Le 2 d’Épée

Le 2 d’Épée

Méfiance, Prudence !

 Le 2 d'Épée

La caractéristique des Nombres 2 du Tarot, c’est la germination. Ils sont en effet sous l’égide de leur maître-Atout La Papesse qui représente ce qui se prépare dans le secret de son alcôve, la gestation, et ce qui couve. Avec le 2 d’Épée, cette gestation porte sur le domaine proprement à cette Couleur d’Épée qui n’est pas facile a priori puisque, en résonnance avec le troisième Niveau du Tarot, les Épées représentent les épreuves de la vie et les vertus qui en découlent quand ces épreuves sont réussies.

2 d'Épée-RiderLe 2 d’Épée a pour maître-Atout secondaire Le Pendu : celui qui subit une oppression, une limitation drastique de tous ses moyens d’agir et d’expression dans une extériorité hostile. Le Pendu a les mains liés dans le dos. C’est l’Atout du handicap et du sacrifice. Le 2 d’Épée signifie donc que quelque chose d’éprouvant et d’hostile couve, sans que l’on ait les moyens de savoir exactement de quoi il est question. Elle traduit une forme d’impuissance dans le fait de saisir ce qui est en train de se former dans son dos.

C’est précisément ce que le Rider a représenté avec cette femme placée dos à la mer, dos à la mer d’émotions qui se trame derrière elle et aveuglée par un bandeau placé sur ses yeux et dans la nuit (on voit la lune). Cette femme intuitive et méfiante se tient sur ses gardes. Elle n’est pas désarmée, mais aveuglée. Elle sent que quelque chose ne va pas, sans savoir quoi. Elle s’attend à une attaque et pare à celle-ci en croisant les fers devant elle. Elle est dans l’expectative, prête à se battre s’il le faut. Quelque chose couve, et la femme du Rider ne sait pas quoi, mais elle le sent.

Voilà pourquoi, cette Carte du 2 d’Épée est la carte de la méfiance. Elle incite à la plus grande prudence, tout en indiquant qu’à l’heure actuelle des informations manquent pour pouvoir agir de manière correcte. Elle met aussi en garde : des ennemis, des actes hostiles sont encore cachés et vont faire feu de tout bois. Il s’agit d’éviter de leur donner des informations, ou de leur donner prise par des propos inconsidérés. « PRUDENCE ! » Tel est le principal conseil de cette Carte.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, le 2 d’Épée parle d’une jeune personne douée d’intelligence et intuitive qui sent les choses sans savoir pourquoi ni comment elle sait ceci ou cela.

En ce qui concerne les relations familiales, elles ne sont pas détendues. Chacun est sur sa réserve, chacun en effet a peur d’être critiqué. Personne ne fait confiance à personne. Les relations sont en apparence cordiales, en réalité très tendues. Chacun reste sur la défensive, personne ne peut se permettre d’être spontané. 

En lien avec le second Niveau du Tarot, le 2 d’Épée incite à la prudence dans les contrats, les relations entre collègues. Vous ne possédez pas toutes les informations dont vous avez besoin. Des rumeurs se font derrière votre dos. Soyez sur vos gardes !

Pietro Perugino, Archangel Saint-MichelEn lien avec le troisième Niveau du Tarot, cette Carte peut désigner l’existence d’ennemis cachés, de malversations qui se font par derrière. Elle est une mise en garde radicale sur le type de relation qui est en jeu et cela d’autant plus que vous avancez dans le noir. « Appuyez-vous sur vos intuitions ! » Tel est le conseil de cette Carte dans  cette position. 

Mais, à l’inverse, elle peut aussi dénoncer un rapport paranoïa que au monde. On vous demande de baisser la garde, et de fluidifier vos relations par plus de confiance. La vertu qu’il faut alors cultiver, c’est la confiance. 

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, le 2 d’Épée est particulièrement en résonance avec l’archange Saint-Michel qui protège ceux qui l’aiment du mal, des ennemis cachés, des manœuvres perverses du malin.

Quand le 2 d’Épée ressort, il est bon de faire appel à la clairvoyance que l’archange peut apporter à ceux qui l’invoquent en aide, ainsi qu’à sa protection. 

Atout XXI-Le Monde

Le Monde

Atout XXI

Intégration, Unité

Humanité divine et intégrative

Bonheur et Paix pour la Terre entière

Exultation de l’univers

Le Monde 

Le Monde contient en lui la totalité du monde, comme l’affirme son nom. Et en tant qu’Atout final du Tarot, il contient la totalité du Tarot, sachant que le Tarot est lui-même une image de l’aventure humaine. Ainsi, quatre personnages symboliques encadrent la mandorle où se tient la danseuse du Monde et ces quatre personnages représentent les quatre Niveaux du Tarot. Ces derniers se situent aussi dans le Nombre de cet Atout : XXI qui se compose de quatre V, placés deux par deux, dans une relation où leur pointe se rejoignent. Ainsi, chaque X renvoie à deux univers complets : la Terre pour le premier X et le Ciel pour le second, et chacun d’eux se décompose lui-même en deux V, deux Calices, où fut recueilli l’essence des éléments propre à chacun des Niveaux : élément Terre pour le premier V tourné vers le bas correspondant au premier Niveau du Tarot, symbolisé par la Vache sacrée ; élément Feu pour le second V tourné vers le haut correspondant au second Niveau du Tarot, symbolisé par le Lion sacré ; élément Air pour le troisième V tourné vers le bas et correspondant au troisième Niveau du Tarot  et que symbolise l’Aigle; et enfin élément Eau pour le quatrième V tourné vers le haut et correspondant au quatrième Niveau du tarot, représenté par l’ange à gauche du Monde.

vache sacréeLa Vache, animal féminin et terrien, renvoie aux Deniers et au premier Niveau du Tarot qui sont liés à l’élément Terre, qui est sec, féminin et froid. Elle parle de la maîtrise de la réalité matérielle et de sa générosité. La Vache est en effet l’animal qui incarne la Mère divine dans sa matérialité, elle est la nourrice de l’humanité, celle qui donne son lait aux petits humains. Elle est la matière nourricière sans laquelle aucun corps, aucune incarnation n’est possible. D’où cette couleur chair qui est la sienne. Or, cet animal fortement terrien qu’est La Vache est représenté, dans l’Atout XXI, comme étant ailée : la matière n’est plus un poids qui tire vers le bas. Elle est remplie de lumière, devenue vase sacré recueillant les émanations du Ciel.

Lion mur du temple d'IshtarLe Lion, animal masculin et solaire, renvoie aux Bâtons et au second Niveau du Tarot qui sont liés à l’élément Feu, lui-même sec, masculin et chaud. Le Lion parle de la puissance et de la générosité d’une activité humaine engagé dans le monde sociétal. Il est l’animal qui incarne le Père divin dans sa créativité et son inventivité. Il est le feu qui protège, éclaire, transforme la matière pour l’humaniser et la mettre au service de l’humanité. C’est un lion ailé et qui n’a donc plus rien de la violence, de la tyrannie et du danger qu’un lion simplement terrestre recèle. Il possède en effet l’auréole de la sainteté.

L'aigle-JeanL’Aigle, animal masculin et aérien, renvoie aux Epées et au troisième Niveau du Tarot qui sont liés à l’élément Air, lui-même humide, masculin et chaud. L’Aigle qui s’élève dans le Ciel et qui, seul, peut regarder le Soleil sans en avoir les yeux brûlé, l’Aigle qui possède un regard perçant symbolise l’intelligence humaine et son aptitude à voir la réalité telle qu’elle est. C’est le temps de la conscience issue des épreuves et des grandes vertus qu’il incarne. Cet Aigle n’est pas seulement royal et perspicace, il est auréolé parce que son intelligence n’est pas au service d’une rationalité coupée de toute spiritualité, mais au contraire est placée sur le cœur.

Ange-femmeL’Ange enfin, être suprahumain, être céleste, renvoie aux Coupes et au quatrième Niveau du Tarot qui sont liés à l’élément Eau, lui-même humide, féminin et froid. Cet ange est féminin en tant qu’il réceptionne et fructifie les essences du Ciel pour les verser sur la Terre. Son visage est de chair, et ses cheveux d’or. Son être n’est pas que céleste. Il est relié à la Terre par la danseuse au centre de la mandorle.

Et bien sûr, il y a un cinquième personnage, car s’il y a quatre Niveaux et quatre Couleurs dans le Tarot, il y a aussi cinq Verticales. Il fallait donc bien qu’un cinquième personnage apparaisse sur la Carte du Monde. Mais, pour lier ce cinquième personnage aux autres, et comprendre en quoi consiste sa royauté, il faut revenir à la Structure de cet Atout.

Nous voyons un mouvement dans cet Atout, un mouvement qui nous a été révélé par La Roue de Fortune, ainsi que par la Structure du Tarot : le mouvement de la vie, dans le Tarot, passe du féminin-terre (la Vache) au masculin-feu (le Lion), puis s’élève au masculin-air (l’Aigle) et se dirige ensuite vers le féminin-eau (l’ange). Ce mouvement translate donc en bas de la gauche vers la droite (ou du féminin matériel au masculin matériel), puis du bas vers le haut (du masculin matériel au masculin spirituel), et enfin en haut, de la droite vers la gauche (du masculin spirituel au féminin spirituel). Cette demi-spirale ne mène pas à revenir à la Terre. Il ne s’agit pas d’un Cercle. Le mouvement a un aboutissement. La haute spiritualité des Coupes qui recueillent les Bénédictions du Ciel.

Cette demi-spirale représente le mouvement naturel de la vie qui va du matérialisme à la vie spirituelle, en passant par des incarnations sexuées qui situe le féminin aux extrêmes et le masculin au cœur. Or, précisément, c’est une femme qui se trouve au cœur de l’Atout XXI, comme c’était déjà le cas dans l’Atout XI. La plénitude est féminine, et cette danseuse en outre représente l’humanité entière.

Mais, pour passer du cadre de l’Atout XXI au centre, et des personnages du cadre, à la Danseuse du centre, il faut croiser ces personnages du cadre. Ainsi, ceux parmi eux qui doivent absolument se connecter, sont précisément ceux qui sont le moins naturellement connectés : la Vache et l’Aigle (Terre-matérielle et Air-spirituel) ainsi que l’Ange et le Lion (Eau-spirituelle et Feu-matériel). C’est ce croisement qui fait émerger l’Individualité sainte et joyeuse qu’est la Danseuse cosmique au centre de la Carte.

Ce croisement apparaît très clairement si on regarde les Atouts du Tarot dans leur ensemble. On voit alors, à travers les Niveaux et les nombres des Atouts, ce croisement a lieu. Ainsi, les Niveaux I et III, ainsi que II et IV portent les mêmes nombres : I et XI, II et XII, III et XIII, IV et XIV, V et XV, puis VI et XVI, VII et VII, VIII et XVIII, VIIII et XVIIII, X et XX.

Verticale des IIIPour prendre un exemple et un seul, car ce n’est pas le lieu ici de tout expliquer, s’il y a une proximité et une complémentarité évidente entre L’Impératrice et La Justice (Atouts III et VIII dans une proximité de situation dans la Structure du Tarot), deux femmes investies de manière centrale dans les deux communautés les plus importantes pour l’être humain : la maison et la société, tout comme entre L’Impératrice et La Lune (qui ont pour lien leur féminité, dans l’ordre de l’humain et du sacré), c’est néanmoins avec L’Atout XIII et la mort que L’Impératrice doit trouver à dépasser l’opposition qui les lie (entre celle qui donne la vie et celle qui l’ôte), afin que L’Impératrice sache bien qu’en donnant la vie, elle fait aussi le don de la mort, et que la mort de son côté sache bien que son don n’a de sens que pour un renouvellement de la vie et dans l’amour maternel. Tel est le message du Monde, Aboutissement du Tarot et sa clé. La connaissance d’une telle clé permettrait, seule, de faire naître à elle-même l’Humanité Royale, Gardienne de la Terre et Protectrice de la biosphère, Danseuse réplique et servante du Divin. Il en est bien sûr de même pour le lien entre les deux autres Atouts les plus opposés de la 3e Verticale : La Justice et La Lune qui portent, dans leur féminité même, le dépassement de l’opposition entre la Raison et l’Intuition. 

 

tombe-du-christParlons maintenant de cette Danseuse. Sa posture fut très longtemps mystérieuse et obscure dans son origine. Ce n’est que depuis cette année, depuis 2016, et l’ouverture du Tombeau du Christ, que nous avons confirmation d’une hypothèse souvent émise : il y a un lien intrinsèque entre Jésus de Nazareth et la Danseuse, et plus exactement entre le Christ triomphant et la Danseuse du Tarot. Regardez ce bas relief qui se trouve au-dessus du Caveau du Saint Sépulcre. Personne ne peut douter que ce bas relief a directement inspiré les inventeurs du Tarot. Une mandorle, ce qui est fréquent autour du Christ, mais la Danse du Christ est bien singulière, on ne la trouve, à ma connaissance, nulle part ailleurs. Et remarquez encore le ruban qui entoure le corps du Christ. C’est le même drapé qui enveloppe la Danseuse du Tarot. On ne peut douter du message des inventeurs du Tarot : c’est bien l’âme christique qui est promise à la fin du Temps. 

Le Monde-DanseuseLa danse, c’est le mouvement à la fois libre, esthétique, rythmé, et qui fait disparaître la pesanteur. La danse, c’est la matière qui entre dans la grâce. Selon l’analyse des rêves éveillés et G. Romey, la danse est le symbole de l’imaginaire universel qui conduit à l’affranchissement des limites spatiales, sans que jamais le danseur se perde dans la démesure. Toujours la danse est circulaire, c’est une ronde qui inclut toute personne et toute réalité. C’est la représentation même du Soi selon Jung : l’individualité réalisée dans son unicité parfaite. C’est un acte de foi en la vie, en son devenir, dans le lien entre son destin et celui du reste du monde. La danse est féminine. C’est l’anima qui est toujours en question dans les rêves où la danse est centrale. Et cette anima n’est autre que le Féminin sacré. Voilà pourquoi, c’est une femme qui est représentée dans l’Atout XXI et non le Christ, premier membre seulement de cette Humanité royale qu’elle représente. Le Monde, c’est l’humanité entièrement transfigurée, le but même de Jésus de Nazareth et de son enseignement. 

A la lecture du premier Niveau du Tarot, Le Monde renvoie aux familles très unies, à la naissance d’un enfant, souvent une fille, à la maisonnée dans son ensemble, personnes et animaux, aux fêtes de famille, à la famille recomposée et heureuse, de succès dans les examens etc. Cette Carte parle d’intégration parfaite de chaque partie de soi dans une unité positive : santé physique et mentale. 

A la lecture du second Niveau du Tarot, cet Atout XXI parle d’entreprises de grande envergure, souvent en relation avec l’étranger, de relations internationales, de très bonne entente collégiale, etc.

A la lecture du troisième Niveau du Tarot, Le Monde a deux significations opposées : soit cette Carte parle d’un excès d’intégration et d’unité (de totalitarisme par exemple) soit d’un manque total d’intégration, le fait d’être rejeté de tous, particulièrement avec la présence du Mat. On peut avoir le monde entier contre soi avec une telle Carte en opposition. C’est la fin de cette belle unité alors que cette Carte représente. Ou bien, à l’inverse, une unité oppressive, le contrôle excessif de chacun des membres par les autres. 

Dame de tous les peuplesA la lecture du quatrième Niveau, cet Atout XXI est celui de l’au-delà de la fin des temps. Il s’agit de l’éternité heureuse, non pas dans l’au-delà, mais dans ce monde même.

C’est l’unification d’un monde qui fait place aux contradictions pour en sublimer une unité supérieure.

C’est bien sûr la personne du Christ qui est là en jeu, mais avec la Danseuse, c’est aussi la Déesse mère, l’expression du féminin sacré, Amante et miroir concret du Divin dans sa Créativité abstraite.

Pour finir, voici la prophétie faite par la Dame de tous les Peuples à Ida Peerdeman : « Les êtres humains de tous les pays finiront bien par ne faire qu’un! »  Et ils ne seront qu’un que quand ils auront les yeux orientés vers la croix. 

A cette fin, Ida vit que la Dame manifestait sa Royauté sur le Monde : « la Dame reprit: « Désormais, tous les peuples me diront bienheureuse. La Dame de tous les Peuples désire l’unité dans le Saint Esprit. Le monde est enveloppé d’un faux esprit, de Satan. Quand le dogme, le dernier dogme de l’histoire mariale aura été proclamé, la Dame de tous les Peuples donnera la paix, la vraie paix au monde. Il faut cependant que les peuples prient ma prière, avec l’Église. Ils sauront que la Dame est venue en tant que Corédemptrice, Médiatrice et Avocate. » (31 mai 1954)

Voici la prière de Notre Dame de tous les Peuples :

Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père,
envoie à présent Ton Esprit sur la terre.
Fais habiter l’Esprit Saint
dans les coeurs de tous les peuples
afin qu’ils soient préservés
de la corruption, des calamités
et de la guerre.
Que la Dame de tous les Peuples,
qui fut un jour Marie,
soit notre Avocate. Amen.

 

 Pour finir, je vous conseille de regarder les vidéos et interview de Nassim Aramayn, un physicien qui harmonise la théorie d’Einstein et celle de Planck. Il annonce l’arrivée prochaine d’une humanité transfigurée par la conscience de ce qu’est l’espace. 

Atout XVI-La Maison Dieu

La Maison Dieu

Atout XVI

La Porte du Ciel, la Tour

L’inversion des points de vue

La Révélation, l’Illumination

La Transfiguration

L’Épreuve majeure

16maisondieu 

La Maison Dieu est l’Atout qui pose le plus de problèmes d’interprétation. Certains y voient un feu d’artifice, une fête nationale, le 14 Juillet, une manne céleste, un coup de chance incroyable, un trésor qui bombe du Ciel… et d’autres la Tour de Babel, la catastrophe radicale, un cataclysme naturel, et d’une manière générale le coup de sort qui tombe sur la tête du consultant comme la foudre du Ciel pour détruire sa vie et ses espoirs. Et rien, dans la seule iconographie de la Carte, ne nous permet de trancher entre ces deux interprétations tellement opposées. Pour pouvoir interpréter de manière juste cet Atout, il est donc nécessaire, encore une fois, de le situer dans le Système en 4×5 et comprendre la signification du nombre XVI.

Tout d’abord, il s’agit de l’Atout le plus élevé de la Verticale des I. Il nous parle donc, au sein du cheminement de l’individualité humaine en construction, de la dernière étape, avant que la Réalisation parfaite engagée par la voie initiatique s’exprime dans le dernier Atout du Tarot qui est aussi un Atout où le I est en jeu : Le Monde, Atout XXI. Ce n’est pas un hasard si La Maison Dieu se trouve au-dessus de La Force dans cette Verticale des I : alors que l’individualité représentée par l’Atout XI est fermement installée dans son être (contrairement à L’Amoureux divisé, partagé, tiraillé entre les influences contradictoires qui sont en lui), cette individualité arrivée au Niveau des Calices qui recueillent les émanations du Ciel et la rosée spirituelle doit désormais s’ouvrir au divin. C’est ce que représente l’iconographie de la Tour qui, dans le Tarot de Marseille classique (Conver) est solide, ferme, parfaitement linéaire dans sa verticalité, mais voit sa couronne crénelée ouverte sur le Ciel : la Tour est ouverte et peut recevoir toute la rosée spirituelle qui tombe en pluie du Ciel. 

as-de-coupeLa Maison Dieu est aussi l’Atout qui commence le dernier Niveau, le 4e Niveau du Tarot qui est en relation harmonique avec les Coupes. Tous les Atouts de ce Niveau sont en effet des Calices permettant de recueillir les émanations du Ciel, des émanations très visibles sur les iconographies des Atouts à partir de l’Atout XVI. Ce sont les Grâces et l’aptitude humaine à les absorber que représentent tous les Atouts du dernier Niveau du Tarot. Dans ces conditions, ils ne peuvent jamais être interprétés comme des Cartes négatives. Mais bien sûr, comme toute Carte, les Atouts-Calices obéissent aux quatre Niveaux d’interprétation et ont donc, parmi les significations familiales et corporelles, sociétales, et enfin spirituelles des significations d’épreuves et de la construction de vertus correspondant au 3e Niveau du Tarot en relation harmonique avec les Epées.

Cet Atout de l’Individualité humaine en construction manifeste par son Nombre, le XVI, qu’avec lui tout de la Terre est en place, mais qu’en ce qui concerne le Ciel, un seul Calice est ouvert. Ce dernier est représenté par le premier V, c’est celui de l’aspect mâle du Ciel (ou terre du Ciel qu’incarne aussi, dans les Nombres, l’élément Air et qui est issue de la digestion des grandes épreuves de la vie humaine en une vertu essentielle). Le deuxième Calice, celui qui permettra de recueillir les émanations du Ciel, est à construire, et cette construction qui se termine avec l’Atout XX commence avec La Maison Dieu.

C’est en ayant en tête le croisement de la Verticale des I avec ce 4e Niveau du Tarot, et en n’oubliant pas la posture de première Carte de ce dernier Niveau du tarot que nous pouvons aborder en toute sécurité l’iconographie pour l’interpréter. Que voyons-nous ? Quels éléments doivent être immédiatement et objectivement saisis dans cette iconographie ? Quatre éléments essentiels (n’oublions pas que le XVI est un 4×4, le nombre quatre est redoublé quatre fois) ressentent de la Carte : une Tour d’abord, deux personnages dans une posture inversée (les pieds dirigés vers le ciel, les mains sur le sol), des boules multicolores qui tombent du Ciel, une plume ou série de plumes qui relie (nt) le haut ouvert de la Tour au Ciel.

Que signifie la Tour ? C’est une construction en pierres, souvent carrée, très élevée. C’est une image qui est l’exacte représentation du XVI en tant que 4 fois 4. Or, le 4, représenté dans le Tarot par L’Empereur, est comme les édifices en pierres symbole de frontière, solidité et base. Il est le fondement du carré, lui-même fondement de la Tour. Le seize, carré de quatre, indique dès lors « l’accomplissement de la puissance matérielle » rappelle le Dictionnaire des Symboles Chevalier et Gheerbrant. La solidité, la fermeté, mais aussi la fermeture et la pesanteur sont les expressions de ce nombre seize en tant que 4 fois 4.

La Tour est encore un symbole d’élévation : elle est une construction humaine qui relie la terre au ciel en ligne droite, semblable à cet avant-dernier « I » qu’on voit dans le Nombre XVI. En ce sens, il est bon de rappeler ce que signifie le nom « Babel » de la Tour de Babel biblique : « la porte du Ciel ». Faut-il s’étonner dès lors de ce nom « Maison Dieu » ? La Tour de Babel dans son sens initial, c’est-à-dire avant l’interprétation hébraïque était un Temple habité par le divin. Cette ziggourat mésopotamienne était construite en étages de plus en plus étroits incarnant les Cieux et les planètes : Saturne, en noir à la base, Jupiter avait son séjour dans l’étage dédié au blanc, le rouge était habité par Mercure, le bleu par Vénus, le jaune par Mars, l’argent par la Lune et l’or au sommet était dédié au Soleil. Cette Tour avait pour objectif de permettre aussi bien la descente des dieux sur la terre que la montée des hommes jusqu’au divin.  

Zigourate de BabyloneBien évidemment quand on sait l’importance des couleurs dans les ziggourats mésopotamiennes et leur symbolique stellaire, on comprend mieux le sens de ces boules tombant du ciel. N’oublions pas que le cercle et la sphère s’opposent directement au carré et au cube, le cercle et le carré étant avec la croix et le centre l’un des quatre symboles universels fondamentaux. Alors que le carré indique la séparation et la frontière, le cercle parle d’absence de distinction et de division. Selon le Dictionnaire des symboles, « le cercle symbolise l’activité du ciel, son insertion dynamique dans le cosmos ». Il rejoint les symboles de la divinité penchée sur la création et lui donnant vie. Très clairement, nous avons là une descente des émanations stellaires et célestes sur la Terre que symbolisent ces « confettis » dessinés sur la Carte. Il ne s’agit pas du tout d’une explosion de la pierre et de la Tour, mais d’une imprégnation divine qui se répand sur toute la terre, grâce à ce lien entre le Ciel et la Terre que représente la Tour, ce Temple dédié à la communication entre les hommes et le divin.

Rainbow Website Banner HeaderChaque couleur de ces gouttes d’eau traversées de lumières représente un aspect du divin : lorsque la lumière blanche passe à travers le prisme de la rosée terrestre, elle devient couleur. Cela symbolise la diversité culturelle et il est aisé de donner une couleur à chacune des grandes ethnies ou communauté culturelles. Ainsi le bleu de la Vierge, le bleu de France, est la couleur préférée des Européens. On le retrouve dans le drapeau américain. C’est la couleur de l’Occident. Le vert bien aimé du Prophète est symbole de l’Islam. L’orange safran est la couleur de l’Inde et des deux religions nées sur son sol et alentours : l’hindouisme et le bouddhisme. Le Jaune solaire est celle de l’Afrique, tout comme le rouge incarne la spiritualité athée de la Chine tout comme des pays anciennement soviétique tant qu’ils s’interdisaient les croyances religieuses (premier pays athée au monde) etc. Chaque couleur peut croire, un temps, qu’elle est à elle seule la totalité de la lumière. AInsi, l’Occident dit : « la lumière est bleue », les musulmans : la lumière est verte, etc. Mais La Maison Dieu le révèle : ces Temples, trop intolérants et fermés, finiront par être ouverts. Les religions vont se dépasser elles-mêmes, dans une tolérance qui accepte et reconnaît la valeur de  toute forme de spiritualité, à égalité avec la sienne. En se donnant la main, les êtres humains quelle que soit leur représentation religieuse reformeront la totalité de la Lumière qui n’est n’i rouge, ni bleue, ni verte. Pour la retrouver, il faut ouvrir, aérer les spiritualités et les faire communiquer, comme le montre ce Temple ouvert sur le Ciel et rayonnant toutes les couleurs. 

PlumeCette interprétation est corroborée par le symbole de la plume qui est lui aussi opposé à la pesanteur que contiennent le nombre 4 et l’image de la pierre. La plume résume l’oiseau qui lui-même résume le lien entre la terre et le ciel, la possibilité d’une élévation sans pesanteur, d’une merveilleuse légèreté. Or cette plume ouvre le haut de la Tour, sa couronne en quelque sorte, permettant aux émanations célestes d’y entrer. Nous avons-là exprimée la transmutation alchimique : quand la pierre devient philosophale, emplie de lumière, investie de divinité. Cette Maison Dieu est dès lors le Temple universel ou la Cathédrale suprême (pierre remplie de lumière, pierre aérienne, pierre libérée de la pesanteur) qui s’opposent aux religions révélées dans leur rigorisme lourd et antispirituel. Le prêtre, rabbin ou imam disparaît et fait place au berger véritable comme le montre clairement le très inspiré Tarot Vieilleville, celui à qui Dieu délègue véritablement une partie de son autorité, parce qu’il est un véritable guide spirituel. N’est-il pas intéressant que dans la cure en rêves éveillés libres, tels que nous les XVIvieville (1)présente G. Romey, le personnage du Berger intervient quand la personnalité est prête à abandonner « l’attitude de compétition exacerbée » qu’incarne précisément l’image de la Tour ? La Maison Dieu indique la fin des guerres de religion. Alors, le véritable lien entre l’homme et le divin cesse d’être une tour, même une tour ouverte sur le haut et allégée, remplie de lumière. Il s’incarne dans l’arbre sacré, le poteau divin, le symbole vivant et le plus ancien du lien entre la terre et le ciel. Un arbre qui va se retrouver dans l’Atout suivant, L’Étoile, mais que symbolise aussi les personnages de La Maison Dieu.

12penduReste à comprendre, en effet, la posture inversée des personnages de la Carte : deux individus, tournés l’un vers la droite, l’autre vers la gauche, l’un visible tout entier, l’autre par le haut du corps seulement, ont les mains sur la terre et les pieds dans le ciel. Nous n’ignorons pas la signification, dans le Tarot, de cette posture inversée puisque nous l’avons rencontrée avec Le Pendu. Mais, ce dernier était pieds et poings liés. Il était confronté à la verticalité par l’impuissance de l’horizontalité. Ces deux personnes ont au contraire toute leur puissance, puisque leurs mains sont visibles, agissantes et agissante dans ce monde matériel (leur couleur est de chair). Mais ces mains qui agissent sur la matière (elles sont posées sur la terre) le font dans la plus parfaite des inspirations puisque les racines de leur être (les pieds) sont du Ciel et non de la Terre. Les pieds sont donc jaunes, c’est-à-dire solaires et non plus rouges (comme ceux du Mat, de L’Empereur, de l’Amoureux, et du Pendu lui-même), jaunes comme ceux du Bateleur, parce que la potentialité solaire que contient ce dernier est enfin réalisée.


arbre
C’est ce qui explique aussi la raison pour laquelle beaucoup d’arbres de vie se sont incarnés, comme symbole majeur de la spiritualité humaine et dans de nombreuses cultures, dans un arbre inversé : les racines sont celles du Ciel, les fruits sont ceux qui, nourri d’une sève spirituelle, sont néanmoins pleinement terrestres. L’arbre inversée fait circuler les énergies du haut et du bas pour réaliser l’Eden sur Terre, ce Jardin à la fois du Ciel et de la Terre. 

Les deux personnages, en outre, se partagent l’orientation droite-gauche parce que peu importe qu’ils soient femme ou homme, introspectifs ou actifs, c’est toujours la même spiritualité qui agit en eux et par eux. A eux deux, comme l’ensemble des symboles de cette Carte, ils incarnent la réconciliation des contraires : terre et ciel, droite et gauche, féminin et masculin, carré et cercle, pierre et plume, pesanteur et légèreté, matérialité et spiritualité, etc. 

En tant que liée au premier Niveau du Tarot (corps, famille), La Maison Dieu parle de révélations familiales, de prises de conscience salutaires, de libération à l’égard des coutumes et mœurs oppressantes.

Il peut s’agir d’une guérison subite d’un mal ancien, d’un allégement, d’un amincissement brutal par un repositionnement dans la relation à la nourriture.

Elle parle aussi de l’habitat avec soit une impression de surdimensionnement, de pesanteur, de lourdeur, ou au contraire d’un lieu investi par la lumière.

En tant que liée au second Niveau du Tarot (investissement sociétal), La Maison Dieu parle de bâtisseurs, de maçons, de constructeurs, de superstructures, de poseurs de fenêtre et de toits, de métiers liés aux plumes (matelassiers costumiers), mais aussi des métiers qui conduisent à des prises de conscience (thérapie familiale, psychanalyse), à des révélations (enquêteurs). Terrassiers, métiers de l’explosif.

Cette Carte renvoie aussi aux métiers de l’acrobatie, aux artificiers, etc.

Par son nom de Maison Dieu (proche du terme Hôtel Dieu, la maison initialement destinée à l’accueil des pèlerins puis au soins des pauvres, des malades, des handicapés, lepreux, etc. et qui se trouvait toujours accolée à la Cathédrale médiévale), cette carte renvoie à l’hospitalisation et à l’enfermement, ainsi qu’aux métiers de soins médicaux en maison hospitalière, mais aussi la maison de retraite, et tout bâtiment collectif où l’on séjourne sans pouvoir aller et venir à sa guise. 

piemontais (16)En tant que liée au troisième Niveau du Tarot (épreuves et grandes vertus), La Maison Dieu évoque les épreuves qui finissent toujours par une réforme intérieure très bénéfique. Ainsi, on peut retrouver là cette notion de châtiment divin qui est liée à la Tour de Babel biblique, mais en n’inversant complètement la signification de ce châtiment divin : ce n’est pas parce que les hommes cherchent à s’élever jusqu’au divin qu’ils sont punis, mais parce qu’ils tendent, dans leur quête spirituelle ou leur relation à la religion à être figés, oublieux de leur incarnation terrestre, divisés, compétitifs, croyant que le divin leur appartient (parlant de « leur dieu » comme d’une possession).

Et s’ils subissent une épreuve majeure, de type cataclysmique, c’est pour qu’ils aillent non vers la division (la perte de la langue commune que raconte la Bible hébraïque), mais au contraire vers l’unité, la simplicité, la conscience que si Dieu existe il ne peut pas faire autrement de par sa nature divine même qu’aimer tous les êtres humains dans la plus parfaite égalité. Le but est donc plus de conscience, plus d’unité, plus d’amour, plus de lumière.

Retenons surtout cette idée essentielle : La Maison Dieu est un Atout éminemment positif. Certes, il prend souvent la forme d’une épreuve majeure, mais soyez assuré que celle-ci sera réussie et finira par alléger la vie de l’individu, le débarrasser des pesanteurs inutiles, des structures étouffantes de sa vie, et le mènera à la simplicité d’une vie de berger, guidé par les étoiles, ayant lui-même appris à guider avec amour son troupeau.

Alors, oui, la notion de Châtiment divin est bien incluse dans cet Atout, mais ce châtiment est une bénédiction, une manifestation de l’Amour divin pour sa Créature. Il a pour but non d’humilier, non de rabaisser, non de briser, mais de purifier, d’élever, de ramener l’individu enfermé dans sa tour d’ivoire égotique et égoïste, dans ses peurs, dans ses certitudes religieuses mortifères, à sa destinée de confiance et de simplicité qui est celle de toute âme qui se laisse guider par les étoiles. 

C’est en grande partie la signification de l’Atout complémentaire de l’Atout XVI : Le Pape. Celui qui a la chance d’avoir rencontré La Tour et l’éveil spirituel qu’elle enjoint, devra devenir, lui-même, le berger d’un troupeau encore en chemin, tout comme Le Pape est l’enseignant spirituel par excellence du Tarot. 

Trasfiguration-fra-AngélicoCet Atout XVI enjoint enfin de cultiver en soi la parfaite confiance en son destin spirituel, et en l’amour du divin pour chacun de ses enfants. N’oubliez pas que la Tour est toujours cette antique Porte du Ciel qui est le sens véritable de ce symbole : elle ouvre sur le Ciel étoilé qui va suivre avec l’Atout XVI. 

En tant que liée au quatrième Niveau du Tarot (les émanations du Ciel), La Maison Dieu trouve sa signification la plus aboutie.

Elle parle alors d’illumination, de réalisation, de transfiguration, de transmutation, de spiritualisation radicale de la vie humaine. L’éveil a quelque chose de brutal et d’évident. C’est une radicale transformation du rapport au monde qui engendre un nouveau monde autour de soi. L’humanité royale est alors en jeu.

La Maison Dieu représente aussi le dépassement de toute religion, l’ouverture à la sacralité spirituelle quand l’humanité est capable de faire de l’ensemble de la Terre, un Temple sacré. 

 

 

 

Ps : merci pour l’arbre stylisé du site vivre ses racines.

 

Atout XV-Le Diable

Le Diable

Atout XV

Le Tentateur

Faiblesse de la chair

Individualisme, envie, manipulation

lucidité et liberté

spiritualisation de la chair

Le Diable

 

tarot-devilLe Diable représente la dernière Carte du troisième Niveau du Tarot, niveau en relation harmonique avec l’élément Air et avec la Couleur d’Épée. Ce Niveau est celui des grandes épreuves de l’humanité, mais aussi celui des grandes vertus, celles qui ouvrent le cœur des êtres humains aux émanations du Ciel, celles qui les transforment en calices pour recueillir ces émanations et transformer la Terre.

Étant le dernier Atout du 3e Niveau du Tarot, Le Diable représente à la fois la plus grande épreuve que l’être humain et l’humanité dans son ensemble peuvent rencontrer, mais aussi la plus grande vertu qui puisse en être tirée.

Cette épreuve est, d’abord, représentée par les deux diablotins qui sont aux pieds du Diable, enchaînés. C’est leur propre impuissance qui est représentée par le fait qu’ils ont les mains dans le dos, leur incapacité à suivre leur propre chemin, la nécessité qu’ils sont d’obéir aux décisions et volontés du Diable souverain du Monde, placé sur le globe comme s’il en était le maître et qui, au contraire, garde sa main (son pouvoir) libre, visible et bien ouverte.

marionnetteCette main bien montrée du Diable indique qu’il a la main sur la situation. C’est  un « manipulateur » au sens premier du terme : il use de sa main pour faire des autres de purs instruments de sa volonté. Pour lui, les autres ne sont que des pions sur son jeu et des pions qu’il manœuvre à sa guise et à ses propres fins, tel un joueur d’échec. Incontestablement, cette Carte indique l’épreuve qui consiste à être mis en présence d’un pervers narcissique, et de façon plus grave encore, l’épreuve que consiste, pour l’humanité, le risque de devenir ce monstre, cet être à la limite de l’humanité que représente celui qui est dépossédé de tout altruisme et de tout sens moral.

Que nous dit encore l’iconographie du Diable sur cette aliénation humaine ? Le personnage est terriblement puissant. Il domine la scène de bien plus haut que le Pape auquel souvent il est comparé du fait du partage de ce même V qui, en réalité, se trouve aussi dans les Atouts du X (où deux V se rejoignent en leur centre). C’est un être du pouvoir. Il aime le pouvoir qu’il possède sur les autres et c’est une de ses motivations premières.

Bien souvent, on met l’accent sur le flambeau qui est le sien pour rappeler l’un des noms que la religion chrétienne a donnés au démon : Lucifer, le porteur de lumière. Mais regardez bien ce flambeau : c’est le feu rouge de la passion qu’il incarne et non le feu de la lumière qui, au contraire, éclaire d’autres Atouts, particulièrement l’Hermite et Le Soleil. Certes, ce flambeau pourra éclairer la nuit noire d’une lueur rougeoyante, mais ce n’est pas sa première signification. 15-le-diable-Noblet

Pour atteindre la lucidité qu’incarne aussi Le Diable, il faut d’abord prendre en considération l’aveuglement qu’il représente dans un premier temps. S’il est aveuglé, c’est parce que chez lui, le ventre parle avant tout, ventre qui domine l’iconographie traditionnelle et sur lequel un visage apparaît et parfois un visage aux yeux fermés. Qu’est-ce que symbolise ce ventre au visage ? La faim, le désir, la soif de possession et de pouvoir, de gloire, de jouissances orientent toute la personnalité. C’est un être marqué par l’avidité. Nous sommes encore là dans la passion, et cette passion n’a rien de noble, la passion qui organise la perception, si bien qu’on en perd toute objectivité. Ce sont les impulsions les plus vitales, les plus égoïstes qui sont en jeu.

Le corps du Diable est ambigu. Il s’est doté de tous les atouts de la séduction. Il sera femme ou homme pour séduire sa proie. Il refuse de s’enfermer dans un genre parce que son but, c’est manipuler l’autre, et pour cela, il est prêt à jouer tous les rôles et à compléter, apparemment, celui qu’il entend manipuler, lui accordant, en apparence, tout ce dont il a besoin, l’enchaînant en réalité à lui. Les yeux des diablotins sont fixés sur son phallus. Mâle ou femelle, ils sont fascinés par sa puissance de séduction, incapables désormais de penser à autre chose.

yeux-diable_converRegardez les yeux du Diable. Ils louchent. Ce personnage ne voit pas bien. Il ne voit pas clair. Son aliénation est fondée d’abord sur un manque de lucidité. Cette loucherie a cependant d’autres significations. D’abord, c’est un personnage « louche », quelqu’un envers qui notre intuition nous met en garde : il n’est pas ce qu’il paraît être. Il y a une distinction entre un apparaître gentil, plaisantin (la main levé en petit signe, la langue tirée, les yeux croisés), et une réalité dangereuse. Les yeux qui louchent signifient aussi que cet individu est égocentrique. Ses yeux se centrent au lieu de regarder droit devant lui. Le regard qui louche enfin est significateur d’envie : l’envieux louche en effet sur ce qui lui fait envie. Il y a une tradition ancienne qui relie le mauvais œil et l’envie, et dès lors l’envie et la sorcellerie. Nous sommes-là dans l’obscurité la plus profonde de l’âme humaine. L’envie n’est pas, en effet, un défaut, un vice, un péché comme les autres. Il ne contient aucune lumière. Il est une haine de soi redoublée en haine violente, rageuse sur autrui. C’est l’envie la cause du mal qui divise la fraternité humaine, depuis l’aube des temps, et lui nuit comme aucune autre réalité. C’est elle qui a fait de Caïn le meurtrier de son frère. C’est l’envie qui a conduit les frères de Jacob à vouloir le tuer et finalement à le vendre comme esclave. Le Diable est envieux de ceux qu’il s’apprête à manipuler. Il les envie parce que ce sont précisément des êtres qui diffusent une certaine lumière même s’ils sont aussi trop naïfs. Or de cette lumière (altruisme, joie, confiance), Le Diable se sait dépossédé. 

sphinge-roue-de-fortune-camoinCet être mi-homme mi-bête ressemble, cependant et par bien des côtés, à la Sphinge de l’Atout X. De fait, comme dans l’Atout V et dans l’Atout X où le pape et la sphinge surplombaient une scène collective, Le Diable est un personnage qui domine son monde. Marqués par le bleu, la couleur du Ciel, ce personnage est en réalité un Gardien du Seuil. Ce qu’il garde c’est l’entrée dans le dernier Niveau du Tarot. Comme Le Pape et La Sphinge, puis plus tard Le Jugement, Le Diable se trouve à la fin d’un Niveau. Il clôture de Niveau et ouvre sur le suivant.

En tant que gardiens du seuil, le Pape, la Sphinge et Le Diable posent une question à ceux qui arrivent jusqu’à eux : « Es-tu capable de t’émanciper des influences familiales ? » demande le Pape qui enjoint ses ouailles à trouver en eux la curiosité du monde.  « Es-tu capable de sortir de l’éternelle répétition du conformisme ? » demande La Sphinge qui cherche l’individualité potentielle de celui qui vient à elle. « Sauras-tu faire preuve de lucidité sur ta propre nature humaine et admettre tes propres aliénations ? » demande le Diable à celui qui est parvenu jusqu’à lui après avoir traversé toutes les épreuves du 3e Niveau du Tarot.

Ce Diable n’est pas dès lors la seule expression du démoniaque tel que nous l’avons d’abord décrit. Il représente à la fois le personnage de Lucifer et celui de Satan qui ont, tous les deux, un rôle particulier au sein de la Création divine.

Satan, l’adversaire, est le Juge par excellence, celui qui, par les pires épreuves, a pu vérifier la foi de Job. En ce sens, Le Diable mène tout droit à la Carte qui le surplombe dans la Verticale des V : Le Jugement, tout comme il ouvre la porte de cette Maison-Dieu qui le suit, en tant que Maison de Dieu, Temple véritable parce qu’universel. C’est le maître spirituel par excellence, celui qui fait suite à la dureté de l’Atout XIII et qui domine l’ensemble du 3e Niveau fait d’épreuves et de tentations. C’est l’Enseignant par excellence, plus puissant que Le Pape et plus implacable que la sphinge de la Roue de Fortune.

LuciferLucifer est, quant-à lui, l’ange déchu. En réalité, c’était le préféré de Dieu. De ce fait, c’est l’ange de lumière qui a accepté de s’incarner pour ensemencer la Création de la lumière divine et qui, en plongeant dans la matière, savait qu’il s’y oublierait lui-même et sa nature céleste, pour tomber dans le matérialisme, dans la chair, dans l’individualisme qu’implique toute incarnation. Il représente à cet égard, le grand Sacrifié de la Création, et les êtres humains iront jusqu’à perdre l’idée même de son sacrifice, assimilé qu’il fut simplement par eux à la plus grande incarnation du mal.

Pourtant, en s’enfonçant dans l’obscurité de la matière, la lumière qui était en Lucifer a travaillé celle-ci siècle après siècle. Son refus même du divin, sa promotion de l’athéisme sont porteurs d’une lumière indispensable à toute spiritualité authentique. Comme le disait la philosophe et mystique Simone Weil, l’athéisme représente la purification du religieux. Car tout dans le religieux n’est pas spirituel. Beaucoup de choses relèvent en lui du culturel et même du culturel le moins spirituel, celui qui justifie l’inégalité entre les êtres humains, la soumission des uns aux autres, la manipulation des uns par les autres… ce qui nous conduit tout droit dans les bras…  du Diable.

Et à la fin des temps, Lucifer retrouvera sa place, en tant que maître spirituel de l’humanité. Dès lors, Le Diable est aussi la Carte de la rédemption. Et cette Carte offre dès  lors, aussi, une tout autre symbolique que celle de la perversion narcissique qui est aussi la sienne.

tarotvievillexv-le-diableLe Diable, en tant que Carte du 3e Niveau n’est pas en effet que l’expression d’une terrible épreuve pour l’humanité, elle parle des plus grandes vertus, celles qui transforment l’humain en coupe spirituelle, capable de recueillir la rosée céleste du 4e Niveau. Cet Atout  parle alors de spiritualisation du corps, de la chair et de la matière, mais aussi de la lucidité quant aux capacités de l’humanité à s’élever toute seule jusqu’à sa propre réalisation. Cette lucidité est manifestée par l’iconographie de certains Tarots : des yeux ou des visages se trouvent partout sur son corps. Ce dernier n’est plus seulement une matière vivante biologiquement, c’est une chair de conscience et d’amour. Le corps du Diable est bleu dans presque tous les Tarots anciens. C’est la spiritualisation de la chair que cette couleur désigne et singulièrement celle de la sexualité humaine. Le Diable, dès lors, ne parle plus alors de la dépendance que la sexualité engage entre les hommes et les femmes, mais du don mutuel, de l’union sanctifiée que représente la Chambre d’amour

La main du Diable grande ouverte exprime dès lors le salut, celui que le personnage central rend à l’humanité éveillée à sa propre spiritualité par la sanctification de la chair. C’est une main amicale, sans arme. Les cornes du Diables sont celles du Cerf, bleues, spiritualisées elles aussi. Le Cerf c’est le père et le roi de la forêt, le guide suprême. Le Diable représente alors l’ange qui protège les amants de la forêt par le silence des sous-bois, de tout regard louche sur eux, de toute impudeur du regard. La loucherie du Pape prend aussi un autre sens : celui de la méditation, quand on se recentre sur l’intériorité.Les amants dans la forêt, ou à l’abri des regards dans la chambre, se donnent mutuellement dans un acte de désir et d’amour qui est une véritable méditation et la première Porte du Ciel.

étoile du diableLucifer et la Carte du Diable représentent, aussi, une forme d’humanisme : l’amour de la vérité scientifique et de la rationalité, mais aussi le refus presque iconoclaste du sacré. Le Diable se moque des autres et du sacré en tirant la langue, c’est lui qui invite l’humanité à rire de tout, y compris des images pieuses. La  moquerie à l’égard des imbécillités religieuses et le blasphème se révèlent en effet  des étapes nécessaires, celles qui correspondent au rejet de la valorisation religieuse de l’au-delà et de la chasteté qui, durant des siècles, ont imprégné les esprits aux dépens de l’amour et du respect de la nature, de la joie de vivre, de la liberté, de la réalisation sexuelle et de la plénitude de la chair.

Le BaphometC’est la signification de cette étoile inversée qu’incarne le Diable : la pointe de l’étoile est tournée vers le bas, vers la terre, vers la nature, vers l’obscurité même de la nature humaine, afin que celle-ci soit mise en lumière et transfigurée ce qui sera le fait de la Maison Dieu, Atout qui suit Le Diable. Cette étoile s’est incarnée aussi, au sein de l’histoire de l’occultisme, dans le Baphomet des Templiers et de la franc-maçonnerie. Le Baphomet incarne la sagesse quand celle-ci  ne vient pas d’une vision idéalisée et angélique de l’humanité, mais d’une conception de l’homme acceptant son incarnation comme enracinée dans le plus profond et le plus obscur de la Terre. Le Baphomet symbolise l’humanité ayant accepté l’ombre et la nuit qui sont en elle pour en tirer une grande puissance.  En ce sens, Le Diable est l’exact opposé de Tempérance qui représente au contraire une humanité angélique imaginaire coupée de la Terre. Alors que Tempérance incarne l’idéalisme qui risque d’être une brutalité, Le Diable symbolise un réalisme et un matérialisme qui finissent par être un humanisme, quand les hommes ayant renoncé au divin et à l’au-delà s’efforcent de vivre le mieux possible sur la Terre. C’est la spiritualité de la Terre qu’il propose et une spiritualisation de la chair par l’athéisme quand ce dernier s’élève jusqu’à l’humanisme. Et certains d’entre nous, les athées, en resteront là. Et c’est leur droit, par la liberté que le divin a accordé à l’humanité, et une liberté qu’incarne la Carte du Diable.

gratte-ciels

Le Diable est, de ce fait, l’incarnation du monde moderne, monde individualiste, matérialiste, ayant lucidement rejeté les vieilles religions et dénoncé l’aliénation et les illusions qu’elles incarnent. Mais ce stade doit, lui-même, être dépassé, car peu d’êtres humains peuvent être régulés par leurs seules forces propres et par le seul idéal humaniste de la fraternité humaine. De ce fait, le monde moderne athée et individualiste n’est pas assez humaniste pour ne pas courir à sa perte. Ce monde est tellement la proie des pulsions d’appropriation et de possession qu’il s’est coupé de la Mère-Nature pourtant racine des pulsions vitales. Le Diable, Prince de l’âge des Épées, appelle dès lors un dépassement de l’athéisme et de l’humanisme et promet l’entrée dans l’ère des Coupes.

La Terre va cependant à sa perte si les croyants et tous ceux qui ont besoin d’un lien spirituel à la transcendance ne digèrent pas la sagesse du Diable et ses critiques du religieux. Campés sur leur indignation de croyants blessés par le blasphème, ils ne parviendront pas à dépasser les particularismes religieux pour se relier les uns aux autres dans une fraternité universelle fondée aussi sur la foi. Ne parvenant pas à être heureux et à construire leur bonheur sans l’aide du divin, ils doivent cependant dépasser les cloisonnements religieux et leurs particularismes pour s’élever jusqu’à la Cathédrale universelle, jusqu’au Temple unique que représente La Maison Dieu. Mais il ne le pourront que grâce à l’aide de l’athéisme et de ses critiques des religions, et grâce à l’attitude blasphématoire purificatrice du Diable.

Eros-AmoureuxN’oublions pas que Le Diable a pour complémentaire L’Amoureux, celui qui est touché par la grâce divine, par les flèches de l’amour divin. Pour aller à la Réalisation ultime qu’incarne Le Monde dans le Tarot, Le Diable doit donc ouvrir son cœur aux flèches de l’amour divin, à l’érotique mystique ce qui est bien autre chose que la simple transmission religieuse. On comprend alors que cette flèche du petit angelot de l’amour a pour fonction principale de permettre à l’humanité de passer des croyances anciennes, traditionnelles, culturelles (que représente la vénérable dame de gauche), à l’érotique spirituelle universelle qui inclut en elle toutes les religions (qu’incarne la jeune fille en fleur). Car, de même que la lumière blanche n’est accessible qu’en fusionnant toutes les couleurs, la nature divine authentique implique qu’on accepte de nourrir son âme à la Révélation de toutes les religions et même à l’humanisme athée. La lumière divine ne peut en effet être diffusée sur Terre qu’en passant par le prisme de la coloration culturelle. Mais pour remonter à la vérité de sa lumière on doit dépasser chaque coloration culturelle par laquelle l’appréhension humaine du divin est rendue possible.

En lien avec le premier niveau du Tarot, Le Diable parle de sexualité dans le couple et de la dépendance mutuelle, mais aussi de tromperie, d’adultère, d’expériences adolescentes multiples, de bisexualité. Un membre de la famille est dangereux pour l’équilibre familial. C’est potentiellement un pervers narcissique, à tout le moins un manipulateur.

En lien avec le second niveau du Tarot, Le Diable renvoie aux personnalités charismatiques, séductrices, manipulatrices, aux gurus des sectes, aux jeux d’argent, aux casinos, aux débits de boissons, aux thérapeutes de l’addiction, aux sexologues, à la mafia, à la criminalité.

Il invite à faire usage de sa ruse, de ses capacités de dissimulation, de manipulation, et d’être comme un joueur d’échec, avançant ses pions avec une conscience générale du jeu qui est devant soi. 

En relation avec le troisième niveau du Tarot, Le Diable parle de rencontres très difficiles avec un manipulateur, un faux gentil, un menteur, un diviseur, un pervers narcissique d’autant plus dangereux qu’on ne le voit pas du tout comme tel. Il met en garde le consultant, l’informant d’une épreuve l’attend dans l’ordre de la soumission, de l’addiction, de la passion malheureuse et destructrice. Il dénonce l’individualisme, l’envie, la manipulation.

Mais il annonce aussi la possibilité d’une prise de conscience libératrice, d’une nouvelle lucidité. Il est le symbole, par excellence de l’humanisme, de l’athéisme qui est aussi une spiritualité. Il invite à la sanctification de la chair par une sexualité sainte.

as-de-coupeEn relation avec le quatrième Niveau du Tarot, Le Diable met en scène la dernière grande épreuve de l’humanité, celle du monde moderne, celle de l’athéisme et de l’individualisme. Il représente le gardien du seuil d’une ère totalement différente, l’ère des Coupes, où l’humanité royale découvrira l’authentique spiritualité contenue dans chaque religion, mais aussi dans l’humanisme athée.

C’est alors que chaque croyant admettra son besoin de Présence divine non pas parce qu’il obéira au dressage culturel et religieux que représentent les menaces de châtiments et les promesses de l’au-delà paradisiaque, mais parce que sa soif d’amour absolu et sa faim de spiritualité et de grâces ne peuvent être comblées que par la rosée spirituelle promise à tous les êtres humains sur Terre, à égalité.

Le Diable bleu ciel est alors le symbole, par excellence, de la rédemption de l’humanité, de la spiritualisation de la chair et de la sexualité, et des relations charismatiques au monde fondée sur une authentique spiritualité. C’est le maître spirituel par excellence.

 

 

 

 

le 7 d’Épée

 

Le 7 d’Épée

Ruse

7d'Epée

Le maître-mot des Nombres 7 du Tarot c’est le service. Il s’agit d’une individualité en charge des plus pénibles tâches au service de la communauté. Sous l’égide particulière de L’Étoile, l’Atout-maître des Nombres 7, et secondairement du Chariot, tous les 7 du Tarot renvoient au  courage, à l’oblation et au dévouement chevaleresque. Les 7 sont les Nombres marquent en effet à la fois la prise en charge héroïque d’une œuvre nécessaire à la communauté et un caractère sacrificiel dans cette prise en charge. En tant qu’appartenant à la Verticale des II, les Nombres 7 parlent aussi de dualité.

Le 7 d’Épée met donc en relation le Service propre aux 7, au niveau III des Épées (niveau des épreuves et des grandes vertus qui en découlent). Il renvoie à  la vie intellectuelle des Épées et leur élément : l’Air. Et il appartient à la Verticale de la dualité. Cette Carte parle donc d’un usage particulier de l’intelligence, en lien avec la dualité du masque, et même  la duplicité d’une intelligence au service de la communauté, et une intelligence des relations humaines, de la psychologie humaine : c’est à la ruse que le  d’Épée se réfère, ainsi qu’à la manipulation, dans cette aptitude humaine que possède le rusé d’anticiper les pensées et actions des autres pour transformer une situation désavantageuse en succès et réussite.

La ruse est une aptitude très particulière. C’est une aptitude intellectuelle mais à visée pragmatique seulement. Le 7 d’Épée n’est pas un intellectuel, c’est un intelligent stratégique. Le rusé porte un masque, tel est le sens que prend ici la dualité de cette Verticale des II à laquelle appartiennent Chariot et Étoile. On ne sait jamais ce que le rusé pense, mais lui sait exactement ce que les autres pensent et vont faire. Devant le rusé, toujours masqué, chacun se retrouve nu, dénudé par son regard aigu, par sa science intuitive de la conscience humaine. Le rusé ne dévoile jamais ce qu’il pense et ses intentions. Il n’est pas dans la transparence, car celle-ci est une vulnérabilité. Son but est voilé, afin de pouvoir rester maître du coup suivant, imprévisible aux autres. C’est un joueur d’échec. La ruse est une aptitude traditionnellement considérée comme démoniaque, et le Diable, celui qui divise, qui est double dans son étymologie, joue avec les intentions humaines, comme s’ils étaient ses marionnettes. Mais la ruse est aussi valorisée par la Grèce antique, qui la considère comme une déesse et dont le représentant principal est Ulysse. Elle est aimée dans la religion musulmane, bien que souvent pour de mauvaises raisons. Et il y a une ruse divine, fondée, non sur le mépris diabolique des hommes, mais sur la compassion. De ce fait, cette Carte est comme toutes les Cartes à double sens.

Répondant à une question concernant le premier Niveau du Tarot, celui du corps et des réalités matérielles de l’incarnation humaine, le 7 d’Épée exige que soient pris en charge désormais les besoins du corps, mais sans brutalité, avec une réforme progressive des mauvaises habitudes. Il parle d’un membre de la famille (enfant ou parent) qui semble effacé, replié, secret mais qui, en réalité, sait exactement ce qu’il veut, mais il ne l’obtient pas par une attitude franche et conflictuelle, mais par une grande diplomatie, voire de la manipulation.  

cheval-de-troie-02Répondant à une question concernant le second Niveau du Tarot, celui des investissements sociétaux, le 7 d’Épée indique que la réussite ne peut pas s’obtenir par les voies droites de la compétition officielle. La progression exige beaucoup de souplesse d’échine, de diplomatie et de ruse. Il s’agit d’être quelque peu manipulateur. Tel est un joueur d’échecs, il faut être bien conscient de ses forces et de ses faiblesses, mais aussi observer atouts et faiblesses du rival, afin d’agir en saisissant le bon moment, en appuyant où cela fait mal, et en se servant de la force brutale de l’autre, pour la faire basculer à son avantage. Sports de combat asiatiques. Joueurs de poker, etc.

Le héros le plus connu de la ruse humaine mise au service de sa communauté, c’est Ulysse, le personnage mythologique grec à l’intelligence affutée, aidé par Athéna, la déesse de la raison, et qui parvient à ses fins par le mensonge, en mettant un masque, en observant et en agissant, en sachant saisir le kaïros : le bon moment. C’est par la ruse et grâce à Ulysse que la guerre de Troie s’est achevée dans l’épisode célèbre du fameux cheval de bois rempli des soldats qui mit fin à un siège de plus de 10 ans.

7swordsTirer une telle carte demande qu’on fuie l’affrontement direct qui ne donnera rien de bon, mais qu’on agisse avec sagesse, prudence, et intelligence.

C’est l’interprétation que fait le RWS quand il met en image un homme qui dérobe cinq épées à ses ennemis, les emportant sur la pointe des pieds, un sourire de contentement sur les lèvres. Sans le grand effort qu’aurait exigé un affrontement frontal, il a su affaiblir ses adversaires.

Mais garde qu’il ne soit pris ! Car le rusé alors, affronterait non seulement la haine des ennemis, mais leur mépris, et souvent aussi le mépris des siens. La ruse n’est pas une qualité aimée par les hommes, car elle relève du contraire du fair-play, quand le faible au lieu de s’incliner, cherche encore à triompher. On verra en lui un tricheur. 

De ce fait, le rusé qui agit pour le bien de sa communauté assume un côté sacrificiel qui est bien dans la lignée des 7 du Tarot.

Le rusé doit en réalité être doublement rusé, et faire en sorte que sa ruse ne soit pas décodée comme telle.

Répondant à une question concernant le troisième Niveau du Tarot, celui des vices, des épreuves et des grandes vertus qui découlent des épreuves pourvu qu’elles soient vécues dans une certaine forme de conscience, le 7 d’Épée parle d’une personne manipulatrice au mauvais sens du terme : il s’agit du pervers narcissique qui n’éprouve aucune compassion et agit en instrumentalisant totalement l’autre.

Mensonges, manipulation, cabales, malhonnêteté, malversations en tout genre sont au rendez-vous quand cette Carte sort dans une mauvaise posture.

En face d’une telle opposition, les méthodes habituelles dans la gestion des conflits professionnels sont impossibles. Il faut se faire aider, et si l’on peut… fuir. Se mettre à l’abri, en refusant tout contact ou le moins possible.

On demande à celui qui tire une telle Carte en opposition de cultiver franchise, droiture, et honnêteté. 

À l’inverse aussi, cette carte en posture révélant un manque, un défaut, incite à cultiver moins de transparence, à apprendre à garder ses secrets, à prendre du recul face au jeu de la vie, pour mieux calculer ses avancées, et comme un joueur de poker de ne pas dévoiler toutes ses cartes, d’en garder en réserve, pour prévenir les mauvais coups. 

Répondant à une question concernant le quatrième Niveau du Tarot, celui de la rosée spirituelle et des grâces et sous l’égide de L’Étoile, le 7 d’Épée parle de la ruse divine.

le lion et le renard

La ruse fait partie des qualités royales et dès lors divine que doit posséder tout bon gouvernement qui devra, comme le dit Machiavel, avoir la noblesse et la force du lion, mais aussi l’intelligence rusée du renard pour conserver son pouvoir et surtout agir au mieux des intérêts de son peuple dans les relations internationales. Les armes du 7 d’Épée sont dès lors politiques : le jeu des alliances et la diplomatie.

C’est pourquoi Métis, la déesse grecque de la ruse (une océanide en réalité) vit éternellement dans le ventre du roi des Dieux : Zeus, l’aidant à distinguer le bien du mal. Elle est l’une des forces primordiales, à l’instar d’Éros, le dieu de l’amour.

Dans le même ordre d’idée, la kabbale a lié la ruse divine à un ange :Nemaiah, dit « le Stratège«  le divin joueur d’échec. 

La ruse est aussi la qualification du Serpent du Paradis qui est dit « le plus rusé des animaux des champs que Yahvé-Dieu avait fait ». Et longtemps, ce dernier a été assimilé au démon. Pourtant le Serpent, contrairement à ce qu’on croit quand on n’a pas lu sérieusement le texte de la Bible, dit la vérité. Sa parole n’est pas mensongère. C’est un personnage de sagesse, autre qualificatif de la ruse. Il conduit l’humanité vers l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il est proche d’Eve, l’éternel féminin. Sa ruse est en réalité la ruse divine, la ruse compassionnelle d’un divin qui emmène l’humanité du côté de l’éthique. 

Les musulmans ont un mot pour désigner cette ruse, la taqiya qu’ils ne comprennent malheureusement pas souvent. Car il ne s’agit pas, pour Dieu, de cultiver le mensonge face à une communauté non musulmane pour favoriser la communauté musulmane, car comment le Dieu unique, aimant tous se enfants de manière égalitaire, pourrait-il agir ainsi ? La taqiya parle simplement d’un agir tout en douceur du divin qui sait que l’être humain n’est pas toujours prêt à la révélation proprement dite. C’est donc une providence de la prudence et de la compassion qui est en question dans la ruse du divin.

MarieCette ruse divine a pris ainsi la forme du voile de la Vierge Marie, l’une des seules figures restantes de cette Mère divine préhistorique  aimée d’une humanité matricielle, et qui a dû se cacher, se voiler, se déguiser, oubliée, proscrite qu’elle fut dans les monothéismes mâles liés aux sociétés patriarcales instaurées dès l’Antiquité, et qui s’est avancée masquée, déguisée en humble et docile, humaine et modeste servante du divin, la mère de Jésus de Nazareth. Cette Mère divine cependant, Apparition après Apparition, dévoile de plus en plus sa vraie nature de Déesse féminine, Reine du Ciel et de la Terre, Dame de tous les peuples, Dame de la miséricorde. Elle est la Guide, la Protectrice et la Bienfaitrice divine d’une humanité en passe de soulever le voile de Marie et de comprendre l’importance du féminin sacré pour son propre équilibre.

Et ce que la Mère divine telle qu’elle s’est manifestée dans le monde chrétien porte dans ses bras maternels, c’est non seulement l’enfant Jésus, le premier frère d’une humanité réalisée dans sa nature de réplique du divin, mais l’humanité entière, encore enfantine, et qui ne saurait advenir à sa maturité sans le soutien de sa Mère divine, ni sans sacrifier au culte qui est Lui est dû.

Structure du Tarot en 4x5Enfin, le 7 d’Épée est aussi représentatif de la ruse mystique des inventeurs du Tarot : sous l’apparence d’un jeu inoffensif, c’est le Livre initiatique même qu’il ont transmis siècle après siècles, à la barbe d’une Église immature, et qu’ils ont secrètement livré à ceux qui, désirant avancer sur le chemin alchimique, apprenaient à le décrypter.

Ce jeu met en effet en scène, pour ceux qui ont pu aligner les quatre Niveaux du tarot, la voie longue qui est celle de l’humanité et qui suit les 22 Atouts, Niveaux après Niveaux, à quoi s’associent les cinq voies courtes des Initiés et Adeptes, et qui correspondent aux cinq Verticales des Atouts.

En ce sens, le 7 d’Épée représente le Tarot tout entier.

Le Cavalier d’Epée

Le Cavalier d’Épée

Princes et Princesses du Tarot

Le brillant émissaire

L’infatigable chevalier de la justice

Cavalier-d'Epée 

Les Cavaliers appartiennent aux Honneurs du Tarot (ou encore Figures), ces Cartes particulièrement dédiées à la représentation des archétypes de l’humanité.

Les Cavaliers sont sous l’égide du Chariot, leur maître-Atout, Prince de l’exploration des Nouveaux-Monde, aussi sont-ils tous de fringants voyageurs. Appartenant, comme Le Chariot, à la Verticale des II, ils sont en effet confrontés à l’altérité et à sa gestion. Le Chariot est aussi un guerrier, et il apporte aux Cavaliers leurs caractères de défenseurs de leur Cité, de leur royaume.

Appartenant à la Cour de leur Couleur, les Cavaliers représentent les Princes et Princesses chargés par les Rois et Reines de les représenter en pays voisins ou plus lointains. Ce sont les émissaires de la Cour, ses ambassadeurs, ses représentants.

Le Cavalier qui nous intéresse ici a pour couleur l’Épée, Couleur en relation harmonique avec le 3e Niveau du Tarot, Niveau des épreuves de la vie et des grandes vertus qui en découlent. Les Épées sont de l’élément Air, élément masculin de la vie intellectuelle et de ses productions.

Le Maître-Atout secondaire du Cavalier d’Épée est Le Pendu qui apporte à son émissaire dans le monde des Honneurs sa patience, sa sagesse, son aptitude à inverser les points de vue et à enraciner ses réflexions dans le Ciel.

Une fois en main tous ces éléments, il nous est facile de comprendre à quel type de personnalité nous avons affaire avec le Cavalier d’Épée : c’est un homme jeune, la trentaine, le cheveu noir et la peau claire, un intellectuel brillant dans son domaine. Le cheval du Cavalier d’Épée du Tarot de Marseille caracole au-dessus de la terre, car son domaine se trouve dans la vie intellectuelle et ses idéaux. Du Chariot, il possède l’épaulette droite, au visage de Lune : son intuition est grande. Entièrement tourné vers la gauche, ce n’est pas un homme qui se dédie à l’action et à la création dans le monde, hormis dans son domaine intellectuel, c’est un homme doué de réflexion et qui, de ses méditations intellectuelles, tire une philosophie et un engagement idéaliste qui organise sa vision du monde.

Cavalierd'epée-riderLe Tarot Rider ne doit pas induire en erreur : son Cavalier d’Épée a beau être dans un mouvement furieux, il ne s’agit pas d’une activité guerrière au sens classique du terme ce qui appartiendrait plutôt au monde des Bâtons. S’il est véloce, c’est en tant qu’agent de l’élément Air, la vie intellectuelle. Son épée est sa plume et son esprit brillant, ainsi que son écriture. N’oublions pas que son Maître-Atout secondaire, c’est Le Pendu : comme lui, le Cavalier d’Épée n’est pas dans l’activité concrète, il agit subtilement par son intelligence.

Du point de vue du premier Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée représente le fils ou la fille aîné(e) de la famille, souvent parti du foyer familial et qui mène des études supérieures dans des domaines intellectuels et philosophiques, parfois à l’étranger. Ce jeune homme ou cette jeune femme est très brun(e), la peau claire, idéaliste et avec des principes de vie très rigoureux.

Indicateur d’échanges et de communications tournées vers le passé, cet Honneur d’Épée est souvent l’occasion de quelques échanges vifs, de quelques règlement de compte familiaux. 

Du point de vue du second Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée incarne les adjoints et adjointes des directeurs et directrices dans les domaines de la vie intellectuelle. Ils représentent aussi les maîtres de conférences et enseignants chercheurs, mais aussi les avocats, les enquêteurs, les clercs de notaires, etc. Dans son sens abstrait, il indique qu’une période de recherches et d’enquête s’ouvre. Il s’agit de partir ailleurs ou de chercher ailleurs pour trouver un nouveau point de vue sur le monde.

Du point de vue du troisième Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée parle d’une personne encore jeune, très intelligente mais dans le sens de la ruse, manipulatrice, perverse, qui avance ses points sur l’échiquier de ses ambitions, faisant des autres, de simples instruments qu’il manipule à sa guise.

Si le Tarot est interrogée pour une tierce personne, il met alors en garde le consultant, son adversaire peut être intellectuellement redoutable et d’autant plus dangereux qu’il avance masqué.

hermesCette Carte invite, aussi le consultant qui en ferait le tirage pour lui-même, à ne pas mépriser autrui même s’il n’est pas aussi rapide d’esprit que soi et à prendre conscience qu’il faut se mettre au service des plus faibles. Il doit apprendre la leçon du Pendu qui consiste à inverser les apparences : ce n’est pas au faible de se mettre au service du plus fort, mais au fort de le protéger. Elle indique aux intellectuels qu’il est temps d’élever leurs regards vers le Ciel spirituel et d’user, symboliquement, de la main gauche, cachée dans l’iconographie du Tarot de Marseille, la main gauche indiquant la main du cœur et de l’âme.

Du point de vue du quatrième Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée se situe clairement sous l’égide du Dieu grec Hermès qui porte le nom de Mercure chez les Romains, le dieu de la ruse, de l’intelligence et des messages.

 

Atout X-La Roue de Fortune

LA ROUE DE FORTUNE

Atout X

Cycles et répétitions

Conformisme, bêtise humaine

Animalité

Justice de la vie

Passer une étape essentielle

Humanisation, Individuation

roue-de-la-fortune

La Roue de Fortune est l’un des plus mystérieux Atouts et elle conserve, même après l’élucidation que représente sa posture dans la Structure du Tarot, et l’analyse du nombre X qui est le sien, cette signification de mystère. La tirer peut donc conduire à désigner une énigme à résoudre. Mais quelle énigme ?

Sachant qu’il s’agit du dernier Atout de ce cycle tarologique qu’est la Terre des Atouts, la Sphinge qui interroge le consultant, comme elle interrogea, en son temps, Œdipe pose une question qui ouvre la porte du Ciel : « que te faut-il comprendre pour que tu cesses de répéter, sempiternellement les mêmes erreurs, les mêmes errances qui te ferment les portes du Ciel ? »

sphinge_moreauSe souvenir de la question, bien connue, que la Sphinge posa au héros de Thèbes, peut aider à saisir le message de la Roue de Fortune : « qu’est-ce qui, au point du jour, marche à quatre pattes, avance à midi sur deux, et finit, le soir, sur trois jambes ? » La réponse d’Œdipe lui permit de rencontrer, pour la seconde fois, son destin, et d’entrer dans Thèbes en triomphateur. Mais ce succès se transforma en épreuve puisqu’en aveugle sur qui était pour lui la reine, il épousa sa propre mère, eut des enfants avec elle dont il était à la fois le frère et le père, et dut ensuite affronter cette vérité pour sauver Thèbes de la peste. Après s’être crevé les yeux, Œdipe erra aveugle, avec un bâton de pèlerin, et devint un sage, honoré dans la Grèce entière.

On le voit, la Sphinge mêla, à sa question énigmatique, l’essence de l’homme et la temporalité. Etre humain, c’est commencer à quatre pattes, comme un animal car on ne naît à l’humanité que d’une manière potentielle. Il faut, ensuite, la conquérir. Se relever et marcher à deux jambes, c’est verticaliser la relation au monde, c’est être enraciné dans la terre et avoir les yeux levés vers le ciel. Mais cela ne suffit pas, le destin de l’être humain c’est la sagesse et la spiritualité que symbolise, particulièrement dans le Tarot, le bâton du vieillard et du pèlerin.

« Sauras-tu entendre l’énigme de la nature humaine et réaliser ta propre reliance au Ciel ? » demande la Sphinge au Consultant. S’il n’en est pas capable, c’est alors le cycle de la Terre qui va se répéter, indéfiniment, et que symbolise la grande roue qui se trouve au cœur de l’iconographie de la Carte. Sur cette dernière, en effet, il n’y a que des animaux, mais des animaux en habits : cela signifie que la plupart des êtres humains restent très mécaniques, automatiques, réactifs, dans leurs comportements grégaires et conformistes (que symbolise bien le singe attaché à la roue). Leur intelligence reste entièrement ancrée dans les besoins matériels. On notera avec intérêt que l’animal en train de monter sur cette roue peut aussi bien être un chien qu’un lièvre. Or ces deux animaux font figure de gardien du seuil. Le Chien est le gardien du seuil de l’autre monde selon de nombreux mythes. Et le lièvre est un passeur, et sa fonction est d’ouvrir « le passage entre le monde de l’apparence et celui de la réalité intérieure, entre le monde visible et les potentialités du devenir » (Dictionnaire de la symbolique de G. Romey).  Dans le Tarot, cet animal qui monte est doté de trois oreilles, l’une est celle qui permet d’entendre ce qui ne passe pas par le son audible habituel. C’est la voix de l’inconscient ou mieux celle du surconscient que le Lièvre grippant possède.

Roue de fortune chez Bocace

Le mouvement de la roue nous éclaire en effet : en bas de la roue, il tourne de gauche à droite, et en haut de droite à la gauche dans un mouvement qui est exactement contraire au mouvement de l’aiguille dans une horloge, comme si on remontait le temps. En réalité, ce mouvement inversé est le mouvement de la vie même : en bas, c’est-à-dire, dans le Cycle de la Terre qu’on vient de finir, il faut avancer de la gauche à la droite : aller du féminin passif au masculin actif, du réceptif à l’émissif, de l’imparfait au parfait ou, en langage de Tarot, des Deniers aux Bâtons. Mais à un moment donné, si on veut s’élever jusqu’au Ciel (que symbolise le haut de la Roue), il faut aller de la droite à la gauche, du masculin au féminin, de l’actif au réceptif, et de l’intellect au spirituel, ou encore, en langage de Tarot, des Épées aux Coupes. La spiritualité est en effet un renversement total des perspectives, comme le montrent deux Atouts essentiels du cycle du Ciel : Le Pendu et La Maison Dieu. Le féminin, le plus bas, le plus enraciné dans la Terre, se révèle aussi le plus élevé, le plus spirituel. « Es-tu capable de ce renversement des perspectives ? » demande la Sphinge au consultant. Il te faudra alors avoir les pieds en l’air : être enraciné dans la Ciel. Le singe prend alors une tout autre signification : il n’est plus le symbole du conformisme bête, mais l’acteur d’une libération psychique, d’une ouverture vers le mystère, le sacré.

Le X est le Nombre de l’Atout. Chaque X signale, dans le Tarot, qu’un cycle entier est accompli. Dans le X, nous avons deux V qui sont reliés l’un à l’autre au centre du X, l’un est un calice ouvert vers la Terre, l’autre vers le Ciel. Ces deux V liés de la Roue de Fortune se trouvent, au demeurant, dans le nom attribué à cet Atout : La Rove de Fortvne, comme une clé supplémentaire au décryptage de cette énigme entière qu’est le Tarot. Ce premier X des Atouts du Tarot indique que les deux Niveaux du premier Cycle de la Terre sont désormais liés l’un à l’autre : celui, le premier, du féminin de la Terre et celui, le second du masculin de la Terre (V+V). La vie familiale et la vie sociale sont l’essentiel de ces deux Niveaux que dessine le X. Chaque élément de ces deux vies sont en place, désormais, et dès lors, le consultant peut s’élever au troisième Niveau qui inaugure le Ciel des Atouts. Ce X qui la caractérise est à la fois le signe qu’un cycle complet est accompli, et une croix qui indique que le chemin est barré. Un chemin est barré, au sens où l’on ne pourra pas aller plus loin dans ce cycle de la Terre. Il  faut désormais élever les yeux, et regarder le Ciel.

Le fait que l’Atout XI soit la Carte complémentaire de  l’Atout X insiste sur ce fait : pour sortir du cycle de la répétition perpétuelle, pour advenir pleinement à son humanité, il faut accéder à sa propre individualisation. Il faut faire preuve de maîtrise de soi.

Verticale des VAu sein de la verticale des V, la Roue de Fortune a parfaitement sa place. Cette Verticale est en effet dédiée aux petits et grands maîtres spirituels, aux petits et grands éveilleurs de conscience, aux petits et grands Inspirés. La forme du V est en effet celui du Calice, et tous les V des Atouts sont des êtres en lien médiumnique au Ciel, d’une façon différente, cependant, des Coupes des Cartes numérales et des Honneurs. Les Atouts représentent les Essences éternelles de l’humanité, ils parlent donc d’archétypes. Et ceux qui sont en question dans les V, ce sont les êtres les plus charismatiques, ce et ceux qui lient les hommes à la communauté fraternelle et au Ciel. Après le prêtre (Le Pape) qui incitait ses ouailles à grandir en changeant de Niveau et surtout en allant voir ailleurs, en sortant de sa famille, de sa communauté, de sa contrée, de sa culture, de son pays… la Roue de Fortune est le grand Juge de la vie terrestre qui incite à changer de Cycle et plus seulement de Niveau. Il ne s’agit plus désormais d’aller se promener dans l’horizontalité d’une géographie ouverte, mais dans la verticalité d’une conscience en éveil. La Sphinge est une reine. Sa tête est couronnée, son pouvoir est total. C’est l’équivalent supérieur au Pape au sens où elle ouvre un nouvel horizon et un  nouvel espoir, mais elle est bien plus dure : la sphinge tient dans la main la même épée que la Justice et comme avec cette dernière l’épée penche, mais beaucoup plus et dans l’autre sens : sur la droite. Ici, pas de tendresse pour la faiblesse humaine, pas d’indulgence. La Sphinge a la dureté du Diable son équivalent supérieur. C’est la dure loi de la vie qui est en jeu, celle que les hindous et les bouddhistes appellent le karma et qui fait qu’on paie toujours exactement ses dettes. Son message est clair : ou bien on est capable d’élévation ou bien on est rejeté dans le flux de l’éternel retour du même. Faite d’un corps de lion et d’ailes d’oiseaux, la Sphinge est femme en partie. Elle réunit donc déjà en elle cette union de la Terre au Ciel qu’incarnera, de façon bien plus accomplie l’Atout du Jugement.

Quand on tire La Roue de Fortune, on peut être certain d’être à un tournant essentiel de sa vie : ou bien on régressera, parce qu’on n’aura pas su élever sa vision des choses, et on retournera au cycle antérieur, du fait de la répétition des mêmes erreurs, ou bien on va passer un seuil, celui de la spiritualité. Cet Atout indique toujours qu’il faut rassembler ses forces MAINTENANT pour trouver des réponses qui ne soient ni réactives, ni automatiques. Il s’agit d’inventer une nouvelle manière d’être au monde qui ouvre sa vie au Ciel.

Du point de vue du premier Niveau des Atouts du Tarot, La Roue de Fortune parle des animaux domestiques.

Du pont de vue du second Niveau, cet Atout X indique qu’un changement de vie est en cours. Il renvoie aux métiers d’élevage, mais aussi aux métiers en lien avec la rivière, le fleuve, les meules, les moulins, ainsi qu’aux métiers en lien avec les énigmes, les enquêtes (inspecteur de police) mais aussi à ceux qui favorisent un questionnement intérieur, une prise de conscience (juge, psychanalyste, prêtre, guru).

Du point de vue du troisième Niveau, la Roue de Fortune parle de karma, de nécessité de faire face à ses erreurs passées, à ses méfaits, à ses défaillances afin de faire les prises de conscience nécessaires. Elle parle aussi de blocage ou de régression. Les vertus induites par cette carte sont celles de la rédemption et la conversion, c’est-à-dire de la capacité à s’engager dans une transformation radicale de sa vie pour l’orienter vers le Ciel.MandalaSable2008-12

Du point de vue du quatrième Niveau, cet Atout ouvre le Ciel. C’est l’indication que l’on est mûr pour entrer dans la voie spirituelle. Bien évidemment cette Carte se rapproche de la notion de Karma hindou et bouddhiste, mais aussi de l’éternel retour de la nature tel que le voyaient les stoïciens, et dès lors aussi du mandala tibétain, éternel et éphémère.

Le X ne représente pas seulement la Croix de Saint André, le premier Appelé, premier Disciple du Christ, cette croix et ce nom d’André sont porteur d’une signification importante pour la compréhension de ce X qui se traduit, dans le Tarot, par la Roue de fortune.

Cette croix en X sur laquelle fut crucifié saint André est aussi la première lettre du nom grec Christos (χριστός), le premier être humain réalisé dans sa royauté céleste, Réplique du divin, Gardien de la Terre, Protecteur de toute la biosphère et de l’humanité endormie. André est un prénom qui signifie sous sa forme grecque (Andros), l’Homme. andrésurlacroix

Dans ce X, si c’est l’humain qui est en question, c’est l’humain qui a accompli le premier cycle, celui de la Terre, qui n’est complet que dans la réunion de la petite Terre (le féminin, l’élément terre et le sec, et fin les Deniers sont en relation harmonique avec ce premier Niveau  dont le symbole est Symbole de la terre) de la Terre et du petit Ciel de la Terre (le masculin, l’élément Feu, le chaud, et les Bâtons et dont le symbole est Symbole de feu). L’un plus l’autre donne un carré sur la pointe, la réunion de deux univers, pour la formation d’un ensemble solide et parfaitement uni : étoile. Cet ensemble est celui de première complétude.

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