La France en 2017

Tirage pour la France de 2017

 

Bonne année à tous !

L’an passé, à cette même époque, j’ai proposé un tirage pour l’année qui venait de commencer. Je vous propose cette année un nouveau tirage, qui suit une forme qui s’est imposée d’elle-même, suite à mes recherches sur le Tarot. 

Ce tirage suit l’organisation de l’Atout XXI, Le Monde, où cinq figures se répartissent dans la Carte, quatre de chaque côté, et une au milieu qui fait la synthèse. Comme le savent ceux qui suivent ce blog, les quatre Cartes réparties au quatre coins de l’horizon représentent quatre forces foncières de la réalité humaine : la matière et le corps en bas à gauche, force féminine et de nature Terre ; l’énergie et l’investissement sociétal et politique en bas à droite, force masculine et de nature Feu ; les épreuves et l’investissement intellectuel en haut à droite, force masculine et de nature Air ; et enfin les bénédictions du ciel, force féminine et de nature Eau, qui concerne la vie spirituelle et artistique en haut à gauche. Au centre se trouve l’Individualité réalisée dans sa plénitude. 

Voici le tirage tel qu’il s’est offert à nous pour la France de 2017 :

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Sur le plan matériel, financier, et de manière générale économique : la Reine d’Épée

Cela signifie clairement que la France est devant la nécessité absolue de régler ce qu’elle doit. Il ne sera plus possible d’engager de nouveaux emprunts à l’infini, de continuer à creuser le déficit monétaire au-delà des ressources mêmes de la nation. Désormais, la justice à laquelle la Reine d’Épée est liée va sévir. La Reine d’Epée est aussi inspirée par l’Atout XIII qui se trouve dans ce tirage, et comme par redondance, juste au-dessus d’elle.

Cela promet une année difficile, car la Reine d’Épée n’est pas du tout une femme douée pour le rire et le plaisir. C’est, dans la représentation symbolique du Tarot, une femme sévère, austère, car elle en a vu des vertes et des pas mûres dans le passé. C’est souvent une veuve qui a dû affronter la mort d’un aimé et survivre, ou une célibataire endurcie, qui a renoncé à donner la vie suite à des déceptions amoureuses. C’est toujours, cependant, une femme intelligente, cultivée, sage, et qui regarde droit dans les yeux, car sa lucidité et son intégrité sont sans failles. Dure avec elle-même, elle est dure avec les autres. Elle exige la rectitude et la droiture de ses partenaires professionnels, de ses amants.

On s’attend donc à ce que la France élise un honnête homme et qui fera ce qui doit être fait pour redresser le pays de son marasme économique et financier. La Reine d’Épée n’accorde pas facilement sa confiance, et si elle le fait, c’est en parfaite connaissance de cause. Attendons-nous à une grande exigence du peuple pour l’élection présidentielle, avec un refus radical de toute corruption et de toute mollesse. 

Je dirais donc que c’est une année de redressement ou un commencement de redressement qui nous attend. Et la pilule sera amère.

Sur le plan sociétal et politique : le 10 de Bâton

Ouille !!! J’ai envie de dire « travailler plus pour gagner moins » avec cette Carte qui manifeste un accablement sous le poids du travail. Là encore, on ne rigole pas cette année. On voit les Français courber le dos sous le poids des charges en tout genre. Je suppose que les impôts ne vont pas s’alléger, que le temps de travail non plus et j’irais même croire que tout cela va en s’aggravant. Il est probable que le temps de travail soit allongé, et que l’entrée dans la retraite soit encore repoussée.

Ce n’est pas une Carte de catastrophe, de batailles de rue, de guerre civile. Mais ce n’est pas non plus la joie et le carnaval. On entre dans une période où le poids de la vie va en s’alourdissant.

Les responsabilités internationales de la France risquent aussi de s’alourdir.

Sur le plan des épreuves et des vertus qui en ressortent : La Force

Premier Atout du jeu, et quel Atout ! C’est l’un des Atouts les plus bénéfiques du Tarot, un de ceux qui maîtrisent les As. Malheureusement il tombe dans l’espace dédié aux épreuves bien que celles-ci finissent par construire une grande vertu. Gardons en tête qu’un Atout reste toujours un Atout, quelle que soit sa place, et cela signifie toujours  une énergie qui peut, si on la joue correctement, nous faire gagner le jeu. 

La Force est le premier Atout du Niveau III, dédié par nature aux grandes épreuves de la vie, et c’est aussi une Carte qui indique une maturation et la maîtrise de ses potentialités, de ses impulsions, de ses énergies.

Placé dans la situation III, je dirais qu’il est probable que la guerre continue durant cette année 2017, avec son expression particulière, le terrorisme. D’autre part, il faut s’attendre à des rapports de force importants dans le monde sociétal et politique. 

Mais je n’ai pas envie d’être catastrophiste, parce que La Force est aussi la Carte du courage et de l’individualité née à elle-même et capable d’une grande maîtrise de soi. Est donc en jeu, là, l’autonomie de la France, son indépendance économique, financière, politique et internationale. 2017 pourrait bien être une année clé pour que la France retrouve sa dignité.

XIIISur le plan des bénédictions du Ciel : l’Atout XIII

Cette posture en haut à gauche du tirage est le don du Ciel, le don de l’ange à la France. C’est la mort qui est ainsi offerte à la France et pour ne pas désespérer, il faut bien se rappeler encore une fois que cet Atout est un Atout, même si c’est l’Atout central du Niveau III du Tarot dédié aux grandes épreuves de la vie.

L’Atout XIII annonce la fin de quelque chose, et la nécessité de faire table rase pour repartir sur de bonnes bases. Regardez la colonne vertébrale du squelette qui avance à grand pas en fauchant tout sur son passage : c’est un épi de blé. Ici, il prend la couleur du Ciel. L’épi de blé est le symbole d’une vie donnée pour le renouveau de la vie. C’est le sens de cette Carte majeure. 

Les Français ont donc un deuil à faire et un travail de renoncement. Il leur faut distinguer le superflu de l’essentiel, ne conserver que le squelette de ce qui fait leur nation dans son essence, et reconstruire une relation au monde qui soit au plus près de cette essence. Ce n’est pas facile, mais nécessaire.

Le Croisement des cartes opposées nous emmène vers la confirmation des rapports de force liés aux problèmes économiques et sociaux (La Force sur La Reine d’Épée) mais à terme une guérison de ce qui va de travail et une reprise en main. On voit aussi un arrêt portant sur l’excès de charges et de travail. Il y a un allègement promis pour le futur (Atout XIII sur le 10 de Bâton)… Mais pour quand, cela ne je ne le sais pas. 

l-amovreuxLa synthèse : L’Amoureux

Ayant deux Atouts dans ce tirage, j’ai opéré une addition numérologique pour obtenir l’Atout central au lieu de faire un tirage, ce qu’on est obligé de faire dans le cas où les Cartes sont uniquement ou majoritairement des Nombres et des Honneurs. (13 + 11 = 24) (2 + 4 = VI)

J’ai ici présenté l’Atout VI sous la forme du Tarot de Marseille, tant le Rider est éloigné du sens véritable de cet Atout, même si je le privilégie souvent ce Tarot, et par pédagogie, pour la justesse de ses interprétations en ce qui concerne les Nombres et les Honneurs.

L’Amoureux est souvent interprété comme l’Atout du choix, du libre arbitre. En réalité, c’est l’Atout d’un virage à 90 degrés dans la manière de vivre sa relation au monde et du tiraillement que ce virage implique dans un premier temps.

N’oublions pas, encore une fois, qu’un Atout est toujours un Atout. Cela signifie que, même s’il représente une difficulté, celle-ci à terme sera à notre avantage. L’Amoureux c’est l’Atout de l’adolescence, de l’âge qui fait l’intermédiaire entre l’enfance et la maturité de celui qui atteint l’âge adulte (non de celui qui en atteint la force majeure, ce qui est plutôt représenté, comme son nom l’indique, par La Force).

Ce tirage semble donc dire que La France, avec toutes ses qualités, avec son essence qui réside dans les droits de l’homme, dans les Lumières, dans la laïcité, dans son système de solidarité sociale, dans les plaisirs de la table et de la vie, etc. n’a jamais encore atteint l’âge adulte. Elle est restée infantile, notamment dans la gestion de ses ressources. Il s’agit désormais de faire preuve de maturité. Et tout est possible, parce que L’Amoureux annonce toujours cette évolution, aussi difficile soit-elle, parfois.

Par ailleurs, L’Amoureux est traditionnellement considéré comme l’Atout de la beauté, la beauté du Diable par excellence, celle de la jeunesse donc, mais aussi des réunions festives, des festivals donc, de la passion, de l’éros, du feu sacré de l’amour, des discussions publiques, des débats politiques… C’est donc une tonalité beaucoup plus positive qui termine ce tirage et qui rappelle que la France n’est pas un pays où le plaisir de vivre, le sens esthétique et un amour incontestable du luxe puissent se perdre, pourvu que cela se fonde aussi sur un certain sens des réalités. Pour revivre à ce niveau des jouissances et des réjouissances, il faut passer un cap durant lequel, manifestement, la France devra se serrer quelque peu la ceinture. Enfin, à terme, c’est une nouvelle jeunesse qui est promise à la France, un renouveau de ses forces vives et nous verrons que c’est par la jeunesse, cette fois, que le redressement pourrait bien se faire, en cultivant ses vraies passions (on pense entre autres aux innovations technologiques et l’importance et la dynamique de la France à ce niveau-là). 

En conclusion : le Tarot ne nous annonce pas un moment facile, bien au contraire. Mais il se pourrait aussi que 2017 marque un début de reprise en main de notre destin national. Nous verrons en mai, et au moment des élections, si les espoirs d’un redressement sont véritablement permis.

 Ajout du 8 mai 2017

Je trouve ce tirage bien représentatif de ce que la première partie de l’année nous a donné à voir.

Sur le plan financier et matériel, la Dame d’Epée incarne ce besoin émergeant mais impérieux des Français d’une intégrité morale dans toutes les dimensions de la vie publique. Des têtes sont symboliquement tombées ou en passe de l’être, des comptes sont exigées auprès de membres passés des gouvernements successifs en ce qui concerne les finances.

Sur le plan sociétal et politique  Le 10 de Bâton me semble décrire l’impression générale qui s’est manifestée à partir de janvier : le poids incroyablement lourd des affaires qui ont pesé sur les débats sur les présidentielles et cette multiplicité des révélations qui se sont succédées. Avec ce 10 de Bâton, croisait un Atout puissant : L’Atout XIII. La fin des affaires semble promise à la France de 2017. 

Sur le plan des épreuves et des vertus issues de ces épreuves, La Force me semble avoir désigné la présence de Marine Le Pen au second tour avec cette violence verbale dont elle a fait preuve au dernier débat avant l’élection d’Emmanuel Macron, et cela d’autant plus que La Force résistait à la justice qu’incarnait La Dame d’Epée qui croisait avec elle, Marine Le Pen refusant de se rendre aux différentes convocations qu’on lui faisait.

Et L’Atout XIII, La Mort, comme cadeau du ciel correspond au refus des Français de réélire les représentants du passé, et la nécessité, incarnée par notre nouveau Président de repartir de zéro, et de tout changer.

Enfin, l’Atout déduit de l’addition numérologique, L’Amoureux est incarné par notre jeune Président, pris entre deux Frances, ni à droite, ni à gauche, accueillant aussi bien des personnalités des deux bords, artiste dans l’âme, et manifestement inspiré. Si bien que j’ai pu prédire sans me tromper, sa réussite à l’élection présidentielle à ma famille et à mes amis, d’autant qu’il arrivait en dernier et comme maître du tirage, quand Marine Le Pen (La Force) était à la place des épreuves.

Enfin, L’Amoureux désigne une mutation à 90 degré et un changement radical dans la gestion de sa vie. Il me semble que c’est exactement ce que veut faire notre jeune Président de la République française. 

Bien évidemment, un véritable médium qui serait aussi un taromancien ou un taromancien qui aurait un don de voyance auraient pu, bien mieux que je ne l’ai fait en janvier, donner les orientations qu’allait prendre la vie publique en France. Cet exercice me semble mettre clairement en lumière les pouvoirs et les limites du tarot. 

Atout XVII- L’Étoile

L’Étoile

Atout XVII

Foi, mystère sacré, destinée

La Vierge aux grâces et au manteau étoilé

Chant des étoiles, bain de lumière stellaire

Intuition et clairvoyance

Simplicité d’être

Anima, féminité virginale et maternelle

Service, don, altruisme

Vulnérabilité, servitude et humiliation

 17 Etoilenuit

 

Le deuxième Atout du dernier Niveau du Tarot est l’un des plus beaux. Il s’agit de L’Étoile. C’est un Atout de la Nuit, du Mystère sacré, de l’Anima, de la féminitude dans son éternelle virginité. Il n’est pas faux de le considérer comme l’un des Atouts les plus bénéfiques du Tarot, « Atout de la chance pure » disent certains taromanciens, car cet Atout parle effectivement des Bénédictions du Ciel au même titre que tous les Atouts du 5e Niveau, celui qui exprime les émanations du Ciel et la possibilité humaine de les recueillir.

Etoile-viellevilleCertains pourraient s’étonner de cette interprétation qui fait de L’Étoile un Atout cosmique où est en jeu des émanations du Ciel puisque c’est un Ciel étoilé et non un astre qui émet des gouttes de lumières qui est représenté là. Mais le Ciel étoilé des rêves est un Ciel qui offre un bain de lumière, une onde stellaire, et un chant d’étoiles. Regardez le très inspiré Tarot Vieville et son interprétation de l’Atout XVII : un savant, certainement un astronome ou même un astrologue, est assis sous un ciel étoilé, où une immense étoile suinte des gouttes de lumière, à l’instar de La Lune et du Soleil. 

Le dernier Niveau du Tarot est en effet en relation harmonique avec les Coupes et l’élément Eau qui n’est pas l’eau terrestre, mais la rosée spirituelle, l’eau qui s’épanche du Ciel pour nourrir la Terre de sa spiritualité. Avec L’Étoile, nous avons le seul Atout qui traduit très clairement cette réception de la pluie stellaire, de l’onde divine, puisque la jeune femme possède deux vasques remplie de cette eau divine dont elle épanche le précieux contenu dans l’eau et le sol de la Terre.

L'Etoile-sforzaComme aucun autre Atout, L’étoile est, de ce fait, signification du destin ultime de l’être humain : faire le lien entre le Ciel et la Terre, devenir le Gardien et le Protecteur de la biosphère, créer et entretenir l’Eden, ce Jardin céleste et terrestre à la fois que seule l’individualité sainte peut en effet servir. L’Étoile est la Jardinière divine du Tarot. 

Si L’Étoile est à même de devenir ce Serviteur du divin (on la voit un genou à Terre, le genou droit et non le gauche : elle ne sert pas le Roi, le pouvoir politique, mais le divin lui-même), c’est parce qu’elle a renoncé aux expressions égotiques de son être. L’Étoile est une altruiste. Appartenant à la Verticale de l’altérité, elle ne représente le plus haut aboutissement. Après avoir porté l’altérité en soi avec La Papesse, après l’avoir aimé dans son exotisme avec Le Chariot, après avoir appris à supporter son oppression sans se perdre soi-même avec Le Pendu, L’Étoile a appris à Servir et à Aimer. Elle répand sur le monde le flux de sa compassion et de sa tendresse. 

Elle  fut libérée des obsessions égotiques et de la volonté de contrôle par La Maison Dieu. Nue, elle incarne la Simplicité sainte. Entièrement tournée vers la gauche, elle est Méditation et Prière dans son activité même. Elle est Marthe parce que Marie. Et cette oraison qui l’accompagne en tout ce qu’elle fait l’a conduit à l’acceptation la plus parfaite de son destin. Elle n’a nul besoin de le contrôler. Elle a acquis tout ce que Le Pendu a su comprendre de la réalité et désormais, elle a les mains libres pour agir en fonction de ses intuitions fulgurantes et profondes. Elle a la foi et celle-ci s’enracine dans sa confiance absolue dans sa mission sur Terre.

3e oeilLe corps de L’Étoile et son Moi ont été ouverts aux émanations célestes. Et en son être, pénètre les énergies stellaires, symbolisées par la Couleur bleu nuit, bleu presque Indigo, bleu du chakra du troisième œil qui donne la connaissance intuitive et même la clairvoyance. Ce chakra n’est ouvert que quand l’être humain accepte de s’en remettre entièrement à une destinée imprévisible et à sa bonne étoile. Il obtient alors la connaissance véritable. Il voit. Il a les yeux ouverts. Il sait. D’où cette représentation du chakra frontal par un oeil.

Le Serviteur du divin n’a plus jamais peur, n’est plus jamais humilié quoiqu’il arrive, n’est plus jamais en colère. Il sait que tout son être Sert la vérité, la connaissance, l’action juste, le bien. Il agit en étant les mains du Seigneur dans la tendresse, la compassion maternelle. L’Étoile est en effet l’Atout liant le virginal au maternel.

Écoutons ce que dit G. Romey des rêves de Ciel étoilé : « Un ciel de nuit bleue, plein d’étoiles, est un vaste manteau de mystère offrant au regard la contemplation de l’impénétrable. » Un tel rêve de nuit étoilée est rêve de musique des sphères, et les étoiles du ciel emmènent vers la foi, de laquelle la confiance en sa destinée est toujours l’expression la plus sûre : le Ciel étoilé, en effet, « rétablit un rapport de confiance avec le Mystère ». L’étoile toujours montre le chemin. Elle rend l’être à sa simplicité et lui ouvre la porte de la véritable liberté. On ne peut se tromper en suivant sa bonne étoile. Celle-ci ouvre le chemin et mène à la sagesse. C’est un symbole évident de Vénus, mais avant elle d’Ishtar, la Déesse mésopotamienne qui a inspiré l’image d’Ashéra, la Déesse compagne de Yahvé avant l’instauration du monothéisme hébraïque. Comme Ishtar, L’Étoile du Tarot a huit branches. Elle est le guide de tous les bergers et de tous les voyageurs.

En tant qu’étoile du matin et étoile du soir, L’Étoile est aussi ce qui fait le lien entre le jour et la nuit et, dans le Tarot, entre La Lune et Le Soleil qui vont suivre. Entre ces deux mondes et leurs valeurs opposées, elle est fille qui rend le flux des informations possibles. Elle éclaire Le Soleil des intuitions de la Nuit et de La Lune, et elle permet à celles-ci de s’exprimer dans le monde solaire de l’action et de la réalisation.letoile (1)

En acceptant l’imprévisibilité du devenir, expression de la liberté divine elle-même, le rêveur renoue avec la féminité de son âme, son anima. Et tout en lui devient onde : « L’étoile du rêve dit la Source primordiale et le flux de vie qui composent un destin. Elle est du monde de l’humide. Elle est eau, femme, animal. Sa lumière est une lumière qui baigne » rappelle encore G. Romey. Sa longue chevelure ruisselle sur son dos et rejoint l’eau de la rivière. Dans cette humidité féminine et spirituelle, elle a su recueillir l’eau stellaire pour la répandre dans la rivière (l’eau de la terre, les émotions) et sur la terre (les réalisations concrètes), et ainsi transformer la Tour en Arbre de Vie, et la verticalité humaine en verticalité qui entraîne la totalité du monde naturel dans ce lien entre le Haut et le Bas.

Mais bien sûr, L’Étoile bien qu’Atout merveilleusement béni, comporte des significations propres au Niveau III du Tarot, Niveau en lien avec les Épées et l’Air, Niveau des épreuves et des vertus humaines issues de ces épreuves. L’Étoile parle alors de la grande vulnérabilité d’une personne incapable de voiler ses intentions et sa bienveillance et qui se heurte aux manipulations, mensonges, et violences d’autrui. Si elle est protégée, elle est aussi en butte à de nombreuses épreuves qui l’a rapprochent du Pendu, son prédécesseur dans la Verticale des II. Serviteur du Divin, sa foi la protège alors de l’amertume et du désespoir. 

N’oublions pas aussi que le complémentaire de L’Étoile est L’Empereur : sans la réalisation concrète que représente ce dernier, sans la force mâle de celui qui impose sa loi au monde, L’Étoile reste dans les rêveries de la nuit et ne parvient pas à sortir de son seul élan spirituel. L’Étoile tend, si elle ne trouve pas en elle la force de son complémentaire L’Empereur, à rester une sorte de Pierrot lunaire, étourdi, un peu perdu dans le monde réel. Elle reste alors Marie, celle qui prie, sans parvenir à être Marthe, celle qui Sert dans le monde concret. 
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En lien avec le premier Niveau du Tarot, L’Étoile parle de la jeune fille éternelle, de ces femmes qui ne peuvent jamais sortir complètement de l’adolescence, de celles qui sont liées à leur Mère pour toujours, qui n’ont donc jamais d’enfants, dont le destin est d’être la tante parfaite, l’amie de sa mère, la femme enfant de son amant. Ce n’est pas une femme qu’on épouse ou alors c’est une femme qui ne peut évoluer vers la maternité. En vieillissant, elle reste lune éternelle vieille jeune fille. Elle est bien plutôt destinée à être la maîtresse d’un amant plus âgé. Pour advenir à la plénitude de son destin et sortir de l’état de jeune fille, il lui faut rencontrer Le Père et l’homme (par une psychanalyse ou en se mariant avec l’amant et en ayant des enfants).

En lien avec le second Niveau du Tarot, L’Étoile renvoie aux métiers liés à la féminité adolescente, mais aussi à ceux qui traitent de l’eau (travail sur les rivières et fleuves comme pénichiers), de la nature (agriculteur), des oiseaux (ornithologue par exemple). Les métiers de la nuit sont possibles aussi. L’art est en jeu parce que la beauté de la jeune fille renvoie aux peintures et sculptures.

cendrillonEn lien avec le troisième Niveau du Tarot, L’Étoile indique une période de grande vulnérabilité, un manque de souci des apparences, une trop grande transparence de soi. On ne sait pas se protéger. Il faut apprendre à revenir à La Papesse et à son message : savoir se préserver du regard d’autrui. 

L’Étoile renvoie aussi à une idéalisation coupée de toute réalisation. Il faut désormais passer à l’action.

Enfin, l’Atout XVII parle d’humiliations, de vexations, de blessures d’amour-propre, et souvent d’exploitation et de servitude.

Dans l’univers patriarcal qui fut celui de l’ère de Bâton et qui reste en partie celui de l’ère des Épées, les femmes sont toutes des Étoiles entrées dans une servitude, une humiliation, une non-reconnaissance de leur valeur terrestre et spirituelle invraisemblable. Ventres reproducteurs à la filiation des fils, servantes de leurs époux et de leurs fils, esclaves sexuelles, elles ont enduré une aliénation de leur féminité durant plusieurs millénaires.

Mais nous sommes en passe de quitter l’ère d’Épée et d’entrer dans l’ère des Coupes. Alors la féminité ne sera plus un poids et un enfermement, mais le moyen d’une révélation et d’un sacerdoce spirituel qui feront des femmes les guides des hommes, de leur fils, de leur frères, de leur compagnon de vie, de leur amant. Toutes alors seront proches de la Bien-Aimée du Cantique des cantiques. 

Les grandes vertus qui ressortent de ces longues épreuves et qui seront transmises aux hommes, ce sont l’humilité sans humiliation, mais aussi la franchise et la droiture sans exposition à un excès de vulnérabilité.

Mexico-ND-de-Guadalupe-vierge-gros-plan--2-En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, L’Étoile parle de l’âme humaine dans sa relation avec le mystère de sa destinée. Elle est aussi le symbole de la Vierge divine qui, dans la religion chrétienne a pris la forme de Marie, mais qui existe dans d’autres cultures. Ainsi, elle est Perséphone pour les Grecs, et Proserpine pour les Romains, cette Déesse essentielle aux mystères d’Éleusis. 

D’où cette désignation ancienne qu’on trouve aussi dans Convers par exemple : Le Toille. La Toile qui entoure le corps nu de la jeune vierge de l’Atout XVII n’est autre que le manteau étoilé de Marie. Cette jeune fille est, en tant qu’âme humaine, en tant que représentante du Féminin sacré dans sa virginité immaculée, l’éternelle Vierge qui est aussi la Mère divine la plus tendre. Toujours accompagnée de l’oiseau car il fait le lien entre le Ciel et la Terre, entre la vie, la mort et la renaissance, qu’il soit rapace noir dans les religions anciennes, colombe blanche dans la religion chrétienne. La Vierge sainte est celle qui offre au monde l’Eau céleste de vie, l’onde qui permet de revivre en accord avec sa destinée, l’onde qui sauve. N’oublions pas l’importance, pour les Apparitions de la Vierge Marie, de ce flux de grâces qui toujours se répandent de ses mains au monde. C’est L’Étoile éternelle de tous les Peuples. 17 Etoile

Nous avons privilégié le bleu nuit pour illustrer L’Étoile, mais nous voyons que le choix de Pamela Smith d’un bleu turquoise pour signifier le Ciel et le manteau de Marie est parfaitement légitime : cette couleur turquoise qu’on retrouve sur les Bouddhas et en Iran est le symbole de la guérison spirituelle et physique, ainsi que de l’amour inconditionnel qui sont les attributs de la Vierge Marie dans la vision chrétienne de la Mère divine. c’est aussi la couleur du ciel à l’aurore, quand l’étoile du matin, fille astrale, fait le lien entre sa mère, La Nuit-Lune, et son père, Le Jour-Soleil. 

Comment terminer ce petit moment passé avec L’Étoile sans offrir une prière à la Puissance féminine virginale et maternelle, et qui offre à l’humanité refuge, protection et consolation. L’Étoile est la médiatrice par excellence. L’énergie qui permet à  l’humanité de supporter le feu du Ciel pour en répandre la semence sur la Terre. 

Mère divine, Mère de tendresse et d’amour,

Étoile du matin et Étoile du soir,

Rose parmi les roses,

Guide, Protectrice et Bienfaitrice de l’humanité,

Sois infiniment remerciée pour le flux ininterrompu de  grâces que tu offres à l’humanité depuis toujours et pour toujours,

Ainsi que pour ton amour maternel miséricordieux.

Libère l’humanité de la guerre, de la corruption, des effets pervers de la mondialisation et de la finance, de l’injustice, de l’envie, de la maladie, du désordre climatique, de ses causes et de ses effets. De l’obscurantisme, tout comme du manque de foi et de spiritualité. Ainsi que de tout ce qui l’accable.

Ouvre maintenant le coeur de tous les êtres humains à l’Esprit saint de Jésus et au flux de tes grâces.

Que chacune et chacun connaisse et accomplisse sa mission sur Terre dans la joie, la santé et le bonheur et la bonté !

Que chaque peuple soit heureux de former avec tous les autres cette humanité une, et arc en ciel, que tu désires !

 

 

 

Les quatre Niveaux des Atouts

Les quatre Niveaux des Atouts

Structure du Tarot en 4x5

Il y a de nombreuses façons d’organiser l’ensemble que représentent les Atouts du Tarot, la plus en usage chez les taromanciens, c’est l’ensemble de 3 x 7 qui s’imposa à partir de la vision de Court de Gébelin.

Tarot en trois étapesCourt de Gébelin est le grand redécouvreur de la signification ésotérique du Tarot. Voyant ce jeu qui faisait fureur dans la France du XVIIIe siècle, il reconnut dans les iconographies l’enseignement qu’il avait reçu dans la loge franc-maçonnique à laquelle il appartenait. Il vit alors, pour la première fois depuis deux siècles, dans le Tarot, une représentation initiatique. Mais son imagination en fit le Livre perdu du Dieu Thot qui aurait transmis un savoir secret qui viendrait de la nuit des temps et du divin lui-même. C’est tout naturellement que Court de Gébelin rangea les Atouts en ces trois Niveaux du réel qu’on lui avait appris à considérer dans cet enseignement : matériel, pour le premier Niveau, rationnel pour le second, et spirituel pour le troisième.

Cette structure en III Niveaux n’était pas totalement absurde ni dénuée de fondements, notamment parce que le Tarot est constitué de 3 sortes de Cartes (Atouts, Honneurs, Numérales). Mais elle a mis beaucoup de confusions dans le Tarot, et Court de Gébelin a fait ce que la plupart des Taromanciens continuent de faire de nos jours, et qu’ils ont fait durant plus de trois siècles : étudier le Tarot avec d’autres choses que le Tarot lui-même, inventer une généalogie mythique qui empêche de considérer la véritable histoire du Tarot et ses vraies raisons d’être.

Enfin, cette Structure en Trois Niveaux a pour principal méfaits de rendre invisibles les Cinq Verticales du Tarot, cinq chemins spirituels humains, qui sont l’une des plus importantes clés de compréhension du Tarot comme chemin initiatique et histoire mythique de l’humanité.

Si donc nous sommes reconnaissants à Court de Gébelin d’avoir eu l’oeil sur ce Tarot, ses analyses ont entraîné beaucoup d’erreurs, et un long temps d’errance sur le sens véritable du Tarot.

En réalité, le Tarot a été inventé au début de la Renaissance, en Italie, quand les penseurs se libérant de l’emprise absolue qu’avait eu sur eux la Religion chrétienne, se nourrissaient de philosophie grecque, et particulièrement de Platon ainsi que de sa mythologie pour proposer la vision d’une initiation humaine qui ne concernait pas que les Adeptes de l’Alchimie mais retraçait l’histoire même d’une humanité en voie de spiritualisation.

Tout dans le Tarot, pour peu qu’on veuille bien le considérer comme un TOUT autonome qui n’a nul besoin d’être éclairé, ni surtout écrasé sous une autre Tradition (égyptienne, franc-maçonne, kabbalistique, astrologique, numérologique…) nous conduit à cette structuration en quatre Niveaux entourés par Le Mat, l’Atout du Tohu-bohu initial, et du Monde, l’Atout de l’Organisation parfaite du Monde.

Ainsi, le jeu de Tarot qui a transmis, à travers les âges ce Livre initiatique à l’insu des joueurs eux-mêmes, a pour règle de distribuer les Cartes cinq par cinq. Et pour le cas où les joueurs auraient eu l’idée de transformer les règles inventées par les Philosophes créateurs de la Renaissance, ceux-ci ont émaillé les Noms donnés aux Atouts de V, en remplaçant, dans des Atouts stratégiques, les « u » des Noms » par des « v ». Or le « v » est l’écriture du cinq en nombres latins. C’est comme si les Créateurs du Tarot nous disaient sans arrêt : « n’oubliez pas cette distribution des Cartes cinq par cinq, ouvrez les yeux sur la série des V Verticales du Tarot).

En outre, cette distribution cinq par cinq donne une grande satisfaction visuelle au spectateur : on voit alors clairement les Atouts de la famille en Niveau I, les Atouts de la sociabilité en Niveau II, les Atouts des épreuves et grandes vertus en Niveau III, et enfin, tellement visibles, les Atouts de la rosée spirituelle, en Niveaux IV où chaque Atout présente une émanation du Ciel et de la Terre, reliant ces deux mondes.

Or, ces quatre Niveaux sont aussi en harmonie avec les quatre Couleurs qui organisent les autres Cartes du Tarot, restituant un Tout souvent méprisé par les taromanciens qui ne savent pas que faire des autres Cartes du Tarot, se concentrant uniquement sur les Atouts, mais avoir compris le sens profond que la Structure du Tarot donne à chaque Atout.

 

Niveau 4 du TarotLe Niveau IV incarne la rosée spirituelle, quand l’humanité se fait réceptacle de la Lumière divine sous ses cinq formes. Il est en harmonie avec les Coupes du Tarot et l’élément Eau.

Niveau III du TarotLe Niveau III représente les énergies des grandes épreuves de la vie et des grandes vertus qui en découlent. Il est en correspondance harmonique avec les Épées et l’élément Air du Tarot.

Niveau II du TarotLe Niveau II représente les énergies de l’investissement sociétal et dès lors les identités sociales adéquates au Moi. Ce Niveau est en profonde harmonie avec les Bâtons du Tarot qui représentent les incarnations sociétales, ainsi qu’avec le Feu (qu’initie le petit Éros de L’Atout VI).

Niveau I du TarotLe Niveau I représente les énergies de l’amour familial et dès lors les enveloppes psychiques familiales qui permettent la construction du Moi individuel. Ce Niveau est profondément en accord avec les Deniers qui représentent les identités matérielles de l’individu (ses possessions, son habitat, son héritage, etc.). C’est le Niveau de la Terre.

Chaque Niveau représente une étape essentielle à la construction du Moi individuel, mais aussi à la construction d’une Humanité spirituelle. Impossible de bien réussir dans la vie sans avoir les assises familiales adéquates, et tout psychanalyste le sait, aucune compensation sociétale d’une défaillance familiale n’est profonde. Impossible de s’élever dans le Ciel du Tarot sans avoir enraciné ses pieds dans le sol de la Terre du Tarot. Et toute envolée qui conduirait à nier la Terre est aussi fausse et malfaisante que possible. Impossible de rencontrer le Ciel du Tarot sans subir les grandes épreuves de la vie qui peuvent détruire le Moi ou s’élever en grandes Épreuves spirituelles qui creusent l’Appel du Ciel en l’individu. Alors, une pluie de rosée spirituelle, de grâces en tous genres s’épand sur la Terre.

lemondeEnfin, notons que chaque Niveau a sa place dans Le Monde, l’Atout intégratif où l’Individualité humaine comprend en elle, exactement à sa juste place, ces quatre Niveaux :

- le premier Niveau est représenté par la Vache nourricière et terrestre qui se trouve en bas à gauche

- le second Niveau par le Lion sacré en bas à droite

- le troisième Niveau par l’Aigle royal en haut à droite

- le dernier Niveau par l’Ange féminin, en haut à gauche.

Le mouvement est celui, propre au Tarot, et révélé par La Roue de Fortune.  C’est celui qui va du féminin matériel au masculin matériel, du masculin matériel au masculin spirituel, et du masculin spirituel au féminin spirituel, ou encore des Deniers aux Bâtons, des Bâtons aux Epées, et des Epées aux Coupes. On peut aussi désigner cette voie comme celle qui mène de la Terre au Feu, du Feu à l’Air et de l’Air à l’Eau, les éléments Féminins encadrant les éléments Masculins. 

Atout XIIII-Temperance

Tempérance

Atout XIIII

Angélisme et brutalité de l’idéalisme

Gnosticisme, vouloir faire l’ange et faire la bête

Idéal tempéré par le réalisme

Partage, échanges, amitié, respect mutuel

Fraternité universelle

 

Temperance-Jodo

 

S’il y a un Atout mal compris, c’est bien Tempérance dont on ignore la situation au sein du Système en 4 x 5 du Tarot, et dès lors qu’il est au croisement d’une Verticale mâle et d’un Niveau dédié aux épreuves et aux grandes vertus spirituelles qui en sont issues. 

Verticale des IIIIComme le manifeste déjà  appartenance à la Verticale des IIII, Tempérance qui n’est pas « La Tempérance » représente un ange de nature masculine, faisant de lui un élément d’une mâlitude archétypale qui réunit L’Empereur, L’Hermite, et Le Soleil.

La lecture d’une iconographie pourtant très claire s’obsède habituellement du seul fait qu’il s’agit d’un ange qui mélange deux types de fluides, pour en tirer toutes sortes d’interprétations qui ne sont que partiellement justes car elles ne  tiennent compte ni du fait que cet ange ailé ne rayonne pas, alors que c’est le cas de tous les autres anges du Tarot, ni qu’il ne vole pas alors que, de même, le vol ailé caractérise la situation ou l’action des trois autres anges du Tarot et qu’on trouve en Atouts VI (L’Amoureux), XX (Le Jugement) et XXI (Le Monde). L’absence de rayonnement et de vol montre bien qu’il ne s’agit pas du tout, dans cet Atout, d’une inspiration divine, mais d’une attitude humaine qu’il faut donc décrypter, en n’oubliant pas l’appartenance à ce troisième Niveau du Tarot et qui est en relation harmonique avec les Épées, Cartes des épreuves avant d’être celles des grandes vertus spirituelles.

Loin d’être cet Atout  si tranquille et serein que certains tarologues et taromanciens ont vu en lui l’expression principale de « vacances », ou cet Atout uniquement positif de l’équilibre et de la mesure, il incarne d’abord une des plus grandes épreuves que doit vivre l’humanité avant de s’éveiller à la rosée du Ciel, une épreuve plus difficile que celles de la violence (Atout XI), de l’impuissance (Atout XII) et du deuil (Atout XIII), mais moins difficile que celle qui est liée au Diable : l’aliénation en toute conscience. Tempérance, parallèlement, promet une vertu supérieure au courage (Atout XI), au renversement des perspectives (Atout XII) et au détachement (Atout XIII), bien que moins essentielle que la lucidité que promet Le Diable.

Le nom de « Tempérance » ne fait que désigner du doigt la vertu qu’il faut cultiver quand cet Atout est en question. Mais ce mot de Tempérance a au moins une autre signification : il devrait, aussi, être entendu dans la langue des oisons en usage chez les alchimistes du XVe siècle qui a vu naître le Tarot : Tempérance est le temps de l’errance, c’est-à-dire un temps long de l’erreur, et une erreur de laquelle l’humanité gargouilles_Notre-Damea bien du mal à se sortir, parce qu’elle ne ressemble pas à une erreur mais, au contraire, endosse l’habit de la spiritualité, l’habit de l’ange.

Quelle épreuve et quelle errance peut ainsi rectifier, cette vertu de tempérance, qu’est aussi l’Atout XIIII ?

C’est l’iconographie qui nous l’apprend : il s’agit pour celui qui veut faire l’ange de garder les pieds sur terre et de mettre de l’eau dans son vin. Il y a un proverbe français qui est admirablement illustré par Tempérance : « qui veut faire l’ange fait la bête ». C’est l’angélisme ou son extension : l’idéalisme, que représente d’abord Tempérance, deux tendances dangereuses pour l’être humain en chemin spirituel car elles conduisent à des excès et même un extrémisme. Cet angélisme et cet idéalisme sont particulièrement en jeu dans les idéologies religieuses, mais on les voit à l’œuvre dans les activités politiques et humanistes. Ainsi, si l’islamisme fondamentalisme qui ravage notre monde est né d’un idéal religieux, l’idéalisme communiste et athée fondé sur une volonté de justice et un idéal de d’égalité a abouti, préalablement et au cours du XXe siècle, à l’un des pires totalitarismes historiques.

Il est éclairant de considérer la Carte complémentaire de Tempérance, le Chariot, pour comprendre l’Atout XIIII : l’idéalisme peut être aussi violent qu’une conquête, qu’une forme de colonisation. Et c’est souvent en son nom que ces dernières sont entreprises. Ainsi, répandre une religion ou un idéal humaniste ont donné bien des excuses aux colonialistes des temps passés.

A l’heure actuelle, nous vivons l’épreuve conjointe, à la fois, de Tempérance et du Diable, et dans leurs milieux naturels respectifs si on peut dire : le milieu religieux fondamentaliste pour Tempérance et le libéralisme économique pour Le Diable. Le terrorisme islamiste fait, en effet, pendant aux excès issus d’une mondialisation libérale qui instrumentalise l’humanité à la recherche du seul profit d’une élite commerçante soumise à un but purement égoïste, celui de la richesse. Mais l’espoir m’anime, car Tempérance et Le Diable sont les deux derniers Atouts avant l’ouverture aux Atouts cosmiques. Nous sommes au plus important tournant de toute l’histoire de l’humanité : où bien elle se détruit, ou bien elle se métamorphose avec l’Atout suivant : La Maison Dieu.

Pour en rester à la partie qui concerne Tempérance, rappelons que le terrorisme islamiste est né dans le sol angélique d’une des religions les plus généreuses qui soient, où l’orphelin et le pauvre sont en particulier traités avec une grande bonté. Les terroristes islamistes, comme tout terroristes, sont des idéalistes qui veulent « sauver le monde » de ses péchés et de ses turpitudes par des actions considérées comme des moyens certes mauvais, mais nécessaires. Or, aucun idéal ne peut, en réalité, justifier l’injustifiable.

Krishnamurti est à mes yeux le philosophe et la personnalité spirituelle la plus consciente des méfaits de l’idéalisme, aussi il ne faut pas s’étonner si l’essentiel de son enseignement incarne, mieux qu’aucune autre philosophie, la sagesse du Diable : seul, affirme-t-il, celui qui a pris conscience de l’aliénation que représentent les religions, les croyances, les idéologies de toutes sortes, y compris de l’humanisme, a les yeux ouverts sur la réalité de la condition humaine. Pour Krishnamurti, il faudra bien qu’un beau jour, l’humanité commence à Voir le réel tel qu’il est et acquiert cette lucidité promise par l’Atout XVKnishnamurti. Autrement dit, il faudra que l’humanité dépasse le stade représenté par Tempérance et cela implique l’acceptation des valeurs positives du Diable tarologique.

L’idéal, affirmait Krishnamurti constamment lors de ses nombreuses causeries, c’est « quelque chose qui n’est pas ». Ce n’est pas le réel. C’est une négation du réel, un refus du réel qui comportent de grands dangers. A vouloir faire plier le réel sous son idéal, on le maltraite et parfois à l’extrême. Les camps de concentration, les génocides, les tortures, les viols, les meurtres sont nés et continuent de naître d’un idéal qui, pour se réaliser, emploie des méthodes pires que les souffrances qui l’ont fait naître. C’est pourquoi, pour Krishnamurti, « l’idéal est une brutalité ». Aucun idéal ne trouvait grâce aux yeux de Krishnamurti, pas même celui de la non-violence, alors en vogue en Inde. Car ce n’est pas en cultivant un idéal de la non-violence qu’on peut se débarrasser de la violence dans le monde, mais selon Krishnamurti en embrassant la violence, elle-même, dans une vision lucide et compatissante.

A cause de l’idéalisme, de l’angélisme qui sont des façades de bonté et d’amour altruiste, je me sépare d’autrui, affirmait encore ce sage et mystique que fut Krishnamurti, je m’oppose à lui, à ses besoins, à sa vision. Drapés dans leurs rôles de prédicateurs, les idéalistes sont “les diviseurs inconscients du monde”. Or la division, la séparation, la violence qui en découlent sont exactement ce le sens que porte le mot « diabolique », ce qui nous envoie directement à l’Atout suivant.

L’une des formes les plus concentrées du danger que représente l’idéalisme se trouve dans le gnosticisme qui a infesté toutes les religions, mais aussi bien les philosophies existantes, même si les gnostiques proprement nommés représentent aussi une secte chrétienne des IIe et IIIe siècles de notre ère et donc un espace culturel restreint.

L’âme gnostique dans ses caractéristiques éternelles est constituée d’un dégoût profond pour la matière, pour le monde réel, pour la nature qui se traduit par une haine des femmes, de la sexualité, de la chair sous toutes ses formes et d’une aspiration à un autre monde, transcendant, pur, dénué de toute souffrance, de toute violence, de tout péché. Ce rêve d’un monde parfait transcendant qu’on trouve dans la poésie de Baudelaire par exemple conduit à renforcer la haine du monde qui l’a fait naître. C’est cet idéal d’un paradis parfait qui motive les djihadistes. Se détourner émotionnellement de la seule réalité existante, parce qu’on la juge mauvaise et la mépriser au nom d’un monde parfait, probablement purement imaginaire, irréel mais qu’un prophète ou gourou quelconque a proposé à l’imagination de ses troupes pour motiver leur ardeur combattive, c’est faire preuve de folie, d’immaturité, de bêtise sans fond. Car le bonheur réel n’est possible que sur terre, ici et maintenant, et pour l’atteindre il faut commencer L'âme qui s'envole vers l'Idéal Transcendant-janmot-idealpar aimer ce qui est.

Ce mépris gnostique, ascétique, angélique du réel, de la nature, de la sexualité qu’on trouve dans la religion chrétienne, dans la philosophie platonicienne, dans la religion musulmane, dans le bouddhisme, etc. est inférieur, en terme d’évolution spirituelle, à l’amour passionnel et aliénant de ces mêmes réalités que représente Le Diable et c’est pourquoi l’Atout XV incarne un stade plus évolué que l’Atout XIIII. Et c’est pourquoi l’ange de Tempérance précède Le Diable de l’Atout XV.

L’iconographie de l’Atout XIIII invite donc à mettre de l’eau dans son vin, et si je dois traduire ce proverbe à partir de son iconographie, du réalisme dans son idéalisme, c’est-à-dire à garder les pieds sur terre. Alors les plus belles qualités de Tempérance se manifeste : celui est mû par un idéal tout en restant conscient des difficultés de ce monde et des nécessaires accommodements à la réalité qu’il doit accepter… devient modéré, sage, tempéré, tolérant, respectueux d’autrui. Il est foncièrement l’ami de tous les autres, et sa posture est celle d’un frère en humanité partagée.

Dès lors, le lien à la complémentaire, Le Chariot, se comprend dans un tout autre sens que celui que nous avons évoqué : le partage dans le respect mutuel est le moyen propre à une humanité réalisée pour découvrir de nouveaux domaines d’exploration. Don et contre-dons enrichissent alors tout le monde sans que personne n’ai rien à perdre.

Il est donc juste de faire de cet Atout, l’image de l’amitié, de la fraternité. Et de fait, il appelle l’Atout qui lui est supérieur dans la Verticale des IIII : Le Soleil où cette fraternité va jusqu’à la gemellité. Avec Tempérance, il y a partage, échange de dons et contre-dons mutuels, de services et d’écoute, et de confidences qui placent les deux personnes, aussi différentes soient-elles par leur genre, leur statut et leur place dans la société, dans la plus parfaite égalité.

Les flux qui se mélangent dans Tempérance sont ceux de la Terre et du réel (rouge et gauche) et du Ciel (bleu et droite), mais aussi du masculin (bleu) et du féminin (rouge), rappelant que l’Atout XIIII fait partie de la Verticale des IIII où il est question de mâlitude : tout de même qu’aucun être humain en chemin spirituel ne peut accéder au Ciel de son être sans accepter son ombre, aucun homme aussi masculin masculin soit-il ne peut vivre sa mâlitude sans avoir accepté sa propre féminité, son anima. Et cette anima est clairement marquée par la fleur qui se trouve au front même de l’ange dans l’iconographie du Tarot de Marseille. C’est l’équivalent, dans cette Verticale du IIII, de La Justice qui, au sein de la Verticale des III représente une incarnation féminine fortement masculine et qui vise le même équilibre qu’on retrouve en Tempérance.

Les deux flux relient deux vasques, l’une en bas, l’autre en haut, mais en montant d’un côté et en descendant de l’autre côté. Ils désignent donc la parfaite égalité des eaux des deux flux. Avec Tempérance, les valeurs de la Terre sont en parfaite égalité avec les valeurs du Ciel. Elles ne sont pas oubliées au nom d’un idéalisme écrasant. Elles sont respectées, et même transfigurées en valeurs célestes, tout comme ces dernières descendent dans la terre en s’incarnant dans le réel.

Tempérance-RiderLes concepteurs du Tarot ont tous été conscients de cette Verticale des IIII qui lie L’Empereur, L’Hermite et le Soleil à Tempérance sous l’égide du nombre quatre. Aussi ont-ils tous, d’une façon ou d’une autre, inscrit Le Soleil dans l’iconographie de Tempérance, l’Atout le plus près de lui au sein de cette Verticale. Dans le Tarot Conver, l’ange de Tempérance porte le Soleil sur la poitrine, moins un quart, et quatre quarts en décoration en dessous, signalant clairement à la fois cette Verticale qui est celle de la mâlitude et qu’avec Tempérance on s’approche du Soleil, même s’il en manque encore un morceau. Dans le Tarot Rider, le Soleil porté au front par l’ange se lève aussi derrière les montagnes.

Que signifie encore cette présence de Tempérance au sein de cette Verticale des IIII au sein des Atouts du Tarot ? Que sans l’amitié, le pouvoir paternel de L’Empereur est tyrannique. Que sans l’échange d’informations entre le maître et les disciples, l’enseignement de L’Hermite ne peut réaliser sa destinée socratique où le maître apprend autant des disciples que ceux-ci du maître. Que sans la parfaite égalité d’amour du Père pour les fils, le Soleil ne peut brûler l’envie qui ravage la relation des frères et des amis.

Quand on rencontre Tempérance dans un tirage, cet Atout indique toujours qu’il faut mettre de l’eau dans son vin, et revenir à une conception plus réaliste des choses. I Il invite à ne pas se laisser emporter par l’intransigeance de ses idéaux et à rester attentif aux vrais besoins d’autrui. Parfois, encore, il conduit ceux qui, dans la gent masculine pourraient affirmer trop vigoureusement leur mâlitude, avec un côté macho inadéquat, à découvrir leur propre féminité, afin que leur véritable masculinité soit équilibrée. Alors, ils pourront être amis avec les femmes, parce qu’une part d’eux pourra s’identifier à leur vision féminine du réel. Mais surtout, Tempérance est une invitation à traiter autrui comme son égal en toutes choses, condition pour que l’amitié et de véritables échanges soient possibles, ouvrant l’interprétation à l’amitié où les partages et les échanges sont centraux.

Dans tous les cas, Tempérance apparaît quand il y a un excès dans ses affirmations identitaires et rappelle que la voie spirituelle n’est possible que par la culture d’un équilibre en toute chose, car toute vertu n’est qu’un moyen terme entre deux excès. Il invite tout un chacun à échanger son point de vue avec celui des autres en respectant ces derniers, ce qui ne signifie pas qu’il doit, pour autant, tout accepter. Car l’inacceptable au regard d’une éthique du respect reste l’inacceptable. Respect d’autrui et tolérance sont donc les vertus qui, alors, rayonnent à travers Tempérance qui est bien autre chose que la culture que cette diététique alimentaire que certains voient, presque exclusivement, en cet Atout XIIII.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, Tempérance parle de la fratrie et, secondairement, de la sororité, mais aussi de l’ami intime, du confident.

En lien avec le second Niveau du Tarot, Tempérance évoque les métiers en lien avec les liquides (barman, batelier sur rivières et fleuves, etc.), les métiers de la communication, y compris dans le soin (thérapeute par la parole, par les fluides) ainsi qu’aux métiers de la médiation (conciliateur).

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, Tempérance désigne les excès de l’idéalisme, de la religiosité, de l’ascétisme, le mépris de la chair, mais aussi une ambivalence mal gérée dans l’identité sexuée. Mais ce Niveau est aussi celui de la conquête de la vertu de tempérance, de la modération, de l’aptitude au dialogue et au respect de la parole d’autrui.

l'homme à bébéEn lien avec le quatrième Niveau du Tarot, Tempérance parle d’équilibre intérieur, de tolérance, de respect d’autrui, de justice, d’égalité fraternelle, d’amitié humaniste et de fraternité universelle, mais aussi d’équilibre parfait entre animus et anima et dès lors, plus particulièrement et en lien avec la Verticale des IIII, d’hommes qui s’affirment dans leur masculinité sans avoir besoin de jouer les machos, d’hommes modernes finalement, ce qui montre qu’on est bien, actuellement, dans la construction d’une humanité proche de la fin du 3e Niveau, proche dès lors de l’explosion de souffrance ou de joie spirituelle que représente, dans un cas ou dans un autre, l’Atout XVI.

3-liberte-egalite-fraterniteTempérance, enfin, est par excellence et dans ses valeurs les plus élevées, l’Atout de la France dont deux de ses devises essentielles s’incarnent comme principes fondateurs de la nation. Regardez aussi l’équilibre des flux bleus et rouges, et comment le blanc de l’ange unit les deux autres couleurs, le rouge de la Terre et le bleu du Ciel. Tempérance est un Atout qui possède le pouvoir de nous élever jusqu’au Soleil, pourvu qu’on intègre l’importance de la chair ce qui est le travail du Diable, l’Atout suivant.

 

L’Atout XIII

L’Atout XIII

La Mort

Coeur de toute grande épreuve et de toute grande vertu

Deuil

détachement, transmutation, ascèse

 13-arcane

Verticale des IIIL’Atout XIII est profondément lié à l’Atout III dont elle est la décade supérieure. L’Impératrice est en effet l’Atout de l’accouchement, de la femme qui donne la vie à l’enfant et le soutient de son amour maternel. L’Atout XIII est l’Atout qui enlève la vie, qui tranche bien plus radicalement que ne l’a fait, préalablement La Justice, dans cette Verticale des III, Verticale dédiée à la femme, à la nature et à la vie. C’est le temps du détachement radical, obligatoire, forcé qui conduit à passer son chemin en laissant derrière soi, tout un monde de relations, projets, créations, d’activités (que symbolisent les mains qui sortent du sol), d’honneurs (la couronne sur la tête coupée), de cheminements (le pied coupé), de constructions (les os) et de réalisations (les feuilles) etc. et qui n’ont plus lieu d’être dans sa vie.

Sans la mort, la vie n’est pas possible. En quelque sorte, la mort est l’un des visages de la vie sans laquelle la naissance, la croissance et l’épanouissement des êtres vivants ne serait pas possibles. Imaginez un monde d’êtres vivants sans mort. Impossible ! La surpopulation aurait vite fait de réintroduire ce que notre imagination avait exclu. C’est pourquoi, tout en haut de cette Verticale des III, vie et mort sont unis par La Lune qui possède en effet deux maisons liées, dans la nuit : la maison de la vie et celle de la mort. Toutes les Déesses lunaires antiques, Hécate en particulier, mais aussi les grandes déesses de toute culture, comme Durga ou Kali en Inde,sont déesses de vie et de la mort, représentation féminine du pouvoir divin de la Nature.

Epi de bléDans l’iconographie du Tarot de Marseille, il ne faut pas rater la colonne vertébrale en épi de blé de la grande faucheuse : l’épi de blé est, dans sa symbolique, l’expression de ce lien entre vie et mort qui est l’essence de cet Atout. En tant qu’il nourrit la vie, le blé est en effet le symbole de l’épanouissement vital, mais il est moissonné et dès lors il est sacrifié à cette vie qu’il nourrit. Il est aussi promesse de renouvellement perpétuel de la vie. Voici ce que dit le Dictionnaire de la symbolique de G. Romey au sujet de l’épi de blé : « Vie, le blé est la mère, génération, abondance, multiplication, prolifération. Mais les cycles de la vie comprennent la mort. Le grain nourricier ne peut se réaliser que par le sacrifice. »

La Mort est l’Atout de la quintade supérieure de la Justice, l’Atout VIII. C’est qu’elle représente la plus grande Justice de la vie, dans le traitement radicalement égalitaire qu’elle octroie à tous : nul n’échappe à la mort et nul ne peut prévoir sa propre mort sauf à se suicider. C’est ce qu’on peut voir dans l’iconographie de l’Atout : femme, homme, roi ou roturier, jeunes sont atteints par la grande Faucheuse, au même titre que les vieillards qui sont ses proies les plus évidentes.

Sur le sol noir de l’Atout XIII, des parties du corps humain sont détachées les unes des autres, émergeant encore de la terre. Ce sont les restes d’un passé qui agissent encore sur son humeur, ses émotions, ses pensées. Car le temps de cette Carte est le temps du deuil : quelque chose se termine, une étape est en train d’être franchie qui rend caduques les vérités et les manières d’être et de s’investir dans le monde d’hier sans néanmoins les avoir complètement digérées comme passées et dépassées. Une souffrance, une colère même que représente bien la marche à grands pas du grand squelette, sont à vivre avant que la digestion de la terre, l’oeuvre au noir des alchimistes, fasse de ce qui était vivant hier, devienne l’humus fertile de demain, et c’est pourquoi l’herbe déjà pousse de nouveau sur ce sol noir de la mort.

Le fait que la Carte complémentaire de l’Atout XIII soit La Justice rappelle aux tarologues qu’il ne s’agit pas d’être excessif dans la négation de son être, et de rester indéfiniment, comme le squelette de l’iconographie de l’Atout XIII, dans un amoindrissement de toutes ses affirmations propres. Il s’agit d’apprendre à faire de la place à l’autre, mais sa propre place ne doit pas s’effacer. Le but de L’Atout XIII n’est pas la négation de soi, mais de trouver sa juste place.

Quand cet Atout entre dans le jeu d’un consultant de taromancie, il indique toujours la fin d’une étape importante de sa vie. Quelque chose est en train de se terminer, et doit être digéré pour qu’on puisse rebondir. C’est la promesse d’une renaissance par une métamorphose profonde de soi et de sa vie qui ne pourra être tenue que si l’on accepte de faire son deuil du passé. Cet Atout qui appartient au Niveau III du Tarot, celui des grandes épreuves, mais aussi des grandes vertus de l’humanité, celui qui inaugure le Ciel des Atouts du Tarot, transforme les émotions liées au deuil (déni, colère, désespoir, tristesse) en une acceptation, un détachement, un lâcher-prise qui accompagnent une grande étape de la vie spirituelle humaine. Et cette transformation, même si elle prend son temps, avance à grand pas : la mort sur l’Atout XIII est entièrement tournée vers la droite, l’action et l’avenir. Elle se détourne définitivement du passé, et ferme une porte, tout en nourrissant l’avenir des restes digérés du passé. En cela, L’Atout se distingue complètement de la Carte numérale du 10 d’épée qui ferme une page, marque la souffrance de cette fermeture et n’offre aucun avenir, ni aucune renaissance.

kaliEn lien avec le premier Niveau du Tarot, cet Atout parle de la fille rebelle, de l’enfant mort, des proches perdus, du lien familial à l’au-delà, des grands ancêtres de la famille.

En lien avec le second Niveau du Tarot, l’Atout XIII désigne les pompes funèbres, les cimetières, mais aussi la chirurgie, le laboratoire de biologie, le temps automnal qui suit les récoltes, la jachère, l’hiver. Il parle aussi de régime alimentaire restrictif, de jeune drastique, d’anorexie.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, cet Atout évoque l’épreuve difficile du deuil et le détachement qui en est la conquête. Il évoque les personnes qui vont à l’essentiel, ou qui vivent de l’essentiel, les ascètes, le travail au noir des alchimistes.

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, l’Atout XIII parle du sacrifice de sa vie au nom de ses valeurs, des martyres de la foi, de l’épreuve initiatique, du fait de mourir au vieil homme pour renaître à l’Adam spirituel. Il parle aussi de la negrido des mystiques, ce temps terrible où le sujet semble coupé de Dieu, où règne, apparemment, dans l’âme humaine les pires ténèbres du doute et de la déréliction. Mais ce temps de ténèbres est un appel puissant à la lumière. L’Atout XIII incarne cet appel. 

 

 (merci au site Le goût de l’Inde pour son image de Kali, la Déesse hindoue de la vie et de la mort). 

 

 

Atout XII-Le Pendu

Le Pendu

Atout XII

Impuissance, subir une oppression totale, être pieds et poings liés

Prière, lâcher-prise, sacrifice

Renversement des perspectives, enracinement dans le ciel

12pendu

 

Le Pendu est l’Atout le mieux compris des taromanciens, car son iconographie très particulière appelle une interprétation précise que corrobore, bien évidemment, sa place au sein de la Structure du Tarot en 4 x 5.

Situé dans la deuxième Verticale des Atouts du Tarot, Le Pendu représente la confrontation à l’altérité vécue au 4e Niveau, celui des Épreuves et des Vertus. Après avoir vécu l’altérité en soi, avec La Papesse, loin de soi et exotique avec Le Chariot, l’altérité apparaît, avec Le Pendu, comme ce qui fait totalement obstacle aux affirmations possibles du soi-même.

Tout chemin à droite comme à gauche est barré par les deux colonnes que dessinent les troncs d’arbres inversés. On ne peut donc ni avancer vers un changement salutaire, ni reculer sur une position ancienne plus confortable. Les mains qui représentent l’emprise sur le réel, la capacité d’action sont, chez Le Pendu, attachées derrière son dos. Son pied droit est, quant à lui, visiblement lié (le pied indique le mouvement, la direction qu’on va prendre). Il met en scène un adage populaire et parle de qui est « pieds et poings liés » c’est-à-dire de qui se trouve confronté à une radicale impuissance. Tout est figé, rien ne peut bouger. Il faut donc cultiver la plus grande patience, non celle qui était déjà en jeu avec L’Hermite qui parvient à ses fins à force de temps et d’effort, mais de qui ne peut prévoir quand va finir son épreuve, et qui de plus ne peut strictement rien faire pour changer les choses. Les branches des deux arbres sont coupées au vif, indiquant donc qu’aucun espoir de renouvellement n’est en vue. Cet Atout est même un avertissement : toute tentative pour changer les choses non seulement n’aura pas l’effet escompté, mais pourrait bien conduire à une aggravation des choses. Le Pendu invite donc à renoncer à agir, et à entrer dans une période de méditation plutôt que d’action.

Tout Atout du IIIe Niveau comporte deux significations : elle indique une des grandes épreuves de la vie, mais elle invite aussi à faire de cette épreuve un chemin spirituel qui transforme alors l’individu, créant à partir de l’épreuve une grande vertu. Bien évidemment, la patience est en jeu avec Le Pendu, mais la grande vertu qu’il cultive est ailleurs. Elle se trouve dans son visage, parfaitement serein, et dans les couleurs qu’il porte, ainsi que dans les deux arbres inversés.

Contrairement à ce qu’on peut lire à droite et à gauche, Le Pendu n’est certainement pas une référence à Odin pendu à l’Yggdrasil pour avoir plus de pouvoir, ni un Yogi tenant la posture inversée, car ces références culturelles sont étrangères à ce début de la Renaissance qui a vu naître le Tarot, même s’il n’est pas interdit de nourrir sa réflexion sur le Pendu à partir de là.

Ce que Le Pendu indique toujours, c’est l’inversion du point de vue qui accompagne celui qui est entrée sur la voie spirituelle ouverte par La Roue de Fortune et entreprise avec La Force. C’est ce que dessine l’iconographie du Pendu : il a les pieds enracinés dans le Ciel tout comme les arbres qui l’accompagnent, et c’est à partir du Ciel qu’il observe le monde qui l’entoure. Ses vêtements portent donc exactement la couleur qui convient : le bleu du Ciel et de son pantalon est en haut, le multicolore fait du rouge, du vert et du jaune, couleurs de  la vie terrestre est en bas.

penduLa spiritualité est, en effet, un renversement du point de vue : ainsi, quand l’élan naturel vise l’égoïsme et l’affirmation vitale de soi-même en priorité, l’élan spirituel est fait d’altruisme où l’autre a une place aussi grande ou plus grande que soi. Ainsi, quand la puissance naturelle s’exprime par la force et fait plier les faibles pour les mettre au service du fort, du point de vue spirituel, le fort est au service du faible. Jésus de Nazareth, Seigneur spirituel, lavant les pieds de ses disciples et demandant à tout être charismatique d’adopter cette humilité qui traduit le fait qu’on a compris quel était le sens véritable de son don et de sa puissance. C’est ce qu’indique aussi le quatre formé par les jambes du Pendu, référence à L’Empereur dont il est l’inversion spirituelle et la réalisation véritable : le véritable pouvoir n’est pas terrestre, mais il s’accomplit dans sa destinée spirituelle qui met le fort au service du faible. l’Inversion spirituelle prend aussi d’autres formes, ainsi, Jésus de Nazareth, homme, devient mère d’une humanité fraternelle en lui donnant son corps à ingérer, tout comme la mère biologique nourrit son enfant de son lait. Ainsi, le féminin matériel (le Denier, la Terre), inférieur au masculin matériel (le Bâton, le Feu), se convertit en Féminin sacré  (la Coupe, la rosée spirituelle) supérieur au masculin sacré (l’Épée, l’air). Ainsi, l’enfant devient l’enseignant du parent, ainsi, le fou devient plus sage que le sage, etc.

Le Pendu qui accomplit son destin spirituel a compris qu’il ne pouvait pas agir dans le monde matériel mais qu’une Verticalité infinie lui est offerte où, au contraire, il ne rencontre plus aucun obstacle : celle de relier la Terre de ses pieds au Ciel et le Ciel de sa tête à la Terre.

Cependant, le fait que L’Hermite soit la Carte complémentaire du Pendu rappelle que cette inversion des valeurs et du point de vue sur le monde doit rester mesuré et prudent. Il ne s’agit pas d’apparaître comme un fou ou un marginal incapable de se lier aux autres et de s’intégrer dans la communauté, mais comme un modèle de sagesse, de lâcher-prise, de recueillement et d’oraison. A terme, Le Pendu est destiné à l’enseignement de son expérience.

Quand le Pendu intervient en taromancie, il indique toujours qu’un changement de regard est nécessaire, qu’il faut se relier au Ciel, et surtout arrêter de courir en tous sens pour changer une situation où, par les moyens de la terre (intelligence, ruse, argent, manipulation, travail), rien n’est possible.

Le Pendu invite à un lâcher prise qui sera cependant mis à dure épreuve par la plus douloureuse des expériences, celle du deuil, que va rencontrer le cheminement du Tarot avec l’Atout XIII.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, Le Pendu parle du fils malade proche de la mère, de l’enfant handicapé, hospitalisé, enfermé, emprisonné.

En lien avec le second Niveau du Tarot, Le Pendu renvoie aux acrobates, professeurs de yoga, maîtres de méditation, aux services hospitaliers en lien avec le grand handicap, les gardiens de prison.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, le Pendu parle de punition judiciaire, d’emprisonnement, de blocages en tout genre, mais aussi du handicap, du chômage, du bouc émissaire, d’une situation bloquée, de harcèlement, de victimisation, mais aussi d’éveil spirituel, de méditation, de transformation du point de vue sur le monde.

jesus-psautier-de-paris-eadwineCette carte en opposition invite à transformer le point de vue sur le monde, d’enraciner sa vision dans la spiritualité, et d’ouvrir son cœur à la prière, car rien de ce qu’on fera ne pourra changer les choses. Seule la prière sincère pourra être efficace. Cet Atout du renoncement, de l’acceptation et du lâcher-prise procède d’une spiritualisation de la relation à l’autre qui conduit à arrêter en soi la réactivité pour qu’émerge, dans le secret encore, l’activité compassionnelle qui est le destin ultime de cette Verticale des II auxquelles appartient Le Pendu et qui se manifestera clairement avec L’Étoile, son supérieur.

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, l’Atout XII évoque le mysticisme, la méditation, le sacrifice spirituel, et surtout Jésus-Christ qui assume la souffrance du monde, ainsi que sa culpabilité, afin de les transmuter.

C’est alors la notion de Sacrifice spirituel qui est en jeu. Le Roi de ce monde, Jésus-Christ est le grand Sacrifié, Celui qui a accepté de prendre sur lui la souffrance et le péché du monde pour les transmuter, pour alléger le monde qui n’aurait pas pu continuer à exister sinon. Beaucoup de mystiques catholiques ont aidé Jésus à porter de poids, dans l’acceptation, dans une spiritualité de la réparation et victimale. Ainsi, Marguerite-Marie Alacoque, Yvonne Beauvais (Mère Yvonne-Aimée de Jésus) ou Marthe Robin furent amenées à prendre en charge, toujours en pleine conscience, une part du fardeau christique et le poids des péchés humains, incarnant de manière exceptionnelle Le Pendu du Tarot.

 Yvonne de Beauvais insistait ainsi dans son témoignage sur l’abandon total entre les mains de Jésus. Tel est le sacrifice de ceux qui se donnent entièrement à la voie spirituelle, sous la forme de la mystique chrétienne. Apprendre cette confiance, cet abandon, cette foi total en l’amour de Jésus et du divin c’est la voie du Pendu.

 

 

 

 

 

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