde, Aboutissement du Tarot et sa clé. La connaissance d’une telle clé permettrait, seule, de faire naître à elle-même l’Humanité Royale, Gardienne de la Terre et Protectrice de la biosphère, Danseuse réplique et servante du Divin. Il en est bien sûr de même pour le lien entre les deux autres Atouts les plus opposés de la 3e Verticale : La Justice et La Lune qui portent, dans leur féminité même, le dépassement de l’opposition entre la Raison et l’Intuition. 

 

tombe-du-christParlons maintenant de cette Danseuse. Sa posture fut très longtemps mystérieuse et obscure dans son origine. Ce n’est que depuis cette année, depuis 2016, et l’ouverture du Tombeau du Christ, que nous avons confirmation d’une hypothèse souvent émise : il y a un lien intrinsèque entre Jésus de Nazareth et la Danseuse, et plus exactement entre le Christ triomphant et la Danseuse du Tarot. Regardez ce bas relief qui se trouve au-dessus du Caveau du Saint Sépulcre. Personne ne peut douter que ce bas relief a directement inspiré les inventeurs du Tarot. Une mandorle, ce qui est fréquent autour du Christ, mais la Danse du Christ est bien singulière, on ne la trouve, à ma connaissance, nulle part ailleurs. Et remarquez encore le ruban qui entoure le corps du Christ. C’est le même drapé qui enveloppe la Danseuse du Tarot. On ne peut douter du message des inventeurs du Tarot : c’est bien l’âme christique qui est promise à la fin du Temps. 

Le Monde-DanseuseLa danse, c’est le mouvement à la fois libre, esthétique, rythmé, et qui fait disparaître la pesanteur. La danse, c’est la matière qui entre dans la grâce. Selon l’analyse des rêves éveillés et G. Romey, la danse est le symbole de l’imaginaire universel qui conduit à l’affranchissement des limites spatiales, sans que jamais le danseur se perde dans la démesure. Toujours la danse est circulaire, c’est une ronde qui inclut toute personne et toute réalité. C’est la représentation même du Soi selon Jung : l’individualité réalisée dans son unicité parfaite. C’est un acte de foi en la vie, en son devenir, dans le lien entre son destin et celui du reste du monde. La danse est féminine. C’est l’anima qui est toujours en question dans les rêves où la danse est centrale. Et cette anima n’est autre que le Féminin sacré. Voilà pourquoi, c’est une femme qui est représentée dans l’Atout XXI et non le Christ, premier membre seulement de cette Humanité royale qu’elle représente. Le Monde, c’est l’humanité entièrement transfigurée, le but même de Jésus de Nazareth et de son enseignement. 

A la lecture du premier Niveau du Tarot, Le Monde renvoie aux familles très unies, à la naissance d’un enfant, souvent une fille, à la maisonnée dans son ensemble, personnes et animaux, aux fêtes de famille, à la famille recomposée et heureuse, de succès dans les examens etc. Cette Carte parle d’intégration parfaite de chaque partie de soi dans une unité positive : santé physique et mentale. 

A la lecture du second Niveau du Tarot, cet Atout XXI parle d’entreprises de grande envergure, souvent en relation avec l’étranger, de relations internationales, de très bonne entente collégiale, etc.

A la lecture du troisième Niveau du Tarot, Le Monde a deux significations opposées : soit cette Carte parle d’un excès d’intégration et d’unité (de totalitarisme par exemple) soit d’un manque total d’intégration, le fait d’être rejeté de tous, particulièrement avec la présence du Mat. On peut avoir le monde entier contre soi avec une telle Carte en opposition. C’est la fin de cette belle unité alors que cette Carte représente. Ou bien, à l’inverse, une unité oppressive, le contrôle excessif de chacun des membres par les autres. 

Dame de tous les peuplesA la lecture du quatrième Niveau, cet Atout XXI est celui de l’au-delà de la fin des temps. Il s’agit de l’éternité heureuse, non pas dans l’au-delà, mais dans ce monde même.

C’est l’unification d’un monde qui fait place aux contradictions pour en sublimer une unité supérieure.

C’est bien sûr la personne du Christ qui est là en jeu, mais avec la Danseuse, c’est aussi la Déesse mère, l’expression du féminin sacré, Amante et miroir concret du Divin dans sa Créativité abstraite.

Pour finir, voici la prophétie faite par la Dame de tous les Peuples à Ida Peerdeman : « Les êtres humains de tous les pays finiront bien par ne faire qu’un! »  Et ils ne seront qu’un que quand ils auront les yeux orientés vers la croix. 

A cette fin, Ida vit que la Dame manifestait sa Royauté sur le Monde : « la Dame reprit: « Désormais, tous les peuples me diront bienheureuse. La Dame de tous les Peuples désire l’unité dans le Saint Esprit. Le monde est enveloppé d’un faux esprit, de Satan. Quand le dogme, le dernier dogme de l’histoire mariale aura été proclamé, la Dame de tous les Peuples donnera la paix, la vraie paix au monde. Il faut cependant que les peuples prient ma prière, avec l’Église. Ils sauront que la Dame est venue en tant que Corédemptrice, Médiatrice et Avocate. » (31 mai 1954)

Voici la prière de Notre Dame de tous les Peuples :

Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père,
envoie à présent Ton Esprit sur la terre.
Fais habiter l’Esprit Saint
dans les coeurs de tous les peuples
afin qu’ils soient préservés
de la corruption, des calamités
et de la guerre.
Que la Dame de tous les Peuples,
qui fut un jour Marie,
soit notre Avocate. Amen.

 

 Pour finir, je vous conseille de regarder les vidéos et interview de Nassim Aramayn, un physicien qui harmonise la théorie d’Einstein et celle de Planck. Il annonce l’arrivée prochaine d’une humanité transfigurée par la conscience de ce qu’est l’espace. 

Atout XVII- L’Étoile

L’Étoile

Atout XVII

Foi, mystère sacré, destinée

La Vierge aux grâces et au manteau étoilé

Chant des étoiles, bain de lumière stellaire

Intuition et clairvoyance

Simplicité d’être

Anima, féminité virginale et maternelle

Service, don, altruisme

Vulnérabilité, servitude et humiliation

 17 Etoilenuit

 

Le deuxième Atout du dernier Niveau du Tarot est l’un des plus beaux. Il s’agit de L’Étoile. C’est un Atout de la Nuit, du Mystère sacré, de l’Anima, de la féminitude dans son éternelle virginité. Il n’est pas faux de le considérer comme l’un des Atouts les plus bénéfiques du Tarot, « Atout de la chance pure » disent certains taromanciens, car cet Atout parle effectivement des Bénédictions du Ciel au même titre que tous les Atouts du 5e Niveau, celui qui exprime les émanations du Ciel et la possibilité humaine de les recueillir.

Etoile-viellevilleCertains pourraient s’étonner de cette interprétation qui fait de L’Étoile un Atout cosmique où est en jeu des émanations du Ciel puisque c’est un Ciel étoilé et non un astre qui émet des gouttes de lumières qui est représenté là. Mais le Ciel étoilé des rêves est un Ciel qui offre un bain de lumière, une onde stellaire, et un chant d’étoiles. Regardez le très inspiré Tarot Vieville et son interprétation de l’Atout XVII : un savant, certainement un astronome ou même un astrologue, est assis sous un ciel étoilé, où une immense étoile suinte des gouttes de lumière, à l’instar de La Lune et du Soleil. 

Le dernier Niveau du Tarot est en effet en relation harmonique avec les Coupes et l’élément Eau qui n’est pas l’eau terrestre, mais la rosée spirituelle, l’eau qui s’épanche du Ciel pour nourrir la Terre de sa spiritualité. Avec L’Étoile, nous avons le seul Atout qui traduit très clairement cette réception de la pluie stellaire, de l’onde divine, puisque la jeune femme possède deux vasques remplie de cette eau divine dont elle épanche le précieux contenu dans l’eau et le sol de la Terre.

L'Etoile-sforzaComme aucun autre Atout, L’étoile est, de ce fait, signification du destin ultime de l’être humain : faire le lien entre le Ciel et la Terre, devenir le Gardien et le Protecteur de la biosphère, créer et entretenir l’Eden, ce Jardin céleste et terrestre à la fois que seule l’individualité sainte peut en effet servir. L’Étoile est la Jardinière divine du Tarot. 

Si L’Étoile est à même de devenir ce Serviteur du divin (on la voit un genou à Terre, le genou droit et non le gauche : elle ne sert pas le Roi, le pouvoir politique, mais le divin lui-même), c’est parce qu’elle a renoncé aux expressions égotiques de son être. L’Étoile est une altruiste. Appartenant à la Verticale de l’altérité, elle ne représente le plus haut aboutissement. Après avoir porté l’altérité en soi avec La Papesse, après l’avoir aimé dans son exotisme avec Le Chariot, après avoir appris à supporter son oppression sans se perdre soi-même avec Le Pendu, L’Étoile a appris à Servir et à Aimer. Elle répand sur le monde le flux de sa compassion et de sa tendresse. 

Elle  fut libérée des obsessions égotiques et de la volonté de contrôle par La Maison Dieu. Nue, elle incarne la Simplicité sainte. Entièrement tournée vers la gauche, elle est Méditation et Prière dans son activité même. Elle est Marthe parce que Marie. Et cette oraison qui l’accompagne en tout ce qu’elle fait l’a conduit à l’acceptation la plus parfaite de son destin. Elle n’a nul besoin de le contrôler. Elle a acquis tout ce que Le Pendu a su comprendre de la réalité et désormais, elle a les mains libres pour agir en fonction de ses intuitions fulgurantes et profondes. Elle a la foi et celle-ci s’enracine dans sa confiance absolue dans sa mission sur Terre.

3e oeilLe corps de L’Étoile et son Moi ont été ouverts aux émanations célestes. Et en son être, pénètre les énergies stellaires, symbolisées par la Couleur bleu nuit, bleu presque Indigo, bleu du chakra du troisième œil qui donne la connaissance intuitive et même la clairvoyance. Ce chakra n’est ouvert que quand l’être humain accepte de s’en remettre entièrement à une destinée imprévisible et à sa bonne étoile. Il obtient alors la connaissance véritable. Il voit. Il a les yeux ouverts. Il sait. D’où cette représentation du chakra frontal par un oeil.

Le Serviteur du divin n’a plus jamais peur, n’est plus jamais humilié quoiqu’il arrive, n’est plus jamais en colère. Il sait que tout son être Sert la vérité, la connaissance, l’action juste, le bien. Il agit en étant les mains du Seigneur dans la tendresse, la compassion maternelle. L’Étoile est en effet l’Atout liant le virginal au maternel.

Écoutons ce que dit G. Romey des rêves de Ciel étoilé : « Un ciel de nuit bleue, plein d’étoiles, est un vaste manteau de mystère offrant au regard la contemplation de l’impénétrable. » Un tel rêve de nuit étoilée est rêve de musique des sphères, et les étoiles du ciel emmènent vers la foi, de laquelle la confiance en sa destinée est toujours l’expression la plus sûre : le Ciel étoilé, en effet, « rétablit un rapport de confiance avec le Mystère ». L’étoile toujours montre le chemin. Elle rend l’être à sa simplicité et lui ouvre la porte de la véritable liberté. On ne peut se tromper en suivant sa bonne étoile. Celle-ci ouvre le chemin et mène à la sagesse. C’est un symbole évident de Vénus, mais avant elle d’Ishtar, la Déesse mésopotamienne qui a inspiré l’image d’Ashéra, la Déesse compagne de Yahvé avant l’instauration du monothéisme hébraïque. Comme Ishtar, L’Étoile du Tarot a huit branches. Elle est le guide de tous les bergers et de tous les voyageurs.

En tant qu’étoile du matin et étoile du soir, L’Étoile est aussi ce qui fait le lien entre le jour et la nuit et, dans le Tarot, entre La Lune et Le Soleil qui vont suivre. Entre ces deux mondes et leurs valeurs opposées, elle est fille qui rend le flux des informations possibles. Elle éclaire Le Soleil des intuitions de la Nuit et de La Lune, et elle permet à celles-ci de s’exprimer dans le monde solaire de l’action et de la réalisation.letoile (1)

En acceptant l’imprévisibilité du devenir, expression de la liberté divine elle-même, le rêveur renoue avec la féminité de son âme, son anima. Et tout en lui devient onde : « L’étoile du rêve dit la Source primordiale et le flux de vie qui composent un destin. Elle est du monde de l’humide. Elle est eau, femme, animal. Sa lumière est une lumière qui baigne » rappelle encore G. Romey. Sa longue chevelure ruisselle sur son dos et rejoint l’eau de la rivière. Dans cette humidité féminine et spirituelle, elle a su recueillir l’eau stellaire pour la répandre dans la rivière (l’eau de la terre, les émotions) et sur la terre (les réalisations concrètes), et ainsi transformer la Tour en Arbre de Vie, et la verticalité humaine en verticalité qui entraîne la totalité du monde naturel dans ce lien entre le Haut et le Bas.

Mais bien sûr, L’Étoile bien qu’Atout merveilleusement béni, comporte des significations propres au Niveau III du Tarot, Niveau en lien avec les Épées et l’Air, Niveau des épreuves et des vertus humaines issues de ces épreuves. L’Étoile parle alors de la grande vulnérabilité d’une personne incapable de voiler ses intentions et sa bienveillance et qui se heurte aux manipulations, mensonges, et violences d’autrui. Si elle est protégée, elle est aussi en butte à de nombreuses épreuves qui l’a rapprochent du Pendu, son prédécesseur dans la Verticale des II. Serviteur du Divin, sa foi la protège alors de l’amertume et du désespoir. 

N’oublions pas aussi que le complémentaire de L’Étoile est L’Empereur : sans la réalisation concrète que représente ce dernier, sans la force mâle de celui qui impose sa loi au monde, L’Étoile reste dans les rêveries de la nuit et ne parvient pas à sortir de son seul élan spirituel. L’Étoile tend, si elle ne trouve pas en elle la force de son complémentaire L’Empereur, à rester une sorte de Pierrot lunaire, étourdi, un peu perdu dans le monde réel. Elle reste alors Marie, celle qui prie, sans parvenir à être Marthe, celle qui Sert dans le monde concret. 
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En lien avec le premier Niveau du Tarot, L’Étoile parle de la jeune fille éternelle, de ces femmes qui ne peuvent jamais sortir complètement de l’adolescence, de celles qui sont liées à leur Mère pour toujours, qui n’ont donc jamais d’enfants, dont le destin est d’être la tante parfaite, l’amie de sa mère, la femme enfant de son amant. Ce n’est pas une femme qu’on épouse ou alors c’est une femme qui ne peut évoluer vers la maternité. En vieillissant, elle reste lune éternelle vieille jeune fille. Elle est bien plutôt destinée à être la maîtresse d’un amant plus âgé. Pour advenir à la plénitude de son destin et sortir de l’état de jeune fille, il lui faut rencontrer Le Père et l’homme (par une psychanalyse ou en se mariant avec l’amant et en ayant des enfants).

En lien avec le second Niveau du Tarot, L’Étoile renvoie aux métiers liés à la féminité adolescente, mais aussi à ceux qui traitent de l’eau (travail sur les rivières et fleuves comme pénichiers), de la nature (agriculteur), des oiseaux (ornithologue par exemple). Les métiers de la nuit sont possibles aussi. L’art est en jeu parce que la beauté de la jeune fille renvoie aux peintures et sculptures.

cendrillonEn lien avec le troisième Niveau du Tarot, L’Étoile indique une période de grande vulnérabilité, un manque de souci des apparences, une trop grande transparence de soi. On ne sait pas se protéger. Il faut apprendre à revenir à La Papesse et à son message : savoir se préserver du regard d’autrui. 

L’Étoile renvoie aussi à une idéalisation coupée de toute réalisation. Il faut désormais passer à l’action.

Enfin, l’Atout XVII parle d’humiliations, de vexations, de blessures d’amour-propre, et souvent d’exploitation et de servitude.

Dans l’univers patriarcal qui fut celui de l’ère de Bâton et qui reste en partie celui de l’ère des Épées, les femmes sont toutes des Étoiles entrées dans une servitude, une humiliation, une non-reconnaissance de leur valeur terrestre et spirituelle invraisemblable. Ventres reproducteurs à la filiation des fils, servantes de leurs époux et de leurs fils, esclaves sexuelles, elles ont enduré une aliénation de leur féminité durant plusieurs millénaires.

Mais nous sommes en passe de quitter l’ère d’Épée et d’entrer dans l’ère des Coupes. Alors la féminité ne sera plus un poids et un enfermement, mais le moyen d’une révélation et d’un sacerdoce spirituel qui feront des femmes les guides des hommes, de leur fils, de leur frères, de leur compagnon de vie, de leur amant. Toutes alors seront proches de la Bien-Aimée du Cantique des cantiques. 

Les grandes vertus qui ressortent de ces longues épreuves et qui seront transmises aux hommes, ce sont l’humilité sans humiliation, mais aussi la franchise et la droiture sans exposition à un excès de vulnérabilité.

Mexico-ND-de-Guadalupe-vierge-gros-plan--2-En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, L’Étoile parle de l’âme humaine dans sa relation avec le mystère de sa destinée. Elle est aussi le symbole de la Vierge divine qui, dans la religion chrétienne a pris la forme de Marie, mais qui existe dans d’autres cultures. Ainsi, elle est Perséphone pour les Grecs, et Proserpine pour les Romains, cette Déesse essentielle aux mystères d’Éleusis. 

D’où cette désignation ancienne qu’on trouve aussi dans Convers par exemple : Le Toille. La Toile qui entoure le corps nu de la jeune vierge de l’Atout XVII n’est autre que le manteau étoilé de Marie. Cette jeune fille est, en tant qu’âme humaine, en tant que représentante du Féminin sacré dans sa virginité immaculée, l’éternelle Vierge qui est aussi la Mère divine la plus tendre. Toujours accompagnée de l’oiseau car il fait le lien entre le Ciel et la Terre, entre la vie, la mort et la renaissance, qu’il soit rapace noir dans les religions anciennes, colombe blanche dans la religion chrétienne. La Vierge sainte est celle qui offre au monde l’Eau céleste de vie, l’onde qui permet de revivre en accord avec sa destinée, l’onde qui sauve. N’oublions pas l’importance, pour les Apparitions de la Vierge Marie, de ce flux de grâces qui toujours se répandent de ses mains au monde. C’est L’Étoile éternelle de tous les Peuples. 17 Etoile

Nous avons privilégié le bleu nuit pour illustrer L’Étoile, mais nous voyons que le choix de Pamela Smith d’un bleu turquoise pour signifier le Ciel et le manteau de Marie est parfaitement légitime : cette couleur turquoise qu’on retrouve sur les Bouddhas et en Iran est le symbole de la guérison spirituelle et physique, ainsi que de l’amour inconditionnel qui sont les attributs de la Vierge Marie dans la vision chrétienne de la Mère divine. c’est aussi la couleur du ciel à l’aurore, quand l’étoile du matin, fille astrale, fait le lien entre sa mère, La Nuit-Lune, et son père, Le Jour-Soleil. 

Comment terminer ce petit moment passé avec L’Étoile sans offrir une prière à la Puissance féminine virginale et maternelle, et qui offre à l’humanité refuge, protection et consolation. L’Étoile est la médiatrice par excellence. L’énergie qui permet à  l’humanité de supporter le feu du Ciel pour en répandre la semence sur la Terre. 

Mère divine, Mère de tendresse et d’amour,

Étoile du matin et Étoile du soir,

Rose parmi les roses,

Guide, Protectrice et Bienfaitrice de l’humanité,

Sois infiniment remerciée pour le flux ininterrompu de  grâces que tu offres à l’humanité depuis toujours et pour toujours,

Ainsi que pour ton amour maternel miséricordieux.

Libère l’humanité de la guerre, de la corruption, des effets pervers de la mondialisation et de la finance, de l’injustice, de l’envie, de la maladie, du désordre climatique, de ses causes et de ses effets. De l’obscurantisme, tout comme du manque de foi et de spiritualité. Ainsi que de tout ce qui l’accable.

Ouvre maintenant le coeur de tous les êtres humains à l’Esprit saint de Jésus et au flux de tes grâces.

Que chacune et chacun connaisse et accomplisse sa mission sur Terre dans la joie, la santé et le bonheur et la bonté !

Que chaque peuple soit heureux de former avec tous les autres cette humanité une, et arc en ciel, que tu désires !

 

 

 

Atout XVI-La Maison Dieu

La Maison Dieu

Atout XVI

La Porte du Ciel, la Tour

L’inversion des points de vue

La Révélation, l’Illumination

La Transfiguration

L’Épreuve majeure

16maisondieu 

La Maison Dieu est l’Atout qui pose le plus de problèmes d’interprétation. Certains y voient un feu d’artifice, une fête nationale, le 14 Juillet, une manne céleste, un coup de chance incroyable, un trésor qui bombe du Ciel… et d’autres la Tour de Babel, la catastrophe radicale, un cataclysme naturel, et d’une manière générale le coup de sort qui tombe sur la tête du consultant comme la foudre du Ciel pour détruire sa vie et ses espoirs. Et rien, dans la seule iconographie de la Carte, ne nous permet de trancher entre ces deux interprétations tellement opposées. Pour pouvoir interpréter de manière juste cet Atout, il est donc nécessaire, encore une fois, de le situer dans le Système en 4×5 et comprendre la signification du nombre XVI.

Tout d’abord, il s’agit de l’Atout le plus élevé de la Verticale des I. Il nous parle donc, au sein du cheminement de l’individualité humaine en construction, de la dernière étape, avant que la Réalisation parfaite engagée par la voie initiatique s’exprime dans le dernier Atout du Tarot qui est aussi un Atout où le I est en jeu : Le Monde, Atout XXI. Ce n’est pas un hasard si La Maison Dieu se trouve au-dessus de La Force dans cette Verticale des I : alors que l’individualité représentée par l’Atout XI est fermement installée dans son être (contrairement à L’Amoureux divisé, partagé, tiraillé entre les influences contradictoires qui sont en lui), cette individualité arrivée au Niveau des Calices qui recueillent les émanations du Ciel et la rosée spirituelle doit désormais s’ouvrir au divin. C’est ce que représente l’iconographie de la Tour qui, dans le Tarot de Marseille classique (Conver) est solide, ferme, parfaitement linéaire dans sa verticalité, mais voit sa couronne crénelée ouverte sur le Ciel : la Tour est ouverte et peut recevoir toute la rosée spirituelle qui tombe en pluie du Ciel. 

as-de-coupeLa Maison Dieu est aussi l’Atout qui commence le dernier Niveau, le 4e Niveau du Tarot qui est en relation harmonique avec les Coupes. Tous les Atouts de ce Niveau sont en effet des Calices permettant de recueillir les émanations du Ciel, des émanations très visibles sur les iconographies des Atouts à partir de l’Atout XVI. Ce sont les Grâces et l’aptitude humaine à les absorber que représentent tous les Atouts du dernier Niveau du Tarot. Dans ces conditions, ils ne peuvent jamais être interprétés comme des Cartes négatives. Mais bien sûr, comme toute Carte, les Atouts-Calices obéissent aux quatre Niveaux d’interprétation et ont donc, parmi les significations familiales et corporelles, sociétales, et enfin spirituelles des significations d’épreuves et de la construction de vertus correspondant au 3e Niveau du Tarot en relation harmonique avec les Epées.

Cet Atout de l’Individualité humaine en construction manifeste par son Nombre, le XVI, qu’avec lui tout de la Terre est en place, mais qu’en ce qui concerne le Ciel, un seul Calice est ouvert. Ce dernier est représenté par le premier V, c’est celui de l’aspect mâle du Ciel (ou terre du Ciel qu’incarne aussi, dans les Nombres, l’élément Air et qui est issue de la digestion des grandes épreuves de la vie humaine en une vertu essentielle). Le deuxième Calice, celui qui permettra de recueillir les émanations du Ciel, est à construire, et cette construction qui se termine avec l’Atout XX commence avec La Maison Dieu.

C’est en ayant en tête le croisement de la Verticale des I avec ce 4e Niveau du Tarot, et en n’oubliant pas la posture de première Carte de ce dernier Niveau du tarot que nous pouvons aborder en toute sécurité l’iconographie pour l’interpréter. Que voyons-nous ? Quels éléments doivent être immédiatement et objectivement saisis dans cette iconographie ? Quatre éléments essentiels (n’oublions pas que le XVI est un 4×4, le nombre quatre est redoublé quatre fois) ressentent de la Carte : une Tour d’abord, deux personnages dans une posture inversée (les pieds dirigés vers le ciel, les mains sur le sol), des boules multicolores qui tombent du Ciel, une plume ou série de plumes qui relie (nt) le haut ouvert de la Tour au Ciel.

Que signifie la Tour ? C’est une construction en pierres, souvent carrée, très élevée. C’est une image qui est l’exacte représentation du XVI en tant que 4 fois 4. Or, le 4, représenté dans le Tarot par L’Empereur, est comme les édifices en pierres symbole de frontière, solidité et base. Il est le fondement du carré, lui-même fondement de la Tour. Le seize, carré de quatre, indique dès lors « l’accomplissement de la puissance matérielle » rappelle le Dictionnaire des Symboles Chevalier et Gheerbrant. La solidité, la fermeté, mais aussi la fermeture et la pesanteur sont les expressions de ce nombre seize en tant que 4 fois 4.

La Tour est encore un symbole d’élévation : elle est une construction humaine qui relie la terre au ciel en ligne droite, semblable à cet avant-dernier « I » qu’on voit dans le Nombre XVI. En ce sens, il est bon de rappeler ce que signifie le nom « Babel » de la Tour de Babel biblique : « la porte du Ciel ». Faut-il s’étonner dès lors de ce nom « Maison Dieu » ? La Tour de Babel dans son sens initial, c’est-à-dire avant l’interprétation hébraïque était un Temple habité par le divin. Cette ziggourat mésopotamienne était construite en étages de plus en plus étroits incarnant les Cieux et les planètes : Saturne, en noir à la base, Jupiter avait son séjour dans l’étage dédié au blanc, le rouge était habité par Mercure, le bleu par Vénus, le jaune par Mars, l’argent par la Lune et l’or au sommet était dédié au Soleil. Cette Tour avait pour objectif de permettre aussi bien la descente des dieux sur la terre que la montée des hommes jusqu’au divin.  

Zigourate de BabyloneBien évidemment quand on sait l’importance des couleurs dans les ziggourats mésopotamiennes et leur symbolique stellaire, on comprend mieux le sens de ces boules tombant du ciel. N’oublions pas que le cercle et la sphère s’opposent directement au carré et au cube, le cercle et le carré étant avec la croix et le centre l’un des quatre symboles universels fondamentaux. Alors que le carré indique la séparation et la frontière, le cercle parle d’absence de distinction et de division. Selon le Dictionnaire des symboles, « le cercle symbolise l’activité du ciel, son insertion dynamique dans le cosmos ». Il rejoint les symboles de la divinité penchée sur la création et lui donnant vie. Très clairement, nous avons là une descente des émanations stellaires et célestes sur la Terre que symbolisent ces « confettis » dessinés sur la Carte. Il ne s’agit pas du tout d’une explosion de la pierre et de la Tour, mais d’une imprégnation divine qui se répand sur toute la terre, grâce à ce lien entre le Ciel et la Terre que représente la Tour, ce Temple dédié à la communication entre les hommes et le divin.

Rainbow Website Banner HeaderChaque couleur de ces gouttes d’eau traversées de lumières représente un aspect du divin : lorsque la lumière blanche passe à travers le prisme de la rosée terrestre, elle devient couleur. Cela symbolise la diversité culturelle et il est aisé de donner une couleur à chacune des grandes ethnies ou communauté culturelles. Ainsi le bleu de la Vierge, le bleu de France, est la couleur préférée des Européens. On le retrouve dans le drapeau américain. C’est la couleur de l’Occident. Le vert bien aimé du Prophète est symbole de l’Islam. L’orange safran est la couleur de l’Inde et des deux religions nées sur son sol et alentours : l’hindouisme et le bouddhisme. Le Jaune solaire est celle de l’Afrique, tout comme le rouge incarne la spiritualité athée de la Chine tout comme des pays anciennement soviétique tant qu’ils s’interdisaient les croyances religieuses (premier pays athée au monde) etc. Chaque couleur peut croire, un temps, qu’elle est à elle seule la totalité de la lumière. AInsi, l’Occident dit : « la lumière est bleue », les musulmans : la lumière est verte, etc. Mais La Maison Dieu le révèle : ces Temples, trop intolérants et fermés, finiront par être ouverts. Les religions vont se dépasser elles-mêmes, dans une tolérance qui accepte et reconnaît la valeur de  toute forme de spiritualité, à égalité avec la sienne. En se donnant la main, les êtres humains quelle que soit leur représentation religieuse reformeront la totalité de la Lumière qui n’est n’i rouge, ni bleue, ni verte. Pour la retrouver, il faut ouvrir, aérer les spiritualités et les faire communiquer, comme le montre ce Temple ouvert sur le Ciel et rayonnant toutes les couleurs. 

PlumeCette interprétation est corroborée par le symbole de la plume qui est lui aussi opposé à la pesanteur que contiennent le nombre 4 et l’image de la pierre. La plume résume l’oiseau qui lui-même résume le lien entre la terre et le ciel, la possibilité d’une élévation sans pesanteur, d’une merveilleuse légèreté. Or cette plume ouvre le haut de la Tour, sa couronne en quelque sorte, permettant aux émanations célestes d’y entrer. Nous avons-là exprimée la transmutation alchimique : quand la pierre devient philosophale, emplie de lumière, investie de divinité. Cette Maison Dieu est dès lors le Temple universel ou la Cathédrale suprême (pierre remplie de lumière, pierre aérienne, pierre libérée de la pesanteur) qui s’opposent aux religions révélées dans leur rigorisme lourd et antispirituel. Le prêtre, rabbin ou imam disparaît et fait place au berger véritable comme le montre clairement le très inspiré Tarot Vieilleville, celui à qui Dieu délègue véritablement une partie de son autorité, parce qu’il est un véritable guide spirituel. N’est-il pas intéressant que dans la cure en rêves éveillés libres, tels que nous les XVIvieville (1)présente G. Romey, le personnage du Berger intervient quand la personnalité est prête à abandonner « l’attitude de compétition exacerbée » qu’incarne précisément l’image de la Tour ? La Maison Dieu indique la fin des guerres de religion. Alors, le véritable lien entre l’homme et le divin cesse d’être une tour, même une tour ouverte sur le haut et allégée, remplie de lumière. Il s’incarne dans l’arbre sacré, le poteau divin, le symbole vivant et le plus ancien du lien entre la terre et le ciel. Un arbre qui va se retrouver dans l’Atout suivant, L’Étoile, mais que symbolise aussi les personnages de La Maison Dieu.

12penduReste à comprendre, en effet, la posture inversée des personnages de la Carte : deux individus, tournés l’un vers la droite, l’autre vers la gauche, l’un visible tout entier, l’autre par le haut du corps seulement, ont les mains sur la terre et les pieds dans le ciel. Nous n’ignorons pas la signification, dans le Tarot, de cette posture inversée puisque nous l’avons rencontrée avec Le Pendu. Mais, ce dernier était pieds et poings liés. Il était confronté à la verticalité par l’impuissance de l’horizontalité. Ces deux personnes ont au contraire toute leur puissance, puisque leurs mains sont visibles, agissantes et agissante dans ce monde matériel (leur couleur est de chair). Mais ces mains qui agissent sur la matière (elles sont posées sur la terre) le font dans la plus parfaite des inspirations puisque les racines de leur être (les pieds) sont du Ciel et non de la Terre. Les pieds sont donc jaunes, c’est-à-dire solaires et non plus rouges (comme ceux du Mat, de L’Empereur, de l’Amoureux, et du Pendu lui-même), jaunes comme ceux du Bateleur, parce que la potentialité solaire que contient ce dernier est enfin réalisée.


arbre
C’est ce qui explique aussi la raison pour laquelle beaucoup d’arbres de vie se sont incarnés, comme symbole majeur de la spiritualité humaine et dans de nombreuses cultures, dans un arbre inversé : les racines sont celles du Ciel, les fruits sont ceux qui, nourri d’une sève spirituelle, sont néanmoins pleinement terrestres. L’arbre inversée fait circuler les énergies du haut et du bas pour réaliser l’Eden sur Terre, ce Jardin à la fois du Ciel et de la Terre. 

Les deux personnages, en outre, se partagent l’orientation droite-gauche parce que peu importe qu’ils soient femme ou homme, introspectifs ou actifs, c’est toujours la même spiritualité qui agit en eux et par eux. A eux deux, comme l’ensemble des symboles de cette Carte, ils incarnent la réconciliation des contraires : terre et ciel, droite et gauche, féminin et masculin, carré et cercle, pierre et plume, pesanteur et légèreté, matérialité et spiritualité, etc. 

En tant que liée au premier Niveau du Tarot (corps, famille), La Maison Dieu parle de révélations familiales, de prises de conscience salutaires, de libération à l’égard des coutumes et mœurs oppressantes.

Il peut s’agir d’une guérison subite d’un mal ancien, d’un allégement, d’un amincissement brutal par un repositionnement dans la relation à la nourriture.

Elle parle aussi de l’habitat avec soit une impression de surdimensionnement, de pesanteur, de lourdeur, ou au contraire d’un lieu investi par la lumière.

En tant que liée au second Niveau du Tarot (investissement sociétal), La Maison Dieu parle de bâtisseurs, de maçons, de constructeurs, de superstructures, de poseurs de fenêtre et de toits, de métiers liés aux plumes (matelassiers costumiers), mais aussi des métiers qui conduisent à des prises de conscience (thérapie familiale, psychanalyse), à des révélations (enquêteurs). Terrassiers, métiers de l’explosif.

Cette Carte renvoie aussi aux métiers de l’acrobatie, aux artificiers, etc.

Par son nom de Maison Dieu (proche du terme Hôtel Dieu, la maison initialement destinée à l’accueil des pèlerins puis au soins des pauvres, des malades, des handicapés, lepreux, etc. et qui se trouvait toujours accolée à la Cathédrale médiévale), cette carte renvoie à l’hospitalisation et à l’enfermement, ainsi qu’aux métiers de soins médicaux en maison hospitalière, mais aussi la maison de retraite, et tout bâtiment collectif où l’on séjourne sans pouvoir aller et venir à sa guise. 

piemontais (16)En tant que liée au troisième Niveau du Tarot (épreuves et grandes vertus), La Maison Dieu évoque les épreuves qui finissent toujours par une réforme intérieure très bénéfique. Ainsi, on peut retrouver là cette notion de châtiment divin qui est liée à la Tour de Babel biblique, mais en n’inversant complètement la signification de ce châtiment divin : ce n’est pas parce que les hommes cherchent à s’élever jusqu’au divin qu’ils sont punis, mais parce qu’ils tendent, dans leur quête spirituelle ou leur relation à la religion à être figés, oublieux de leur incarnation terrestre, divisés, compétitifs, croyant que le divin leur appartient (parlant de « leur dieu » comme d’une possession).

Et s’ils subissent une épreuve majeure, de type cataclysmique, c’est pour qu’ils aillent non vers la division (la perte de la langue commune que raconte la Bible hébraïque), mais au contraire vers l’unité, la simplicité, la conscience que si Dieu existe il ne peut pas faire autrement de par sa nature divine même qu’aimer tous les êtres humains dans la plus parfaite égalité. Le but est donc plus de conscience, plus d’unité, plus d’amour, plus de lumière.

Retenons surtout cette idée essentielle : La Maison Dieu est un Atout éminemment positif. Certes, il prend souvent la forme d’une épreuve majeure, mais soyez assuré que celle-ci sera réussie et finira par alléger la vie de l’individu, le débarrasser des pesanteurs inutiles, des structures étouffantes de sa vie, et le mènera à la simplicité d’une vie de berger, guidé par les étoiles, ayant lui-même appris à guider avec amour son troupeau.

Alors, oui, la notion de Châtiment divin est bien incluse dans cet Atout, mais ce châtiment est une bénédiction, une manifestation de l’Amour divin pour sa Créature. Il a pour but non d’humilier, non de rabaisser, non de briser, mais de purifier, d’élever, de ramener l’individu enfermé dans sa tour d’ivoire égotique et égoïste, dans ses peurs, dans ses certitudes religieuses mortifères, à sa destinée de confiance et de simplicité qui est celle de toute âme qui se laisse guider par les étoiles. 

C’est en grande partie la signification de l’Atout complémentaire de l’Atout XVI : Le Pape. Celui qui a la chance d’avoir rencontré La Tour et l’éveil spirituel qu’elle enjoint, devra devenir, lui-même, le berger d’un troupeau encore en chemin, tout comme Le Pape est l’enseignant spirituel par excellence du Tarot. 

Trasfiguration-fra-AngélicoCet Atout XVI enjoint enfin de cultiver en soi la parfaite confiance en son destin spirituel, et en l’amour du divin pour chacun de ses enfants. N’oubliez pas que la Tour est toujours cette antique Porte du Ciel qui est le sens véritable de ce symbole : elle ouvre sur le Ciel étoilé qui va suivre avec l’Atout XVI. 

En tant que liée au quatrième Niveau du Tarot (les émanations du Ciel), La Maison Dieu trouve sa signification la plus aboutie.

Elle parle alors d’illumination, de réalisation, de transfiguration, de transmutation, de spiritualisation radicale de la vie humaine. L’éveil a quelque chose de brutal et d’évident. C’est une radicale transformation du rapport au monde qui engendre un nouveau monde autour de soi. L’humanité royale est alors en jeu.

La Maison Dieu représente aussi le dépassement de toute religion, l’ouverture à la sacralité spirituelle quand l’humanité est capable de faire de l’ensemble de la Terre, un Temple sacré. 

 

 

 

Ps : merci pour l’arbre stylisé du site vivre ses racines.

 

Atout XV-Le Diable

Le Diable

Atout XV

Le Tentateur

Faiblesse de la chair

Individualisme, envie, manipulation

lucidité et liberté

spiritualisation de la chair

Le Diable

 

tarot-devilLe Diable représente la dernière Carte du troisième Niveau du Tarot, niveau en relation harmonique avec l’élément Air et avec la Couleur d’Épée. Ce Niveau est celui des grandes épreuves de l’humanité, mais aussi celui des grandes vertus, celles qui ouvrent le cœur des êtres humains aux émanations du Ciel, celles qui les transforment en calices pour recueillir ces émanations et transformer la Terre.

Étant le dernier Atout du 3e Niveau du Tarot, Le Diable représente à la fois la plus grande épreuve que l’être humain et l’humanité dans son ensemble peuvent rencontrer, mais aussi la plus grande vertu qui puisse en être tirée.

Cette épreuve est, d’abord, représentée par les deux diablotins qui sont aux pieds du Diable, enchaînés. C’est leur propre impuissance qui est représentée par le fait qu’ils ont les mains dans le dos, leur incapacité à suivre leur propre chemin, la nécessité qu’ils sont d’obéir aux décisions et volontés du Diable souverain du Monde, placé sur le globe comme s’il en était le maître et qui, au contraire, garde sa main (son pouvoir) libre, visible et bien ouverte.

marionnetteCette main bien montrée du Diable indique qu’il a la main sur la situation. C’est  un « manipulateur » au sens premier du terme : il use de sa main pour faire des autres de purs instruments de sa volonté. Pour lui, les autres ne sont que des pions sur son jeu et des pions qu’il manœuvre à sa guise et à ses propres fins, tel un joueur d’échec. Incontestablement, cette Carte indique l’épreuve qui consiste à être mis en présence d’un pervers narcissique, et de façon plus grave encore, l’épreuve que consiste, pour l’humanité, le risque de devenir ce monstre, cet être à la limite de l’humanité que représente celui qui est dépossédé de tout altruisme et de tout sens moral.

Que nous dit encore l’iconographie du Diable sur cette aliénation humaine ? Le personnage est terriblement puissant. Il domine la scène de bien plus haut que le Pape auquel souvent il est comparé du fait du partage de ce même V qui, en réalité, se trouve aussi dans les Atouts du X (où deux V se rejoignent en leur centre). C’est un être du pouvoir. Il aime le pouvoir qu’il possède sur les autres et c’est une de ses motivations premières.

Bien souvent, on met l’accent sur le flambeau qui est le sien pour rappeler l’un des noms que la religion chrétienne a donnés au démon : Lucifer, le porteur de lumière. Mais regardez bien ce flambeau : c’est le feu rouge de la passion qu’il incarne et non le feu de la lumière qui, au contraire, éclaire d’autres Atouts, particulièrement l’Hermite et Le Soleil. Certes, ce flambeau pourra éclairer la nuit noire d’une lueur rougeoyante, mais ce n’est pas sa première signification. 15-le-diable-Noblet

Pour atteindre la lucidité qu’incarne aussi Le Diable, il faut d’abord prendre en considération l’aveuglement qu’il représente dans un premier temps. S’il est aveuglé, c’est parce que chez lui, le ventre parle avant tout, ventre qui domine l’iconographie traditionnelle et sur lequel un visage apparaît et parfois un visage aux yeux fermés. Qu’est-ce que symbolise ce ventre au visage ? La faim, le désir, la soif de possession et de pouvoir, de gloire, de jouissances orientent toute la personnalité. C’est un être marqué par l’avidité. Nous sommes encore là dans la passion, et cette passion n’a rien de noble, la passion qui organise la perception, si bien qu’on en perd toute objectivité. Ce sont les impulsions les plus vitales, les plus égoïstes qui sont en jeu.

Le corps du Diable est ambigu. Il s’est doté de tous les atouts de la séduction. Il sera femme ou homme pour séduire sa proie. Il refuse de s’enfermer dans un genre parce que son but, c’est manipuler l’autre, et pour cela, il est prêt à jouer tous les rôles et à compléter, apparemment, celui qu’il entend manipuler, lui accordant, en apparence, tout ce dont il a besoin, l’enchaînant en réalité à lui. Les yeux des diablotins sont fixés sur son phallus. Mâle ou femelle, ils sont fascinés par sa puissance de séduction, incapables désormais de penser à autre chose.

yeux-diable_converRegardez les yeux du Diable. Ils louchent. Ce personnage ne voit pas bien. Il ne voit pas clair. Son aliénation est fondée d’abord sur un manque de lucidité. Cette loucherie a cependant d’autres significations. D’abord, c’est un personnage « louche », quelqu’un envers qui notre intuition nous met en garde : il n’est pas ce qu’il paraît être. Il y a une distinction entre un apparaître gentil, plaisantin (la main levé en petit signe, la langue tirée, les yeux croisés), et une réalité dangereuse. Les yeux qui louchent signifient aussi que cet individu est égocentrique. Ses yeux se centrent au lieu de regarder droit devant lui. Le regard qui louche enfin est significateur d’envie : l’envieux louche en effet sur ce qui lui fait envie. Il y a une tradition ancienne qui relie le mauvais œil et l’envie, et dès lors l’envie et la sorcellerie. Nous sommes-là dans l’obscurité la plus profonde de l’âme humaine. L’envie n’est pas, en effet, un défaut, un vice, un péché comme les autres. Il ne contient aucune lumière. Il est une haine de soi redoublée en haine violente, rageuse sur autrui. C’est l’envie la cause du mal qui divise la fraternité humaine, depuis l’aube des temps, et lui nuit comme aucune autre réalité. C’est elle qui a fait de Caïn le meurtrier de son frère. C’est l’envie qui a conduit les frères de Jacob à vouloir le tuer et finalement à le vendre comme esclave. Le Diable est envieux de ceux qu’il s’apprête à manipuler. Il les envie parce que ce sont précisément des êtres qui diffusent une certaine lumière même s’ils sont aussi trop naïfs. Or de cette lumière (altruisme, joie, confiance), Le Diable se sait dépossédé. 

sphinge-roue-de-fortune-camoinCet être mi-homme mi-bête ressemble, cependant et par bien des côtés, à la Sphinge de l’Atout X. De fait, comme dans l’Atout V et dans l’Atout X où le pape et la sphinge surplombaient une scène collective, Le Diable est un personnage qui domine son monde. Marqués par le bleu, la couleur du Ciel, ce personnage est en réalité un Gardien du Seuil. Ce qu’il garde c’est l’entrée dans le dernier Niveau du Tarot. Comme Le Pape et La Sphinge, puis plus tard Le Jugement, Le Diable se trouve à la fin d’un Niveau. Il clôture de Niveau et ouvre sur le suivant.

En tant que gardiens du seuil, le Pape, la Sphinge et Le Diable posent une question à ceux qui arrivent jusqu’à eux : « Es-tu capable de t’émanciper des influences familiales ? » demande le Pape qui enjoint ses ouailles à trouver en eux la curiosité du monde.  « Es-tu capable de sortir de l’éternelle répétition du conformisme ? » demande La Sphinge qui cherche l’individualité potentielle de celui qui vient à elle. « Sauras-tu faire preuve de lucidité sur ta propre nature humaine et admettre tes propres aliénations ? » demande le Diable à celui qui est parvenu jusqu’à lui après avoir traversé toutes les épreuves du 3e Niveau du Tarot.

Ce Diable n’est pas dès lors la seule expression du démoniaque tel que nous l’avons d’abord décrit. Il représente à la fois le personnage de Lucifer et celui de Satan qui ont, tous les deux, un rôle particulier au sein de la Création divine.

Satan, l’adversaire, est le Juge par excellence, celui qui, par les pires épreuves, a pu vérifier la foi de Job. En ce sens, Le Diable mène tout droit à la Carte qui le surplombe dans la Verticale des V : Le Jugement, tout comme il ouvre la porte de cette Maison-Dieu qui le suit, en tant que Maison de Dieu, Temple véritable parce qu’universel. C’est le maître spirituel par excellence, celui qui fait suite à la dureté de l’Atout XIII et qui domine l’ensemble du 3e Niveau fait d’épreuves et de tentations. C’est l’Enseignant par excellence, plus puissant que Le Pape et plus implacable que la sphinge de la Roue de Fortune.

LuciferLucifer est, quant-à lui, l’ange déchu. En réalité, c’était le préféré de Dieu. De ce fait, c’est l’ange de lumière qui a accepté de s’incarner pour ensemencer la Création de la lumière divine et qui, en plongeant dans la matière, savait qu’il s’y oublierait lui-même et sa nature céleste, pour tomber dans le matérialisme, dans la chair, dans l’individualisme qu’implique toute incarnation. Il représente à cet égard, le grand Sacrifié de la Création, et les êtres humains iront jusqu’à perdre l’idée même de son sacrifice, assimilé qu’il fut simplement par eux à la plus grande incarnation du mal.

Pourtant, en s’enfonçant dans l’obscurité de la matière, la lumière qui était en Lucifer a travaillé celle-ci siècle après siècle. Son refus même du divin, sa promotion de l’athéisme sont porteurs d’une lumière indispensable à toute spiritualité authentique. Comme le disait la philosophe et mystique Simone Weil, l’athéisme représente la purification du religieux. Car tout dans le religieux n’est pas spirituel. Beaucoup de choses relèvent en lui du culturel et même du culturel le moins spirituel, celui qui justifie l’inégalité entre les êtres humains, la soumission des uns aux autres, la manipulation des uns par les autres… ce qui nous conduit tout droit dans les bras…  du Diable.

Et à la fin des temps, Lucifer retrouvera sa place, en tant que maître spirituel de l’humanité. Dès lors, Le Diable est aussi la Carte de la rédemption. Et cette Carte offre dès  lors, aussi, une tout autre symbolique que celle de la perversion narcissique qui est aussi la sienne.

tarotvievillexv-le-diableLe Diable, en tant que Carte du 3e Niveau n’est pas en effet que l’expression d’une terrible épreuve pour l’humanité, elle parle des plus grandes vertus, celles qui transforment l’humain en coupe spirituelle, capable de recueillir la rosée céleste du 4e Niveau. Cet Atout  parle alors de spiritualisation du corps, de la chair et de la matière, mais aussi de la lucidité quant aux capacités de l’humanité à s’élever toute seule jusqu’à sa propre réalisation. Cette lucidité est manifestée par l’iconographie de certains Tarots : des yeux ou des visages se trouvent partout sur son corps. Ce dernier n’est plus seulement une matière vivante biologiquement, c’est une chair de conscience et d’amour. Le corps du Diable est bleu dans presque tous les Tarots anciens. C’est la spiritualisation de la chair que cette couleur désigne et singulièrement celle de la sexualité humaine. Le Diable, dès lors, ne parle plus alors de la dépendance que la sexualité engage entre les hommes et les femmes, mais du don mutuel, de l’union sanctifiée que représente la Chambre d’amour

La main du Diable grande ouverte exprime dès lors le salut, celui que le personnage central rend à l’humanité éveillée à sa propre spiritualité par la sanctification de la chair. C’est une main amicale, sans arme. Les cornes du Diables sont celles du Cerf, bleues, spiritualisées elles aussi. Le Cerf c’est le père et le roi de la forêt, le guide suprême. Le Diable représente alors l’ange qui protège les amants de la forêt par le silence des sous-bois, de tout regard louche sur eux, de toute impudeur du regard. La loucherie du Pape prend aussi un autre sens : celui de la méditation, quand on se recentre sur l’intériorité.Les amants dans la forêt, ou à l’abri des regards dans la chambre, se donnent mutuellement dans un acte de désir et d’amour qui est une véritable méditation et la première Porte du Ciel.

étoile du diableLucifer et la Carte du Diable représentent, aussi, une forme d’humanisme : l’amour de la vérité scientifique et de la rationalité, mais aussi le refus presque iconoclaste du sacré. Le Diable se moque des autres et du sacré en tirant la langue, c’est lui qui invite l’humanité à rire de tout, y compris des images pieuses. La  moquerie à l’égard des imbécillités religieuses et le blasphème se révèlent en effet  des étapes nécessaires, celles qui correspondent au rejet de la valorisation religieuse de l’au-delà et de la chasteté qui, durant des siècles, ont imprégné les esprits aux dépens de l’amour et du respect de la nature, de la joie de vivre, de la liberté, de la réalisation sexuelle et de la plénitude de la chair.

Le BaphometC’est la signification de cette étoile inversée qu’incarne le Diable : la pointe de l’étoile est tournée vers le bas, vers la terre, vers la nature, vers l’obscurité même de la nature humaine, afin que celle-ci soit mise en lumière et transfigurée ce qui sera le fait de la Maison Dieu, Atout qui suit Le Diable. Cette étoile s’est incarnée aussi, au sein de l’histoire de l’occultisme, dans le Baphomet des Templiers et de la franc-maçonnerie. Le Baphomet incarne la sagesse quand celle-ci  ne vient pas d’une vision idéalisée et angélique de l’humanité, mais d’une conception de l’homme acceptant son incarnation comme enracinée dans le plus profond et le plus obscur de la Terre. Le Baphomet symbolise l’humanité ayant accepté l’ombre et la nuit qui sont en elle pour en tirer une grande puissance.  En ce sens, Le Diable est l’exact opposé de Tempérance qui représente au contraire une humanité angélique imaginaire coupée de la Terre. Alors que Tempérance incarne l’idéalisme qui risque d’être une brutalité, Le Diable symbolise un réalisme et un matérialisme qui finissent par être un humanisme, quand les hommes ayant renoncé au divin et à l’au-delà s’efforcent de vivre le mieux possible sur la Terre. C’est la spiritualité de la Terre qu’il propose et une spiritualisation de la chair par l’athéisme quand ce dernier s’élève jusqu’à l’humanisme. Et certains d’entre nous, les athées, en resteront là. Et c’est leur droit, par la liberté que le divin a accordé à l’humanité, et une liberté qu’incarne la Carte du Diable.

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Le Diable est, de ce fait, l’incarnation du monde moderne, monde individualiste, matérialiste, ayant lucidement rejeté les vieilles religions et dénoncé l’aliénation et les illusions qu’elles incarnent. Mais ce stade doit, lui-même, être dépassé, car peu d’êtres humains peuvent être régulés par leurs seules forces propres et par le seul idéal humaniste de la fraternité humaine. De ce fait, le monde moderne athée et individualiste n’est pas assez humaniste pour ne pas courir à sa perte. Ce monde est tellement la proie des pulsions d’appropriation et de possession qu’il s’est coupé de la Mère-Nature pourtant racine des pulsions vitales. Le Diable, Prince de l’âge des Épées, appelle dès lors un dépassement de l’athéisme et de l’humanisme et promet l’entrée dans l’ère des Coupes.

La Terre va cependant à sa perte si les croyants et tous ceux qui ont besoin d’un lien spirituel à la transcendance ne digèrent pas la sagesse du Diable et ses critiques du religieux. Campés sur leur indignation de croyants blessés par le blasphème, ils ne parviendront pas à dépasser les particularismes religieux pour se relier les uns aux autres dans une fraternité universelle fondée aussi sur la foi. Ne parvenant pas à être heureux et à construire leur bonheur sans l’aide du divin, ils doivent cependant dépasser les cloisonnements religieux et leurs particularismes pour s’élever jusqu’à la Cathédrale universelle, jusqu’au Temple unique que représente La Maison Dieu. Mais il ne le pourront que grâce à l’aide de l’athéisme et de ses critiques des religions, et grâce à l’attitude blasphématoire purificatrice du Diable.

Eros-AmoureuxN’oublions pas que Le Diable a pour complémentaire L’Amoureux, celui qui est touché par la grâce divine, par les flèches de l’amour divin. Pour aller à la Réalisation ultime qu’incarne Le Monde dans le Tarot, Le Diable doit donc ouvrir son cœur aux flèches de l’amour divin, à l’érotique mystique ce qui est bien autre chose que la simple transmission religieuse. On comprend alors que cette flèche du petit angelot de l’amour a pour fonction principale de permettre à l’humanité de passer des croyances anciennes, traditionnelles, culturelles (que représente la vénérable dame de gauche), à l’érotique spirituelle universelle qui inclut en elle toutes les religions (qu’incarne la jeune fille en fleur). Car, de même que la lumière blanche n’est accessible qu’en fusionnant toutes les couleurs, la nature divine authentique implique qu’on accepte de nourrir son âme à la Révélation de toutes les religions et même à l’humanisme athée. La lumière divine ne peut en effet être diffusée sur Terre qu’en passant par le prisme de la coloration culturelle. Mais pour remonter à la vérité de sa lumière on doit dépasser chaque coloration culturelle par laquelle l’appréhension humaine du divin est rendue possible.

En lien avec le premier niveau du Tarot, Le Diable parle de sexualité dans le couple et de la dépendance mutuelle, mais aussi de tromperie, d’adultère, d’expériences adolescentes multiples, de bisexualité. Un membre de la famille est dangereux pour l’équilibre familial. C’est potentiellement un pervers narcissique, à tout le moins un manipulateur.

En lien avec le second niveau du Tarot, Le Diable renvoie aux personnalités charismatiques, séductrices, manipulatrices, aux gurus des sectes, aux jeux d’argent, aux casinos, aux débits de boissons, aux thérapeutes de l’addiction, aux sexologues, à la mafia, à la criminalité.

Il invite à faire usage de sa ruse, de ses capacités de dissimulation, de manipulation, et d’être comme un joueur d’échec, avançant ses pions avec une conscience générale du jeu qui est devant soi. 

En relation avec le troisième niveau du Tarot, Le Diable parle de rencontres très difficiles avec un manipulateur, un faux gentil, un menteur, un diviseur, un pervers narcissique d’autant plus dangereux qu’on ne le voit pas du tout comme tel. Il met en garde le consultant, l’informant d’une épreuve l’attend dans l’ordre de la soumission, de l’addiction, de la passion malheureuse et destructrice. Il dénonce l’individualisme, l’envie, la manipulation.

Mais il annonce aussi la possibilité d’une prise de conscience libératrice, d’une nouvelle lucidité. Il est le symbole, par excellence de l’humanisme, de l’athéisme qui est aussi une spiritualité. Il invite à la sanctification de la chair par une sexualité sainte.

as-de-coupeEn relation avec le quatrième Niveau du Tarot, Le Diable met en scène la dernière grande épreuve de l’humanité, celle du monde moderne, celle de l’athéisme et de l’individualisme. Il représente le gardien du seuil d’une ère totalement différente, l’ère des Coupes, où l’humanité royale découvrira l’authentique spiritualité contenue dans chaque religion, mais aussi dans l’humanisme athée.

C’est alors que chaque croyant admettra son besoin de Présence divine non pas parce qu’il obéira au dressage culturel et religieux que représentent les menaces de châtiments et les promesses de l’au-delà paradisiaque, mais parce que sa soif d’amour absolu et sa faim de spiritualité et de grâces ne peuvent être comblées que par la rosée spirituelle promise à tous les êtres humains sur Terre, à égalité.

Le Diable bleu ciel est alors le symbole, par excellence, de la rédemption de l’humanité, de la spiritualisation de la chair et de la sexualité, et des relations charismatiques au monde fondée sur une authentique spiritualité. C’est le maître spirituel par excellence.

 

 

 

 

L’Arbre de Vie

L’Arbre de Vie

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Le Tarot est la représentation en image d’une véritable Tradition spirituelle née sans doute à la Renaissance, mais enracinée dans un savoir antique et peut-être préhistorique. Or, au sein de ce savoir, il a toujours été question d’un Arbre de Vie, ce même Arbre mystique qui fut interdit à la consommation d’Adam et Ève quand ils se sont trouvés exclus de l’Éden.

Cet Arbre de vie était le symbole même d’Ashéra, la Déesse compagne de Yahvé avant que les rois-prophètes d’Israël imposent un monothéisme et le culte au seul dieu mâle Yahvé. Son existence s’est cependant poursuivi ensuite sous une forme cachée, celle de la Ménorah, le chandelier juif, qui n’est autre qu’un arbre stylisé, cet arbre de vie qui était le totem d’Ashéra. L'arbre de vie

L’Arbre de vie est cependant bien plus ancien que le culte hébraïque, puisqu’il était déjà en jeu dans l’imaginaire sacré de Babylone et de la Mésopotamie. Bien que de nombreux interprètes du Tarot s’efforcent de réduire la Tradition tarologique à la Kabbale (la mystique juive) et proposent à cette fin une lecture du Tarot à partir de l’organisation de l’univers à travers les Sephirots kabbalistes, ce n’est pas du tout en ce sens que nous proposons de voir dans le Tarot un arbre de vie. Le Tarot est une Tradition à part entière. Il est inutile de vouloir la ramener à une autre Tradition mystique et occultiste. Le Tarot a ses propres codes qu’il s’agit de lire en eux-mêmes et par eux-mêmes. Ainsi, sans cesse le Tarot nous renvoie à la nécessité de distribuer V Cartes pour retrouver la Structure cachée du Tarot, et notamment en mettant ce V à la place du « U » dans les dénominations des Cartes. C’est donc dans cette distribution en cinq Cartes ce qui nous donne quatre Niveaux de Cinq Verticales que nous trouvons l’Arbre de vie tarologique. 

L'Arbre de vie-tarotOn voit alors très clairement le tronc que représente la Verticale des III, et les embranchements à gauche et à droite de ce tronc où se rangent tous les autres Atouts à l’exception du Mat (les racines) et du Monde ( le sommet et à la fois l’arbre en entier).

Que signifie cet Arbre de vie au sein même du Tarot : il révèle l’importance de la Verticale des III et le caractère central de chaque Atout qui s’y trouve. Mais il permet aussi de composer de très intéressantes correspondances par un jeu de miroir entre les autres Atouts, à gauche et à droite du tronc.

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Ainsi, pour parler d’abord du caractère central de la Verticale des III, nous avons L’Impératrice, la femme féconde, au cœur de la première lignée de branches de l’Arbre de Vie, celle qui correspond à la vie familiale.

Sans cette femme féconde, sans la Mère, sans le ventre maternel, sans le pouvoir de fécondité des femmes, et sans leur amour maternel qui va bien au-delà de la fécondité, il n’y a pas de communauté familiale : pas d’enfant, pas de mère-grand, pas de père, pas d’époux et pas même de père spirituel.

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Au cœur de la seconde lignée de branchages, celle qui correspond à la vie sociale, se trouve la Justice. Cela signifie que sans la justice, sans les principes d’égalité et d’équité, il ne peut y avoir de vie communautaire pour les êtres humains. C’est donc sur la justice et sur elle seule que reposent toutes les sociétés existantes.

Sans cette justice, l’expérience de tiraillement entre deux communautés que vit l’Amoureux tourne en effet au drame, l’exploration du Chariot à la conquête dans sa violence, la sagesse de l’Hermite n’est pas entendue et la Roue de la vie tourne perpétuellement en renouvelant les mêmes erreurs.

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Au cœur de la troisième lignée de branchages, celle qui correspond aux grandes épreuves de la vie et leur transmutation en grandes vertus humaines, il y a la Carte de la Mort. Cela signifie que le deuil et l’affrontement à la mort sont l’essence de toutes les grandes épreuves de la vie humaine, et que sans l’acceptation du deuil et le détachement qui en résulte, aucune vertu n’est accessible à l’être humain.

Ainsi le courage n’est que colère et violence contre autrui, l’oppression subie ne permet jamais d’être dépassée par la sérénité, l’idéalisme se fait brutalité et la lucidité n’accompagne aucune des aliénations ordinaires de l’être humain.

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Au cœur de la quatrième lignée de branchage, celle qui correspond aux émanations du Ciel et à leur fécondation de la Terre, se trouve La Lune, la Carte qui incarne la Mère divine en tant que Gaïa, la Terre-Mère, la Mère-Nature. Cela signifie que sans l’amour infini des hommes pour Mère-Nature, pour sa merveilleuse fécondité, pour son incroyable générosité, aucune authentique spiritualité n’est possible.

L’adoration du Père divin, la vénération de la Vierge-Mère, et le culte du Fils christique, ainsi que leTemple universel qui se trouve au-delà de toutes religions ne sont accessibles qu’à celui qui aime en profondeur la Nature et l’incarnation matérielle fécondée par les émanations du Ciel.

Par ailleurs, La Lune, en tant qu’Atout de la Nuit, du Rêve, de l’Imaginaire, de l’Inconscient, de la médiumnité et de la voyance est au coeur de la quatrième lignée de branchage, car rien de spirituel n’est possible sans commencer dans un enracinement dans cette Nuit des forces de l’ombre sans lequel l’imaginaire créatif n’est pas possible.

Une fécondité tout autre encore de cet Arbre de vie se révèle pour tout chercheur de Vérité, dans un jeu de miroir qui situe tout Atout face aux autres de la même lignée d’embranchement.

Ainsi, pour prendre le premier Niveau d’embranchement en exemple :

bateleur2 ii-la-papesse-tarot-de-marseilleA gauche de L’Impératrice se trouvent deux Cartes qui parlent de la façon dont sa fécondité va pouvoir se réaliser. 

Ainsi, l’enfant, le projet, le commencement qu’incarne Le Bateleur a pour première enveloppe la fusion maternelle et le secret des cœurs. Il a besoin d’être fécondé dans une matrice qu’elle soit physique, imaginaire ou intellectuelle. 

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4empereur5pape A droite de L’Impératrice se manifestent deux autres conditions de réalisation d’un projet bien menée, d’une éducation bien donnée.

Ainsi, le fils (ou la fille) se doit, après avoir vécu le maternage fusionnel, de rencontrer le père tribal : la loi, l’ordre, l’autorité du Père symbolique, celui qui mobilise en partie l’affectivité de la mère (L’Empereur), mais aussi le père spirituel qui n’a pas pour but de cadrer l’enfant et de lui transmettre des limites comme le père tribal, mais de lui donner confiance en lui et en ses forces d’autonomies (Le Pape).

Mais un même jeu de miroir et de complétude se joue entre les Atouts de la gauche et ceux de la droite de L’Impératrice. Ainsi, le premier et le dernier Atout de l’embranchement familial (le premier Niveau du Tarot) met en relation Bateleur et Pape. Et, de même, le premier Atout de chaque côté (gauche et droite de L’Impératrice) rassemble et oppose Bateleur et Empereur, quand la place de second Atout de chaque côté lie Papesse et Pape. Il s’agit alors de comprendre le sens profond de cette liaison.

bateleur2 5pape Le Jeune Bateleur, première Carte de la première Branche est mis aussi, et toujours par L’Impératrice, en relation d’opposition avec Le Pape, dernière Carte de la première Branche : le jeune homme qui démarre dans la vie et qui est pris dans ses jeux et ses expériences individuelles (Le Bateleur) s’oppose aux jeunes gens vivant une expérience collective et éduqués par le premier père spirituel du Tarot à s’émanciper de l’expérience familiale (Le Pape). Toute jeune individualité a en effet besoin, pour achever le cycle de la communauté familiale, qu’incarne le premier Niveau du Tarot, de rencontrer non seulement le Père tribal de la loi et de l’ordre (L’Empereur), mais aussi le Père spirituel qui, par son amour et la foi qu’il place en lui, lui donne la force d’aller à la conquête du monde. 

4empereurii-la-papesse-tarot-de-marseilleTout de même,  La Papesse s’oppose et complète L’Empereur (tous les deux en effet miroir autour de L’Impératrice) parce que la mère de la mère (La Papesse) et l’époux de l’épouse (L’Empereur) représentent deux soutiens essentiels à la bonne fécondité et à la bonne maternité de toute femme (L’Impératrice).

Mais nul n’ignore aussi à quel point la mère de la mère et l’époux de l’épouse peuvent se heurter dans l’influence qu’ils exercent sur la femme. C’est que chacun joue un rôle important pour elle et qu’il voudrait exclusif. La grande-mère, l’arrière-mère qu’est la mère de la femme transmet son savoir de mère. L’époux fait d’elle une femme accomplie.

bateleur24empereurMais avant de rencontrer Le Pape, le jeune Bateleur (en tant que première Carte de la gauche de la première Branche) est aussi mis en relation de complémentarité, par L’Impératrice, avec L’Empereur (première Carte de la droite de cette même première Branche. Ainsi, le fils (Le Bateleur) ne peut exister dans son identité mâle qu’en s’identifiant au père tribal (L’Empereur), le chef de la communauté familiale. Mais il ne pourra en particulier, dans l’amour que celui-ci éprouve pour son épouse (L’Empereur regarde L’Impératrice), mais aussi dans sa stabilité, dans son besoin de protéger sa famille, etc. Mais ce fils ne pourra aimer son père et s’identifier à lui qui si la mère aime à la fois le fils et le père. Et le père ne pourra aimer complètement son fils qu’en tant que l’enfant de sa bien-aimée. C’est l’Impératrice qui fait le lien entre les deux Cartes mâles de la famille.

Et tout de même, La Papesse est en relation de complémentarité évidente avec Le Pape, tous les deux représentant les fonctions sacerdotales humaines au féminin et au masculin. Cependant, ce couple sacerdotal ne pourra se rencontrer, et s’entraider dans leur dévotion au Divin que si le rôle essentiel du féminin sacré (incarné par L’Impératrice) s’est révélé au monde.

ii-la-papesse-tarot-de-marseille 5papeOr ce rôle sacerdotal qui est ainsi affirmé par le Tarot a été nié durant plus de deux millénaires, durant l’âge des Bâtons qui correspond à l’Antiquité et au Moyen-Age, et l’âge des Épées qui correspond à la Renaissance et au monde moderne. Ce n’est que durant l’âge des Coupes, imminent désormais, que ce rôle sacerdotal des femmes sera pleinement reconnu. Alors, la sacralité retrouvera sa plénitude perdue.

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À vous, maintenant, de décrypter les relations qui s’imposent, dès lors, entre toutes les Cartes de chaque Niveau d’embranchement de l’Arbre tarologique de la Vie.

Ce n’est qu’en comprenant toutes ses relations que Le Tarot et sa puissance de sagesse et de réalisation se révèlent complètement.

 

 

Les quatre âges de l’humanité selon le Tarot

Les quatre âges de l’humanité selon le Tarot

 

Le Tarot obéit à un mouvement aux trois quarts circulaire qu’on voit clairement dans Le Monde, et dans une certaine mesure dans La Roue de Fortune, bien que dans cette dernière, la roue est perpétuelle, alors que le mouvement du Monde s’arrête à l’ange. Il n’y a pas ensuite de descente de l’ange au taureau, l’évolution temporelle s’arrêtant au stade le plus élevé de la conscience humaine, celle de la spiritualité.

C’est un mouvement qui, dans l’Atout XXI fait passer de la Vache sacrée au lion ailé et de ce dernier à l’aigle, puis de l’aigle à l’ange.

Ce mouvement est imprimé à tous les niveaux du Tarot, si bien qu’il est aussi celui qui va de la terre au feu, du feu à l’air, et de l’air à l’eau, ou encore des Deniers aux Bâtons, des Bâtons aux Épées et des Épées aux Coupes.

Il retrace les grandes ères de l’humanité, telle que le Tarot les comprend, dans une histoire universelle qu’elle découpe à partir de sa propre compréhension du réel : les Deniers correspondent au temps préhistorique du néolithique, quand la conscience humaine éveillée à sa spécificité découvre l’agriculture et la divinité tandis que les sociétés humaines sont toutes matriciennes. Les Bâtons retracent la période de l’Antiquité et du Moyen-âge qui est dédiée à l’énergie mâle du courage, de la guerre, de la chevalerie, des grandes conquêtes et de l’instauration du patriarcat. Les Épées représentent une époque dédiée aux découvertes scientifiques et au déploiement de la vie intellectuelle qui correspond au monde moderne depuis le XVIIIe siècle. Les Coupes ouvrent une période qui n’a pas commencé véritablement où l’humanité s’ouvrirait intégralement à son destin spirituel.

Le temps s’accélère au fur et à mesure que l’histoire des hommes progresse de Couleur en Couleur. Si l’ère des Deniers dure en effet sur une dizaine de millénaires, l’ère des Bâtons représente un peu plus de deux millénaires, et l’ère des Épées environ 400 ans. L’ère des Coupes nous ferait sortir alors de la temporalité telle qu’on la vivait alors, c’est-à-dire comme transformations et révolutions historiques, obsession du passé et de l’avenir, permettant l’émergence d’une conscience centrée sur le présent dans son éternité.

 

asofcoinsL’ère des Deniers et les sociétés matriciennes du néolithique

Les Deniers sont la Couleur qui correspond à l’élément Terre et à la symbolique qui l’accompagne : la nature, la fécondité, l’agriculture. Dans Le Monde, cette très longue et ancienne ère est représentée par la Vache sacrée, animal totémique de la Mère-nature.

Or, on sait désormais que le néolithique représente une période très importante dans la préhistoire, car c’est à ce moment-là que l’agriculture fut découverte. Les êtres humains en s’appropriant des terres, en maîtrisant les techniques pour faire pousser des plantes nourricières ont quitté le mode du nomadisme des cueilleurs-chasseurs qu’ils étaient jusqu’alors pour se fixer en villages sédentaires (ou semi-sédentaires, avec parfois une migration annuelle).

Le mystère de la vie était alors entièrement compris comme le pouvoir même des femmes, pouvoir de la maternité, pouvoir d’engendrement qui était assimilé à celui d’une Mère-nature féconde et féroce à la fois. Les statuettes qu’on trouve à cette époque sont dédiées au corps de la femme. Ce sont les fameuses Vénus préhistoriques qu’on a trouvées un peu partout, en Europe, de la France et l’Italie jusqu’en Russie et qui témoigne d’un monothéisme dédié à la Grande Déesse-mère, ainsi qu’à la jeune fille. Ce sont des oeuvres d’une très grande beauté plastique dont a fait cette époque si éloignée de nous, témoins d’une civilisation agraire raffinéevenusnéolithique.

La maison et la terre appartenaient aux femmes, et les hommes venaient vivre avec elles (matrilocalité), à moins que l’organisation soit fondée sur la fratrie, le modèle masculin étant celui du frère de la mère qui, en tant qu’oncle, élevait ses neveux et nièces. La famille étant matrilinéaire, les enfants n’étaient jamais perturbés par la mésentente parentale, la séparation, les coups de foudres des adultes et les désordres qu’ils engendraient. Ils restaient avec les mêmes adultes référents toutes leurs vie. Parallèlement, les personnes âgées étaient toujours gardées dans une maison où ils étaient les parents des deux adultes qui s’occupaient de la maison, au contraire du système patriarcal où les femmes devaient soigner des personnes âgées qui n’étaient pas leurs parents, ce dont elles se sont libéré dès que les moeurs étaient moins durement patriarcale, à l’âge d’Épée.

La vie communautaire était villageoise, et profondément pacifique : on ne trouve que peu d’armes dans cette époque bénie où l’humanité naissait à elle-même.

On sait aussi désormais que cette ère matricienne a pris fin avec l’envahissement de l’Europe par des hordes de nomades violents et qui ont imposé un patriarcat qui s’est répandu partout.

 

AsofwandsgoldenL’ère des Bâtons et les sociétés patriarcales antiques et médiévales dédiées à la conquête et à la guerre

La période qui a suivi le néolithique fut la pré-Antiquité, qui fut elle-même suivie par ces périodes qu’on découpe habituellement en Antiquité, puis moyen-Age. Or ces périodes appartiennent, du point de vue du Tarot à la même ère, celle qui est dédiée aux Bâtons et à son élément, le feu. Dans l’Atout XXI, cette ère est représentée par le Lion et sa force mâle souveraine.

Cette ère s’enracine dans la découverte du rôle du sperme dans la fécondité.

C’est une époque où la verge, le phallus, le masculin va écraser totalement le féminin, et où les hommes prennent le pouvoir dans tous les domaines de la société. C’est aussi le moment où apparaissent des dieux masculins qui s’associent d’abord à la Déesse-mère qui, elle-même, se diffracte en de nombreuses déités.

Peu à peu, les dieux mâles sont devenus  plus importants que les déesses qui leur sont devenues adjacentes. Puis s’est imposé un monothéisme masculin dans la religion hébraïque puis dans le christianisme et l’islam.Labataillede san Romano

Des armes de guerre sont fabriquées, des empires se constituent, des armées se rassemblent, des conquêtes, des occupations de territoires étrangers, le colonialisme se répand partout. Des lois sont édictées pour organiser la vie humaine.

L’organisation de la société était alors profondément hiérarchique et patriciale. La femme s’installait dans la famille de son époux, et elle n’est souvent plus qu’un ventre reproducteur dédié à la filiation masculine.

Finalement l’essence des bâtons s’est manifesté dans la chevalerie médiévale qui représente l’expression la plus noble, la plus élevée de cet âge de Bâton, incarnant mieux que n’importe quoi, le lion, l’animal emblématique de cette ère. 

 

AsofswordsgoldenL’ère des Épées et les sociétés modernes, laïques, fondées sur une représentation scientifique du réel

La dernière période historique est la nôtre, c’est celle qui est née en même temps que les sciences modernes, au XVIIe siècle, au moment où les savants inventèrent la méthode expérimentale qui permet de tester la validité des théories scientifiques. Cette ère relativement courte est celle des Épées et l’élément qui est le sien est l’Air. Dans la carte du  Monde, elle est représentée par l’Aigle aux yeux perçants.

C’est encore un temps masculin que cette ère et c’est la masculinité de l’Air qui domine l’histoire mondiale de l’humanité durant cette période. Cette masculinité s’exprime cependant autrement que par la force brutale. C’est dans une intelligence technicienne profondément dédiée à l’instrumentalisation du réel au profit des besoins des êtres humains.internet

L’âge d’Épée s’incarne dans l’industrialisation des modes de la production des biens de consommation. Dans la multiplication des moyens de communication. Dans le développement sans précédent de la connaissance. Dans l’émancipation des sociétés à l’égard des croyances religieuses, et le développement d’un humanisme des droits de l’homme qui ne doit rien aux dieux.

Cette période dédiée à l’Air est aussi l’époque des plus grandes épreuves de l’humanité. Celles qui doivent la conduire à la conquêtes des grandes vertus humaines du courage, de l’individuation, de la spiritualisation de la relation au monde et du détachement, ainsi que de la tempérance, de la mesure, de la recherche de la voie médiane et de la fraternité universelle, et enfin celle de la lucidité, sans laquelle l’aliénation de l’homme laissé à ses seules ressources ne peut lui apparaître.

C’est à la fin de cette ère, que désespérés les êtres humains se libèreront des vieilles religions pour rencontrer l’authentique spiritualité et leur propre royauté.

 

AsofcupgoldenL’ère des Coupes et la société de demain

Cette ère est la dernière. Elle n’y aura pas de grandes mutations après elle, et il n’y aura pas non plus de retour circulaire aux Deniers.

Et on ne peut, sur cette ère nouvelle, que faire des conjectures, car elle n’a pas vraiment commencé.

Mais le Tarot peut nous en donner quelques indices essentiels : elle sera spirituelle, mais d’une spiritualité qui n’entrera pas en contradiction avec le savoir scientifique, et d’une spiritualité qui ne sera pas qu’humanisme. Elle s’incarne en effet dans les Coupes qui recueillent l’eau du Ciel, la rosée remplie de lumière pour la donner à la Terre entière.village planétaire

C’est la période où l’humanité parvient à sa réalisation ultime : relier le mortel et l’immortel, la glèbe et le divin, faire de la terre un Eden. Les êtres humains que représentent les Coupes seront capables de recueillir les émanations célestes pour les répandre sur la Terre. Ce seront les prêtres et prêtresses de la Déesse et du Dieu de l’amour, les artistes du bonheur et les créateurs de l’Eden, ce jardin terrestre et célestes à la fois auquel seules des Individualités saintes sont capables d’œuvrer.

L’humanité sera dès lors l’humanité royale, réplique et servante du divin, gardienne de la Terre, protectrice de la biosphère.

On peut aussi légitimement penser que cette période d’achèvement et de réalisation que sera l’ère des Coupes va redonner aux femmes une place éminente, semblable à celle qu’elles avaient dans la préhistoire. Mais cette fois, cette place sera essentiellement religieuse : elles seront les prêtresses du Nouveau et Dernier Monde.

 

Merci à Kat Black pour ses merveilleux As.

le 7 d’Épée

 

Le 7 d’Épée

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Le maître-mot des Nombres 7 du Tarot c’est le service. Il s’agit d’une individualité en charge des plus pénibles tâches au service de la communauté. Sous l’égide particulière de L’Étoile, l’Atout-maître des Nombres 7, et secondairement du Chariot, tous les 7 du Tarot renvoient au  courage, à l’oblation et au dévouement chevaleresque. Les 7 sont les Nombres marquent en effet à la fois la prise en charge héroïque d’une œuvre nécessaire à la communauté et un caractère sacrificiel dans cette prise en charge. En tant qu’appartenant à la Verticale des II, les Nombres 7 parlent aussi de dualité.

Le 7 d’Épée met donc en relation le Service propre aux 7, au niveau III des Épées (niveau des épreuves et des grandes vertus qui en découlent). Il renvoie à  la vie intellectuelle des Épées et leur élément : l’Air. Et il appartient à la Verticale de la dualité. Cette Carte parle donc d’un usage particulier de l’intelligence, en lien avec la dualité du masque, et même  la duplicité d’une intelligence au service de la communauté, et une intelligence des relations humaines, de la psychologie humaine : c’est à la ruse que le  d’Épée se réfère, ainsi qu’à la manipulation, dans cette aptitude humaine que possède le rusé d’anticiper les pensées et actions des autres pour transformer une situation désavantageuse en succès et réussite.

La ruse est une aptitude très particulière. C’est une aptitude intellectuelle mais à visée pragmatique seulement. Le 7 d’Épée n’est pas un intellectuel, c’est un intelligent stratégique. Le rusé porte un masque, tel est le sens que prend ici la dualité de cette Verticale des II à laquelle appartiennent Chariot et Étoile. On ne sait jamais ce que le rusé pense, mais lui sait exactement ce que les autres pensent et vont faire. Devant le rusé, toujours masqué, chacun se retrouve nu, dénudé par son regard aigu, par sa science intuitive de la conscience humaine. Le rusé ne dévoile jamais ce qu’il pense et ses intentions. Il n’est pas dans la transparence, car celle-ci est une vulnérabilité. Son but est voilé, afin de pouvoir rester maître du coup suivant, imprévisible aux autres. C’est un joueur d’échec. La ruse est une aptitude traditionnellement considérée comme démoniaque, et le Diable, celui qui divise, qui est double dans son étymologie, joue avec les intentions humaines, comme s’ils étaient ses marionnettes. Mais la ruse est aussi valorisée par la Grèce antique, qui la considère comme une déesse et dont le représentant principal est Ulysse. Elle est aimée dans la religion musulmane, bien que souvent pour de mauvaises raisons. Et il y a une ruse divine, fondée, non sur le mépris diabolique des hommes, mais sur la compassion. De ce fait, cette Carte est comme toutes les Cartes à double sens.

Répondant à une question concernant le premier Niveau du Tarot, celui du corps et des réalités matérielles de l’incarnation humaine, le 7 d’Épée exige que soient pris en charge désormais les besoins du corps, mais sans brutalité, avec une réforme progressive des mauvaises habitudes. Il parle d’un membre de la famille (enfant ou parent) qui semble effacé, replié, secret mais qui, en réalité, sait exactement ce qu’il veut, mais il ne l’obtient pas par une attitude franche et conflictuelle, mais par une grande diplomatie, voire de la manipulation.  

cheval-de-troie-02Répondant à une question concernant le second Niveau du Tarot, celui des investissements sociétaux, le 7 d’Épée indique que la réussite ne peut pas s’obtenir par les voies droites de la compétition officielle. La progression exige beaucoup de souplesse d’échine, de diplomatie et de ruse. Il s’agit d’être quelque peu manipulateur. Tel est un joueur d’échecs, il faut être bien conscient de ses forces et de ses faiblesses, mais aussi observer atouts et faiblesses du rival, afin d’agir en saisissant le bon moment, en appuyant où cela fait mal, et en se servant de la force brutale de l’autre, pour la faire basculer à son avantage. Sports de combat asiatiques. Joueurs de poker, etc.

Le héros le plus connu de la ruse humaine mise au service de sa communauté, c’est Ulysse, le personnage mythologique grec à l’intelligence affutée, aidé par Athéna, la déesse de la raison, et qui parvient à ses fins par le mensonge, en mettant un masque, en observant et en agissant, en sachant saisir le kaïros : le bon moment. C’est par la ruse et grâce à Ulysse que la guerre de Troie s’est achevée dans l’épisode célèbre du fameux cheval de bois rempli des soldats qui mit fin à un siège de plus de 10 ans.

7swordsTirer une telle carte demande qu’on fuie l’affrontement direct qui ne donnera rien de bon, mais qu’on agisse avec sagesse, prudence, et intelligence.

C’est l’interprétation que fait le RWS quand il met en image un homme qui dérobe cinq épées à ses ennemis, les emportant sur la pointe des pieds, un sourire de contentement sur les lèvres. Sans le grand effort qu’aurait exigé un affrontement frontal, il a su affaiblir ses adversaires.

Mais garde qu’il ne soit pris ! Car le rusé alors, affronterait non seulement la haine des ennemis, mais leur mépris, et souvent aussi le mépris des siens. La ruse n’est pas une qualité aimée par les hommes, car elle relève du contraire du fair-play, quand le faible au lieu de s’incliner, cherche encore à triompher. On verra en lui un tricheur. 

De ce fait, le rusé qui agit pour le bien de sa communauté assume un côté sacrificiel qui est bien dans la lignée des 7 du Tarot.

Le rusé doit en réalité être doublement rusé, et faire en sorte que sa ruse ne soit pas décodée comme telle.

Répondant à une question concernant le troisième Niveau du Tarot, celui des vices, des épreuves et des grandes vertus qui découlent des épreuves pourvu qu’elles soient vécues dans une certaine forme de conscience, le 7 d’Épée parle d’une personne manipulatrice au mauvais sens du terme : il s’agit du pervers narcissique qui n’éprouve aucune compassion et agit en instrumentalisant totalement l’autre.

Mensonges, manipulation, cabales, malhonnêteté, malversations en tout genre sont au rendez-vous quand cette Carte sort dans une mauvaise posture.

En face d’une telle opposition, les méthodes habituelles dans la gestion des conflits professionnels sont impossibles. Il faut se faire aider, et si l’on peut… fuir. Se mettre à l’abri, en refusant tout contact ou le moins possible.

On demande à celui qui tire une telle Carte en opposition de cultiver franchise, droiture, et honnêteté. 

À l’inverse aussi, cette carte en posture révélant un manque, un défaut, incite à cultiver moins de transparence, à apprendre à garder ses secrets, à prendre du recul face au jeu de la vie, pour mieux calculer ses avancées, et comme un joueur de poker de ne pas dévoiler toutes ses cartes, d’en garder en réserve, pour prévenir les mauvais coups. 

Répondant à une question concernant le quatrième Niveau du Tarot, celui de la rosée spirituelle et des grâces et sous l’égide de L’Étoile, le 7 d’Épée parle de la ruse divine.

le lion et le renard

La ruse fait partie des qualités royales et dès lors divine que doit posséder tout bon gouvernement qui devra, comme le dit Machiavel, avoir la noblesse et la force du lion, mais aussi l’intelligence rusée du renard pour conserver son pouvoir et surtout agir au mieux des intérêts de son peuple dans les relations internationales. Les armes du 7 d’Épée sont dès lors politiques : le jeu des alliances et la diplomatie.

C’est pourquoi Métis, la déesse grecque de la ruse (une océanide en réalité) vit éternellement dans le ventre du roi des Dieux : Zeus, l’aidant à distinguer le bien du mal. Elle est l’une des forces primordiales, à l’instar d’Éros, le dieu de l’amour.

Dans le même ordre d’idée, la kabbale a lié la ruse divine à un ange :Nemaiah, dit « le Stratège«  le divin joueur d’échec. 

La ruse est aussi la qualification du Serpent du Paradis qui est dit « le plus rusé des animaux des champs que Yahvé-Dieu avait fait ». Et longtemps, ce dernier a été assimilé au démon. Pourtant le Serpent, contrairement à ce qu’on croit quand on n’a pas lu sérieusement le texte de la Bible, dit la vérité. Sa parole n’est pas mensongère. C’est un personnage de sagesse, autre qualificatif de la ruse. Il conduit l’humanité vers l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il est proche d’Eve, l’éternel féminin. Sa ruse est en réalité la ruse divine, la ruse compassionnelle d’un divin qui emmène l’humanité du côté de l’éthique. 

Les musulmans ont un mot pour désigner cette ruse, la taqiya qu’ils ne comprennent malheureusement pas souvent. Car il ne s’agit pas, pour Dieu, de cultiver le mensonge face à une communauté non musulmane pour favoriser la communauté musulmane, car comment le Dieu unique, aimant tous se enfants de manière égalitaire, pourrait-il agir ainsi ? La taqiya parle simplement d’un agir tout en douceur du divin qui sait que l’être humain n’est pas toujours prêt à la révélation proprement dite. C’est donc une providence de la prudence et de la compassion qui est en question dans la ruse du divin.

MarieCette ruse divine a pris ainsi la forme du voile de la Vierge Marie, l’une des seules figures restantes de cette Mère divine préhistorique  aimée d’une humanité matricielle, et qui a dû se cacher, se voiler, se déguiser, oubliée, proscrite qu’elle fut dans les monothéismes mâles liés aux sociétés patriarcales instaurées dès l’Antiquité, et qui s’est avancée masquée, déguisée en humble et docile, humaine et modeste servante du divin, la mère de Jésus de Nazareth. Cette Mère divine cependant, Apparition après Apparition, dévoile de plus en plus sa vraie nature de Déesse féminine, Reine du Ciel et de la Terre, Dame de tous les peuples, Dame de la miséricorde. Elle est la Guide, la Protectrice et la Bienfaitrice divine d’une humanité en passe de soulever le voile de Marie et de comprendre l’importance du féminin sacré pour son propre équilibre.

Et ce que la Mère divine telle qu’elle s’est manifestée dans le monde chrétien porte dans ses bras maternels, c’est non seulement l’enfant Jésus, le premier frère d’une humanité réalisée dans sa nature de réplique du divin, mais l’humanité entière, encore enfantine, et qui ne saurait advenir à sa maturité sans le soutien de sa Mère divine, ni sans sacrifier au culte qui est Lui est dû.

Structure du Tarot en 4x5Enfin, le 7 d’Épée est aussi représentatif de la ruse mystique des inventeurs du Tarot : sous l’apparence d’un jeu inoffensif, c’est le Livre initiatique même qu’il ont transmis siècle après siècles, à la barbe d’une Église immature, et qu’ils ont secrètement livré à ceux qui, désirant avancer sur le chemin alchimique, apprenaient à le décrypter.

Ce jeu met en effet en scène, pour ceux qui ont pu aligner les quatre Niveaux du tarot, la voie longue qui est celle de l’humanité et qui suit les 22 Atouts, Niveaux après Niveaux, à quoi s’associent les cinq voies courtes des Initiés et Adeptes, et qui correspondent aux cinq Verticales des Atouts.

En ce sens, le 7 d’Épée représente le Tarot tout entier.

Les quatre Niveaux des Atouts

Les quatre Niveaux des Atouts

Structure du Tarot en 4x5

Il y a de nombreuses façons d’organiser l’ensemble que représentent les Atouts du Tarot, la plus en usage chez les taromanciens, c’est l’ensemble de 3 x 7 qui s’imposa à partir de la vision de Court de Gébelin.

Tarot en trois étapesCourt de Gébelin est le grand redécouvreur de la signification ésotérique du Tarot. Voyant ce jeu qui faisait fureur dans la France du XVIIIe siècle, il reconnut dans les iconographies l’enseignement qu’il avait reçu dans la loge franc-maçonnique à laquelle il appartenait. Il vit alors, pour la première fois depuis deux siècles, dans le Tarot, une représentation initiatique. Mais son imagination en fit le Livre perdu du Dieu Thot qui aurait transmis un savoir secret qui viendrait de la nuit des temps et du divin lui-même. C’est tout naturellement que Court de Gébelin rangea les Atouts en ces trois Niveaux du réel qu’on lui avait appris à considérer dans cet enseignement : matériel, pour le premier Niveau, rationnel pour le second, et spirituel pour le troisième.

Cette structure en III Niveaux n’était pas totalement absurde ni dénuée de fondements, notamment parce que le Tarot est constitué de 3 sortes de Cartes (Atouts, Honneurs, Numérales). Mais elle a mis beaucoup de confusions dans le Tarot, et Court de Gébelin a fait ce que la plupart des Taromanciens continuent de faire de nos jours, et qu’ils ont fait durant plus de trois siècles : étudier le Tarot avec d’autres choses que le Tarot lui-même, inventer une généalogie mythique qui empêche de considérer la véritable histoire du Tarot et ses vraies raisons d’être.

Enfin, cette Structure en Trois Niveaux a pour principal méfaits de rendre invisibles les Cinq Verticales du Tarot, cinq chemins spirituels humains, qui sont l’une des plus importantes clés de compréhension du Tarot comme chemin initiatique et histoire mythique de l’humanité.

Si donc nous sommes reconnaissants à Court de Gébelin d’avoir eu l’oeil sur ce Tarot, ses analyses ont entraîné beaucoup d’erreurs, et un long temps d’errance sur le sens véritable du Tarot.

En réalité, le Tarot a été inventé au début de la Renaissance, en Italie, quand les penseurs se libérant de l’emprise absolue qu’avait eu sur eux la Religion chrétienne, se nourrissaient de philosophie grecque, et particulièrement de Platon ainsi que de sa mythologie pour proposer la vision d’une initiation humaine qui ne concernait pas que les Adeptes de l’Alchimie mais retraçait l’histoire même d’une humanité en voie de spiritualisation.

Tout dans le Tarot, pour peu qu’on veuille bien le considérer comme un TOUT autonome qui n’a nul besoin d’être éclairé, ni surtout écrasé sous une autre Tradition (égyptienne, franc-maçonne, kabbalistique, astrologique, numérologique…) nous conduit à cette structuration en quatre Niveaux entourés par Le Mat, l’Atout du Tohu-bohu initial, et du Monde, l’Atout de l’Organisation parfaite du Monde.

Ainsi, le jeu de Tarot qui a transmis, à travers les âges ce Livre initiatique à l’insu des joueurs eux-mêmes, a pour règle de distribuer les Cartes cinq par cinq. Et pour le cas où les joueurs auraient eu l’idée de transformer les règles inventées par les Philosophes créateurs de la Renaissance, ceux-ci ont émaillé les Noms donnés aux Atouts de V, en remplaçant, dans des Atouts stratégiques, les « u » des Noms » par des « v ». Or le « v » est l’écriture du cinq en nombres latins. C’est comme si les Créateurs du Tarot nous disaient sans arrêt : « n’oubliez pas cette distribution des Cartes cinq par cinq, ouvrez les yeux sur la série des V Verticales du Tarot).

En outre, cette distribution cinq par cinq donne une grande satisfaction visuelle au spectateur : on voit alors clairement les Atouts de la famille en Niveau I, les Atouts de la sociabilité en Niveau II, les Atouts des épreuves et grandes vertus en Niveau III, et enfin, tellement visibles, les Atouts de la rosée spirituelle, en Niveaux IV où chaque Atout présente une émanation du Ciel et de la Terre, reliant ces deux mondes.

Or, ces quatre Niveaux sont aussi en harmonie avec les quatre Couleurs qui organisent les autres Cartes du Tarot, restituant un Tout souvent méprisé par les taromanciens qui ne savent pas que faire des autres Cartes du Tarot, se concentrant uniquement sur les Atouts, mais avoir compris le sens profond que la Structure du Tarot donne à chaque Atout.

 

Niveau 4 du TarotLe Niveau IV incarne la rosée spirituelle, quand l’humanité se fait réceptacle de la Lumière divine sous ses cinq formes. Il est en harmonie avec les Coupes du Tarot et l’élément Eau.

Niveau III du TarotLe Niveau III représente les énergies des grandes épreuves de la vie et des grandes vertus qui en découlent. Il est en correspondance harmonique avec les Épées et l’élément Air du Tarot.

Niveau II du TarotLe Niveau II représente les énergies de l’investissement sociétal et dès lors les identités sociales adéquates au Moi. Ce Niveau est en profonde harmonie avec les Bâtons du Tarot qui représentent les incarnations sociétales, ainsi qu’avec le Feu (qu’initie le petit Éros de L’Atout VI).

Niveau I du TarotLe Niveau I représente les énergies de l’amour familial et dès lors les enveloppes psychiques familiales qui permettent la construction du Moi individuel. Ce Niveau est profondément en accord avec les Deniers qui représentent les identités matérielles de l’individu (ses possessions, son habitat, son héritage, etc.). C’est le Niveau de la Terre.

Chaque Niveau représente une étape essentielle à la construction du Moi individuel, mais aussi à la construction d’une Humanité spirituelle. Impossible de bien réussir dans la vie sans avoir les assises familiales adéquates, et tout psychanalyste le sait, aucune compensation sociétale d’une défaillance familiale n’est profonde. Impossible de s’élever dans le Ciel du Tarot sans avoir enraciné ses pieds dans le sol de la Terre du Tarot. Et toute envolée qui conduirait à nier la Terre est aussi fausse et malfaisante que possible. Impossible de rencontrer le Ciel du Tarot sans subir les grandes épreuves de la vie qui peuvent détruire le Moi ou s’élever en grandes Épreuves spirituelles qui creusent l’Appel du Ciel en l’individu. Alors, une pluie de rosée spirituelle, de grâces en tous genres s’épand sur la Terre.

lemondeEnfin, notons que chaque Niveau a sa place dans Le Monde, l’Atout intégratif où l’Individualité humaine comprend en elle, exactement à sa juste place, ces quatre Niveaux :

- le premier Niveau est représenté par la Vache nourricière et terrestre qui se trouve en bas à gauche

- le second Niveau par le Lion sacré en bas à droite

- le troisième Niveau par l’Aigle royal en haut à droite

- le dernier Niveau par l’Ange féminin, en haut à gauche.

Le mouvement est celui, propre au Tarot, et révélé par La Roue de Fortune.  C’est celui qui va du féminin matériel au masculin matériel, du masculin matériel au masculin spirituel, et du masculin spirituel au féminin spirituel, ou encore des Deniers aux Bâtons, des Bâtons aux Epées, et des Epées aux Coupes. On peut aussi désigner cette voie comme celle qui mène de la Terre au Feu, du Feu à l’Air et de l’Air à l’Eau, les éléments Féminins encadrant les éléments Masculins. 

Le 4 de Coupe

Le 4 de Coupe

Lassitude, Paternité oblative

 Coupe 04

L’essence des 4 du Tarot est la Réalisation. Leur Atout-maître majeur est L’Empereur. La symbolique de ce dernier est : le solide, le fermé, le matériel, le concret, le protégé. L’Atout-maître secondaire du 4 de Coupe est Le Soleil, l’Atout de l’illumination et de l’amour solaire du père.

Le 4 de Coupe croise la verticale des IIII, dédiée aux énergies mâles du Tarot, et la plus féminine, la plus imaginative et la plus libre des Couleurs, la Coupe. L’union est difficile à ce niveau des Nombres.

Par sa Couleur, le 4 de Coupe nous oriente vers le monde de l’inspiration, d’abord celui de l’amour, des sentiments puissants de l’éros, mais aussi vers l’art et la spiritualité. Les Coupes sont les Couleurs qui recueillent la rosée du Ciel pour la diffuser dans les autres Nombres.

Tarot-Rider-Waite-4-of-CupsComment ce qu’il y a de plus matérialiste, concret, enraciné dans le sol, enfermé dans sa solidité et ses frontières bien gardées peut-il s’allier à l’inspiration qui permet de recevoir la rosée du Ciel ? Deux tendances contradictoires semblent s’associer. Elles peuvent créer un conflit intérieur ou bien engendrer une harmonie supérieure.

Le 4 de Coupe lie donc vie affective, artistique et spirituelle aux expressions concrètes, affirmées, matérielles : soit l’aspiration affective, artistique et/ou spirituelle devient engagement, soit l’engagement et ses réalisations concrètes noient l’aspiration.  Le 4 de Coupe nous parle donc d’un amour, d’une inspiration, d’une aspiration qui s’engage et dès lors de mariage, de réalisation concrète, de manifestation matérielle. Mais il parle aussi d’un amour, d’une inspiration, d’une aspiration qui s’alourdissent et s’enlisent dans la réalité matérielle. Il parle enfin de la sortie des illusions après le temps de l’état amoureux. Le Soleil, l’Atout-maître secondaire du 4 de Coupes, conduit à une prise de conscience : l’autre n’est pas exactement ce que je croyais. Je suis confronté à la nécessité soit de l’aimer tel qu’il est, et donc de faire évoluer le coup de foudre initial en un véritable amour, soit d’accepter de me détacher et de me délier de cette personne.

Le Rider illustre le conflit entre les valeurs du quatre et celles de la Coupe par un jeune homme adossé au dos d’un arbre, dans la nature, et qui morose, regarde la coupe qu’on lui présente sans désirer la saisir. Refuse-t-il de s’engager, ce Peter Pan adulescent qui n’a pas compris que grandir c’est renoncer à certains possibles pour rendre son choix réel ? Ou bien au contraire s’agit-il d’un homme sans passion,  désabusé, ne croyant plus à l’amour et qui refuse les occasions de tomber amoureux, de s’enflammer pour telle ou telle cause et que la vie lui présente ?

Le Tarot enchanté d’Amy Zerner propose une autre interprétation : une femme solitaire médite sur une stèle de pierre. Elle-même semble une statue, et son vêtement de couleur de la pierre fait d’elle un être figé. Elle regrette ses engagements matrimoniaux passés, orientés essentiellement par la recherche du confort, elle a peu d’amour pour son époux qu’elle a épousé par intérêt. En elle, le cœur exige de se réveiller.

Ce que le 4 de Coupes indique toujours, c’est un temps d’essoufflement au regard de l’enthousiasme initial. On sort de la lune de miel pour entrer dans une vision bien plus réaliste de ce qu’on est en train de vivre. Il va falloir s’adapter et accepter de regarder la réalité en face : celle-ci n’a rien de romanesque ni de romantique. 

4ofcupenchanted

En relation avec le premier Niveau du Tarot (le corps, la famille, la maison, l’argent), le 4 de Coupe est un indicateur, pour une relation démarrant, d’une concrétisation et d’une officialisation. On sort de la romance pour entrer dans le mariage.

Pour une relation ancienne, le 4 de Coupe parle de la famille et de ses pesanteurs. Le quotidien peut s’avérer trop lourd pour celle ou celui qui éprouve le besoin d’un second souffle.

Il est peut-être temps pour les parents de retrouver la romance qui était au commencement de la relation, et cette Carte conseille fortement de se faire des présents, d’exprimer sa tendresse, d’inviter son conjoint au restaurant ainsi que de renouveler sa flamme sous peine qu’une lassitude trop importante mette en danger le couple.

Au regard des enfants, parents strictes, père sévère, hyperprotecteur, sentiment d’étouffement à l’adolescence.

Sur le plan physique, une grosse fatigue. Il faut renouveler l’énergie, la faire circuler.

En relation avec le second Niveau du Tarot (la vie économique, sociale et politique), le 4 de Coupe invite toute créativité artistique à prendre une forme concrète. Il s’agit que ni le matériel ni l’inspiration ne soient exclusifs : l’art doit trouver un marché, et le marché ne doit pas néanmoins écraser l’inspiration artistique authentique. Il oriente aussi vers la marchandisation de ce qui ne peut, en principe, être vendu : le sexe (prostitution), le corps humain (vente d’organes), les sentiments etc.

Cette Carte est aussi tirée, quand il s’agit d’une période de stabilité professionnelle. Pas d’évolution proche, pas de régression non plus. Tout reste en place. La seule chose que conseille alors la Carte, c’est de consolider les acquis et de soigner la relation professionnelle de façon à la rendre plus harmonieuse.

Sur le plan artistique, le 4 de Coupe peut parler d’une panne d’inspiration.

Rencontre possible dans le milieu du travail.

En relation avec le troisième Niveau du Tarot (les épreuves de la vie et les grandes vertus), le 4 de Coupe confronte à l’excès de matérialisme, là où il a peu sa place (vie sexuelle, affective, familiale). Il met en garde sur l’assèchement du relationnel et de l’affectif par un excès de matérialisme. Il dénonce la vénalité. Il indique une période de blocage affectif.

Par ailleurs, cette carte renvoie nettement au patriarcat historique, à l’enfermement des femmes (gynécée, voile intégral), à leur encadrement et leur soumission par les hommes, ceux-ci ayant cherché à s’approprier leur pouvoir reproductif et à s’assurer de leur descendance.

En n’oubliant pas que le 4 de Coupe a intégré la leçon du 4 d’Épée, et dès lors l’influence de Tempérance, la grande vertu issue de cet Atout réside dans l’équilibre entre matérialité et inspiration, entre exigence de la terre et vie affective, entre le besoin d’être concret et le besoin d’être inspiré par le ciel, entre le besoin de liberté et l’engagement, entre autonomie et encadrement, entre l’ouverture à autrui et la protection par des frontières et des limites. Cet équilibre parfait est représenté par la présentation en deux par deux de la Carte du Tarot de Marseille : deux coupes au sol, deux au ciel, deux coupes à gauche, deux à droite.

JosephEn relation avec le quatrième Niveau du Tarot (la rosée spirituelle), le 4 de Coupe parle de Marthe, la femme qui, dans L’Évangile de Luc, prend en charge la vie quotidienne dans la maison, faisant de ce travail routinier un service spirituel, transformant la matière de son service en rosée spirituelle recueillie dans la Coupe de sa foi. 

Paradoxalement il renvoie aussi à la prostituée sacrée qui a sa place dans bien des religions. Dans l’Église chrétienne, c’est Marie-Madeleine qui est vénérée en tant que femme initialement vouée à la vénalité et qui, par l’exemple du Christ, découvre l’amour le plus généreux dans sa gratuité la plus pure : l’amour spirituel du prochain. 

Mais en tant Carte masculine, le 4 de Coupe renvoie surtout à Joseph, l’époux protecteur qui renonce momentanément à orienter sur lui l’amour de l’épouse, acceptant qu’elle se détourne de lui afin qu’elle puisse vivre la duade de tendresse qu’elle forme avec l’Enfant, dans les premiers mois après l’accouchement. Le 4 de Coupe est alors la Carte de l’époux qui s’efface et qui naît à lui-même en tant que Père, protégeant de son amour ceux qui sont sous sa protection sans rien exiger pour lui-même, acceptant aussi de n’être que le deuxième cercle d’amour autour de l’enfant. En cela, Joseph est l’incarnation du père la plus pure et l’un des représentants les plus fidèles, au sein de la mythologie chrétienne, du Père céleste, représenté dans le Tarot par Le Soleil, l’Atout-maître secondaire du 4 de Coupe.

Bien évidemment, il s’agit du père symbolique et non du père biologique. C’est un rôle que peut jouer la mère biologique quand elle s’efface pour laisser son époux en relation duelle avec l’enfant, protégeant à son tour, d’un cercle d’amour secondaire, le couple de tendresse qu’il forme avec l’enfant nouveau-né.

Le 3 d’Epée

Le 3 d’Épée

Cœur brisé

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Le 3 d’Épée, se situe au croisement de la Verticale des III dédiée à la Vie (et à son complémentaire la mort) ainsi qu’à l’éternel féminin, et du 3e Niveau du Tarot, celui qui concerne les grandes épreuves de la vie humaine et les grandes vertus qui en peuvent découler.

En tant qu’appartenant à la Verticale des III, le 3 d’Épée, comme pour tous les 3 des trois autres Couleurs a pour Atout-maître principal L’Impératrice : la femme, la procréatrice et la créatrice. L’essence des 3 du Tarot est la CONCEPTION.

Le maître-Atout secondaire du 3 d’Épée, lié au Niveau et à la Couleur qui sont les siens, se trouve être l’Atout XIII (appelée aussi Arcane sans nom ou La Mort) qui à l’intérieur de la Verticale des III renvoie à la mortalité des phénomènes vitaux, une mortalité qui fait partie du processus vital lui-même.

Et ce qui est vrai de la Nature, cette grande Mère des hommes, est vrai pour chacun d’entre nous. Par l’expérience difficile de la perte d’un espoir, d’une relation agréable, d’un projet, d’un élan d’amour, et par l’humus de conscience et de spiritualité qui en découle, l’individualité devient capable de mieux choisir ses proches, ses amours, la vie qu’elle veut vivre et comment elle veut la vivre. C’est le détachement qui est la qualité majeure cultivée par cet Atout XIII qui donne au 3 d’Épée sa tonalité particulière dans le monde des événements de la vie quotidienne.

Il n’est dès lors pas difficile de comprendre de quoi nous parle le 3 d’Épée : quelque chose d’apparemment très aimable, lié à la créativité, à la procréativité, ainsi qu’au féminin, et qui semblait pouvoir s’épanouir, est coupé net en pleine croissance, arraché à la vie, semblablement aux rameaux de l’iconographie du Tarot de Marseille sur lesquels une épée est placée, rendant tout impossible de les replanter pour entreprendre une nouvelle pousse. 

Dans le pire des cas, le 3 d’Épée parle d’avortement ou de fausse couche, mais sont aussi concernées les relations naissantes entre femmes, les amitiés féminines, ou encore un amour naissant. Dans tous les cas, un espoir de bonheur est ainsi arraché de son cœur.

Les Épées étant en relation harmonique avec l’élément Air : la vie intellectuelle et mentale, le 3 d’Épée peut très bien indiquer la mort brutale d’un projet d’écriture, d’une œuvre littéraire commencée.

En relation avec le premier Niveau du Tarot (le corps, la famille, la vie matérielle), le 3 d’Épée parle de maladies de femmes, maladies gynécologiques en particulier, mais aussi maladies hormonales et nerveuses, de problèmes de grossesses, potentiellement de fausse couche.

Il est possible qu’une certaine forme de beauté corporelle soit momentanément perdue.

Il indique la division entre les femmes de la famille, la médisance, les crises d’hystérie. Beaucoup de tensions dans la maison.

swords03S’il concerne la vie amoureuse, il est un indicateur net de rupture, mais portant sur une relation naissante ou potentielle. C’est ce qu’indique clairement le Tarot Rider avec ce cœur rouge traversé de trois épées.

En relation avec le second Niveau du Tarot (investissement sociétal, économique et politique), le 3 d’Épée indique qu’il y a rupture dans un projet ou dans un contrat récent. Il y a comme un avortement dans l’élan social et politique. Un projet créatif, littéraire, intellectuel qui portait l’espérance s’effondre.

Des tensions fortes entre collègues, femmes surtout. Beaucoup d’histoires, de cancans, de médisances, de malveillances gratuites. Une forme de harcèlement est possible de la part d’une femme.

Une période de soucis est à prévoir. Le temps n’est pas au beau fixe. C’est ce que représente le fond nuageux et pluvieux du Tarot Rider.

Mais ce Nombre possède une signification radicalement positive : porteuse de la sagesse des Épées et de la créativité du 3, le 3 d’Épée indique une période d’intense créativité intellectuelle, particulièrement pour les femmes ou visant un public de femmes. C’est souvent une œuvre qui délivre, qui fait rupture avec une aliénation proprement féminine. C’est ainsi sous l’égide du 3 d’Épée qu’il faut lire Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir.

En relation avec le troisième Niveau du Tarot (épreuves de la vie et grandes vertus), le 3 d’Épée parle de la souffrance vécue par celui qui voit détruite son espérance amoureuse, sociétale, intellectuelle, familiale, amicale.

Il enjoint de conserver une forme de détachement, d’accepter l’inéluctable, de se pardonner à soi-même comme aux autres, et peut-être bien de simplement se ressourcer dans la culture de sa propre indépendance.

En relation avec le quatrième Niveau du Tarot (la rosée du Ciel), le 3 d’Épée rappelle que rien sur terre ne vient à nous simplement par la force humaine, que tout nous est donné pour nous être un jour repris, y compris ce qui porte le plus d’espérance.

La vision bouddhiste de la temporalité correspond bien à la rosée spirituelle que dispense le 3 d’Épée, même s’il s’agit là d’un univers culturel totalement inconnu des créateurs de la Renaissance : être ouvert à ce qui vient, laisser partir ce qui doit s’en aller, garder le regard centré sur le présent.Bouddha

Du point de vue de la pensée chrétienne, platonicienne et propre à la Renaissance qui a vu naître le Tarot, c’est l’acceptation des caprices de la fortune qui est là en jeu, considérant en elle une expression de la Providence divine, qui apparaît certes cruelle sur le moment, mais qui, sous peu, dévoilera sa sagesse.

Combien de projets abandonnés dans les pleurs se sont ensuite révélés bien moins fastes que ce qui a suivi ? Combien d’histoires d’amour qu’on croyait extraordinaires furent ainsi remplacées par d’autres relations bien plus profondes et vraies ? Le temps seul apportera le sens réel de cette épreuve qui ne sera jamais aussi malheureuse qu’on le croit sur le moment.  

 

 

 

L’As de Denier

L’As de Denier

L’Éden comme Jardin à la fois terrestre et spirituel

Réconciliation des contraires

Puissance et Réalisation dans l’ordre de la matière

 As-denier

En tant qu’As, cette Carte représente à la fois le premier des Nombres et le plus élevé des Honneurs. En tant que premier Nombre, l’As est à la fois la plus petite Carte, en correspondance avec Le Bateleur son maître -Atout, manifestant la potentialité sans effectivité. Mais en tant que Couronne des Honneurs, essence pure du pouvoir de sa Couleur, il incarne la plus haute effectivité du pouvoir contenu en elle.

Les quatre maître-Atouts secondaires se distribuent ainsi : Le Bateleur et le Pape pour l’As de Denier, L’Amoureux et La Roue de Fortune pour l’As de Bâton , La Force et le Diable pour l’As d’Épée, et pour finir, La Maison-Dieu et Le Jugement pour l’As de Coupe.

L’As de Denier représente le premier de tous les As, celui qui est en correspondance avec La Terre et la Nature, mais aussi avec le Premier Niveau du Tarot, celui de la famille et des expressions matérielles de la vie. Il contient en lui, aussi bien la potentialité contenue dans la Couleur de Denier que son effectivité la plus accomplie. Or les Deniers représentent la réalité matérielle et vitale de la vie humaine, et dès lors le corps et la santé des organes, mais aussi tous les acquits patrimoniaux, les richesses familiales, les incarnations matérielles de la famille que sont la maison, le terrain, les biens meubles, et bien sûr l’argent, tout comme les métiers visant la production de biens de consommation, la transformation de la matière, l’artisanat, mais aussi les acquits, la reconnaissance sociale effective de ceux-ci.

ace_pentaclesL’As de Denier, en tant que plus petite Carte en même temps qu’essence accomplie de la Couleur de Denier donne donc à celui qui le tire le choix entre deux interprétations : s’il représente la plus petite Carte, et en accord avec son maître Atout Le Bateleur, il s’agit du plus grand potentiel possible, celui qui peut ouvrir toutes les portes de la matérialité, des incarnations dans le monde matériel des hommes et ses expressions concrètes que sont la nature humanisée agricole ou domestique sous la forme du Jardin. Mais en tant que Couronne et Essence de la Cour de Denier, et Carte la plus haute des Honneurs de Denier, en tant qu’il reçoit dès lors les influx de La Force, l’As de Denier réalise la réussite individuelle dans tous ces domaines de la production des biens, de leur reconnaissance sociale sous la forme d’un crédit social accumulé (l’argent) et transmissible de génération en génération (l’héritage).

En tant que Denier, et premier Niveau du Tarot, L’As de Denier incarne le Pentacle du Pape, indiquant la parfaite harmonie, au sein du monde matériel, entre les expressions féminines réceptives et passives et les expressions masculins actives et émissives. C’est pourquoi l’interprétation du Tarot Rider qui incarne le symbole du Denier sous la forme du Pentacle est parfaitement valable, particulièrement pour l’As.

En tant qu’en relation avec le premier Niveau du Tarot, l’As de Denier désigne un corps solide, bien en chair, lent mais puissant, un tempérament pragmatique, rigoureux et très efficace dans ses actions. 

Cette Carte parle d’un bien-être corporel et familial, dans ses réalisations concrètes. Ce peut renvoyer à l’acquisition d’une maison parfaitement adaptée aux besoins du consultant, ou bien d’un héritage, d’une guérison, etc. La réponse à toute question matérielle, corporelle, familiale dans son aspect matériel est positive. La prospérité et la santé sont au rendez-vous.

En tant qu’essence d’une couleur qui est représentée par une monnaie, le denier, l’As de Denier indique soit la potentialité financière excellente, soit sa réalisation parfaite. Quand l’As de Denier est présent, on peut être sûr que la situation financière est entre bonnes mains. 

As.golden.tarotEn tant qu’en relation avec le second Niveau du Tarot, l’As de Denier renvoie aux métiers en lien avec la Terre, la matière, le corporel, l’argent. Il parle de démarrage d’entreprise, ou d’épanouissement parfait et de prospérité dans le monde économique et social particulièrement quand ces dernières sont en relation avec la matière et le travail de celle-ci (agriculture, artisanat, métiers de service corporel, de soins de la maison, de nettoyage, de jardinage, etc.).

En tant qu’en relation avec le troisième Niveau du Tarot, l’As de Denier indique que les questions matérielles et corporelles sont problématiques. Il enjoint le consultant à faire du check up, à vérifier ses comptes, à faire revoir les garanties de ses biens matériels et immatériels.

Il peut aussi indiquer trop d’individualisme et trop de matérialisme. Le pragmatisme devient ruse, calcul et froideur. Le sens économique devient pour sa part avarice et égoïsme, entêtement, prudence excessive. 

Il invite à cultiver son jardin, à revenir à la Terre, à poser les fondations de son bonheur avant toute chose en ouvrant sa porte au relationnel.

En relation avec le quatrième Niveau du Tarot, l’As de Denier en correspondance forte avec Le Pape, son Atout-maître secondaire, représente la spiritualisation parfaite de la matière par l’union sacrée et équilibrée entre les forces féminines et les forces masculines.  Bruegel l'Ancien et Rubens-L'Eden

Il représente, plus que n’importe quelle autre Carte du Tarot, le Jardin d’Éden, quand Adam et Ève se découvrent mutuellement dans le respect et l’amour, avant que leur lâcheté les conduise à la porte du paradis. Dans ce Jardin d’Éden, l’être humain sanctuarise l’ensemble de la Création, lui permettant d’être ce miroir du divin qu’elle est destinée à être. Aussi bien cet Éden n’est-il pas tant au commencement de l’histoire des hommes que sa finalité, ce qui implique la transformation des relations de l’être humain au monde, et d’abord à son compagnon de vie, faisant de celles-ci de pures expressions éthiques.

Ce Jardin d’Éden est symbolisé dans l’iconographie du Tarot de Marseille, par ce cercle d’or central, décoré de frises et encerclant la fleur aux quatre pétales, entouré de gerbes de fleurs, à droite comme à gauche, en haut comme en bas.

C’est aussi la pierre philosophale que l’As de Denier incarne, en tant que Pierre traversée de lumière, et dès lors en tant que Nature spiritualisée, devenue tout entière le contenant sacré, le calice rempli de rosée spirituelle, cette eau de la Terre remplie de lumière.

Le Cavalier d’Epée

Le Cavalier d’Épée

Princes et Princesses du Tarot

Le brillant émissaire

L’infatigable chevalier de la justice

Cavalier-d'Epée 

Les Cavaliers appartiennent aux Honneurs du Tarot (ou encore Figures), ces Cartes particulièrement dédiées à la représentation des archétypes de l’humanité.

Les Cavaliers sont sous l’égide du Chariot, leur maître-Atout, Prince de l’exploration des Nouveaux-Monde, aussi sont-ils tous de fringants voyageurs. Appartenant, comme Le Chariot, à la Verticale des II, ils sont en effet confrontés à l’altérité et à sa gestion. Le Chariot est aussi un guerrier, et il apporte aux Cavaliers leurs caractères de défenseurs de leur Cité, de leur royaume.

Appartenant à la Cour de leur Couleur, les Cavaliers représentent les Princes et Princesses chargés par les Rois et Reines de les représenter en pays voisins ou plus lointains. Ce sont les émissaires de la Cour, ses ambassadeurs, ses représentants.

Le Cavalier qui nous intéresse ici a pour couleur l’Épée, Couleur en relation harmonique avec le 3e Niveau du Tarot, Niveau des épreuves de la vie et des grandes vertus qui en découlent. Les Épées sont de l’élément Air, élément masculin de la vie intellectuelle et de ses productions.

Le Maître-Atout secondaire du Cavalier d’Épée est Le Pendu qui apporte à son émissaire dans le monde des Honneurs sa patience, sa sagesse, son aptitude à inverser les points de vue et à enraciner ses réflexions dans le Ciel.

Une fois en main tous ces éléments, il nous est facile de comprendre à quel type de personnalité nous avons affaire avec le Cavalier d’Épée : c’est un homme jeune, la trentaine, le cheveu noir et la peau claire, un intellectuel brillant dans son domaine. Le cheval du Cavalier d’Épée du Tarot de Marseille caracole au-dessus de la terre, car son domaine se trouve dans la vie intellectuelle et ses idéaux. Du Chariot, il possède l’épaulette droite, au visage de Lune : son intuition est grande. Entièrement tourné vers la gauche, ce n’est pas un homme qui se dédie à l’action et à la création dans le monde, hormis dans son domaine intellectuel, c’est un homme doué de réflexion et qui, de ses méditations intellectuelles, tire une philosophie et un engagement idéaliste qui organise sa vision du monde.

Cavalierd'epée-riderLe Tarot Rider ne doit pas induire en erreur : son Cavalier d’Épée a beau être dans un mouvement furieux, il ne s’agit pas d’une activité guerrière au sens classique du terme ce qui appartiendrait plutôt au monde des Bâtons. S’il est véloce, c’est en tant qu’agent de l’élément Air, la vie intellectuelle. Son épée est sa plume et son esprit brillant, ainsi que son écriture. N’oublions pas que son Maître-Atout secondaire, c’est Le Pendu : comme lui, le Cavalier d’Épée n’est pas dans l’activité concrète, il agit subtilement par son intelligence.

Du point de vue du premier Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée représente le fils ou la fille aîné(e) de la famille, souvent parti du foyer familial et qui mène des études supérieures dans des domaines intellectuels et philosophiques, parfois à l’étranger. Ce jeune homme ou cette jeune femme est très brun(e), la peau claire, idéaliste et avec des principes de vie très rigoureux.

Indicateur d’échanges et de communications tournées vers le passé, cet Honneur d’Épée est souvent l’occasion de quelques échanges vifs, de quelques règlement de compte familiaux. 

Du point de vue du second Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée incarne les adjoints et adjointes des directeurs et directrices dans les domaines de la vie intellectuelle. Ils représentent aussi les maîtres de conférences et enseignants chercheurs, mais aussi les avocats, les enquêteurs, les clercs de notaires, etc. Dans son sens abstrait, il indique qu’une période de recherches et d’enquête s’ouvre. Il s’agit de partir ailleurs ou de chercher ailleurs pour trouver un nouveau point de vue sur le monde.

Du point de vue du troisième Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée parle d’une personne encore jeune, très intelligente mais dans le sens de la ruse, manipulatrice, perverse, qui avance ses points sur l’échiquier de ses ambitions, faisant des autres, de simples instruments qu’il manipule à sa guise.

Si le Tarot est interrogée pour une tierce personne, il met alors en garde le consultant, son adversaire peut être intellectuellement redoutable et d’autant plus dangereux qu’il avance masqué.

hermesCette Carte invite, aussi le consultant qui en ferait le tirage pour lui-même, à ne pas mépriser autrui même s’il n’est pas aussi rapide d’esprit que soi et à prendre conscience qu’il faut se mettre au service des plus faibles. Il doit apprendre la leçon du Pendu qui consiste à inverser les apparences : ce n’est pas au faible de se mettre au service du plus fort, mais au fort de le protéger. Elle indique aux intellectuels qu’il est temps d’élever leurs regards vers le Ciel spirituel et d’user, symboliquement, de la main gauche, cachée dans l’iconographie du Tarot de Marseille, la main gauche indiquant la main du cœur et de l’âme.

Du point de vue du quatrième Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée se situe clairement sous l’égide du Dieu grec Hermès qui porte le nom de Mercure chez les Romains, le dieu de la ruse, de l’intelligence et des messages.

 

Atout XIIII-Temperance

Tempérance

Atout XIIII

Angélisme et brutalité de l’idéalisme

Gnosticisme, vouloir faire l’ange et faire la bête

Idéal tempéré par le réalisme

Partage, échanges, amitié, respect mutuel

Fraternité universelle

 

Temperance-Jodo

 

S’il y a un Atout mal compris, c’est bien Tempérance dont on ignore la situation au sein du Système en 4 x 5 du Tarot, et dès lors qu’il est au croisement d’une Verticale mâle et d’un Niveau dédié aux épreuves et aux grandes vertus spirituelles qui en sont issues. 

Verticale des IIIIComme le manifeste déjà  appartenance à la Verticale des IIII, Tempérance qui n’est pas « La Tempérance » représente un ange de nature masculine, faisant de lui un élément d’une mâlitude archétypale qui réunit L’Empereur, L’Hermite, et Le Soleil.

La lecture d’une iconographie pourtant très claire s’obsède habituellement du seul fait qu’il s’agit d’un ange qui mélange deux types de fluides, pour en tirer toutes sortes d’interprétations qui ne sont que partiellement justes car elles ne  tiennent compte ni du fait que cet ange ailé ne rayonne pas, alors que c’est le cas de tous les autres anges du Tarot, ni qu’il ne vole pas alors que, de même, le vol ailé caractérise la situation ou l’action des trois autres anges du Tarot et qu’on trouve en Atouts VI (L’Amoureux), XX (Le Jugement) et XXI (Le Monde). L’absence de rayonnement et de vol montre bien qu’il ne s’agit pas du tout, dans cet Atout, d’une inspiration divine, mais d’une attitude humaine qu’il faut donc décrypter, en n’oubliant pas l’appartenance à ce troisième Niveau du Tarot et qui est en relation harmonique avec les Épées, Cartes des épreuves avant d’être celles des grandes vertus spirituelles.

Loin d’être cet Atout  si tranquille et serein que certains tarologues et taromanciens ont vu en lui l’expression principale de « vacances », ou cet Atout uniquement positif de l’équilibre et de la mesure, il incarne d’abord une des plus grandes épreuves que doit vivre l’humanité avant de s’éveiller à la rosée du Ciel, une épreuve plus difficile que celles de la violence (Atout XI), de l’impuissance (Atout XII) et du deuil (Atout XIII), mais moins difficile que celle qui est liée au Diable : l’aliénation en toute conscience. Tempérance, parallèlement, promet une vertu supérieure au courage (Atout XI), au renversement des perspectives (Atout XII) et au détachement (Atout XIII), bien que moins essentielle que la lucidité que promet Le Diable.

Le nom de « Tempérance » ne fait que désigner du doigt la vertu qu’il faut cultiver quand cet Atout est en question. Mais ce mot de Tempérance a au moins une autre signification : il devrait, aussi, être entendu dans la langue des oisons en usage chez les alchimistes du XVe siècle qui a vu naître le Tarot : Tempérance est le temps de l’errance, c’est-à-dire un temps long de l’erreur, et une erreur de laquelle l’humanité gargouilles_Notre-Damea bien du mal à se sortir, parce qu’elle ne ressemble pas à une erreur mais, au contraire, endosse l’habit de la spiritualité, l’habit de l’ange.

Quelle épreuve et quelle errance peut ainsi rectifier, cette vertu de tempérance, qu’est aussi l’Atout XIIII ?

C’est l’iconographie qui nous l’apprend : il s’agit pour celui qui veut faire l’ange de garder les pieds sur terre et de mettre de l’eau dans son vin. Il y a un proverbe français qui est admirablement illustré par Tempérance : « qui veut faire l’ange fait la bête ». C’est l’angélisme ou son extension : l’idéalisme, que représente d’abord Tempérance, deux tendances dangereuses pour l’être humain en chemin spirituel car elles conduisent à des excès et même un extrémisme. Cet angélisme et cet idéalisme sont particulièrement en jeu dans les idéologies religieuses, mais on les voit à l’œuvre dans les activités politiques et humanistes. Ainsi, si l’islamisme fondamentalisme qui ravage notre monde est né d’un idéal religieux, l’idéalisme communiste et athée fondé sur une volonté de justice et un idéal de d’égalité a abouti, préalablement et au cours du XXe siècle, à l’un des pires totalitarismes historiques.

Il est éclairant de considérer la Carte complémentaire de Tempérance, le Chariot, pour comprendre l’Atout XIIII : l’idéalisme peut être aussi violent qu’une conquête, qu’une forme de colonisation. Et c’est souvent en son nom que ces dernières sont entreprises. Ainsi, répandre une religion ou un idéal humaniste ont donné bien des excuses aux colonialistes des temps passés.

A l’heure actuelle, nous vivons l’épreuve conjointe, à la fois, de Tempérance et du Diable, et dans leurs milieux naturels respectifs si on peut dire : le milieu religieux fondamentaliste pour Tempérance et le libéralisme économique pour Le Diable. Le terrorisme islamiste fait, en effet, pendant aux excès issus d’une mondialisation libérale qui instrumentalise l’humanité à la recherche du seul profit d’une élite commerçante soumise à un but purement égoïste, celui de la richesse. Mais l’espoir m’anime, car Tempérance et Le Diable sont les deux derniers Atouts avant l’ouverture aux Atouts cosmiques. Nous sommes au plus important tournant de toute l’histoire de l’humanité : où bien elle se détruit, ou bien elle se métamorphose avec l’Atout suivant : La Maison Dieu.

Pour en rester à la partie qui concerne Tempérance, rappelons que le terrorisme islamiste est né dans le sol angélique d’une des religions les plus généreuses qui soient, où l’orphelin et le pauvre sont en particulier traités avec une grande bonté. Les terroristes islamistes, comme tout terroristes, sont des idéalistes qui veulent « sauver le monde » de ses péchés et de ses turpitudes par des actions considérées comme des moyens certes mauvais, mais nécessaires. Or, aucun idéal ne peut, en réalité, justifier l’injustifiable.

Krishnamurti est à mes yeux le philosophe et la personnalité spirituelle la plus consciente des méfaits de l’idéalisme, aussi il ne faut pas s’étonner si l’essentiel de son enseignement incarne, mieux qu’aucune autre philosophie, la sagesse du Diable : seul, affirme-t-il, celui qui a pris conscience de l’aliénation que représentent les religions, les croyances, les idéologies de toutes sortes, y compris de l’humanisme, a les yeux ouverts sur la réalité de la condition humaine. Pour Krishnamurti, il faudra bien qu’un beau jour, l’humanité commence à Voir le réel tel qu’il est et acquiert cette lucidité promise par l’Atout XVKnishnamurti. Autrement dit, il faudra que l’humanité dépasse le stade représenté par Tempérance et cela implique l’acceptation des valeurs positives du Diable tarologique.

L’idéal, affirmait Krishnamurti constamment lors de ses nombreuses causeries, c’est « quelque chose qui n’est pas ». Ce n’est pas le réel. C’est une négation du réel, un refus du réel qui comportent de grands dangers. A vouloir faire plier le réel sous son idéal, on le maltraite et parfois à l’extrême. Les camps de concentration, les génocides, les tortures, les viols, les meurtres sont nés et continuent de naître d’un idéal qui, pour se réaliser, emploie des méthodes pires que les souffrances qui l’ont fait naître. C’est pourquoi, pour Krishnamurti, « l’idéal est une brutalité ». Aucun idéal ne trouvait grâce aux yeux de Krishnamurti, pas même celui de la non-violence, alors en vogue en Inde. Car ce n’est pas en cultivant un idéal de la non-violence qu’on peut se débarrasser de la violence dans le monde, mais selon Krishnamurti en embrassant la violence, elle-même, dans une vision lucide et compatissante.

A cause de l’idéalisme, de l’angélisme qui sont des façades de bonté et d’amour altruiste, je me sépare d’autrui, affirmait encore ce sage et mystique que fut Krishnamurti, je m’oppose à lui, à ses besoins, à sa vision. Drapés dans leurs rôles de prédicateurs, les idéalistes sont “les diviseurs inconscients du monde”. Or la division, la séparation, la violence qui en découlent sont exactement ce le sens que porte le mot « diabolique », ce qui nous envoie directement à l’Atout suivant.

L’une des formes les plus concentrées du danger que représente l’idéalisme se trouve dans le gnosticisme qui a infesté toutes les religions, mais aussi bien les philosophies existantes, même si les gnostiques proprement nommés représentent aussi une secte chrétienne des IIe et IIIe siècles de notre ère et donc un espace culturel restreint.

L’âme gnostique dans ses caractéristiques éternelles est constituée d’un dégoût profond pour la matière, pour le monde réel, pour la nature qui se traduit par une haine des femmes, de la sexualité, de la chair sous toutes ses formes et d’une aspiration à un autre monde, transcendant, pur, dénué de toute souffrance, de toute violence, de tout péché. Ce rêve d’un monde parfait transcendant qu’on trouve dans la poésie de Baudelaire par exemple conduit à renforcer la haine du monde qui l’a fait naître. C’est cet idéal d’un paradis parfait qui motive les djihadistes. Se détourner émotionnellement de la seule réalité existante, parce qu’on la juge mauvaise et la mépriser au nom d’un monde parfait, probablement purement imaginaire, irréel mais qu’un prophète ou gourou quelconque a proposé à l’imagination de ses troupes pour motiver leur ardeur combattive, c’est faire preuve de folie, d’immaturité, de bêtise sans fond. Car le bonheur réel n’est possible que sur terre, ici et maintenant, et pour l’atteindre il faut commencer L'âme qui s'envole vers l'Idéal Transcendant-janmot-idealpar aimer ce qui est.

Ce mépris gnostique, ascétique, angélique du réel, de la nature, de la sexualité qu’on trouve dans la religion chrétienne, dans la philosophie platonicienne, dans la religion musulmane, dans le bouddhisme, etc. est inférieur, en terme d’évolution spirituelle, à l’amour passionnel et aliénant de ces mêmes réalités que représente Le Diable et c’est pourquoi l’Atout XV incarne un stade plus évolué que l’Atout XIIII. Et c’est pourquoi l’ange de Tempérance précède Le Diable de l’Atout XV.

L’iconographie de l’Atout XIIII invite donc à mettre de l’eau dans son vin, et si je dois traduire ce proverbe à partir de son iconographie, du réalisme dans son idéalisme, c’est-à-dire à garder les pieds sur terre. Alors les plus belles qualités de Tempérance se manifeste : celui est mû par un idéal tout en restant conscient des difficultés de ce monde et des nécessaires accommodements à la réalité qu’il doit accepter… devient modéré, sage, tempéré, tolérant, respectueux d’autrui. Il est foncièrement l’ami de tous les autres, et sa posture est celle d’un frère en humanité partagée.

Dès lors, le lien à la complémentaire, Le Chariot, se comprend dans un tout autre sens que celui que nous avons évoqué : le partage dans le respect mutuel est le moyen propre à une humanité réalisée pour découvrir de nouveaux domaines d’exploration. Don et contre-dons enrichissent alors tout le monde sans que personne n’ai rien à perdre.

Il est donc juste de faire de cet Atout, l’image de l’amitié, de la fraternité. Et de fait, il appelle l’Atout qui lui est supérieur dans la Verticale des IIII : Le Soleil où cette fraternité va jusqu’à la gemellité. Avec Tempérance, il y a partage, échange de dons et contre-dons mutuels, de services et d’écoute, et de confidences qui placent les deux personnes, aussi différentes soient-elles par leur genre, leur statut et leur place dans la société, dans la plus parfaite égalité.

Les flux qui se mélangent dans Tempérance sont ceux de la Terre et du réel (rouge et gauche) et du Ciel (bleu et droite), mais aussi du masculin (bleu) et du féminin (rouge), rappelant que l’Atout XIIII fait partie de la Verticale des IIII où il est question de mâlitude : tout de même qu’aucun être humain en chemin spirituel ne peut accéder au Ciel de son être sans accepter son ombre, aucun homme aussi masculin masculin soit-il ne peut vivre sa mâlitude sans avoir accepté sa propre féminité, son anima. Et cette anima est clairement marquée par la fleur qui se trouve au front même de l’ange dans l’iconographie du Tarot de Marseille. C’est l’équivalent, dans cette Verticale du IIII, de La Justice qui, au sein de la Verticale des III représente une incarnation féminine fortement masculine et qui vise le même équilibre qu’on retrouve en Tempérance.

Les deux flux relient deux vasques, l’une en bas, l’autre en haut, mais en montant d’un côté et en descendant de l’autre côté. Ils désignent donc la parfaite égalité des eaux des deux flux. Avec Tempérance, les valeurs de la Terre sont en parfaite égalité avec les valeurs du Ciel. Elles ne sont pas oubliées au nom d’un idéalisme écrasant. Elles sont respectées, et même transfigurées en valeurs célestes, tout comme ces dernières descendent dans la terre en s’incarnant dans le réel.

Tempérance-RiderLes concepteurs du Tarot ont tous été conscients de cette Verticale des IIII qui lie L’Empereur, L’Hermite et le Soleil à Tempérance sous l’égide du nombre quatre. Aussi ont-ils tous, d’une façon ou d’une autre, inscrit Le Soleil dans l’iconographie de Tempérance, l’Atout le plus près de lui au sein de cette Verticale. Dans le Tarot Conver, l’ange de Tempérance porte le Soleil sur la poitrine, moins un quart, et quatre quarts en décoration en dessous, signalant clairement à la fois cette Verticale qui est celle de la mâlitude et qu’avec Tempérance on s’approche du Soleil, même s’il en manque encore un morceau. Dans le Tarot Rider, le Soleil porté au front par l’ange se lève aussi derrière les montagnes.

Que signifie encore cette présence de Tempérance au sein de cette Verticale des IIII au sein des Atouts du Tarot ? Que sans l’amitié, le pouvoir paternel de L’Empereur est tyrannique. Que sans l’échange d’informations entre le maître et les disciples, l’enseignement de L’Hermite ne peut réaliser sa destinée socratique où le maître apprend autant des disciples que ceux-ci du maître. Que sans la parfaite égalité d’amour du Père pour les fils, le Soleil ne peut brûler l’envie qui ravage la relation des frères et des amis.

Quand on rencontre Tempérance dans un tirage, cet Atout indique toujours qu’il faut mettre de l’eau dans son vin, et revenir à une conception plus réaliste des choses. I Il invite à ne pas se laisser emporter par l’intransigeance de ses idéaux et à rester attentif aux vrais besoins d’autrui. Parfois, encore, il conduit ceux qui, dans la gent masculine pourraient affirmer trop vigoureusement leur mâlitude, avec un côté macho inadéquat, à découvrir leur propre féminité, afin que leur véritable masculinité soit équilibrée. Alors, ils pourront être amis avec les femmes, parce qu’une part d’eux pourra s’identifier à leur vision féminine du réel. Mais surtout, Tempérance est une invitation à traiter autrui comme son égal en toutes choses, condition pour que l’amitié et de véritables échanges soient possibles, ouvrant l’interprétation à l’amitié où les partages et les échanges sont centraux.

Dans tous les cas, Tempérance apparaît quand il y a un excès dans ses affirmations identitaires et rappelle que la voie spirituelle n’est possible que par la culture d’un équilibre en toute chose, car toute vertu n’est qu’un moyen terme entre deux excès. Il invite tout un chacun à échanger son point de vue avec celui des autres en respectant ces derniers, ce qui ne signifie pas qu’il doit, pour autant, tout accepter. Car l’inacceptable au regard d’une éthique du respect reste l’inacceptable. Respect d’autrui et tolérance sont donc les vertus qui, alors, rayonnent à travers Tempérance qui est bien autre chose que la culture que cette diététique alimentaire que certains voient, presque exclusivement, en cet Atout XIIII.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, Tempérance parle de la fratrie et, secondairement, de la sororité, mais aussi de l’ami intime, du confident.

En lien avec le second Niveau du Tarot, Tempérance évoque les métiers en lien avec les liquides (barman, batelier sur rivières et fleuves, etc.), les métiers de la communication, y compris dans le soin (thérapeute par la parole, par les fluides) ainsi qu’aux métiers de la médiation (conciliateur).

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, Tempérance désigne les excès de l’idéalisme, de la religiosité, de l’ascétisme, le mépris de la chair, mais aussi une ambivalence mal gérée dans l’identité sexuée. Mais ce Niveau est aussi celui de la conquête de la vertu de tempérance, de la modération, de l’aptitude au dialogue et au respect de la parole d’autrui.

l'homme à bébéEn lien avec le quatrième Niveau du Tarot, Tempérance parle d’équilibre intérieur, de tolérance, de respect d’autrui, de justice, d’égalité fraternelle, d’amitié humaniste et de fraternité universelle, mais aussi d’équilibre parfait entre animus et anima et dès lors, plus particulièrement et en lien avec la Verticale des IIII, d’hommes qui s’affirment dans leur masculinité sans avoir besoin de jouer les machos, d’hommes modernes finalement, ce qui montre qu’on est bien, actuellement, dans la construction d’une humanité proche de la fin du 3e Niveau, proche dès lors de l’explosion de souffrance ou de joie spirituelle que représente, dans un cas ou dans un autre, l’Atout XVI.

3-liberte-egalite-fraterniteTempérance, enfin, est par excellence et dans ses valeurs les plus élevées, l’Atout de la France dont deux de ses devises essentielles s’incarnent comme principes fondateurs de la nation. Regardez aussi l’équilibre des flux bleus et rouges, et comment le blanc de l’ange unit les deux autres couleurs, le rouge de la Terre et le bleu du Ciel. Tempérance est un Atout qui possède le pouvoir de nous élever jusqu’au Soleil, pourvu qu’on intègre l’importance de la chair ce qui est le travail du Diable, l’Atout suivant.

 

L’Atout XIII

L’Atout XIII

La Mort

Coeur de toute grande épreuve et de toute grande vertu

Deuil

détachement, transmutation, ascèse

 13-arcane

Verticale des IIIL’Atout XIII est profondément lié à l’Atout III dont elle est la décade supérieure. L’Impératrice est en effet l’Atout de l’accouchement, de la femme qui donne la vie à l’enfant et le soutient de son amour maternel. L’Atout XIII est l’Atout qui enlève la vie, qui tranche bien plus radicalement que ne l’a fait, préalablement La Justice, dans cette Verticale des III, Verticale dédiée à la femme, à la nature et à la vie. C’est le temps du détachement radical, obligatoire, forcé qui conduit à passer son chemin en laissant derrière soi, tout un monde de relations, projets, créations, d’activités (que symbolisent les mains qui sortent du sol), d’honneurs (la couronne sur la tête coupée), de cheminements (le pied coupé), de constructions (les os) et de réalisations (les feuilles) etc. et qui n’ont plus lieu d’être dans sa vie.

Sans la mort, la vie n’est pas possible. En quelque sorte, la mort est l’un des visages de la vie sans laquelle la naissance, la croissance et l’épanouissement des êtres vivants ne serait pas possibles. Imaginez un monde d’êtres vivants sans mort. Impossible ! La surpopulation aurait vite fait de réintroduire ce que notre imagination avait exclu. C’est pourquoi, tout en haut de cette Verticale des III, vie et mort sont unis par La Lune qui possède en effet deux maisons liées, dans la nuit : la maison de la vie et celle de la mort. Toutes les Déesses lunaires antiques, Hécate en particulier, mais aussi les grandes déesses de toute culture, comme Durga ou Kali en Inde,sont déesses de vie et de la mort, représentation féminine du pouvoir divin de la Nature.

Epi de bléDans l’iconographie du Tarot de Marseille, il ne faut pas rater la colonne vertébrale en épi de blé de la grande faucheuse : l’épi de blé est, dans sa symbolique, l’expression de ce lien entre vie et mort qui est l’essence de cet Atout. En tant qu’il nourrit la vie, le blé est en effet le symbole de l’épanouissement vital, mais il est moissonné et dès lors il est sacrifié à cette vie qu’il nourrit. Il est aussi promesse de renouvellement perpétuel de la vie. Voici ce que dit le Dictionnaire de la symbolique de G. Romey au sujet de l’épi de blé : « Vie, le blé est la mère, génération, abondance, multiplication, prolifération. Mais les cycles de la vie comprennent la mort. Le grain nourricier ne peut se réaliser que par le sacrifice. »

La Mort est l’Atout de la quintade supérieure de la Justice, l’Atout VIII. C’est qu’elle représente la plus grande Justice de la vie, dans le traitement radicalement égalitaire qu’elle octroie à tous : nul n’échappe à la mort et nul ne peut prévoir sa propre mort sauf à se suicider. C’est ce qu’on peut voir dans l’iconographie de l’Atout : femme, homme, roi ou roturier, jeunes sont atteints par la grande Faucheuse, au même titre que les vieillards qui sont ses proies les plus évidentes.

Sur le sol noir de l’Atout XIII, des parties du corps humain sont détachées les unes des autres, émergeant encore de la terre. Ce sont les restes d’un passé qui agissent encore sur son humeur, ses émotions, ses pensées. Car le temps de cette Carte est le temps du deuil : quelque chose se termine, une étape est en train d’être franchie qui rend caduques les vérités et les manières d’être et de s’investir dans le monde d’hier sans néanmoins les avoir complètement digérées comme passées et dépassées. Une souffrance, une colère même que représente bien la marche à grands pas du grand squelette, sont à vivre avant que la digestion de la terre, l’oeuvre au noir des alchimistes, fasse de ce qui était vivant hier, devienne l’humus fertile de demain, et c’est pourquoi l’herbe déjà pousse de nouveau sur ce sol noir de la mort.

Le fait que la Carte complémentaire de l’Atout XIII soit La Justice rappelle aux tarologues qu’il ne s’agit pas d’être excessif dans la négation de son être, et de rester indéfiniment, comme le squelette de l’iconographie de l’Atout XIII, dans un amoindrissement de toutes ses affirmations propres. Il s’agit d’apprendre à faire de la place à l’autre, mais sa propre place ne doit pas s’effacer. Le but de L’Atout XIII n’est pas la négation de soi, mais de trouver sa juste place.

Quand cet Atout entre dans le jeu d’un consultant de taromancie, il indique toujours la fin d’une étape importante de sa vie. Quelque chose est en train de se terminer, et doit être digéré pour qu’on puisse rebondir. C’est la promesse d’une renaissance par une métamorphose profonde de soi et de sa vie qui ne pourra être tenue que si l’on accepte de faire son deuil du passé. Cet Atout qui appartient au Niveau III du Tarot, celui des grandes épreuves, mais aussi des grandes vertus de l’humanité, celui qui inaugure le Ciel des Atouts du Tarot, transforme les émotions liées au deuil (déni, colère, désespoir, tristesse) en une acceptation, un détachement, un lâcher-prise qui accompagnent une grande étape de la vie spirituelle humaine. Et cette transformation, même si elle prend son temps, avance à grand pas : la mort sur l’Atout XIII est entièrement tournée vers la droite, l’action et l’avenir. Elle se détourne définitivement du passé, et ferme une porte, tout en nourrissant l’avenir des restes digérés du passé. En cela, L’Atout se distingue complètement de la Carte numérale du 10 d’épée qui ferme une page, marque la souffrance de cette fermeture et n’offre aucun avenir, ni aucune renaissance.

kaliEn lien avec le premier Niveau du Tarot, cet Atout parle de la fille rebelle, de l’enfant mort, des proches perdus, du lien familial à l’au-delà, des grands ancêtres de la famille.

En lien avec le second Niveau du Tarot, l’Atout XIII désigne les pompes funèbres, les cimetières, mais aussi la chirurgie, le laboratoire de biologie, le temps automnal qui suit les récoltes, la jachère, l’hiver. Il parle aussi de régime alimentaire restrictif, de jeune drastique, d’anorexie.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, cet Atout évoque l’épreuve difficile du deuil et le détachement qui en est la conquête. Il évoque les personnes qui vont à l’essentiel, ou qui vivent de l’essentiel, les ascètes, le travail au noir des alchimistes.

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, l’Atout XIII parle du sacrifice de sa vie au nom de ses valeurs, des martyres de la foi, de l’épreuve initiatique, du fait de mourir au vieil homme pour renaître à l’Adam spirituel. Il parle aussi de la negrido des mystiques, ce temps terrible où le sujet semble coupé de Dieu, où règne, apparemment, dans l’âme humaine les pires ténèbres du doute et de la déréliction. Mais ce temps de ténèbres est un appel puissant à la lumière. L’Atout XIII incarne cet appel. 

 

 (merci au site Le goût de l’Inde pour son image de Kali, la Déesse hindoue de la vie et de la mort). 

 

 

Atout XII-Le Pendu

Le Pendu

Atout XII

Impuissance, subir une oppression totale, être pieds et poings liés

Prière, lâcher-prise, sacrifice

Renversement des perspectives, enracinement dans le ciel

12pendu

 

Le Pendu est l’Atout le mieux compris des taromanciens, car son iconographie très particulière appelle une interprétation précise que corrobore, bien évidemment, sa place au sein de la Structure du Tarot en 4 x 5.

Situé dans la deuxième Verticale des Atouts du Tarot, Le Pendu représente la confrontation à l’altérité vécue au 4e Niveau, celui des Épreuves et des Vertus. Après avoir vécu l’altérité en soi, avec La Papesse, loin de soi et exotique avec Le Chariot, l’altérité apparaît, avec Le Pendu, comme ce qui fait totalement obstacle aux affirmations possibles du soi-même.

Tout chemin à droite comme à gauche est barré par les deux colonnes que dessinent les troncs d’arbres inversés. On ne peut donc ni avancer vers un changement salutaire, ni reculer sur une position ancienne plus confortable. Les mains qui représentent l’emprise sur le réel, la capacité d’action sont, chez Le Pendu, attachées derrière son dos. Son pied droit est, quant à lui, visiblement lié (le pied indique le mouvement, la direction qu’on va prendre). Il met en scène un adage populaire et parle de qui est « pieds et poings liés » c’est-à-dire de qui se trouve confronté à une radicale impuissance. Tout est figé, rien ne peut bouger. Il faut donc cultiver la plus grande patience, non celle qui était déjà en jeu avec L’Hermite qui parvient à ses fins à force de temps et d’effort, mais de qui ne peut prévoir quand va finir son épreuve, et qui de plus ne peut strictement rien faire pour changer les choses. Les branches des deux arbres sont coupées au vif, indiquant donc qu’aucun espoir de renouvellement n’est en vue. Cet Atout est même un avertissement : toute tentative pour changer les choses non seulement n’aura pas l’effet escompté, mais pourrait bien conduire à une aggravation des choses. Le Pendu invite donc à renoncer à agir, et à entrer dans une période de méditation plutôt que d’action.

Tout Atout du IIIe Niveau comporte deux significations : elle indique une des grandes épreuves de la vie, mais elle invite aussi à faire de cette épreuve un chemin spirituel qui transforme alors l’individu, créant à partir de l’épreuve une grande vertu. Bien évidemment, la patience est en jeu avec Le Pendu, mais la grande vertu qu’il cultive est ailleurs. Elle se trouve dans son visage, parfaitement serein, et dans les couleurs qu’il porte, ainsi que dans les deux arbres inversés.

Contrairement à ce qu’on peut lire à droite et à gauche, Le Pendu n’est certainement pas une référence à Odin pendu à l’Yggdrasil pour avoir plus de pouvoir, ni un Yogi tenant la posture inversée, car ces références culturelles sont étrangères à ce début de la Renaissance qui a vu naître le Tarot, même s’il n’est pas interdit de nourrir sa réflexion sur le Pendu à partir de là.

Ce que Le Pendu indique toujours, c’est l’inversion du point de vue qui accompagne celui qui est entrée sur la voie spirituelle ouverte par La Roue de Fortune et entreprise avec La Force. C’est ce que dessine l’iconographie du Pendu : il a les pieds enracinés dans le Ciel tout comme les arbres qui l’accompagnent, et c’est à partir du Ciel qu’il observe le monde qui l’entoure. Ses vêtements portent donc exactement la couleur qui convient : le bleu du Ciel et de son pantalon est en haut, le multicolore fait du rouge, du vert et du jaune, couleurs de  la vie terrestre est en bas.

penduLa spiritualité est, en effet, un renversement du point de vue : ainsi, quand l’élan naturel vise l’égoïsme et l’affirmation vitale de soi-même en priorité, l’élan spirituel est fait d’altruisme où l’autre a une place aussi grande ou plus grande que soi. Ainsi, quand la puissance naturelle s’exprime par la force et fait plier les faibles pour les mettre au service du fort, du point de vue spirituel, le fort est au service du faible. Jésus de Nazareth, Seigneur spirituel, lavant les pieds de ses disciples et demandant à tout être charismatique d’adopter cette humilité qui traduit le fait qu’on a compris quel était le sens véritable de son don et de sa puissance. C’est ce qu’indique aussi le quatre formé par les jambes du Pendu, référence à L’Empereur dont il est l’inversion spirituelle et la réalisation véritable : le véritable pouvoir n’est pas terrestre, mais il s’accomplit dans sa destinée spirituelle qui met le fort au service du faible. l’Inversion spirituelle prend aussi d’autres formes, ainsi, Jésus de Nazareth, homme, devient mère d’une humanité fraternelle en lui donnant son corps à ingérer, tout comme la mère biologique nourrit son enfant de son lait. Ainsi, le féminin matériel (le Denier, la Terre), inférieur au masculin matériel (le Bâton, le Feu), se convertit en Féminin sacré  (la Coupe, la rosée spirituelle) supérieur au masculin sacré (l’Épée, l’air). Ainsi, l’enfant devient l’enseignant du parent, ainsi, le fou devient plus sage que le sage, etc.

Le Pendu qui accomplit son destin spirituel a compris qu’il ne pouvait pas agir dans le monde matériel mais qu’une Verticalité infinie lui est offerte où, au contraire, il ne rencontre plus aucun obstacle : celle de relier la Terre de ses pieds au Ciel et le Ciel de sa tête à la Terre.

Cependant, le fait que L’Hermite soit la Carte complémentaire du Pendu rappelle que cette inversion des valeurs et du point de vue sur le monde doit rester mesuré et prudent. Il ne s’agit pas d’apparaître comme un fou ou un marginal incapable de se lier aux autres et de s’intégrer dans la communauté, mais comme un modèle de sagesse, de lâcher-prise, de recueillement et d’oraison. A terme, Le Pendu est destiné à l’enseignement de son expérience.

Quand le Pendu intervient en taromancie, il indique toujours qu’un changement de regard est nécessaire, qu’il faut se relier au Ciel, et surtout arrêter de courir en tous sens pour changer une situation où, par les moyens de la terre (intelligence, ruse, argent, manipulation, travail), rien n’est possible.

Le Pendu invite à un lâcher prise qui sera cependant mis à dure épreuve par la plus douloureuse des expériences, celle du deuil, que va rencontrer le cheminement du Tarot avec l’Atout XIII.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, Le Pendu parle du fils malade proche de la mère, de l’enfant handicapé, hospitalisé, enfermé, emprisonné.

En lien avec le second Niveau du Tarot, Le Pendu renvoie aux acrobates, professeurs de yoga, maîtres de méditation, aux services hospitaliers en lien avec le grand handicap, les gardiens de prison.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, le Pendu parle de punition judiciaire, d’emprisonnement, de blocages en tout genre, mais aussi du handicap, du chômage, du bouc émissaire, d’une situation bloquée, de harcèlement, de victimisation, mais aussi d’éveil spirituel, de méditation, de transformation du point de vue sur le monde.

jesus-psautier-de-paris-eadwineCette carte en opposition invite à transformer le point de vue sur le monde, d’enraciner sa vision dans la spiritualité, et d’ouvrir son cœur à la prière, car rien de ce qu’on fera ne pourra changer les choses. Seule la prière sincère pourra être efficace. Cet Atout du renoncement, de l’acceptation et du lâcher-prise procède d’une spiritualisation de la relation à l’autre qui conduit à arrêter en soi la réactivité pour qu’émerge, dans le secret encore, l’activité compassionnelle qui est le destin ultime de cette Verticale des II auxquelles appartient Le Pendu et qui se manifestera clairement avec L’Étoile, son supérieur.

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, l’Atout XII évoque le mysticisme, la méditation, le sacrifice spirituel, et surtout Jésus-Christ qui assume la souffrance du monde, ainsi que sa culpabilité, afin de les transmuter.

C’est alors la notion de Sacrifice spirituel qui est en jeu. Le Roi de ce monde, Jésus-Christ est le grand Sacrifié, Celui qui a accepté de prendre sur lui la souffrance et le péché du monde pour les transmuter, pour alléger le monde qui n’aurait pas pu continuer à exister sinon. Beaucoup de mystiques catholiques ont aidé Jésus à porter de poids, dans l’acceptation, dans une spiritualité de la réparation et victimale. Ainsi, Marguerite-Marie Alacoque, Yvonne Beauvais (Mère Yvonne-Aimée de Jésus) ou Marthe Robin furent amenées à prendre en charge, toujours en pleine conscience, une part du fardeau christique et le poids des péchés humains, incarnant de manière exceptionnelle Le Pendu du Tarot.

 Yvonne de Beauvais insistait ainsi dans son témoignage sur l’abandon total entre les mains de Jésus. Tel est le sacrifice de ceux qui se donnent entièrement à la voie spirituelle, sous la forme de la mystique chrétienne. Apprendre cette confiance, cet abandon, cette foi total en l’amour de Jésus et du divin c’est la voie du Pendu.

 

 

 

 

 

Atout XI-La Force

La Force

Atout XI

Violence, guerre, tyrannie

Individualité, puissance, maîtrise

11-LA-FORCE

La Force est au croisement de la Verticale des I (individuation) et du premier Niveau du Cycle du Ciel. Faite d’un X (une réalité complète, celle de la Terre) et d’un I marquant une nouvelle étape, essentielle, dans l’affirmation du Soi, elle est la petite sœur du Monde, le XXI, constituée de deux X, symbolisant successivement la réalité de la Terre, celle du Ciel, deux réalités réunies en une unité : le I de l’individualité.

La Force et Le Monde contenant chacune un monde unifié autour d’un Moi maîtrisé sont les deux Atouts-maîtres des As, cette Carte numérale unique dans le jeu de Tarot puisqu’elle a deux places, au commencement des Nombres et à la couronne des Honneurs. Les As sont donc les plus petites Cartes et, en tant que telles, sous l’égide du Bateleur, mais en tant qu’expression ultime, perfection et en tant qu’essence des Honneurs c’est dans La Force et dans Le Monde qu’ils trouvent leur énergie.

La Force-RiderDans les Tarots anglo-saxons, La Force est placée en VIIIe position, à la place de la Justice, qui prend sa place en tant qu’Atout XI. Quelle hérésie donc que l’inversion de ces postures des Tarots anglais, tous influencés par le Rider, cette production tarologique de la Golden Daw ! La Justice appartient à la Verticale des III qui fait l’équilibre parfait entre les puissances de Vie (L’Impératrice et La Lune) et les puissances de Mort (La Justice et L’Atout XIII). La Justice (Atout VIII) est la petite mort que représente l’épée de la Justice quand pour que la vie vivante perdure et soit sauvée. L’Atout VIII, la jardinière du Tarot, est en effet celle qui opère une taille qui  débarrasse la plante vivante de ce qui est pourri, mort, entravant. La Force au contraire incarne l’un des Atout de la Verticale des I, Verticale du Moi, de l’Individualité.  Elle est placée, au sein de cette Verticale, au-dessus du Bateleur dont elle porte la coiffe, et de L’Amoureux et l’on retrouve le nombre 6 dans le nombre des dents du lion et celui des pointes de la couronne qui surmonte la coiffe , ainsi que dans le nombre de ses orteils.  Et elle appelle le renversement futur de La Maison Dieu, quand le Moi se dépasse lui-même en tant que petit ego, pour se découvrir dans son universalité et son attachement au Ciel. 

Que représente l’iconographie ? Une femme tient, sans effort, la gueule ouverte d’un lion assis à ses pieds. Le Lion est l’animal par excellence du deuxième Niveau du Tarot, tout comme des Bâtons, symbole du feu et de l’énergie sociétale et c’est aussi le plus noble des animaux, le symbole de la force pulsionnelle maîtrisée. Cette femme, en tant que premier individu réalisé dans son unité terrestre, représente la parfaite maîtrise de son corps, de son énergie, de ses impulsions. Sa noblesse se lit dans toute sa posture, mais particulièrement aussi dans sa couronne. Elle ne craint rien du lion qui est devenu son ami, qui est à son service, et dès lors dont elle use au besoin, montrant les dents si nécessaire car elle a pour destin la défense de sa communauté. Elle fait exactement suite à l’Atout X, La Roue de Fortune, quand les animaux au contraire occupent tout l’espace sociétal dans une roue perpétuelle qui ne peut être dépassée que lorsque naît à lui-même l’individu comme Unifié, toutes ses forces intérieures, pulsionnelles et sociétales harmonisée autour d’une conscience claire, d’une volonté affirmée. 

Le fait que la Carte complémentaire de La Force soit La Roue de Fortune indique que l’Atout XI doit désormais se dévouer à la communauté. Car il ne suffit pas d’être soi-même un Individu véritable, ayant maîtrisé ses pulsions, il faut encore se mettre au service d’une communauté d’hommes endormis, restés au stade mécanique du conformisme, afin de la guider vers la conscience.

21-mondeLa Force, en tant qu’Individu royal, représente l’humanité adamique admise dans sa royauté, celle qui se sait faite à la réplique du Divin. C’est pourquoi l’Atout XI est la petite réplique de l’Atout XXI, et le maître-Atout principal des As. Sur l’Atout XI et sur l’Atout XXI, nous voyons une femme et non un homme, car c’est le féminin sacré qui est destiné à être l’Individualité adamique royale, quand la Coupe que sera l’humanité aura recueilli, en soi, la rosée spirituelle. Et c’est pourquoi la Verticale des III, la verticale centrale, est dédiée à la féminité maternelle. Le féminin sacré est le cœur du réel divinisé comme la Vierge Marie est la reine du monde, la Mère divine de tous les peuples.

La Force est traditionnellement identifiée en tant qu’Atout du Courage, et on pourrait s’étonner que cette Vertu mâle par excellence (le mot latin « virtu » est composé du mot « vir » qui signifie « le mâle ») soit représentée par une femme. Le fait que ce soit une femme qui tienne ainsi la gueule du lion ouverte signifie qu’il n’y a aucun effort visible, aucun étalage de sa puissance. Le puissant charisme de cette personne est acquis. Et la Force est féminine car elle ne tire sa puissance que de sa réceptivité au regard des émanations du Ciel.

Cet Atout du Tarot de Marseille est entièrement tourné vers la droite, car il incarne l’être actif, créatif, et procréatif. Il procède d’une énergie mâle, émissive, mais totalement maîtrisée et de ce fait féminisé. C’est l’Atout de l’individualité réalisée comme personnalité dans la famille et la vie sociétale et qui désormais affronte, avec courage, les épreuves de la vie, procédant à leur conversion en épreuves spirituelles.

Premier Atout du Ciel, la Force contient en elle la totalité des Atouts de la Terre. Et c’est ce que signifie, entre autres, la forme en lemniscate de son chapeau couronné. Deux mondes se rejoignent en elles, l’un étant complet, l’autre en devenir. En cela, l’Atout XI fait pendant à l’Atout I qui démarre le cycle de la Terre. Dans le Tarot Rider, la lemniscate a remplacé le chapeau couronné du Tarot de Marseille. Par derrière, on voit les montagnes : La Force, dans la plénitude de son individualité, et malgré son évident charisme, est seule au sommet des réalisations matérielles, familiales et sociales, tout comme devant les épreuves de la vie. 

Inaugurant le Ciel du Tarot, La Force est aussi la première Carte du IIIe Niveau qui est en liaison harmonique avec les Epées et qui ouvre sur les grandes épreuves de la vie. Ces épreuves bien évidemment sont celles de tout un chacun, mais elles peuvent être l’occasion d’une transmutation du Moi et ouvrir au Ciel. Toutes les personnes en chemin spirituel traversent une vie d’épreuves qui sont autant de martelage du métal dont est fait leur âme. On n’aborde donc pas ce chemin sans courage, et celui-ci représente la première vertu à acquérir, non seulement pour vivre en société ce qu’apportait la Justice, et non seulement pour acquérir la sagesse née d’une longue expérience que promettait L’Hermite, mais pour ouvrir en soi le cœur aux émanations célestes promises au dernier Niveau du Tarot.

Le LionLe courage est l’une des grandes Vertus de l’homme, évoqué par le Tarot et repris aux analyses philosophiques antiques. Il apparaît, dans le Tarot, en troisième place, après la Justice et la Sagesse (ou la Prudence et la Patience) respectivement incarnés par l’Atout VIII (La Justice) et l’Atout VIIII (L’Hermite) et qui appartenaient tous les deux au deuxième Niveau du Tarot, celui de la vie sociétale. Cette vertu du courage est pourtant considérée par l’Antiquité comme la vertu guerrière la plus ancienne, la plus primitive. Si le Tarot place le Courage en troisième position et en ouverture du cycle du Ciel, c’est parce que cette vertu naît d’une grande épreuve, celle de la position agressive qu’on subit ou qu’on manifeste, posture faite de colère et d’une violence qu’il faut transmuter en fermeté et courage. La dernière vertu du Tarot, Tempérance, arrivera ensuite, mais, elle aussi, et malgré les apparences, naît d’une épreuve, celle que représente l’idéalisme et l’idéalité qu’il faudra tempérer, en gardant les pieds sur terre, pour en faire une vertu de tempérance, vertu la plus élevée.

De même qu’Éros et son feu accompagnaient chacune des Cartes du deuxième Niveau du Tarot, de même le Courage de la Force accompagne chacun des Atouts du troisième Niveau, celui où l’énergie de l’Épée va trancher tout ce qui n’est pas digne, en soi, de servir à son élévation spirituelle. Et il faudra du courage pour supporter l’impuissance du Pendu, le deuil de l’Atout XIII, le renoncement au pur idéal de Tempérance et l’acceptation de la séparation d’avec le Ciel du Diable.

Tirer cet Atout XI indique toujours une grande force de caractère, une puissance d’action sans besoin de forcer son image, de mobiliser grandement son énergie.

Du point de vue du premier Niveau du Tarot, niveau de la famille et des incarnations corporelles et matérielles, La Force parle de la fille aînée, femme puissante déjà, et autoritaire.

Du point de vue du second Niveau de Tarot, niveau sociétal, l’Atout XI renvoie aux métiers liés au dressage et soins des animaux, aux métiers de courages (force de l’ordre, police, armée) et bien sûr toujours renvoie plutôt aux femmes qu’aux hommes dans ces métiers.

Du point de vue du troisième Niveau, La Force indique qu’une période d’épreuves est possible, avec la nécessité de mettre les points sur les i, et pour le coup de montrer quelque peu ses armes à ses ennemis. Un courage est sollicité car durant un bon moment, on sera solitaire face aux obstacles, ennemis, difficultés. Mais on possède tous  les moyens de triompher, et d’abord de l’emportement, de la colère et de la violence que peuvent provoquer, en soi, ces oppositions. Bien évidemment, à ce Niveau des épreuves, cet Atout peut indiquer un échec à se contrôler, la force des pulsions de violence, la colère et l’emportement.image011

jésus roi de FranceDu point de vue du quatrième Niveau, La Force parle du courage, de la maîtrise de soi, de l’individualité charismatique.

C’est par excellence, la Carte du héros.

Et plus encore de l’Adam royale, l’humanité adamique réplique du divin, et destinée à la royauté de la glèbe.

De ce fait, le XI est par excellence la représentation déployé du chrisme, ce symbole christique, où le I (P ou rhô grec) se place au centre du X (khi). Le X  et le I étant représentant les deux premières lettres du nom écrit en grec du Christ (Χριστός).

Mais nous voyons dans ce chrisme, tout comme dans le nombre XI bien autre chose encore : la réunion du ciel et de la terre, par deux urnes qui se rejoignent au centre, l’une tournée vers le Ciel, l’autre vers la Terre, traversée par la verticalité de l’individualité que symbolise le I.

Merci à Vision de vie pour son magnifique Lion. 

Atout X-La Roue de Fortune

LA ROUE DE FORTUNE

Atout X

Cycles et répétitions

Conformisme, bêtise humaine

Animalité

Justice de la vie

Passer une étape essentielle

Humanisation, Individuation

roue-de-la-fortune

La Roue de Fortune est l’un des plus mystérieux Atouts et elle conserve, même après l’élucidation que représente sa posture dans la Structure du Tarot, et l’analyse du nombre X qui est le sien, cette signification de mystère. La tirer peut donc conduire à désigner une énigme à résoudre. Mais quelle énigme ?

Sachant qu’il s’agit du dernier Atout de ce cycle tarologique qu’est la Terre des Atouts, la Sphinge qui interroge le consultant, comme elle interrogea, en son temps, Œdipe pose une question qui ouvre la porte du Ciel : « que te faut-il comprendre pour que tu cesses de répéter, sempiternellement les mêmes erreurs, les mêmes errances qui te ferment les portes du Ciel ? »

sphinge_moreauSe souvenir de la question, bien connue, que la Sphinge posa au héros de Thèbes, peut aider à saisir le message de la Roue de Fortune : « qu’est-ce qui, au point du jour, marche à quatre pattes, avance à midi sur deux, et finit, le soir, sur trois jambes ? » La réponse d’Œdipe lui permit de rencontrer, pour la seconde fois, son destin, et d’entrer dans Thèbes en triomphateur. Mais ce succès se transforma en épreuve puisqu’en aveugle sur qui était pour lui la reine, il épousa sa propre mère, eut des enfants avec elle dont il était à la fois le frère et le père, et dut ensuite affronter cette vérité pour sauver Thèbes de la peste. Après s’être crevé les yeux, Œdipe erra aveugle, avec un bâton de pèlerin, et devint un sage, honoré dans la Grèce entière.

On le voit, la Sphinge mêla, à sa question énigmatique, l’essence de l’homme et la temporalité. Etre humain, c’est commencer à quatre pattes, comme un animal car on ne naît à l’humanité que d’une manière potentielle. Il faut, ensuite, la conquérir. Se relever et marcher à deux jambes, c’est verticaliser la relation au monde, c’est être enraciné dans la terre et avoir les yeux levés vers le ciel. Mais cela ne suffit pas, le destin de l’être humain c’est la sagesse et la spiritualité que symbolise, particulièrement dans le Tarot, le bâton du vieillard et du pèlerin.

« Sauras-tu entendre l’énigme de la nature humaine et réaliser ta propre reliance au Ciel ? » demande la Sphinge au Consultant. S’il n’en est pas capable, c’est alors le cycle de la Terre qui va se répéter, indéfiniment, et que symbolise la grande roue qui se trouve au cœur de l’iconographie de la Carte. Sur cette dernière, en effet, il n’y a que des animaux, mais des animaux en habits : cela signifie que la plupart des êtres humains restent très mécaniques, automatiques, réactifs, dans leurs comportements grégaires et conformistes (que symbolise bien le singe attaché à la roue). Leur intelligence reste entièrement ancrée dans les besoins matériels. On notera avec intérêt que l’animal en train de monter sur cette roue peut aussi bien être un chien qu’un lièvre. Or ces deux animaux font figure de gardien du seuil. Le Chien est le gardien du seuil de l’autre monde selon de nombreux mythes. Et le lièvre est un passeur, et sa fonction est d’ouvrir « le passage entre le monde de l’apparence et celui de la réalité intérieure, entre le monde visible et les potentialités du devenir » (Dictionnaire de la symbolique de G. Romey).  Dans le Tarot, cet animal qui monte est doté de trois oreilles, l’une est celle qui permet d’entendre ce qui ne passe pas par le son audible habituel. C’est la voix de l’inconscient ou mieux celle du surconscient que le Lièvre grippant possède.

Roue de fortune chez Bocace

Le mouvement de la roue nous éclaire en effet : en bas de la roue, il tourne de gauche à droite, et en haut de droite à la gauche dans un mouvement qui est exactement contraire au mouvement de l’aiguille dans une horloge, comme si on remontait le temps. En réalité, ce mouvement inversé est le mouvement de la vie même : en bas, c’est-à-dire, dans le Cycle de la Terre qu’on vient de finir, il faut avancer de la gauche à la droite : aller du féminin passif au masculin actif, du réceptif à l’émissif, de l’imparfait au parfait ou, en langage de Tarot, des Deniers aux Bâtons. Mais à un moment donné, si on veut s’élever jusqu’au Ciel (que symbolise le haut de la Roue), il faut aller de la droite à la gauche, du masculin au féminin, de l’actif au réceptif, et de l’intellect au spirituel, ou encore, en langage de Tarot, des Épées aux Coupes. La spiritualité est en effet un renversement total des perspectives, comme le montrent deux Atouts essentiels du cycle du Ciel : Le Pendu et La Maison Dieu. Le féminin, le plus bas, le plus enraciné dans la Terre, se révèle aussi le plus élevé, le plus spirituel. « Es-tu capable de ce renversement des perspectives ? » demande la Sphinge au consultant. Il te faudra alors avoir les pieds en l’air : être enraciné dans la Ciel. Le singe prend alors une tout autre signification : il n’est plus le symbole du conformisme bête, mais l’acteur d’une libération psychique, d’une ouverture vers le mystère, le sacré.

Le X est le Nombre de l’Atout. Chaque X signale, dans le Tarot, qu’un cycle entier est accompli. Dans le X, nous avons deux V qui sont reliés l’un à l’autre au centre du X, l’un est un calice ouvert vers la Terre, l’autre vers le Ciel. Ces deux V liés de la Roue de Fortune se trouvent, au demeurant, dans le nom attribué à cet Atout : La Rove de Fortvne, comme une clé supplémentaire au décryptage de cette énigme entière qu’est le Tarot. Ce premier X des Atouts du Tarot indique que les deux Niveaux du premier Cycle de la Terre sont désormais liés l’un à l’autre : celui, le premier, du féminin de la Terre et celui, le second du masculin de la Terre (V+V). La vie familiale et la vie sociale sont l’essentiel de ces deux Niveaux que dessine le X. Chaque élément de ces deux vies sont en place, désormais, et dès lors, le consultant peut s’élever au troisième Niveau qui inaugure le Ciel des Atouts. Ce X qui la caractérise est à la fois le signe qu’un cycle complet est accompli, et une croix qui indique que le chemin est barré. Un chemin est barré, au sens où l’on ne pourra pas aller plus loin dans ce cycle de la Terre. Il  faut désormais élever les yeux, et regarder le Ciel.

Le fait que l’Atout XI soit la Carte complémentaire de  l’Atout X insiste sur ce fait : pour sortir du cycle de la répétition perpétuelle, pour advenir pleinement à son humanité, il faut accéder à sa propre individualisation. Il faut faire preuve de maîtrise de soi.

Verticale des VAu sein de la verticale des V, la Roue de Fortune a parfaitement sa place. Cette Verticale est en effet dédiée aux petits et grands maîtres spirituels, aux petits et grands éveilleurs de conscience, aux petits et grands Inspirés. La forme du V est en effet celui du Calice, et tous les V des Atouts sont des êtres en lien médiumnique au Ciel, d’une façon différente, cependant, des Coupes des Cartes numérales et des Honneurs. Les Atouts représentent les Essences éternelles de l’humanité, ils parlent donc d’archétypes. Et ceux qui sont en question dans les V, ce sont les êtres les plus charismatiques, ce et ceux qui lient les hommes à la communauté fraternelle et au Ciel. Après le prêtre (Le Pape) qui incitait ses ouailles à grandir en changeant de Niveau et surtout en allant voir ailleurs, en sortant de sa famille, de sa communauté, de sa contrée, de sa culture, de son pays… la Roue de Fortune est le grand Juge de la vie terrestre qui incite à changer de Cycle et plus seulement de Niveau. Il ne s’agit plus désormais d’aller se promener dans l’horizontalité d’une géographie ouverte, mais dans la verticalité d’une conscience en éveil. La Sphinge est une reine. Sa tête est couronnée, son pouvoir est total. C’est l’équivalent supérieur au Pape au sens où elle ouvre un nouvel horizon et un  nouvel espoir, mais elle est bien plus dure : la sphinge tient dans la main la même épée que la Justice et comme avec cette dernière l’épée penche, mais beaucoup plus et dans l’autre sens : sur la droite. Ici, pas de tendresse pour la faiblesse humaine, pas d’indulgence. La Sphinge a la dureté du Diable son équivalent supérieur. C’est la dure loi de la vie qui est en jeu, celle que les hindous et les bouddhistes appellent le karma et qui fait qu’on paie toujours exactement ses dettes. Son message est clair : ou bien on est capable d’élévation ou bien on est rejeté dans le flux de l’éternel retour du même. Faite d’un corps de lion et d’ailes d’oiseaux, la Sphinge est femme en partie. Elle réunit donc déjà en elle cette union de la Terre au Ciel qu’incarnera, de façon bien plus accomplie l’Atout du Jugement.

Quand on tire La Roue de Fortune, on peut être certain d’être à un tournant essentiel de sa vie : ou bien on régressera, parce qu’on n’aura pas su élever sa vision des choses, et on retournera au cycle antérieur, du fait de la répétition des mêmes erreurs, ou bien on va passer un seuil, celui de la spiritualité. Cet Atout indique toujours qu’il faut rassembler ses forces MAINTENANT pour trouver des réponses qui ne soient ni réactives, ni automatiques. Il s’agit d’inventer une nouvelle manière d’être au monde qui ouvre sa vie au Ciel.

Du point de vue du premier Niveau des Atouts du Tarot, La Roue de Fortune parle des animaux domestiques.

Du pont de vue du second Niveau, cet Atout X indique qu’un changement de vie est en cours. Il renvoie aux métiers d’élevage, mais aussi aux métiers en lien avec la rivière, le fleuve, les meules, les moulins, ainsi qu’aux métiers en lien avec les énigmes, les enquêtes (inspecteur de police) mais aussi à ceux qui favorisent un questionnement intérieur, une prise de conscience (juge, psychanalyste, prêtre, guru).

Du point de vue du troisième Niveau, la Roue de Fortune parle de karma, de nécessité de faire face à ses erreurs passées, à ses méfaits, à ses défaillances afin de faire les prises de conscience nécessaires. Elle parle aussi de blocage ou de régression. Les vertus induites par cette carte sont celles de la rédemption et la conversion, c’est-à-dire de la capacité à s’engager dans une transformation radicale de sa vie pour l’orienter vers le Ciel.MandalaSable2008-12

Du point de vue du quatrième Niveau, cet Atout ouvre le Ciel. C’est l’indication que l’on est mûr pour entrer dans la voie spirituelle. Bien évidemment cette Carte se rapproche de la notion de Karma hindou et bouddhiste, mais aussi de l’éternel retour de la nature tel que le voyaient les stoïciens, et dès lors aussi du mandala tibétain, éternel et éphémère.

Le X ne représente pas seulement la Croix de Saint André, le premier Appelé, premier Disciple du Christ, cette croix et ce nom d’André sont porteur d’une signification importante pour la compréhension de ce X qui se traduit, dans le Tarot, par la Roue de fortune.

Cette croix en X sur laquelle fut crucifié saint André est aussi la première lettre du nom grec Christos (χριστός), le premier être humain réalisé dans sa royauté céleste, Réplique du divin, Gardien de la Terre, Protecteur de toute la biosphère et de l’humanité endormie. André est un prénom qui signifie sous sa forme grecque (Andros), l’Homme. andrésurlacroix

Dans ce X, si c’est l’humain qui est en question, c’est l’humain qui a accompli le premier cycle, celui de la Terre, qui n’est complet que dans la réunion de la petite Terre (le féminin, l’élément terre et le sec, et fin les Deniers sont en relation harmonique avec ce premier Niveau  dont le symbole est Symbole de la terre) de la Terre et du petit Ciel de la Terre (le masculin, l’élément Feu, le chaud, et les Bâtons et dont le symbole est Symbole de feu). L’un plus l’autre donne un carré sur la pointe, la réunion de deux univers, pour la formation d’un ensemble solide et parfaitement uni : étoile. Cet ensemble est celui de première complétude.

Atout VIII-La Justice

La Justice

Atout VIII

Coeur de la société

Mère froide, distance

Femme active

Mesurer, rationaliser, Juger, Égaliser, Équilibrer

Trancher, tailler, couper, mettre à distance, refroidir

Pesanteur et tracas administratifs

La Justice divine

8justice

Encore une fois, il est impossible de comprendre La Justice, huitième Atout du Tarot, sans son insertion dans la Structure du Tarot de Marseille.

La Justice se trouve au croisement d’un Niveau – le second – et d’une Verticale – la troisième -. Le deuxième Niveau, en correspondance harmonique avec les Bâtons du Tarot, renvoie à la passion, celle qu’ouvre le petit Eros de L’Amoureux, mais aussi à l’investissement sociétal. La troisième Verticale est celle de la féminité, de la vie, de la mort, de la créativité. La Féminité procréative et créative s’incarne, dans le Niveau sociétal par excellence qu’est le Niveau II,  en cette femme forte, droite et distante qu’est la Justice, une femme fortement impliquée dans la communauté des hommes.

Statue allégorique de la justice. ChancelleriePlacée, au sein de la Verticale des III, entre la procréatrice qu’est L’Impératrice – cette pourvoyeuse de vie -, et l’Atout XIII qui représente la grande Faucheuse (La Mort), La Justice incarne toutes les petites morts nécessaires à la vie humaine pour que celle-ci suive le droit chemin de l’incarnation actuelle. Ainsi, La Justice punit et rectifie, recadre et sépare comme le montre le fait qu’elle porte une épée levée. Elle est souvent interprétée comme une femme castratrice. En réalité, elle représente la mère de famille dans son activité de distribution équitable des récompenses et des punitions correctives aux enfants. La Balance de la Justice est presque en équilibre parfait, et son épée est presque droite mais pas tout à fait : La Justice, dans cette distance, cette froideur, cette raison qui sont les siennes, n’oublie pas l’équité qui consiste à favoriser qui le mérite, ou qui en a besoin. Contrairement aux représentations classiques qui lui bandent les yeux, La Justice du Tarot a en effet les yeux grands ouverts, car il s’agit de traiter chacun, non de la même manière, mais en tenant compte de ce qu’il est.

La psychanalyse nous a habitué à voir dans la mère symbolique une femme protectrice, nourricière, et fusionnelle qui correspond dans le Tarot à La Papesse, ainsi qu’à voir dans le Père symbolique, ce  séparateur d’avec le corps de la mère, ce qui fait obstacle à la fusion, tout comme un modèle et un cadre qui incarne la Loi dans la famille et permet la construction du Surmoi de l’enfant.

Ce n’est pas le récit familial que raconte le Tarot pour qui c’est la Mère elle-même qui, placée au commencement d’une Verticale centrale, la IIIe, et sous la haute figure de L’Impératrice, sait qu’en donnant la vie, elle fait aussi un don de mort (L’Atout XIII), et que tout en étant dans la tendresse, l’amour, et la transmission de la joie à l’enfant, il lui faut aussi incarner la froide dignité de la Justice familiale et accepter la séparation d’avec l’enfant (l’Atout VIII). C’est en assumant pleinement son appartenance à la Verticale du III où se trouvent La Justice et L’Atout XIII que L’Impératrice ou la mère biologique (ou adoptive) incarne la Mère céleste que représente La Lune, l’Atout le plus élevé de cette Verticale.

Le lien particulier entre La Justice et l’Atout XIII est renforcé par le fait que ce sont des Atouts complémentaires. Ainsi, il n’y a pas de justice sans le travail du deuil sur une affirmation propre absolutisée, et sur l’individualisme.

Aucune mère fusionnelle ne peut enfin être juste avec ses enfants, la mère fusionnelle est en effet la mère de la préférence (pour le dernier né, pour le malade, pour le plus petit, le plus en échec, le plus en réussite, etc.) , et dès lors une mère de l’injustice nécessaire au commencement de la vie du petit humain. Une mère qui doit savoir ensuite se mettre à distance. C’est ce moment de la distance et la construction du cadre familial qu’incarne, dans la Famille, La Justice. Ce que représente La Justice en étant dans la quintade supérieure de L’Impératrice, c’est en effet la discipline. Elle est le jardinier de la famille, et son épée est le sécateur des caractères familiaux. Elle taille en chacun tout ce qui n’est pas droit ; elle sépare ce qui doit l’être ; elle se met, elle-même, à distance de ses enfants pour qu’ils puissent grandir et peu à peu s’autonomiser.

La Justice incarne aussi, en étant placée derrière L’Impératrice, la seconde mère : la marâtre, la belle-mère, mais aussi la tante, celle qui, dans la famille, présente un autre modèle de femme à l’enfant. Elle peut aussi représenter la mère distante, voire froide, peu sentimentale et pas assez ou pas du tout sensible aux besoins de tendresse de ses enfants.

Quand cet Atout est tiré, il indique souvent la nécessité d’une prise de distance au regard d’attachements anciens qu’il n’est plus bon de cultiver avec la même détermination. Elle conseille une séparation. Elle peut représenter un conseil de divorce. Mais le plus souvent elle met en garde sur la nécessité de conserver une distance, au sein même de la relation d’amour la plus fusionnelle. Elle parle donc de contrat de mariage, ainsi que de la nécessaire culture de l’indépendance et de l’autonomie de chacun.

La justice incarne particulièrement bien la personne qui aide à couper le cordon ombilical sous toutes ses formes, réelles ou symbolique. Elle est celle qui fait place à l’autre dans la psyché humaine.

Du point de vue sociétal qui correspond au Niveau II du Tarot, La Justice représente les femmes très investies socialement et en retrait face à la famille. Placée entre jeune Chariot et le vieil Hermite, elle vit dans un monde d’hommes. C’est la fille du Père comme L’Étoile est la fille de la mère, du fait de sa proximité avec L’Hermite qui l’a regarde avec amour. En tant que fille du père, elle a une grande intelligence et une grande autorité naturelle comme le montre son trône C’est bien sûr, la femme juge, l’avocate, mais aussi la directrice, et toute femme de pouvoir.

Toujours dans le domaine sociétal, cet Atout VII renvoie, dans un tirage, aux papiers administratifs, aux contrats, mais aussi aux litiges et aux procès, à la nécessité de régler ses dettes, au risque de la prison.

La Justice regarde droit devant elle et même pourrait-on le penser, elle regarde droit dans les yeux du consultant qui la tire : elle incarne aussi les personnes droites, loyales, et parfois brutales dans leur franchise sans concession. Elle peut même être quelque peu rigide dans sa façon d’être, car elle hait toute forme d’hypocrisie, toutes les petites compromissions qui organisent, ordinairement, la vie de tout un chacun. Avec elle, attendez-vous à une parole très directe.

Au sein des facultés humaines, c’est la raison que La Justice incarne, ainsi que le sens de la justice qui conduit chacun à rectifier un comportement trop égoïste.

Du point de vue religieux, l’Atout VIII représente le karma, cette justice cosmique, mais aussi le  Tribunal divin et le Jugement dernier, la nécessité de rendre compte de ses choix de vie passés et de régler la note, de payer ses dettes, mais aussi de recevoir ses récompenses ultimes.

LaJusticeDu point de vue spirituel, La Justice du Tarot incarne l’une des vertus les plus importantes qui puissent être. Aristote voyait en la justice l’essence de toute vertu : impossible d’être courageux, tempérant, magnanime ou généreux sans être juste. Car on ne peut être juste sans accepter d’être relativisé, de ne plus être au centre du monde ou le seul qui compte. L’homme juste fait donc toujours place pour l’autre et ses droits. La Justice s’oppose donc frontalement à l’égoïsme qui est toujours premier, et d’abord celui de l’enfant. C’est pourquoi le Tarot place La Justice à la fois au coeur du Niveau II qui représente la Société (sans la justice, la vie sociale est impossible) et dans la Verticale III de la mère et de la famille : la justice parentale est la condition de l’amour fraternel. Etre juste est donc une qualité essentielle pour la mère. Étant, enfin, sous l’influence d’Éros, comme tous les Atouts du second Niveaux, La Justice du Tarot rappelle qu’elle est un Idéal qui exige un grand investissement et même des sacrifices. Certains, au nom de la justice, mettent en jeu leur vie. C’est pour finir la première des quatre grandes Vertus humaines que le Tarot incarne dans cet ordre : La Justice ou Atout VIII, La Sagesse (L’Hermite ou Atout VIIII), Le Courage (La Force ou Atout XI) et La Tempérance (L’Atout XIIII). Cela signifie qu’elle inaugure des formes d’accomplissement de soi qui sont autant de balises sur le  chemin spirituel du Tarot.

Avec La Justice, notre Bateleur a fait un grand pas sur le chemin spirituel qui est le sien  : au lieu d’être encore dans l’égoïsme et l’affirmation vitale de soi comme l’était encore Le Chariot, il fait place aux besoins et droits d’autrui, à égalité avec ses propres besoins et ses propres droits. Ce n’est pas encore l’oblation  de la sainte Étoile, mais c’est un premier pas vers elle.

En ce qui concerne le premier Niveau du Tarot, La Justice est significative de la mère éloignée, froide, distante ou ses incarnations (belle-mère, tante, mère adoptive, mère biologique perdue). Elle représente aussi la fille proche du père, femme investie dans la vie sociétale. Elle représente toujours la femme qui coupe le cordon ombilical entre la mère et l’enfant, la famille et l’enfant, etc.

En ce qui concerne le second Niveau du Tarot, La Justice renvoie aux femmes-juges, avocates, administratives. Mais aussi à la sage-femme qui coupe le cordon ombilical. Elle incarne donc la sage-femme, l’infirmière, mais surtout la chirurgienne, la psychanalyste et toute personne qui oeuvre à séparer le bon grain de l’ivraie dans le corps et l’âme des patients. Elle est aussi la jardinière du Tarot, celle qui prend soin de la vie en ôtant, coupant, détruisant ce qui doit mourir pour que le jardin resplendisse.

En ce qui concerne le troisième Niveau du Tarot, l’Atout VIII évoque les problèmes de justice, les procès, la lourdeur administrative, la pesanteur de la paperasse, les dettes, l’injustice. En défaillance, elle indique un manque d’équilibre et un manque de mesure et de raison, un comportement emporté, pulsionnel, passionnel qui est nuisible.

En ce qui concerne le quatrième Niveau du Tarot, L’Atout VIII parle des Justes de l’histoire, ceux de la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi de la Justice divine, celle qui rectifie les erreurs de la justice des hommes. Elle évoque le parfait équilibre d’une âme en paix. En plus de Thémis, la déesse de la justice, Athéna  déesse de la Raison mais aussi de la guerre, et sa mère Métis, déesse de la sagesse qui distingue le bien et le mal, sont particulièrement bien représentée par cet Atout VIII.

Atout VII-Le Chariot

Le Chariot

Atout VII

Curiosité, exploration, découvertes

Succès, chance du débutant

Christ triomphant

Conquêtes, colonisation, faire la guerre

Fils éternel, fils à maman, adulescence

 

lechariot

Le Chariot confronte l’énergie d’éros (en harmonie avec les Bâtons) à la problématique de la Verticale des II où se joue la relation à l’altérité. Alors que La Papesse, qui se trouve sur la quintade inférieure, portait l’altérité en soi sous la forme d’une fusion (et d’une confusion au même), Le Chariot l’a devant lui et vise à sa conquête (afin, là encore, de le ramener au même par sa transformation et son assimiliation).

Le Chariot du Tarot Visconti-Sforza

Ce jeune homme est sorti de l’adolescence qui est le propre de L’Amoureux et désormais avance à grande vitesse dans l’univers sociétal qui est le sien. C’est cette vitesse qu’a choisi d’illustrer le fameux Tarot Visconti, le plus ancien des Tarots que nous possédons encore.

C’est par excellence le conquérant, le jeune premier à qui tout réussit comme le montre sa couronne et son sceptre. Soutenu par sa mère, par la communauté première tout entière (La Papesse), il n’a aucun doute sur le bien-fondé de son entreprise, et sur ses capacités à la mener à bien. Et de fait, il porte, au-dessus de lui (deux quintades supérieures), L’Étoile de la chance à l’état pur.

Passionné par les voyages, par la diversité culturelle, et fasciné par le lointain, comme le sont tous les Bâtons mais aussi tous les Cavaliers du Tarot dont il est le maître Atout par excellence, Le Chariot passe sa vie à explorer de nouveaux horizons, ramenant de là-bas des richesses et des coutumes qui font sa fortune. Mais, en réalité, cette altérité qui l’attire, qu’il visite et dont il emporte avec lui des symboles reste superficiellement assimilée à ses propres visions, ses propres coutumes. C’est même plutôt lui qui tend à imposer aux autres, aux étrangers, ses propres manières d’être. Le Chariot, ce conquérant, est par excellence le représentant des conquistadors et des colonisateurs pour qui les voyages et les pays lointains sont autant de lieux à découvrir, mais aussi à acquérir, à conquérir, à maîtriser.

S’il va à l’étranger, Le Chariot n’adopte que superficiellement ses coutumes. C’est plutôt lui qui tente d’imposer les siennes à ceux qui l’ont accueilli. Ne doutant jamais du bien fondé de ses propres manières d’être, il considère comme son droit de les importer et de les suivre en dépit de tout respect des habitants en place. Souvent aussi, il s’approprie les biens locaux pour les ramener chez lui, comme des trophées de ses voyages, ne se rendant pas compte qu’il s’agissait d’un trésor national.

La parfaite réussites sociales qui est celle du Chariot n’empêche pas la profonde ambiguïté identitaire qui est la sienne en ce qui concerne son genre. Fils, fondamentalement de la mère (La Papesse est juste en dessous de lui, dans la quintade inférieure), il a manqué, dans l’enfance et à l’adolescence, d’une figure paternelle qui lui serve de modèle. Le Chariot est en effet loin de toute figure paternelle. De ce fait, c’est un homme jeune qui possède une puissante tonalité féminine comme on le voit sur tous les Tarots. Le Tarot Visconti va même jusqu’à le représenter par une femme, mais alors, il désigne une jeune femme qui possède une importante tonalité masculine dans ses manières d’être, une femme sportive, martiale même. Dans le Tarot de Marseille, cette ambivalence qui est portée aussi par sa Verticale, se manifeste par le visage unisexe du Chariot, et surtout par ses épaulettes qui portent, à gauche, un soleil et, à droite, une lune, dans une inversion des  symboliques sexuelles (la lune est féminine et ordinairement placée à gauche du soleil, masculin) qui désigne encore une fois l’ambivalence des identités de genre. Elle est portée encore par la Carte complémentaire de l’Atout VII : Tempérance, la Carte la plus ambivalente de la Verticale mâle du Tarot, la Verticale des IV.

Que Tempérance soit la Carte complémentaire du Chariot nous donne encore cette indication essentielle : tout conquérant doit savoir faire place à l’autre et à ses expressions propres. Il ne peut y avoir de vraie conquête que dans le partage et l’échange où l’autre est entendu et respecté.

Du fait de cette ambivalence, l’activité intense dans le monde sociétal du Chariot n’empêche pas son introspection et sa rêverie : il regarde vers la gauche. Il est en effet marqué par un passé où régnait une figure maternelle puissante.

À bien des égards, cet Atout est l’un de ceux qui expriment l’homosexualité, particulièrement quand elle ne s’est pas pleinement révélée.

L’orientation des chevaux du Chariot corrobore cette ambivalence. L’un des chevaux tire sur la droite et l’autre sur la gauche, et bien que le cheval de droite force puissamment vers la droite, ses regards portent sur la gauche. Il ne faut pas y voir l’indécision qui est le propre de la Verticale des I dans ses deux premiers Niveaux. Il s’agit, là, en tant que représentant de la Verticale des II, d’une dualité qui est le propre de ces Atouts systématiquement illustrés par la bivalence. Il n’y a donc pas de choix à faire, mais bien une dualité qui est assumée. Deux métiers, deux orientations, deux passions peuvent être ainsi désignées.

Cette Carte de la conquête et du succès du débutant, du jeune adulte, est aussi une Carte de la quête spirituelle : les chevaux sont bleus, couleur du Ciel, couleur de la spiritualité.

ChariotIl ne faut pas oublier que le Tarot a été inventé à la Renaissance, en Italie, durant une période où l’intelligentsia redécouvrait Platon, le philosophe de l’Antiquité que le Moyen-Age avait mis de côté au profit d’Aristote. Or, Platon voit dans le Chariot une allégorie de l’âme humaine, tirée par deux chevaux, celui de la pulsion (celui de gauche et que Platon imagine comme un cheval noir) et celui de l’énergie mâle, du courage, de la vertu (celui de droite, qui est blanc dans l’imaginaire platonicien). Le conducteur représente la Raison humaine, celle qui doit imposer à ses deux chevaux, sa loi. Il n’est pas inconsidéré de penser que le Chariot du Tarot reprend cette allégorie pour désigner le moment de la vie humaine, celui du jeune adulte où il s’agit de devenir maître de soi, par la domination des impulsions vitales.

La Verticale des II où se situe le Chariot met en garde celui qui en fait le tirage : il a devant lui une période faste, de triomphe, de conquêtes, de réalisations tous azimuts mais il s’agit pour lui de ne pas écraser ceux qui se trouvent sur son chemin ni de leur imposer ses manières d’être, sous peine de perdre son âme. Le Chariot doit spiritualiser sa relation au monde en retrouvant des moments de calme, et de retrait et comprendre que réussir implique souvent une forme d’inaction (La Papesse et Le Pendu), ainsi qu’une grande générosité qui doit le conduire, dans son triomphe même, au Service d’autrui (L’Étoile), et plus particulièrement, du fait de son immersion dans le Niveau II du Tarot, au sein de la société, cette communauté des échanges de biens et de services. Dans tous les cas, ce tirage indique une période de mouvements et de changements, et potentiellement de voyages et déplacements. Il renvoie souvent à une personnalité très ouverte à la diversité culturelle, attiré par l’exotisme du lointain, mais aussi à une personnalité théâtrale (l’iconographie le suggère par les rideaux qui encadrent le personnage central), voire très médiatique (cinéma, télévision, radio, internet).

A sa mesure, Le Chariot est une Star. Il a, en effet, L’Étoile deux quintades au dessus de lui qui veille sur ses intérêts, et la plupart des Tarots, y compris de Marseille, ont signalé ce lien à L’Étoile qui partage, non seulement le II, mais le VII avec lui, par la présence d’étoiles dans la représentation de l’Atout. Dans le Tarot convers, c’est dans le drapé qui l’encadre que se trouve ce signe discret.

En ce qui concerne l’interprétation du Chariot à la lumière du premier Niveau des Atouts, le Chariot représente le fils aimé de la mère et le fils aîné.

En ce qui concerne l’interprétation du Chariot à la lumière du second Niveau des Atouts, l’Atout VII incarne les jeunes premiers, les jeunes hommes à succès soutenus par une femme plus âgée (Macron est l’incarnation actuelle la plus évidente du Chariot), les golden boy, les stars de cinéma, mais aussi d’étrangers.

Bartolomeo_Montagna_-_Saint_Paul_-_Google_Art_ProjectEn ce qui concerne l’interprétation du Chariot à la lumière du troisième Niveau des Atouts, Le Chariot parle d’envahisseurs, de colonisateurs, de guerre, d’échec, de confiance excessive en soi, de soumission masculine à la mère, d’incapacité à murir, d’adulescence.

En ce qui concerne l’interprétation du Chariot à la lumière du dernier Niveau des Atouts, le Chariot parle d’équilibre de l’âme humaine, d’amour pour la transcendance et de conscience verticale, d’élan puissant vers le divin.

En tant que chef des armées , il représente le prince chevalier qui veille sur les frontières du royaume.

Il incarne aussi les grands missionnaires et, les premiers de tous, les Apôtres et particulièrement Paul qui fut sans doute le véritable créateur de la religion chrétienne, en tant que religion séparée du judéo-christianisme initié par Jésus de Nazareth et qui s’est diffusée partout dans le monde.

En tant que Fils de la Mère divine, Le Chariot incarne le Christ triomphant.

Voici le Psaume 45 qui, pour de nombreux chrétiens, fait la louange de ce Christ Triomphant que met en scène le Tarot avec l’Atout VII :

« Tu es le plus beau des fils de l’homme, La grâce est répandue sur tes lèvres: C’est pourquoi Dieu t’a béni pour toujours. Vaillant guerrier, ceins ton épée,

Ta parure et ta gloire, Oui, ta gloire!

Sois vainqueur, monte sur ton char, Défends la vérité, la douceur et la justice, Et que ta droite se signale par de merveilleux exploits!… »

Atout IIII-L’Empereur

L’Empereur

Atout IIII

Protection du père tribal

Père de l’ordre et de la loi

Autorité et mâlitude

Territorialité, défense des frontières

Tyrannie patriarcale

4

C’est le nombre quatre et le carré qui donnent les clés de la signification de cet Atout : le carré est la figure la plus stable et la plus immobile. Alors que le triangle de la féminité change de signification selon que la pointe est en bas ou en haut, et qu’il peut s’associer à un autre triangle pour faire une étoile, le carré peut être mû certes, mais il reste absolument lui-même quelle que soit la position qu’on lui fait prendre. C’est donc un symbole de stabilité, de fermeté, de loyauté, de fermeture, de frontière bien gardées, de territoire, de rigidité, de concrétisation matérielle, de fixité, d’immobilité. L’Empereur en tirage parle toujours de quelqu’un de carré, dans tous les sens de cette symbolique (loyal, franc, direct, parfois brutal).

charlemageC’est aussi la première figure de la Verticale mâle des Atouts du Tarot, comme L’Impératrice est la première figure de la Verticale femelle. L’Empereur incarne dès lors l’époux, le père, le chef politique, le dirigeant, le directeur, et toute figure de l’autorité mâle dans une communauté.

Entièrement tourné vers la gauche où se situent l’enfant et la mère, regardant son épouse, ce n’est pas un aventurier rêvant de voyages et d’inconnu, mais au contraire un homme stable, aimant profondément sa compagne et sa famille, impliqué fortement dans sa communauté familiale (ce que symbolise son collier d’or et la ceinture qui le lie aux autres), un homme très protecteur (il est armé, casqué), veillant à l’ordre (son autorité est symbolisé par son bâton de pouvoir), imposant les règles et les limites à chacun (les frontières du carré), veillant à ce qu’aucun intrus vienne perturber sa communauté. Bien qu’assis sur son trône (autre symbole de pouvoir et d’autorité), il est à demi levé, prêt à combattre si besoin est.

L‘aiglon qui était encore très petit chez L’Impératrice du Tarot de Marseille a, ici, bien grandi dans la Carte de l’Empereur. Cela signifie que le rôle du Père est plus  important au fur et à mesure que l’enfant mûrit. Car c’est la figure du Père qui est la plus importante à l’adolescence, quand la figure de la mère prime dans la petite  enfance (sachant qu’il s’agit du père et de la mère symbolique, le père et la mère biologique jouant souvent les deux rôles). Les substituts du père que sont le chef politique, le gendarme, le juge sont aussi en jeu face à un adulte qui n’est pas suffisamment adulte.

Le genou plié de L’Empereur du Tarot de Marseille a une forte signification symbolique, certes il représente le 4 moderne, mais surtout, il manifeste la conscience profonde qu’a L’Empereur des  raisons de son pouvoir  et de son autorité : en tant que chef politique ou familial, il est le premier serviteur de l’État ou de sa famille (plier le genoux est toujours un signe  d’allégeance). Loin  d’imposer des règles dans un esprit pervers de voir plier les autres, il veut le bien général avant tout. C’est une personne dévouée à la communauté, et son dévouement est aussi la légitimité de son autorité.

Regardons le visage de L’Empereur : il est entièrement tourné vers la gauche, bien que le corps soit de trois quart. Cela signifie que le côté gauche de son visage est invisible. Être un homme implique souvent d’avoir caché sa féminité. Elle est là, mais invisible aux yeux des autres. Et c’est pourquoi le nombre secret de L’Empereur, ce qui lui manque pour aller à la réalisation ultime (le XXI) c’est L’Étoile, la jeune fille en fleur, l’anima, l’incarnation de la féminité virginale dans sa beauté. Aucun homme ne peut se réaliser pleinement dans sa virilité s’il n’admet pas en lui cette figure féminine de l’anima comme une composante secrète mais essentielle de son être.

Les frontières sont essentielles pour L’Empereur qui n’entend pas les agrandir (: l est tourné vers le passé (la gauche), vers la tradition, vers la transmission de ces traditions et non vers l’avenir (la droite). Mais il n’entend pas non plus diminuer les limitations de son territoire. Il en est le Gardien et le Protecteur. Et ces frontières sont symbolisées, dans le dessin du Tarot de Marseille, par le cercle de son bouclier. Le cercle, c’est la communauté.

The Emperor-RadiantDans le Rider, on voit des montagnes en fond de l’Atout : la montagne c’est la puissance inamovible, ce qu’on ne déplace pas, ce qui sert de frontière naturelle, et de  protection contre les ennemis, les envahisseurs.

Le siège de L’Empereur du Rider est en pierre. La pierre et les constructions en pierre, solides, aux contours bien tracés, correspondent à la symbolique du IIII de  L’Empereur. C’est quelqu’un qui réalise, concrétise les projets, et les rend aussi solides que son trône de pierre, mais aussi rigide.

En relation harmonique avec tous les Rois du Tarot, L’Empereur, l’Atout de l’homme dans sa masculinité, dans son autorité, dans son assise matérielle est particulièrement proche du Roi de Denier, à qui il donne son sens des réalités et du patrimoine. Il renvoie aussi aux métiers de la construction (architecte, maçon), de la protection (gendarme) et du patrimoine (notaire). Au  Roi de Bâton, il accorde son caractère guerrier tandis que ce dernier rajeunit L’Empereur et lui accorde un amour de l’aventure que ce dernier n’a pas tout seul. Il renvoie alors aux métiers de direction (chef d’entreprise, directeur d’école, président). Avec le  Roi des Épées, L’Empereur aiguise son intelligence, son sens de la justice, et de la diplomatie. Avec lui, on rencontre les juges. L’Empereur se retrouve dans l’amour paternel dont fait preuve, comme  aucun autre Roi, le Roi de Coupe. C’est essentiellement le père de famille qui est indiqué par cet Atout.

La Verticale des IIII nous apprend qu’un Père digne de ce nom qu’incarne, plus que tout autre chose, L’Empereur, mais aussi le Roi, le chef politique, le directeur, ne peut réaliser pleinement son rôle que s’il possède la sagesse de L’Hermite, la capacité de dialogue et d’inversion des hiérarchies de Tempérance, et la chaleur et le rayonnement ainsi que la capacité à aimer tous ses enfants (ou administrés) du Soleil.

L’Hermite est un père qui a abdiqué depuis longtemps. C’est un père qui donc ne vit pas la rivalité œdipienne comme le père biologique, en négatif, il représente un père trop âgé. Tempérance est le père-ami, le père qui n’est plus tant une figure d’autorité qui peut être vécu comme une tyrannie, qu’une oreille attentive qui échange ses expériences avec celle de son enfant, dans une relation complémentaire et non hiérarchique, en négatif, c’est le père copain qui revit son adolescence avec son enfant, et qui ne donne plus aucun repère en n’assumant pas son rôle de père. Le Soleil est le père de l’amour inconditionnel et égalitaire qui réchauffe de son amour tous ses enfants, mais il peut représenter, aussi, la brûlure de l’amour œdipien.

Le Père de substitution que représente L’Hermite qui se trouve au-dessus de L’Empereur représente le père du père, c’est-à-dire le grand-père (l’arrière-père), quand l’Atout qui se trouve à côté de L’Empereur, Le Pape, oriente plutôt vers l’oncle, ou le parrain. En cas de défaillance du père, ce sont ces hommes de la famille qui peuvent jouer le rôle essentiel à la constitution d’un moi solide de l’enfant.

Du point de vue spirituel, L’Empereur représente le Roi du Ciel. C’est la première figure du Dieu mâle, au sein du polythéisme comme du monothéisme (Yahvé-Dieu mais aussi Zeus par exemple), une sorte de Père tribal exalté et qui fixe ses règles, parfois de manière totalement arbitraire et absurde, assurant l’ordre dans la communauté des hommes, mais aussi une autorité sans limite. Nous sommes loin encore du Dieu solaire christique, dieu de l’amour et du pardon, même si le sceptre de L’Empereur se terminant par un globe solaire et la croix du Christ indique que tout père véritable incarne, à côté du père tribal antique et primitif de l’ordre, de la loi et de la frontière, le père solaire, ainsi que le conseil de sagesse (L’Hermite) et l’ami sur lequel l’enfant peut compter inconditionnellement (Tempérance).

Zeus_Louvre_G204En relation avec le premier Niveau du Tarot, L’Empereur représente le père de famille, le chef tribal, le chef communautaire.

En relation avec le second Niveau du Tarot, cet Atout IIII incarne les directeurs, les chefs politiques, mais aussi les maçons, les métiers de l’autorité, de la construction, des fondations. Il parle d’États nations, de frontières, de défense militaire de la nation.

En relation avec le troisième Niveau du Tarot, L’Empereur désigne le tyran et la tyrannie, la mâlitude excessive et le macho, le patriarcat historique de l’humanité. Rappelez-vous le visage de L’Empereur, le côté gauche est caché. Cela peut conduire à une sorte de mutilation psychique, le féminin étant renvoyé dans l’ombre de la personnalité. 

Cependant, ce 3e niveau du Tarot est aussi le moment où se développe les plus grandes qualités humaines : c’est alors le besoin de protéger les autres qu’incarne l’Atout IIII, le besoin d’éduquer les personnes immatures, en leur inculquant des limites.

En relation avec le quatrième Niveau du Tarot, L’Empereur représente le Père céleste et ses incarnations mythologiques (Zeus et Jupiter, Yahvé-Dieu, Vishnu, etc.).

Atout III-L’Impératrice

L’Impératrice

Atout III

Coeur de la communauté familiale, le foyer

Fécondité, créativité et perspicacité

Féminité et beauté 

Superficialité, surinvestissement de l’image et de l’apparence

Séduction perverse de la femme

Incarnation de la Mère divine

l_imperatrice

Ce qui ressort très clairement de la saisie du sens de chaque Atout par la structure dans laquelle il se situe, c’est l’importance du nombre qui l’accompagne. Avant d’être L’Impératrice, C’est le IIIe Atout. Avec ce nombre III, nous entrons dans la créativité.

Alors qu’avec le II, aucune figure liée n’est possible sans la disparition de l’un des I et son absorption par l’autre, ce qui conduit à saisir le II dans l’opposition ou dans la fusion, avec le III, nous avons la figure du triangle : un lien est fait, pour chaque trait (chaque I, chaque individualité), avec chacun des deux autres. Le triangle qui apparaît un peu partout dans cette figure  (coiffe, décorations de la robe, centre de la poitrine, posture des jambes), est le symbole de l’utérus, de le mise au monde de l’enfant. L’Impératrice est la Mère qui accouche. C’est la créatrice qui met au monde son œuvre.

Ce lien triangulaire est en outre la condition de toute créativité, qu’elle soit productive ou reproductive, car le triangle est la première surface et implique le lien entre  trois êtres qui fait un ensemble inexistant sans eux. Avec le III, c’est toujours l’enfantement qui est en jeu et qui implique un père, une mère et un enfant. L’Impératrice est dès lors le symbole de la fécondité, de la maturation d’une expression et de sa plénitude. C’est ce qu’a choisi de représenter le Rider, une femme dans la nature en plein été, juste avant la moisson.

Impératrice-Rider

Reliée à toutes les Reines du Tarot, L’Impératrice est en effet particulièrement en phase avec la Reine de Denier, la reine de la nature féconde, de la matérialité épanouie, la mère nourricière du Tarot. Le III est en effet le symbole, par excellence, de l’utérus, la matrice féminine reproductive : le personnage qui l’incarne, dans l’Atout III, a les jambes écartées, dans une posture qui indique clairement sa fécondité et l’importance de l’utérus matriciel en elle.

La Carte complémentaire de L’Impératrice, c’est La Lune. Cela signifie qu’une femme ne peut vivre pleinement sa féminité qu’en se sentant reliée aux forces mêmes de la Mère-nature dans sa fécondité infinie et sa créativité abondante, ainsi que dans sa beauté. En chaque femme parle l’intuition féminine, cette aptitude à se relier au savoir universel sans passer par les chaînes du raisonnement. Les femmes sont plus ouvertes que les hommes à la mémorisation du rêve et à sa compréhension, tout comme elles ont une aptitude naturelle à la médiumnité et à la voyance, même si ces aptitudes restent peu développées dans notre monde rationnel et encore très marqué par le patriarcat.

triangle-CercleLe triangle dans sa symbolique est le déterminant du cercle et de la sphère, et d’abord du cercle familial. Tout cercle attire l’attention sur un centre, et L’Impératrice est ce centre : la mère est au cœur de toute famille, tout comme L’Impératrice est au cœur du premier Niveau des Atouts du Tarot, celui des matrices corporelles et psychiques, de la famille, et des expressions matérielles. L’Impératrice est en effet l’Atout qui unit, dans le Tarot, l’enfant (Le Bateleur) et la mère fusionnelle (La Papesse) d’une part, avec le père (L’Empereur) et l’oncle ou parrain (Le Pape) d’autre part. Tout son corps indique ce lien : sa main gauche porte l’écusson de l’aiglon, symbole de l’enfant, mais son regard et son sceptre penchent à droite où se situe L’Empereur, son époux. Si la mère de l’enfant ne fait pas le lien avec le père (c’est surtout vrai des pères traditionnels, peu maternants), ce lien a beaucoup plus de mal à se constituer, et à se constituer sur de bonnes bases.

Le triangle que représente L’Impératrice est aussi la forme ultime, forme de la perfection, de la Sainte Trinité, et c’est pourquoi cet Atout est aussi le symbole de la beauté féminine, de la grâce. Platon explique, dans Le Banquet, que celui qui est prêt à enfanter (un fils ou une oeuvre) doit vivre dans une atmosphère de beauté. Il a besoin de cette beauté comme le milieu naturel de l’enfantement. C’est pourquoi, le triangle, L’Impératrice et l’Atout III renvoient à cette beauté de la femme épanouie, de la femme dans sa maturité génitale.

Ce que nous apprend la Structure du Tarot, c’est à quel point, la féminité a besoin de cette triangulation des relations humaines pour s’épanouir complètement. L’Impératrice est autant la mère fusionnelle des premiers mois qu’incarne La Papesse, que l’épouse aimante tournée vers L’Empereur, que la femme active, engagée dans la vie sociale (La Justice, VIII, se situe dans la quintade supérieure, juste au-dessus de L’Impératrice). Elle ne peut, sans se mutiler elle-même, sans ressentir une profonde incomplétude, nier son besoin de maternité (Atout II et son écusson), ou son besoin d’investissement social (Atout VIII), ainsi que son besoin d’être aimée comme femme (Atout IIII).

Et L’Impératrice ne serait pas totalement épanouie, en tant que femme, si elle n’était pas soutenue par La Justice, la femme détachée, qui a coupé le cordon ombilical. La Justice est en effet au-dessus de L’Impératrice dans le Tarot en 5 Verticales. On voit cet envol de l’enfant dans la posture de l’Aigle de l’écusson que porte l’Impératrice. Il a les ailes déployées vers le haut, il est prêt à s’élever vers les airs. Toute femme doit accepter que son oeuvre, son enfant ne soit pas qu’à elle. Elle doit le/la porter pour le/la rendre autonome et qu’il/elle vive sa vie.

Cet aigle est aussi le symbole de son autorité. Celle-ci se déploie ici et maintenant, quand l’aigle de l’Empereur est au repos, les ailes baissées vers le bas, parce que L’Empereur jouit une autorité anciennement installée.

hera-01Le premier Niveau du Tarot (celui des matrices matérielles et affectives de l’être humain, en relation harmonique avec les Deniers et la Terre) incarne donc L’Impératrice dans une femme bien assise dans les expressions affectives et matérielles de sa vie. Elle règne sur son univers, son pouvoir étant autant réceptif qu’actif, et autant fait de séduction que d’autorité franche. Elle est la mère de l’enfant déjà sorti des premiers mois, le lien entre tous les membres de sa communauté dont elle est incontestablement le cœur, sans jamais fusionner complètement avec l’un d’entre eux, distribuant harmonieusement son attention entre tous (La Justice) .

C’est, dans son acception la plus simple : la mère nourricière, celle qui a nourri l’enfant de son sein, celle qui le nourrit de son attention, de son éducation, etc.

C’est aussi une femme qui ne se perd pas dans la famille, qui s’accomplit socialement (du fait de la présence, au-dessus d’elle de la Justice, Atout de la femme active). Enfin, cette femme sait qu’elle ne peut incarner, sur terre, la Mère divine (La Lune) qu’en acceptant que le don de la vie est toujours aussi un don de mort (Atout XIII). En négatif, elle représente la personne débordée par la triangulation qui ne parvient pas à organiser harmonieusement sa vie.

Le second Niveau du Tarot (celui des incarnations sociétales en relation harmonique avec les Bâtons et le Feu) voit dans l’Impératrice la carte de tout ce qui concerne la nourriture et les métiers en relation. Car n’oublions pas que la première image de la mère c’est la nourricière. Les métiers de la restauration sont donc en jeu. La boulangerie et la pâtisserie que les enfants aiment particulièrement, mais aussi les traiteurs, etc. sont représentés par L’Impératrice.

Un lien à l’accouchement et à la femme est aussi en jeu (gynécologue, sage-femme), avec l’éducation des jeunes enfants (professeur de maternelle, professeur des écoles).

Le chiffre 3 et son sens de créativité oriente L’Impératrice,vers les artistes et les écrivaines qui, au contraire de celles qui sont représentées par La Papesse, connaissent une notoriété sous son propre nom.

C’est aussi la femme en relation avec la beauté et la maison (esthéticienne, coiffeuse, décoratrice d’intérieur), avec les jardins familiaux (paysagiste).

Le troisième Niveau du Tarot (celui des épreuves et des vertus, en relation harmonique avec les Épées) nous emmène vers la séduction perverse de la femme (la femme vénale et la prostitution), la vanité, l’égocentrisme, la stérilité, l’hystérie, la femme active débordée par les excès de tâches dans le monde moderne où elle se veut aussi bien mère parfaite qu’épouse et maîtresse belle et séduisante, que femme engagée dans la vie sociale mais ne parvient à tout faire qu’au prix d’un stress ou d’une fatigue excessive. Avec La Papesse elle peut incarner  la mère araignée, ou au contraire un monde sans aucun centre, un monde où le lien social et familial est disjoint.

raphael-04Les vertus que représente particulièrement L’Impératrice du 3e Niveau, c’est d’une part le dépassement des apparences et de la seule beauté physique et la saisie d’une beauté supérieure, celle de l’âme. Mais surtout, L’Impératrice est alors nourrie par l’énergie de la Reine d’Épée et l’Atout XIII, et devient lucide sur la nature humaine. Elle ne se laisse plus déborder par les besoins des autres, elle a appris à dire non et à hiérarchiser ses priorités. Elle sait, qu’en donnant la vie, elle accorde aussi, nécessairement le don de la mort et de l’oubli. Impossible de vivre sans être, un jour, confronté à la mort, c’est cela, la dure lucidité de L’Impératrice au niveau III du Tarot. Déjà avec le niveau II et l’influence de la Justice, elle a appris le détachement nécessaire pour accomplir son rôle de mère dans l’équité et pour pouvoir s’investir dans la vie sociétale. Mais avec le niveau III, la coupure qu’elle doit affronter est bien plus importante et tranchée, c’est celle du deuil. Ainsi, L’Impératrice au niveau III est la femme plus âgée, et parfois jeune encore qui est ou fut affrontée à l’avortement, à la mort d’un proche, à la nécessité de se détacher de sa propre mèreJolie.

Le quatrième Niveau du Tarot (celui de la rosée spirituelle, en relation harmonique avec les Coupes) mène à la Reine de Coupe qui incarne L’Impératrice dans ses expressions les plus élevées, et  La Lune, l’Atout XVIII qui élève le féminin de la femme jusqu’à la fécondité d’une Nature tout entière.  L’Impératrice est alors une mère de famille particulièrement aimante, une femme engagée dans le monde pour des causes humanitaires, une artiste inspirée par la source divine et à la haute spiritualité. La mère biologique (ou adoptive) qu’est la mère terrestre devient le vecteur de la Mère céleste. A chacun de ses enfants elle transmet l’amour maternel le plus pur, celui qui n’ignore pas le poids de la vie et de la mort qui nourrit la réalité de notre monde, nécessairement limité.

Cette mère de famille aimante s’est incarné dans les Déesses de l’Antiquité et de diverses religions. C’est ainsi Héra pour les Grecs, Junon, pour les Latins, Lakshmi pour les Hindous. Mais c’est aussi Marie, mère de l’enfant Jésus, Dame du Monde, œuvrant à la transfiguration de la Terre par le cœur des êtres humains.

Atout I-Le Bateleur

Le Bateleur

ATOUT I

Commencement et potentialité

Enfance

Jeu et prise en main

Le grain de sénevé


 bateleur2

Le Bateleur représente le premier porteur du I du tarot. Le I se trouve dans tous les Atouts qui expriment une individualité intégrée ou en chemin d’intégration, c’est-à-dire un Soi, un soi-même en constitution ou constitué.

Deux Atouts expriment l’intégration parfaite : La Force (XI) et Le Monde (XXI). La Force représente la Discipline d’un être qui maîtrise toutes les expressions de la Terre de son être (représentée par le premier X du Tarot), Le Monde celle d’un être qui maîtrise toutes les expressions de la Terre et du Ciel de son être (représentés par les deux X). C’est pourquoi La Force et Le Monde sont les deux Atouts maîtres des As du Tarot qui expriment la maîtrise de leurs couleurs respectives.

L’Amoureux et La Maison-Dieu qui lient le I au V marquent au contraire une défaillance relative dans l’ordre de cette intégration, puisque cette dernière n’est portée que par la moitié d’un cycle, celui de la Terre pour L’Amoureux, celui du Ciel pour La Maison Dieu (la moitié d’un cycle est en effet représentée par le V, dont on voit clairement dans sa forme écrite qu’il n’est que la moitié du X, moitié tournée vers la terre pour la bas du X [^] et tourné vers le Ciel pour le haut du X [v].

Le Bateleur, cependant, est une intégration qui ne possède aucune réalisation propre. C’est un I accompagné d’aucun V, ni d’aucun X. Et l’on comprend dès lors l’iconographie qui le représente : le jeune homme qui se trouve sur la Carte est devant une table basse qui comporte une partie des éléments qui composent le Tarot : Coupe et Épée, tandis que lui-même s’en est emparé du Denier et du Bâton. Cette Individualité que représente le Bateleur commence à peine à s’affirmer, en s’emparant ainsi des deux premiers des quatre éléments fondamentaux (terre, feu, air, eau). Le Denier est l’expression de la Terre, quand le Bâton incarne le Feu.  Bien qu’il ait devant lui l’ensemble de ses potentialités, il ne peut, dans un premier temps, réaliser que celles qui correspondent au Cycle de la Terre des Atouts du Tarot : le corps et ses enveloppes matérielles d’une part, la société et ses expressions d’autre part sont les lieux où son énergie peut être canalisé. Le Ciel des épreuves, des grandes vertus, mais aussi des inspirations spirituelles ne lui est pas ouvert.

Annonçant L’Amoureux qui le surplombe dans la Verticale des I, Le Bateleur qui inaugure tout le système des Atouts du Tarot et qui incarne, de ce fait, le Commencement par excellence, est tiraillé par un choix : son corps manifeste qu’il hésite entre la part féminine, passive et réceptive qui est en lui et qui représente aussi les acquis et le passé [le bras gauche et le denier qu’il place au bas du ventre, autrement dit près du chakra sacré, le chakra des émotions et de l’énergie sexuelle] ou la part masculine, active et émissive, tournée vers l’avenir [le bras droit, levé, portant un petit bâton]. Ce tiraillement se voit dans la posture entière de son corps, dans l’orientation des pieds en particulier, dans son vêtement, et encore dans son couvre-chef.

Le visage du Bateleur penche cependant très clairement vers la gauche et son regard est tourné vers la Terre : il reste, à cette heure, une potentialité encore non réalisée et qu’il s’agit encore pour lui de recevoir l’aide dont il a besoin, plutôt que de pouvoir généreusement exprimer son Soi dans le monde. Il lui faut aussi commencer par la Terre : rien de concret n’est possible, pour le Nouveau qu’incarne le Bateleur, sans commencer par le commencement : satisfaire les besoins matériels.

La main gauche du Bateleur, qui est celle du passé, tient le petit Denier, élément de la Terre, en bas de son buste, signifiant que tout enfant est d’abord le résultat d’une hérédité, mais aussi d’une éducation, d’un milieu. Mais il n’est pas que cela. La façon dont il va investir cette éducation familiale est le lieu de sa créativité, ce que symbolise la baguette hardiment levée dans la main droite, main de l’avenir. Le Bateleur appuie sa créativité symbolisée par la baguette sur les acquis génétiques et éducationnels, son héritage, mais pour l’incarner d’une manière singulière.Pinocciorq5o8

Non seulement Le Bateleur représente l’enfance du Tarot, mais l’activité enfantine par excellence qu’est le jeu. Le jeu est la plus libre des activités humaines [le jeu obéit à des règles arbitraires qu’il se donne à lui-même], et la moins efficace parce que la plus gratuite [le jeu n’a pas pour but de produire un bien, un service, mais d’imiter les activités des adultes]. Le Bateleur est le joueur du Tarot, et par là, il peut être aussi un illusionniste [avec La Lune et Le Diable par exemple] et c’est d’ailleurs le premier sens du mot « Bateleur » (le prestidigitateur des foires): il est celui qui fait semblant dans son abord des choses. Il peut donc représenter un trompeur et un menteur.

Mais, en même temps, Le Bateleur est le seul personnage qui présente tout ce qu’il possède, tout ce qu’il est, devant lui. Il a mis son âme sur la table. Il est, de ce fait, le moins caché, le moins trompeur des personnages. C’est le plus exposé. C’est celui qui, comme l’enfant, n’a pas appris à voiler ses émotions, ses sentiments, pour les faire cadrer avec la pudeur sociale. C’est une transparence et une fragilité.

La place du Bateleur dans le système du Tarot, fait en outre de lui le plus jeune des personnages du Tarot et c’est pourquoi il est, avec L’Amoureux, l’Atout-maître par excellence des Valets du Tarot qui représentent les enfants, l’enfance, l’immaturité. Les quatre symboles qui sont sur cette iconographie [denier, bâton, épée et coupe] sont en réduction [on a plutôt des balles, un petit bâton, des poignards et un gobelet], car ce sont des jouets. L’enfant-Bateleur s’amuse, avec des jouets qui sont des réductions de ce qui, dans le monde des adultes, porte l’identité et l’activité. Tout le Tarot se trouve devant le personnage du Bateleur sous une forme simplement esquissée pour signifier que nous n’en sommes qu’aux  potentialités et aux choix qu’il faudra faire pour les réaliser.

Le Bateleur est entièrement tourné vers lui-même. Situé au commencement du Système des Atouts du Tarot, il ne regarde personne, même si son regard penche vers la terre. Il incarne, de ce fait, l’égocentrisme de la jeunesse qui ne peut se consacrer à autre chose qu’à sa propre croissance.

Il lui manque beaucoup de chose pour atteindre la plénitude du Monde, mais principalement une famille attentive qu’incarne Le Jugement où l’on voit une mère et un père aimant leur enfant sous le regard bienveillant de l’ange. Le potentiel du Bateleur doit naître, advenir pleinement au Monde par l’amour attentif d’un Père et d’une Mère spirituels. Si vous tirez cet Atout, cherchez un appui extérieur, un protecteur et mieux encore, deux protecteurs.

Le Bateleur, en tant que Premier I, possède en effet la possibilité, unique, d’un déploiement parfait dans le Cycle de la Terre, ce que représente aussi la lemniscate de son couvre-chef qui forme un 8 horizontal. On pourrait y voir la représentation potentielle de deux Cycles : celui de la Terre et celui du Ciel, mais ce 8 reste allongé, il n’est pas encore dans la posture verticale qui pourrait incarner ce Ciel et cette Terre complète des Atouts du Tarot. A ce stade, la lemniscate du couvre-chef du Bateleur ne représente que les deux premiers Niveaux du Cycle de la Terre ([faisant un doublet de signification avec la prise en main du petit denier et du petit bâton] : celui de la terre (ou du féminin, correspondant aux Deniers et à l’élément terre) de la Terre qui correspond aux  aux cinq premiers Atouts, et celui du ciel (ou du masculin, correspondant aux Bâton et au feu) de la Terre qui s’incarne dans les cinq Atouts suivants.

De ce fait, il y a une résonance particulière entre Le Bateleur, La Force et Le Monde : le premier n’est encore qu’une énergie ayant devant lui tout son potentiel, le second [La Force] incarne la parfaite maîtrise du Cycle de la Terre, intégré en une individualité qui se connaît elle-même et s’imprime dans le monde, le dernier [Le Monde] incarne la totalité du potentiel du Bateleur dans une intégration parfaite, où les deux Cycles de la Terre et du Ciel sont unifiés dans le I de l’individualité. C’est un chemin d’individuation que commence donc Le Bateleur. Sur un plan spirituel, le Bateleur est donc l’Individu dans sa première forme, ce soi-même que chacun porte en soi dès la naissance et qui cherche à se réaliser dans le monde.

Quand Le Bateleur apparaît, il signifie d’abord le Nouveau, le Commencement ou le recommencement de toutes choses, mais aussi l’enfance, l’égocentrisme, l’égoïsme, l’immaturité, le jeu, l’illusion, le mensonge, le tiraillement, le choix, le potentiel, l’engagement dans la matière [et donc les métiers artisanaux, de production de biens matériels], la nécessité de commencer par le commencement, de satisfaire aux besoins matériels du projet, de concrétiser les choses.

bateleur-magicienEn relation avec le Niveau I du Tarot, Le Bateleur parle de l’enfance et du petit dernier, du monde de l’enfance et du jeu.

En relation avec le Niveau II du Tarot, Le Bateleur oriente vers le commerce de foire, parle de démonstrateur, de prestidigitateur, d’amuseur public, de présentateur télé, de vendeurs de jouets, de sorciers, de mages et magiciens. Il indique le commencement d’une activité, et l’énergie du commencement. Il parle de choix d’orientation qui reste encore multiple. Il oriente vers les métiers manuels, artisanaux.

En relation avec le Niveau III du Tarot, Le Bateleur est indicateur d’immaturité, et d’un excès de transparence, d’une exposition de ses émotions, de ses atouts presque impudique ou imbécile. A l’inverse, il est traditionnellement le personnage du mensonge et de manipulation, voire de magie noire.

En relation avec le Niveau IV du Tarot, Le Bateleur parle de la Création à son commencement, dans la pureté originelle d’une Nature parfaitement informée. Il parle des grands Mages de l’imaginaire mythique, de Gandalf le Gris. Dans la mythologie chrétienne, Le Bateleur est l’Enfant premier, l’humanité adamique, faite de glèbe, promise à la Renaissance spirituelle, et à devenir la Réplique du Divin.

Il représente ce Nouveau, tout petit, mais profondément créatif. Le Nouveau créateur qui n’oublie jamais que la Création est un jeu. C’est le grain de sénevé planté par Jésus de Nazareth, le germe du Nouveau Monde, la graine du Royaume des Cieux. C’est le Vin Nouveau, celui qui livre l’Ivresse divine.

C’est encore  »la voie du tout petit » découverte par Thérèse de Lisieux.

« Jésus leur proposa une autre parabole, et il dit : le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences ; mais, quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. » Evangile selon Matthieu, 13, 31-32.

 

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