Evolution des prédictions dans différentes consultations avec le même voyant (2)

 

Suite à la demande d’un voyant que je présentais ici et qui préfère rentrer dans l’ombre pour des raisons qui n’appartiennent qu’à  lui, j’ai repris mes notes sur les consultations passées et je voulais vous présenter un cas d’école assez remarquable d’une suite de deux consultations sur le plan professionnel par la même excellente voyante, et de manière très proche dans le temps. Ces deux consultations furent très différentes, voire totalement contradictoires dans l’ambiance qu’elles décrivaient, ce qui fait que j’étais très dubitative sur la valeur possible des deux consultations. Pour moi, à l’époque, l’une était sans doute juste et l’autre non. Et comme la première m’arrangeait, j’ai mis l’autre au placard.

– Première consultation en  mai 2015, Martine m’explique qu’un changement dans l’ordre professionnel arrive. Avec déménagement, et au commencement une période de recul, de redémarrage à zéro. Des amitiés nouvelles devaient alors avoir lieu, deux femmes, avec les cheveux clairs, une avec un fils. Il y aura des conflits sur le plan pro, mais ce sera collectif, avec intervention du syndicat. En ce qui concernait les projets d’écriture, il y aurait au bord de la mer, un déplacement auprès d’un homme plus âgé, et une très belle rencontre. Un homme bien, très protecteur, et qui serait comme un père spirituel.
Et mon enfant devait faire des études artistiques après avoir connu une rupture amoureuse.

–Seconde consultation en septembre 2015, ayant effectivement déménagé, eu ma mutation, j’ai repris une consultation avec Martine pour préciser les choses. Et là c’est une autre chanson qu’elle m’a servie. Elle m’affirma que dans le travail, les choses ne seraient pas simples, que j’aurais un conflit avec une collègue très envieuse, agressive et que j’allais travailler dans une ambiance compliquée. Qu’un homme jouerait un rôle apaisant. Cette période ne serait pas totalement négative, car cet homme reconnaîtrait mon travail. Et que suite à cela, il y aurait un autre poste, qui débloquerait toute la situation et de manière très marquée. Qu’un homme allait jouer un rôle important dans ce sens. Enfin, elle ajouta que sur le plan de l’écriture, un livre mettrait un an à s’écrire, et que ce sera un beau projet, et qu’il se terminerait en septembre 2016.

Les retours à ce jour (septembre 2016) :

Comme je vous le disais, la seconde voyance, trop pessimiste et angoissante, a été immédiatement oubliée par moi. Elle ne me plaisait pas du tout, y compris quand elle parlait de l’écriture d’une œuvre en un an ce qui me semblait vraiment long (j’avais un projet qui me semblait alors bien avancé). 

J’ai fait ce qu’on appelle un acte manqué : j’ai littéralement planqué la feuille de mes notes dans un vieux cahier de voyance. Je ne me souvenais que de la voyance faite en mai 2015, que je relisais de temps en temps, épatée par la vérité qu’elle recelait, puis déçue par l’évolution des choses.

Et puis, suite à quelques recherches à l’occasion de cette demande de ce voyant voulant entrer dans l’ombre… Je tombe sur cette voyance de septembre 2015, d’il y a donc exactement un an, que j’avais totalement oubliée, mais à la lecture de laquelle, je fus éberluée de tout ce qui avait été vu par Martine. Loin d’avoir été contradictoire avec la première voyance, ce que j’avais cru sur le coup, elle disait autre chose… et d’autres vérités… tout ou presque a été vrai dans les deux voyances, mais à des temps différents.

Ainsi, je suis arrivée sur un poste où il m’a fallu, effectivement tout reprendre à zéro. J’ai été en charge d’un travail qui m’a mise en relation avec deux collègues fort sympathiques. Deux femmes de mon âge, deux blondes, l’une avec une grande fille, l’autre avec trois garçons jeunes adultes ou grands adolescents. J’étais alternativement proche de l’une puis de l’autre… Et on se voyait ailleurs que dans le cadre professionnel… Mon enfant s’est bien tourné vers l’art. Il avait bien connu une rupture avant le déménagement. 

Mais…  à un moment donné, je me suis trouvée seule avec l’une de mes deux collègues, qui a fait montre d’un autoritarisme invraisemblable vu la situation. Le chef a eu des paroles apaisantes. Mais l’ambiance fut très dure. Et c’est vrai que j’ai eu une promotion dans cette période, grâce au chef qui a clairement manifesté qu’il appréciait mon travail.

Et j’ai bien écrit un livre, dont l’écriture a duré exactement un an. Je viens de le finir, hormis la conclusion. Et si ce fut si long, contre toutes mes propres prévisions, c’est parce qu’à la moitié de l’année, j’ai complètement changé d’optique, et j’ai dû tout réécrire, dans une nouvelle direction, imprévisible au départ.

Pour la suite, nous en sommes encore aux prédictions. Ainsi, pour le moment je suis toujours sur le même boulot pas très marrant, maintenant que je connais le vrai visage de ma collègue, mais plusieurs voyants m’ont prédit un autre poste avec l’aide d’un homme qui joue un rôle important pour m’aider à l’obtenir, et tous parlent d’un « changement du tout au tout », c’est-à-dire d’un travail beaucoup plus adapté à mes compétences et avec un milieu, lui aussi, adapté à mon type de fonctionnement. Donc, attendons la suite pour terminer la validité de la fin de la deuxième voyance. 

Conclusion :

Dans cet exemple, nous voyons que Martine n’a pas cherché à répéter la voyance qu’elle avait déjà donnée. Par chance, elle ne devait pas s’en souvenir… Car je l’avais déjà vu répéter, dans le passé, avec systématique, ce qu’elle avait déjà dit avant. Et je le regrettais car j’avais l’impression de payer pour rien les deuxième ou troisième consultations. Et je ne suis pas la seule à avoir eu cette impression à son sujet, et pour combien d’autres voyants.

Deux honnêtes consultations de voyance furent ainsi engagées dans un temps proches, contradictoires dans le type d’ambiance décrit, et qui furent l’une et l’autre…  de très bonnes voyances. Elles ont simplement saisi deux moments différents et des choses différentes. Là ces moments se suivaient chronologiquement dans l’ordre chronologique des consultations. La seule erreur nette de Martine fut sur la nature du conflit qu’elle avait vu dans la consultation de mai 2015 : elle n’a pas compris, et c’est heureux dans un sens, que le conflit qu’elle prévoyait serait lié à l’une des deux « amies » qu’elle avait citées. C’est heureux, car cela m’aurait empoisonné cette longue partie de l’année par une méfiance prématurée et une inquiétude inutile. Et elle ne l’a pas vu, parce que le début de sa voyance le lui interdisait. Elle a donc cru à un conflit collectif. Ce ne fut pas le cas.

L’évolution des voyances d’un même voyant, quand celui-ci est reconnu comme sérieux, ne signifie qu’une chose : il a saisi des images différentes. Parfois disant des vérités différentes pour des temps différents, parfois l’une étant juste l’autre fausse. Tout voyant honnête doit donc dire ce qu’il voit, même s’il se souvient avoir dit autre chose dans une consultation préalable. Parce que c’est ce que l’on lui donne à transmettre. Il faut donc considérer chaque consultation comme totalement neuve.

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ATTENTION,



le 7 d’Épée

 

Le 7 d’Épée

Ruse

7d'Epée

Le maître-mot des Nombres 7 du Tarot c’est le service. Il s’agit d’une individualité en charge des plus pénibles tâches au service de la communauté. Sous l’égide particulière de L’Étoile, l’Atout-maître des Nombres 7, et secondairement du Chariot, tous les 7 du Tarot renvoient au  courage, à l’oblation et au dévouement chevaleresque. Les 7 sont les Nombres marquent en effet à la fois la prise en charge héroïque d’une œuvre nécessaire à la communauté et un caractère sacrificiel dans cette prise en charge. En tant qu’appartenant à la Verticale des II, les Nombres 7 parlent aussi de dualité.

Le 7 d’Épée met donc en relation le Service propre aux 7, au niveau III des Épées (niveau des épreuves et des grandes vertus qui en découlent). Il renvoie à  la vie intellectuelle des Épées et leur élément : l’Air. Et il appartient à la Verticale de la dualité. Cette Carte parle donc d’un usage particulier de l’intelligence, en lien avec la dualité du masque, et même  la duplicité d’une intelligence au service de la communauté, et une intelligence des relations humaines, de la psychologie humaine : c’est à la ruse que le  d’Épée se réfère, ainsi qu’à la manipulation, dans cette aptitude humaine que possède le rusé d’anticiper les pensées et actions des autres pour transformer une situation désavantageuse en succès et réussite.

La ruse est une aptitude très particulière. C’est une aptitude intellectuelle mais à visée pragmatique seulement. Le 7 d’Épée n’est pas un intellectuel, c’est un intelligent stratégique. Le rusé porte un masque, tel est le sens que prend ici la dualité de cette Verticale des II à laquelle appartiennent Chariot et Étoile. On ne sait jamais ce que le rusé pense, mais lui sait exactement ce que les autres pensent et vont faire. Devant le rusé, toujours masqué, chacun se retrouve nu, dénudé par son regard aigu, par sa science intuitive de la conscience humaine. Le rusé ne dévoile jamais ce qu’il pense et ses intentions. Il n’est pas dans la transparence, car celle-ci est une vulnérabilité. Son but est voilé, afin de pouvoir rester maître du coup suivant, imprévisible aux autres. C’est un joueur d’échec. La ruse est une aptitude traditionnellement considérée comme démoniaque, et le Diable, celui qui divise, qui est double dans son étymologie, joue avec les intentions humaines, comme s’ils étaient ses marionnettes. Mais la ruse est aussi valorisée par la Grèce antique, qui la considère comme une déesse et dont le représentant principal est Ulysse. Elle est aimée dans la religion musulmane, bien que souvent pour de mauvaises raisons. Et il y a une ruse divine, fondée, non sur le mépris diabolique des hommes, mais sur la compassion. De ce fait, cette Carte est comme toutes les Cartes à double sens.

Répondant à une question concernant le premier Niveau du Tarot, celui du corps et des réalités matérielles de l’incarnation humaine, le 7 d’Épée exige que soient pris en charge désormais les besoins du corps, mais sans brutalité, avec une réforme progressive des mauvaises habitudes. Il parle d’un membre de la famille (enfant ou parent) qui semble effacé, replié, secret mais qui, en réalité, sait exactement ce qu’il veut, mais il ne l’obtient pas par une attitude franche et conflictuelle, mais par une grande diplomatie, voire de la manipulation.  

cheval-de-troie-02Répondant à une question concernant le second Niveau du Tarot, celui des investissements sociétaux, le 7 d’Épée indique que la réussite ne peut pas s’obtenir par les voies droites de la compétition officielle. La progression exige beaucoup de souplesse d’échine, de diplomatie et de ruse. Il s’agit d’être quelque peu manipulateur. Tel est un joueur d’échecs, il faut être bien conscient de ses forces et de ses faiblesses, mais aussi observer atouts et faiblesses du rival, afin d’agir en saisissant le bon moment, en appuyant où cela fait mal, et en se servant de la force brutale de l’autre, pour la faire basculer à son avantage. Sports de combat asiatiques. Joueurs de poker, etc.

Le héros le plus connu de la ruse humaine mise au service de sa communauté, c’est Ulysse, le personnage mythologique grec à l’intelligence affutée, aidé par Athéna, la déesse de la raison, et qui parvient à ses fins par le mensonge, en mettant un masque, en observant et en agissant, en sachant saisir le kaïros : le bon moment. C’est par la ruse et grâce à Ulysse que la guerre de Troie s’est achevée dans l’épisode célèbre du fameux cheval de bois rempli des soldats qui mit fin à un siège de plus de 10 ans.

7swordsTirer une telle carte demande qu’on fuie l’affrontement direct qui ne donnera rien de bon, mais qu’on agisse avec sagesse, prudence, et intelligence.

C’est l’interprétation que fait le RWS quand il met en image un homme qui dérobe cinq épées à ses ennemis, les emportant sur la pointe des pieds, un sourire de contentement sur les lèvres. Sans le grand effort qu’aurait exigé un affrontement frontal, il a su affaiblir ses adversaires.

Mais garde qu’il ne soit pris ! Car le rusé alors, affronterait non seulement la haine des ennemis, mais leur mépris, et souvent aussi le mépris des siens. La ruse n’est pas une qualité aimée par les hommes, car elle relève du contraire du fair-play, quand le faible au lieu de s’incliner, cherche encore à triompher. On verra en lui un tricheur. 

De ce fait, le rusé qui agit pour le bien de sa communauté assume un côté sacrificiel qui est bien dans la lignée des 7 du Tarot.

Le rusé doit en réalité être doublement rusé, et faire en sorte que sa ruse ne soit pas décodée comme telle.

Répondant à une question concernant le troisième Niveau du Tarot, celui des vices, des épreuves et des grandes vertus qui découlent des épreuves pourvu qu’elles soient vécues dans une certaine forme de conscience, le 7 d’Épée parle d’une personne manipulatrice au mauvais sens du terme : il s’agit du pervers narcissique qui n’éprouve aucune compassion et agit en instrumentalisant totalement l’autre.

Mensonges, manipulation, cabales, malhonnêteté, malversations en tout genre sont au rendez-vous quand cette Carte sort dans une mauvaise posture.

En face d’une telle opposition, les méthodes habituelles dans la gestion des conflits professionnels sont impossibles. Il faut se faire aider, et si l’on peut… fuir. Se mettre à l’abri, en refusant tout contact ou le moins possible.

On demande à celui qui tire une telle Carte en opposition de cultiver franchise, droiture, et honnêteté. 

À l’inverse aussi, cette carte en posture révélant un manque, un défaut, incite à cultiver moins de transparence, à apprendre à garder ses secrets, à prendre du recul face au jeu de la vie, pour mieux calculer ses avancées, et comme un joueur de poker de ne pas dévoiler toutes ses cartes, d’en garder en réserve, pour prévenir les mauvais coups. 

Répondant à une question concernant le quatrième Niveau du Tarot, celui de la rosée spirituelle et des grâces et sous l’égide de L’Étoile, le 7 d’Épée parle de la ruse divine.

le lion et le renard

La ruse fait partie des qualités royales et dès lors divine que doit posséder tout bon gouvernement qui devra, comme le dit Machiavel, avoir la noblesse et la force du lion, mais aussi l’intelligence rusée du renard pour conserver son pouvoir et surtout agir au mieux des intérêts de son peuple dans les relations internationales. Les armes du 7 d’Épée sont dès lors politiques : le jeu des alliances et la diplomatie.

C’est pourquoi Métis, la déesse grecque de la ruse (une océanide en réalité) vit éternellement dans le ventre du roi des Dieux : Zeus, l’aidant à distinguer le bien du mal. Elle est l’une des forces primordiales, à l’instar d’Éros, le dieu de l’amour.

Dans le même ordre d’idée, la kabbale a lié la ruse divine à un ange :Nemaiah, dit « le Stratège«  le divin joueur d’échec. 

La ruse est aussi la qualification du Serpent du Paradis qui est dit « le plus rusé des animaux des champs que Yahvé-Dieu avait fait ». Et longtemps, ce dernier a été assimilé au démon. Pourtant le Serpent, contrairement à ce qu’on croit quand on n’a pas lu sérieusement le texte de la Bible, dit la vérité. Sa parole n’est pas mensongère. C’est un personnage de sagesse, autre qualificatif de la ruse. Il conduit l’humanité vers l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il est proche d’Eve, l’éternel féminin. Sa ruse est en réalité la ruse divine, la ruse compassionnelle d’un divin qui emmène l’humanité du côté de l’éthique. 

Les musulmans ont un mot pour désigner cette ruse, la taqiya qu’ils ne comprennent malheureusement pas souvent. Car il ne s’agit pas, pour Dieu, de cultiver le mensonge face à une communauté non musulmane pour favoriser la communauté musulmane, car comment le Dieu unique, aimant tous se enfants de manière égalitaire, pourrait-il agir ainsi ? La taqiya parle simplement d’un agir tout en douceur du divin qui sait que l’être humain n’est pas toujours prêt à la révélation proprement dite. C’est donc une providence de la prudence et de la compassion qui est en question dans la ruse du divin.

MarieCette ruse divine a pris ainsi la forme du voile de la Vierge Marie, l’une des seules figures restantes de cette Mère divine préhistorique  aimée d’une humanité matricielle, et qui a dû se cacher, se voiler, se déguiser, oubliée, proscrite qu’elle fut dans les monothéismes mâles liés aux sociétés patriarcales instaurées dès l’Antiquité, et qui s’est avancée masquée, déguisée en humble et docile, humaine et modeste servante du divin, la mère de Jésus de Nazareth. Cette Mère divine cependant, Apparition après Apparition, dévoile de plus en plus sa vraie nature de Déesse féminine, Reine du Ciel et de la Terre, Dame de tous les peuples, Dame de la miséricorde. Elle est la Guide, la Protectrice et la Bienfaitrice divine d’une humanité en passe de soulever le voile de Marie et de comprendre l’importance du féminin sacré pour son propre équilibre.

Et ce que la Mère divine telle qu’elle s’est manifestée dans le monde chrétien porte dans ses bras maternels, c’est non seulement l’enfant Jésus, le premier frère d’une humanité réalisée dans sa nature de réplique du divin, mais l’humanité entière, encore enfantine, et qui ne saurait advenir à sa maturité sans le soutien de sa Mère divine, ni sans sacrifier au culte qui est Lui est dû.

Structure du Tarot en 4x5Enfin, le 7 d’Épée est aussi représentatif de la ruse mystique des inventeurs du Tarot : sous l’apparence d’un jeu inoffensif, c’est le Livre initiatique même qu’il ont transmis siècle après siècles, à la barbe d’une Église immature, et qu’ils ont secrètement livré à ceux qui, désirant avancer sur le chemin alchimique, apprenaient à le décrypter.

Ce jeu met en effet en scène, pour ceux qui ont pu aligner les quatre Niveaux du tarot, la voie longue qui est celle de l’humanité et qui suit les 22 Atouts, Niveaux après Niveaux, à quoi s’associent les cinq voies courtes des Initiés et Adeptes, et qui correspondent aux cinq Verticales des Atouts.

En ce sens, le 7 d’Épée représente le Tarot tout entier.



Le 6 de Bâton

 

Le 6 de Bâton

Triomphe

La chevalerie

L’héroïsme

6 de bâton

Le maître-mot des Nombres 6 du Tarot c’est la prise en charge du plus faible pour lui offrir, dans la dynamique de chaque Couleur, sa protection bienveillante. Inaugurant le Ciel des Nombres, les 6 sont en effet sous l’égide particulière de de La Maison Dieu et secondairement de L’Amoureux, deux Cartes représentant à la fois des scènes collectives et une forme d’éveil spirituel, la seconde sous l’influence d’Éros, le feu de Dieu, et la première en tant qu’illumination, explosion de conscience divine, là aussi par un feu divin qui traverse toute structure pour en faire une cathédrale de lumière, enracinant les pieds des êtres humains dans un Ciel duquel tombe en pluie toutes les grâces divines.

Le 6 de Bâton reçoit en réalité deux fois le feu d’éros, par ses Maîtres-Atout et par sa couleur: le Bâton, symbole en lui-même du feu et de l’éros. Ce double feu se traduit dans un grand charisme. Le 6 de Bâton représente les champions et championnes de chaque communauté, ceux qui viennent de la sauver d’un désastre et reçoivent tout l’amour d’un peuple aimant. En retour, les 6 de Bâton sont dévoués à cette communauté et prêt à risquer leur vie pour elle. Ce sont des héros et des héroïnes. Ils reçoivent les lauriers que leur courage et leur abnégation méritent. C’est le temps d’un triomphe remarquable que représente le 6 de Bâton.

Répondant à une question concernant le premier Niveau du Tarot, celui du corps et des réalités matérielles de l’incarnation humaine, le 6 de Bâton assure une réussite matérielle éclatante, une médiatisation, un moment de joie intense, lié à la reconnaissance que la communauté offre à celui qui mérite son admiration. Dans la famille, on se réjouit de cette réussite, on organise et participe à une fête en l’honneur de celui qui s’est ainsi distingué dans l’espace sociétal, faisant chanter le nom de sa famille. L’individualité est donc chargée de représenter cette famille, à l’extérieur, dans la société, et elle est suivie par toute sa famille qui en a fait son héros. Sur le plan de la santé, c’est une carte très heureuse : guérison parfaite. Sous l’égide de la Maison Dieu, et sur le plan financier, un accroissement soudain et spectaculaire de la fortune.

wands06Répondant à une question concernant le second Niveau du Tarot, celui des investissements sociétaux, le 6 de Bâton annonce la réussite à un examen ou à un concours. Sous l’égide de L’Amoureux, cette Carte indique que l’on est en train de changer de métier ou de communauté professionnelle, qu’on se réoriente de manière extrêmement favorable, où l’on sera bien mieux reconnu pour ses compétences. Un poste de responsabilité, et de représentativité est en question. De part son maître-Atout  La Maison-Dieu, cette Carte parle d’une fête joyeuse en l’honneur de sa réussite. C’est cette lisse en foule que représente le 6 de Bâton du Rider.

Répondant à une question concernant le troisième Niveau du Tarot, celui des vices, des épreuves et des grandes vertus qui découlent des épreuves pourvu qu’elles soient vécues dans une certaine forme de conscience, le 6 de Bâton parle de vantardise, de personnalité avide d’être remarquée, qui se croit destinée à devenir une star.

Le succès est injuste. À moins qu’il soit mal vécu, la personne qui tire cette Carte étant confrontée à une mise en lumière brutale par sa médiatisation, alors qu’elle n’est pas prête à ce type de succès.

Beaucoup de narcissisme souvent dans cette Carte, qui demande à ce qu’on pratique un véritable altruisme, et le sens du Service qui incombe à toute personne ayant un charisme.

Dans le pire des cas, cette Carte parle de la violence de personnes qui croient se faire les champions d’une cause juste et qui en sont l’opposé. On pense bien sûr aux djihadistes, mais dans le passé, il y a eu de nombreux exemples de cette confusion entre une juste cause qui exige un engagement armé et l’injustice et la brutalité qui se sert de la religion comme justificatrice (Bush par exemple et sa croisade en Irak).  

Répondant à une question concernant le quatrième Niveau du Tarot, celui de la rosée spirituelle et des grâces et sous l’égide de La Maison-Dieu, le 6 de Bâton parle des ordres de la chevalerie, du Samouraï, du Chevalier défendant la cause des orphelins, des femmes, des veuves, des pauvres. Il s’agit d’une personnalité puissante au service d’une cause véritablement juste. On peut y voir aussi l’armée du Ciel en lutte contre les armées démoniaques.ordre_teutonique1

Ainsi, pour prendre un exemple des Ordres chevaliers nés au Moyen-Age, à partir des Chevaliers de Malte, ou chevaliers hospitaliers, l’Ordre de Chevalerie Teutonique, né de pèlerins germaniques lors de la 3e croisade au XIIe siècle, et dont les membres se sont distingués durant la Seconde Guerre mondiale, en refusant de servir Hitler, en soignant les blessés de toutes les nations en guerre, en cachant les enfants juifs et les partisans communistes, puis en veillant à ce que les soldats allemands, à la fin de la guerre, aient droit à un procès.

Toujours en activité, cet Ordre se considère de nos jours comme au service du Christ-Roi, à la protection des faibles, des victimes, des pauvres, fidèle à sa devise « aider et guérir ensemble ».

 



Prophéties pour la France de Marthe Robin

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Marthe Robin, pour ceux qui ne la connaissent pas, est une Française qui fut l’une des plus rayonnantes figures spirituelles du XXe siècle. Née en 1902, dans la Drôme, de parents modestes paysans, elle fut atteinte d’une maladie handicapante dès l’âge de 16 ans, et définitivement immobilisée dans sa chambre, à partir de 25 ans. A 26 ans, elle fit de sa maladie un chemin spirituel en s’associant mentalement aux souffrances du Christ.

A cette époque, l’abbé G. Finet se rapprocha d’elle, et elle devint l’inspiratrice d’un mouvement chrétien diffusant l’amour du divin par la création de foyers de charité. Son rayonnement spirituel était tel qu’elle recevait dans sa petite chambre d’importantes personnalités politiques et artistiques, et par ailleurs plus de 100 000 personnes jusqu’à sa mort en 1981. Tous ceux qui l’approchaient étaient frappés par la joie qu’elle manifestait, et l’exemple qu’elle représentait dans sa capacité à transformer les épreuves et la souffrance physique en offrande au divin. Voici l’une de ses prières :

« Ô Jésus, Jésus, je vous aime ! Je suis heureuse dans toutes mes souffrances. Toutes mes épreuves, mes afflictions, mes peines, mes chagrins, je les offre à Dieu […] afin que toutes […] servent à répandre sur les âmes les trésors infinis de vérité, de grâces et de miséricordes cachées dans le Sein de Dieu. »

Marthe était un exemple de joie de vivre ; elle cachait ses souffrances à son entourage, voulant rayonner la joie qu’elle trouvait dans cette union avec Jésus.

Et elle est connue aussi pour avoir fait des prophéties, et particulièrement pour la France, sa chère patrie.

Voici ce qu’affirma Marthe du futur de la France entre 1930 et 1981 :

En 1930 :

« La France est la fille aînée de l’Église. La France est la patrie privilégiée de la Sainte Vierge. La France est le berceau des Saints. La France doit être le temple des louanges de Dieu. Aimer Dieu, le faire aimer, c’est gagner une couronne pour le ciel. Aimer la France, la faire aimer, c’est ajouter un fleuron à cette couronne. Ayons le respect de toute patrie, en pensant qu’au ciel avec Dieu, il n’y a qu’une seule et même patrie pour toutes les âmes. Donnons ce respect aux enfants. Apprenons-leur à se vaincre, à se dévouer, à s’oublier, à être forts. N’est malheureux que celui qui veut jouir de soi.»

En décembre 1947

La France qui sortait de la Seconde Guerre mondiale connaissait alors de violentes périodes de grèves et d’insurrections sociales. En juin 1947, un complot anticommuniste fut démasqué. Pendant l’automne, le RPF (association communistes-socialistes) remporta les élections municipales. En novembre commencèrent d’importants mouvements de grèves, supervisés peut-être par un Staline décidé à prendre le contrôle de l’Europe de l’ouest. Début décembre, un attentat communiste fit dérailler un train, il y eu 16 morts et de nombreux blessés. La France était au bord de la guerre civile.

Le 8 décembre, le père Finet entra dans la chambre de Marthe en disant : « la France est foutue« .

Marthe lui répondit alors :  « Non, Père, la Sainte Vierge va apparaître et demander la prière des petits enfants ». Le même jour, à 13h, la Mère divine est apparue à l’Ile Bouchard et sa première phrase a été : « Dites aux petits enfants de prier pour la France qui en a grand besoin. »

Ce même 8 décembre, quatre petites filles allaient voir apparaître la Mère divine silencieuse. Puis elle disparut. Elle réapparut un peu moins d’une heure après, disant cette fois : « priez pour la France qui, ces jours-ci, est en grand danger ». Devant l’insistance des petites filles qui demandaient un miracle, la Mère divine répondit plusieurs fois « « Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles mais pour vous demander de prier pour la France. »

Le lendemain, le comité de grève décida la reprise du travail. La crise était passée. Lors de l’apparition ce jour, le mot « Magnificat » apparut sur la poitrine de la Mère divine qui demanda à ce qu’on chante le « Je vous salue Marie », ce cantique qu’elle dit alors « aimer bien ».

En 1973

Yannik Bonnet, alors marié et père de famille, et qui deviendra prêtre après avoir été veuf, alla voir Marthe Robin, désespéré de l’état moral de la France. Voici ce qu’elle lui aurait répondu :

« Ce n’est rien à côté de ce qui va arriver. Vous n’imaginez pas jusqu’où l’on descendra ! Mais le renouveau sera extraordinaire, comme une balle qui rebondit ! Non, cela rebondira beaucoup plus vite et beaucoup plus haut qu’une balle ! »

Une seconde prophétie du même type fut confié au père Finet à peu près vers la même époque

« La France tombera très bas, plus bas que les autres nations, à cause de son orgueil et des mauvais chefs qu’elle se sera choisis. Elle aura le nez dans la poussière. Alors elle criera vers Dieu, et c’est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. Elle retrouvera sa mission de fille aînée de l’Église et enverra à nouveau des missionnaires dans le monde entier. »

De son côté, le Père Yannik Bonnet témoigne sur son blog (http://www.yannikbonnet.com/Francois-Hollande-peut-il-mieux-faire-Pere-Y-Bonnet_a190.html) :

« Marthe Robin m’avait dit il y a quarante ans, début avril 1973 :  » Pour que la France , fille aînée de l’Eglise, se redresse spirituellement et moralement, il faut qu’elle touche le fond. Le renouveau viendra du Ciel, il sera extraordinaire « . Elle avait ajouté que je verrai ce renouveau . J’attendais donc depuis cette époque la dégringolade annoncée et, prenant de l’âge, je commençais à trouver le temps long. Certes de Giscard à Sarkozy, en passant par Mitterrand et Chirac, ce n’était pas glorieux, mais ce n’était pas un désastre. L’année dernière, avec l’élection de François Hollande, compte tenu de ses projets et de l’équipe qu’il s’était choisie, je respirais enfin car, malgré mon excellente santé, rentrant dans ma quatre vingtième année, il était temps que la prophétie de Marthe se réalisât. »

Un retraitant des foyers de charité de son côté affirme, quant-à lui, avoir vu trois fois Marthe et l’avoir entendu dire, ce qui représente la prophétie la plus complète de Marthe sur la France :

 » Marthe Robin prophétise qu’il va y avoir une faillite économique, et qu’ensuite il y aura la grande Pentecôte d’amour, et que l’ensemble des chrétiens vivront alors en communauté : « La France va descendre jusqu’au fond de l’abîme, jusqu’au point où l’on ne verra plus aucune solution humaine de relèvement.  Elle restera toute seule, délaissée de toutes les autres nations qui se détourneront d’elle, après l’avoir conduite à sa perte.  Elle ne restera pas longtemps dans cette extrémité. Elle sera sauvée, mais ni par les armes, ni par le génie des hommes, parce qu’il ne leur restera plus aucun moyen humain…  La France sera sauvée, car le Bon Dieu interviendra par la Sainte Vierge. C’est Elle qui sauvera la France et le monde… Le Bon Dieu interviendra par la Sainte Vierge et par le Saint-Esprit : ce sera la nouvelle Pentecôte, le second « avènement » du Saint-Esprit. Ce sera une ère nouvelle et à partir de ce moment se réalisera la prophétie d’Isaïe sur l’union des cœurs et l’unité des peuples… Après le nouvel « avènement » du Saint-Esprit qui se manifestera plus particulièrement en France, celle-ci réalisera vraiment sa mission de fille aînée de l’Église, et l’épreuve, en la purifiant, lui rendra son titre perdu. »

Il semble qu’avec le terrorisme, la crise économique, le chômage, l’entrée en guerre de la France, la menace de guerre civile, la ruine financière de la France, son isolement dans la communauté internationale, nous y sommes bien à ce temps où la France allait avoir le nez dans la poussière. On ne peut pas, bien évidemment s’en réjouir, même si ce temps de crise annonce un renouveau futur. Mais il est peut-être bien le moment de se tourner vers la Mère divine et de l’appeler à l’aide.

Sur un plan tarologique, on peut dire que nous sommes désormais enfoncés dans les aliénations du Diable (individualisme, recherche exclusif du profit, anéantissement des valeurs liées au sacré) et qu’aucune solution purement humaine (économique, sociale, politique, diplomatique) ne peut nous faire sortir de cet enfer. C’est une situation dramatique, mais qui, en ouvrant les cœurs à la prière, permet l’éveil de la spiritualité et la descente des grâces du quatrième Niveau du Tarot. Car comme l’affirme l’ange de Gitta (Entretien 32 des Dialogues avec l’ange), « LA DEMANDE HUMAINE EST NÉCESSAIRE. Ne sois pas lente à demander, demande toujours ! (…) SANS DEMANDE, NOUS NE POUVONS PAS DONNER. » Or la demande prend racine dans la lucidité incarnée par Le Diable : lucidité sur l’impuissance et l’aliénation d’une humanité coupée du Ciel. 

Voici une prière pour le salut de la France que j’aimerais partager avec vous :

Marie-Reine-de-FranceMère Divine, Douce Dame de France, Guide, Protectrice et Bienfaitrice de la France, protège ton peuple de France, et particulièrement la jeunesse, de tout mal, de toute haine, de toute guerre, de tout racisme, de toute propagande malsaine. Donne-nous un gouvernement inspiré, avisé, œuvrant dans les valeurs humanistes de la France à  guérir notre cher pays de la corruption et à  le protéger des effets pervers de la mondialisation et de la finance internationale. Ouvre le cœur de tous les Français à la simplicité et à la fraternité, qu’ils soient  heureux de constituer, tous ensemble, cette nation exemplaire que tu désires.

(Image de l’Apparition de la Mère divine à Marcelle Lanchon en 1916 dans la Chapelle de Notre Dame des armées. La Mère divine lui affirma : « Si, en union avec mon Divin Fils, j’aime toutes les nations qu’Il a rachetées de Son Sang,vois comme je chéris tout particulièrement ta chère patrie… Mon Fils désire que l’on fasse des images et des statues me représentant ainsi et que l’on m’invoque sous le vocable de Notre dame de France. Si l’on répond à ce nouveau désir de Son Divin Cœur, la France redeviendra tout particulièrement mienne, je la prendrai à jamais sous ma maternelle protection et mon fils se plaira à répandre sur elle d’abondantes bénédictions. Puis cette divine Reine levant les yeux et les mains vers le Ciel, dans l’attitude de Notre Dame de Lourde, dit encore à son heureuse enfant : « prions pour la France ». )

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L‘élection de Monsieur Macron ayant eu lieu, je propose une adaptation de la prière à Notre Dame de France :

Mère Divine, Douce Dame de France, Guide, Protectrice et Bienfaitrice de la France sois infiniment remerciée pour toutes les grâces que tu accordes à la France depuis toujours et pour toujours, et particulièrement de nos jours.  Libère notre chère Nation de la guerre, de la corruption, des effets pervers de la mondialisation et de la finance internationale, de l’injustice, de l’envie, de la maladie, du désordre climatique, de ses causes et de ses effets, de l’obscurantisme tout comme du manque de foi et de spiritualité, ainsi que de tout ce qui l’accable. Accorde à la jeunesse de France de découvrir les bienfaits de la gratitude, de l’autodiscipline et le respect des aînés, particulièrement de ceux qui lui transmettent son patrimoine culturel. Permets au gouvernement que tu as choisi pour la France d’être toujours inspiré, avisé, incorruptible et dans le droit chemin de la justice, afin qu’il rende à notre chère Nation sa souveraineté, son indépendance économique et financière, sa prospérité, sa dignité, son rayonnement et sa mission sur Terre. Ouvre le cœur de chaque Française et Français à l’esprit saint et fraternel de Jésus de Nazareth et aux flots de tes grâces, que chacune et chacun soient heureuses et heureux de constituer, tous ensemble, cette nation exemplaire que tu désires.

 



Déontologie du consultant face à l’exigence du paiement en liquide

 

Bonjour à tous,

Aujourd’hui se pose à moi la question d’une nécessaire déontologie du consultant : faut-il refuser le paiement d’une consultation en liquide quand ce type de paiement est exigé ? Pour comprendre pourquoi je me pose cette question, je vous propose de vous raconter le contexte de son émergence au sein de mes consultations auprès des voyants.

Une sympathique lectrice m’avait demandé ce que je pensais d’un voyant dont j’ignorais tout. J’ai fait quelques recherches, et j’ai vu son nom et pas mal de retours positifs sur un site de retours de voyance (Clair-voyant.com), un site assez productif, et qui fait des top-voyants tous les ans. Ce voyant était premier pour l’année 2016. Mais j’ai eu la curiosité de regarder un peu plus loin dans  les voyants de cette liste. Bonne surprise, me semblait-il, alors, une voyante exerçait dans ma ville et en plus faisait du magnétisme.

J’adore trouver de nouveaux noms de bons voyants parce que je me sens un devoir à l’égard de mes lecteurs qui peuvent éprouver l’envie d’avoir d’autres noms que les quelques que je lui ai présentés. je décide donc de faire une consultation de voyance.

La consultation en elle-même fut plutôt réussie si l’on tient compte des prédictions qui rejoignent celles qu’on m’a déjà faites, et cela malgré le fait que cette prestation est très touffue, et que la prise de note m’a imposé un travail par après pour réécrire les choses en ordre, étant donné que la voyante passait d’un sujet à l’autre, dans n’importe quel ordre, pour y revenir encore et encore, mais là aussi dans le plus complet désordre. Là n’était pas le problème, cependant, ni ce qui m’a choqué.

Étant curieuse de ses pouvoirs de magnétisme dont elle n’avait fait cesse de me parler durant la séance, j’ai voulu aussi prendre, par la suite, un rendez-vous santé, et faire une séance de magnétisme.

La prestataire m’avait demandé 50 euros pour la séance de voyance, ce qui était 10 euros de plus que ce qu’elle proposait sur le site de Clair-voyant.com, mais là n’est pas la question. Elle avait aussi exigé que je paie par paypal, et que la prochaine séance soit payée en liquide. Payer par paypal n’était pas un problème pour moi, ayant l’habitude de ce type de paiement, et appréciant les services offert par cet intermédiaire qui a surtout l’avantage d’offrir des garanties sur ce qui est proposé. Paypal permet en effet de faire une réclamation en cas de fraude de la part du voyant (s’il ne fait pas la consultation par exemple). Mais, et là nous voilà dans ce qui m’a posé problème, dans un premier temps, cette dame m’explique que je dois payer comme si elle était de ma famille, en usant du service paypal d’envoi d’argent à ses proches.

Je suis surprise qu’un prestataire de service exige un paiement qui doit se déguiser en envoi d’argent familial. Mais bon, je ne comprenais pas exactement pourquoi elle insistait sur ce point, même si elle, de son côté, reconnaissait que c’était « pour éviter, à l’une comme à l’autre, de payer les frais paypal » (??? car je n’ai jamais eu de frais paypal avec quelque prestataire que ce soit).

Après réflexion, j’ai trouvé inadmissible cette exigence de la voyante-magnétiseuse d’un envoi du paiement en tant qu’envoi privé ou en tant qu’argent liquide. Il est normal qu’un service soit facturé, les siens le sont, donc, le service paypal doit l’être aussi. Je ne sais pas quel est son chiffre d’affaires par mois, mais si l’on prend le tarif le plus élevé (correspondant au plus petit chiffre d’affaire), elle aurait payé, d’après mes calculs, exactement 1 euro 95.

Or c’est exactement ce qu’en réalité, j’ai payé moi, comme je l’ai découvert par la suite, en découvrant cette somme en frais bancaire.

D’abord, j’ai été un peu scandalisée qu’une personne qui reçoit chez elle, qui n’a aucun frais, qui dit être auto-entrepreneur, prenne 50 euros pour une voyance en refusant, de surcroit d’avoir 1 euros 95 de frais paypal et les fait payer à sa clientèle, en lui ayant affirmé qu’elle n’aurait aucun frais. Mais ce n’était pas le pire à mes yeux.

Je me suis surtout demandé si cette personne qui, apprenant que j’habitais près de chez elle, m’a dit en insistant (en m’envoyant ensuite un sms à ce sujet, pour insister encore) qu’il fallait que je la paie en liquide, n’était tout simplement pas en train de frauder le fisc.

Que faire dans ces conditions ? Faut-il accepter de consulter un voyant qui, malgré ses explications (elle aurait eu, dans le passé, des chèques en bois…), me semble être quelqu’un qui travaille au noir. Avons-nous le droit de le faire ? Quels sont les risques pour un consultant ? Peut-on, même dans le cas où l’on ne risque rien, fermer les yeux sur un prestataire qui refuse de contribuer aux besoins normaux du fonctionnement d’une société et d’un État social qui par ailleurs lui permettent de vivre correctement parce que précisément certains paient leurs impôts (avec des écoles pour ses enfants, des hôpitaux pour ses maladies, etc.)  ?
Voici les questions qui m’ont tellement tracassée, le temps où j’étais en consultation pour magnétisme, que je n’ai pas pu rester. J’ai eu le sentiment d’un gros abus de sa part.

D’autant que j’étais par terre, cette personne n’ayant même pas investi dans une table de soin, se contentant de mettre une couverture sur le sol, ce qui m’a laissée tout ankylosée. 
Je suis donc partie, mettant fin à la séance prématurément, la réglant quand même en liquide pour ne pas avoir d’histoires, mais décidant de ne jamais plus accepter de telles exigences.
Ou bien le voyant ou le magnétiseur paiera ses frais paypal  - ce que font la majorité des prestataires —  Ou bien je ne viendrai pas chez eux.

Mais surtout, jamais plus je n’enverrai d’argent pour une consultation sans que soit bien clairement indiqué que j’ai eu une prestation.
D’autant que Paypal contacté depuis, m’a dit que le versement à un proche ne donne aucun moyen de contester un paiement. Or cette contestation est un des droits de tout consultant.
Nous avons vu, en effet, le cas d’une très bonne voyante, qui n’honorait pas certains de ses rendez-vous, et sans preuve, les clients ne pouvaient pas se faire rembourser. Or, ceux qui ont payé par paypal dans des conditions normales ont eu droit à ce remboursement. Je me dis qu’heureusement cette personne pas très honnête n’a pas eu l’idée d’exiger un paiement par envoi aux proches.

C’est donc à mes risques et périls que j’ai payé cette consultation. Et avec le sentiment amer que cette personne n’était pas du tout une citoyenne honorable.

Et vous, avez-vous vécu ce type d’expérience ??? Qu’avez-vous fait ? Qu’auriez-vous fait ? Je sais, moi, en tout cas ce que je ne ferai plus, ce que je vous invite à ne JAMAIS faire : accepter de faire une consultation avec un voyant qui exige un paiement en liquide ou un envoi paypal aux prochees.



Le 5 de Denier

Le 5 de Denier

Misère, maladie

Déréliction – La nuit de la foi

solidarité dans l’épreuve

Voeu de pauvreté

5denier 

L’essence des cinq au sein des Nombres du Tarot, c’est le défi et sa spiritualisation. Leur maître-Atouts sont Le Pape, l’Atout V, et d’autre part Le Diable, l’Atout XV. Il y a aussi deux maître-Atouts secondaires : La Roue de Fortune, l’Atout X, et Le Jugement, l’Atout XX. Les deux premiers mettent en relation le profane et le sacré dans une relation inversée. Les deux Maîtres-Atouts secondaires situent devant un verdict essentiel, car aussi bien la sphinge de La Roue de Fortune que l’ange du Jugement ont pour fonction la tâche du Juge de la vie.

Le cinq de Denier se situe sous la direction de la Verticale du sacré et la question des défis avec la matérialisation concrète des énergies humaines, ainsi que du verdict de la vie.  Or, que peut-il arriver de plus difficile à vivre, en ce qui concerne la vie matérielle, sinon l’épreuve de la maladie et de la pauvreté ?

Cette Carte nous demande de faire face à une diminution drastique des conditions matérielles de la vie : la santé et la richesse nous sont, pour un temps, refusées. 

- Allons-nous nous effondrer psychiquement, et entrer dans une période dépressive, dans le désespoir ?  Le Diable, un des maîtres-Atouts des Nombres cinq, manifeste alors sa puissance : l’attachement à la réalité matérielle est telle qu’on ne peut vivre une déliance sans une grande souffrance.

- Ou bien, au contraire, saurons-nous conserver la foi, l’espérance, la joie de vivre, saurons-nous continuer à jouer notre rôle de parent, de membre de la société ? Dans ce dernier cas, l’épreuve est réussie, le jugement est clair et net : nous sommes bien des adultes dignes de ce nom en ce qui concerne la relation à la matérialité.

Bien évidemment, celui qui tire le 5 de Denier ne sera que très rarement confronté au pire, au cancer, au sida, ou à la sclérose en plaques. Il n’est pas non plus appelé à devenir un SDF. Mais, incontestablement, il va vivre une période d’inconfort. Il y a un lien particulier entre le 5 de Denier et Le Mat, l’un et l’autre nous demandent de vivre le mieux possible, en tirant ressource de toutes nos qualités, face à une période de restrictions en tout genre.

five-of-pentaclesAyant pour maître-Atout principal Le Pape, le 5 de Denier est une Carte communautaire. Il indique que sa communauté passe par une période difficile sur un plan matériel.

Comme Le Pape, la vie et ses épreuves sont des maîtres spirituels qui nous invitent à passer une étape : quelque chose de l’ordre de l’enfantillage doit maintenant être maîtrisé en ce qui concerne les conditions matérielles de la vie.

Et parce que Le Pape est, par excellence, l’Atout de la conscience de la distinction du sacré et du profane, le 5 de Denier invite le consultant à s’orienter vers la prière, vers la verticalité d’une aide qui ne peut être matérielle, qui ne peut venir que du Ciel.

Le Rider met ainsi en scène l’épreuve et le défi du 5 de Denier : deux mendiants marchent l’un près de l’autre, en passant devant les vitraux d’une Église. Ils ne sont pas conscients que cette Église est illuminée, qu’elle peut les accueillir, et qu’ils trouveront là une aide inespérée, y compris sur le plan matériel. Car le pouvoir de la prière est grand, et jamais rien de ce qui représente un vrai besoin n’est refusé à celui qui en fait la demande sincère.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, le 5 de Denier parle d’une période de difficulté matérielle et corporelle en tout genre : la santé est fragilisée, l’assise financière est ébranlée. La famille passe une période difficile : les relations sont tendues du fait de questions matérielles. Grosses difficultés passagères sur le plan matériel.

Même si on n’est pas seul dans cette épreuve, on a souvent en charge la responsabilité de rectifier le tir et d’installer une relation plus confortable au monde, et une aisance par une meilleure gestion des ressources et dépenses matérielles. D’où le sentiment de solitude. On ne reçoit pas d’aide, on ne partage pas le poids avec un autre aimé. On porte la charge la plus lourde. C’est ce qu’indique l’iconographie du Tarot de Marseille : un Denier est seul, au cœur d’un carré de Deniers qui l’enferment dans la question matérielle.

Parfois cette Carte indique la solitude dans la famille : on habite ensemble, mais on ne partage rien. On est alors dans une misère affective cachée et d’autant plus malheureuse.

En lien avec le second Niveau du Tarot, le 5 de Denier indique qu’aucune reconnaissance de son travail n’est à attendre dans les mois qui viennent. Au contraire, il semble que l’on régresse aux yeux du monde. On n’est pas à sa place. On se trouve sous la direction de personnes bien moins qualifiées, bien moins compétentes.

Possibilité de harcèlement dans le travail.

Cette Carte peut aussi indiquer qu’on trouve un travail en lien avec le social, les soins aux pauvres, aux malades, à l’hôpital, dans une maison de retraite.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, le 5 de Denier parle d’une période générale de sa vie où tout ce qui est concret, matériel, corporel est mis au défi de survivre dans le désert. Il faut mobiliser sa foi en la vie, sa résistance, son aptitude à la résilience. Et surtout, il faut apprendre à se tourner vers le Ciel pour obtenir de l’aide. Giotto_-_Legend_of_St_Francis_-_-15-_-_Sermon_to_the_Birds

Rien de ce qui est purement profane ne va réussir durant cette période. Pour sortir de l’impasse, il faut le sanctifier par la prière. C’est le dépouillement que cultive celui qui tire le 5 de Denier.

L’épreuve peut aussi être intégralement spirituelle : c’est le temps de la déréliction, quand la personne en quête spirituelle ou le mystique n’est plus capable de vivre la communion divine. qu’il connaissait auparavant. Thérèse de Lisieux a fait de ce temps de souffrance intense où le doute et l’impression puissante que le Ciel n’existe pas, un chemin de sainteté, offrant au divin cette souffrance en réparation des péchés, et offrande devant permettre l’ouverture de la foi dans l’âme de ceux qui restaient fermés au Ciel. 

Mais c’est aussi la solidarité dans les épreuves qu’indique cette carte du Tarot, quand les pauvres, les malheureux, les souffrants se soutiennent mutuellement et font communauté. 

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, le 5 de Denier parle du vœu de pauvreté, à l’intérieur des différentes religions.

Ainsi, dans la religion chrétienne, saint François a fondé un ordre monastique, celui des frères mineurs, appelé aussi ordre franciscain, qui fit de la pauvreté le moyen de transformer sa vie en chemin spirituel tout en invitant la population à faire preuve de bonté et de charité chrétienne.

sage-hindoueAinsi les moines bouddhistes ou hindous (les « sanyasins », au sens propre « les renonçants ») partent sur les routes sans rien d’autre que leur écuelle destinée à recueillir la nourriture que les habitants des villages traversés voudront bien leur donner, faisant en quelque sorte d’une pierre deux coups : eux-mêmes cultivent le détachement, la confiance en la bonté humaine, la foi en la providence, et ils font œuvre de pédagogie spirituelle, semblablement au Pape, le maître-Atout du 5 de Denier : dépendant totalement de la générosité des villageois qu’ils rencontrent, ils conduisent ces derniers à plus de compassion, à être capable de partager la nourriture familiale avec le pauvre moine qui frappe à leur porte.



Le 4 de Coupe

Le 4 de Coupe

Lassitude, Paternité oblative

 Coupe 04

L’essence des 4 du Tarot est la Réalisation. Leur Atout-maître majeur est L’Empereur. La symbolique de ce dernier est : le solide, le fermé, le matériel, le concret, le protégé. L’Atout-maître secondaire du 4 de Coupe est Le Soleil, l’Atout de l’illumination et de l’amour solaire du père.

Le 4 de Coupe croise la verticale des IIII, dédiée aux énergies mâles du Tarot, et la plus féminine, la plus imaginative et la plus libre des Couleurs, la Coupe. L’union est difficile à ce niveau des Nombres.

Par sa Couleur, le 4 de Coupe nous oriente vers le monde de l’inspiration, d’abord celui de l’amour, des sentiments puissants de l’éros, mais aussi vers l’art et la spiritualité. Les Coupes sont les Couleurs qui recueillent la rosée du Ciel pour la diffuser dans les autres Nombres.

Tarot-Rider-Waite-4-of-CupsComment ce qu’il y a de plus matérialiste, concret, enraciné dans le sol, enfermé dans sa solidité et ses frontières bien gardées peut-il s’allier à l’inspiration qui permet de recevoir la rosée du Ciel ? Deux tendances contradictoires semblent s’associer. Elles peuvent créer un conflit intérieur ou bien engendrer une harmonie supérieure.

Le 4 de Coupe lie donc vie affective, artistique et spirituelle aux expressions concrètes, affirmées, matérielles : soit l’aspiration affective, artistique et/ou spirituelle devient engagement, soit l’engagement et ses réalisations concrètes noient l’aspiration.  Le 4 de Coupe nous parle donc d’un amour, d’une inspiration, d’une aspiration qui s’engage et dès lors de mariage, de réalisation concrète, de manifestation matérielle. Mais il parle aussi d’un amour, d’une inspiration, d’une aspiration qui s’alourdissent et s’enlisent dans la réalité matérielle. Il parle enfin de la sortie des illusions après le temps de l’état amoureux. Le Soleil, l’Atout-maître secondaire du 4 de Coupes, conduit à une prise de conscience : l’autre n’est pas exactement ce que je croyais. Je suis confronté à la nécessité soit de l’aimer tel qu’il est, et donc de faire évoluer le coup de foudre initial en un véritable amour, soit d’accepter de me détacher et de me délier de cette personne.

Le Rider illustre le conflit entre les valeurs du quatre et celles de la Coupe par un jeune homme adossé au dos d’un arbre, dans la nature, et qui morose, regarde la coupe qu’on lui présente sans désirer la saisir. Refuse-t-il de s’engager, ce Peter Pan adulescent qui n’a pas compris que grandir c’est renoncer à certains possibles pour rendre son choix réel ? Ou bien au contraire s’agit-il d’un homme sans passion,  désabusé, ne croyant plus à l’amour et qui refuse les occasions de tomber amoureux, de s’enflammer pour telle ou telle cause et que la vie lui présente ?

Le Tarot enchanté d’Amy Zerner propose une autre interprétation : une femme solitaire médite sur une stèle de pierre. Elle-même semble une statue, et son vêtement de couleur de la pierre fait d’elle un être figé. Elle regrette ses engagements matrimoniaux passés, orientés essentiellement par la recherche du confort, elle a peu d’amour pour son époux qu’elle a épousé par intérêt. En elle, le cœur exige de se réveiller.

Ce que le 4 de Coupes indique toujours, c’est un temps d’essoufflement au regard de l’enthousiasme initial. On sort de la lune de miel pour entrer dans une vision bien plus réaliste de ce qu’on est en train de vivre. Il va falloir s’adapter et accepter de regarder la réalité en face : celle-ci n’a rien de romanesque ni de romantique. 

4ofcupenchanted

En relation avec le premier Niveau du Tarot (le corps, la famille, la maison, l’argent), le 4 de Coupe est un indicateur, pour une relation démarrant, d’une concrétisation et d’une officialisation. On sort de la romance pour entrer dans le mariage.

Pour une relation ancienne, le 4 de Coupe parle de la famille et de ses pesanteurs. Le quotidien peut s’avérer trop lourd pour celle ou celui qui éprouve le besoin d’un second souffle.

Il est peut-être temps pour les parents de retrouver la romance qui était au commencement de la relation, et cette Carte conseille fortement de se faire des présents, d’exprimer sa tendresse, d’inviter son conjoint au restaurant ainsi que de renouveler sa flamme sous peine qu’une lassitude trop importante mette en danger le couple.

Au regard des enfants, parents strictes, père sévère, hyperprotecteur, sentiment d’étouffement à l’adolescence.

Sur le plan physique, une grosse fatigue. Il faut renouveler l’énergie, la faire circuler.

En relation avec le second Niveau du Tarot (la vie économique, sociale et politique), le 4 de Coupe invite toute créativité artistique à prendre une forme concrète. Il s’agit que ni le matériel ni l’inspiration ne soient exclusifs : l’art doit trouver un marché, et le marché ne doit pas néanmoins écraser l’inspiration artistique authentique. Il oriente aussi vers la marchandisation de ce qui ne peut, en principe, être vendu : le sexe (prostitution), le corps humain (vente d’organes), les sentiments etc.

Cette Carte est aussi tirée, quand il s’agit d’une période de stabilité professionnelle. Pas d’évolution proche, pas de régression non plus. Tout reste en place. La seule chose que conseille alors la Carte, c’est de consolider les acquis et de soigner la relation professionnelle de façon à la rendre plus harmonieuse.

Sur le plan artistique, le 4 de Coupe peut parler d’une panne d’inspiration.

Rencontre possible dans le milieu du travail.

En relation avec le troisième Niveau du Tarot (les épreuves de la vie et les grandes vertus), le 4 de Coupe confronte à l’excès de matérialisme, là où il a peu sa place (vie sexuelle, affective, familiale). Il met en garde sur l’assèchement du relationnel et de l’affectif par un excès de matérialisme. Il dénonce la vénalité. Il indique une période de blocage affectif.

Par ailleurs, cette carte renvoie nettement au patriarcat historique, à l’enfermement des femmes (gynécée, voile intégral), à leur encadrement et leur soumission par les hommes, ceux-ci ayant cherché à s’approprier leur pouvoir reproductif et à s’assurer de leur descendance.

En n’oubliant pas que le 4 de Coupe a intégré la leçon du 4 d’Épée, et dès lors l’influence de Tempérance, la grande vertu issue de cet Atout réside dans l’équilibre entre matérialité et inspiration, entre exigence de la terre et vie affective, entre le besoin d’être concret et le besoin d’être inspiré par le ciel, entre le besoin de liberté et l’engagement, entre autonomie et encadrement, entre l’ouverture à autrui et la protection par des frontières et des limites. Cet équilibre parfait est représenté par la présentation en deux par deux de la Carte du Tarot de Marseille : deux coupes au sol, deux au ciel, deux coupes à gauche, deux à droite.

JosephEn relation avec le quatrième Niveau du Tarot (la rosée spirituelle), le 4 de Coupe parle de Marthe, la femme qui, dans L’Évangile de Luc, prend en charge la vie quotidienne dans la maison, faisant de ce travail routinier un service spirituel, transformant la matière de son service en rosée spirituelle recueillie dans la Coupe de sa foi. 

Paradoxalement il renvoie aussi à la prostituée sacrée qui a sa place dans bien des religions. Dans l’Église chrétienne, c’est Marie-Madeleine qui est vénérée en tant que femme initialement vouée à la vénalité et qui, par l’exemple du Christ, découvre l’amour le plus généreux dans sa gratuité la plus pure : l’amour spirituel du prochain. 

Mais en tant Carte masculine, le 4 de Coupe renvoie surtout à Joseph, l’époux protecteur qui renonce momentanément à orienter sur lui l’amour de l’épouse, acceptant qu’elle se détourne de lui afin qu’elle puisse vivre la duade de tendresse qu’elle forme avec l’Enfant, dans les premiers mois après l’accouchement. Le 4 de Coupe est alors la Carte de l’époux qui s’efface et qui naît à lui-même en tant que Père, protégeant de son amour ceux qui sont sous sa protection sans rien exiger pour lui-même, acceptant aussi de n’être que le deuxième cercle d’amour autour de l’enfant. En cela, Joseph est l’incarnation du père la plus pure et l’un des représentants les plus fidèles, au sein de la mythologie chrétienne, du Père céleste, représenté dans le Tarot par Le Soleil, l’Atout-maître secondaire du 4 de Coupe.

Bien évidemment, il s’agit du père symbolique et non du père biologique. C’est un rôle que peut jouer la mère biologique quand elle s’efface pour laisser son époux en relation duelle avec l’enfant, protégeant à son tour, d’un cercle d’amour secondaire, le couple de tendresse qu’il forme avec l’enfant nouveau-né.



Le 3 d’Epée

Le 3 d’Épée

Cœur brisé

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Le 3 d’Épée, se situe au croisement de la Verticale des III dédiée à la Vie (et à son complémentaire la mort) ainsi qu’à l’éternel féminin, et du 3e Niveau du Tarot, celui qui concerne les grandes épreuves de la vie humaine et les grandes vertus qui en peuvent découler.

En tant qu’appartenant à la Verticale des III, le 3 d’Épée, comme pour tous les 3 des trois autres Couleurs a pour Atout-maître principal L’Impératrice : la femme, la procréatrice et la créatrice. L’essence des 3 du Tarot est la CONCEPTION.

Le maître-Atout secondaire du 3 d’Épée, lié au Niveau et à la Couleur qui sont les siens, se trouve être l’Atout XIII (appelée aussi Arcane sans nom ou La Mort) qui à l’intérieur de la Verticale des III renvoie à la mortalité des phénomènes vitaux, une mortalité qui fait partie du processus vital lui-même.

Et ce qui est vrai de la Nature, cette grande Mère des hommes, est vrai pour chacun d’entre nous. Par l’expérience difficile de la perte d’un espoir, d’une relation agréable, d’un projet, d’un élan d’amour, et par l’humus de conscience et de spiritualité qui en découle, l’individualité devient capable de mieux choisir ses proches, ses amours, la vie qu’elle veut vivre et comment elle veut la vivre. C’est le détachement qui est la qualité majeure cultivée par cet Atout XIII qui donne au 3 d’Épée sa tonalité particulière dans le monde des événements de la vie quotidienne.

Il n’est dès lors pas difficile de comprendre de quoi nous parle le 3 d’Épée : quelque chose d’apparemment très aimable, lié à la créativité, à la procréativité, ainsi qu’au féminin, et qui semblait pouvoir s’épanouir, est coupé net en pleine croissance, arraché à la vie, semblablement aux rameaux de l’iconographie du Tarot de Marseille sur lesquels une épée est placée, rendant tout impossible de les replanter pour entreprendre une nouvelle pousse. 

Dans le pire des cas, le 3 d’Épée parle d’avortement ou de fausse couche, mais sont aussi concernées les relations naissantes entre femmes, les amitiés féminines, ou encore un amour naissant. Dans tous les cas, un espoir de bonheur est ainsi arraché de son cœur.

Les Épées étant en relation harmonique avec l’élément Air : la vie intellectuelle et mentale, le 3 d’Épée peut très bien indiquer la mort brutale d’un projet d’écriture, d’une œuvre littéraire commencée.

En relation avec le premier Niveau du Tarot (le corps, la famille, la vie matérielle), le 3 d’Épée parle de maladies de femmes, maladies gynécologiques en particulier, mais aussi maladies hormonales et nerveuses, de problèmes de grossesses, potentiellement de fausse couche.

Il est possible qu’une certaine forme de beauté corporelle soit momentanément perdue.

Il indique la division entre les femmes de la famille, la médisance, les crises d’hystérie. Beaucoup de tensions dans la maison.

swords03S’il concerne la vie amoureuse, il est un indicateur net de rupture, mais portant sur une relation naissante ou potentielle. C’est ce qu’indique clairement le Tarot Rider avec ce cœur rouge traversé de trois épées.

En relation avec le second Niveau du Tarot (investissement sociétal, économique et politique), le 3 d’Épée indique qu’il y a rupture dans un projet ou dans un contrat récent. Il y a comme un avortement dans l’élan social et politique. Un projet créatif, littéraire, intellectuel qui portait l’espérance s’effondre.

Des tensions fortes entre collègues, femmes surtout. Beaucoup d’histoires, de cancans, de médisances, de malveillances gratuites. Une forme de harcèlement est possible de la part d’une femme.

Une période de soucis est à prévoir. Le temps n’est pas au beau fixe. C’est ce que représente le fond nuageux et pluvieux du Tarot Rider.

Mais ce Nombre possède une signification radicalement positive : porteuse de la sagesse des Épées et de la créativité du 3, le 3 d’Épée indique une période d’intense créativité intellectuelle, particulièrement pour les femmes ou visant un public de femmes. C’est souvent une œuvre qui délivre, qui fait rupture avec une aliénation proprement féminine. C’est ainsi sous l’égide du 3 d’Épée qu’il faut lire Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir.

En relation avec le troisième Niveau du Tarot (épreuves de la vie et grandes vertus), le 3 d’Épée parle de la souffrance vécue par celui qui voit détruite son espérance amoureuse, sociétale, intellectuelle, familiale, amicale.

Il enjoint de conserver une forme de détachement, d’accepter l’inéluctable, de se pardonner à soi-même comme aux autres, et peut-être bien de simplement se ressourcer dans la culture de sa propre indépendance.

En relation avec le quatrième Niveau du Tarot (la rosée du Ciel), le 3 d’Épée rappelle que rien sur terre ne vient à nous simplement par la force humaine, que tout nous est donné pour nous être un jour repris, y compris ce qui porte le plus d’espérance.

La vision bouddhiste de la temporalité correspond bien à la rosée spirituelle que dispense le 3 d’Épée, même s’il s’agit là d’un univers culturel totalement inconnu des créateurs de la Renaissance : être ouvert à ce qui vient, laisser partir ce qui doit s’en aller, garder le regard centré sur le présent.Bouddha

Du point de vue de la pensée chrétienne, platonicienne et propre à la Renaissance qui a vu naître le Tarot, c’est l’acceptation des caprices de la fortune qui est là en jeu, considérant en elle une expression de la Providence divine, qui apparaît certes cruelle sur le moment, mais qui, sous peu, dévoilera sa sagesse.

Combien de projets abandonnés dans les pleurs se sont ensuite révélés bien moins fastes que ce qui a suivi ? Combien d’histoires d’amour qu’on croyait extraordinaires furent ainsi remplacées par d’autres relations bien plus profondes et vraies ? Le temps seul apportera le sens réel de cette épreuve qui ne sera jamais aussi malheureuse qu’on le croit sur le moment.  

 

 

 



Le 2 de Bâton

Le 2 de Bâton

Le débutant aux horizons ouverts

Le passionné, l’aventurier

L’arrogant jeune débutant

2debâton

L’As en tant que plus petit nombre n’est qu’un potentiel. C’est donc avec le 2 que l’incarnation concrète commence, dans les Nombres. Le 2 représente donc le plus petit Nombre dans l’ordre de la réalisation. Son essence est la GERMINATION.

Appartenant à la Verticale des II, les quatre 2 des Nombres sont toujours une indication de dualité, de mise en relation avec l’altérité. Le 2 de Bâton ne déroge pas à la règle. Sous l’égide de son maître-Atout, Le Chariot, c’est un jeune homme ou une jeune femme épris d’exotisme, de voyages, de rêveries sur l’ailleurs. Il ne sont pas cependant encore prêts à partir. Ils restent chez eux, mais dans la nostalgie pour un ailleurs qui, toujours les appelle.

Le Bâton est la Couleur en harmonie avec l’élément Feu, avec la passion qu’ouvre L’Amoureux en inaugurant le deuxième Niveau du Tarot. C’est donc une certaine passion qui est en jeu là sous la forme d’un hobby, d’un désir irrépressible, mais encore irréalisé, d’aller voir ailleurs, de partir pour d’autres horizons, de s’envoler loin de ses attaches familiales et ordinaires, de découvrir ce monde de l’altérité culturelle qui fascine aussi Le Chariot. Mais, pour être sous l’égide du Chariot, le 2 de Bâton n’a pas sa puissance de réalisation et d’activité. Il s’agit plutôt pour lui de rêves.

2debâtonRiderC’est en partie ce qu’a choisi de mettre en évidence le Rider, avec cet homme bien habillé qui tient dans sa main le globe terrestre, tout en contemplant le rivage d’une mer ouverte sur ses rêveries. Les bâtons sont souvent des personnages importants dans la société, ils représentent ses défenseurs, ses hommes de pouvoir. Mais, le 2 est le plus petit Nombre incarné. Il ne s’agit pas d’un homme ou d’une femme de responsabilité, mais plutôt d’un jeune homme ou d’une jeune femme qui ne sont pas encore accomplis, qui s’interrogent sur leur avenir, qui désirent intensément découvrir le monde, mais qui n’ont pas encore pris leur envol.

En relation avec le premier Niveau du Tarot (la maison, la famille, le corps, les biens matériels), le 2 de Bâton parle d’une maison divisée en deux, les deux parents pouvant être séparés, et les enfants en garde alternée. Le père, représenté par les deux bâtons, a en effet une importance certaine dans leur éducation (à moins que les enfants séparés du père en éprouvent une immense nostalgie). Ce peut être aussi, pour l’enfant, une double paternité, une double présence paternelle (le père biologique et le compagnon de sa mère).

 En ce qui concerne les garçons, ce peut être un petit macho, un petit con qui joue les gros bras qui aime la rivalité, qui a besoin de se bagarrer contre tout un chacun. La fille aura un côté garçon manqué.

Il peut aussi parler d’un ou d’une adolescente ou jeune adulte qui envisage de faire des études à l’étranger.

En relation avec le second Niveau du Tarot (l’investissement sociétal et politique), le 2 de Bâton parle d’un intense désir d’une activité nouvelle, en lien avec l’étranger. Les passions professionnelles orientent vers les voyages, les découvertes, les explorations.

Le 2 de Bâton parle aussi d’une décision à prendre, d’un moment à la croisée de deux chemins, l’un correspondant à ce qu’on connaît déjà et pour lequel on a peu de passions, et l’autre qui nous attire puissamment.Quand le 2 de Bâton arrive, en général, un certain chemin a été fait. Mais on se trouve devant une nouvelle possibilité, et une bifurcation est à l’ordre du jour comme potentialité nouvelle. De nouvelles opportunités se font jours.

En relation avec le troisième Niveau du Tarot (les épreuves et grandes vertus), le 2 de Bâton indique clairement un manque de réalisme, une tendance à se disperser, à rêvasser, à préférer les illusions lointaines au réel, souvent vécu comme peu attrayant. Il invite donc à se recentrer, et à tester la validité de ses désirs d’ailleurs, et à commencer à construire une réalisation en ce sens.

Il signale une forme d’agressivité professionnelle de débutant qui masque incompétences et manque de confiance en soi sous l’arrogance. Cette Carte invite dès lors à plus de modestie, à une construction progressive de son identité sociale et professionnelle.

rêvegnostiqueEn relation avec le quatrième Niveau du Tarot (la rosée spirituelle), le 2 de Bâton renvoie à la gnose et aux gnosticismes, c’est-à-dire à cette tendance spirituelle primitive, mais très puissante, qui est fondée sur un idéal lointain, un monde divin rêvé comme parfait, et le sentiment d’être exilé dans le monde de la matière. Cette posture gnostique est l’un des plus grands malheurs de la spiritualité humaine, une voie empruntée par presque toutes les religions qui, presque toutes et particulièrement les monothéismes, parlent de paradis à rejoindre dans l’au-delà… ce qui a conduit à dénigrer et à mépriser systématiquement le seul monde réel, le nôtre.



L’As de Denier

L’As de Denier

L’Éden comme Jardin à la fois terrestre et spirituel

Réconciliation des contraires

Puissance et Réalisation dans l’ordre de la matière

 As-denier

En tant qu’As, cette Carte représente à la fois le premier des Nombres et le plus élevé des Honneurs. En tant que premier Nombre, l’As est à la fois la plus petite Carte, en correspondance avec Le Bateleur son maître -Atout, manifestant la potentialité sans effectivité. Mais en tant que Couronne des Honneurs, essence pure du pouvoir de sa Couleur, il incarne la plus haute effectivité du pouvoir contenu en elle.

Les quatre maître-Atouts secondaires se distribuent ainsi : Le Bateleur et le Pape pour l’As de Denier, L’Amoureux et La Roue de Fortune pour l’As de Bâton , La Force et le Diable pour l’As d’Épée, et pour finir, La Maison-Dieu et Le Jugement pour l’As de Coupe.

L’As de Denier représente le premier de tous les As, celui qui est en correspondance avec La Terre et la Nature, mais aussi avec le Premier Niveau du Tarot, celui de la famille et des expressions matérielles de la vie. Il contient en lui, aussi bien la potentialité contenue dans la Couleur de Denier que son effectivité la plus accomplie. Or les Deniers représentent la réalité matérielle et vitale de la vie humaine, et dès lors le corps et la santé des organes, mais aussi tous les acquits patrimoniaux, les richesses familiales, les incarnations matérielles de la famille que sont la maison, le terrain, les biens meubles, et bien sûr l’argent, tout comme les métiers visant la production de biens de consommation, la transformation de la matière, l’artisanat, mais aussi les acquits, la reconnaissance sociale effective de ceux-ci.

ace_pentaclesL’As de Denier, en tant que plus petite Carte en même temps qu’essence accomplie de la Couleur de Denier donne donc à celui qui le tire le choix entre deux interprétations : s’il représente la plus petite Carte, et en accord avec son maître Atout Le Bateleur, il s’agit du plus grand potentiel possible, celui qui peut ouvrir toutes les portes de la matérialité, des incarnations dans le monde matériel des hommes et ses expressions concrètes que sont la nature humanisée agricole ou domestique sous la forme du Jardin. Mais en tant que Couronne et Essence de la Cour de Denier, et Carte la plus haute des Honneurs de Denier, en tant qu’il reçoit dès lors les influx de La Force, l’As de Denier réalise la réussite individuelle dans tous ces domaines de la production des biens, de leur reconnaissance sociale sous la forme d’un crédit social accumulé (l’argent) et transmissible de génération en génération (l’héritage).

En tant que Denier, et premier Niveau du Tarot, L’As de Denier incarne le Pentacle du Pape, indiquant la parfaite harmonie, au sein du monde matériel, entre les expressions féminines réceptives et passives et les expressions masculins actives et émissives. C’est pourquoi l’interprétation du Tarot Rider qui incarne le symbole du Denier sous la forme du Pentacle est parfaitement valable, particulièrement pour l’As.

En tant qu’en relation avec le premier Niveau du Tarot, l’As de Denier désigne un corps solide, bien en chair, lent mais puissant, un tempérament pragmatique, rigoureux et très efficace dans ses actions. 

Cette Carte parle d’un bien-être corporel et familial, dans ses réalisations concrètes. Ce peut renvoyer à l’acquisition d’une maison parfaitement adaptée aux besoins du consultant, ou bien d’un héritage, d’une guérison, etc. La réponse à toute question matérielle, corporelle, familiale dans son aspect matériel est positive. La prospérité et la santé sont au rendez-vous.

En tant qu’essence d’une couleur qui est représentée par une monnaie, le denier, l’As de Denier indique soit la potentialité financière excellente, soit sa réalisation parfaite. Quand l’As de Denier est présent, on peut être sûr que la situation financière est entre bonnes mains. 

As.golden.tarotEn tant qu’en relation avec le second Niveau du Tarot, l’As de Denier renvoie aux métiers en lien avec la Terre, la matière, le corporel, l’argent. Il parle de démarrage d’entreprise, ou d’épanouissement parfait et de prospérité dans le monde économique et social particulièrement quand ces dernières sont en relation avec la matière et le travail de celle-ci (agriculture, artisanat, métiers de service corporel, de soins de la maison, de nettoyage, de jardinage, etc.).

En tant qu’en relation avec le troisième Niveau du Tarot, l’As de Denier indique que les questions matérielles et corporelles sont problématiques. Il enjoint le consultant à faire du check up, à vérifier ses comptes, à faire revoir les garanties de ses biens matériels et immatériels.

Il peut aussi indiquer trop d’individualisme et trop de matérialisme. Le pragmatisme devient ruse, calcul et froideur. Le sens économique devient pour sa part avarice et égoïsme, entêtement, prudence excessive. 

Il invite à cultiver son jardin, à revenir à la Terre, à poser les fondations de son bonheur avant toute chose en ouvrant sa porte au relationnel.

En relation avec le quatrième Niveau du Tarot, l’As de Denier en correspondance forte avec Le Pape, son Atout-maître secondaire, représente la spiritualisation parfaite de la matière par l’union sacrée et équilibrée entre les forces féminines et les forces masculines.  Bruegel l'Ancien et Rubens-L'Eden

Il représente, plus que n’importe quelle autre Carte du Tarot, le Jardin d’Éden, quand Adam et Ève se découvrent mutuellement dans le respect et l’amour, avant que leur lâcheté les conduise à la porte du paradis. Dans ce Jardin d’Éden, l’être humain sanctuarise l’ensemble de la Création, lui permettant d’être ce miroir du divin qu’elle est destinée à être. Aussi bien cet Éden n’est-il pas tant au commencement de l’histoire des hommes que sa finalité, ce qui implique la transformation des relations de l’être humain au monde, et d’abord à son compagnon de vie, faisant de celles-ci de pures expressions éthiques.

Ce Jardin d’Éden est symbolisé dans l’iconographie du Tarot de Marseille, par ce cercle d’or central, décoré de frises et encerclant la fleur aux quatre pétales, entouré de gerbes de fleurs, à droite comme à gauche, en haut comme en bas.

C’est aussi la pierre philosophale que l’As de Denier incarne, en tant que Pierre traversée de lumière, et dès lors en tant que Nature spiritualisée, devenue tout entière le contenant sacré, le calice rempli de rosée spirituelle, cette eau de la Terre remplie de lumière.



Le Roi de Coupe

Le Roi de Coupe

Le tendre époux

L’artiste de renom

Le Père divin de la tendresse et de la miséricorde

 Roidecoupe

Comme pour tous les Rois du Tarot, le Roi de Coupe est sous l’égide de L’Empereur leur Maître-Atout qui leur accorde sa stature d’Homme du Tarot, son assise (le trône), son sens du réel et son autorité naturelle. Mais le Maître-Atout secondaire particulier du Roi de Coupe est Le Soleil qui dispense son amour paternel et solaire de manière égalitaire entre tous ses enfants.

Le Roi de Coupe fait partie, en outre et du fait de sa Couleur, de la Cour de l’élément Eau, sachant que cet Élément tarologique n’a rien à voir avec l’eau terrestre. Il s’agit de recueillir dans la Coupe, l’Eau du ciel, appelée aussi Rosée, eau née de la conjonction alchimique entre la Terre et le Ciel, eau traversée de lumière, eau remplie d’amour.

Le Roi de Coupe est donc le Roi le plus élevé du Tarot, celui qui représente l’accomplissement du rôle paternel, de la masculinité parentale accomplie par l’amour. Sa coupe est pleine. Orienté par le bas du corps vers la gauche, et portant sa coupe dans la main gauche qui représente la réflexion, la méditation, mais aussi la vie affective et sentimentale, il regarde vers la droite : il sait exactement comment agir et ne pas agir pour que tout aille au mieux. Son expérience éclairée par son intelligence et son amour font de lui le meilleur des conseillers de ses enfants.

C’est un homme d’une cinquantaine d’années bien tassées, ayant les cheveux éclaircis par les ans, généreux, ouvert, très inspirés artistiquement et/ou spirituellement. On peut compter sur lui.

Du point de vue de la famille et des investissements matériels et terrestres (Premier Niveau du Tarot), le Roi de Coupe est par excellence le père de famille aimant. Plus âgé que les autres Rois du Tarot, il a l’autorité naturelle de L’Empereur, la sagesse de L’Hermite, la capacité d’écoute et d’échange de Tempérance et surtout le rayonnement solaire de l’Atout XVIIII qui réchauffe le cœur de ses enfants. C’est un homme plein de bonté et de tendresse sur lequel on peut toujours compter. C’est aussi un époux tendre, aimant, soutenant pour son épouse.

king-of-cupsDu point de vue de l’investissement sociétal et de l’identité professionnelle (Second Niveau du Tarot), le Roi de Coupe est un artiste de renom, mais il peut être aussi, un prêtre, un pasteur, un imam c’est-à-dire un homme dédié à l’amour spirituel qui ouvre son cœur paternel bien au-delà de sa famille biologique.

Ce peut être aussi un soignant, un médecin, un thérapeute qui permet aux émotions de ses patients de calmer et de se sublimer. Sa patience est infinie, tout autant que sa bonté.

Inspiré par des intuitions remarquables, il a déjà depuis longtemps acquis une réputation des plus excellentes.

C’est cette aptitude à apaiser les autres que choisit de représenter, de manière symbolique, le Rider : l’eau des émotions qui entoure le trône du Roi de Coupe et qui menace toujours de déborder s’apaise sous son trône.

Du point de vue des épreuves et des grandes vertus issues de ces épreuves (Troisième Niveau du Tarot), le Roi de Coupe parle d’une défaillance de l’image paternelle dans la chaleur de son amour. Ce peut être un père absent, ou très froid. A l’inverse, il est possible que cette Carte parle d’un père excessivement présent, à l’amour brûlant, un père incestueux, ou encore un père trop maternant et qui donne une image dévirilisée à ses enfants. 

D’un point de vue abstrait, cette Carte indique qu’on doit cultiver un amour solaire, détaché et néanmoins à la fois éclairant et réchauffant à l’égard de ceux qui sont à notre charge.Chapelle-sixtine

Du point de vue de la rosée spirituelle (Quatrième Niveau du Tarot), le Roi de Coupe représente par excellence le Dieu de Jésus de Nazareth, ce Dieu d’amour qu’il révèle à la communauté juive et qu’adopta la chrétienté, renversant radicalement la relation de l’être humain au divin, relation marquée par la soumission et la terreur avant cette révélation, et qui, à partir de Jésus, se montre empreinte de proximité, d’intimité même, de tendresse, d’amour paternel et filial, de confiance, de foi véritable portée par l’amour.



Le Cavalier d’Epée

Le Cavalier d’Épée

Princes et Princesses du Tarot

Le brillant émissaire

L’infatigable chevalier de la justice

Cavalier-d'Epée 

Les Cavaliers appartiennent aux Honneurs du Tarot (ou encore Figures), ces Cartes particulièrement dédiées à la représentation des archétypes de l’humanité.

Les Cavaliers sont sous l’égide du Chariot, leur maître-Atout, Prince de l’exploration des Nouveaux-Monde, aussi sont-ils tous de fringants voyageurs. Appartenant, comme Le Chariot, à la Verticale des II, ils sont en effet confrontés à l’altérité et à sa gestion. Le Chariot est aussi un guerrier, et il apporte aux Cavaliers leurs caractères de défenseurs de leur Cité, de leur royaume.

Appartenant à la Cour de leur Couleur, les Cavaliers représentent les Princes et Princesses chargés par les Rois et Reines de les représenter en pays voisins ou plus lointains. Ce sont les émissaires de la Cour, ses ambassadeurs, ses représentants.

Le Cavalier qui nous intéresse ici a pour couleur l’Épée, Couleur en relation harmonique avec le 3e Niveau du Tarot, Niveau des épreuves de la vie et des grandes vertus qui en découlent. Les Épées sont de l’élément Air, élément masculin de la vie intellectuelle et de ses productions.

Le Maître-Atout secondaire du Cavalier d’Épée est Le Pendu qui apporte à son émissaire dans le monde des Honneurs sa patience, sa sagesse, son aptitude à inverser les points de vue et à enraciner ses réflexions dans le Ciel.

Une fois en main tous ces éléments, il nous est facile de comprendre à quel type de personnalité nous avons affaire avec le Cavalier d’Épée : c’est un homme jeune, la trentaine, le cheveu noir et la peau claire, un intellectuel brillant dans son domaine. Le cheval du Cavalier d’Épée du Tarot de Marseille caracole au-dessus de la terre, car son domaine se trouve dans la vie intellectuelle et ses idéaux. Du Chariot, il possède l’épaulette droite, au visage de Lune : son intuition est grande. Entièrement tourné vers la gauche, ce n’est pas un homme qui se dédie à l’action et à la création dans le monde, hormis dans son domaine intellectuel, c’est un homme doué de réflexion et qui, de ses méditations intellectuelles, tire une philosophie et un engagement idéaliste qui organise sa vision du monde.

Cavalierd'epée-riderLe Tarot Rider ne doit pas induire en erreur : son Cavalier d’Épée a beau être dans un mouvement furieux, il ne s’agit pas d’une activité guerrière au sens classique du terme ce qui appartiendrait plutôt au monde des Bâtons. S’il est véloce, c’est en tant qu’agent de l’élément Air, la vie intellectuelle. Son épée est sa plume et son esprit brillant, ainsi que son écriture. N’oublions pas que son Maître-Atout secondaire, c’est Le Pendu : comme lui, le Cavalier d’Épée n’est pas dans l’activité concrète, il agit subtilement par son intelligence.

Du point de vue du premier Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée représente le fils ou la fille aîné(e) de la famille, souvent parti du foyer familial et qui mène des études supérieures dans des domaines intellectuels et philosophiques, parfois à l’étranger. Ce jeune homme ou cette jeune femme est très brun(e), la peau claire, idéaliste et avec des principes de vie très rigoureux.

Indicateur d’échanges et de communications tournées vers le passé, cet Honneur d’Épée est souvent l’occasion de quelques échanges vifs, de quelques règlement de compte familiaux. 

Du point de vue du second Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée incarne les adjoints et adjointes des directeurs et directrices dans les domaines de la vie intellectuelle. Ils représentent aussi les maîtres de conférences et enseignants chercheurs, mais aussi les avocats, les enquêteurs, les clercs de notaires, etc. Dans son sens abstrait, il indique qu’une période de recherches et d’enquête s’ouvre. Il s’agit de partir ailleurs ou de chercher ailleurs pour trouver un nouveau point de vue sur le monde.

Du point de vue du troisième Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée parle d’une personne encore jeune, très intelligente mais dans le sens de la ruse, manipulatrice, perverse, qui avance ses points sur l’échiquier de ses ambitions, faisant des autres, de simples instruments qu’il manipule à sa guise.

Si le Tarot est interrogée pour une tierce personne, il met alors en garde le consultant, son adversaire peut être intellectuellement redoutable et d’autant plus dangereux qu’il avance masqué.

hermesCette Carte invite, aussi le consultant qui en ferait le tirage pour lui-même, à ne pas mépriser autrui même s’il n’est pas aussi rapide d’esprit que soi et à prendre conscience qu’il faut se mettre au service des plus faibles. Il doit apprendre la leçon du Pendu qui consiste à inverser les apparences : ce n’est pas au faible de se mettre au service du plus fort, mais au fort de le protéger. Elle indique aux intellectuels qu’il est temps d’élever leurs regards vers le Ciel spirituel et d’user, symboliquement, de la main gauche, cachée dans l’iconographie du Tarot de Marseille, la main gauche indiquant la main du cœur et de l’âme.

Du point de vue du quatrième Niveau du Tarot, le Cavalier d’Épée se situe clairement sous l’égide du Dieu grec Hermès qui porte le nom de Mercure chez les Romains, le dieu de la ruse, de l’intelligence et des messages.

 



Le Valet de Bâton

Le Valet de Bâton

(Page ou Demoiselles d’Honneur de la Cour de Bâton)

 Le jeune passionné

Valet de bâton 

 

Il ne faut pas se laisser aveugler par la dénomination française des Valets du Tarot. Ce sont les premières Cartes de la Cour de leur Couleur, à ce titre, elles font entièrement partie de la Cour, elles participent de leur fonctionnement, de leur faste en tant que Pages et Demoiselles d’Honneur.

L’Atout-maître de l’ensemble des Valets du Tarot est le Bateleur, le plus jeune et le plus petit des Atouts. De même, les Valets représentent les jeunes personnes de la Cour de leur Couleur :  Pages et Demoiselles d’Honneur. Leur fonction était d’accompagner, de servir les Personnages plus élevés en Cour, et surtout de relier ceux-ci entre eux, en portant leurs messages. C’est pourquoi les Valet (Pages et Demoiselles) portent principalement les significations de commencement, de jeunesse et de la communication, mais aussi secondairement du service qui s’impose dans la dénomination française de « Valet ».

Si tous les Valets sont éclairés par Le Bateleur, chaque Valet, selon sa Couleur, possède un Atout-maître secondaire. Celui du Valet de Bâton est L’Amoureux qui corrobore la symbolique du Feu qui est portée par la Couleur de Bâton. La passion, éros, l’énergie pulsionnelle sont donc puissants dans ce jeune homme ou cette jeune fille, et le Valet du Tarot classique nous montre un énorme bâton qui s’appuie sur le sol de la Terre et se dresse droit devant lui : il s’agit bien évidemment d’un symbole phallique.

Il est à partir de tout cela facile de faire l’analyse des significations portées par le Valet de Bâton : il s’agit d’une jeune fille ou d’un jeune homme, à l’adolescence ou la préadolescence, sportifs, les cheveux roux ou blond vénitiens, qui possède une grande énergie, beaucoup de charisme, et qui est profondément travaillé par la pulsion sexuelle.

En tant que Bâton, ce Valet est très attiré par l’étranger, les voyages, les horizons lointains. Il peut représenter des nouvelles d’ailleurs, ou un prochain départ, tout comme représenter une jeune personne d’origine étrangère. Le Valet de Bâton marque souvent une jeune personne aimant beaucoup s’entourer de personnes étrangères ou d’origine étrangères.

Enfin, l’énergie du Bâton est aussi une énergie créative ce qui fait du Valet de Bâton une jeune personne inventive, particulièrement dans le domaine technique et sociétal.

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En lien avec le premier Niveau du Tarot, cet Honneur parle des jeunes gens de la famille qui possèdent les caractéristiques des Bâtons : activité, créativité, forte impulsion sexuelle ou fortes préoccupations dans ce domaine, générosité, physique élancé et sportif, cheveux blond-roux, charisme. 

Entièrement tourné vers la droite, l’action, l’affirmation de son énergie dans le monde, le Valet de Bâton est une jeune personne toujours en activité. 

Sous l’égide de son Atout-maître secondaire, le Valet de Bâton peut être amené à connaître un triangle amoureux. En effet, son énergie sexuelle fait de lui un cœur d’artichaut peu fidèle à ses premières amours.

Cette Carte peut donner des conseils aux parents pour bien orienter ce type d’enfant et d’adolescent : comme tous les Bâtons, il faut que leur activité soit tournée vers la direction, le sport, la vie sociétale et politique. Ce ne seront pas de futurs artisans car ces jeunes personnes n’ont pas un grand sens de la méticulosité ou de la patience. Ce ne seront pas non plus, aussi brillants soient-ils de grands intellectuels vivant principalement dans les livres, ni des artistes avant tout, ou des personnes ayant une grande aspiration spirituelle. Ce sont les futurs meneurs d’hommes et de femmes et autres directeurs, présidents, leaders, les futurs guerriers, militaires, policiers, et autres défenseurs, etc.

Ce Valet désire  voyager. Faire le tour du monde, devenir cosmonaute, voilà qui va porter longtemps ses rêves. C’est ce que le Rider a choisi de montrer avec ce jeune homme blond placé devant un paysage égyptien solaire.

Il faut aussi veiller à ce que l’énergie puissante de ces jeunes gens soit canalisée. Il leur faut beaucoup d’activités, et beaucoup d’activités sportives. Il faudra veiller à bien les éclairer, et assez jeunes, sur la contraception et les moyens de bien vivre une relation sexuelle harmonieuse avec son partenaire.

Par ailleurs, du fait de leur lien au Feu des Bâtons, cet Honneur peut indiquer un fort investissement de son image sociale, un besoin de briller, et de se faire remarquer.

En lien avec le second Niveau du Tarot, cet Honneur renvoie au commencement en fanfare d’une activité professionnelle de direction, de management ou sportive.

Il parle aussi de messages tonitruants, ou de la nécessité d’une communication absolument claire où l’on s’affirme vigoureusement en face de l’autre.

Il indique la création d’une nouvelle activité, en relation avec l’étranger, la communication, l’inventivité. Bonne nouvelles en ce qui concerne un contrat, un commencement d’activité.

Il parle d’apprentissage dans la police, l’armée, dans l’activité sportive.

 amazonesEn lien avec le troisième Niveau du Tarot, le Valet de Bâton peut être un indicateur d’hyperactivité, d’une jeunesse brutale, excessivement violente, machiste, agressive, parfois sanguinaire, incontrôlable et rebelle. Cette Carte appelle à plus de douceur, d’obéissance, de raison. Dans tous les cas il y a un excès de fougue, une énergie mal contrôlée. Elle indique qu’il faut commencer désormais à cultiver une forme de maîtrise de soi. Il parle aussi une forme de narcissisme, avec un attachement excessif à son image dans la société. Elle oriente dès lors vers plus de modestie, d’humilité et de sagesse. Cet Honneur peut indiquer aussi, pour une fille, une identité sexuelle fortement marquée de masculinité, ce qui peut rendre plus compliquée à vivre sa féminité.

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, cette Carte représente volontiers, avec le Cavalier de Bâton, le jeune Arès, le Dieu fougueux de la guerre (ou Mars pour les Latins), ainsi qu’Héraclès ou Hercule, le demi-dieu presque imbattable. Il tourne le regard vers  les jeunes amazones, ces femmes combattives légendaires. Il incarne la jeune fougue et l’énergie pulsionnelle au commencement, et au service d’une grande cause.  C’est par excellence la Carte des jeunes Héros et Héroïnes, des jeunes Guerriers et Guerrières des différentes mythologies mondiales, rappelant au monde moderne épris des valeurs pacifiques que la défense de ses idéaux en face de l’ignominie, ou de sa Cité en face de l’ennemi est aussi une valeur éternelle.



La Reine de Denier

La Reine de Denier

La dame du foyer et des acquis

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La Reine de Denier appartient aux Figures du Tarot, appelées aussi Honneurs, et qui, plus qu’aucune autre Carte, incarnent les archétypes possibles de l’être humain.

Se situant dans la Troisième Verticale, celle dédiée à la Féminité, et sur le premier Niveau, celui des Deniers, de la Terre, de la Famille, de la Nature, des incarnations de chair, des productions matérielles et de leur représentation dans la sphère économico-sociale par l’argent, la Reine de Denier est aussi particulièrement sous la protection de L’Impératrice, son Atout-maître premier et secondaire.

A partir de ces informations, il est aisé de décrire le type de femme que représente la Reine de Denier : C’est une femme particulièrement simple, naturelle, qui a la main verte, et qui est aussi une cuisinière hors pair.

Les cheveux châtains, elle règne sur le monde matériel et sur une nature humanisée.

Elle vit souvent dans une maison avec un jardin autour, à moins que son appartement soit plein de plantes. Son habitat privilégié est le cottage, la maison de campagne, la ferme rénovée.

Excellente gestionnaire de son univers, elle maîtrise les dépenses de son foyer, garantissant à tous ceux qui vivent avec elle, un confort matériel aussi grand que possible. Ce n’est ni une rêveuse, ni une ambitieuse, ni une intellectuelle.

Tournée vers la gauche, passive et réceptive, elle ne vise pas tant l’action et la transformation de son monde que la conservation, la réparation, la gestion de sa réalité matérielle.

Cette femme sans méchanceté a un sens pratique exceptionnel. C’est sa caractéristique première. Manuelle, elle aime rien autant que de faire elle-même ses plats, ses vêtements, et les objets matériels qui font partie de sa vie quotidienne.
Reine de Denier

En relation avec le Niveau I du Tarot, la Reine de Denier est une femme fertile qui a souvent plusieurs enfants. Mère nourricière par excellence, elle exprime son amour maternel en concoctant de bons petits plats pour tous. Il n’est pas rare de la voir entourée d’animaux domestiques qui lui sont très attachés.

En tant qu’épouse, c’est une femme fidèle qui possède une grande sensualité.

Assez gourmande, il est possible qu’elle ait quelques problèmes de poids.

Son élégance naturelle l’oriente vers la simplicité et le confort, et il sera rare de la voir porter des talons, car elle ne sacrifie jamais le bien-être à son image. Si elle se maquille, c’est très légèrement, et si elle se parfume, elle privilégie les parfums naturels.

Économe et organisée, elle assure à tous un grand confort matériel.

En ce qui concerne la vie sociale et économique ( Niveau II du Tarot), la Reine de Denier désigne volontiers l’agricultrice, l’horticultrice et la paysagiste, ainsi que tout métier en lien avec la nature, mais elle peut aussi incarner les métiers artisanaux, ainsi que les métiers liés à la gestion de l’argent et à la restauration.

Son travail est méticuleux, organisé, méthodique et elle a la réputation d’être une personne fiable et sérieuse. Peu ambitieuse, elle progresse néanmoins dans son univers professionnel et peu à peu parvient à atteindre les objectifs à long terme mieux que personne.

Temporellement, cette carte renvoie à  l’automne et à la fin de l’après-midi. C’est en effet la Carte des moissons, des récoltes, de l’abondance matérielle. Elle indique que le temps est mûr pour récolter le fruit de ses efforts passés.

En ce qui concerne les épreuves de la vie et les vertus qui en découlent ( Niveau III du Tarot), la Reine de Denier peut indiquer un manque de maîtrise des conditions matérielles de la vie. Elle oriente le consultant sur la nécessité de prendre en compte les exigences de la terre, avant d’envisager celles du Ciel. Elle peut aussi indiquer une forme de stérilité. Elle renvoie à l’avarice, à l’excès de matérialisme et dès lors à une femme excessivement matérialiste ou avare. demeter

Les vertus qu’elle promet à terme sont celles de la précision, la méticulosité, la gestion économique de sa vie, l’ordre et la bonne organisation matérielle.

En ce qui concerne la rosée du ciel et la vie spirituelle (Niveau IV du tarot), la Reine de Denier est la Carte de Déméter, la Déesse grecque de la Moisson.

Elle incarne aussi Asherah, la Déesse hébraïque des bois, des bosquets et de la vie, la compagne de Yahvé, dans la religion bithéiste initiale du peuple hébreux. 

C’est aussi la Carte qui renvoie à Gaïa, la toute première divinité, celle dont la fécondité engendre le monde des dieux et des êtres vivants.

Dans tous les cas, cet Honneur indique qu’il faut se relier à la Déesse-Mère et à la Nature pour ouvrir en soi le Calice qui recueille la rosée spirituelle du Ciel.

 



Atout XIIII-Temperance

Tempérance

Atout XIIII

Angélisme et brutalité de l’idéalisme

Gnosticisme, vouloir faire l’ange et faire la bête

Idéal tempéré par le réalisme

Partage, échanges, amitié, respect mutuel

Fraternité universelle

 

Temperance-Jodo

 

S’il y a un Atout mal compris, c’est bien Tempérance dont on ignore la situation au sein du Système en 4 x 5 du Tarot, et dès lors qu’il est au croisement d’une Verticale mâle et d’un Niveau dédié aux épreuves et aux grandes vertus spirituelles qui en sont issues. 

Verticale des IIIIComme le manifeste déjà  appartenance à la Verticale des IIII, Tempérance qui n’est pas « La Tempérance » représente un ange de nature masculine, faisant de lui un élément d’une mâlitude archétypale qui réunit L’Empereur, L’Hermite, et Le Soleil.

La lecture d’une iconographie pourtant très claire s’obsède habituellement du seul fait qu’il s’agit d’un ange qui mélange deux types de fluides, pour en tirer toutes sortes d’interprétations qui ne sont que partiellement justes car elles ne  tiennent compte ni du fait que cet ange ailé ne rayonne pas, alors que c’est le cas de tous les autres anges du Tarot, ni qu’il ne vole pas alors que, de même, le vol ailé caractérise la situation ou l’action des trois autres anges du Tarot et qu’on trouve en Atouts VI (L’Amoureux), XX (Le Jugement) et XXI (Le Monde). L’absence de rayonnement et de vol montre bien qu’il ne s’agit pas du tout, dans cet Atout, d’une inspiration divine, mais d’une attitude humaine qu’il faut donc décrypter, en n’oubliant pas l’appartenance à ce troisième Niveau du Tarot et qui est en relation harmonique avec les Épées, Cartes des épreuves avant d’être celles des grandes vertus spirituelles.

Loin d’être cet Atout  si tranquille et serein que certains tarologues et taromanciens ont vu en lui l’expression principale de « vacances », ou cet Atout uniquement positif de l’équilibre et de la mesure, il incarne d’abord une des plus grandes épreuves que doit vivre l’humanité avant de s’éveiller à la rosée du Ciel, une épreuve plus difficile que celles de la violence (Atout XI), de l’impuissance (Atout XII) et du deuil (Atout XIII), mais moins difficile que celle qui est liée au Diable : l’aliénation en toute conscience. Tempérance, parallèlement, promet une vertu supérieure au courage (Atout XI), au renversement des perspectives (Atout XII) et au détachement (Atout XIII), bien que moins essentielle que la lucidité que promet Le Diable.

Le nom de « Tempérance » ne fait que désigner du doigt la vertu qu’il faut cultiver quand cet Atout est en question. Mais ce mot de Tempérance a au moins une autre signification : il devrait, aussi, être entendu dans la langue des oisons en usage chez les alchimistes du XVe siècle qui a vu naître le Tarot : Tempérance est le temps de l’errance, c’est-à-dire un temps long de l’erreur, et une erreur de laquelle l’humanité gargouilles_Notre-Damea bien du mal à se sortir, parce qu’elle ne ressemble pas à une erreur mais, au contraire, endosse l’habit de la spiritualité, l’habit de l’ange.

Quelle épreuve et quelle errance peut ainsi rectifier, cette vertu de tempérance, qu’est aussi l’Atout XIIII ?

C’est l’iconographie qui nous l’apprend : il s’agit pour celui qui veut faire l’ange de garder les pieds sur terre et de mettre de l’eau dans son vin. Il y a un proverbe français qui est admirablement illustré par Tempérance : « qui veut faire l’ange fait la bête ». C’est l’angélisme ou son extension : l’idéalisme, que représente d’abord Tempérance, deux tendances dangereuses pour l’être humain en chemin spirituel car elles conduisent à des excès et même un extrémisme. Cet angélisme et cet idéalisme sont particulièrement en jeu dans les idéologies religieuses, mais on les voit à l’œuvre dans les activités politiques et humanistes. Ainsi, si l’islamisme fondamentalisme qui ravage notre monde est né d’un idéal religieux, l’idéalisme communiste et athée fondé sur une volonté de justice et un idéal de d’égalité a abouti, préalablement et au cours du XXe siècle, à l’un des pires totalitarismes historiques.

Il est éclairant de considérer la Carte complémentaire de Tempérance, le Chariot, pour comprendre l’Atout XIIII : l’idéalisme peut être aussi violent qu’une conquête, qu’une forme de colonisation. Et c’est souvent en son nom que ces dernières sont entreprises. Ainsi, répandre une religion ou un idéal humaniste ont donné bien des excuses aux colonialistes des temps passés.

A l’heure actuelle, nous vivons l’épreuve conjointe, à la fois, de Tempérance et du Diable, et dans leurs milieux naturels respectifs si on peut dire : le milieu religieux fondamentaliste pour Tempérance et le libéralisme économique pour Le Diable. Le terrorisme islamiste fait, en effet, pendant aux excès issus d’une mondialisation libérale qui instrumentalise l’humanité à la recherche du seul profit d’une élite commerçante soumise à un but purement égoïste, celui de la richesse. Mais l’espoir m’anime, car Tempérance et Le Diable sont les deux derniers Atouts avant l’ouverture aux Atouts cosmiques. Nous sommes au plus important tournant de toute l’histoire de l’humanité : où bien elle se détruit, ou bien elle se métamorphose avec l’Atout suivant : La Maison Dieu.

Pour en rester à la partie qui concerne Tempérance, rappelons que le terrorisme islamiste est né dans le sol angélique d’une des religions les plus généreuses qui soient, où l’orphelin et le pauvre sont en particulier traités avec une grande bonté. Les terroristes islamistes, comme tout terroristes, sont des idéalistes qui veulent « sauver le monde » de ses péchés et de ses turpitudes par des actions considérées comme des moyens certes mauvais, mais nécessaires. Or, aucun idéal ne peut, en réalité, justifier l’injustifiable.

Krishnamurti est à mes yeux le philosophe et la personnalité spirituelle la plus consciente des méfaits de l’idéalisme, aussi il ne faut pas s’étonner si l’essentiel de son enseignement incarne, mieux qu’aucune autre philosophie, la sagesse du Diable : seul, affirme-t-il, celui qui a pris conscience de l’aliénation que représentent les religions, les croyances, les idéologies de toutes sortes, y compris de l’humanisme, a les yeux ouverts sur la réalité de la condition humaine. Pour Krishnamurti, il faudra bien qu’un beau jour, l’humanité commence à Voir le réel tel qu’il est et acquiert cette lucidité promise par l’Atout XVKnishnamurti. Autrement dit, il faudra que l’humanité dépasse le stade représenté par Tempérance et cela implique l’acceptation des valeurs positives du Diable tarologique.

L’idéal, affirmait Krishnamurti constamment lors de ses nombreuses causeries, c’est « quelque chose qui n’est pas ». Ce n’est pas le réel. C’est une négation du réel, un refus du réel qui comportent de grands dangers. A vouloir faire plier le réel sous son idéal, on le maltraite et parfois à l’extrême. Les camps de concentration, les génocides, les tortures, les viols, les meurtres sont nés et continuent de naître d’un idéal qui, pour se réaliser, emploie des méthodes pires que les souffrances qui l’ont fait naître. C’est pourquoi, pour Krishnamurti, « l’idéal est une brutalité ». Aucun idéal ne trouvait grâce aux yeux de Krishnamurti, pas même celui de la non-violence, alors en vogue en Inde. Car ce n’est pas en cultivant un idéal de la non-violence qu’on peut se débarrasser de la violence dans le monde, mais selon Krishnamurti en embrassant la violence, elle-même, dans une vision lucide et compatissante.

A cause de l’idéalisme, de l’angélisme qui sont des façades de bonté et d’amour altruiste, je me sépare d’autrui, affirmait encore ce sage et mystique que fut Krishnamurti, je m’oppose à lui, à ses besoins, à sa vision. Drapés dans leurs rôles de prédicateurs, les idéalistes sont “les diviseurs inconscients du monde”. Or la division, la séparation, la violence qui en découlent sont exactement ce le sens que porte le mot « diabolique », ce qui nous envoie directement à l’Atout suivant.

L’une des formes les plus concentrées du danger que représente l’idéalisme se trouve dans le gnosticisme qui a infesté toutes les religions, mais aussi bien les philosophies existantes, même si les gnostiques proprement nommés représentent aussi une secte chrétienne des IIe et IIIe siècles de notre ère et donc un espace culturel restreint.

L’âme gnostique dans ses caractéristiques éternelles est constituée d’un dégoût profond pour la matière, pour le monde réel, pour la nature qui se traduit par une haine des femmes, de la sexualité, de la chair sous toutes ses formes et d’une aspiration à un autre monde, transcendant, pur, dénué de toute souffrance, de toute violence, de tout péché. Ce rêve d’un monde parfait transcendant qu’on trouve dans la poésie de Baudelaire par exemple conduit à renforcer la haine du monde qui l’a fait naître. C’est cet idéal d’un paradis parfait qui motive les djihadistes. Se détourner émotionnellement de la seule réalité existante, parce qu’on la juge mauvaise et la mépriser au nom d’un monde parfait, probablement purement imaginaire, irréel mais qu’un prophète ou gourou quelconque a proposé à l’imagination de ses troupes pour motiver leur ardeur combattive, c’est faire preuve de folie, d’immaturité, de bêtise sans fond. Car le bonheur réel n’est possible que sur terre, ici et maintenant, et pour l’atteindre il faut commencer L'âme qui s'envole vers l'Idéal Transcendant-janmot-idealpar aimer ce qui est.

Ce mépris gnostique, ascétique, angélique du réel, de la nature, de la sexualité qu’on trouve dans la religion chrétienne, dans la philosophie platonicienne, dans la religion musulmane, dans le bouddhisme, etc. est inférieur, en terme d’évolution spirituelle, à l’amour passionnel et aliénant de ces mêmes réalités que représente Le Diable et c’est pourquoi l’Atout XV incarne un stade plus évolué que l’Atout XIIII. Et c’est pourquoi l’ange de Tempérance précède Le Diable de l’Atout XV.

L’iconographie de l’Atout XIIII invite donc à mettre de l’eau dans son vin, et si je dois traduire ce proverbe à partir de son iconographie, du réalisme dans son idéalisme, c’est-à-dire à garder les pieds sur terre. Alors les plus belles qualités de Tempérance se manifeste : celui est mû par un idéal tout en restant conscient des difficultés de ce monde et des nécessaires accommodements à la réalité qu’il doit accepter… devient modéré, sage, tempéré, tolérant, respectueux d’autrui. Il est foncièrement l’ami de tous les autres, et sa posture est celle d’un frère en humanité partagée.

Dès lors, le lien à la complémentaire, Le Chariot, se comprend dans un tout autre sens que celui que nous avons évoqué : le partage dans le respect mutuel est le moyen propre à une humanité réalisée pour découvrir de nouveaux domaines d’exploration. Don et contre-dons enrichissent alors tout le monde sans que personne n’ai rien à perdre.

Il est donc juste de faire de cet Atout, l’image de l’amitié, de la fraternité. Et de fait, il appelle l’Atout qui lui est supérieur dans la Verticale des IIII : Le Soleil où cette fraternité va jusqu’à la gemellité. Avec Tempérance, il y a partage, échange de dons et contre-dons mutuels, de services et d’écoute, et de confidences qui placent les deux personnes, aussi différentes soient-elles par leur genre, leur statut et leur place dans la société, dans la plus parfaite égalité.

Les flux qui se mélangent dans Tempérance sont ceux de la Terre et du réel (rouge et gauche) et du Ciel (bleu et droite), mais aussi du masculin (bleu) et du féminin (rouge), rappelant que l’Atout XIIII fait partie de la Verticale des IIII où il est question de mâlitude : tout de même qu’aucun être humain en chemin spirituel ne peut accéder au Ciel de son être sans accepter son ombre, aucun homme aussi masculin masculin soit-il ne peut vivre sa mâlitude sans avoir accepté sa propre féminité, son anima. Et cette anima est clairement marquée par la fleur qui se trouve au front même de l’ange dans l’iconographie du Tarot de Marseille. C’est l’équivalent, dans cette Verticale du IIII, de La Justice qui, au sein de la Verticale des III représente une incarnation féminine fortement masculine et qui vise le même équilibre qu’on retrouve en Tempérance.

Les deux flux relient deux vasques, l’une en bas, l’autre en haut, mais en montant d’un côté et en descendant de l’autre côté. Ils désignent donc la parfaite égalité des eaux des deux flux. Avec Tempérance, les valeurs de la Terre sont en parfaite égalité avec les valeurs du Ciel. Elles ne sont pas oubliées au nom d’un idéalisme écrasant. Elles sont respectées, et même transfigurées en valeurs célestes, tout comme ces dernières descendent dans la terre en s’incarnant dans le réel.

Tempérance-RiderLes concepteurs du Tarot ont tous été conscients de cette Verticale des IIII qui lie L’Empereur, L’Hermite et le Soleil à Tempérance sous l’égide du nombre quatre. Aussi ont-ils tous, d’une façon ou d’une autre, inscrit Le Soleil dans l’iconographie de Tempérance, l’Atout le plus près de lui au sein de cette Verticale. Dans le Tarot Conver, l’ange de Tempérance porte le Soleil sur la poitrine, moins un quart, et quatre quarts en décoration en dessous, signalant clairement à la fois cette Verticale qui est celle de la mâlitude et qu’avec Tempérance on s’approche du Soleil, même s’il en manque encore un morceau. Dans le Tarot Rider, le Soleil porté au front par l’ange se lève aussi derrière les montagnes.

Que signifie encore cette présence de Tempérance au sein de cette Verticale des IIII au sein des Atouts du Tarot ? Que sans l’amitié, le pouvoir paternel de L’Empereur est tyrannique. Que sans l’échange d’informations entre le maître et les disciples, l’enseignement de L’Hermite ne peut réaliser sa destinée socratique où le maître apprend autant des disciples que ceux-ci du maître. Que sans la parfaite égalité d’amour du Père pour les fils, le Soleil ne peut brûler l’envie qui ravage la relation des frères et des amis.

Quand on rencontre Tempérance dans un tirage, cet Atout indique toujours qu’il faut mettre de l’eau dans son vin, et revenir à une conception plus réaliste des choses. I Il invite à ne pas se laisser emporter par l’intransigeance de ses idéaux et à rester attentif aux vrais besoins d’autrui. Parfois, encore, il conduit ceux qui, dans la gent masculine pourraient affirmer trop vigoureusement leur mâlitude, avec un côté macho inadéquat, à découvrir leur propre féminité, afin que leur véritable masculinité soit équilibrée. Alors, ils pourront être amis avec les femmes, parce qu’une part d’eux pourra s’identifier à leur vision féminine du réel. Mais surtout, Tempérance est une invitation à traiter autrui comme son égal en toutes choses, condition pour que l’amitié et de véritables échanges soient possibles, ouvrant l’interprétation à l’amitié où les partages et les échanges sont centraux.

Dans tous les cas, Tempérance apparaît quand il y a un excès dans ses affirmations identitaires et rappelle que la voie spirituelle n’est possible que par la culture d’un équilibre en toute chose, car toute vertu n’est qu’un moyen terme entre deux excès. Il invite tout un chacun à échanger son point de vue avec celui des autres en respectant ces derniers, ce qui ne signifie pas qu’il doit, pour autant, tout accepter. Car l’inacceptable au regard d’une éthique du respect reste l’inacceptable. Respect d’autrui et tolérance sont donc les vertus qui, alors, rayonnent à travers Tempérance qui est bien autre chose que la culture que cette diététique alimentaire que certains voient, presque exclusivement, en cet Atout XIIII.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, Tempérance parle de la fratrie et, secondairement, de la sororité, mais aussi de l’ami intime, du confident.

En lien avec le second Niveau du Tarot, Tempérance évoque les métiers en lien avec les liquides (barman, batelier sur rivières et fleuves, etc.), les métiers de la communication, y compris dans le soin (thérapeute par la parole, par les fluides) ainsi qu’aux métiers de la médiation (conciliateur).

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, Tempérance désigne les excès de l’idéalisme, de la religiosité, de l’ascétisme, le mépris de la chair, mais aussi une ambivalence mal gérée dans l’identité sexuée. Mais ce Niveau est aussi celui de la conquête de la vertu de tempérance, de la modération, de l’aptitude au dialogue et au respect de la parole d’autrui.

l'homme à bébéEn lien avec le quatrième Niveau du Tarot, Tempérance parle d’équilibre intérieur, de tolérance, de respect d’autrui, de justice, d’égalité fraternelle, d’amitié humaniste et de fraternité universelle, mais aussi d’équilibre parfait entre animus et anima et dès lors, plus particulièrement et en lien avec la Verticale des IIII, d’hommes qui s’affirment dans leur masculinité sans avoir besoin de jouer les machos, d’hommes modernes finalement, ce qui montre qu’on est bien, actuellement, dans la construction d’une humanité proche de la fin du 3e Niveau, proche dès lors de l’explosion de souffrance ou de joie spirituelle que représente, dans un cas ou dans un autre, l’Atout XVI.

3-liberte-egalite-fraterniteTempérance, enfin, est par excellence et dans ses valeurs les plus élevées, l’Atout de la France dont deux de ses devises essentielles s’incarnent comme principes fondateurs de la nation. Regardez aussi l’équilibre des flux bleus et rouges, et comment le blanc de l’ange unit les deux autres couleurs, le rouge de la Terre et le bleu du Ciel. Tempérance est un Atout qui possède le pouvoir de nous élever jusqu’au Soleil, pourvu qu’on intègre l’importance de la chair ce qui est le travail du Diable, l’Atout suivant.

 



L’Atout XIII

L’Atout XIII

La Mort

Coeur de toute grande épreuve et de toute grande vertu

Deuil

détachement, transmutation, ascèse

 13-arcane

Verticale des IIIL’Atout XIII est profondément lié à l’Atout III dont elle est la décade supérieure. L’Impératrice est en effet l’Atout de l’accouchement, de la femme qui donne la vie à l’enfant et le soutient de son amour maternel. L’Atout XIII est l’Atout qui enlève la vie, qui tranche bien plus radicalement que ne l’a fait, préalablement La Justice, dans cette Verticale des III, Verticale dédiée à la femme, à la nature et à la vie. C’est le temps du détachement radical, obligatoire, forcé qui conduit à passer son chemin en laissant derrière soi, tout un monde de relations, projets, créations, d’activités (que symbolisent les mains qui sortent du sol), d’honneurs (la couronne sur la tête coupée), de cheminements (le pied coupé), de constructions (les os) et de réalisations (les feuilles) etc. et qui n’ont plus lieu d’être dans sa vie.

Sans la mort, la vie n’est pas possible. En quelque sorte, la mort est l’un des visages de la vie sans laquelle la naissance, la croissance et l’épanouissement des êtres vivants ne serait pas possibles. Imaginez un monde d’êtres vivants sans mort. Impossible ! La surpopulation aurait vite fait de réintroduire ce que notre imagination avait exclu. C’est pourquoi, tout en haut de cette Verticale des III, vie et mort sont unis par La Lune qui possède en effet deux maisons liées, dans la nuit : la maison de la vie et celle de la mort. Toutes les Déesses lunaires antiques, Hécate en particulier, mais aussi les grandes déesses de toute culture, comme Durga ou Kali en Inde,sont déesses de vie et de la mort, représentation féminine du pouvoir divin de la Nature.

Epi de bléDans l’iconographie du Tarot de Marseille, il ne faut pas rater la colonne vertébrale en épi de blé de la grande faucheuse : l’épi de blé est, dans sa symbolique, l’expression de ce lien entre vie et mort qui est l’essence de cet Atout. En tant qu’il nourrit la vie, le blé est en effet le symbole de l’épanouissement vital, mais il est moissonné et dès lors il est sacrifié à cette vie qu’il nourrit. Il est aussi promesse de renouvellement perpétuel de la vie. Voici ce que dit le Dictionnaire de la symbolique de G. Romey au sujet de l’épi de blé : « Vie, le blé est la mère, génération, abondance, multiplication, prolifération. Mais les cycles de la vie comprennent la mort. Le grain nourricier ne peut se réaliser que par le sacrifice. »

La Mort est l’Atout de la quintade supérieure de la Justice, l’Atout VIII. C’est qu’elle représente la plus grande Justice de la vie, dans le traitement radicalement égalitaire qu’elle octroie à tous : nul n’échappe à la mort et nul ne peut prévoir sa propre mort sauf à se suicider. C’est ce qu’on peut voir dans l’iconographie de l’Atout : femme, homme, roi ou roturier, jeunes sont atteints par la grande Faucheuse, au même titre que les vieillards qui sont ses proies les plus évidentes.

Sur le sol noir de l’Atout XIII, des parties du corps humain sont détachées les unes des autres, émergeant encore de la terre. Ce sont les restes d’un passé qui agissent encore sur son humeur, ses émotions, ses pensées. Car le temps de cette Carte est le temps du deuil : quelque chose se termine, une étape est en train d’être franchie qui rend caduques les vérités et les manières d’être et de s’investir dans le monde d’hier sans néanmoins les avoir complètement digérées comme passées et dépassées. Une souffrance, une colère même que représente bien la marche à grands pas du grand squelette, sont à vivre avant que la digestion de la terre, l’oeuvre au noir des alchimistes, fasse de ce qui était vivant hier, devienne l’humus fertile de demain, et c’est pourquoi l’herbe déjà pousse de nouveau sur ce sol noir de la mort.

Le fait que la Carte complémentaire de l’Atout XIII soit La Justice rappelle aux tarologues qu’il ne s’agit pas d’être excessif dans la négation de son être, et de rester indéfiniment, comme le squelette de l’iconographie de l’Atout XIII, dans un amoindrissement de toutes ses affirmations propres. Il s’agit d’apprendre à faire de la place à l’autre, mais sa propre place ne doit pas s’effacer. Le but de L’Atout XIII n’est pas la négation de soi, mais de trouver sa juste place.

Quand cet Atout entre dans le jeu d’un consultant de taromancie, il indique toujours la fin d’une étape importante de sa vie. Quelque chose est en train de se terminer, et doit être digéré pour qu’on puisse rebondir. C’est la promesse d’une renaissance par une métamorphose profonde de soi et de sa vie qui ne pourra être tenue que si l’on accepte de faire son deuil du passé. Cet Atout qui appartient au Niveau III du Tarot, celui des grandes épreuves, mais aussi des grandes vertus de l’humanité, celui qui inaugure le Ciel des Atouts du Tarot, transforme les émotions liées au deuil (déni, colère, désespoir, tristesse) en une acceptation, un détachement, un lâcher-prise qui accompagnent une grande étape de la vie spirituelle humaine. Et cette transformation, même si elle prend son temps, avance à grand pas : la mort sur l’Atout XIII est entièrement tournée vers la droite, l’action et l’avenir. Elle se détourne définitivement du passé, et ferme une porte, tout en nourrissant l’avenir des restes digérés du passé. En cela, L’Atout se distingue complètement de la Carte numérale du 10 d’épée qui ferme une page, marque la souffrance de cette fermeture et n’offre aucun avenir, ni aucune renaissance.

kaliEn lien avec le premier Niveau du Tarot, cet Atout parle de la fille rebelle, de l’enfant mort, des proches perdus, du lien familial à l’au-delà, des grands ancêtres de la famille.

En lien avec le second Niveau du Tarot, l’Atout XIII désigne les pompes funèbres, les cimetières, mais aussi la chirurgie, le laboratoire de biologie, le temps automnal qui suit les récoltes, la jachère, l’hiver. Il parle aussi de régime alimentaire restrictif, de jeune drastique, d’anorexie.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, cet Atout évoque l’épreuve difficile du deuil et le détachement qui en est la conquête. Il évoque les personnes qui vont à l’essentiel, ou qui vivent de l’essentiel, les ascètes, le travail au noir des alchimistes.

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, l’Atout XIII parle du sacrifice de sa vie au nom de ses valeurs, des martyres de la foi, de l’épreuve initiatique, du fait de mourir au vieil homme pour renaître à l’Adam spirituel. Il parle aussi de la negrido des mystiques, ce temps terrible où le sujet semble coupé de Dieu, où règne, apparemment, dans l’âme humaine les pires ténèbres du doute et de la déréliction. Mais ce temps de ténèbres est un appel puissant à la lumière. L’Atout XIII incarne cet appel. 

 

 (merci au site Le goût de l’Inde pour son image de Kali, la Déesse hindoue de la vie et de la mort). 

 

 



Atout XII-Le Pendu

Le Pendu

Atout XII

Impuissance, subir une oppression totale, être pieds et poings liés

Prière, lâcher-prise, sacrifice

Renversement des perspectives, enracinement dans le ciel

12pendu

 

Le Pendu est l’Atout le mieux compris des taromanciens, car son iconographie très particulière appelle une interprétation précise que corrobore, bien évidemment, sa place au sein de la Structure du Tarot en 4 x 5.

Situé dans la deuxième Verticale des Atouts du Tarot, Le Pendu représente la confrontation à l’altérité vécue au 4e Niveau, celui des Épreuves et des Vertus. Après avoir vécu l’altérité en soi, avec La Papesse, loin de soi et exotique avec Le Chariot, l’altérité apparaît, avec Le Pendu, comme ce qui fait totalement obstacle aux affirmations possibles du soi-même.

Tout chemin à droite comme à gauche est barré par les deux colonnes que dessinent les troncs d’arbres inversés. On ne peut donc ni avancer vers un changement salutaire, ni reculer sur une position ancienne plus confortable. Les mains qui représentent l’emprise sur le réel, la capacité d’action sont, chez Le Pendu, attachées derrière son dos. Son pied droit est, quant à lui, visiblement lié (le pied indique le mouvement, la direction qu’on va prendre). Il met en scène un adage populaire et parle de qui est « pieds et poings liés » c’est-à-dire de qui se trouve confronté à une radicale impuissance. Tout est figé, rien ne peut bouger. Il faut donc cultiver la plus grande patience, non celle qui était déjà en jeu avec L’Hermite qui parvient à ses fins à force de temps et d’effort, mais de qui ne peut prévoir quand va finir son épreuve, et qui de plus ne peut strictement rien faire pour changer les choses. Les branches des deux arbres sont coupées au vif, indiquant donc qu’aucun espoir de renouvellement n’est en vue. Cet Atout est même un avertissement : toute tentative pour changer les choses non seulement n’aura pas l’effet escompté, mais pourrait bien conduire à une aggravation des choses. Le Pendu invite donc à renoncer à agir, et à entrer dans une période de méditation plutôt que d’action.

Tout Atout du IIIe Niveau comporte deux significations : elle indique une des grandes épreuves de la vie, mais elle invite aussi à faire de cette épreuve un chemin spirituel qui transforme alors l’individu, créant à partir de l’épreuve une grande vertu. Bien évidemment, la patience est en jeu avec Le Pendu, mais la grande vertu qu’il cultive est ailleurs. Elle se trouve dans son visage, parfaitement serein, et dans les couleurs qu’il porte, ainsi que dans les deux arbres inversés.

Contrairement à ce qu’on peut lire à droite et à gauche, Le Pendu n’est certainement pas une référence à Odin pendu à l’Yggdrasil pour avoir plus de pouvoir, ni un Yogi tenant la posture inversée, car ces références culturelles sont étrangères à ce début de la Renaissance qui a vu naître le Tarot, même s’il n’est pas interdit de nourrir sa réflexion sur le Pendu à partir de là.

Ce que Le Pendu indique toujours, c’est l’inversion du point de vue qui accompagne celui qui est entrée sur la voie spirituelle ouverte par La Roue de Fortune et entreprise avec La Force. C’est ce que dessine l’iconographie du Pendu : il a les pieds enracinés dans le Ciel tout comme les arbres qui l’accompagnent, et c’est à partir du Ciel qu’il observe le monde qui l’entoure. Ses vêtements portent donc exactement la couleur qui convient : le bleu du Ciel et de son pantalon est en haut, le multicolore fait du rouge, du vert et du jaune, couleurs de  la vie terrestre est en bas.

penduLa spiritualité est, en effet, un renversement du point de vue : ainsi, quand l’élan naturel vise l’égoïsme et l’affirmation vitale de soi-même en priorité, l’élan spirituel est fait d’altruisme où l’autre a une place aussi grande ou plus grande que soi. Ainsi, quand la puissance naturelle s’exprime par la force et fait plier les faibles pour les mettre au service du fort, du point de vue spirituel, le fort est au service du faible. Jésus de Nazareth, Seigneur spirituel, lavant les pieds de ses disciples et demandant à tout être charismatique d’adopter cette humilité qui traduit le fait qu’on a compris quel était le sens véritable de son don et de sa puissance. C’est ce qu’indique aussi le quatre formé par les jambes du Pendu, référence à L’Empereur dont il est l’inversion spirituelle et la réalisation véritable : le véritable pouvoir n’est pas terrestre, mais il s’accomplit dans sa destinée spirituelle qui met le fort au service du faible. l’Inversion spirituelle prend aussi d’autres formes, ainsi, Jésus de Nazareth, homme, devient mère d’une humanité fraternelle en lui donnant son corps à ingérer, tout comme la mère biologique nourrit son enfant de son lait. Ainsi, le féminin matériel (le Denier, la Terre), inférieur au masculin matériel (le Bâton, le Feu), se convertit en Féminin sacré  (la Coupe, la rosée spirituelle) supérieur au masculin sacré (l’Épée, l’air). Ainsi, l’enfant devient l’enseignant du parent, ainsi, le fou devient plus sage que le sage, etc.

Le Pendu qui accomplit son destin spirituel a compris qu’il ne pouvait pas agir dans le monde matériel mais qu’une Verticalité infinie lui est offerte où, au contraire, il ne rencontre plus aucun obstacle : celle de relier la Terre de ses pieds au Ciel et le Ciel de sa tête à la Terre.

Cependant, le fait que L’Hermite soit la Carte complémentaire du Pendu rappelle que cette inversion des valeurs et du point de vue sur le monde doit rester mesuré et prudent. Il ne s’agit pas d’apparaître comme un fou ou un marginal incapable de se lier aux autres et de s’intégrer dans la communauté, mais comme un modèle de sagesse, de lâcher-prise, de recueillement et d’oraison. A terme, Le Pendu est destiné à l’enseignement de son expérience.

Quand le Pendu intervient en taromancie, il indique toujours qu’un changement de regard est nécessaire, qu’il faut se relier au Ciel, et surtout arrêter de courir en tous sens pour changer une situation où, par les moyens de la terre (intelligence, ruse, argent, manipulation, travail), rien n’est possible.

Le Pendu invite à un lâcher prise qui sera cependant mis à dure épreuve par la plus douloureuse des expériences, celle du deuil, que va rencontrer le cheminement du Tarot avec l’Atout XIII.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, Le Pendu parle du fils malade proche de la mère, de l’enfant handicapé, hospitalisé, enfermé, emprisonné.

En lien avec le second Niveau du Tarot, Le Pendu renvoie aux acrobates, professeurs de yoga, maîtres de méditation, aux services hospitaliers en lien avec le grand handicap, les gardiens de prison.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, le Pendu parle de punition judiciaire, d’emprisonnement, de blocages en tout genre, mais aussi du handicap, du chômage, du bouc émissaire, d’une situation bloquée, de harcèlement, de victimisation, mais aussi d’éveil spirituel, de méditation, de transformation du point de vue sur le monde.

jesus-psautier-de-paris-eadwineCette carte en opposition invite à transformer le point de vue sur le monde, d’enraciner sa vision dans la spiritualité, et d’ouvrir son cœur à la prière, car rien de ce qu’on fera ne pourra changer les choses. Seule la prière sincère pourra être efficace. Cet Atout du renoncement, de l’acceptation et du lâcher-prise procède d’une spiritualisation de la relation à l’autre qui conduit à arrêter en soi la réactivité pour qu’émerge, dans le secret encore, l’activité compassionnelle qui est le destin ultime de cette Verticale des II auxquelles appartient Le Pendu et qui se manifestera clairement avec L’Étoile, son supérieur.

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, l’Atout XII évoque le mysticisme, la méditation, le sacrifice spirituel, et surtout Jésus-Christ qui assume la souffrance du monde, ainsi que sa culpabilité, afin de les transmuter.

C’est alors la notion de Sacrifice spirituel qui est en jeu. Le Roi de ce monde, Jésus-Christ est le grand Sacrifié, Celui qui a accepté de prendre sur lui la souffrance et le péché du monde pour les transmuter, pour alléger le monde qui n’aurait pas pu continuer à exister sinon. Beaucoup de mystiques catholiques ont aidé Jésus à porter de poids, dans l’acceptation, dans une spiritualité de la réparation et victimale. Ainsi, Marguerite-Marie Alacoque, Yvonne Beauvais (Mère Yvonne-Aimée de Jésus) ou Marthe Robin furent amenées à prendre en charge, toujours en pleine conscience, une part du fardeau christique et le poids des péchés humains, incarnant de manière exceptionnelle Le Pendu du Tarot.

 Yvonne de Beauvais insistait ainsi dans son témoignage sur l’abandon total entre les mains de Jésus. Tel est le sacrifice de ceux qui se donnent entièrement à la voie spirituelle, sous la forme de la mystique chrétienne. Apprendre cette confiance, cet abandon, cette foi total en l’amour de Jésus et du divin c’est la voie du Pendu.

 

 

 

 

 



Atout XI-La Force

La Force

Atout XI

Violence, guerre, tyrannie

Individualité, puissance, maîtrise

11-LA-FORCE

La Force est au croisement de la Verticale des I (individuation) et du premier Niveau du Cycle du Ciel. Faite d’un X (une réalité complète, celle de la Terre) et d’un I marquant une nouvelle étape, essentielle, dans l’affirmation du Soi, elle est la petite sœur du Monde, le XXI, constituée de deux X, symbolisant successivement la réalité de la Terre, celle du Ciel, deux réalités réunies en une unité : le I de l’individualité.

La Force et Le Monde contenant chacune un monde unifié autour d’un Moi maîtrisé sont les deux Atouts-maîtres des As, cette Carte numérale unique dans le jeu de Tarot puisqu’elle a deux places, au commencement des Nombres et à la couronne des Honneurs. Les As sont donc les plus petites Cartes et, en tant que telles, sous l’égide du Bateleur, mais en tant qu’expression ultime, perfection et en tant qu’essence des Honneurs c’est dans La Force et dans Le Monde qu’ils trouvent leur énergie.

La Force-RiderDans les Tarots anglo-saxons, La Force est placée en VIIIe position, à la place de la Justice, qui prend sa place en tant qu’Atout XI. Quelle hérésie donc que l’inversion de ces postures des Tarots anglais, tous influencés par le Rider, cette production tarologique de la Golden Daw ! La Justice appartient à la Verticale des III qui fait l’équilibre parfait entre les puissances de Vie (L’Impératrice et La Lune) et les puissances de Mort (La Justice et L’Atout XIII). La Justice (Atout VIII) est la petite mort que représente l’épée de la Justice quand pour que la vie vivante perdure et soit sauvée. L’Atout VIII, la jardinière du Tarot, est en effet celle qui opère une taille qui  débarrasse la plante vivante de ce qui est pourri, mort, entravant. La Force au contraire incarne l’un des Atout de la Verticale des I, Verticale du Moi, de l’Individualité.  Elle est placée, au sein de cette Verticale, au-dessus du Bateleur dont elle porte la coiffe, et de L’Amoureux et l’on retrouve le nombre 6 dans le nombre des dents du lion et celui des pointes de la couronne qui surmonte la coiffe , ainsi que dans le nombre de ses orteils.  Et elle appelle le renversement futur de La Maison Dieu, quand le Moi se dépasse lui-même en tant que petit ego, pour se découvrir dans son universalité et son attachement au Ciel. 

Que représente l’iconographie ? Une femme tient, sans effort, la gueule ouverte d’un lion assis à ses pieds. Le Lion est l’animal par excellence du deuxième Niveau du Tarot, tout comme des Bâtons, symbole du feu et de l’énergie sociétale et c’est aussi le plus noble des animaux, le symbole de la force pulsionnelle maîtrisée. Cette femme, en tant que premier individu réalisé dans son unité terrestre, représente la parfaite maîtrise de son corps, de son énergie, de ses impulsions. Sa noblesse se lit dans toute sa posture, mais particulièrement aussi dans sa couronne. Elle ne craint rien du lion qui est devenu son ami, qui est à son service, et dès lors dont elle use au besoin, montrant les dents si nécessaire car elle a pour destin la défense de sa communauté. Elle fait exactement suite à l’Atout X, La Roue de Fortune, quand les animaux au contraire occupent tout l’espace sociétal dans une roue perpétuelle qui ne peut être dépassée que lorsque naît à lui-même l’individu comme Unifié, toutes ses forces intérieures, pulsionnelles et sociétales harmonisée autour d’une conscience claire, d’une volonté affirmée. 

Le fait que la Carte complémentaire de La Force soit La Roue de Fortune indique que l’Atout XI doit désormais se dévouer à la communauté. Car il ne suffit pas d’être soi-même un Individu véritable, ayant maîtrisé ses pulsions, il faut encore se mettre au service d’une communauté d’hommes endormis, restés au stade mécanique du conformisme, afin de la guider vers la conscience.

21-mondeLa Force, en tant qu’Individu royal, représente l’humanité adamique admise dans sa royauté, celle qui se sait faite à la réplique du Divin. C’est pourquoi l’Atout XI est la petite réplique de l’Atout XXI, et le maître-Atout principal des As. Sur l’Atout XI et sur l’Atout XXI, nous voyons une femme et non un homme, car c’est le féminin sacré qui est destiné à être l’Individualité adamique royale, quand la Coupe que sera l’humanité aura recueilli, en soi, la rosée spirituelle. Et c’est pourquoi la Verticale des III, la verticale centrale, est dédiée à la féminité maternelle. Le féminin sacré est le cœur du réel divinisé comme la Vierge Marie est la reine du monde, la Mère divine de tous les peuples.

La Force est traditionnellement identifiée en tant qu’Atout du Courage, et on pourrait s’étonner que cette Vertu mâle par excellence (le mot latin « virtu » est composé du mot « vir » qui signifie « le mâle ») soit représentée par une femme. Le fait que ce soit une femme qui tienne ainsi la gueule du lion ouverte signifie qu’il n’y a aucun effort visible, aucun étalage de sa puissance. Le puissant charisme de cette personne est acquis. Et la Force est féminine car elle ne tire sa puissance que de sa réceptivité au regard des émanations du Ciel.

Cet Atout du Tarot de Marseille est entièrement tourné vers la droite, car il incarne l’être actif, créatif, et procréatif. Il procède d’une énergie mâle, émissive, mais totalement maîtrisée et de ce fait féminisé. C’est l’Atout de l’individualité réalisée comme personnalité dans la famille et la vie sociétale et qui désormais affronte, avec courage, les épreuves de la vie, procédant à leur conversion en épreuves spirituelles.

Premier Atout du Ciel, la Force contient en elle la totalité des Atouts de la Terre. Et c’est ce que signifie, entre autres, la forme en lemniscate de son chapeau couronné. Deux mondes se rejoignent en elles, l’un étant complet, l’autre en devenir. En cela, l’Atout XI fait pendant à l’Atout I qui démarre le cycle de la Terre. Dans le Tarot Rider, la lemniscate a remplacé le chapeau couronné du Tarot de Marseille. Par derrière, on voit les montagnes : La Force, dans la plénitude de son individualité, et malgré son évident charisme, est seule au sommet des réalisations matérielles, familiales et sociales, tout comme devant les épreuves de la vie. 

Inaugurant le Ciel du Tarot, La Force est aussi la première Carte du IIIe Niveau qui est en liaison harmonique avec les Epées et qui ouvre sur les grandes épreuves de la vie. Ces épreuves bien évidemment sont celles de tout un chacun, mais elles peuvent être l’occasion d’une transmutation du Moi et ouvrir au Ciel. Toutes les personnes en chemin spirituel traversent une vie d’épreuves qui sont autant de martelage du métal dont est fait leur âme. On n’aborde donc pas ce chemin sans courage, et celui-ci représente la première vertu à acquérir, non seulement pour vivre en société ce qu’apportait la Justice, et non seulement pour acquérir la sagesse née d’une longue expérience que promettait L’Hermite, mais pour ouvrir en soi le cœur aux émanations célestes promises au dernier Niveau du Tarot.

Le LionLe courage est l’une des grandes Vertus de l’homme, évoqué par le Tarot et repris aux analyses philosophiques antiques. Il apparaît, dans le Tarot, en troisième place, après la Justice et la Sagesse (ou la Prudence et la Patience) respectivement incarnés par l’Atout VIII (La Justice) et l’Atout VIIII (L’Hermite) et qui appartenaient tous les deux au deuxième Niveau du Tarot, celui de la vie sociétale. Cette vertu du courage est pourtant considérée par l’Antiquité comme la vertu guerrière la plus ancienne, la plus primitive. Si le Tarot place le Courage en troisième position et en ouverture du cycle du Ciel, c’est parce que cette vertu naît d’une grande épreuve, celle de la position agressive qu’on subit ou qu’on manifeste, posture faite de colère et d’une violence qu’il faut transmuter en fermeté et courage. La dernière vertu du Tarot, Tempérance, arrivera ensuite, mais, elle aussi, et malgré les apparences, naît d’une épreuve, celle que représente l’idéalisme et l’idéalité qu’il faudra tempérer, en gardant les pieds sur terre, pour en faire une vertu de tempérance, vertu la plus élevée.

De même qu’Éros et son feu accompagnaient chacune des Cartes du deuxième Niveau du Tarot, de même le Courage de la Force accompagne chacun des Atouts du troisième Niveau, celui où l’énergie de l’Épée va trancher tout ce qui n’est pas digne, en soi, de servir à son élévation spirituelle. Et il faudra du courage pour supporter l’impuissance du Pendu, le deuil de l’Atout XIII, le renoncement au pur idéal de Tempérance et l’acceptation de la séparation d’avec le Ciel du Diable.

Tirer cet Atout XI indique toujours une grande force de caractère, une puissance d’action sans besoin de forcer son image, de mobiliser grandement son énergie.

Du point de vue du premier Niveau du Tarot, niveau de la famille et des incarnations corporelles et matérielles, La Force parle de la fille aînée, femme puissante déjà, et autoritaire.

Du point de vue du second Niveau de Tarot, niveau sociétal, l’Atout XI renvoie aux métiers liés au dressage et soins des animaux, aux métiers de courages (force de l’ordre, police, armée) et bien sûr toujours renvoie plutôt aux femmes qu’aux hommes dans ces métiers.

Du point de vue du troisième Niveau, La Force indique qu’une période d’épreuves est possible, avec la nécessité de mettre les points sur les i, et pour le coup de montrer quelque peu ses armes à ses ennemis. Un courage est sollicité car durant un bon moment, on sera solitaire face aux obstacles, ennemis, difficultés. Mais on possède tous  les moyens de triompher, et d’abord de l’emportement, de la colère et de la violence que peuvent provoquer, en soi, ces oppositions. Bien évidemment, à ce Niveau des épreuves, cet Atout peut indiquer un échec à se contrôler, la force des pulsions de violence, la colère et l’emportement.image011

jésus roi de FranceDu point de vue du quatrième Niveau, La Force parle du courage, de la maîtrise de soi, de l’individualité charismatique.

C’est par excellence, la Carte du héros.

Et plus encore de l’Adam royale, l’humanité adamique réplique du divin, et destinée à la royauté de la glèbe.

De ce fait, le XI est par excellence la représentation déployé du chrisme, ce symbole christique, où le I (P ou rhô grec) se place au centre du X (khi). Le X  et le I étant représentant les deux premières lettres du nom écrit en grec du Christ (Χριστός).

Mais nous voyons dans ce chrisme, tout comme dans le nombre XI bien autre chose encore : la réunion du ciel et de la terre, par deux urnes qui se rejoignent au centre, l’une tournée vers le Ciel, l’autre vers la Terre, traversée par la verticalité de l’individualité que symbolise le I.

Merci à Vision de vie pour son magnifique Lion. 



Atout X-La Roue de Fortune

LA ROUE DE FORTUNE

Atout X

Cycles et répétitions

Conformisme, bêtise humaine

Animalité

Justice de la vie

Passer une étape essentielle

Humanisation, Individuation

roue-de-la-fortune

La Roue de Fortune est l’un des plus mystérieux Atouts et elle conserve, même après l’élucidation que représente sa posture dans la Structure du Tarot, et l’analyse du nombre X qui est le sien, cette signification de mystère. La tirer peut donc conduire à désigner une énigme à résoudre. Mais quelle énigme ?

Sachant qu’il s’agit du dernier Atout de ce cycle tarologique qu’est la Terre des Atouts, la Sphinge qui interroge le consultant, comme elle interrogea, en son temps, Œdipe pose une question qui ouvre la porte du Ciel : « que te faut-il comprendre pour que tu cesses de répéter, sempiternellement les mêmes erreurs, les mêmes errances qui te ferment les portes du Ciel ? »

sphinge_moreauSe souvenir de la question, bien connue, que la Sphinge posa au héros de Thèbes, peut aider à saisir le message de la Roue de Fortune : « qu’est-ce qui, au point du jour, marche à quatre pattes, avance à midi sur deux, et finit, le soir, sur trois jambes ? » La réponse d’Œdipe lui permit de rencontrer, pour la seconde fois, son destin, et d’entrer dans Thèbes en triomphateur. Mais ce succès se transforma en épreuve puisqu’en aveugle sur qui était pour lui la reine, il épousa sa propre mère, eut des enfants avec elle dont il était à la fois le frère et le père, et dut ensuite affronter cette vérité pour sauver Thèbes de la peste. Après s’être crevé les yeux, Œdipe erra aveugle, avec un bâton de pèlerin, et devint un sage, honoré dans la Grèce entière.

On le voit, la Sphinge mêla, à sa question énigmatique, l’essence de l’homme et la temporalité. Etre humain, c’est commencer à quatre pattes, comme un animal car on ne naît à l’humanité que d’une manière potentielle. Il faut, ensuite, la conquérir. Se relever et marcher à deux jambes, c’est verticaliser la relation au monde, c’est être enraciné dans la terre et avoir les yeux levés vers le ciel. Mais cela ne suffit pas, le destin de l’être humain c’est la sagesse et la spiritualité que symbolise, particulièrement dans le Tarot, le bâton du vieillard et du pèlerin.

« Sauras-tu entendre l’énigme de la nature humaine et réaliser ta propre reliance au Ciel ? » demande la Sphinge au Consultant. S’il n’en est pas capable, c’est alors le cycle de la Terre qui va se répéter, indéfiniment, et que symbolise la grande roue qui se trouve au cœur de l’iconographie de la Carte. Sur cette dernière, en effet, il n’y a que des animaux, mais des animaux en habits : cela signifie que la plupart des êtres humains restent très mécaniques, automatiques, réactifs, dans leurs comportements grégaires et conformistes (que symbolise bien le singe attaché à la roue). Leur intelligence reste entièrement ancrée dans les besoins matériels. On notera avec intérêt que l’animal en train de monter sur cette roue peut aussi bien être un chien qu’un lièvre. Or ces deux animaux font figure de gardien du seuil. Le Chien est le gardien du seuil de l’autre monde selon de nombreux mythes. Et le lièvre est un passeur, et sa fonction est d’ouvrir « le passage entre le monde de l’apparence et celui de la réalité intérieure, entre le monde visible et les potentialités du devenir » (Dictionnaire de la symbolique de G. Romey).  Dans le Tarot, cet animal qui monte est doté de trois oreilles, l’une est celle qui permet d’entendre ce qui ne passe pas par le son audible habituel. C’est la voix de l’inconscient ou mieux celle du surconscient que le Lièvre grippant possède.

Roue de fortune chez Bocace

Le mouvement de la roue nous éclaire en effet : en bas de la roue, il tourne de gauche à droite, et en haut de droite à la gauche dans un mouvement qui est exactement contraire au mouvement de l’aiguille dans une horloge, comme si on remontait le temps. En réalité, ce mouvement inversé est le mouvement de la vie même : en bas, c’est-à-dire, dans le Cycle de la Terre qu’on vient de finir, il faut avancer de la gauche à la droite : aller du féminin passif au masculin actif, du réceptif à l’émissif, de l’imparfait au parfait ou, en langage de Tarot, des Deniers aux Bâtons. Mais à un moment donné, si on veut s’élever jusqu’au Ciel (que symbolise le haut de la Roue), il faut aller de la droite à la gauche, du masculin au féminin, de l’actif au réceptif, et de l’intellect au spirituel, ou encore, en langage de Tarot, des Épées aux Coupes. La spiritualité est en effet un renversement total des perspectives, comme le montrent deux Atouts essentiels du cycle du Ciel : Le Pendu et La Maison Dieu. Le féminin, le plus bas, le plus enraciné dans la Terre, se révèle aussi le plus élevé, le plus spirituel. « Es-tu capable de ce renversement des perspectives ? » demande la Sphinge au consultant. Il te faudra alors avoir les pieds en l’air : être enraciné dans la Ciel. Le singe prend alors une tout autre signification : il n’est plus le symbole du conformisme bête, mais l’acteur d’une libération psychique, d’une ouverture vers le mystère, le sacré.

Le X est le Nombre de l’Atout. Chaque X signale, dans le Tarot, qu’un cycle entier est accompli. Dans le X, nous avons deux V qui sont reliés l’un à l’autre au centre du X, l’un est un calice ouvert vers la Terre, l’autre vers le Ciel. Ces deux V liés de la Roue de Fortune se trouvent, au demeurant, dans le nom attribué à cet Atout : La Rove de Fortvne, comme une clé supplémentaire au décryptage de cette énigme entière qu’est le Tarot. Ce premier X des Atouts du Tarot indique que les deux Niveaux du premier Cycle de la Terre sont désormais liés l’un à l’autre : celui, le premier, du féminin de la Terre et celui, le second du masculin de la Terre (V+V). La vie familiale et la vie sociale sont l’essentiel de ces deux Niveaux que dessine le X. Chaque élément de ces deux vies sont en place, désormais, et dès lors, le consultant peut s’élever au troisième Niveau qui inaugure le Ciel des Atouts. Ce X qui la caractérise est à la fois le signe qu’un cycle complet est accompli, et une croix qui indique que le chemin est barré. Un chemin est barré, au sens où l’on ne pourra pas aller plus loin dans ce cycle de la Terre. Il  faut désormais élever les yeux, et regarder le Ciel.

Le fait que l’Atout XI soit la Carte complémentaire de  l’Atout X insiste sur ce fait : pour sortir du cycle de la répétition perpétuelle, pour advenir pleinement à son humanité, il faut accéder à sa propre individualisation. Il faut faire preuve de maîtrise de soi.

Verticale des VAu sein de la verticale des V, la Roue de Fortune a parfaitement sa place. Cette Verticale est en effet dédiée aux petits et grands maîtres spirituels, aux petits et grands éveilleurs de conscience, aux petits et grands Inspirés. La forme du V est en effet celui du Calice, et tous les V des Atouts sont des êtres en lien médiumnique au Ciel, d’une façon différente, cependant, des Coupes des Cartes numérales et des Honneurs. Les Atouts représentent les Essences éternelles de l’humanité, ils parlent donc d’archétypes. Et ceux qui sont en question dans les V, ce sont les êtres les plus charismatiques, ce et ceux qui lient les hommes à la communauté fraternelle et au Ciel. Après le prêtre (Le Pape) qui incitait ses ouailles à grandir en changeant de Niveau et surtout en allant voir ailleurs, en sortant de sa famille, de sa communauté, de sa contrée, de sa culture, de son pays… la Roue de Fortune est le grand Juge de la vie terrestre qui incite à changer de Cycle et plus seulement de Niveau. Il ne s’agit plus désormais d’aller se promener dans l’horizontalité d’une géographie ouverte, mais dans la verticalité d’une conscience en éveil. La Sphinge est une reine. Sa tête est couronnée, son pouvoir est total. C’est l’équivalent supérieur au Pape au sens où elle ouvre un nouvel horizon et un  nouvel espoir, mais elle est bien plus dure : la sphinge tient dans la main la même épée que la Justice et comme avec cette dernière l’épée penche, mais beaucoup plus et dans l’autre sens : sur la droite. Ici, pas de tendresse pour la faiblesse humaine, pas d’indulgence. La Sphinge a la dureté du Diable son équivalent supérieur. C’est la dure loi de la vie qui est en jeu, celle que les hindous et les bouddhistes appellent le karma et qui fait qu’on paie toujours exactement ses dettes. Son message est clair : ou bien on est capable d’élévation ou bien on est rejeté dans le flux de l’éternel retour du même. Faite d’un corps de lion et d’ailes d’oiseaux, la Sphinge est femme en partie. Elle réunit donc déjà en elle cette union de la Terre au Ciel qu’incarnera, de façon bien plus accomplie l’Atout du Jugement.

Quand on tire La Roue de Fortune, on peut être certain d’être à un tournant essentiel de sa vie : ou bien on régressera, parce qu’on n’aura pas su élever sa vision des choses, et on retournera au cycle antérieur, du fait de la répétition des mêmes erreurs, ou bien on va passer un seuil, celui de la spiritualité. Cet Atout indique toujours qu’il faut rassembler ses forces MAINTENANT pour trouver des réponses qui ne soient ni réactives, ni automatiques. Il s’agit d’inventer une nouvelle manière d’être au monde qui ouvre sa vie au Ciel.

Du point de vue du premier Niveau des Atouts du Tarot, La Roue de Fortune parle des animaux domestiques.

Du pont de vue du second Niveau, cet Atout X indique qu’un changement de vie est en cours. Il renvoie aux métiers d’élevage, mais aussi aux métiers en lien avec la rivière, le fleuve, les meules, les moulins, ainsi qu’aux métiers en lien avec les énigmes, les enquêtes (inspecteur de police) mais aussi à ceux qui favorisent un questionnement intérieur, une prise de conscience (juge, psychanalyste, prêtre, guru).

Du point de vue du troisième Niveau, la Roue de Fortune parle de karma, de nécessité de faire face à ses erreurs passées, à ses méfaits, à ses défaillances afin de faire les prises de conscience nécessaires. Elle parle aussi de blocage ou de régression. Les vertus induites par cette carte sont celles de la rédemption et la conversion, c’est-à-dire de la capacité à s’engager dans une transformation radicale de sa vie pour l’orienter vers le Ciel.MandalaSable2008-12

Du point de vue du quatrième Niveau, cet Atout ouvre le Ciel. C’est l’indication que l’on est mûr pour entrer dans la voie spirituelle. Bien évidemment cette Carte se rapproche de la notion de Karma hindou et bouddhiste, mais aussi de l’éternel retour de la nature tel que le voyaient les stoïciens, et dès lors aussi du mandala tibétain, éternel et éphémère.

Le X ne représente pas seulement la Croix de Saint André, le premier Appelé, premier Disciple du Christ, cette croix et ce nom d’André sont porteur d’une signification importante pour la compréhension de ce X qui se traduit, dans le Tarot, par la Roue de fortune.

Cette croix en X sur laquelle fut crucifié saint André est aussi la première lettre du nom grec Christos (χριστός), le premier être humain réalisé dans sa royauté céleste, Réplique du divin, Gardien de la Terre, Protecteur de toute la biosphère et de l’humanité endormie. André est un prénom qui signifie sous sa forme grecque (Andros), l’Homme. andrésurlacroix

Dans ce X, si c’est l’humain qui est en question, c’est l’humain qui a accompli le premier cycle, celui de la Terre, qui n’est complet que dans la réunion de la petite Terre (le féminin, l’élément terre et le sec, et fin les Deniers sont en relation harmonique avec ce premier Niveau  dont le symbole est Symbole de la terre) de la Terre et du petit Ciel de la Terre (le masculin, l’élément Feu, le chaud, et les Bâtons et dont le symbole est Symbole de feu). L’un plus l’autre donne un carré sur la pointe, la réunion de deux univers, pour la formation d’un ensemble solide et parfaitement uni : étoile. Cet ensemble est celui de première complétude.



Atout VIIII-L’Hermite

L’Hermite

Atout VIIII

Méditation, Prudence,Comprendre et digérer le passé

Transmettre son expérience

Père spirituel

Grand-père

Sagesse

Se retirer du monde, se replier sur soi, solitude volontaire

Vieillesse, misanthropie

L’alchimiste, L’Hermétiste, Le maître spirituel

9-hermite

L’Hermite est la dernière Carte du deuxième Niveau qui présente un être humain, le deuxième Niveau étant en relation harmonique avec les Bâtons et représentent l’investissement sociétal. Et c’est, temporellement, la plus âgée, puisqu’il fait suite à un développement linéaire des âges de la vie sociale : l’adolescence avec L’Amoureux, le jeune adulte avec Le Chariot, la maturité avec La Justice et l’homme âgé et surtout de grande expérience avec L’Hermite. Et ces Cartes représentent, aussi la maturation de la relation à autrui sur l’espace social et public : avec L’Amoureux, l’être humain subit un attrait puissant qui l’emmène sur une nouvelle communauté sociale, avec Le Chariot, c’est lui qui part à la conquête de nouveaux territoires, avec La Justice, il apprend à partager et dès lors à restreindre son affirmation pour faire place à autrui, avec L’Hermite, il s’agit d’offrir son expérience à la communauté et de la guider vers un agir de sagesse.

En tant qu’appartenant à la Verticale des IIII, L’Hermite incarne une des figures mâles, paternelles du Tarot. C’est bien sûr le grand-père (le père du père et parfois de la mère, surtout dans nos communautés où la monoparentalité conduit les femmes à assumer seule l’éducation des enfants). Il se tient juste derrière L’Empereur dans cette Verticale, il est donc un père de substitution potentiel, mais aussi une figure paternelle différente, dépouillé de la rivalité œdipienne : il n’a pas, comme L’Empereur, pour fonction d’affirmer des frontières, des limites, et l’autorité sur son territoire. Du coup, il a une relation plus socratique à l’enfant : il met en valeur les forces d’affirmation du petit fils ou de la petite fille, éclairant ses potentialités, suscitant leur déploiement.

The Hermite-Enchanted-TarotL’Hermite est un enseignant. Sa lanterne éclaire le chemin qu’il a fait durant une vie entière. C’est son expérience d’être humain ayant longuement vécu, ayant beaucoup expérimenté qu’il offre au monde, petit Soleil dans la nuit c’est-à-dire dans l’ignorance ordinaire des hommes comme le rappelle le Tarot Enchanté d’Amy Zerner qui a dessiné une étoile dans le Ciel de la nuit au-dessus de L’Hermite et de son chemin de lumière. C’est que l’étoile est le reflet du Soleil qui se trouve tout en haut de la Verticale des IIII, symbole du Père céleste qui inonde le monde de sa chaleur et de sa vérité.

Entièrement tourné vers la gauche, L’Hermite se distingue, en tant qu’enseignant, du Pape qui orientait les enfants vers la droite à la fin du Niveau I, c’est-à-dire vers l’avenir de leur  vie sociale et tout ce qui devait les éloigner de leur mère, de leur famille, les conduisant à s’ouvrir au monde et à l’aventure. L’Hermite intervient presque la fin du Niveau II, invitant à avoir un regard de philosophe et de sagesse sur ce qu’on est en train de vivre ou de faire. C’est donc à des prises de conscience qu’il invite plutôt qu’à partir à l’aventure. « Qu’es-tu en train de penser, de dire ou de faire ? » « Quel est le sens de ta vie, de ton activité, de ton désir » tel sont les messages essentiels  de L’Hermite qui demande à chacun de réfléchir si possible avant d’agir, mais dans tous les cas, aussi, après avoir agi.  Contrairement au Pape, encore, L’Hermite, très socratique, ne dit jamais ce qui doit être pensé ou fait. Il se contente d’éclairer la route qu’il a faite, laissant chacun prendre la responsabilité de sa propre sagesse.

L’Hermite du Tarot de Marseille tient un bâton dans la main, mais c’est un bâton ondulé : son pouvoir, son autorité, est tout en souplesse, contrairement à celui de L’Empereur. Il tempère l’autorité de L’Empereur, et la rend moins difficile à supporter, parce qu’il en donne le sens, demandant à chacun de fonder sur sa propre réflexion les limites de son activité.

Le nom d’Hermite renvoie, bien évidemment, à une solitude choisie et L’Hermite est un symbole de réserve, de mise à distance à l’égard d’autrui. Contrairement à La Papesse qui subit souvent une forme d’isolement, L’Hermite a fait le choix de se mettre à l’écart de la société pour réfléchir à ce qu’il a vécu, pour ensuite, transmettre cette aptitude à la réflexion aux autres hommes. Il renvoie aussi à l’alchimie et à Hermès, à qui il a emprunté le H initial. L’Hermite est un alchimiste : il vise la pierre philosophale, c’est-à-dire à la transfiguration de la réalité matérielle par la lumière. Il représente aussi une étape sur la voie sèche que représente la Verticale des IIII.

sculpture-pelerinC’est un pèlerin qui s’avance sur le chemin qui mène à Compostelle et que rappelle encore l’étoile dans le Ciel du Tarot Enchanté. Il avance lentement mais sûrement sur le chemin de la réflexion (tourné à gauche) et de la méditation. Il représente la prudence, cette vertu aujourd’hui peu appréciée et qui pourtant est au fondement de toute sagesse comme le montre l’étymologie (sagesse en latin se disait « prudentia »). Il s’agit en effet avec L’Hermite de réfléchir avec d’agir. L’action de L’Hermite est donc rare et circonspecte, mais alors parfaitement accomplie. Son but est de résoudre les problèmes et de trouver des solutions.

Le fait que la Carte complémentaire de L’Hermite soit Le Pendu nous éclaire encore sur cette prudence qui est la sienne : la sagesse doit en passer par une forme de lâcher-prise et aboutir à un renversement des perspectives.

Quand on tire la Carte de L’Hermite deux choses sont potentiellement en jeu dans le message du Tarot : cette Carte renvoie à la maturation d’une situation, affirmant qu’il est temps désormais de prendre un apprenti, de transmettre son savoir, de réfléchir au sens de la vie, de prendre du recul et de s’isoler pour méditer. Ce peut être ainsi le temps de la retraite. Mais elle peut, au contraire, signifier aussi qu’un long temps de maturation sera nécessaire pour que la réalisation de ses projets puissent avoir lieu. C’est la signification privilégiée quand L’Hermite est en opposition. Le message alors n’est pas négatif, il indique simplement la nécessité d’être patient. La patience est en effet l’une des grandes vertus qui sont associées à L’Hermite, en plus de la prudence, de la circonspection et de la sagesse.

ghirlandaio-le-vieil-homme-et-son-petit-fils-1490Du point de vue du premier Niveau du Tarot, L’Hermite parle du grand-père, souvent le père du père.

Du point de vue du second Niveau du Tarot, l’Atout VIIII renvoie à tous les pères spirituels de la vie sociétale, aux éminences grises, aux conseillers, aux thérapeutes, aux guides moraux, au psychanalyste, au philosophe, à l’homme âgé, au retraité.

Cet Atout indique qu’un long travail arrive à sa fin. Il parle d’un enseignement né d’une longue expérience. 

Du point de vue du troisième Niveau du Tarot, L’Hermite indique une période longue d’attente, de la nécessité d’être patient, de la vieillesse, de la solitude. Période où l’on souffre du froid, de la distance, du sentiment de solitude. 

Du point de vue du quatrième Niveau du Tarot, l’Atout VIIII est la Carte de l’ermitage, de l’alchimie, du pèlerin, de la retraite, de l’ascèse, de la sagesse humaine, de la philosophie, du père spirituel dans sa signification la plus forte : celle d’une personne qui ouvre le chemin spirituel.

 



Atout VIII-La Justice

La Justice

Atout VIII

Coeur de la société

Mère froide, distance

Femme active

Mesurer, rationaliser, Juger, Égaliser, Équilibrer

Trancher, tailler, couper, mettre à distance, refroidir

Pesanteur et tracas administratifs

La Justice divine

8justice

Encore une fois, il est impossible de comprendre La Justice, huitième Atout du Tarot, sans son insertion dans la Structure du Tarot de Marseille.

La Justice se trouve au croisement d’un Niveau – le second – et d’une Verticale – la troisième -. Le deuxième Niveau, en correspondance harmonique avec les Bâtons du Tarot, renvoie à la passion, celle qu’ouvre le petit Eros de L’Amoureux, mais aussi à l’investissement sociétal. La troisième Verticale est celle de la féminité, de la vie, de la mort, de la créativité. La Féminité procréative et créative s’incarne, dans le Niveau sociétal par excellence qu’est le Niveau II,  en cette femme forte, droite et distante qu’est la Justice, une femme fortement impliquée dans la communauté des hommes.

Statue allégorique de la justice. ChancelleriePlacée, au sein de la Verticale des III, entre la procréatrice qu’est L’Impératrice – cette pourvoyeuse de vie -, et l’Atout XIII qui représente la grande Faucheuse (La Mort), La Justice incarne toutes les petites morts nécessaires à la vie humaine pour que celle-ci suive le droit chemin de l’incarnation actuelle. Ainsi, La Justice punit et rectifie, recadre et sépare comme le montre le fait qu’elle porte une épée levée. Elle est souvent interprétée comme une femme castratrice. En réalité, elle représente la mère de famille dans son activité de distribution équitable des récompenses et des punitions correctives aux enfants. La Balance de la Justice est presque en équilibre parfait, et son épée est presque droite mais pas tout à fait : La Justice, dans cette distance, cette froideur, cette raison qui sont les siennes, n’oublie pas l’équité qui consiste à favoriser qui le mérite, ou qui en a besoin. Contrairement aux représentations classiques qui lui bandent les yeux, La Justice du Tarot a en effet les yeux grands ouverts, car il s’agit de traiter chacun, non de la même manière, mais en tenant compte de ce qu’il est.

La psychanalyse nous a habitué à voir dans la mère symbolique une femme protectrice, nourricière, et fusionnelle qui correspond dans le Tarot à La Papesse, ainsi qu’à voir dans le Père symbolique, ce  séparateur d’avec le corps de la mère, ce qui fait obstacle à la fusion, tout comme un modèle et un cadre qui incarne la Loi dans la famille et permet la construction du Surmoi de l’enfant.

Ce n’est pas le récit familial que raconte le Tarot pour qui c’est la Mère elle-même qui, placée au commencement d’une Verticale centrale, la IIIe, et sous la haute figure de L’Impératrice, sait qu’en donnant la vie, elle fait aussi un don de mort (L’Atout XIII), et que tout en étant dans la tendresse, l’amour, et la transmission de la joie à l’enfant, il lui faut aussi incarner la froide dignité de la Justice familiale et accepter la séparation d’avec l’enfant (l’Atout VIII). C’est en assumant pleinement son appartenance à la Verticale du III où se trouvent La Justice et L’Atout XIII que L’Impératrice ou la mère biologique (ou adoptive) incarne la Mère céleste que représente La Lune, l’Atout le plus élevé de cette Verticale.

Le lien particulier entre La Justice et l’Atout XIII est renforcé par le fait que ce sont des Atouts complémentaires. Ainsi, il n’y a pas de justice sans le travail du deuil sur une affirmation propre absolutisée, et sur l’individualisme.

Aucune mère fusionnelle ne peut enfin être juste avec ses enfants, la mère fusionnelle est en effet la mère de la préférence (pour le dernier né, pour le malade, pour le plus petit, le plus en échec, le plus en réussite, etc.) , et dès lors une mère de l’injustice nécessaire au commencement de la vie du petit humain. Une mère qui doit savoir ensuite se mettre à distance. C’est ce moment de la distance et la construction du cadre familial qu’incarne, dans la Famille, La Justice. Ce que représente La Justice en étant dans la quintade supérieure de L’Impératrice, c’est en effet la discipline. Elle est le jardinier de la famille, et son épée est le sécateur des caractères familiaux. Elle taille en chacun tout ce qui n’est pas droit ; elle sépare ce qui doit l’être ; elle se met, elle-même, à distance de ses enfants pour qu’ils puissent grandir et peu à peu s’autonomiser.

La Justice incarne aussi, en étant placée derrière L’Impératrice, la seconde mère : la marâtre, la belle-mère, mais aussi la tante, celle qui, dans la famille, présente un autre modèle de femme à l’enfant. Elle peut aussi représenter la mère distante, voire froide, peu sentimentale et pas assez ou pas du tout sensible aux besoins de tendresse de ses enfants.

Quand cet Atout est tiré, il indique souvent la nécessité d’une prise de distance au regard d’attachements anciens qu’il n’est plus bon de cultiver avec la même détermination. Elle conseille une séparation. Elle peut représenter un conseil de divorce. Mais le plus souvent elle met en garde sur la nécessité de conserver une distance, au sein même de la relation d’amour la plus fusionnelle. Elle parle donc de contrat de mariage, ainsi que de la nécessaire culture de l’indépendance et de l’autonomie de chacun.

La justice incarne particulièrement bien la personne qui aide à couper le cordon ombilical sous toutes ses formes, réelles ou symbolique. Elle est celle qui fait place à l’autre dans la psyché humaine.

Du point de vue sociétal qui correspond au Niveau II du Tarot, La Justice représente les femmes très investies socialement et en retrait face à la famille. Placée entre jeune Chariot et le vieil Hermite, elle vit dans un monde d’hommes. C’est la fille du Père comme L’Étoile est la fille de la mère, du fait de sa proximité avec L’Hermite qui l’a regarde avec amour. En tant que fille du père, elle a une grande intelligence et une grande autorité naturelle comme le montre son trône C’est bien sûr, la femme juge, l’avocate, mais aussi la directrice, et toute femme de pouvoir.

Toujours dans le domaine sociétal, cet Atout VII renvoie, dans un tirage, aux papiers administratifs, aux contrats, mais aussi aux litiges et aux procès, à la nécessité de régler ses dettes, au risque de la prison.

La Justice regarde droit devant elle et même pourrait-on le penser, elle regarde droit dans les yeux du consultant qui la tire : elle incarne aussi les personnes droites, loyales, et parfois brutales dans leur franchise sans concession. Elle peut même être quelque peu rigide dans sa façon d’être, car elle hait toute forme d’hypocrisie, toutes les petites compromissions qui organisent, ordinairement, la vie de tout un chacun. Avec elle, attendez-vous à une parole très directe.

Au sein des facultés humaines, c’est la raison que La Justice incarne, ainsi que le sens de la justice qui conduit chacun à rectifier un comportement trop égoïste.

Du point de vue religieux, l’Atout VIII représente le karma, cette justice cosmique, mais aussi le  Tribunal divin et le Jugement dernier, la nécessité de rendre compte de ses choix de vie passés et de régler la note, de payer ses dettes, mais aussi de recevoir ses récompenses ultimes.

LaJusticeDu point de vue spirituel, La Justice du Tarot incarne l’une des vertus les plus importantes qui puissent être. Aristote voyait en la justice l’essence de toute vertu : impossible d’être courageux, tempérant, magnanime ou généreux sans être juste. Car on ne peut être juste sans accepter d’être relativisé, de ne plus être au centre du monde ou le seul qui compte. L’homme juste fait donc toujours place pour l’autre et ses droits. La Justice s’oppose donc frontalement à l’égoïsme qui est toujours premier, et d’abord celui de l’enfant. C’est pourquoi le Tarot place La Justice à la fois au coeur du Niveau II qui représente la Société (sans la justice, la vie sociale est impossible) et dans la Verticale III de la mère et de la famille : la justice parentale est la condition de l’amour fraternel. Etre juste est donc une qualité essentielle pour la mère. Étant, enfin, sous l’influence d’Éros, comme tous les Atouts du second Niveaux, La Justice du Tarot rappelle qu’elle est un Idéal qui exige un grand investissement et même des sacrifices. Certains, au nom de la justice, mettent en jeu leur vie. C’est pour finir la première des quatre grandes Vertus humaines que le Tarot incarne dans cet ordre : La Justice ou Atout VIII, La Sagesse (L’Hermite ou Atout VIIII), Le Courage (La Force ou Atout XI) et La Tempérance (L’Atout XIIII). Cela signifie qu’elle inaugure des formes d’accomplissement de soi qui sont autant de balises sur le  chemin spirituel du Tarot.

Avec La Justice, notre Bateleur a fait un grand pas sur le chemin spirituel qui est le sien  : au lieu d’être encore dans l’égoïsme et l’affirmation vitale de soi comme l’était encore Le Chariot, il fait place aux besoins et droits d’autrui, à égalité avec ses propres besoins et ses propres droits. Ce n’est pas encore l’oblation  de la sainte Étoile, mais c’est un premier pas vers elle.

En ce qui concerne le premier Niveau du Tarot, La Justice est significative de la mère éloignée, froide, distante ou ses incarnations (belle-mère, tante, mère adoptive, mère biologique perdue). Elle représente aussi la fille proche du père, femme investie dans la vie sociétale. Elle représente toujours la femme qui coupe le cordon ombilical entre la mère et l’enfant, la famille et l’enfant, etc.

En ce qui concerne le second Niveau du Tarot, La Justice renvoie aux femmes-juges, avocates, administratives. Mais aussi à la sage-femme qui coupe le cordon ombilical. Elle incarne donc la sage-femme, l’infirmière, mais surtout la chirurgienne, la psychanalyste et toute personne qui oeuvre à séparer le bon grain de l’ivraie dans le corps et l’âme des patients. Elle est aussi la jardinière du Tarot, celle qui prend soin de la vie en ôtant, coupant, détruisant ce qui doit mourir pour que le jardin resplendisse.

En ce qui concerne le troisième Niveau du Tarot, l’Atout VIII évoque les problèmes de justice, les procès, la lourdeur administrative, la pesanteur de la paperasse, les dettes, l’injustice. En défaillance, elle indique un manque d’équilibre et un manque de mesure et de raison, un comportement emporté, pulsionnel, passionnel qui est nuisible.

En ce qui concerne le quatrième Niveau du Tarot, L’Atout VIII parle des Justes de l’histoire, ceux de la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi de la Justice divine, celle qui rectifie les erreurs de la justice des hommes. Elle évoque le parfait équilibre d’une âme en paix. En plus de Thémis, la déesse de la justice, Athéna  déesse de la Raison mais aussi de la guerre, et sa mère Métis, déesse de la sagesse qui distingue le bien et le mal, sont particulièrement bien représentée par cet Atout VIII.



Atout VII-Le Chariot

Le Chariot

Atout VII

Curiosité, exploration, découvertes

Succès, chance du débutant

Christ triomphant

Conquêtes, colonisation, faire la guerre

Fils éternel, fils à maman, adulescence

 

lechariot

Le Chariot confronte l’énergie d’éros (en harmonie avec les Bâtons) à la problématique de la Verticale des II où se joue la relation à l’altérité. Alors que La Papesse, qui se trouve sur la quintade inférieure, portait l’altérité en soi sous la forme d’une fusion (et d’une confusion au même), Le Chariot l’a devant lui et vise à sa conquête (afin, là encore, de le ramener au même par sa transformation et son assimiliation).

Le Chariot du Tarot Visconti-Sforza

Ce jeune homme est sorti de l’adolescence qui est le propre de L’Amoureux et désormais avance à grande vitesse dans l’univers sociétal qui est le sien. C’est cette vitesse qu’a choisi d’illustrer le fameux Tarot Visconti, le plus ancien des Tarots que nous possédons encore.

C’est par excellence le conquérant, le jeune premier à qui tout réussit comme le montre sa couronne et son sceptre. Soutenu par sa mère, par la communauté première tout entière (La Papesse), il n’a aucun doute sur le bien-fondé de son entreprise, et sur ses capacités à la mener à bien. Et de fait, il porte, au-dessus de lui (deux quintades supérieures), L’Étoile de la chance à l’état pur.

Passionné par les voyages, par la diversité culturelle, et fasciné par le lointain, comme le sont tous les Bâtons mais aussi tous les Cavaliers du Tarot dont il est le maître Atout par excellence, Le Chariot passe sa vie à explorer de nouveaux horizons, ramenant de là-bas des richesses et des coutumes qui font sa fortune. Mais, en réalité, cette altérité qui l’attire, qu’il visite et dont il emporte avec lui des symboles reste superficiellement assimilée à ses propres visions, ses propres coutumes. C’est même plutôt lui qui tend à imposer aux autres, aux étrangers, ses propres manières d’être. Le Chariot, ce conquérant, est par excellence le représentant des conquistadors et des colonisateurs pour qui les voyages et les pays lointains sont autant de lieux à découvrir, mais aussi à acquérir, à conquérir, à maîtriser.

S’il va à l’étranger, Le Chariot n’adopte que superficiellement ses coutumes. C’est plutôt lui qui tente d’imposer les siennes à ceux qui l’ont accueilli. Ne doutant jamais du bien fondé de ses propres manières d’être, il considère comme son droit de les importer et de les suivre en dépit de tout respect des habitants en place. Souvent aussi, il s’approprie les biens locaux pour les ramener chez lui, comme des trophées de ses voyages, ne se rendant pas compte qu’il s’agissait d’un trésor national.

La parfaite réussites sociales qui est celle du Chariot n’empêche pas la profonde ambiguïté identitaire qui est la sienne en ce qui concerne son genre. Fils, fondamentalement de la mère (La Papesse est juste en dessous de lui, dans la quintade inférieure), il a manqué, dans l’enfance et à l’adolescence, d’une figure paternelle qui lui serve de modèle. Le Chariot est en effet loin de toute figure paternelle. De ce fait, c’est un homme jeune qui possède une puissante tonalité féminine comme on le voit sur tous les Tarots. Le Tarot Visconti va même jusqu’à le représenter par une femme, mais alors, il désigne une jeune femme qui possède une importante tonalité masculine dans ses manières d’être, une femme sportive, martiale même. Dans le Tarot de Marseille, cette ambivalence qui est portée aussi par sa Verticale, se manifeste par le visage unisexe du Chariot, et surtout par ses épaulettes qui portent, à gauche, un soleil et, à droite, une lune, dans une inversion des  symboliques sexuelles (la lune est féminine et ordinairement placée à gauche du soleil, masculin) qui désigne encore une fois l’ambivalence des identités de genre. Elle est portée encore par la Carte complémentaire de l’Atout VII : Tempérance, la Carte la plus ambivalente de la Verticale mâle du Tarot, la Verticale des IV.

Que Tempérance soit la Carte complémentaire du Chariot nous donne encore cette indication essentielle : tout conquérant doit savoir faire place à l’autre et à ses expressions propres. Il ne peut y avoir de vraie conquête que dans le partage et l’échange où l’autre est entendu et respecté.

Du fait de cette ambivalence, l’activité intense dans le monde sociétal du Chariot n’empêche pas son introspection et sa rêverie : il regarde vers la gauche. Il est en effet marqué par un passé où régnait une figure maternelle puissante.

À bien des égards, cet Atout est l’un de ceux qui expriment l’homosexualité, particulièrement quand elle ne s’est pas pleinement révélée.

L’orientation des chevaux du Chariot corrobore cette ambivalence. L’un des chevaux tire sur la droite et l’autre sur la gauche, et bien que le cheval de droite force puissamment vers la droite, ses regards portent sur la gauche. Il ne faut pas y voir l’indécision qui est le propre de la Verticale des I dans ses deux premiers Niveaux. Il s’agit, là, en tant que représentant de la Verticale des II, d’une dualité qui est le propre de ces Atouts systématiquement illustrés par la bivalence. Il n’y a donc pas de choix à faire, mais bien une dualité qui est assumée. Deux métiers, deux orientations, deux passions peuvent être ainsi désignées.

Cette Carte de la conquête et du succès du débutant, du jeune adulte, est aussi une Carte de la quête spirituelle : les chevaux sont bleus, couleur du Ciel, couleur de la spiritualité.

ChariotIl ne faut pas oublier que le Tarot a été inventé à la Renaissance, en Italie, durant une période où l’intelligentsia redécouvrait Platon, le philosophe de l’Antiquité que le Moyen-Age avait mis de côté au profit d’Aristote. Or, Platon voit dans le Chariot une allégorie de l’âme humaine, tirée par deux chevaux, celui de la pulsion (celui de gauche et que Platon imagine comme un cheval noir) et celui de l’énergie mâle, du courage, de la vertu (celui de droite, qui est blanc dans l’imaginaire platonicien). Le conducteur représente la Raison humaine, celle qui doit imposer à ses deux chevaux, sa loi. Il n’est pas inconsidéré de penser que le Chariot du Tarot reprend cette allégorie pour désigner le moment de la vie humaine, celui du jeune adulte où il s’agit de devenir maître de soi, par la domination des impulsions vitales.

La Verticale des II où se situe le Chariot met en garde celui qui en fait le tirage : il a devant lui une période faste, de triomphe, de conquêtes, de réalisations tous azimuts mais il s’agit pour lui de ne pas écraser ceux qui se trouvent sur son chemin ni de leur imposer ses manières d’être, sous peine de perdre son âme. Le Chariot doit spiritualiser sa relation au monde en retrouvant des moments de calme, et de retrait et comprendre que réussir implique souvent une forme d’inaction (La Papesse et Le Pendu), ainsi qu’une grande générosité qui doit le conduire, dans son triomphe même, au Service d’autrui (L’Étoile), et plus particulièrement, du fait de son immersion dans le Niveau II du Tarot, au sein de la société, cette communauté des échanges de biens et de services. Dans tous les cas, ce tirage indique une période de mouvements et de changements, et potentiellement de voyages et déplacements. Il renvoie souvent à une personnalité très ouverte à la diversité culturelle, attiré par l’exotisme du lointain, mais aussi à une personnalité théâtrale (l’iconographie le suggère par les rideaux qui encadrent le personnage central), voire très médiatique (cinéma, télévision, radio, internet).

A sa mesure, Le Chariot est une Star. Il a, en effet, L’Étoile deux quintades au dessus de lui qui veille sur ses intérêts, et la plupart des Tarots, y compris de Marseille, ont signalé ce lien à L’Étoile qui partage, non seulement le II, mais le VII avec lui, par la présence d’étoiles dans la représentation de l’Atout. Dans le Tarot convers, c’est dans le drapé qui l’encadre que se trouve ce signe discret.

En ce qui concerne l’interprétation du Chariot à la lumière du premier Niveau des Atouts, le Chariot représente le fils aimé de la mère et le fils aîné.

En ce qui concerne l’interprétation du Chariot à la lumière du second Niveau des Atouts, l’Atout VII incarne les jeunes premiers, les jeunes hommes à succès soutenus par une femme plus âgée (Macron est l’incarnation actuelle la plus évidente du Chariot), les golden boy, les stars de cinéma, mais aussi d’étrangers.

Bartolomeo_Montagna_-_Saint_Paul_-_Google_Art_ProjectEn ce qui concerne l’interprétation du Chariot à la lumière du troisième Niveau des Atouts, Le Chariot parle d’envahisseurs, de colonisateurs, de guerre, d’échec, de confiance excessive en soi, de soumission masculine à la mère, d’incapacité à murir, d’adulescence.

En ce qui concerne l’interprétation du Chariot à la lumière du dernier Niveau des Atouts, le Chariot parle d’équilibre de l’âme humaine, d’amour pour la transcendance et de conscience verticale, d’élan puissant vers le divin.

En tant que chef des armées , il représente le prince chevalier qui veille sur les frontières du royaume.

Il incarne aussi les grands missionnaires et, les premiers de tous, les Apôtres et particulièrement Paul qui fut sans doute le véritable créateur de la religion chrétienne, en tant que religion séparée du judéo-christianisme initié par Jésus de Nazareth et qui s’est diffusée partout dans le monde.

En tant que Fils de la Mère divine, Le Chariot incarne le Christ triomphant.

Voici le Psaume 45 qui, pour de nombreux chrétiens, fait la louange de ce Christ Triomphant que met en scène le Tarot avec l’Atout VII :

« Tu es le plus beau des fils de l’homme, La grâce est répandue sur tes lèvres: C’est pourquoi Dieu t’a béni pour toujours. Vaillant guerrier, ceins ton épée,

Ta parure et ta gloire, Oui, ta gloire!

Sois vainqueur, monte sur ton char, Défends la vérité, la douceur et la justice, Et que ta droite se signale par de merveilleux exploits!… »



Atout VI-L’Amourevx

L’Amourevx

Atout VI

Tiraillement entre l’ancien et le nouveau

Deux voies possibles

Adolescence, Jeunesse, beauté

Coup de foudre, vie affective

Entrée dans la vie sociale

Eros, inspiration

l-amovreux

L’Amoureux est le premier Atout du deuxième Niveau du Tarot. Il ouvre ce deuxième Niveau qui est en harmonie avec les Bâtons et le Feu. Il est aussi la première Carte en laquelle un V s’ajoute au Nombre de sa Verticale. Ainsi, toute la symbolique de L’Amoureux se trouve dans ce « Un » ( I ) qui s’ajoute au « Cinq » (V). Or, le V, nous l’avons vu avec Le Pape, est significatif d’Union, de communauté, de famille.

L’Amoureux, comme Le Chariot, La Justice, L’Hermite et La Roue de Fortune se caractérise donc par le fait que, désormais, la notion de communauté est acquise, elle est devenue, en profondeur, une part essentielle de son être. Le V est aussi le symbole d’une inspiration de nature divine qui sera en jeu dans toutes les Cartes désormais. Et c’est pourquoi dans le nom des Cartes,  et à partir de  L’Amourevx, le « u » est souvent remplacé par un « v », rappelant l’importance à la fois de la communauté et du lien spirituel et vertical avec le divin.

En tant que membre de la Verticale des I, L’Amoureux confronte donc l’Individualité à la communauté : comment être Soi-même, en face de sa famille ? L’individuation qui mène à l’autonomie et à la responsabilité de la personne humaine implique un certain détachement au regard de la première communauté et une ouverture au regard de la seconde (la société). Ce détachement ne serait pas possible si l’individu n’était pas profondément réorienté par le feu de l’éros. C’est ce que met en scène l’iconographie de L’Amoureux : un jeune homme, L’Amoureux, ancien Bateleur, est  désormais au stade de l’adolescence. Il  se trouve pris entre deux femmes, chacune incarnant une communauté (le V), l’ancienne et la nouvelle, la famille et la société. Et au-dessus de lui, Éros se charge de le motiver en faveur d’une union avec la jeune fille, union vers laquelle tend sa flèche et qui le détache de la famille en lui permettant d’entrer dans une vie sociétale nouvelle. Cette érotique du feu, qui est celle des Bâtons et qui s’incarne là dans le petit dieu Éros, dieu de l’amour, joue un jeu essentiel dans l’ensemble de ce deuxième Niveau des Atouts du Tarot.

Il faut savoir que les Grecs dont la philosophie a inspiré les créateurs du Tarot à l’époque de la Renaissance n’avaient pas de mot pour dire l’unité du fait d’aimer ; ils divisaient donc ce que nous appelons l’amour en deux réalités distinctes : philein (aimer par la durée, par la complicité, par la tendresse) et erein (aimer par le coup de foudre, dans le feu de la passion et de l’état amoureux). Les deux femmes représentent ces formes distincts d’amour : la femme plus âgée, placée sur la gauche (le passé) incarne l’amour de type philiaque et que le jeune homme a pour ses parents, sa famille, sa communauté d’origine, sa patrie, ses acquis du passé, tandis qu’à droite (l’avenir) la jeune femme couronnée de fleurs incarne l’amour érotique que le jeune homme éprouve soudainement pour une femme extérieure à sa famille et à sa communauté, pour une activité qui le passionne, pour un nouveau pays où il désire intensément se rendre, etc.

Les tarologues voient généralement en L’Amoureux la carte du choix. C’est assez juste, mais ce choix est celui qui nous place à la croisée d’un chemin précis : celui qui est en train de bifurquer pour nous réorienter vers le Nouveau, par l’énergie d’éros, ce qui implique qu’on doit apprendre à se détacher partiellement de l’Ancien. Or, c’est précisément ce dont L’Amoureux n’est pas encore capable. Ce n’est donc pas tant le choix qui caractérise cet Atout VI que le tiraillement entre l’ancien et le nouveau.

Remarquons l’intelligence de la vie que manifestent les créateurs du Tarot : rien n’emmène mieux l’adolescent à sortir des « jupons » familiaux que de tomber amoureux. C’est la jeune fille qui, sur la Carte, représente l’attrait de l’amour, l’attrait de la nouveauté, et stimule le besoin de s’émanciper de sa mère, de sa famille, de ses habitudes et coutumes apprises dans l’enfance et qui possède encore sur soi un grand pouvoir, comme on le voit dans le fait que la femme âgée, porte une couronne de laurier.

Notons que ce dieu de l’amour qu’est Éros apparaît de manière traditionnelle comme un petit angelot avec un arc, prêt à décocher ses flèches d’amour. Le Tarot a respecté cette iconographie traditionnelle, en ajoutant quelque chose d’essentiel : les flammes qui entourent l’angelot. Ces flammes sont toujours, dans le Tarot, l’expression d’une inspiration divine. Bien qu’appartenant à l’univers chrétien de la Renaissance italienne, les inventeurs du Tarot étaient très marqués par la culture grecque qu’ils redécouvraient avec délice et qu’ils réinterprétaient à la lumière d’un message hermétique et alchimique. Cette Carte de L’Amoureux indique dès lors qu’une énergie divine, de nature amoureuse, oriente l’individualité en construction vers de nouveaux objets, de nouvelles personnes, de nouveaux rivages. C’est la passion amoureuse, la passion d’une vocation, d’un hobby essentiel que désigne L’Amoureux et qui va le conduire à se détacher des premiers attachements (ceux de sa famille), des premières expressions culturelles (ceux de son ethnie), des premiers enseignements (ceux de l’école), etc. Bien que motivé par éros, le détachement n’est jamais facile, et la tarot-loversréorientation crée souvent des tensions. Il peut y avoir ainsi des conflits entre d’anciennes et de nouvelles loyautés, d’anciens attachements et de nouveaux liens, les anciens liens ayant autorité encore sur L’Amoureux comme le montre la main de la femme de droite, posée sur son épaule et qui tente de le retenir.

Le Rider a fait une interprétation intéressante de ce VIe Atout. Il a privilégié l’érotique amoureuse sur la problématique du conflit de loyauté, du tiraillement qui est central dans le Tarot de Marseille classique. Le Diable (Atout XV) étant l’Atout complémentaire de L’Amoureux, c’est un immense Ange rayonnant de l’amour qui préside à l’instant de la déclaration d’amour d’une espèce d’Eve et d’Adam primordiaux, que le Rider place là où, dans l’Atout XV, Le Diable tarot-devilpréside aux âmes enchaînées. Il met alors l’accent sur le bonheur très intense qu’il y a à être amoureux dans la réciprocité ce qui nous situe dans une espèce d’Éden de l’Amour. C’est en effet une sorte de fusion que vivent les amants qui sont, momentanément, en accord sur tout. Plus tard, les différences seront en jeu et il faudra reprendre la problématique de l’altérité et celle de la dépendance qu’incarne de manière très visible l’Atout XV.

Cette complémentarité entre Atout VI et Atout XV rappelle aussi à quel point l’amour qui règne entre l’homme et la femme s’exprime par la sexualité, ce qui fait de l’amour platonique une expression incomplète de la relation d’amour.

En tant qu’appartenant à la Verticale des I, celle qui met en scène et en jeu la construction individuelle, L’Amoureux signale pourtant bien une étape essentielle, celle de l’adolescence, quand Éros et l’énergie passionnelle du feu ouvrent à la société et au nouveau, au différent, à l’altérité au regard des habitudes acquises et des premières communautés. Il s’agit donc d’un moment-clé, quand encore enraciné dans sa communauté première, un jeune homme s’éprend de la jeune fille qui va l’ouvrir à un nouveau monde.

Ce tiraillement est très visible dans le corps du jeune Amoureux au sein de l’iconographie de la Carte du Tarot classique : il se trouve doublement orienté entre les deux femmes : ses pieds sont écartés, son corps oscille. Mais les pieds parlent clairement d’une orientation vers la jeune fille. Même s’il a le regard portant encore sur la femme plus âgée qui représente sa première communauté, ses premiers attachements, et le regard exprime les pensées et intentions conscientes, les pieds ne se distribuent pas de la même façon, et le pied droit, de l’avenir, des intentions inconscientes et du mouvement réel du corps, s’installe bien plus avant vers la jeune fille que le pied gauche, orienté vers la mère.

Quand L’Amoureux apparaît dans un tirage tarologique, il signifie toujours qu’on se trouve pris entre un amour ancien (celui qu’on porte à sa famille par exemple, à ses habitudes, à ses anciens choix de vie) et l’attirance puissante pour une personne extérieure à ces premiers attachements, pour une nouvelle activité, une nouvelle manière d’être. La Carte de L’Amoureux parle donc moins de choix que de passage, difficile, et douloureux parfois, de l’ancien au nouveau, et de la nécessité d’une croissance intérieure qui fait place à de nouvelles manières d’être, à de nouveaux amours, à de nouvelles passions.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, L’Amoureux parle des fratries, des relations frères-soeurs, de la communauté des écoliers et autres expressions collectives de l’enfance mais surtout de l’adolescence.

Il indique un tiraillement entre les valeurs familiales et les valeurs sociales.

erosEn lien avec le second Niveau du Tarot, L’Amoureux parle d’orientation, d’hésitation et de choix entre deux formations, de passion pour telle ou telle activité.

Il désigne tous les conseillers en orientation, les conciliateurs. Il indique les métiers liés à la recherche amoureuse (créateur de site de rencontre, agence matrimoniales, etc.). 

Il concerne tous les métiers du luxe, de l’esthétique, du design, de la recherche de la beauté sous toutes ses formes, et donc de l’art. 

Enfin, il désigne les métiers en relation avec l’adolescence, mais moins le professorat que le monitorat, l’animation socioculturelle, etc. Il n’y a pas, en effet, un statut nettement plus élevé au regard de ceux qui bénéficient de son aide, mais une complicité, une transmission de grand frère ou de grande soeur. 

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, L’Amoureux parle de l’épreuve du déchirement (triangle amoureux, déchirement entre communauté d’origine et nouvelle communauté, etc.).

Il indique une forme d’adulescence, une immaturité qui conduit à rester au niveau de l’adolescence et de ses problématiques, une impossibilité d’engagement. 

L’Amoureux enjoint de trouver en soi-même la réponse, sans se laisser influencer outre mesure. Il oriente clairement vers la nouveauté, vers ce qui porte l’enthousiasme et la passion.

jean de la croixEn lien avec le quatrième Niveau du Tarot, L’Amoureux est clairement la Carte du dieu Eros, ce petit dieu grec qui envoie, malicieusement, ses flèches d’amour dans les coeurs les plus improbables.

C’est aussi aux grands mystiques chrétiens qu’il est lié, tous ceux qui vivent leur amour pour le divin sous la forme d’un coup de foudre d’une intensité extrême.



Atout V-Le Pape

Le Pape

Atout V

Sacralité mâle

Père socratique, père spirituel, parrain

Guidance et protection

Émancipation et conciliation

Union, mariage

Enseignement oral

5pape

C’est bien évidemment le nombre cinq et le pentagramme qui exprime le mieux la signification tarologique du Pape. Alors que le carré est fixe, ferme, figé, solide et fermé, le pentagramme retrouve une mobilité et apporte quelque chose de nouveau, tout le comme le graphisme du V, graphisme de la coupe ouverte vers le Ciel : il reprend les quatre éléments qui le précèdent et y ajoute l’esprit. Ainsi, avec le Pape, une histoire se termine, celle du féminin de la Terre, le premier Niveau des Atouts du Tarot .

Alors que les quatre premiers chiffres et les quatre premiers Atouts s’inscrivaient dans une dynamique de l’ajout : I, puis I+I=II, puis I+I+I+I=III, et enfin I+I+I+I=IIII, le chiffre V indique qu’un ensemble est constitué, comme jamais auparavant, chaque élément étant lié aux autres par un cinquième élément, l’Esprit, recueilli dans le calice que forme l’écriture romaine du nombre cinq : V.

120px-Pentacle_1.svgLe pentagramme, constitué de cinq V, est en effet la représentation des cinq éléments, chacun se trouvant dans un des triangles formé par la figure : la terre, le feu, l’air et l’eau, à quoi s’ajoute ce qui les transforme en un tout et leur donne sens : l’esprit appelé aussi éther, cet élément subtil, invisible, et néanmoins absolument nécessaire à l’unité de la réalité. Dans  le Tarot, il incarne la réunion de l’ensemble des personnages du premier Niveau : Le Bateleur, La Papesse, L’Impératrice, L’Empereur et Le Pape qui est aussi cette unité à lui seul.

hierophantLe pentagramme est le symbole de l’union des forces contraires et complémentaires. Ainsi, dans le V, se trouve le I du Bateleur associé au IIII de L’Empereur, union donc des représentants masculins de la famille du Tarot, mais aussi le II de La Papesse associée au III de L’Impératrice. Ainsi 1+4=5 tout comme 2=3. Ainsi, Le Pape est aussi bien l’union des forces féminines que celles des forces masculines. Cette présence double, du féminin et du masculin se retrouve dans les piliers de l’iconographie du Pape.

Le pentagramme, tout en étant constitué de cinq V, qui se rejoignent par leur base, chacun étant pointé vers l’extérieur, encadrent un visage. On peut y voir le visage du Pape, avec deux grandes oreilles destinées à entendre vraiment, un chapeau pointu de la tiare pointant vers le ciel, et à la barbe dédoublée, symbole de l’union entre les forces féminines et les forces masculines. C’est aussi le symbole du corps de l’humanité spirituelle, avec son visage, ses deux bras ouverts à l’autre et ses jambes bien campées dans le sol de la Terre.

Le Pape est par excellence celui qui fait le lien entre les personnes, et entre les personnes parce qu’entre la Terre et le Ciel : il est en effet le grand sacrificateur, celui qui transforme le profane en sacré, celui qui fait de l’union sexuelle un mariage sacré, de la naissance un baptême, de la mort une cérémonie religieuse qui offre un adieu spirituel à  l’aimé. Ce lien est représenté par le cercle implicite qui entoure chaque pointe des V. Désormais, grâce au Pape, la communauté est unie.

Le Pape est donc la figure de l’union, de la réunion, de la communauté, c’est donc la Carte par excellence des conciliateurs et réconciliateurs, et c’est à raison que les taromanciens y voient souvent d’abord la carte du mariage et des contrats. Mais cette union se dépasse elle-même en se sanctifiant. Le rôle par excellence des représentants du sacré sur terre consiste à transformer le profane en sacré. Ainsi, l’union sexuelle, déjà métamorphosée de reproductive qu’elle était dans le monde animal en relation d’intimité, s’élève jusqu’au mariage qui unit dans un acte sacré deux êtres qui s’aiment. Et il est en ainsi de toutes les expressions essentielles de la vie humaine au sein de la famille.

Le Pape est en effet représentant du premier degré de cette Verticale des V où officient La  Roue de Fortune, Le Diable et Le Jugement et qui est la verticale des calices spirituels (les V)où se jouent, donc, les personnalités  les plus inspirées et les plus inspirantes. A l’écoute du divin, recueillant son enseignement mais aussi son énergie elles diffusent la véritable connaissance aux autres hommes, soignent, guérissent et aident les autres. Il est donc juste aussi de voir, dans Le Pape, un enseignant et dans les figures qui l’écoutent des élèves, des étudiants, mais il incarne aussi le médecin et plus particulièrement les thérapeutes de l’âme. C’est un grand écoutant (comme le psychanalyste qui ne dit rien mais sait écouter) et on peut voir, dans le pentagramme qui l’incarne ses oreilles grandes ouvertes mais aussi le chapeau pointu de qui est branché dans le ciel (dans le Tarot, la tiare du Pape), ainsi qu’en bas, la barbe à deux directions, symbole du lien entre la Terre et le Ciel que représente l’Atout V).

La Structure du Tarot révèle le rôle de cet Atout V au sein de la famille qu’incarne le premier Niveau du Tarot : il est celui qui garde l’arrière de L’Empereur. C’est donc une des personnes qui peut le remplacer en cas de besoin (un frère du père, l’oncle de l’enfant, le meilleur ami, le Premier ministre, le directeur adjoint, etc.) et c’est aussi un protecteur de la communauté (un garde du corps, un puissant allié, etc.). Arrivant en dernier, dans ce niveau familial, Le pape représente enfin et surtout la personne qui permet de se détacher de la famille, le mentor personnel, celui qui permet d’aller plus loin, d’entrer dans la vie sociale. C’est donc, encore une fois, un enseignant (l’école et la classe représentant la seconde communauté après celle de la famille) et sa main, ses yeux, l’orientation de son corps indiquent clairement qu’il est temps pour les jeunes gens qui sont sous sa coupe de prendre le large.pape-web

Notons que la tiare du Pape, faite de trois couronnes représente l’importance du III, ou encore du Triangle au sein même du V. Le triangle est en effet démultiplié dans le pentagramme, et c’est, dans le Tarot, l’Atout qui est au cœur du premier Niveau, celui du Féminin de la Terre : L’Impératrice, comme la mère est cœur de la famille. Si le V est l’élément secret et subtil du réel, sous la forme de l’éther, le III, le féminin terrestre et sacré, est son centre, son essence, ce sans quoi, rien ne peut exister. Cela renvoie aussi bien sûr à la sainte trinité de la religion chrétienne, bien que les Tarot ne soient pas prisonniers de cette représentation traditionnelle du sacré.

Certains tarologues opposent l’enseignement oral du Pape à l’enseignement écrit de La Papesse, mais on ne voit pas Le Pape parler sur l’iconographie de l’Atout V. Il désigne la droite de la main et du regard, c’est-à-dire le chemin nouveau, l’avenir, l’activité, la nécessité de se mettre en route, à quoi il faut ajouter la présence des personnages à l’avant de la Carte qui montre l’importance de la réalité communautaire, quand La Papesse tournée vers la gauche et solitaire incarne le temps de la méditation, du repli sur soi, et de l’isolement. Son regard à elle est tourné franchement vers la gauche, et là encore on a une indication de passivité méditative. C’est une moniale, une femme qui a choisi le retrait pour mieux se retrouver, elle et son soi spirituel. Le Pape est au contraire un guide spirituel pour un groupe, une communauté, et dans sa plus belle expression, il ne dit pas ce qu’on doit penser, mais désigne du doigt l’expérience de la vie afin que chacun expérimente et apprenne à penser par lui-même, en tant qu’individu conscient et responsable. C’est ce qui fait que l’enseignement du Pape est socratique, tandis que celle de La Papesse passe par le silence et l’exemplarité.

En tant que membre de la Verticale du V, verticale des Calices du Tarot qui recueillent les émanations les plus subtiles du Ciel, Le Pape représente incontestablement tous les intermédiaires traditionnellement reconnus pour être des médiateurs entre le  profane et  le sacré. Dans Le Pape, on retrouvera donc toutes les personnes consacrées ou assimilées (le prêtre, le moine, l’imam, le rabbin, le brahman, etc.). Comme il ne se trouve qu’au premier Niveau de cette verticale, Le pape incarne cependant aussi la religion et les Églises dans leurs aspects les moins évolués : les rituels, croyances, hiérarchies qui souvent restent immatures et infantiles, les superstitions, le fanatisme, l’intolérance.

Pour dépasser cet obstacle que représente la religion comme tradition culturelle fermée et répétitive, celui qui ambitionne d’incarner Le Pape du Tarot dans ses plus beaux aspects doit apprendre à être aussi détaché que La Roue de Fortune au regard des traditions qui sont les siennes et accepter que les leçons véritables de la vie impliquent une relation au temps, au voyage, au transculturel. Il doit aussi devenir aussi laïque, sceptique, critique et intelligent que Le Diable qui représente le plus haut Niveau de conscience humaine avant l’éveil à la rosée du Ciel et la purification par l’athéisme de ce qui, dans la religion et les Églises relève de l’impureté antispirituelle. Enfin, il doit et devenir aussi intuitif et médiumnique, ou même prophétique que Le Jugement qui représente la sanctification la plus haute de la compape-goldenmunauté. Il doit surtout être capable d’élever son sens communautaire jusqu’à l’humanité entière et sa propre religion jusqu’au Temple universel qui ne se laisse jamais enfermer dans aucune religion mais les contient toutes. C’est pourquoi, la Carte complémentaire du Pape, c’est La Maison-Dieu.

Quand Le Pape intervient dans un tirage taromancien, il représente toujours une problématique de l’union, de la protection, de la religiosité, et de l’autonomisation.

En accord avec le premier Niveau du Tarot, Le Pape représente l’oncle de l’enfant, le frère du père, l’ami proche du père.

En accord avec le second Niveau du Tarot, Le Pape oriente vers les conciliateurs, réconciliateurs, marieurs (maires), ceux qui s’occupent des unions de toutes sortes (notaires), mais aussi les enseignants, et les directeurs de conscience : prêtres, imam, rabbins, etc.

En accord avec le troisième Niveau du Tarot, Le Pape parle de sectarisme, intolérance, fanatisme, divorce, séparations. Il enjoint de développer son sens de l’union, de faire l’effort des concessions, du pardon, de la réconciliation.

En accord avec le quatrième Niveau du Tarot, Le Pape est le grand sacrificateur : il transforme la matière en calice spirituel. Il est celui qui métamorphose les unions d’impulsions en unions spirituelles.

 



Atout IIII-L’Empereur

L’Empereur

Atout IIII

Protection du père tribal

Père de l’ordre et de la loi

Autorité et mâlitude

Territorialité, défense des frontières

Tyrannie patriarcale

4

C’est le nombre quatre et le carré qui donnent les clés de la signification de cet Atout : le carré est la figure la plus stable et la plus immobile. Alors que le triangle de la féminité change de signification selon que la pointe est en bas ou en haut, et qu’il peut s’associer à un autre triangle pour faire une étoile, le carré peut être mû certes, mais il reste absolument lui-même quelle que soit la position qu’on lui fait prendre. C’est donc un symbole de stabilité, de fermeté, de loyauté, de fermeture, de frontière bien gardées, de territoire, de rigidité, de concrétisation matérielle, de fixité, d’immobilité. L’Empereur en tirage parle toujours de quelqu’un de carré, dans tous les sens de cette symbolique (loyal, franc, direct, parfois brutal).

charlemageC’est aussi la première figure de la Verticale mâle des Atouts du Tarot, comme L’Impératrice est la première figure de la Verticale femelle. L’Empereur incarne dès lors l’époux, le père, le chef politique, le dirigeant, le directeur, et toute figure de l’autorité mâle dans une communauté.

Entièrement tourné vers la gauche où se situent l’enfant et la mère, regardant son épouse, ce n’est pas un aventurier rêvant de voyages et d’inconnu, mais au contraire un homme stable, aimant profondément sa compagne et sa famille, impliqué fortement dans sa communauté familiale (ce que symbolise son collier d’or et la ceinture qui le lie aux autres), un homme très protecteur (il est armé, casqué), veillant à l’ordre (son autorité est symbolisé par son bâton de pouvoir), imposant les règles et les limites à chacun (les frontières du carré), veillant à ce qu’aucun intrus vienne perturber sa communauté. Bien qu’assis sur son trône (autre symbole de pouvoir et d’autorité), il est à demi levé, prêt à combattre si besoin est.

L‘aiglon qui était encore très petit chez L’Impératrice du Tarot de Marseille a, ici, bien grandi dans la Carte de l’Empereur. Cela signifie que le rôle du Père est plus  important au fur et à mesure que l’enfant mûrit. Car c’est la figure du Père qui est la plus importante à l’adolescence, quand la figure de la mère prime dans la petite  enfance (sachant qu’il s’agit du père et de la mère symbolique, le père et la mère biologique jouant souvent les deux rôles). Les substituts du père que sont le chef politique, le gendarme, le juge sont aussi en jeu face à un adulte qui n’est pas suffisamment adulte.

Le genou plié de L’Empereur du Tarot de Marseille a une forte signification symbolique, certes il représente le 4 moderne, mais surtout, il manifeste la conscience profonde qu’a L’Empereur des  raisons de son pouvoir  et de son autorité : en tant que chef politique ou familial, il est le premier serviteur de l’État ou de sa famille (plier le genoux est toujours un signe  d’allégeance). Loin  d’imposer des règles dans un esprit pervers de voir plier les autres, il veut le bien général avant tout. C’est une personne dévouée à la communauté, et son dévouement est aussi la légitimité de son autorité.

Regardons le visage de L’Empereur : il est entièrement tourné vers la gauche, bien que le corps soit de trois quart. Cela signifie que le côté gauche de son visage est invisible. Être un homme implique souvent d’avoir caché sa féminité. Elle est là, mais invisible aux yeux des autres. Et c’est pourquoi le nombre secret de L’Empereur, ce qui lui manque pour aller à la réalisation ultime (le XXI) c’est L’Étoile, la jeune fille en fleur, l’anima, l’incarnation de la féminité virginale dans sa beauté. Aucun homme ne peut se réaliser pleinement dans sa virilité s’il n’admet pas en lui cette figure féminine de l’anima comme une composante secrète mais essentielle de son être.

Les frontières sont essentielles pour L’Empereur qui n’entend pas les agrandir (: l est tourné vers le passé (la gauche), vers la tradition, vers la transmission de ces traditions et non vers l’avenir (la droite). Mais il n’entend pas non plus diminuer les limitations de son territoire. Il en est le Gardien et le Protecteur. Et ces frontières sont symbolisées, dans le dessin du Tarot de Marseille, par le cercle de son bouclier. Le cercle, c’est la communauté.

The Emperor-RadiantDans le Rider, on voit des montagnes en fond de l’Atout : la montagne c’est la puissance inamovible, ce qu’on ne déplace pas, ce qui sert de frontière naturelle, et de  protection contre les ennemis, les envahisseurs.

Le siège de L’Empereur du Rider est en pierre. La pierre et les constructions en pierre, solides, aux contours bien tracés, correspondent à la symbolique du IIII de  L’Empereur. C’est quelqu’un qui réalise, concrétise les projets, et les rend aussi solides que son trône de pierre, mais aussi rigide.

En relation harmonique avec tous les Rois du Tarot, L’Empereur, l’Atout de l’homme dans sa masculinité, dans son autorité, dans son assise matérielle est particulièrement proche du Roi de Denier, à qui il donne son sens des réalités et du patrimoine. Il renvoie aussi aux métiers de la construction (architecte, maçon), de la protection (gendarme) et du patrimoine (notaire). Au  Roi de Bâton, il accorde son caractère guerrier tandis que ce dernier rajeunit L’Empereur et lui accorde un amour de l’aventure que ce dernier n’a pas tout seul. Il renvoie alors aux métiers de direction (chef d’entreprise, directeur d’école, président). Avec le  Roi des Épées, L’Empereur aiguise son intelligence, son sens de la justice, et de la diplomatie. Avec lui, on rencontre les juges. L’Empereur se retrouve dans l’amour paternel dont fait preuve, comme  aucun autre Roi, le Roi de Coupe. C’est essentiellement le père de famille qui est indiqué par cet Atout.

La Verticale des IIII nous apprend qu’un Père digne de ce nom qu’incarne, plus que tout autre chose, L’Empereur, mais aussi le Roi, le chef politique, le directeur, ne peut réaliser pleinement son rôle que s’il possède la sagesse de L’Hermite, la capacité de dialogue et d’inversion des hiérarchies de Tempérance, et la chaleur et le rayonnement ainsi que la capacité à aimer tous ses enfants (ou administrés) du Soleil.

L’Hermite est un père qui a abdiqué depuis longtemps. C’est un père qui donc ne vit pas la rivalité œdipienne comme le père biologique, en négatif, il représente un père trop âgé. Tempérance est le père-ami, le père qui n’est plus tant une figure d’autorité qui peut être vécu comme une tyrannie, qu’une oreille attentive qui échange ses expériences avec celle de son enfant, dans une relation complémentaire et non hiérarchique, en négatif, c’est le père copain qui revit son adolescence avec son enfant, et qui ne donne plus aucun repère en n’assumant pas son rôle de père. Le Soleil est le père de l’amour inconditionnel et égalitaire qui réchauffe de son amour tous ses enfants, mais il peut représenter, aussi, la brûlure de l’amour œdipien.

Le Père de substitution que représente L’Hermite qui se trouve au-dessus de L’Empereur représente le père du père, c’est-à-dire le grand-père (l’arrière-père), quand l’Atout qui se trouve à côté de L’Empereur, Le Pape, oriente plutôt vers l’oncle, ou le parrain. En cas de défaillance du père, ce sont ces hommes de la famille qui peuvent jouer le rôle essentiel à la constitution d’un moi solide de l’enfant.

Du point de vue spirituel, L’Empereur représente le Roi du Ciel. C’est la première figure du Dieu mâle, au sein du polythéisme comme du monothéisme (Yahvé-Dieu mais aussi Zeus par exemple), une sorte de Père tribal exalté et qui fixe ses règles, parfois de manière totalement arbitraire et absurde, assurant l’ordre dans la communauté des hommes, mais aussi une autorité sans limite. Nous sommes loin encore du Dieu solaire christique, dieu de l’amour et du pardon, même si le sceptre de L’Empereur se terminant par un globe solaire et la croix du Christ indique que tout père véritable incarne, à côté du père tribal antique et primitif de l’ordre, de la loi et de la frontière, le père solaire, ainsi que le conseil de sagesse (L’Hermite) et l’ami sur lequel l’enfant peut compter inconditionnellement (Tempérance).

Zeus_Louvre_G204En relation avec le premier Niveau du Tarot, L’Empereur représente le père de famille, le chef tribal, le chef communautaire.

En relation avec le second Niveau du Tarot, cet Atout IIII incarne les directeurs, les chefs politiques, mais aussi les maçons, les métiers de l’autorité, de la construction, des fondations. Il parle d’États nations, de frontières, de défense militaire de la nation.

En relation avec le troisième Niveau du Tarot, L’Empereur désigne le tyran et la tyrannie, la mâlitude excessive et le macho, le patriarcat historique de l’humanité. Rappelez-vous le visage de L’Empereur, le côté gauche est caché. Cela peut conduire à une sorte de mutilation psychique, le féminin étant renvoyé dans l’ombre de la personnalité. 

Cependant, ce 3e niveau du Tarot est aussi le moment où se développe les plus grandes qualités humaines : c’est alors le besoin de protéger les autres qu’incarne l’Atout IIII, le besoin d’éduquer les personnes immatures, en leur inculquant des limites.

En relation avec le quatrième Niveau du Tarot, L’Empereur représente le Père céleste et ses incarnations mythologiques (Zeus et Jupiter, Yahvé-Dieu, Vishnu, etc.).



Atout III-L’Impératrice

L’Impératrice

Atout III

Coeur de la communauté familiale, le foyer

Fécondité, créativité et perspicacité

Féminité et beauté 

Superficialité, surinvestissement de l’image et de l’apparence

Séduction perverse de la femme

Incarnation de la Mère divine

l_imperatrice

Ce qui ressort très clairement de la saisie du sens de chaque Atout par la structure dans laquelle il se situe, c’est l’importance du nombre qui l’accompagne. Avant d’être L’Impératrice, C’est le IIIe Atout. Avec ce nombre III, nous entrons dans la créativité.

Alors qu’avec le II, aucune figure liée n’est possible sans la disparition de l’un des I et son absorption par l’autre, ce qui conduit à saisir le II dans l’opposition ou dans la fusion, avec le III, nous avons la figure du triangle : un lien est fait, pour chaque trait (chaque I, chaque individualité), avec chacun des deux autres. Le triangle qui apparaît un peu partout dans cette figure  (coiffe, décorations de la robe, centre de la poitrine, posture des jambes), est le symbole de l’utérus, de le mise au monde de l’enfant. L’Impératrice est la Mère qui accouche. C’est la créatrice qui met au monde son œuvre.

Ce lien triangulaire est en outre la condition de toute créativité, qu’elle soit productive ou reproductive, car le triangle est la première surface et implique le lien entre  trois êtres qui fait un ensemble inexistant sans eux. Avec le III, c’est toujours l’enfantement qui est en jeu et qui implique un père, une mère et un enfant. L’Impératrice est dès lors le symbole de la fécondité, de la maturation d’une expression et de sa plénitude. C’est ce qu’a choisi de représenter le Rider, une femme dans la nature en plein été, juste avant la moisson.

Impératrice-Rider

Reliée à toutes les Reines du Tarot, L’Impératrice est en effet particulièrement en phase avec la Reine de Denier, la reine de la nature féconde, de la matérialité épanouie, la mère nourricière du Tarot. Le III est en effet le symbole, par excellence, de l’utérus, la matrice féminine reproductive : le personnage qui l’incarne, dans l’Atout III, a les jambes écartées, dans une posture qui indique clairement sa fécondité et l’importance de l’utérus matriciel en elle.

La Carte complémentaire de L’Impératrice, c’est La Lune. Cela signifie qu’une femme ne peut vivre pleinement sa féminité qu’en se sentant reliée aux forces mêmes de la Mère-nature dans sa fécondité infinie et sa créativité abondante, ainsi que dans sa beauté. En chaque femme parle l’intuition féminine, cette aptitude à se relier au savoir universel sans passer par les chaînes du raisonnement. Les femmes sont plus ouvertes que les hommes à la mémorisation du rêve et à sa compréhension, tout comme elles ont une aptitude naturelle à la médiumnité et à la voyance, même si ces aptitudes restent peu développées dans notre monde rationnel et encore très marqué par le patriarcat.

triangle-CercleLe triangle dans sa symbolique est le déterminant du cercle et de la sphère, et d’abord du cercle familial. Tout cercle attire l’attention sur un centre, et L’Impératrice est ce centre : la mère est au cœur de toute famille, tout comme L’Impératrice est au cœur du premier Niveau des Atouts du Tarot, celui des matrices corporelles et psychiques, de la famille, et des expressions matérielles. L’Impératrice est en effet l’Atout qui unit, dans le Tarot, l’enfant (Le Bateleur) et la mère fusionnelle (La Papesse) d’une part, avec le père (L’Empereur) et l’oncle ou parrain (Le Pape) d’autre part. Tout son corps indique ce lien : sa main gauche porte l’écusson de l’aiglon, symbole de l’enfant, mais son regard et son sceptre penchent à droite où se situe L’Empereur, son époux. Si la mère de l’enfant ne fait pas le lien avec le père (c’est surtout vrai des pères traditionnels, peu maternants), ce lien a beaucoup plus de mal à se constituer, et à se constituer sur de bonnes bases.

Le triangle que représente L’Impératrice est aussi la forme ultime, forme de la perfection, de la Sainte Trinité, et c’est pourquoi cet Atout est aussi le symbole de la beauté féminine, de la grâce. Platon explique, dans Le Banquet, que celui qui est prêt à enfanter (un fils ou une oeuvre) doit vivre dans une atmosphère de beauté. Il a besoin de cette beauté comme le milieu naturel de l’enfantement. C’est pourquoi, le triangle, L’Impératrice et l’Atout III renvoient à cette beauté de la femme épanouie, de la femme dans sa maturité génitale.

Ce que nous apprend la Structure du Tarot, c’est à quel point, la féminité a besoin de cette triangulation des relations humaines pour s’épanouir complètement. L’Impératrice est autant la mère fusionnelle des premiers mois qu’incarne La Papesse, que l’épouse aimante tournée vers L’Empereur, que la femme active, engagée dans la vie sociale (La Justice, VIII, se situe dans la quintade supérieure, juste au-dessus de L’Impératrice). Elle ne peut, sans se mutiler elle-même, sans ressentir une profonde incomplétude, nier son besoin de maternité (Atout II et son écusson), ou son besoin d’investissement social (Atout VIII), ainsi que son besoin d’être aimée comme femme (Atout IIII).

Et L’Impératrice ne serait pas totalement épanouie, en tant que femme, si elle n’était pas soutenue par La Justice, la femme détachée, qui a coupé le cordon ombilical. La Justice est en effet au-dessus de L’Impératrice dans le Tarot en 5 Verticales. On voit cet envol de l’enfant dans la posture de l’Aigle de l’écusson que porte l’Impératrice. Il a les ailes déployées vers le haut, il est prêt à s’élever vers les airs. Toute femme doit accepter que son oeuvre, son enfant ne soit pas qu’à elle. Elle doit le/la porter pour le/la rendre autonome et qu’il/elle vive sa vie.

Cet aigle est aussi le symbole de son autorité. Celle-ci se déploie ici et maintenant, quand l’aigle de l’Empereur est au repos, les ailes baissées vers le bas, parce que L’Empereur jouit une autorité anciennement installée.

hera-01Le premier Niveau du Tarot (celui des matrices matérielles et affectives de l’être humain, en relation harmonique avec les Deniers et la Terre) incarne donc L’Impératrice dans une femme bien assise dans les expressions affectives et matérielles de sa vie. Elle règne sur son univers, son pouvoir étant autant réceptif qu’actif, et autant fait de séduction que d’autorité franche. Elle est la mère de l’enfant déjà sorti des premiers mois, le lien entre tous les membres de sa communauté dont elle est incontestablement le cœur, sans jamais fusionner complètement avec l’un d’entre eux, distribuant harmonieusement son attention entre tous (La Justice) .

C’est, dans son acception la plus simple : la mère nourricière, celle qui a nourri l’enfant de son sein, celle qui le nourrit de son attention, de son éducation, etc.

C’est aussi une femme qui ne se perd pas dans la famille, qui s’accomplit socialement (du fait de la présence, au-dessus d’elle de la Justice, Atout de la femme active). Enfin, cette femme sait qu’elle ne peut incarner, sur terre, la Mère divine (La Lune) qu’en acceptant que le don de la vie est toujours aussi un don de mort (Atout XIII). En négatif, elle représente la personne débordée par la triangulation qui ne parvient pas à organiser harmonieusement sa vie.

Le second Niveau du Tarot (celui des incarnations sociétales en relation harmonique avec les Bâtons et le Feu) voit dans l’Impératrice la carte de tout ce qui concerne la nourriture et les métiers en relation. Car n’oublions pas que la première image de la mère c’est la nourricière. Les métiers de la restauration sont donc en jeu. La boulangerie et la pâtisserie que les enfants aiment particulièrement, mais aussi les traiteurs, etc. sont représentés par L’Impératrice.

Un lien à l’accouchement et à la femme est aussi en jeu (gynécologue, sage-femme), avec l’éducation des jeunes enfants (professeur de maternelle, professeur des écoles).

Le chiffre 3 et son sens de créativité oriente L’Impératrice,vers les artistes et les écrivaines qui, au contraire de celles qui sont représentées par La Papesse, connaissent une notoriété sous son propre nom.

C’est aussi la femme en relation avec la beauté et la maison (esthéticienne, coiffeuse, décoratrice d’intérieur), avec les jardins familiaux (paysagiste).

Le troisième Niveau du Tarot (celui des épreuves et des vertus, en relation harmonique avec les Épées) nous emmène vers la séduction perverse de la femme (la femme vénale et la prostitution), la vanité, l’égocentrisme, la stérilité, l’hystérie, la femme active débordée par les excès de tâches dans le monde moderne où elle se veut aussi bien mère parfaite qu’épouse et maîtresse belle et séduisante, que femme engagée dans la vie sociale mais ne parvient à tout faire qu’au prix d’un stress ou d’une fatigue excessive. Avec La Papesse elle peut incarner  la mère araignée, ou au contraire un monde sans aucun centre, un monde où le lien social et familial est disjoint.

raphael-04Les vertus que représente particulièrement L’Impératrice du 3e Niveau, c’est d’une part le dépassement des apparences et de la seule beauté physique et la saisie d’une beauté supérieure, celle de l’âme. Mais surtout, L’Impératrice est alors nourrie par l’énergie de la Reine d’Épée et l’Atout XIII, et devient lucide sur la nature humaine. Elle ne se laisse plus déborder par les besoins des autres, elle a appris à dire non et à hiérarchiser ses priorités. Elle sait, qu’en donnant la vie, elle accorde aussi, nécessairement le don de la mort et de l’oubli. Impossible de vivre sans être, un jour, confronté à la mort, c’est cela, la dure lucidité de L’Impératrice au niveau III du Tarot. Déjà avec le niveau II et l’influence de la Justice, elle a appris le détachement nécessaire pour accomplir son rôle de mère dans l’équité et pour pouvoir s’investir dans la vie sociétale. Mais avec le niveau III, la coupure qu’elle doit affronter est bien plus importante et tranchée, c’est celle du deuil. Ainsi, L’Impératrice au niveau III est la femme plus âgée, et parfois jeune encore qui est ou fut affrontée à l’avortement, à la mort d’un proche, à la nécessité de se détacher de sa propre mèreJolie.

Le quatrième Niveau du Tarot (celui de la rosée spirituelle, en relation harmonique avec les Coupes) mène à la Reine de Coupe qui incarne L’Impératrice dans ses expressions les plus élevées, et  La Lune, l’Atout XVIII qui élève le féminin de la femme jusqu’à la fécondité d’une Nature tout entière.  L’Impératrice est alors une mère de famille particulièrement aimante, une femme engagée dans le monde pour des causes humanitaires, une artiste inspirée par la source divine et à la haute spiritualité. La mère biologique (ou adoptive) qu’est la mère terrestre devient le vecteur de la Mère céleste. A chacun de ses enfants elle transmet l’amour maternel le plus pur, celui qui n’ignore pas le poids de la vie et de la mort qui nourrit la réalité de notre monde, nécessairement limité.

Cette mère de famille aimante s’est incarné dans les Déesses de l’Antiquité et de diverses religions. C’est ainsi Héra pour les Grecs, Junon, pour les Latins, Lakshmi pour les Hindous. Mais c’est aussi Marie, mère de l’enfant Jésus, Dame du Monde, œuvrant à la transfiguration de la Terre par le cœur des êtres humains.



Atout II-La Papesse

La Papesse

Atout II

Sacralité femelle : la prêtresse, la moniale, la sorcière 

Le voilé, le secret, le caché

Méditer, prier

Germiner, préparer, concevoir

Se replier sur soi, s’isoler, se couper du monde

Fusionner, couver, materner, étouffer l’autre

Mère abusive, Mère araignée

Grand-mère

La Vierge au voile

La Dame de tous les peuples

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Avec La Papesse, nous quittons  la question de l’Individualité, pour entrer dans celle de l’altérité que signalent les deux I de son nombre. Tant que la triangulation n’existe pas, et donc tant qu’on ne parvient pas à L’Impératrice et à la Verticale des III, le Tarot signale l’écueil de la relation humaine : négation d’autrui, négation de soi, opposition ou fusion tendent à exclure, hors de soi, ou à inclure, en soi, l’altérité.

Avec La Papesse, les deux expressions sont en jeu : elle désigne la mère fusionnelle qui inclut l’autre en soi, tout comme la personne qui se cache aux yeux de l’autre vécus comme intrusifs.

La Papesse est la Mère du II, celle qui porte en elle ou dans ses bras et sa vie, un autre que soi. Et cette première Mère, cette femme enceinte, cette mère des premiers mois de la vie, ne peut porter cet autre que parce qu’elle le fait sien absolument, niant en partie l’altérité qui la sépare de lui. Winnicott a parlé de cet état chez la Mère des premiers soins,  expliquant que si la personne individualisée qu’est la mère, n’amenuise pas l’épaisseur de ses murailles moïques, pour laisser filtrer, presque télépathiquement, les besoins de l’enfant, ce dernier ne peut pas être bien pris en charge. La fusion psychique est une nécessité à ce moment de la vie des deux êtres. Mais cet état de « préoccupation maternelle primaire » doit cesser dans le temps, sous peine que la bonne mère devienne une mère-araignée qui conserve, dans sa toile, des enfants prisonniers de sa trop grande sollicitude, de son excès d’amour fusionnel.

123-p-spin-spinneweb-170-1Et c’est ces enfants pris dans la toile de la Mère fusionnelle qu’est aussi La Papesse, que représente le Tarot : Le Chariot, ce golden boy qui réussit excellemment dans la vie sociale et publique, est porté par une mère secrète ou une arrière-mère qui assouvit ses propres besoins de reconnaissance sociale à travers lui. Gavé d’attentions maternelles, il ne s’engage pas, sérieusement, dans une relation d’amour, et ne construit pas sa vie familiale propre. Il est l’un des fils éternel de la mère. Léonardo dicaprio est ainsi un excellent exemple du Chariot. Le Pendu représente, quant-à lui, le fils handicapé, le fils en souffrance, le fils éternel du fait de ses limitations physiques. A travers Le Pendu, La Papesse satisfait un excessif besoin de se dévouer à son enfant tout en le maintenant sous son emprise. Et L’Etoile représente, quant-à elle,l’éternelle jeune fille, celle qui n’est pas destinée à être elle-même une mère, celle qui ne peut avoir de destin qu’en étant la deuxième femme, la maîtresse, parce qu’il n’y a qu’une mère possible dans son histoire, sa propre mère (et si elle se marie quand même, L’Etoile reste stérile). Arielle Dombasle représente bien cette femme éternellement virginale qu’est L’Étoile. A travers cette dernière, La Papesse, vieille femme maternelle, satisfait ses besoins féminin de jeunesse éternelle et de séduction à l’égard des hommes, tout en conservant la place unique qui est la sienne: celle de la Mère, unique et éternelle.

Papesse nous parle, aussi, de toutes les personnes qui tissent le lien entre les autres membres de la société (et entre les générations surtout) par les livres. Elles transmettent un savoir écrit ou bien conservent ce dernier. Les bibliothécaires, les enseignantes, les écrivaines sont particulièrement bien incarnées par elle. La Papesse, en effet, ne désigne pas les personnes qui agissent directement dans le monde (elle est totalement tournée vers la gauche, orientation de la passivité et de la réceptivité, et elle est assise), mais celles qui le transforment par un savoir ancien dont elles se font les transmetteurs. Ce sont toujours des personnes calmes, méticuleuses, précises, à l’esprit analytique. Beaucoup d’étude et travail en retrait.

La Papesse nous parle enfin de grande solitude, d’isolement, d’enfermement, mais aussi de l’obligation de porter un masque pour survivre ou être soi-même en secret. Elle incarne le gynécée, cet espace dédié aux femmes dans la maison, et le fait que, dans certaines cultures, elles n’ont pas accès à l’espace sociétal et publique. Elle représente aussi la femme musulmane qui emporte dans l’espace public, et autour de son corps, cette séparation d’un corps féminin objet d’un désir masculin insupportable à l’époux qui se croit le destinataire exclusif de la beauté féminine de son épouse, le voile représentant alors l’enfermement nomade des femmes, expression résiduelle d’un pouvoir patriarcal archaïque et oppressif. Mais ce Niveau est aussi celui du silence et de la méditation, de l’oraison monacale.

Cloitre_prieure_Saint-Michel_de_GrandmontLa Papesse nous parle encore de prison, de cloitre, de monastère, mais aussi du temps de la retraite, pour la femme âgée. Elle représente le grand âge de la femme, et donc la grand-mère du Tarot.

l’élément le plus important dans l’iconographie de la Papesse, c’est le voile qui cache son corps, ainsi que son trône. C’est le personnage le plus couvert du Tarot. En tant qu’Atout II, La Papesse a pour Carte complémentaire, Le Soleil qui incarne la Lumière, le dévoilement, la nudité de la vérité des êtres humains. C’est pourquoi, avec la fusion maternelle, le secret est l’une des deux significations majeures de l’Atout.

Sur un plan ésotérique, La Papesse représente de ce fait l’Adepte ou le Disciple de l’hermétisme et de l’alchimie qui avancent masqués dans une société qui ne peut les comprendre. Le secret entoure nécessairement le mystère de leurs activités. La Papesse, dans le milieu chrétien de l’émergence du Tarot, représente enfin l’expression féminine du sacerdoce, et les Tarots anglo-saxons, sous l’influence de Court de Gébelin,  ont renommé La Papesse, Grande Prêtresse. Cette fonction féminine du sacerdoce a été entravée dans nos sociétés patriarcales qui identifient le Divin à un principe exclusivement masculin, et elle n’a pu exister que dans le secret des rêves et celui des sociétés initiatiques. L’Adepte, qui créa le Tarot, a replace au centre de tout cheminement spirituel, ce médium féminin dont l’activité est absolument nécessaire à la spiritualisation du monde, le but ultime de tout son travail.

Marie est aussi la Mère fusionnelle parfaite, celle dont l’apparition dans les rêves éveillés, et selon G. Romey, auteur du Dictionnaire de la Symbolique, répare les déficiences la relation historique à la mère du rêveur. Sans époux véritable et sans autre enfant, elle est tout entière consacrée au Fils. Si ce symbole qu’est Marie pour tous les rêveurs, quelle que soit leur appartenance confessionnelle, possède une telle capacité de réhabilitation de la mère terrestre, c’est que Marie, comme La Papesse, règne sur les trois mondes de l’homme : inconscient, conscient et surconscient (ou encore la nature, la société des hommes, le Ciel), comme le montre la mitre à trois niveaux de la Papesse.

La Papesse est encore l’avatar christianisé d’Isis, le Principe divin féminin qui exista d’abord comme Ishtar, la Déesse mésopotamienne, puis Athéna, Diane et bien d’autres Déesses l’ont incarnée et elle réapparaît, dans le monde chrétien, sous la forme des Vierges Noires. Cette incarnation du Pouvoir féminin sacré a pour premier symbole, non La Lune comme l’a cru à tord le Tarot Rider, mais l’étoile à Huit branches qui se trouve, précisément, tout en haut de la Verticale des II qu’inaugure La Papesse, dans l’Atout XVII, porteur, lui aussi de la dualité de cette Verticale.

A terme, La Papesse spirituelle est vouée à la Jeunesse, à la Beauté et à la Nudité de l’Etoile, une nudité qui n’a rien d’impudique, parce que, quand le monde tout entier sera spiritualisé, l’humanité tout entière aura conquis un regard de pudeur respectueux sur l’autre qui n’aura nul besoin des voiles pour masquer son corps. Le voile alors, pas plus que le vêtement, ne sera nécessaire, chacun pouvant être pleinement lui-même, pleinement réalisé dans son être, sans craindre la vindicte sociale.

La Vierge au voile bleuEn relation avec le Niveau I du Tarot, La Papesse représente donc la mère enceinte, la mère fusionnelle, la mère des premiers mois de la vie, mais aussi la grand-mère.

En relation avec le Niveau II du Tarot, La Papesse oriente vers les métiers liés à l’accouchement (sage-femme), du livre (libraire, bibliothécaire, écrivaine), de transmission du savoir (enseignante), mais aussi les métiers du secret (service de renseignement, espionne), de l’occulte (sorcière, voyante, médium), et encore la femme voilée, la musulmane.

Il est indicateur d’un projet en phase de conception et de maturation.Dame de tous les peuples

En relation avec le Niveau III du Tarot, La Papesse parle de secret qui ronge, d’un étouffement liée à la famille, d’une fusion malsaine, d’une mère-araignée, d’une femme manipulatrice et perverse qui gère une toile et surveille ses proies, de sorcellerie, de magie noire, d’occultisme. Elle indique un masque, des personnes masquées, en apparence aimante, fusionnelles, et en réalité destructrice.

Avec ce Niveau III, La Papesse parle de prison pour femmes, de période de maladie, d’hospitalisation.

La lecture en Niveau III de La Papesse invite à cultiver l’étude, le silence, le secret, la méditation, l’oraison. Le véritable pouvoir de La Papesse réside dans la discrétion, dans l’initiation, dans l’appel secret au divin.

En lien avec le Niveau IV du Tarot, La Papesse représente tout d’abord les grandes prêtresses de l’Antiquité, les religieuses, le féminin sacré. Cet Atout II évoque aussi la Déesse-mère des Premiers Temps : Ishtar, Isis, Diane, Ashéra entrée dans l’ombre avec le monothéisme patriarcal, et dès lors la Déesse perdue par l’humanité, agissant dans l’ombre, prête désormais à se dévoiler.

C’est aussi l’Atout de l’initié caché sous un manteau social, la femme de savoir qui en sait bien plus long qu’elle ne le dit, l’Adepte qui travaille en secret au grand Œuvre.

C’est enfin Marie la mère de douleur et de consolation, la grande protectrice de l’humanité, la Dame de tous les peuples, et ses représentantes sur terre : toutes les moniales, mais aussi toutes les mères de la terre.



Atout I-Le Bateleur

Le Bateleur

ATOUT I

Commencement et potentialité

Enfance

Jeu et prise en main

Le grain de sénevé


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Le Bateleur représente le premier porteur du I du tarot. Le I se trouve dans tous les Atouts qui expriment une individualité intégrée ou en chemin d’intégration, c’est-à-dire un Soi, un soi-même en constitution ou constitué.

Deux Atouts expriment l’intégration parfaite : La Force (XI) et Le Monde (XXI). La Force représente la Discipline d’un être qui maîtrise toutes les expressions de la Terre de son être (représentée par le premier X du Tarot), Le Monde celle d’un être qui maîtrise toutes les expressions de la Terre et du Ciel de son être (représentés par les deux X). C’est pourquoi La Force et Le Monde sont les deux Atouts maîtres des As du Tarot qui expriment la maîtrise de leurs couleurs respectives.

L’Amoureux et La Maison-Dieu qui lient le I au V marquent au contraire une défaillance relative dans l’ordre de cette intégration, puisque cette dernière n’est portée que par la moitié d’un cycle, celui de la Terre pour L’Amoureux, celui du Ciel pour La Maison Dieu (la moitié d’un cycle est en effet représentée par le V, dont on voit clairement dans sa forme écrite qu’il n’est que la moitié du X, moitié tournée vers la terre pour la bas du X [^] et tourné vers le Ciel pour le haut du X [v].

Le Bateleur, cependant, est une intégration qui ne possède aucune réalisation propre. C’est un I accompagné d’aucun V, ni d’aucun X. Et l’on comprend dès lors l’iconographie qui le représente : le jeune homme qui se trouve sur la Carte est devant une table basse qui comporte une partie des éléments qui composent le Tarot : Coupe et Épée, tandis que lui-même s’en est emparé du Denier et du Bâton. Cette Individualité que représente le Bateleur commence à peine à s’affirmer, en s’emparant ainsi des deux premiers des quatre éléments fondamentaux (terre, feu, air, eau). Le Denier est l’expression de la Terre, quand le Bâton incarne le Feu.  Bien qu’il ait devant lui l’ensemble de ses potentialités, il ne peut, dans un premier temps, réaliser que celles qui correspondent au Cycle de la Terre des Atouts du Tarot : le corps et ses enveloppes matérielles d’une part, la société et ses expressions d’autre part sont les lieux où son énergie peut être canalisé. Le Ciel des épreuves, des grandes vertus, mais aussi des inspirations spirituelles ne lui est pas ouvert.

Annonçant L’Amoureux qui le surplombe dans la Verticale des I, Le Bateleur qui inaugure tout le système des Atouts du Tarot et qui incarne, de ce fait, le Commencement par excellence, est tiraillé par un choix : son corps manifeste qu’il hésite entre la part féminine, passive et réceptive qui est en lui et qui représente aussi les acquis et le passé [le bras gauche et le denier qu’il place au bas du ventre, autrement dit près du chakra sacré, le chakra des émotions et de l’énergie sexuelle] ou la part masculine, active et émissive, tournée vers l’avenir [le bras droit, levé, portant un petit bâton]. Ce tiraillement se voit dans la posture entière de son corps, dans l’orientation des pieds en particulier, dans son vêtement, et encore dans son couvre-chef.

Le visage du Bateleur penche cependant très clairement vers la gauche et son regard est tourné vers la Terre : il reste, à cette heure, une potentialité encore non réalisée et qu’il s’agit encore pour lui de recevoir l’aide dont il a besoin, plutôt que de pouvoir généreusement exprimer son Soi dans le monde. Il lui faut aussi commencer par la Terre : rien de concret n’est possible, pour le Nouveau qu’incarne le Bateleur, sans commencer par le commencement : satisfaire les besoins matériels.

La main gauche du Bateleur, qui est celle du passé, tient le petit Denier, élément de la Terre, en bas de son buste, signifiant que tout enfant est d’abord le résultat d’une hérédité, mais aussi d’une éducation, d’un milieu. Mais il n’est pas que cela. La façon dont il va investir cette éducation familiale est le lieu de sa créativité, ce que symbolise la baguette hardiment levée dans la main droite, main de l’avenir. Le Bateleur appuie sa créativité symbolisée par la baguette sur les acquis génétiques et éducationnels, son héritage, mais pour l’incarner d’une manière singulière.Pinocciorq5o8

Non seulement Le Bateleur représente l’enfance du Tarot, mais l’activité enfantine par excellence qu’est le jeu. Le jeu est la plus libre des activités humaines [le jeu obéit à des règles arbitraires qu’il se donne à lui-même], et la moins efficace parce que la plus gratuite [le jeu n’a pas pour but de produire un bien, un service, mais d’imiter les activités des adultes]. Le Bateleur est le joueur du Tarot, et par là, il peut être aussi un illusionniste [avec La Lune et Le Diable par exemple] et c’est d’ailleurs le premier sens du mot « Bateleur » (le prestidigitateur des foires): il est celui qui fait semblant dans son abord des choses. Il peut donc représenter un trompeur et un menteur.

Mais, en même temps, Le Bateleur est le seul personnage qui présente tout ce qu’il possède, tout ce qu’il est, devant lui. Il a mis son âme sur la table. Il est, de ce fait, le moins caché, le moins trompeur des personnages. C’est le plus exposé. C’est celui qui, comme l’enfant, n’a pas appris à voiler ses émotions, ses sentiments, pour les faire cadrer avec la pudeur sociale. C’est une transparence et une fragilité.

La place du Bateleur dans le système du Tarot, fait en outre de lui le plus jeune des personnages du Tarot et c’est pourquoi il est, avec L’Amoureux, l’Atout-maître par excellence des Valets du Tarot qui représentent les enfants, l’enfance, l’immaturité. Les quatre symboles qui sont sur cette iconographie [denier, bâton, épée et coupe] sont en réduction [on a plutôt des balles, un petit bâton, des poignards et un gobelet], car ce sont des jouets. L’enfant-Bateleur s’amuse, avec des jouets qui sont des réductions de ce qui, dans le monde des adultes, porte l’identité et l’activité. Tout le Tarot se trouve devant le personnage du Bateleur sous une forme simplement esquissée pour signifier que nous n’en sommes qu’aux  potentialités et aux choix qu’il faudra faire pour les réaliser.

Le Bateleur est entièrement tourné vers lui-même. Situé au commencement du Système des Atouts du Tarot, il ne regarde personne, même si son regard penche vers la terre. Il incarne, de ce fait, l’égocentrisme de la jeunesse qui ne peut se consacrer à autre chose qu’à sa propre croissance.

Il lui manque beaucoup de chose pour atteindre la plénitude du Monde, mais principalement une famille attentive qu’incarne Le Jugement où l’on voit une mère et un père aimant leur enfant sous le regard bienveillant de l’ange. Le potentiel du Bateleur doit naître, advenir pleinement au Monde par l’amour attentif d’un Père et d’une Mère spirituels. Si vous tirez cet Atout, cherchez un appui extérieur, un protecteur et mieux encore, deux protecteurs.

Le Bateleur, en tant que Premier I, possède en effet la possibilité, unique, d’un déploiement parfait dans le Cycle de la Terre, ce que représente aussi la lemniscate de son couvre-chef qui forme un 8 horizontal. On pourrait y voir la représentation potentielle de deux Cycles : celui de la Terre et celui du Ciel, mais ce 8 reste allongé, il n’est pas encore dans la posture verticale qui pourrait incarner ce Ciel et cette Terre complète des Atouts du Tarot. A ce stade, la lemniscate du couvre-chef du Bateleur ne représente que les deux premiers Niveaux du Cycle de la Terre ([faisant un doublet de signification avec la prise en main du petit denier et du petit bâton] : celui de la terre (ou du féminin, correspondant aux Deniers et à l’élément terre) de la Terre qui correspond aux  aux cinq premiers Atouts, et celui du ciel (ou du masculin, correspondant aux Bâton et au feu) de la Terre qui s’incarne dans les cinq Atouts suivants.

De ce fait, il y a une résonance particulière entre Le Bateleur, La Force et Le Monde : le premier n’est encore qu’une énergie ayant devant lui tout son potentiel, le second [La Force] incarne la parfaite maîtrise du Cycle de la Terre, intégré en une individualité qui se connaît elle-même et s’imprime dans le monde, le dernier [Le Monde] incarne la totalité du potentiel du Bateleur dans une intégration parfaite, où les deux Cycles de la Terre et du Ciel sont unifiés dans le I de l’individualité. C’est un chemin d’individuation que commence donc Le Bateleur. Sur un plan spirituel, le Bateleur est donc l’Individu dans sa première forme, ce soi-même que chacun porte en soi dès la naissance et qui cherche à se réaliser dans le monde.

Quand Le Bateleur apparaît, il signifie d’abord le Nouveau, le Commencement ou le recommencement de toutes choses, mais aussi l’enfance, l’égocentrisme, l’égoïsme, l’immaturité, le jeu, l’illusion, le mensonge, le tiraillement, le choix, le potentiel, l’engagement dans la matière [et donc les métiers artisanaux, de production de biens matériels], la nécessité de commencer par le commencement, de satisfaire aux besoins matériels du projet, de concrétiser les choses.

bateleur-magicienEn relation avec le Niveau I du Tarot, Le Bateleur parle de l’enfance et du petit dernier, du monde de l’enfance et du jeu.

En relation avec le Niveau II du Tarot, Le Bateleur oriente vers le commerce de foire, parle de démonstrateur, de prestidigitateur, d’amuseur public, de présentateur télé, de vendeurs de jouets, de sorciers, de mages et magiciens. Il indique le commencement d’une activité, et l’énergie du commencement. Il parle de choix d’orientation qui reste encore multiple. Il oriente vers les métiers manuels, artisanaux.

En relation avec le Niveau III du Tarot, Le Bateleur est indicateur d’immaturité, et d’un excès de transparence, d’une exposition de ses émotions, de ses atouts presque impudique ou imbécile. A l’inverse, il est traditionnellement le personnage du mensonge et de manipulation, voire de magie noire.

En relation avec le Niveau IV du Tarot, Le Bateleur parle de la Création à son commencement, dans la pureté originelle d’une Nature parfaitement informée. Il parle des grands Mages de l’imaginaire mythique, de Gandalf le Gris. Dans la mythologie chrétienne, Le Bateleur est l’Enfant premier, l’humanité adamique, faite de glèbe, promise à la Renaissance spirituelle, et à devenir la Réplique du Divin.

Il représente ce Nouveau, tout petit, mais profondément créatif. Le Nouveau créateur qui n’oublie jamais que la Création est un jeu. C’est le grain de sénevé planté par Jésus de Nazareth, le germe du Nouveau Monde, la graine du Royaume des Cieux. C’est le Vin Nouveau, celui qui livre l’Ivresse divine.

C’est encore  »la voie du tout petit » découverte par Thérèse de Lisieux.

« Jésus leur proposa une autre parabole, et il dit : le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences ; mais, quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. » Evangile selon Matthieu, 13, 31-32.

 



Atout 0-Le Mat

Le Mat

Atout zéro

Chaos, pauvreté, marginalité

Liberté, énergie pure, pulsion

Le pèlerin

le génie créatif

Le Mat

Le Mat est un Atout mystérieux. C’est d’abord par son nom que cette carte intrigue : que signifie Le Mat ? On donne généralement deux origines à ce terme.

L’une est arabe qui signifie « la mort », comme dans le jeu d’échecs qui se termine par cette formule : « échec et mat ! » et aurait accompagné les naibi, ces jeux de cartes des Mamelouks (ancienne milice des califes musulmans) et qui ressemblent aux cartes numérales du Tarot, mais en l’absence de tout atout.

L’autre généalogie, beaucoup plus vraisemblable, si on tient compte du de l’histoire des Tarots, rapproche Le Mat du terme italien « matto » qui désigne la folie. De fait, cet Atout peut être désigné indifféremment par la dénomination de « Mat » ou par l’ancien terme de « Fol ».

Le Mat interpelle ensuite par le fait que c’est le seul Atout sans nombre, d’où la difficulté qu’éprouvent les tarologues à le situer dans la structure globale du Tarot de Marseille. Est-il le premier des Atouts, correspondant en quelque sorte à un zéro non nommé ? Ou bien se situe-t-il au-delà de tous les nombres, ce qui fait que certains tarologues et taromanciens lui accordent la valeur 22, le 21 étant le dernier nombre des Atouts du tarot ?

Cette dernière interprétation, souvent utilisée dans les calcules tarologiques, n’a en réalité aucun fondement pour qui connaît la structure du tarot ainsi que son histoire. Le Tarot est né à la Renaissance, en Italie. Et en même temps, à peu près, que les Tarots émergaient – l’un des plus anciens jeu, celui dit de Visconti-Sforza, est peint au xve siècle – le monde occidental commençait à peine s’approprier la numérotation arabe (ou indienne) qui est la nôtre et qui comporte le nombre zéro.

Le zéro, qui n’existait pas pour les Romains, est en effet venu d’Inde, en passant par le monde arabe où il prit la forme numérale qu’on lui connaît (le « 0″ ) ouvrant la suite des 1, 2, 3, 4, etc. du monde moderne.

Or, le Tarot se situe encore dans une numérotation romaine qui reste pour longtemps encore utilisée en Europe et qui ne possède pas de désignation du zéro.

Le Fol-RiderLe tarot qui n’use que des chiffres romain ne pouvait donc signifier, par cette absence de nombre du Mat, que le chiffre nul, le néant d’avant le 1. Rien n’empêchait, au contraire, la numérotation du XXII, si ce n’est la logique même du tarot, qui s’arrête à XXI. Chaque X du XXI représente en effet un monde complet : la Terre d’abord, le Ciel ensuite, mais contenus dans  le I final de l’individualité intégrative qui contient en elle ces deux ensembles de la Terre et du Ciel. Il ne peut donc rien y avoir au-delà du XXI qui est l’aboutissement de la quête tarologique, quand une individualité a, tout en elle, du Ciel et de la Terre. 

Et voir, dans le Mat, le Divin (22) qui serait au-delà de la création, c’est décidément ne rien avoir compris non plus au cheminement même du Tarot qui vise, alchimiquement et hermétiquement, l’Union de la Terre et du Ciel en une individualité divinisée à la fois matérielle et divine.

La structure complète du Tarot conduit donc à ne voir dans le Mat qu’une Carte qui porte en elle le néant du zéro, néant innommé, et  qui fait pendant au Tout intégré en une individualité réalisée du XXI. Tandis que Le Monde représente l’Individu qui a tout en lui en une intégration parfaite, le Mat représente l’individualité qui n’est encore aucunement unifiée. C’est une pure potentialité qui part dans tous les sens, comme le montre le vêtement bariolé du Mat.

Dans le jeu de tarot qu’est aussi, ne l’oublions jamais, le Tarot de Marseille, Le Mat est « l’excuse » des joueurs et pour citer Court de Gébelin, qui témoigna de son rôle au sein du jeu de société qu’il découvrait : « Le Fou ne prend rien, rien ne le prend ». Aucune Carte n’a de prise sur lui. Il glisse en quelque sorte entre les mains de l’adversaire qui ne peut se l’approprier, car, hormis dans la dernière levée, il revient toujours à son propriétaire initial. Si un adversaire gagne le pli dans lequel se trouve l’excuse, celle-ci est en effet remplacée, à la volonté de son possesseur, par n’importe quelle Carte dont il voudrait se débarrasser. D’où son appellation, dans le Tarot moderne, par le terme de « mandoline » par référence au chanteur napolitain qui accompagne ses sérénades amoureuses de cet instrument de musique : le Mat exprime par là son pouvoir de narguer l’adversaire. L’excuse n’est pas dès lors sans rapport avec le Joker qui appartient aux jeux américains plus tardifs où il figure une sorte d’arlequin ou bouffon rieur qui change de valeur en fonction des besoins du joueur.

De ce fait, dans les calculs tarologiques, il représente toujours le zéro qui renvoie, en miroir, chaque carte à elle-même. Tirer une Papesse et Le Mat, outre les  significations précises de ces Cartes très différentes (immobilité – mouvement, vivre caché – vivre sans toit, féminité passive et réceptive – masculinité active et émissive, etc.) renvoie, par calcul, à la nécessité absolue de prendre en compte les indications de La Papesse qui se redouble en absorbant la force du Mat ; car 2 + 0 = 2. C’est comme si le Tarot nous disait que La Papesse n’ayant pas été intégrée est de nouveau sur le tapis.

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En tant que zéro, il n’a sa place nulle part, et de fait, dans la structure du Tarot, il est en dehors de tout niveau et des ensembles qui représentent la Terre et le Ciel des Atouts. Mais, en tant qu’excuse du jeu, il a potentiellement sa place partout. « Il forme Atout » explique Court de Gébelin qui ajoute « il est de toutes couleurs ». S’il forme atout, c’est qu’il n’est pas un Atout en lui-même, mais peut avoir, momentanément, cette valeur, tout comme il prend la couleur qui convient. Les joueurs le considèrent comme un honneur et non comme un Atout. Tout fol avait, en effet, sa place dans les Cours d’antan, et dans le Tarot, on l’imagine très bien divertir les Figures des quatre Couleurs par ses cabrioles et ses calembours et en même temps qu’il éclaire ses souverains, osant dire la vérité comme personne. Sa parole se révèle, de ce fait, un puissant contre-pouvoir. Prenant un ton sérieux pour dire des fadaises, et il exprime des vérités déplaisantes, mais nécessaires, sur le ton de la plaisanterie. Il embrouille apparemment les esprits et, en réalité, les éclaire. Sa seule contrainte : adopter le masque du clown pour emmener le Roi vers plus de sagesse.

le-mat-1Regardez comment se tient le personnage sur cette Carte : on le voit presque que de dos. C’est même le seul personnage central qui a cette posture où la face du corps est invisible. On  ne voit que son visage parce qu’il tourne la tête violemment vers la droite. Et la posture qu’il adopte manifeste cette distorsion de son âme : il porte son baluchon sur l’épaule qui n’est pas celle de la main qui tient le bâton de ce baluchon. Essayez donc de voyager ainsi ! Avec cette main et ce visage, on le voit se diriger vers la droite, mais l’autre main et une partie du corps semble tourner vers l’autre côté. De même que ses vêtements sont bariolés, déchirés, cousus et décousus, son âme est profondément chaotique, ce que manifeste aussi ce chat-chien qui déchire sa jambière droite. Et curieusement, la chair qu’il découvre, est blessée, griffée, marquée par l’animal qui bondit derrière Le Mat, comme si l’impulsivité du Mat le blessait lui avant tout autre. Tout est bizarre avec ce personnage qui à juste titre s’appelle aussi Le Fol.

Sur un plan tarologique, Le Mat représente le premier Atout d’avant le I, et le pont entre les Figures et le Ciel des Atouts. Alors que chacune des autres Cartes a une signification et une seule, celle qui leur est donnée par la place précise qu’elle occupe dans la hiérarchie du jeu, si l’on admet une proximité entre Le Mat et le Joker, cet Atout a une flexibilité qui le situe à la marge de tout cadre.

C’est pourquoi, il représente le marginal par excellence, celui qui se trouve sinon exclu, du moins toujours en quelque manière à côté de la communauté.

C’est, comme le montre l’illustration, un grand voyageur, l’éternel étranger, mais aussi un pèlerin. Il est idéaliste. Il lève les yeux au Ciel. Et il avance d’un grand pas, bâton à la main.

Entièrement tourné vers la droite, Le Mat est une carte qui possède une énergie très masculine, ce que corrobore la couleur rouge qu’on voit souvent sur son bâton.

Sans attache, Le Mat porte sur son dos la totalité de ses biens. D’où sa pauvreté aussi que met en avant le Triomphe Visconti Sforza. Totalement désintéressé, rien ne peut l’enfermer, car sa valeur par excellence, c’est la liberté. Aussi n’est-il pas quelqu’un qui s’engage, ni qui peut rester longtemps à la même place.

Bien évidemment que le terme de Fol indique la possibilité d’une difficulté psychologique, et la présence d’une psychopathologie. Il représente en particulier la schizophrénie qui est une pathologie par absence d’intégration des parties du psychisme et que manifeste son vêtement fait de pièces sans accords et bariolé.

(Pour la psychopathologie, La Lune indique le délire, Le Diable : la perversion, La Papesse : l’autisme, Le Pendu : le délire de persécution).

Mais le Mat a bien d’autres significations.

En tant que lié au zéro du Tarot, il désigne le néant divin et créateur qui préside secrètement à toute création et que toutes les spiritualités cherchent à atteindre par le silence intérieur et la méditation ou l’oraison. Le vide des espaces cosmiques infinis où ni le temps, ni l’espace, ni la différenciation des êtres par la fragmentation de l’être n’existe, possède en effet, et selon le physicien David Bohm, des ressources créatives inimaginables au regard de la réalité visible qui n’en serait qu’un déploiement infime. C’est à cette source que puise le génie créateur de l’artiste, de l’inventeur, du prodige.

Le Mat incarne dès lors les forces pulsionnelles de la nature, sexuelles, mais aussi créatrices ; et l’animal qui le talonne, chat ou chien, en est la représentation. Si c’est un chien, c’est la difficulté de s’intégrer que cette Carte incarne, et le fait que le conformisme lui est absolument inaccessible et ses représentants hostiles. Si c’est un chat, c’est sa propre singularité qui est ainsi représentée, et la puissance de ses intuitions. Du fait de sa marginalité, de son originalité, mais aussi de sa créativité, il représente en effet le génie créateur sous toutes ses formes artistique, scientifique, technique, etc.

EinsteinEinstein est ainsi un magnifique Mat, celui qui fait évoluer dans la rapidité toute une communauté, par la vision absolument singulière qui est la sienne, mais d’autres aussi, comme Mendel par exemple qui découvrit, en solitaire, les lois de l’hérédité qui s’imposèrent des décennies plus tard dans le monde scientifique.

Socrate, l’inventeur de la philosophie, est aussi un Mat particulièrement remarquable. Ce plus sage des hommes selon Apollon et La Pythie, sa prophétesse, est souvent apparu, aux yeux de bien de ses contemporains, comme un pauvre fou dont ils aimaient se railler. Toujours vêtu de son manteau grossier, et marchant pieds nus, il parcourait les rues d’Athènes à la recherche d’un interlocuteur avec qui dialoguer. Mais dialoguer avec Socrate, c’était une épreuve. C’était risquer de perdre tous ses repères, c’était toucher sa propre folie. C’est peu dire qu’affirmer que la rencontre avec Socrate pouvait se révéler fort désagréable. Toutes les certitudes s’effondraient et ceux qui, par exemple, se croyaient courageux, découvraient qu’ils ignorent tout du courage, ceux qui se pensaient vertueux ne savaient plus ce qu’est la vertu, etc. « Est-ce une manière de se présenter et une façon d’occuper son temps pour un homme fait ? » lui demandait Calliclès, qui lui reprochait le manque total de sérieux avec lequel, Socrate avançait,lui,  selon dans la vie. Vêtu aussi pauvrement que Le Mat du Tarot, tout aussi insaisissable, incompréhensible, ce fils de tailleur de pierre et d’une sage-femme, était pourtant l’ami des plus éminentes figures de l’aristocratie d’Athènes. Il n’appartenait à aucune classe sociale et s’adressait à tous de la même manière. Génie incontestable de son temps, il a fondé une discipline qui continue, à former la jeunesse au questionnement sur le sens de la vie humaine. Socrate fut mis à mort par des contemporains dépassés qu’ils furent par cette figure inclassable, mais il est resté dans le cœur de la Grèce comme un père spirituel inégalable et apparaît à tous comme l’un des plus grands sages de tous les temps.

Enfin, au sein de la représentation chrétienne, le Mat incarne la folie en croix, cette sage folie qui caractérise certains saints et à laquelle déjà les Évangiles font allusion. Ainsi, Jésus dans l’Évangile de Mathieu fait du fou un maître spirituel : « Si vous voulez connaître la vérité, interrogez un enfant ou un faible d’esprit » (Mt, 11, 22) . Syméon ou André et jusqu’à François d’Assise ont ainsi rejeté tous les rôles et carcans sociaux afin de dépasser les apparences et aller à l’essence mystique de la sagesse supérieure, celle qui se trouve au-delà du raisonnable.

Cette sagesse spirituelle conquise par la marginalité et la folie s’est particulièrement incarnée dans le pèlerinage qui mène à Compostelle. Aussi le Mat est-il la Carte, par excellence, du pèlerin et de tous ceux qui sont des voyageurs sans attache, mais en quête d’un trésor supérieur et spirituel.

Porteur d’un savoir secret, Le Mat  incarne enfin, particulièrement bien, l’alchimiste, ce vieux fou qui a passé sa vie à chercher l’impossible, et qui peut-être l’a trouvé en lui, l’emportant dans sa petite besace, marchant librement sous le ciel étoilé. Loin d’errer hors du centre de son être au contraire des autres hommes, il allait à l’essentiel : à la création d’un monde spirituel.

Quand Le Mat est en jeu dans un tirage taromancien, la folie, le pulsionnel, la maladie (comme désintégration holistique), l’absence d’intégration sociale et la marginalité, le fait d’être un étranger, la grande pauvreté, le nomadisme, mais aussi l’aventure, la découverte de nouveaux chemins, la créativité, l’alchimie, le génie sont potentiellement en jeu. S’il n’est pas l’Atout du divin qui est au-delà de toute représentation, il représente la source sombre, ténébreuse, chaotique, d’où tout vient, pour intervenir immédiatement dans un monde aux constructions bien ordonnées et changer la donne, en faisant surgir de nouvelles manières d’être au monde, imprévisibles au regard du passé, mais qui deviendront peut-être, demain, celles de tous les autres.

L’originalité du Mat peut en effet se révéler une originellité qui suit le chemin le plus authentique et le plus court pour aller au Monde.

A la lumière du Premier Niveau du Tarot, Le Mat renvoie de la période d’avant la conception, du membre de la famille inconnu, parti au loin, ayant coupé les ponts, s’étant marginalisé. Il parle aussi d’une personnalité très impulsive dans la famille. Parfois d’un membre ayant de gros problèmes psychiques. Il peut aussi exprimer un manque de structure familial, une famille avec des rôles non fixés, la mère devenant la fille, le père, le fils, la fille devenant la mère de ses parents, de ses frères et sœurs, etc.

IStFrancoisdassisevers11811226iconebyzantine1A la lumière du Second Niveau du Tarot, Le Mat parle d’une période de recommencement à zéro, d’un retour à la case départ, d’un départ en quittant tout, d’un déménagement, d’un changement de structure professionnel. Il parle des aliénistes, des infirmiers en hôpital psychiatrique, des médecins sans frontière, des métiers impliquant de très nombreux déplacements, l’impossibilité d’avoir un port d’attache.

A la lumière du Troisième Niveau du Tarot, Le Mat est principalement la Carte indiquant une personnalité sans intégration, un tissu moïque multiple, bigarré, et contradictoire, avec des forces pulsionnelles qui tendent à déborder. Indicateur d’une personnalité pulsionnelle incapable de se maîtriser, il peut  renvoyer à l’inceste et au viol, mais aussi au retour du refoulé, à la violence, à la colère qui déborde.

Il est aussi le signe de la perte des repères et même d’aliénation mentale.

Plus souvent, cependant, il indique simplement la marginalité et sa pauvreté extrême, la maladie, la solitude de qui est mis à l’écart de la société.

N’oublions pas que Le Mat a pour complémentaire Le Monde, l’Atout de l’intégration, et de la sociabilité. Pour être heureux, il lui faut aller sur le plus long chemin, celui qui le mènera à pouvoir enfin organiser son monde intérieur d’une manière unifiée.

A la lumière du Quatrième Niveau du Tarot, Le Mat est l’Atout du Tohu-Bohu d’avant la Création divine.

Il désigne le pèlerin,  l’alchimiste en chemin, mais aussi le génie humain.

Il est, encore,indicateur du vœux de pauvreté et de chasteté, du moine errant, de la folie en Dieu, et de saint François d’Assise et de l’ordre des franciscains.

Liliblue



Les plateformes et l’application de la loi du 6 janvier 1978 modifiée

Un droit à l’oubli numérique a été décidé à plusieurs niveaux entre l’Europe et la France. Chez nous et désormais, le site où est présente l’information dispose d’un délai légal de deux mois pour répondre à la demande de toute personne afin que soit effacée toute information, y compris bancaire, concernant le plaignant dès lors qu’il en fait la demande explicite.

En effet, en vertu des articles 34 à 38 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, toute personne physique peut en effet exiger que les données à caractère personnel soient rectifiées, complétées, mises à jour, verrouillées et même effacées.

Ayant décidé de fermer complètement mon compte sur une des plateformes où je consultais des voyants, et forte de cette information, j’ai écrit il y a quelque temps pour demander l’effacement de toute information me concernant, y compris les informations commerciales.

Mon compte n’a été, en réalité, effacé que superficiellement. Voici en effet ce que je lis quand je cherche à me connecter avec mes anciens identifiants : « Votre compte est suspendu »

La suspension d’un compte implique que le compte continue à exister. Manifestement les propriétaires de la plateforme pensent que le client va revenir et ils n’entendent pas risquer de perdre les 10mn de consultation offerte aux nouveaux consultants.

C’est d’autant plus inadmissible, que la loi protège les sites contre une fréquence trop rapprochée de demandes d’oubli. Cela signifie que la plateforme en question pourrait « perdre » au pire, une consultation de 10 mn par an ou tous les deux ans.

Une telle ladrerie n’est pas à l’honneur de la plateforme en question dont la réaction dans cette affaire me confirme combien j’ai raison de ne plus vouloir en faire usage. C’est en effet la seule plateforme que j’ai essayée qui n’offre aucune consultation gratuite à aucun moment dans l’année, ne sachant pas fidéliser correctement sa clientèle. Cette plateforme a bien d’autres défauts dont je ne parlerai pas ici, ayant résolument décidé de ne présenter que les prestations satisfaisantes.

Cette plateforme semble, en outre, ignorer qu’après un délai de deux mois, suite à ma demande, je peux contacter la CNIL afin qu’elle œuvre à forcer la plateforme à obéir à la loi. Cela n’ira pas, en outre, sans une punition financière qui peut aller jusqu’à 150 000 euros selon mes informations.

 

Liliblue

 

 

 

 



LN voyante privé et sur Avigora

LNChose promise, chose due : voici mon retour sur LN Belaroussi

 

J’ai consulté LN plusieurs fois, et la première ce fut en la contactant à son cabinet privé, par téléphone. J’avais pris la consultation la moins longue dans le temps, avec une question professionnelle. C’était en octobre 2010, en plein début d’une sombre période de harcèlement professionnel.

« – Dans votre hiérarchie, quelqu’un – votre chef – fait preuve d’immaturité, il n’est pas à sa place. Une nouvelle fait surprise, quelque chose de nouveau arrive qui n’était pas prévisible et qui change la donne. Il y a une femme dans la hiérarchie qui vous protège. Elle a lancé quelque chose auprès de la haute administration qui rétablit la justice. Un homme va prendre les choses en main, et il y aura des larmes, mais ce ne seront pas les vôtres. Tout se fait avant Noël.

- D’ici, Noël, vous faites une rencontre amoureuse importante. »

Je dois dire que cette voyance est bien supérieure, en termes de résultats, à la moyenne de 50 % de prédictions justes que j’exige pour citer le travail d’un voyant. Oui, mon chef était immature, car il privilégiait systématiquement sa maîtresse (qui travaillait sous ses ordres et qui s’est placée en rivale à mon égard). Il était, dans sa petite administration comme une sorte de Roi-Soleil qui pensait avoir tous les pouvoirs, et en a largement abusé.

Et oui, il y a eu une nouvelle qui a changé la donne, mais au moment où je téléphonais à LN, cette nouvelle était connue de moi.

Et enfin, la chef adjointe voyait tout à fait bien ce qui se passait; elle m’a apporté un soutien par-derrière et aussi a contacté la grande hiérarchie pour me protéger, et j’ai pu en avoir quelques aperçus par la suite.

En revanche, rien n’a arrêté ce type ni les malversations de la maîtresse, et s’il y a eu des larmes, c’était bien les miennes. J’ai dû renoncer à une partie de mes fonctions pour trouver la paix, et ce fut juste avant Noël que je me décidais. Sur le plan affectif, j’ai fait une rencontre importante, mais avec un gros décalage dans le temps.

Je trouve cette première expérience typique du travail de LN que j’ai consulté depuis sur Avigora trois fois. Elle a parfaitement vu quel type de livre j’allais écrire plus d’un an avant qu’on me propose ce travail. Récemment, elle a décrit l’ambiance de travail qui est la mienne actuellement et les personnes qui m’entourent. Sur le plan affectif, ses prédictions par contre sont très décalées dans le temps. Pour moi, LN est une très bonne voyante et Avigora a de la chance de l’avoir parmi ses prestataires. Je regrette juste qu’il ne soit pas  toujours facile de l’avoir en cabinet privé, où elle pratique des tarifs bien plus raisonnables que la moyenne.

Retour sur l’année 2016

En février 2016, j’ai pris une voyance complète avec LN. Cette voyance complète cerne chaque mois, et fait la prédiction d’un événement ou deux qui marquent la période. 

Février-avril : deux prédictions. Réussite : 100%

Mars et avril : une prédiction précise. Réussite : 100%

Avril et mai : deux prédictions précises sur le plan professionnel : une réussie, l’autre non. Réussite à 50%

Mai-Juin : une prédiction à moitié réalisée. Réussite à 50%

Juin-Juillet : une prédiction qui ne s’est pas réalisée (mais qui aurait pu, je n’ai simplement pas compris l’importance de ce qui se passait et n’ai pas fait les démarches voulues). Réussite : 50% (car la réalisation s’est faite deux mois plus tard).

Aout-septembre : trois prédictions, deux de réalisées (66% de réussite)

septembre-décembre : trois prédictions, une de réalisée (33% de réussite). 

 LN est vraiment une voyante remarquable et son travail est précieux pour baliser la temporalité d’une année. Incontestablement, plus le temps s’éloigne, moins il est facile de déterminer des dates de prédictions précises. Bien des choses vues par LN pour la fin de l’année 2016, se retrouvent dans la consultation de 2017.

 



Prédictions pour la France (2016)

 

Prédictions pour la France (2016)

 

Il est fréquent de faire en janvier, dans le monde de la voyance, des prédictions pour l’année qui vient. Consacrant à la coutume, je vous offre un tirage pour la France du tarot Rider. C’est un tirage en trois cartes (présent et état d’esprit, évolution dans l’année puis, l’orientation vers le futur ).

Voici mon tirage :

 

  RWS_Tarot_10_roue de_Fortune                     Rider-7-Bâton                   RWS_Tarot_09_Hermit  

Roue de la Fortune,                     7 de Bâton                               L’Hermite

pour la situation présente       pour le vécu dans l’année          pour l’évolution future

 

Premier niveau d’interprétation :

- La situation présente : La Roue de Fortune est le dernier Atout de la Terre.

 Roue-de-fortune

La Roue de Fortune représente le seuil du Ciel, et ce seuil est gardé, non par un sphinx comme souvent on le croit (et comme le Rider l’a présenté), mais par une Sphinge qui surplombe la roue de la temporalité.

La Sphinge est un animal mythologique qui est bien connu et dont la symbolique est très différente du Sphinx qui appartient à l’imaginaire égyptien et incarne la notion de mystère sacré. La Sphinge est propre à la tragédie grecque. Elle est l’animal qui tient la ville de Thèbes sous sa coupe, et que rencontre Œdipe à son retour vers sa ville natale, bien qu’il ignore qu’il est thébain de naissance. Elle est un gardien du seuil, il faut l’affronter pour pouvoir entrer. La question qu’elle pose à Œdipe mêle temporalité et humanisation. Cette question est bien connue, son sens réel l’est moins : qu’est-ce qui commence avec quatre pattes , marche sur deux dans la maturité, et avec trois lors de la vieillesse ? On ne naît pas homme, on commence sa vie proche de l’animal, avec des pulsions et des instincts, ce que symbolise le fait de marcher à quatre pattes. On ne devient un être humain qu’en se verticalisant: les pieds enracinés dans le sol, et la tête vers le ciel. Mais le but de la vie n’est pas seulement d’être un être humain. Il s’agit d’être un sage, et le bâton de vieillesse du troisième âge, est celui du Passeur, du sage, de l’Enseignant, du berger.

Sur la Roue de Fortune, il n’y a pas d’êtres humains. Il n’y a que des animaux, mais ces animaux sont en habits. Elle indique qu’on peut être socialement inséré, si cette sociabilisation que représente l’habit aboutit au conformisme, aux comportements égoïstes, mécanistes, on reste fondamentalement semblables aux animaux. Cette Roue du temps montre l’éternel retour du premier grand Niveau du Tarot, celui de la Terre. Si l’on n’est pas capable de se verticaliser, c’est-à-dire de se spiritualiser, malgré l’apparence, le temps reste figé, aucune évolution fondamentale n’est en jeu. On est dans la répétition du même, obéissant à une apparente temporalité, celle des cycles perpétuels de la nature.

La Sphinge, tout en haut de la Roue invite à élever le regard. Alors, la Roue ne tournera plus de droite à gauche, ce qui est son mouvement naturel, mais de gauche à droite, ce qui correspond au mouvement initiatique, quand on va de l’extraversion vers l’introversion, du masculin agressif au féminin compassionnel.

Sur un plan prédictif, cet Atout X annonce toujours une accélération du destin et une période qui est un seuil à franchir, sous peine d’un retour en arrière qui sera une involution. L’Atout X désigne donc une période très importante, car il se propose d’être le seuil d’une nouvelle ère, beaucoup plus heureuse, pourvu qu’on fasse l’effort d’être des êtres humains véritables, dans la verticalité de l’éthique.

Rider-7-Bâton- Le vécu de l’année 2016 : le 7 de Bâton, un soldat bien seul en face de ses ennemis

Le Rider permet de comprendre aisément la symbolique du 7 de Bâton : sous l’égide de L’Étoile mais aussi et particulièrement du Chariot, le 7 de Bâton est un chevalier, un guerrier dévoué à sa patrie et qui est confronté à de nombreux ennemis. Il est en hauteur car son idéal est élevé, bien plus que celui de ses ennemis qui sont en contrebas.  Et il fait dos à un précipice dans lequel il tombera s’il ne prend pas garde.

Il s’agit d’abord d’un bâton : la France sera essentiellement concentrée sur des questions sociétales et militaires.

Le sept de Bâton est la carte du chevalier solitaire, du héros incompris, du champion qui risque tout, y compris sa réputation, pour défendre ses idéaux. C’est aussi, parfois, un don Quichotte, qui se bât contre des moulins à vent et des chimères.

Sur un plan prédictif, cette carte annonce une période de problèmes en cascade (les nombreux ennemis). Elle annonce une grande solitude, et il semble bien que la France ne pourra pas compter sur beaucoup d’alliés pour résoudre ses problèmes. Néanmoins, on voit un idéal élevé la maintenir face à ces ennemis, car elle trouve des ressources d’héroïsme et de foi. Le risque est d’un effondrement est réel, il lui faut maintenir une vigilance à toute épreuve.

- Orientation de la France à partir du vécu de l’année 2016 : L’Hermite, un sage éclairant le monde de sa petite lanterne

RWS_Tarot_09_HermitL’Hermite ne regarde pas en avant, dans le temps, il n’est pas tourné vers le futur, mais vers le passé qu’il éclaire de sa lanterne. Il est un être introspectif plus qu’un actif. Il est aussi un passeur d’âme, un berger, un leader non par la force mais par sa sagesse. Bien évidemment, L’Hermite a d’autres significations, notamment celle de la vieillesse et de la solitude. Mais on aurait tort de voir dans cette solitude une manière d’être propre. La solitude est celle d’une individualité forte, qui pense par elle-même. Elle se situe sur les sommets de la pensée, comme le représente le Rider. Mais le but est d’éclairer le monde. Cet éclairage est celui de l’être humain et non du divin. Ce qu’atteint L’Hermite, ce n’est pas la vérité spirituelle de l’homme, qui implique une reliance au Ciel, mais la plus haute sagesse des hommes.

Sur un plan prédictif, il semble que la France soit actuellement le laboratoire du monde et que son expérience va servir à éclairer le chemin d’une humanité un peu perdue. Là encore beaucoup de solitude et un leadership qui n’est pas fondé sur la puissance, mais sur la mise en lumière de toute la sagesse des hommes.

 

Second niveau d’interprétation :

Puisque ce tirage contient deux Atouts, il convient de rechercher les cartes cachées. Ainsi, ce qui ressort de cette mise en relation de la Roue de Fortune et de L’Hermite (par addition), c’est Le Soleil.

19-soleil

 

Nous voyons qu’une interprétation positive de cette carte occulte, selon l’interprétation du tarot de Bruno de Nys et issue de la confrontation des deux Atouts du tirage, fait ressortir la haute spiritualité de la France, avec l’égalité fondamentale de enfants, avec la solidarité, la chaleur des sentiments. En négatif, on peut y voir une sècheresse, un incendie, une haine fratricide.

Pour arriver à ce Soleil du Tarot, il faut en passer par La Force : la maîtrise des pulsions, des instincts, beaucoup de courage et en négatif (ce qu’il faut éviter), la violence, la guerre, la brutalité. Ainsi que par la Roue de Fortune encore, avec ce franchissement du seuil, ce changement de niveau nécessaire et qui pourrait ne jamais se faire.

 

21-monde Si je monte encore, un étage, tout en haut se trouve Le Monde, c’est-à-dire la carte la plus intégrative qui soit. Pour cela, il faudra à la fois de la réconciliation, des dialogues, une place faite aux religions (Le Pape), mais aussi l’ordre, un État fort et responsable (L’Empereur). Avec en risque, un retour vers le conformisme religieux (Le Pape) et un État totalitaire (L’Empereur).

La Carte occulte négative (obtenue par soustraction et qui représente le danger, la difficulté majeure et l’obstacle peut-être insurmontable) c’est Le Bateleur : attention à la jeunesse. C’est elle qui se radicalise, c’est elle qui est sensible aux dérives sectaires. J’ajoute cependant que, si on en croit, ce tirage, ce danger va aller en décroissant au cours de l’année (le Bateleur est issue d’une soustraction du second Atout au premier).  bateleur

Si je veux explorer ce chemin négatif, j’obtiens que si la jeunesse est à ce point troublée, c’est par manque d’enracinement dans les figures paternelles ancestrales (L’Hermite est manquant). La jeunesse manque de repères, de modèles paternels mais surtout grand-paternels. D’autre part, La Justice ne fonctionne plus (manque de l’Atout VIII). Il y a un manque de rigueurs dans la relation à la jeunesse et un manque aussi de la figure intégrative féminine c’est-à-dire de modèles féminins investis dans la société.

 

Pour conclure, je dirais que beaucoup de choses pèsent sur la France en ce moment, et pas moins qu’un certain espoir du monde.



Exagérations, amplifications et voyance

11nov2001Nous avons la chance, en France, d’avoir l’une des meilleures voyantes du monde, Maud Kristen, qui s’est prêtée à de multiples expériences scientifiques pour prouver l’existence d’aptitudes paranormales de télépathie et de voyance.

En 1992, interrogée par une journaliste de Marie-Claire, elle a fait des prédictions mondiales pour les trois décennies à venir (et qu’on peut retrouver sur son blog : www.maudkristen.com)

Voici, par exemple ce qu’elle disait :

« Les sociétés de type américaines vont vers une issue dramatique… Pourquoi je vous le dis avec autant d’assurance ? Parce qu’il y a 5 ans, un ami qui rentrait des États Unis, me montre une photo de lui sur fond de Building. Je sors de la pièce pour faire du thé, et, lorsque je reviens, je regarde à nouveau cette photo et vois la même image avec des buildings effondrés, tous détruits… » (…)

On devrait avoir peur de l’Asie. L’autre jour, j’étais dans le métro et à côté de moi il y avait un jeune Asiatique. Je lisais et j’ai été interpellée par ses vibrations. J’ai senti à quel point il était déterminé, à quel point sa pensée était linéaire et guerrière. (…)

Et le Japon ? (… ) Ça va très mal pour eux. Ils vont se faire hara-kiri. (…)

L’Afrique ? Je pense qu’ils vont être complètement décimés, les malheureux. Un continent sauvage, j’en ai peur. Sida, famine, catastrophe écologique. «

Certes, le Japon a connu des catastrophes écologiques, en particulier l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima ; et certes, le Japon qui était alors perçu par les USA comme leur plus grand rival, est ensuite entré dans une forme de récession dont ils ne sont pas sortis. Mais en aucun cas les Japonais ne se sont fait hara-kiri, en aucun cas le Japon a été rayé de la carte mondiale.

Et il en est de même pour l’Afrique qui a connu de grands malheurs : le massacre des Tutsi au Rwanda, le développement du sida qui reste extrêmement préoccupant en Afrique, et de même l’Afrique représente sans doute le continent le plus affecté par le réchauffement climatique, mais les Africains ne sont pas “complètement décimés”.

Quant aux pays asiatiques et de manière plus précise à la Chine, il semble qu’il soit devenu un partenaire économique très exigeant, et que les Chinois soient déterminés à obtenir une partie de la richesse mondiale qu’ils ont déjà grandement accumulée, mais la guerre qu’ils opposent aux Occidentaux n’est clairement qu’économique, pour le moment du moins.

Enfin, les USA ont connu ce terrible épisode du 11 septembre 2001 et leur civilisation fondée sur la production et la consommation de masse doit désormais tenir compte des exigences écologiques et s’adapter en conséquence, mais elle ne s’est pas effondrée.

Je trouve que nous avons là un exemple typique de cette exagération et cette amplification que représente toujours l’information de la voyance, dans le pire en ce qui concerne les prédictions mondiales, souvent dans le meilleur en ce qui concerne la vie des individus, mais pas toujours. J’ai personnellement été affolée par certaines prédictions professionnelles qui se sont révélées très amplifiées.

Quand un voyant vous dit : “vous allez rencontrer une femme formidable avec elle vous serez en harmonie comme jamais vous ne l’avez été”, “votre vie va connaître un changement à 180 degrés”, “vous allez publier votre livre qui sera traduit dans plusieurs langues” etc., il est nécessaire de faire un travail de relativisation. Rien n’est jamais simple, rien n’est jamais aussi extraordinaire, ni rien n’est aussi terrible que les voyants vous le disent.

Pourquoi cette exagération ? N’oubliez pas la part d’imagination qu’est dans le travail de la voyance. Qui ne serait pas, émotionnellement engagé, en voyant des buildings s’effondrer ? Forcément Maud Kristen en a conclu à la disparition d’une civilisation.

Dans la réalité, les USA ont été confrontés au terrorisme islamiste et non à la violente colère des pays arabes dans leur ensemble, et ce terrorisme islamiste s’en prend en premier aux populations arabo-musulmanes et aux populations chrétiennes et d’autres confessions religieuses qui se trouvent sur le sol des pays majoritairement musulmans.

La prédiction de Maud Kristen se révèle donc totalement fausse en ce qui concerne cet effondrement des USA, bien que l’image qu’elle ait perçu soit étonnamment juste et confirme si besoin en était l’existence de la capacité humaine à percevoir des images du futur.

Dites-vous qu’il en sera de même pour toute voyance personnelle.

Vérité des images, fausseté des interprétations qui vient de ce que celles-ci se font à la lumière d’un présent et d’un vécu qui ne sont pas ceux du futur et par un type de conscience fortement imaginatif qui tend à l’exagération émotionnelle des informations reçues et à leur traduction par une interprétation empreinte de cette émotion.

 

PS : Pour ceux qui ont besoin de se rassurer, en ce qui concerne un avenir plus lointain, et avec les anciennes prédictions de Maud Kristen voici celles que je trouve les plus intéressantes

« Et la paix dans le monde, c’est pour quand ? (…) Pour ceux qui naissent aujourd’hui . Mais avant, ça va péter partout ! Mais pas la guerre atomique, pas la planète qui explose. Non, pas du tout. Je ne vois pas de guerre atomique ou mondiale , non. Mais on entre pas non plus dans une période de calme. J’ai peur qu’avant cet âge de grâce de la génération qui vient, qui aura à inventer un type de société différente, on connaisse la barbarie. Je redoute une période de barbarie. Même ici, chez nous.(…) Des luttes épouvantables, des combats de rue, une décadence grave…(…)  Pendant dix, quinze ans, je vois une période de creux , ça va péter très fort et après on va remonter. L’an 2000 va être dur, avec des problèmes sociaux, moraux . »

 



Maud Kristen et ses prédictions du 18 juin 2014

Maud-KristenVoici ce  que publie Maud Kristen sur You Tube, le 18 juin 2014  :

https://www.youtube.com/watch?v=2UbPsjuoKvA

 

Je me permets de retranscrire son texte :

Bonjour,

Nous sommes le 18 juin 2014 et vous êtes de plus en plus nombreux à me demander des prédictions.
J’ai longtemps hésité à répondre à cette demande, nous verrons pourquoi, mais aujourd’hui la situation m’y décide, car beaucoup d’entre vous pressentent, à travers les sentiments de pesanteur qui ne les quittent plus, quoi qu’ils entreprennent et quelle que soit leur place, même privilégiée, au sein de la société, que la situation actuelle n’est pas une crise ordinaire mais bien un basculement majeur.

C’est à tous ces plexus en alerte qui me contactent pour en savoir un peu plus que je décide de m’adresser aujourd’hui. Et si ce que j’ai à leur dire ne sera pas en mesure de les rassurer, ils se sentiront peut-être un peu moins isolés lorsque leur entourage les jugera pessimistes.

Soyons bien clairs. Il y a toutes les prédictions que je ne ferai pas. D’abord parce qu’une voyante n’est évidemment pas un prophète, et n’est nullement capable de décrire le futur complet d’un pays ou du monde, en datant les événements dans un ordre chronologique comme dans un livre d’histoire.

Ensuite, parce que depuis plus de 20 ans maintenant, je n’accepte jamais de participer aux prédictions habituelles de voyance, qui contribuent, par leur caractère divertissant, à l’opération de prestidigitation générale destinée à nous éloigner des problèmes essentiels qui maintenant nous menacent.

Il y a dix ans maintenant, à l’occasion du tournage d’un documentaire, j’ai eu l’immense honneur d’être reçue à Dharamsala par l’oracle de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, et j’ai découvert comment d’autres cultures intégraient les paroles des oracles à des prises de décision collectives.

Hélas, il n’est un secret pour personne que les politiques consultent à titre personnel des voyants, aucun d’entre eux aujourd’hui — même s’ils pourraient peut-être avouer en privé que le scénario qui va suivre est plausible — ne serait en mesure de prendre la moindre décision pour l’éviter puisque tous sont devenus les obligés d’intérêts financiers supérieurs indifférents au sort du plus grand nombre.

C’est cette tradition tibétaine qui inspire ma démarche et me pousse à livrer à ceux qui se questionnent ce que les hommes d’États, à la différence du Dalaï-Lama, ne peuvent, ou veulent plus savoir, mais qui concerne pourtant la vie de tous.

Il y a un quart de siècle maintenant, en 1992, dans une interview destinée à un journal féminin, j’avais accepté de parler de l’évolution du monde en me basant sur mes ressentis et quelques flashs persistants sur l’avenir de la planète.

Le cadre de cet article était de comparer mes visions avec les analyses d’Alvin Toffler, un des futurologues américains les plus célèbres de notre temps, à travers un match amical.

J’avais donc confié à Hélène Marguerite, du journal Marie-Claire, des visions qui m’étonnaient moi-même, sans savoir qu’elles décriraient les attentats du 11 septembre dix années plus tard. L’histoire a, depuis, confirmé l’essentiel des évolutions mondiales que j’avais pressenties.

En 1994, dans mon livre Fille des étoiles, j’avais également évoqué une explosion gigantesque dans le ciel de New York faisant de nombreux morts, et décrit d’autres scènes catastrophiques touchant cette fois la France, visions qui n’avaient pas manqué d’amuser car nous étions en 1994 et que rien ne laissait présager la situation dans laquelle sera la France aujourd’hui. Or, si ces événements ne se sont pas encore produits en France, je sens que nous entrons, maintenant, dans le cycle qui permettrait leur avènement.

Soyons clairs. Le but de ce communiqué n’est pas de répandre la panique mais d’inviter à chacun de s’organiser progressivement, en ayant le temps nécessaire pour privilégier certains choix plutôt que d’autres, ou, pour ceux qui y aspirent vraiment de programmer sereinement des virages à 180 degrés.

Il n’est pas question de s’affoler ou de baisser les bras, juste d’élargir l’horizon de ces possibles.

Vous l’avez compris, je ne fais pas partie de ceux qui croient que l’homme trouvera toujours une solution aux problèmes écologiques qu’il engendre, ni qu’un Âge d’Or soit déjà en train de se préparer, avec la pensée positive comme seule arme pour repousser les radiations nucléaires de Fukushima et du Japon, qui, si mes rêves, plutôt mes cauchemars devaient s’avérer prémonitoires, devraient plonger Tokyo dans un immense chaos.

Il m’est hélas impossible de dater précisément les visions qui vont suivre, comme n’importe quelles visions d’ailleurs. Les spécialistes de la parapsychologie savent que les flash de voyance, s’ils peuvent avoir une précision chirurgicale, sont comme les morceaux d’un puzzle ou d’un rébus dont la cohérence générale ne se dévoile hélas, clairement, qu’a posteriori.

Mais la fréquence et l’intensité de ceux-ci permet toutefois d’augurer de la nature d’une situation. Des visions récurrentes d’explosions, de foules en colère, d’incendies, et de violences urbaines en France ne peuvent pas présager des manifestations ordinaires.

Une chose est pour moi certaine: les déséquilibres climatiques, écologiques, économiques se succéderont mondialement à un rythme de plus en plus rapproché. Et si la prochaine décennie verra triompher en France, et aujourd’hui sans surprise, les idées nationalistes, nous entrerons dans une crise qui dépassera largement les frontières de l’hexagone et ne pourra être résolue par une politique nationale quels que soient les dirigeants mis en place et leurs promesses.

En France, dans la décennie à venir, un État tout puissant avec sa dette irremboursable s’arrogera le droit de puiser dans les biens des particuliers, restreindra les libertés individuelles, pratiquera une censure de plus en plus grande, y compris sur internet, tout en se montrant incapable d’endiguer durablement un chômage croissant, ni les problèmes sociaux qui en seront la conséquence.

Depuis plusieurs années maintenant, je mets en garde ceux qui me consultent contre des risques de confiscation de leur bien ou l’interdiction d’en disposer comme bon leur semblera dans l’hexagone.

Je sens aussi des risques d’explosion du système financier qui mettront en péril les plus fragiles. Durant ces trois dernières années, j’ai eu de nombreuses visions d’émeutes à Paris, mais aussi dans certaines grandes villes comme Lyon, Marseille, Lille et bien d’autres, qui entraineront une forte répression et la mise en place de méthodes de surveillance qui offenseront, j’en ai peur, tous les principes de la démocratie.

En traversant par hasard certains lieux, comme des hôpitaux, des écoles, j’ai parfois vu des images qui me laissaient craindre une grave dégradation des services publics. Dans d’autres lieux, notamment des gares, et aussi leurs abords, j’ai vu un nombre croissant de sans-logis qui erraient là, sans protection, et sans secours.

Paradoxalement, une France mythique, elle, continuera de vivre dans l’imaginaire des étrangers, qui adoreront toujours la tour Eiffel, nos grands auteurs, nos vins et nos fromages, pendant que l’ensemble de la population sera prisonnière d’une situation qui, si les images qui me traversent devraient s’avérer justes, ne sera pas très éloignée de celle que subit la Grèce aujourd’hui.

Nombreux sont déjà ceux et celles qui à des postes de responsabilité, pressentent ce déclin inéluctable, et devront peut-être, pour la première fois de leur vie, réagir, et se désolidariser d’un système qui détruit les océans, déforeste l’Amazonie, précarise les classes moyennes des pays les plus développés et affame les populations des pays les plus pauvres.

Quelle que soit notre nationalité, notre couleur de peau, notre religion ou notre métier, la majeure partie d’entre nous aspire à la paix, à la sécurité, et à un avenir meilleur pour les enfants que nous avons mis au monde, ainsi qu’à la poursuite des progrès scientifiques et la mise en place des libertés individuelles qui ont transformé la vie des hommes et des femmes en un siècle.

Hélas, il semble que des gouvernances d’irresponsables en aient décidé autrement. Dans les décennies à venir, la désobéissance ne sera plus comme autrefois le fait de quelques uns, mais le gage de notre survie à tous.

Non, il n’y aura ni reprise économique, ni retour en arrière au temps des trente glorieuses, ni réparation de l’ascenseur social, mais la nécessité d’accepter que le monde d’avant se déconstruise, définitivement.

Chacun de nous devra bientôt réfléchir à une stratégie individuelle destinée à passer la crise le mieux possible. Avant que n’arrive l’heure, hélas plus lointaine, de reconstruire un monde dans lequel chacun pourra trouver sa place.

Que faire alors, et pourquoi vouloir vous avertir de dangers imminents alors qu’ils semblent maintenant inéluctables. Parce que ma pratique m’a permis d’acquérir la certitude qu’un danger annoncé élimine l’effet de surprise, anticipe les désillusions inévitables, tant que un plan individuel que collectif. Si mon métier m’a donné l’occasion de pouvoir avertir ceux et celles qui me consultent, j’ai considéré aujourd’hui que ces informations qui me traversaient appartenaient, au fond, à tous.

Nous avons chacun, dans nos vies personnelles, des ressources, des savoir-faire, des trésors d’ingéniosité, de volonté et de résilience, qu’il va nous falloir bientôt convoquer. Je n’ai hélas aucune recette miracle applicable à chacun, tant les situations personnelles diffèrent. Certains comme moi choisiront de quitter la France, d’autres sauront s’adapter, et s’engager sur des chemins qui leur permettront également de passer le cap sans difficultés majeures.

Mais certaines pratiques de prévoyance, elles, seront valables pour tous. Le moment est venu d’imaginer, sans affolement, et avec un peu de temps encore pour y réfléchir, un monde dans lequel il sera bon d’avoir, par sécurité, sur le toit de son immeuble ou dans son jardin, un carré de terre, dans lequel faire pousser de quoi se nourrir, ou mieux encore, un lieu, hors de la ville, pour s’abriter et se chauffer en toute autonomie, en réinventant des savoir-faire domestiques simples pour ne pas se laisser surprendre par la vague.

Mais ce changement de société apportera aussi son lot de transformations positives, comme des découvertes en matière d’énergie, d’habitat, une généralisation du développement personnel et de ses apports, l’intégration des médecines traditionnelles, l’avènement de nouveaux liens sociaux comme antidotes à la barbarie. Pour ceux qui l’auront préparé, vivre autrement sera parfois vivre mieux.

A la différence des démonstrations de voyance que j’ai parfois faites dans différents médias, cette vidéo n’a pas davantage de prouver l’existence de la voyance, que Paul Crutzen ou Mario Molina n’ont voulu épater quiconque en matière de chimie lorsqu’ils ont décidé comme 18 autres prix Nobel et une quarantaine de scientifiques d’alerter les dirigeants du monde entier sur l’irréversibilité d’un péril écologique. C’était durant le Symposium pour un Développement Durable, qui se tenait à Stockholm en mai 2011, il semble que leurs conseils pour éviter le pire, n’ait toujours pas été, 4 ans plus tard, été pris au sérieux par les gouvernants du monde entier. De nombreux autres experts scientifiques, hélas, ne peuvent pas s’exprimer sans représailles.

Comme la pratique qui est la mienne depuis maintenant 27 années, ne s’enseigne pas à l’université, et n’est au service d’aucun lobby en particulier, j’ai, pour ma part, le privilège de ne devoir rendre compte qu’à ma conscience.

Je souhaite à chacun d’entre vous de pouvoir accueillir cette vidéo comme l’opportunité de faire confiance à leur petite voix intérieure, si mes visions devaient résonner avec elle le jour où elle leur soufflerait la même chose à l’oreille. Je demande par avance, à ceux qu’elle pourra offenser, de m’en excuser. Merci de votre écoute.

Maud Kristen

 

Maud Kristen, en 2014, fait ce nouvel Appel aux Français, en commémoration sans doute à l’Appel du 18 juin 1940 du Général de Gaule et qui avait fait naître une France libre et résistante. C’est dire la mesure du sentiment qu’a eu cette grande voyante française de l’urgence et de la gravité historique de son message. Le recul d’un an et demi nous permettent de commencer à juger de la valeur de ces prédictions nationales et internationales de Maud Kristen. Je trouve, pour ma part, ces prédictions, par delà un caractère catastrophique induisant une inquiétude dont on aimerait être préservé, assez caractéristiques de ce que la voyance peut apporter, mais aussi de ses limites.

Depuis ce mois de juin 2014, personne n’ignore les événements qui ont tragiquement traversé notre histoire : le 7 janvier 2015, une série d’attentats visait la rédaction du journal Charlie Hebdo, assassinant 12 personnes et en blessant 11 autres. Le lendemain, une supérette kashere était attaquée et quatre personnes tuées, ainsi qu’une policière municipale. Le 13 novembre 2015, le Paris sportif et artistique subissait une vague de terrorisme sans précédent : le bilan fait état de 129 morts. L’état d’urgence fut alors décidé par le président Hollande qui demanda ensuite une révision de la Constitution française en vue de la légalisation de son prolongement dans le temps. Les élections régionales de décembre 2015 ont enfin montré une poussée, elle aussi sans précédent, du FN, parti nationaliste d’extrême droite, bien que les manœuvres du PS ont bloqué l’installation au pouvoir du FN dans les régions, par les désistements des représentants du parti socialiste.

A l’heure actuelle, on peut dire que Maud Kristen a bien perçu l’entrée de la France dans une période de grandes difficultés politiques et sociales. Mais rien n’a été dit de la cause réelle de cette entrée, rien sur le terrorisme salafiste, ni rien non plus sur l’échec final du FN en 2015 du moins.

Certes l’état d’urgence décidé par le gouvernement français restreint les libertés fondamentales de notre démocratie, mais le fondement de ces restrictions dans le terrorisme islamiste n’a pas été vu.

D’autre part Maud Kristen n’a rien vu non plus de ces événements majeurs de 2015 que représente d’une part l’immense élan de solidarité que le monde entier a exprimé aux victimes françaises, démontrant à quel point le monde entier est attaché à ce que la France a apporté au monde, aux Lumières,  à son histoire et pas seulement à son folklore comme Maud Kristen l’évoque.

Rien n’a été dit non plus de la Cop21 qui, peut-être, changera le cours de l’histoire en permettant à des mesures réelles d’infléchir le destin néfaste que certains annonçaient comme inéluctable en matière de climat.

Rien enfin n’a été dit sur le fait, souligné partout dans le monde, qu’aucune guerre civile n’est déclenchée par les attentats, ni à quel point les Français dits de souche ou encore de confession chrétienne ou athées sont attachés à leurs compatriotes musulmans, quand bien même, avec  eux, ils questionnent l’Islam et la responsabilité des textes religieux dans ces attentats, mais aussi les responsabilités nationales en matière d’inégalité et d’éducation.

La voyance ressent des choses, voit certains aspects du futur, mais les projections qu’à partir des images vues, les voyants et consultants font, sont presque toujours fausses.

Maud Kristen a depuis quitté la France, se mettant elle et ses biens à l’abri de la catastrophe qui devait déferler sur les Français…

Cette catastrophe n’est pas peut-être pas, à l’heure actuelle, évitée, mais il semble que des réserves d’intelligence, de résilience et de générosité qui ont aussi poids en matière de vie collective seront, peut-être, en mesure de limiter le pire. On ne peut que l’espérer avec ferveur.

Liliblue

 

 

 

 



Estelle Médium Spirit

 Estelle-médium

J’ai connu Estelle du site EstelleMédiumSpirit.com par l’intermédiaire d’Ebay où elle s’appelait alors « Estellec ». Elle fait partie des  bonnes voyantes que j’ai consultées car elle n’a pas seulement des flashs qui se révèlent vrais après-coup, ses flashs ne sont pas donnés dans le désordre et en dehors de tout questionnement. Les deux fois où je l’ai consultée, elle a  répondu à mes questions, sans dérapage par imagination. Ses voyances sont donc développées ou non, en fonction de ce qu’elle voit. 

PREMIÈRE VOYANCE

Tout début 2011, je la consulte au sujet du professionnel. Ceux qui suivent ce blog savent qu’alors je subissais un harcèlement dans le travail de la part de mon chef et de sa maîtresse qui était aussi ma collègue et nous positionnais en situation de rivales.

« Le lieu de vie ne ne vous convient plus. Vous allez changer de chemin professionnel, mais une certaine vigilance devra être conservée par la suite. Dans votre milieu professionnel actuel, un homme et une femme sont en jeu dans vos difficultés. Mais ils ne sont pas d’accord entre eux à votre sujet. L’un est beaucoup plus dur que l’autre. Je vous vois partir. Aller ailleurs.

Pour la publication de votre livre, cela va prendre du temps, au moins deux ans. Ce n’est pas simple. A un moment donné, je vois trois personnes vous aider, une femme et deux hommes. Il y a alors un accomplissement, un nouveau départ.« 

Je dois dire que tout fut vrai, sauf peut-être cette distinction entre les deux personnages dans leur animosité. Je n’ai jamais pu vérifier cela. Il y a bien eu publication avec une aide de deux hommes et d’une femme, mais 4 ans plus tard et ce fut compliqué.

SECONDE VOYANCE

Bien que cette voyance n’est pas encore complètement accomplie, je dois dire qu’elle fut encore, dans son début, frappante de vérité. En 2014, j’avais déménagé. Et je n’avais pas encore vendu ma maison. J’interroge Estelle sur l’avenir pro. Mais elle revient sur le lieu d’habitat et insiste.

« Tant que la maison n’est pas vendue, tout est bloqué. Pour que l’énergie professionnelle s’épanouisse, il faut que cette vente se fasse, elle se fera dans l’été, celui de 2014 ou celui de 2015. »

La suite de la voyance est intime et dès lors je n’en parlerai pas. Mais je dois dire que ma vie a pris un tournant radical avec cette vente qui a eu lieu dans l’été 2015.

Liliblue

 



Erreur sur la personne

projection-tarot-zenL’une des erreurs faites par les voyants les plus dommageables pour le consultant c’est l’erreur sur la personne.

Dans les années 1990, j’avais une cartomancienne de quartier qui m’avait été recommandée par des copines, car elle avait, selon elles, un don incontestable pour prévoir l’avenir. A l’époque, j’habitais Nouméa, et je rentrais en métropole tous les ans, et c’est en métropole que j’avais entendu parler de cette cartomancienne chez qui je suis allée lors d’une visite à ma famille.

Je suis allée la voir pour une consultation sur ma relation amoureuse. Je sortais alors avec un homme qui me semblait peu fiable et qui s’appelait Max. C’était notoirement un donjuan et bien que ses amis m’affirmaient qu’il s’était rangé, je n’y croyais pas.

Parallèlement, j’étais restée amie proche de mon ex, Antoine, un homme sérieux, stable, mais profondément dépressif, de qui je m’étais séparée après des années à essayer de l’aider, préférant la posture d’amie, moins épuisante, que celle de compagne. Antoine n’était plus du tout en course dans mon esprit de l’époque, et s’il est vrai qu’il faisait toujours partie de ma vie, c’était au milieu de beaucoup d’autres personnes.

J’arrive donc chez la cartomancienne qui me reçoit dans sa cuisine et me demande, 50 francs pour la consultation (difficile d’imaginer que 50 francs de l’époque vaudraient aujourd’hui 7 euros; avec 50 frcs on se payait un très bon repas complet au resto, à vu de nez je dirais que sa voyance valait quelque chose comme l’équivalent de 25 euros ou 30 peut-être, mais pas plus). Je la paie, et lui demande de me dire ce que Max éprouve pour moi. Sa voyance me parut très farfelue.

Elle me parla de mon amoureux comme d’un jeune homme solitaire, très inquiet pour sa mère, mais qui, selon elle, m’aimait vraiment. La mère de Max allait très bien à l’époque. Je ne voyais pas le rapport et n’ai pas beaucoup apprécié ce type de propos sur la santé d’un proche. Puis elle me fit une description de ses activités, de sa vie. Ne retrouvant rien de Max, dans cette personnalité profonde et solitaire qu’elle présentait, lui qui était un fêtard au caractère joueur, cette consultation me semblait un échec pur et simple. Je partis donc assez déçue et fis savoir à mes copines de l’époque que cette cartomancienne ne captait rien en ce qui me concernait.

Rentrée à Nouméa, je repris contact avec ma vie amicale, et j’appris qu’Antoine était rentré en métropole en catastrophe parce que sa mère était atteinte d’un cancer foudroyant. Elle est morte en quelques semaines. C’est alors que je compris que la cartomancienne des vacances m’avait fait une voyance sur Antoine et non Max. Et là tout s’éclairait. Il s’agissait, à la perfection, du caractère d’Antoine et de ses occupations. S’il est vrai que nos sentiments, bien que non amoureux, étaient forts encore à cette époque, je ne l’avais pas du tout en tête quand j’étais chez la voyante ni même après, car l’histoire amoureuse que nous avions eue, houleuse et douloureuse, était derrière moi. Cependant, vu comment Max ne fut qu’une comète dans ma vie, je ne suis pas surprise, rétrospectivement, qu’ interrogée sur ma vie affective profonde, cette voyante ait capté la relation importante qu’était encore celle que j’avais avec Antoine et non celle qui était alors l’objet de mes interrogations.

Ce type d’erreur est malheureusement très fréquent dans la voyance. Il est ainsi arrivé plusieurs fois que l’on me fasse des prédictions qui ne me concernaient pas, mais bien des personnes proches et même parfois des rivales. Ainsi une très bonne voyante m’a prédit un jour que mon ami du moment allait vers une séparation (il vivait séparé de sa femme depuis des mois), que c’était brutal, et qu’il irait vers un déménagement et vers une vie en commun avec moi. Cet ami, perturbé par notre relation amoureuse qui le déstabilisait, a effectivement rompu, mais avec moi et est retourné avec sa femme…

Sur les forums, j’ai régulièrement lu ce type de propos sur la confusion de personnes.

Encore une fois, il nous faut alors constater que la voyance est réelle, au sens où il y a bien prédiction imprévisible de la réalité future, mais qu’elle n’est pas instrumentalisable, ce qui fait que le consultant vend une série de prédictions réelles mais sans aucune utilité pour l’usage que compte en faire le consultant.



Que peut nous dire le Tarot sur l’année 2015 ? (2)

                                   Le jugement-Tarot

                  06-amoureux                     tarot-09-l-hermite

04-empereur                                                     maison-dieu

Pour ceux qui connaissent la méthode de Bruno de Nys, on peut ajouter que L’empereur est sur une évolution 4-6-20, c’est-à-dire Empereur- Amoureux et Jugement, tandis que La Maison Dieu est sur une évolution 16-9-20, Maison-Dieu-Hermite et Jugement.

Certains analysent l’évolution de gauche comme les forces positives et celle de droite comme les obstacles, mais c’est très réducteur à mon sens. Pour moi il y a deux chemins qui désignent celui de l’Empereur (le chef politique)et celui de La Maison Dieu (l »Eglise au sens élevé du terme).

Le Tarot conseille donc selon moi à L’Empereur, Le Président de la France, de prendre le chemin de la conciliation (L’Amoureux est entre deux femmes), mais sa position ne sera pas facile, il sera tiraillé entre ses différentes communautés internes à la société française, mais la compassion, le dialogue, et surtout ne pas se couper les uns des autres, beaucoup d’échanges et d’explications, tout cela est nécessaire et on voit le Président tout faire pour emmener les Français dans ce sens. À terme, nous avons l’une des Cartes les plus positives qui soit, Le Jugement, c’est la Carte de l’allégresse communautaire, de la haute spiritualité d’un groupe unifié où chacun a sa place et est à sa juste place.

Sur le chemin de la Scission, du bouleversement, des révélations explosives que représente La Maison ainsi que sur celui du Temple authentique , on voit une évolution qui suit le chemin de la sagesse représentée par L’Hermite : des sages, des philosophes, des personnes éclairées, et tous ceux qui ont compris la vérité spirituelle du monde, sont enfin mises en avant. À terme, nous avons cette même allégresse communautaire du Jugement.

Mais Le Jugement peut, comme toutes les lames du Tarot, avoir un sens négatif. Il peut désigner le temps de la rumeur, des jugements à l’emporte-pièce, et dès lors de la désolation communautaire. Ce sera le cas si L’Empereur ne peut mener le peuple français vers le dialogue, la discussion éclairée par l’amitié de L’Amoureux, et si les religions se retirent  chacune, dans sa solitude, refusant l’éclairage des personnes vraiment spirituelles et qui ne sont pas forcément les personnes consacrées ou reconnues comme telles.

                                                                                  15diable

                                                              21-monde                       06-amoureux

                                                06-amoureux                                                        tarot-09-l-hermite

Si je remonte encore plus haut, j’ai sur L’Empereur un chemin qui va du Monde au Diable, et sur La Maison Dieu, Les Amoureux qui mènent au Diable. Le Monde est l’intégration de tous, c’est aussi l’humanité tout entière, et la carte qui désigne l’étranger. Il semble que la France soit, en ce moment, comme en son temps l’Afrique du Sud, le laboratoire du monde. Comme le dit François Hollande, « nous ne donnons pas de leçons aux autres » mais moi, je pense, que ce qu’on vit, est une expérience qui ne peut qu’intéresser le monde entier. Aurons-nous suffisamment de Nelson Mandela ? Saurons-nous, comme l’Afrique du Sud, dépasser nos différents, qui sont quand même bien moindres que ne le furent ceux des sud-Africains ?

Le Diable dans sa signification spirituelle, c’est l’ange de lumière, celui qui éclaire le monde non par les Révélations religieuses, mais par la conscience individuelle, la raison, la sagesse. C’est le supérieur du Pape qui, lui, appartient encore à une croyance particulière. Le Diable est alors l’atout qui précède la révélation d’une forme de religion complète, intégrant tous les éléments spirituels épars dans l’ensemble des religions particulières et encore séparées : la paix mentale et la compassion bouddhiste, l’ouverture culturelle et le yoga de l’hindouisme, l’amour de charité pour le christianisme, la sagesse de la religion hébraïque et sa vision d’une humanité spirituelle, l’homme miroir de Dieu du soufisme… et que représente le Véritable Temple qu’est La Maison Dieu. Le Diable est le fondement de la spiritualité foncièrement laïque mise en avant par les Lumières : la tolérance, l’esprit critique, et les droits de l’homme qui en sont le produit. Et L’Amoureux revient, cette fois, sur La Maison-Dieu, avec toutes ses significations.

Mais Le Diable peut aussi être une forme d’aliénation collective, un totalitarisme radical, une soumission à la matière et à l’individualisme matérialiste de notre monde et qui, s’étant détaché des religions traditionnelles à la soumission née d’une étroitesse de vue, et contraires souvent au bon-sens, mais aussi, plus gravement encore à l’évidence spirituelle de la pensée individuelle (qui est l’opposé de l’individualisme, puisque l’éthique en découle). Le Diable alors renvoie dos à dos les hommes enfermés dans le passé et les modernes qui sont dans la recherche du pur profit et des jouissances. Ils ne peuvent ni se comprendre ni être heureux ensemble. C’est la division maximale.

Pourtant, un simple bon-sens ou la seule cohérence logique devraient imposer aux hommes un peu plus de sagesse dans la relation à la religion : car si Dieu existe et s’il est unique, comme l’affirment les trois monothéistes historiques, il est le Dieu de tous, et peut donc être interprété par tous, et de manière différente, comme tous les hommes sont différents. Imaginons un monde où nous serions tous blonds (les nazis le souhaitaient), ou tous bistres de teint. Quel monde ennuyeux ! totalitaire ! Comme on peut imaginer Dieu ayant fait des milliers de fleurs différentes pour la réjouissance de sa vue, ne peut-on imaginer le plaisir qu’il prend à voir comment naissent puis s’imposent les religions dans leur diversité puis s’élèvent au-dessus des traditions et rituels pour se rejoindre dans une authentique spiritualité qui n’écrase aucune religion, ni même l’athéisme, mais fait place à chacun et chacune.

Quand je lis, et souvent je trouve cela jusque dans les textes les plus profonds : que telle religion est supérieure parce qu’elle seule est universelle, parce qu’elle est arrivée la dernière, parce que elle est celle du peuple élu… nous ne sommes pas dans la spiritualité, mais dans du géopolitique international où il s’agit de se mettre au premier rang, face aux autres cultures. Ce n’est jamais le message des grandes figures spirituelles du monde.

Le temps du Diable au Tarot, c’est le temps du dépassement des particularismes religieux et idéologies diverses par la conscience individuelle en quête de sens. La Lame qui suit c’est La Maison-Dieu. La véritable Église, Le véritable Khalifat, Le Véritable Temple, La véritable Shanga d’une humanité toute entière Bouddha, L’Ashram universel qu’est Brahman.

Tout converge vers la possibilité d’une nouvelle relation au monde et la possibilité de son échec.

Il est clair que nous sommes à un tournant décisif et historique.

Notons, à quel point, la remontée de Bruno de Nys montre que nous sommes dans une aventure communautaire : presque toutes les lames communautaires du tarot et qui comportent un collectif d’êtres humains, s’y trouvent. Et pour ceux qui aiment les prédictions, il semble que ce soit très bon signe.

Seul Le Pape est manquant. C’est comme si le Tarot nous demandait de dépasser ce qu’il représente : l’enseignement religieux particulier et les croyances non réfléchies parce que répétées de générations en générations sans être questionnées par un individu en quête de sens. Combien de « pratiquants » ai-je ainsi connu qui n’avaient jamais lu, ou jamais lu vraiment et avec une recherche du sens, les Livres de leurs Révélations !!! Ils étaient dans les traditions et les rituels de la religion, parfois très ostentatoires et méprisants pour les autres, et cela jusqu’à l’inquisition, la persécution, et jusqu’au terrorisme comme nous le montre hélas notre époque. Persuadés, grâce à la seule répétition irréfléchie des croyances et des rituels religieux, d’être une élite, ils ne sont ni dans une relation d’intimité avec soi, ni éventuellement, de soi avec le divin, et que proposent pourtant de renouveler tous les grands textes religieux, pour peu qu’on réfléchisse sur le sens des mythes et métaphores proposés par chaque religion. Ils ne sont, Oh combien pas ! dans cette relation respectueuse et compassionnelle à l’autre qui est le fondement de cette Spiritualité authentique que désigne La Maison-Dieu et qu’on trouve cependant, aussi, dans chaque religion.

Notons qu’il n’y a ni La Roue de Fortune ni La Force, autres cartes communautaires, mais qui parlent du monde animal. C’est l’aventure de l’humanité qui se désigne là.

Si je calcule les Atouts négatifs de ce tirage, on tombe sur Le Pendu, La Justice et L’Empereur : une période sombre, où l’impuissance la plus grande sera à vivre. La Justice sera manquante, et le président de la république risque fort de se manifester dans un excès d’autorité, ou un manque d’autorité. C’est lui, le maillon faible, dans la période actuelle et malgré les apparences du moment.

Nous le voyons, le tarot ne ment pas, ne se trompe pas, mais les interprètes se trompent souvent. C’est souvent après-coup qu’on comprend son message. Et il en est souvent de même pour la clairvoyance.



Que peut nous dire le Tarot sur l’année 2015 ? (Prédictions 1)

J’ai consulté la page d’un tarologue et taromancien auquel je suis très attachée, car c’est lui qui m’a fait découvrir le sens des cartes numérales du Tarot, et que je ne peux malheureusement citer parmi les voyants qui m’ont donné assez de résultats positifs, bien que ses tirages obéissent à une main souvent heureuse, comme on va le voir maintenant.

Sur cette page, il parle des élections présidentielles futures, de 2017, et voit la droite au pouvoir du fait du tirage qu’il a fait de quelques personnalités éminentes. Il explique donc son interprétation du tarot en citant quelques cartes. Voici les cartes que, début janvier et donc quelques jours avant le drame que nous vivons, il tira pour François Hollande, notre président actuel : L’Empereur et La Maison-Dieu.

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Évidemment l’interprétation que le taromancien propose et qui l’engage avec un courage admirable pour ce milieu souvent timoré à des prévisions -  car quand les voyants, astrologues et autres professionnels de la divination s’y sont collectivement essayé, ils se sont planté en beauté comme nous le savons si nous nous tenions au courant de la dernière élection – n’est pas du tout en rapport avec ce que nous vivons, et porte en outre sur un futur lointain qui peut le rendre encore effectif : il y voit un échec total de la présidence de F. Hollande.

Mais tout amateur de Tarot verra, et bien sûr à la lumière des événements c’est donc plus facile, que notre président est un  chef d’État et chef de guerre confronté à… une explosion vive, violente, et peut-être bénéfique à terme, même si on ne peut que se désoler qu’il y ait eu tant de morts.

La Maison Dieu, XVI° lame, indique moins l’attentat que le fait que tout est révélé de ce qui était caché dans la société française, qu’une secousse sismique est en jeu, que les choses se disent… et que les structures apparemment solides du passé, sont désormais caduques, qu’il faut réinventer la vie communautaire (il y a en effet plusieurs personnes dans cette carte). En tant que premier Arcane des lames cosmiques, cette lame indique en outre, que la spiritualité est en jeu, et qu’une occasion d’élévation est, dès maintenant, possible, ou avec une progression très rapide, pourvu qu’on s’enracine dans le Ciel (les pieds en l’air des deux personnages qui se trouvent dans la même position que Le Pendu et donc qui ne tombent pas, contrairement à ce qui est souvent dit, mais s’élèvent).

Une collègue m’a dit l’autre jour : « j’ai l’impression qu’on avait, dans notre société, une couche de vernis qui cachait tout, et que désormais tout est sur le devant de la scène ». C’est exactement cela, La Maison Dieu. Et de ce fait, c’est une occasion, à mon avis, pour les Français de confession musulmane, trop silencieux jusqu’alors et pas assez rassurants pour les autres Français, dans leur condamnation du terrorisme, même si certains s’y essayaient, de dire leur attachement à la République française, ainsi qu’aux valeurs de la République et de la démocratie. Tout comme c’est l’occasion pour les autres, de mieux aimer leurs compatriotes, de mieux dialoguer, de mieux les intégrer, avec une vraie question sur l’égalité non seulement citoyenne, mais aussi dans la justice et dans la vie sociale et économique.

La Maison-Dieu, comme son nom l’indique et en tant que première Lame Cosmique, désigne la Jérusalem céleste juive, le Khalifa coranique véritable, la Cathédrale universelle des chrétiens, l’authentique Shanga bouddhique, l’Ashram s’étendant à l’humanité tout entière de l’hindouisme pour citer que quelques exemples importants dans une diversité religieuse bien plus grande, et qui ne sont autre que L’Humanité révélée à elle-même comme unie parce qu’entièrement spiritualisée. L’explosion porte exactement sur la révélation du sens véritable de ces termes, qui n’ont rien à voir avec la croyance religieuse telle qu’elle se pratique ordinairement, fondée sur la certitude intérieure d’être au-dessus des autres qui se trouve, il faut bien l’admettre, au cœur de toutes les religions.

C’est aussi comme si le Tarot nous disait que, désormais, on n’a plus le choix: on ne peut plus construire (L’Empereur) quelque chose de solide autrement que dans le respect, dans la compassion, dans l’altruisme, et la conscience que l’identité d’humain est plus importante que celle de chrétien, bouddhiste, juif, musulmans etc. sous peine d’une destruction, d’une scission, d’une division irréversible de l’humanité et qu’il s’agit désormais de parvenir à la fraternité de toute l’humanité.

 

(pour approfondir à partir de la méthode Bruno de Nys, aller à : « Que peut nous dire le Tarot des événements actuels ? (2)



Pour que l’Astrologie fonctionne

SOLEIL-Germaine-theme-astralPourquoi l’astrologie telle qu’elle est pratiquée, actuellement, par la plupart des professionnels des arts divinatoires est-elle si peu capable de prédire l’avenir ?

La plupart des astrologues actuels fondent leurs prédictions sur les transits des planètes, annonçant de bons moments si les planètes sont en transits positifs (sextiles et trigones) et de mauvais moments si elles sont en transits négatifs (opposition et carré). Or, par ma pratique personnelle, je peux dire que de tels transits ont peu d’effets, voire pas du tout. C’est ce qui fait que la majorité des astrologues ont été incapables, comme les voyants interrogés à ce sujet, de prédire le mandat présidentiel de Hollande, alors qu’ils voyaient Sarkozy réélu. Sarkozy avait plus de transits positifs que Hollande, mais ce dernier avait un transit positif qui réactivait une position favorable de naissance. J’ai pu alors prédire sans me tromper l’élection de Hollande.

Pour obtenir des prédictions fiables, il faut prendre le temps de regarder quels aspects sont en jeu dans le thème natal : de facilité (sextiles et trigones), de difficultés (carré et opposition), ainsi que les conjonctions entre planètes. Ce sont ces aspects et uniquement ceux-la qui permettent de prédire l’avenir proche ou lointain par le passage de transit quand ce dernier réactive une posture natale.

Ainsi, quand dans le thème on a une opposition entre le Soleil et Saturne, on peut à coup sûr prédire une difficulté à venir si un carré s’annonce entre eux par transit. À l’inverse, une conjonction natale entre Soleil et Saturne qui, dans le présent et par transit, est réactivée par un sextile et plus encore un trigone, annonce un grand moment de réussite ou de bonheur.

J’avais un ami qui avait cette conjonction Saturne-Vénus ce qui, en soit rend la vie affective difficile, par assèchement des émotions vénusiennes du fait de la présence de Saturne, et prédit souvent un amour tardif ou avec un grand décalage d’âge. Or, mon ami me demanda si la femme qu’il venait de rencontrer était la bonne. À ce moment-là, Saturne était, par transit, en trigone à la conjonction natale. La prédiction fut simple : c’est la femme de ta vie, arrivée tard (il avait plus de 50 ans) mais elle sera ta compagne jusqu’au bout. De fait, au bout de 10 ans, ils sont encore ensemble.

Il est bien évident que cette règle essentielle connaît des exceptions. Par exemple, si quelqu’un vit une série de transits d’opposition ou de carrés (au moins trois ou quatre planètes lourdes), même si ces transits ne retrouvent pas des aspects du thème natal, ils annonce une période de difficulté. Mais la plupart du temps, ce sont bien les aspects qui sont en jeu dans le thème natal qu’il faut chercher en priorité.

Liliblue



Quand la réalisation des prédictions recule continuellement dans le temps

                          tempsIl y a quelques jours, j’ai consulté une voyante qui a une excellente réputation. Je fais en effet cet investissement régulièrement, que de consulter quelqu’un d’apprécié. Et cette dame, charmante au demeurant, me parle en priorité de ma vie professionnelle. J’avais pris un petit forfait, et je lui ai laissé le choix du sujet abordé.

Cette voyante me fait alors une prédiction comme je les aime, très précise, avec  des détails parlants sur un homme qui doit jouer un rôle important quant à la réalisation d’un de mes projets, sans que l’affectif soit en jeu, je le précise. Elle me détaille le lieu la rencontre, les circonstances, et les étapes dans cette aide qu’il doit m’apporter, et rejoint en tout point une prédiction récurrente faite par mes meilleurs voyants et cela depuis… 2007. La première des prédictions précises qui tournait autour de cet homme dans ce contexte professionnel, m’a donc été faite il y a 7 ans… et ne s’est pas encore réalisée. Et pour cause, selon cette voyante dont je dévoilerais le nom si sa prédiction se réalise… puisque c’est en 2017 que tout se met en place.

De toute évidence, la voyance a un problème avec le temps. Et c’est ce qui conduit tant de consultants à consulter encore et encore, puisque la plupart des voyants ne savent pas dater leurs prédictions. Et il est vrai que si réellement cette affaire doit se passer en 2017, il ne faut pas s’étonner que cette prédiction récurrente ne se soit pas réalisée…

C’est ce problème de temporalité qui rend la voyance quasiment inutilisable. Ce n’est pas un service comme les autres. C’est un don qui est offert aux hommes, et devant lequel on touche au sacré.

Le mieux qu’on puisse faire, selon moi, c’est admettre que la consultation propose une vision intéressante, car rassurante quant à la finalité ultime de notre projet, mais oublier toute date. Quand on a trouvé un voyant, ou deux ou trois dont on est sûr, il suffit alors d’une consultation par an, et attendre. Si on trouve en outre un voyant qui a le don de pouvoir dater ses prédictions et que ces dates sont fiables, c’est encore mieux.

Mais pour le moment je n’ai vu cela qu’une fois. C’était une cartomancienne à Nouméa, il y a une vingtaine d’années. Elle m’avait prédit qu’il me faudrait attendre la quarantaine pour rencontrer le père de mes enfants, et c’est effectivement dans les dates que je l’ai rencontré. A l’époque, dix ans avant, sa prédiction m’avait paru fort peu crédible. Et finalement c’est bien ce qui s’est passé. J’ai raconté les choses en détail dans un autre article.

Maintenant si on m’avait dit en 2007 qu’il me faudrait attendre dix ans pour voir mon projet réalisé, je ne sais pas si j’aurais trouvé la force de le travailler avec cette intensité qui fut la mienne. La voyance me pose de gros problèmes en tant que passionnée par cet art difficile : d’un côté elle aide à garder espoir, d’un autre côté elle désespère quand la réalisation des prédictions semble toujours poussée à plus tard, conduisant à se demander si on n’a pas raté son destin. Et enfin, quand elle est parfaite, c’est-à-dire détaillée et dans les clous au niveau des dates, elle peut être là aussi totalement désespérante. Car dix ans, c’est énorme pour qui est porteur d’un désir.

Je vous invite à lire aussi cet article qui apporte peut-être quelques éléments de réponse :

http://liliblueretoursdevoyance.unblog.fr/2022/11/12/la-voyance-des-energeticiens-et-coachs/

Liliblue



Les trois principaux arts divinatoires

 

Les Arts divinatoires sont nombreux, et une certaine confusion règne chez les consultants qui peuvent avoir du mal à s’y retrouver. Donc, un peu de précision ne peut faire de mal à personne. Je n’entre pas dans les détails, ce qui sera fait ailleurs dans ce blog, mais propose quelques définitions claires, pour trois de ces arts.

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Partons de l’un des plus anciens des Arts divinatoires : l’astrologie.

C’est l’art de prédire l’avenir à partir de la confrontation de deux objets astrologiques : le thème natal et l’état du Ciel au présent. Un astrologue confirmé va donc avoir besoin du jour, de l’heure et du lieu de naissance de façon à monter le thème natal qu’il veut étudier.

Dans ce thème, on peut voir la position des planètes dans les 12 maisons, les deux maisons les plus importantes étant signalées par l’Ascendant, début de la maison I, et le Milieu du ciel, début de la maison X. Et ces maisons se trouvent elles-mêmes dans les signes du zodiaque. Ces planètes, qui sont porteuses d’une symbolique, sont plus ou moins à l’aise dans le signe où elles se trouvent, et il en est de même pour la relation de la planète à la maison, ce qui permet déjà de faire des prédictions.

Mais surtout, les planètes sont en relation les unes avec les autres, et selon que la relation est facile (trigone ou sextile signalés en vert ou en bleu dans le thème natal) ou difficile (carré ou opposition signalés en rouge ou en noir), on peut dire que, dans tel domaine désigné par la maison, la vie sera plus ou moins facile…

Prenons un exemple: dans le thème de Mme Soleil, mis ici en illustration, Jupiter, nommé le Grand Bénéfique dans les anciens grimoires d’astrologie, est en maison II, maison de l’argent, mais dans le signe du Capricorne où il est en exil. On peut donc prédire rétrospectivement à Germaine Soleil qu’elle a dû avoir de belles embellies en ce qui concerne ses finances, mais aussi des moments difficiles…

Notons surtout la conjonction exacte du Soleil et de Neptune, en cancer et en maison VIII (la mort, l’au-delà). Neptune est en effet la planète de la voyance, elle ne pouvait être que très valorisée dans le thème d’une des voyantes les plus célèbres.

Par l’analyse du thème natal on peut donc décrire un caractère , parler de ses points forts, de ses difficultés, et faire déjà quelques prédictions.

A ces prédictions à partir du seul thème de naissance, il faut ajouter la relation présente, entre les planètes telles qu’elles existent à la naissance tel que le thème natal les fixes d’une part, et la position que ces mêmes planètes qui continuent leur cours, ont dans le Ciel à un autre moment. La relation entre les planètes de naissance et celles du présent (ou du futur) permet de fonder un autre type de prédictions.

La numérologie : c’est un art divinatoire récent.

C’est art fut inventé par L. Dow Balliett, née Sarah Joanna Dennis, et qui publia le premier livre existant sur la numérologie : Le Pouvoir des nombres. Certes, Mme Dow Balliett s’était appuyé sur des Traditions qui avaient exploré la symbolique des Nombres: l’arithmancie née du Pythagorisme et qui remonte à plus de 2000 ans avant Jésus-Christ, la gématrie kabbaliste.

La numérologie attribue un sens symbolique précis et assez logique aux Nombres, ainsi le 1 parle de commencement, d’unité, de masculinité, d’activité, le 2 de dualité, de réceptivité, de féminité… Et la numérologie lie les lettres de l’alphabet aux Nombres à partir de leur place dans le déroulé de cet alphabet, ainsi le A est lié au 1, le B au 2, le C au 3, etc.

A partir de là, la numérologie étudie le jour de naissance par, ce qu’elle appelle, une réduction : elle additionne tous les nombres contenus dans le jour de naissance, et finit sur un chiffre compris entre 1 et 9, voire entre 1 et 11.

Ainsi, Germaine Soleil qui était née le 18 juillet 1913 avait pour chiffre de naissance, appelé aussi le « Chemin de vie » : le nombre 30 ( 1+8+7+1+9+1+3) réduit à 3. Or le 3 parle de communication, de sociabilité, de créatitivté.

Puis la numérologie prend les lettres du Nom et du Prénom, et additionne tous les chiffres des consonnes, puis celui des voyelle, pour déterminer les nombres de réalisation et nombre intime, etc.

Les prédictions consistent alors dans le fait d’additionner les nombres de naissance, aux nombres du temps présent.

Ainsi, Germaine Soleil qui a pour nombres de naissance le 7 (18 +7), serait, cette année 2014, en année 5. Il suffit alors de connaître la signification du 5 pour faire une prédiction générale sur l’année. On affine ensuite, mois par mois.

La cartomancie : un art divinatoire à partir de Cartes.

L’art de tirer des prédictions à partir d’un tirage de cartes date du XV° siècle, mais a surtout pris un essor nouveau avec la découverte que fit Court de Gébelin, un franc-maçon du XVIII° siècle, de ce jeu de société qu’était alors le Tarot de Marseille.

Court de Gébelin vit immédiatement dans le Tarot, le Livre perdu d’un savoir ésotérique remontant, selon lui, à Thot, le Dieu Egyptien, appelé aussi Hermès par les Grecs, et qui aurait été à la source de l’Alchimie dont le Tarot serait l’illustration.

Le disciple franc-maçon de Court de Gébelin : Etteilla (Jean-Baptiste Alliette de véritable nom) proposa une retranscription du Tarot pour en faire le premier jeu divinatoire, appelé « Tarot Egyptien » qui n’avait déjà plus grand chose à voir avec le Tarot de Marseille qu’avait découvert Court de Gébelin, mais que l’on trouve encore de nos jours

Il existe de nos jours, de nombreux Oracles, jeux de cartes destinés à la divination (comme L’Oracle Gé, inventé par Gérard Barbier, ou L’Oracle de Belline).

Ne confondons pas la cartomancie, art divinatoire pouvant s’exercer à partir de n’importe quel jeu de cartes,  et cela y compris des cartes de jeux de société pour faire d’eux des oracles, la Taromancie qui est une cartomancie spécialisée dans la lecture du Tarot de Marseille, et la Tarologie qui est la science du Tarot, considéré cette fois, non comme un jeu divinatoire, mais comme une Tradition initiatique. Les trois principaux arts divinatoires dans ACTUALITES dans l'univers voyance denierdame-152x300

Tous les tarologues ne sont pas taromanciens, tous les taromanciens ne sont pas de vrais tarologues et tous les cartomanciens ne sont pas ni forcément taromanciens ou tarologues.

Mais, il est vrai que le Tarot est un magnifique oracle.

Ainsi, que nous apprendrait cette Dame de Denier tirée en carte unique ?

Elle désigne une  personne avec un puissant côté féminin, profondément ancrée dans la nature, aimant jardiner, soigner les plantes et les fleurs. Épicurienne, elle adore faire son marché, et la cuisine. Très fine cuisinière, elle régale sa famille de petits plats traditionnels.

C’est aussi une femme ayant une grande maîtrise des conditions matérielles de la vie. Elle gère l’économie familiale avec intelligence et conscience. C’est par exellence, une maîtresse de maison et une femme d’une grande conscience professionnelle.

Puissions-nous, tous avoir à la maison et dans son travail, la Reine des Deniers en protection !

Liliblue



La célèbre précognition du Président Lincoln

LincolnassassinatGriffithLe rêve prémonitoire que fit le seizième président des États Unis, Abraham Lincoln, au sujet de sa propre mort est bien connu.

Abraham Lincoln fut un président exceptionnel des États Unis. Il avait en effet mis fin à la Sécession qui menaçait l’unité de son pays, et à la guerre civile entre le Nord abolitionniste et le Sud esclavagiste, tout comme à l’esclavage. Le Général Lee venait de capituler, en avril 1865. Son biographe, Ward Hill Lamon, raconte qu’un soir d’avril 1865, Lincoln, fatigué et d’humeur sombre, raconta à ses invités le rêve qu’il avait fait dans la nuit précédente :

  • «  Il y a dix jours, j’étais très soucieux, j’attendais des dépêches venant du front. Je me suis couché très tard, et me suis endormi immédiatement.
  • J’ai fait alors un rêve qui me poursuit depuis lors. 
  • J’étais dans ma chambre. « J’entendais des sanglots, c’était comme si un grand nombre de gens pleuraient doucement ; mais cette foule éplorée restait invisible à mes yeux.
  • Je suis passée dans une autre pièce ; il n’y avait personne, pourtant les mêmes bruits de pleurs me suivaient à mesure que j’avançais » à travers la Maison Blanche.
  • « Chaque objet m’était familier, mais je ne pouvais voir nulle part ces gens qui se désolaient comme si leur cœur allait se  briser.
  • J’étais  intrigué et inquiet. Qu’est-ce que tout cela pouvait signifier ?
  • Je suis entré dans le Salon Est. Une surprise m’a serré le cœur. Sur un catafalque reposait un cadavre sous un suaire
  • Des soldats semblaient monter la garde et une multitude de gens contemplaient tristement le corps dont le visage était caché.
  • - Qui est mort à la Maison Blanche, ai-je demandé à un soldat ?
  • - Eh bien, Monsieur, c’est le président qui est mort, il a été assassiné.
  • Un long sanglot de douleur est alors monté de  la  foule et cela m’a immédiatement réveillé »

On sait que quelques jours plus tard, le 14 avril 1865, Abraham Lincoln fut assassiné au théâtre, où il s’était rendu pour se détendre, avec son épouse, par un activiste du Sud.

Ce rêve ne peut qu’interpeller ceux qui en ont entendu parler. S’agissait-il là d’un avertissement divin destiné à être entendu et qui aurait pu sauver Lincoln s’il  avait renforcé les mesures de sécurité qu’il avait tendance à négliger ? Ou bien d’une préparation au grand Départ qu’est la mort ?

Christiane Riedel, une excellente onirologue, répond clairement à cette question : ce rêve était destiné, selon elle, à prévenir le meurtre de Lincoln. Il s’agissait donc d’un avertissement du ciel. Malheureusement, les occidentaux avaient perdu, depuis longtemps, cette relation aux rêves qu’ils avaient pourtant dans l’Antiquité.

 

Pour approfondir l’analyse de ce rêve et découvrir le site de Christiane Riedel :

http://christiane-riedel.blogspirit.com/archive/2011/12/12/le-reve-et-la-mort-d-abraham-lincoln.html

 

Liliblue



Le dernier rêve de Socrate

Socrate, buste au musée du Vatican

Socrate, buste au musée du Vatican

Qui sait que Socrate, trois jours avant de mourir fit un rêve prémonitoire ?

C’est dans un des Dialogues de Platon que l’on apprend que Socrate confia ce rêve à Criton, son ami et disciple, après que ce dernier soit venu le visiter dans la prison où il était enfermé, en attendant que la sentence de mort prononcée par le tribunal d’Athènes soit exécutée.

Criton était entré très affligé dans cette prison d’Athènes où il surprit Socrate en train de dormir. Il  venait lui annoncer que le navire qui suspendait son exécution allait arriver sous peu dans Athènes. Les gens qui venaient de Sounion en avaient fait l’annonce. Socrate devait donc mourir ce jour même où Criton  venait, une dernière fois, lui rendre visite.

Une fois réveillé, Socrate expliqua, cependant, à Criton qu’il se trompait, qu’il n’allait pas mourir ce jour, qu’il resterait trois jours vivant et pourrait encore philosopher avec ses disciples.

Comme Criton s’étonnait de cette prédiction , Socrate s’en expliqua :

  • « Socrate : – (…) je me fonde sur un songe dont, au cours de cette nuit même, j’ai eu un peu auparavant la vision. Il y a même chance que, assez opportunément, tu ne m’aies pas réveillé !
  • Criton : – Mais qu’était donc ce songe ?
  • Socrate : – J’eus l’impression de voir venir à moi une femme, belle et pleine de grâce, portant des vêtements blancs, qui m’appela par mon nom et me dit « Socrate, trois jours après, tu peux arriver dans la Phthie fertile… »
  • Criton : – l’étrange songe, Socrate !
  • Socrate : Bien plutôt parfaitement clair, Criton, à ce qu’il me semble. »

Si Socrate savait quand il devait mourir, c’est parce qu’il venait de voir en songe, la Dame Blanche qui lui donna la date de sa mort. Celle-ci était manifestement une expression de la Déesse de la mort, peut-être la gracieuse Perséphone. Le blanc que porte la Dame, est en effet la couleur de la mort, de l’au-delà, du retour vers la Lumière divine. Cette Dame Blanche pleine de grâce annonça à Socrate que dans trois jour, il arriverait dans la patrie des héros, « la Phthie fertile », patrie d’Achille.

C’était une promesse d’une vie heureuse dans l’au-delà  que cette Dame fit à Socrate , tout en lui délivrant le message sur le temps qui lui restait à vivre.

Et ce rêve prémonitoire se révéla exact, puisque le navire qui suspendait le jugement de Socrate, arriva trois jours plus tard.

Socrate dut alors boire la cigüe, ce poison devenu célèbre en provoquant la mort d’une des personnalités les plus attachantes de l’histoire de la Grèce antique : le père de la philosophie .

 

Liliblue



CELYNE (voyante en privée et Célia sur avigora)

CélyneJ’ai eu la chance de découvrir Célyne (Célia) d’abord en voyance privée, mais je l’ai, aussi, consultée plusieurs fois sur la plateforme d’Avigora où elle officie sous le nom de Célia et cela pour des voyances ponctuelles, sur tel point précis, bien que parfois, en dix minutes, Célyne (Célia) me fait un panorama complet, mais bien sûr, rapide.

En 2013, j’ai eu le plaisir de voir Célyne reconnue dans le talent qui est le sien par Le Guide de la Voyance qui fait une sélection que je trouve assez rigoureuse d’une dizaine de voyants tous les ans, et plusieurs des voyants que j’apprécie sont, tous les ans, sélectionnés. Nous n’allons pas tarder à avoir la sélection 2015. Quoi qu’il en soit, c’est là que se trouvent les coordonnées de Célyne si vous désirez une voyance privée. Il y a en effet d’autres Célyne et d’autres Célia sur le net et il est important de savoir où chercher.

Célyne est une tarologue de qualité, et elle a le talent de développer précisément ses flashs. La première fois que je l’ai consultée, c’était en 2010, et sur la recommandation d’une amie de Suisse qui avait subi des problèmes de harcèlement qu’elle avait prédit un an à l’avance… Célyne effectivement n’est pas complaisante, et mon amie, dans un premier temps, à qui elle avait pourtant été recommandée, a pensé que c’était une mauvaise personne qui abusait de sa position pour effrayer les consultants et avait rangé ses prédictions dans un tiroir de sa mémoire qu’elle s’était dépêchée de refermer et d’oublier. Sauf que… un an après, se trouvant en plein dans un conflit de travail très avancé et très pénible, elle s’était souvenue de Célyne et avait repris contact avec elle pour obtenir son aide et ses éclairages.

Pour ma part, quand j’ai consulté Célyne en 2010, elle a vu les blocages futurs dans le travail que je faisais à l’époque, mais elle m’a rassurée en parlant de la protection d’une femme-chef ou chef adjointe, l’aide qu’elle m’apportait pour trouver une solution à l’amiable, puis la rupture avec le milieu pro, et le passage, en attendant d’une chef autoritaire, très autoritaire même. Célyne me voyait partir aux beaux jours, mais pas dans l’immédiat. Et je dois dire que ce fut bien vu, car je partis trois ans après,et ma chef-protectrice et vraiment bienveillante est, hélas, partie, remplacée par une sorte de sergent-chef au féminin très pénible.

Elle m’a ensuite parlé de ma vie affective, de la longue période d’aventure que j’aurais, avec différents partenaires, et je dois dire que c’est assez juste.

Pour moi Célyne (alias Célia) est une bonne voyante, même si elle s’est trompée une fois, de manière étonnante, sur une voyance ponctuelle, me parlant d’une rupture d’un homme parfaitement décrit lui aussi et qui devait me rejoindre après avoir quitté sa femme et déménagé, et qui, contre toute attente, m’a quittée, moi, pour retrouver sa femme dans son pays natal (à mon grand soulagement je dois dire, bien que sur le moment j’ai eu beaucoup de peine, car j’avais une amitié véritable pour lui, une amitié amoureuse).

Compte tenu des retours obtenus, à raison de plus de 50%, Célyne fait partie des voyantes que je connais et que je recommande.

Liliblue

Une lectrice de ce blog m’a demandé des nouvelles de Célyne, que j’ai contacté pour savoir si elle faisait toujours des consultations. Elle est joignable sur Avigora et en privé à partir de ce blog  :

http://celinelafaye.wix.com/emane-sens-by-celyne

Blog qu’on peut avoir aussi en tapant « Célyne voyance, emane et sens »



Joseph, mythique oniromancien

Joseph, mythique oniromancien dans Joseph, oniromancien peter-von-cornelius-joseph-interpretant-le-reve-de-pharaon-detail1

 

Dans le Pentateuque, un des Livres sacrés de la culture hébraïque reprise au sein de l’Ancien Testament dans la culture chrétienne, il y a quelques oniromanciens célèbres, mais le plus étonnant et puissant de tous, c’est Joseph, le fils de Jacob.

Joseph est surtout connu pour avoir fait l’interprétation des rêves de  Pharaon, ce qui lui valu le poste d’Intendant au Palais. Grâce à l’oniromancie, il sauva l’Égypte de la famine, mais aussi son Peuple, le peuple hébreu, tout en augmentant très radicalement le pouvoir de Pharaon sur les Égyptiens.

Tout le monde se souvient des sept vaches grasses suivies des sept vaches maigres du rêve que fit Pharaon et que Joseph interpréta comme sept  années d’opulence en matière de récoltes, suivies de sept années de maigres récoltes, ce qui permit l’organisation d’une réserve durant les sept années de riches récoltes, réserve que Pharaon utilisa ensuite pour nourrir un peuple qui, années après années, échangea d’abord son or, puis renonça à ses troupeaux pour obtenir la nourriture et, enfin, accepta le servage afin de ne pas mourir de la famine.

Cette interprétation que fit Joseph du rêve de Pharaon ne doit pas nous étonner. La vache est un animal sacré en Égypte. C’est même l’animal qui représente l’Égypte tout entière, en tant que terre nourricière et cela sous l’égide de la Déesse Hator, symbole de la fertilité et Mère céleste. Voir défiler sept vaches grasses, puis sept vaches maigres, puis voir les vaches maigres dévorer les vaches grasses était clairement l’avertissement onirique d’une grave menace sur l’Égypte. Le génie de Joseph fut de lier la temporalité de 14 années à cet avertissement.

hator-182x300 Joseph dans ONIROMANCIE

Préalablement à cette célèbre interprétation, Joseph s’était fait connaître des Pharaons car il avait interprété les songes de deux malheureux eunuques du Palais qui avaient été envoyés en prison, où Joseph se trouvait lui-même. Joseph, en effet, avait été vendu comme esclave en arrivant en Égypte, et son propriétaire qui l’appréciait, avait fait de lui son majordome. Mais Joseph était beau, et la femme du propriétaire de Joseph chercha à le séduire.  Comme il s’était refusé, la séductrice mentit à son sujet et il s’était retrouvé en prison.

Les deux eunuques dont Joseph analysa les rêves, étaient le grand échanson et le grand panetier de Pharaon :  le premier avait rêvé d’un cep de vigne divisé en 3 sarments et qui se mit à fleurir puis se chargea de fruits, l’échanson se voyant ensuite presser les fruits dans la coupe de Pharaon qui la but. Le second avait rêvé qu’il portait sur sa tête trois corbeilles à gâteaux, mais les oiseaux se chargèrent ensuite de dévorer les gâteaux qui s’y trouvaient.

Joseph fit alors une double prédiction restée célèbre  : au premier eunuque, il affirma qu’après passé trois jours, il retrouverait sa place auprès de Pharaon, au second qu’il serait exécuté et que c’est son corps que les oiseaux charognards se partageront. Et bien évidemment, ces prédictions se réalisèrent, conduisant ensuite le Panetier, revenu au Palais servir Pharaon, à se rappeler de Joseph et à en parler à son maître, quand ce dernier fit ce fameux rêve de Vaches grasses puis maigres et que personne ne parvenait à interpréter.

Avant ce  remarquable usage de ses talents d’oniromancien en Égypte, Joseph avait lui-même fait des rêves qui conduisirent à des prédictions que toute sa famille comprit, et cela, à ses dépens.

Il était alors un adolescent dans la famille de son père, Jacob, une famille polygame, puisque Jacob avait une épouse chérie, Rachel, la mère de Joseph, et une première épouse, Léa, qu’il n’a jamais aimée comme il aimait Rachel. En plus de ces deux épouses, Jacob avait pris deux concubines, Bilha la servante de Rachel, et Zilpa la servante de Léa. Chacune de ces quatre femmes eurent plusieurs enfants. Jacob fut le père de 13 enfants en tout, dont deux furent de Rachel. Léa fut la plus féconde, puisqu’elle eut 6 garçons et une fille, la seule fille de Jacob, la belle Dina.

Rachel par Harold Copping (détail)

On imagine à quel point la vie de ces femmes était difficile, à quel point la jalousie devait créer de graves dissensions entre elles du fait des préférences de Jacob. Les ethnologues des cultures polygames insistent en effet beaucoup sur la nécessité toujours réitérée, par ceux qui vivent dans ce type de communauté, d’une drastique équité dans la façon dont les femmes doivent être traitées par leur homme, cette équité étant le sol même de la paix et de l’harmonie familiale.

Une famille polygame où le mari puis le père fait des différences entre ses femmes et ses enfants, c’est une famille où couve une grande violence. C’est bien ce qui, à la fin de sa vie, a a conduit Mohammed, le Prophète musulman, à dire que la polygamie doit être évitée, car il est impossible de satisfaire cette équité radicale entre toutes les femmes comme entre tous les enfants sans laquelle la violence, l’envie, la jalousie et la haine s’installent dans les relations familiales. 

Jacob ne faisait pas seulement des différences entre ses femmes, il en faisait entre ses enfants. Ses enfants préférés, c’était  Joseph et Benjamin les enfants qu’il avait eu avec sa bien-aimée Rachel.

D’où la haine féroce qu’éprouvaient les autres fils de Jacob à l’égard du préféré, Joseph. D’autant que ce dernier était particulièrement doué et que ses dons auraient déjà en eux-mêmes suffit à susciter la haine de ses frères, particulièrement ceux de Léa, la soeur dédaignée de Rachel.

Voici le rêve que fit Joseph à 17 ans, alors qu’il vivait dans ce type de communauté polygame :

« Joseph fit un songe et il en fit part à ses frères qui le haïrent d’autant plus. Il leur dit : « Écoutez le rêve que j’ai fait : il me paraissait que nous étions à lier les gerbes dans les champs et voici que ma gerbe se dressa et qu’elle se tint debout, et vos gerbes l’entourèrent et elles se prosternèrent devant ma gerbe. Ses frères lui répondirent : « voudrais-tu donc régner sur nous en roi ou bien dominer en maître ? » et ils le haïrent encore plus, à cause de ses rêves et de ses propos. Il eut encore un autre songe, qu’il raconta à ses frères. Il dit : « j’ai encore fait un rêve : il me paraissait que le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi. » Il raconta cela à son père et à ses frères, mais son père le gronda et lui dit : « en voilà un rêve que tu as fait ! Allons-nous donc, moi, ta mère et tes frères, venir nous prosterner à terre devant toi ? » Ses frères furent jaloux de lui, mais son père gardait la chose dans sa mémoire. » (Gn, 37, 5-11)

Tout le monde connaît la suite : les frères de Joseph, après avoir eu envie de le mettre à mort, le vendirent à une caravane qui passait par là et se rendait en Égypte, afin qu’il soit mis en esclavage.

Je voudrais juste insister sur l’importance qu’accordait le peuple juif aux rêves dans ce tout début du destin d’Israël, et à la valeur de vérité qu’ils représentaient pour ce peuple. On savait que quelque chose de divin s’exprimait là, on savait aussi que, dans les rêves, se dévoilait, de manière imagée, le futur.

Tout le monde, dans la famille de Joseph avait en effet compris ce que les rêves de ce dernier signifiaient et la prédiction de sa dominance future qu’ils induisaient. Et tout le monde s’énerva, car les rêves de Joseph annonçaient ni plus ni moins qu’il était l’élu de Dieu et qu’un jour sa famille entière s’inclinera devant lui. L’énonciation de ses rêves et l’interprétation spontanée que tous en firent, ont déclenché le destin d’esclave de Joseph puis d’Intendant de Pharaon en Égypte.

Par-là, le Pentateuque annonce aussi que la puissance magique et occulte qui était notoirement celle des Égyptiens change de mains et devient celle des Hébreux parce qu’ils se sentaient le Peuple élu, en alliance avec Yahvé-Dieu. Et de fait, cette puissance magique assistera Moïse quand, des années plus tard, il voudra emmener son peuple, devenu esclave des Égyptiens, hors d’Égypte.

Retenons donc que Joseph, dans son talent exceptionnel d’oniromancien, ne fut pas un cas isolé. Il faisait en réalité partie d’une famille clairement oniromancienne, parce que prophétique, capable entendre la parole de Dieu.

Liliblue



Le grec et imaginaire Tirésias

tiresia-femme selon Johann Ulrich krauss (gif)Il semble que la non-voyance conduise à une perception extralucide chez certains individus célèbres de l’histoire ou de la littérature.

Au sein de la littérature grecque, Tirésias fut célèbre pour ses prédictions et ses révélations.

Appartenant à la ville de Thèbes, il n’était pas né devin, ni non plus aveugle, et son pouvoir et son handicap sont le fait d’une rencontre avec les dieux.

Il y a différentes versions de cette rencontre. Selon l’une de ces versions, sa cécité fut le résultat d’une punition décidée par la vierge Athéna que le jeune Tirésias aurait surprise nue.

Selon le poète Ovide, cependant, Tirésias, se promenant, aurait rencontré deux serpents dont il troubla du bâton l’accouplement. Il fut alors transformé en femme durant 7 ans. Revoyant lors de la huitième année les serpents en activité, il refit le même geste et redevint un homme.

Tirésias avait donc acquis une expérience unique et pouvait  comparer la vie de l’homme et celle de la femme. C’est pourquoi, quand Jupiter et Junon se sont disputés au sujet du sexe qui avait le plus de plaisir sexuel, Tirésias put départager le couple royal du Ciel : selon lui, sur dix parts de plaisir, la femme en aurait neuf et l’homme une seule.

Junon, furieuse que Tirésias dévoile un tel secret, le rendit aveugle, et Zeus lui accorda la double vue qui fit de lui un devin.

Dans tous les cas, nous voyons Tirésias puni de cécité pour avoir vu ou su des choses qu’il n’aurait pas dû voir ou connaître. Dans le récit d’Ovide, c’est avoir su et surtout dévoilé un secret féminin: la grande jouissance sexuelle des femmes. Cela mérite réflexion et approfondissement, mais tel n’est pas notre propos.

Tirésias, par ailleurs, tient un rôle essentiel dans les tragédies de Sophocle.

Dans Oedipe-Roi, Sophocle nous raconte comment l’oracle de Delphes fut interrogé à la naissance d’œdipe par Laïos, le roi de Thèbes. Ce dernier apprit alors qu’il serait tué par Oedipe qui, ensuite, épouserait sa mère. Laïos programma dès lors la mort de son fils Œdipe. Ce dernier, abandonné bébé dans la forêt, fut cependant recueilli par le roi de Corinthe qui l’éleva comme son fils, sans lui révéler qu’il était un fils adopté. Une autre prédiction a, ensuite, conduit un Œdipe devenu adulte, à fuir Corinthe pour éviter un parricide et l’inceste qui devaient encore être son destin. On sait qu’il rencontra alors, en chemin, son père incognito et qu’ils se battirent pour le droit de préséance ce qui conduisit au meurtre du Père qu’œdipe voulait justement éviter. A son insu, il épousa ensuite sa mère biologique car, après avoir délivré Thèbes de la Sphinge qui l’accablait, Œdipe avait acquis le droit de souveraineté ce qui impliquait qu’il épouse la reine devenue veuve de la ville de Thèbes. Mais la reine Jocaste n’était autre que sa mère biologique. Œdipe eut alors des enfants avec Jocaste, sa mère, des enfants dont il était à la fois le père et le frère aîné, mettant à mal toute chronologie et toute généalogie.

En punition pour cette double faute, la peste s’abattit sur la ville et Tirésias fut alors convoqué pour trouver la cause du mal.

Tirésias ne fit alors aucune prédiction. Son pouvoir de voyance consistait, à ce moment-là, à voir ce que personne ne savait : il révéla l’identité du coupable. C’est Œdipe lui-même qui découvrit ses fautes en même temps qu’il prenait possession de sa véritable identité, de sa véritable généalogie, thébaine et non corinthienne. Bien évidemment qu’Œdipe n’est pas coupable dans une conception moderne de la culpabilité, puisqu’il ignorait l’identité de ceux qu’il avait tué ou épousé. Mais au sein de cette représentation antique, il est l’origine du mal dont souffre la ville de Thèbes qui n’en sera purifié que par l’exil d’Œdipe.

Johann_Heinrich-Tirésias et Ulysse -giftNotons à quel point le besoin d’interroger oracle et devins apparaît, dès la Grèce antique, comme dangereux : c’est parce qu’il avait interrogé les Dieux que Laïos fut amené à faire ce qui allait devenir la cause de la réalisation des prédictions, créant un cercle extrêmement vicieux. Mais c’est aussi par le don divinatoire de Tirésias que la ville de Thèbes fut purifiée du mal.

Notons encore que, dans la mort même, Tirésias conservait son pouvoir de vision extralucide, et Ulysse, sur les conseils de l’enchanteresse Circée, est allé l’interroger, en descendant aux Enfers. Tirésias est donc aussi un personnage de l’Odyssée.

 

Il n’est pas difficile de voir dans le personnage de Baba Vanga, qui a découvert son don après avoir été aveuglée par un éclair, une sorte d’avatar moderne du très ancien Tirésias.

Liliblue



Le troisième rêve de Descartes

descartesLe troisième rêve de Descartes, tel que l’a rapporté son biographe, se présente en deux parties. Dans la première, le rêve est raconté, dans la seconde, commence l’interprétation que Descartes aurait faite dans le déroulé même du rêve, peu après s’être éveillé.

Première partie : le rêve

« Un moment après il eut un troisième songe, qui n’eut rien de terrible comme les deux premiers. Dans ce dernier, il trouva un livre sur sa table sans savoir qui l’y avait mis. Il l’ouvrit et, voyant que c’était un dictionnaire, il en fut ravi dans l’espérance qu’il pourrait lui être fort utile. Dans le même instant, il se rencontra un autre livre sous sa main qui ne lui était pas moins nouveau, ne sachant d’où il lui était venu. Il trouva que c’était un recueil des poésies de différents auteurs, intitulé Corpus poetarum etc. Il eut la curiosité d’y vouloir lire quelque chose et à l’ouverture du livre il tomba sur le vers « Quod vitae sectabor iter ? » (quelle  voie dans la vie sera la mienne ?) Au même moment il aperçut un homme qu’il ne connaissait pas, mais qui lui présenta une pièce de vers, commençant par « Est et non » (ce qui est et ce qui n’est pas), et qui la lui vantait comme une pièce excellente. M. Descartes lui dit qu’il savait ce que c’était et que cette pièce était parmi les Idylles d’Ausone qui se trouvaient dans le gros recueil des poètes qui était sur sa table. Il voulut la montrer lui-même à cet homme et il se mit à feuilleter le livre dont il se vantait de connaître parfaitement l’ordre et l’économie. Pendant qu’il cherchait l’endroit, l’homme lui demanda où il avait pris ce livre et M. Descartes lui répondit qu’il ne pouvait lui dire comment il l’avait eu, mais qu’un moment auparavant il en avait manié encore un autre qui venait de disparaître, sans savoir qui le lui avait apporté, ni qui le lui avait repris. Il n’avait pas achevé qu’il revit paraître le livre à l’autre bout de la table. Mais il trouva que ce dictionnaire n’était plus entier comme il l’avait vu la première fois. Cependant il en vint aux poésies d’Ausone, dans le recueil des poètes qu’il feuilletait et, ne pouvant trouver la pièce qui commence par « Est et non », il dit à cet homme qu’il en connaissait une du même poète encore plus belle que celle-là et qu’elle commençait par « Quod vitae sectabor iter ? » (quelle  voie dans la vie sera la mienne ?). La personne le pria de la lui montrer et M. Descartes se mettait en devoir de la chercher lorsqu’il tomba sur divers petits portraits gravés en taille douce, ce qui lui fit dire que ce livre était fort beau, mais qu’il n’était pas de la même impression que celui qu’il connaissait. Il en était là, lorsque les livres et l’homme disparurent et s’effacèrent de son imagination, sans néanmoins le réveiller. »

Deuxième partie : l’interprétation qu’en a donnée Descartes

« Il jugea que le dictionnaire ne voulait dire autre chose que toutes les sciences ramassées ensemble, et que le recueil de poésies intitulé Corpus poetarum marquait en particulier et d’une manière plus distincte la philosophie et la sagesse jointes ensemble. Car il ne croyait pas qu’on dût s’étonner si fort de voir que les poètes, même ceux qui ne font que niaiser, fussent pleins de sentences plus graves, plus sensées et mieux exprimées que celles qui se trouvent dans les écrits des philosophes. Il attribuait cette merveille à la divinité de l’enthousiasme et à la force de l’imagination, qui fait sortir les semences de la sagesse (qui se trouvent dans l’esprit de tous les hommes comme les étincelles de feu dans les cailloux) avec beaucoup plus de facilité et beaucoup plus de brillant même que ne peut faire la raison dans les philosophes. M. Descartes, continuant d’interpréter son songe dans le sommeil, estimait que la pièce de vers sur l’incertitude du genre de vie qu’on doit choisir, et qui commence par « Quod vitae sectabor iter ? », marquait le bon conseil d’une personne sage ou même la théologie morale. Là-dessus, doutant s’il rêvait ou s’il méditait, il se réveilla sans émotion et continua, les yeux ouverts, l’interprétation de son songe sur la même idée. Par les poètes rassemblés dans le recueil il entendait la révélation et l’enthousiasme, dont il ne désespérait pas de se voir favorisé. Par la pièce de vers « Est et non », qui est « Le oui et le non » de Pythagore, il comprenait la vérité et la fausseté dans les connaissances humaines et les sciences profanes. Voyant que l’application de toutes ces choses réussissait si bien à son gré, il fut assez hardi pour se persuader que c’était l’esprit de vérité qui avait voulu lui ouvrir les trésors de toutes les sciences par ce songe. Et comme il ne lui restait plus à expliquer que les petits portraits de taille-douce qu’il avait trouvés dans le second livre, il n’en chercha plus l’explication après la visite qu’un peintre italien lui rendit dès le lendemain. / Ce dernier songe, qui n’avait eu rien que de fort doux et de fort agréable, marquait l’avenir selon lui et il n’était que pour ce qui devait lui arriver dans le reste de sa vie. »

 Quelques remarques sur le rêve et sur l’interprétation qu’en a donnée Descartes :

Il semble que, préparé par les rêves précédents au sens de ce qui lui arrivaient cette nuit-là, Descartes a fait l’interprétation la plus claire de ces trois songes du 10 novembre 1619. Deux livres s’opposent dans ce troisième rêve. L’un apparaît sur la table, l’autre dans ses mains. Chacun est reconnu pour ce qu’il est, même si l’édition lui reste inconnue : le premier est un dictionnaire, le second un recueil de poésie.

Un dictionnaire a deux caractéristiques : il a une ambition de totalité, et son ordre est purement arbitraire, chaque mot étant convoqué pour lui-même, sans lien avec les autres mots. C’est très utile un dictionnaire, parce qu’il rassemble un savoir linguistique propre à une culture et à un moment donné, et le met à la portée de tout lecteur. Descartes l’aborde dès lors avec enthousiasme : il va lui être très utile. Espérance. Puis le dictionnaire disparaît et quand, convoqué par l’interlocuteur de Descartes il réapparaît, « il n’est plus entier ». Une partie du savoir a disparu, n’est plus disponible.

Pour tout lecteur de Descartes, le symbole est clair : il s’agit du savoir de son temps, savoir sans fondement scientifique, lacunaire, et peu systémique. Dans le Discours de la méthode, Descartes raconte comme il fut déçu par le savoir appris à l’école et dans les livres, un savoir venu de l’Antiquité, d’Aristote surtout, tel qu’il fut repensé par les théologiens. C’est ce qu’on appelait la scolastique, un savoir préscientifique qui ne peut satisfaire l’exigence de rationalité de Descartes. Mais Descartes va s’en défaire et vouloir tout repenser à partir de bases solides. Dans le rêve on voit ce détachement : le dictionnaire reste à l’autre bout de la table. Descartes le met ou le mettra à distance et s’en méfiera.

Au demeurant, dans sa propre interprétation de ce rêve, Descartes explicite lui-même le dédain qu’il a pour la scolastique et la révérence qui est au contraire la sienne pour les poètes qui expriment des vérités bien plus profondes.

Le second recueil a les faveurs de Descartes. D’abord, c’est un recueil de poésie. Deux poèmes s’y confrontent. Dans un premier temps, Descartes tombe sur un poème au sens très évident : « Quod vitae sectabor iter ? » : quelle  voie dans la vie sera la mienne ? Il ne faut pas oublier que Descartes est encore très jeune à cette époque de sa vie (il a 24 ans), et à ce moment, il n’avait pas encore décidé de consacrer sa vie à la connaissance, puisqu’au contraire, il s’était engagé dans l’armée du Prince d’Orange en Hollande. Son rêve manifeste un questionnement important à ce sujet. L’interlocuteur de Descartes (une partie de lui) propose à son attention un autre poème : « Est et Non » ce qui est et ce qui n’est pas. Ce poème existe en réalité, et dans son interprétation, Descartes y voit une expression du poème d’Ausone, intitulé L« Nai kai ou pytagorikon », c’est-à-dire : « le oui et le non des pythagoriciens ». Dans sa vie future, déterminée à partir de ses trois grands rêves, Descartes va se consacrer à la distinction  du vrai d’avec le faux, du réel d’avec l’irréel. C’est donc vers ce travail de  distinction du réel et de l’illusion qu’allait être orientée la vie de Descartes, comme si le second poème répondait directement à la question posée par le premier : « quelle voie sera la mienne ? » « trouver les moyens de distinguer entre ce qui est (et ce qui est vrai) et ce qui n’est pas (ce qui relève de l’illusion).  

Le dernier élément consiste dans ces petits portraits qui illustrent le livre de poésie, qui augmentent la beauté de l’ouvrage et qui n’existent pas dans l’édition réelle que connaît et peut-être possède Descartes. Là encore, on ne peut que constater l’opposition entre un dictionnaire souvent anonyme ou fait collectivement sans qu’on sache à qui appartient telle ou telle pensée, et le recueil que tient Descartes et qui renvoie très exactement à des personnes. Il ne faut pas beaucoup pousser l’interprétation pour rattacher ce détail au fait que la philosophie de Descartes renouvelle la discipline par la mise en lumière de l’importance de la subjectivité : la connaissance avec Descartes, aussi universelle qu’elle ambitionne d’être, est celle d’un sujet de conscience et donc d’une personne singulière. La pensée ne peut donc exister qu’en se désignant elle-même comme appartenant à tel ou tel philosophe, tel ou tel penseur, telle ou telle personne. Pour en revenir à la question posée par le premier poème et à la réponse donnée par le second, nous voyons que les portraits ajoutent une  précision : « à quoi consacrer ma vie ? » « à la recherche de la vérité, ce qui ne peut être le fait que d’une pensée individualisée et singulière (d’un ego cogitans) »

Descartes n’a, au réveil, plus aucun doute, il vient de faire de Grands Rêves, de ceux qui éclairent une destinée et la guident : « il fut assez hardi pour se persuader que c’était l’esprit de vérité qui avait voulu lui ouvrir les trésors de toutes les sciences par ce songe ».

Le père du rationalisme moderne, Descartes, a donc orienté toute sa vie et toute sa philosophie, à la lumière d’une interprétation de ces trois Grands Rêves. Il y a de quoi être surpris !

Liliblue



Lae, voyante sur Avigora

laeLae est une voyante qu’on peut consulter sur la plateforme Avigora.

Je l’ai consultée pour la première fois en 2011, et ma première consultation s’est fait au milieu de la tourmente professionnelle et affective qui m’avait conduite à surconsommer de la voyance. Et j’avoue que Lae, pour sa première prestation, aurait bien pu disparaître dans le paquet de voyants qui se sont trompés, et que je n’ai pas reconsultés.

Car, bien que Lae ait vu des choses très précises sur le plan pro, c’est avec un retard de deux ans que ses prédictions se sont réalisées, et en liant ce qu’elle voyait à ce que je vivais sur le moment, de ce fait, Lae a dit des choses erronées bien qu’à la relecture je comprenne le fond de voyance réelle qui soutenait son discours.

En revanche sur le plan affectif dans sa signification amoureuse et conjugale,  Lae est la seule voyante que j’ai consultée depuis la cartomancienne de Nouméa, qui a su parfaitement dater tout ce qui m’est arrivé depuis 2011 où je la consultais. Et ce ne m’était pas favorable.

Depuis cette première consultation, et après trois ans de rejet, j’ai repris contact avec Lae début 2014 et j’ai bénéficié de ses visions qui, depuis et jusqu’à maintenant, sont globalement justes, d’abord sur le plan professionnel où elle a bien vu que j’avais deux activités, et a parfaitement décrit chacune d’elle, ainsi que donné les dates importantes où il s’est passé des choses qui faisaient évoluer mon implication.

Ensuite, Lae, interrogée sur ma famille,  a vu les difficultés qui sont les miennes, là aussi, l’évolution précise, datée au mois près,  s’est réalisée telle qu’elle l’avait vue.

Sur le plan affectif-amoureux et conjugal, je l’avais consultée pour mon ami du moment, là aussi, je note, à la relecture une description de la personne, de mes attentes, et de l’évolution sur toute l’année 2014 qui est remarquable.

Je ne peux que constater que Lae a un don , même si, encore une fois, sur ce qui me troublait le plus en 2011, elle n’a pas pu me dire que j’allais avoir à vivre un enfer durant deux ans.Elle a bien parlé de l’enfer, mais il devait s’arrêter rapidement. Il est possible que, cette occultation fut une sorte de protection, car là où, pour moi ce n’était pas aussi important, l’affectif amoureux et conjugal, Lae fut sans complaisance et a vu et daté ce que j’allais vivre ensuite, ce qui ne m’a pourtant pas fait plaisir sur  le coup, mais me permet de vous dire que si Lae n’est pas complaisante, elle a un véritable don.

En outre, pour les petits budgets, il est intéressant de savoir que prendre avec Lae le forfait de 10 mn sur avigora peut valoir le coup, car elle est très rapide. Dans ma dernière consultation, elle a traité pas moins de quatre questions essentielles dans les 10 mns que j’avais prises.

Liliblue

Je reviens vers vous, car en cherchant d’anciennes consultations, j’ai retrouvé une consultation de Laé clairement ratée. C’était dans une période de grand stress et je dois dire que quand je relis les consultations d’alors, elles étaient toutes mauvaises. C’est à réfléchir, peut-être qu’il est impossible d’être captée quand on est en crise. Parfois, certaines voyance manquent de clarté, et restent un peu confuses. 

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Cela fait des années maintenant que je consulte Laé, au moins une à deux fois par an, parfois plus, car Laé est très rapide dans ses analyses. Je peux dire que cette voyante est l’une des plus performantes pour répondre, avec précision, et concision, ainsi qu’avec une invraisemblable justesse, aux questions qu’on lui pose. Excellente à mon sens, Laé est en même temps très accessible. 



Le second rêve de Descartes

Descartes jeune (gif)Après s’être réveillé, et avoir prié pour se protéger de toute mauvaise influence, Descartes se rendort, et fait un second rêve, dont Adrien Baillet, dans La vie de Monsieur Descartes de 1691,  nous fait le récit.

Le rêve :

 » Dans cette situation, il se rendormit après un intervalle de près de deux heures dans des pensées diverses sur les biens et les maux de ce monde. Il lui vint aussitôt un nouveau songe dans lequel il crut entendre un bruit aigu et éclatant qu’il prit pour un coup de tonnerre. La frayeur qu’il en eut le réveilla sur l’heure même et, ayant ouvert les yeux, il aperçut beaucoup d’étincelles de feu répandues par la chambre. La chose lui était déjà souvent arrivée en d’autres temps et il ne lui était pas fort extraordinaire en se réveillant au milieu de la nuit d’avoir les yeux assez étincelants pour lui faire entrevoir les objets les plus proches de lui. Mais en cette dernière occasion, il voulut recourir à des raisons prises de la philosophie et il en tira des conclusions favorables pour son esprit, après avoir observé en ouvrant puis en fermant les yeux alternativement la qualité des espèces qui lui étaient représentées. Ainsi sa frayeur se dissipa et il se rendormit dans un assez grand calme. »

Interprétation de Descartes :

« L’épouvante dont il fut frappé dans le second songe marquait, à son sens, sa syndérèse, c’est-à-dire les remords de sa conscience touchant les péchés qu’il pouvait avoir commis pendant le cours de sa vie jusqu’alors. La foudre dont il entendit l’éclat était le signal de l’esprit de vérité qui descendait sur lui pour le posséder. »

Notre interprétation :

N’étant plus à cette époque de Descartes où les rêves pouvaient être perçus comme des avertissements d’un Ciel qui menaçait de châtiments ceux qui désobéissaient à ses injonctions, nous ne pouvons pas suivre Descartes dans l’interprétation très marquée de cette peur propre aux temps passés dans la relation à la religion.

Les étincelles sont des parcelles de lumières, et il ne peut s’agir de la perception de véritables étincelles comme on peut en voir parfois quand le bois éclate sous l’effet de la chaleur, dans ce « poêle » où dort Descartes, qui est une chambre sans cheminée et chauffée par un chargement extérieur.

Il s’agit bien là, avec le bruit de tonnerre du début du rêve, d’une symbolique du feu et de la foudre.

Or ce coup de tonnerre évoque une révélation importante ou une prise de conscience aux effets bouleversants, et les étincelles, une régénération spirituelle.

Plus étonnante est la suite du récit où il est question de voir dans cette expérience quelque chose qui a déjà été vécu dans le passé. Descartes a-t-il eu cette vision d’étincelles à d’autres moments de sa vie ?

La fin du récit porte sans doute sur la dilatation des pupilles dans la nuit, ce qui rend Descartes capable de voir les objets de la chambre qu’il ne voyait plus en éteignant sa chandelle. Il éprouve alors, à voir le décor familier de sa chambre suffisamment de réconfort pour se rendormir.

Liliblue



Premier rêve de Descartes

Descartes jeune (gif)

Le premier rêve de Descartes dans la nuit du 10 novembre 1619

Qui sait que Descartes, le père du rationalisme, avait orienté sa vie en écoutant le message de trois rêves, faits en 1619 ?

Malheureusement nous n’avons pas d’écrits de Descartes qui racontent, de manière directe, ces fameux rêves qui ont joué un rôle dans l’orientation choisie de son destin et  considérés par Descartes lui-même, comme de véritables « songes initiatiques ». Il les a cependant bien consignés, en latin, sous le titre d’ « Olympica », mais c’est par son biographe, l’abbée Andrien Baillet, que l’histoire a conservé ces rêves, et nous ignorons dans quelle mesure cet homme fut fidèle à Descartes dans sa traduction. Tels qu’Andrien Baillet les a restitués, ces rêves sont cependant incontestablement parlant pour tous ceux qui ont eux-mêmes travaillés sur les rêves et leurs significations.

Un peu de contexte d’abord :

 Alors qu’il avait une vingtaine d’année, Descartes engagé dans les troupes du duc de Bavière, a quitté Francfort où il avait assisté au couronnement de l’empereur, puis s’est retiré dans une paisible solitude, bien décidé à réfléchir aux moyens de réformer les connaissances de son temps, qu’il jugeait bien trop obscures. Ses méditations sur les conditions et moyens de la vérité ont alors pris un tour surprenant : « La recherche qu’il voulut faire de ces moyens, nous dit son biographe, Adrien Baillet, jeta son esprit dans de violentes agitations, qui augmentèrent de plus en plus par une contention continuelle où il le tenait, sans souffrir que la promenade ni les compagnies y fissent diversion. Il le fatigua de telle sorte que le feu lui prit au cerveau et qu’il tomba dans une espèce d’enthousiasme, qui disposa de telle manière son esprit déjà abattu qu’il le mit en état de recevoir les impressions des songes et des visions. »

Le 10 novembre 1619, Descartes fit donc trois rêves si frappants et tellement signifiants qu’il se persuada qu’il s’agissait-là de visions, c’est-à-dire de messages  « qu’il s’imagina ne pouvoir être venu que d’en haut » et qui allaient l’aider à décider de sa vocation : quitter le monde militaire  pour se mettre au service de la vérité.

Le premier rêve :

« Après s’être endormi, son imagination se sentit frappée de la représentation de quelques fantômes qui se présentèrent à lui, et qui l’épouvantèrent de telle sorte que, croyant marcher par les rues, il était obligé de se renverser sur le côté gauche pour pouvoir avancer au lieu où il voulait aller, parce qu’il sentait une grande faiblesse au côté droit dont il ne pouvait se soutenir. Étant honteux de marcher de la sorte, il fit un effort pour se redresser, mais il sentit un vent impétueux qui, l’emportant dans une espèce de tourbillon, lui fit faire trois ou quatre tours sur le pied gauche. Ce ne fut pas encore ce qui l’épouvanta. La difficulté qu’il avait de se traîner faisait qu’il croyait tomber à chaque pas, jusqu’à ce qu’ayant aperçu un collège ouvert sur son chemin, il entra dedans pour y trouver une retraite et un remède à son mal. Il tâcha de gagner l’église du collège où sa première pensée était d’aller faire sa prière, mais s’étant aperçu qu’il avait passé un homme de sa connaissance sans le saluer, il voulut retourner sur ses pas pour lui faire civilité et il fut repoussé avec violence par le vent qui soufflait contre l’église. Dans le même temps, il vit au milieu de la cour du collège une autre personne qui l’appela par son nom en des termes civils et obligeants et lui dit que s’il voulait aller trouver Monsieur N. il avait quelque chose à lui donner. M. Descartes s’imagina que c’était un melon qu’on avait apporté de quelque pays étranger. Mais ce qui le surprit davantage fut de voir que ceux qui se rassemblaient avec cette personne autour de lui pour s’entretenir étaient droits et fermes sur leurs pieds, quoiqu’il fût toujours courbé et chancelant sur le même terrain et que le vent qui avait pensé le renverser plusieurs fois eût beaucoup diminué. Il se réveilla sur cette imagination et il sentit à l’heure même une douleur effective qui lui fit craindre que ce ne fût l’opération de quelque mauvais génie qui l’aurait voulu séduire. Aussitôt il se retourna sur le côté droit, car c’était sur le gauche qu’il s’était endormi et qu’il avait eu le songe. Il fit une prière à Dieu pour demander d’être garanti du mauvais effet de son songe et d’être préservé de tous les malheurs qui pourraient le menacer en punition de ses péchés, qu’il reconnaissait pouvoir être assez griefs pour attirer les foudres du ciel sur sa tête, quoiqu’il eût mené jusque-là une vie assez irréprochable aux yeux des hommes. »

Adrien Baillet, la Vie de M. Descartes, biographie, 1691, Livre 2, chapitre 1

L’interprétation de Descartes, d’après Adrien Baillet :

Descartes a interprété ses deux premiers rêves comme « des avertissements menaçants touchant sa vie passée qui pouvait n’avoir pas été aussi innocente devant Dieu que devant les hommes. Et il crut que c’était la raison de la terreur et de l’effroi dont ces deux songes étaient accompagnés. »

« Le melon dont on voulait lui faire présent dans le premier songe signifiait, disait-il, les charmes de la solitude, mais présentés par des sollicitations purement humaines. Le vent qui le poussait vers l’église du collège, lorsqu’il avait mal au côté droit, n’était autre chose que le mauvais génie qui tâchait de le jeter par force dans un lieu où son dessein était d’aller volontairement. C’est pourquoi Dieu ne permit pas qu’il avançât plus loin et qu’il se laissât emporter même en un lieu saint par un esprit qu’il n’avait pas envoyé, quoiqu’il fût très persuadé que c’eût été l’esprit de Dieu qui lui avait fait faire les premières démarches vers cette église ».

Nous voyons que cette interprétation de Descartes sur ce fruit, un melon, fruit rond, avec une écorce, signifie l’isolement qu’il apprécie comme condition de la méditation. Pourquoi pas, mais le melon a d’autres significations.

En ce qui concerne le vent, Descartes y voit le contraire du libre-arbitre. Ce serait un vent maléfique qui voudrait lui faire faire quelque chose qu’il avait pourtant bien décidé de faire. C’est très confus.

Notre interprétation :

L’entrée en jeu des fantômes de ce premier rêve ne doit pas nous étonner. Ce type de personnage a sa place dans l’univers onirique pour signaler le passage d’une frontière : celle qui sépare et relie le monde d’ici-bas et l’au-delà, ce passeur se révélant, selon Georges Romey, l’auteur du Dictionnaire de la symbolique, « l’un des plus sûrs conducteurs vers la réalité ». Les fantômes du premier rêve de Descartes indiquent dès lors qu’il prend pied dans l’univers de la surconscience qui parfois s’exprime dans les rêves, quand ceux-ci sont de grands rêves, de ceux qui changent une destinée.la

Il faut savoir aussi que la mère de Descartes est morte alors qu’il avait à peine plus d’un an. Or la mère est la première incarnation du principe féminin incarné par la gauche, cette partie sur laquelle Descartes va s’appuyer tout au long de ce rêve, pour s’ouvrir au message qu’il contient.

Le second élément énoncé dans ce rêve, c’est cette faiblesse que ressent le rêveur de son côté droit et la nécessité d’avancer en s’appuyant et penchant sur le côté gauche. Tout le monde, je pense, comprend que, pour ce mathématicien et rationaliste, le côté droit, fatigué, représente la rationalité, et le côté gauche figure la vie intérieure et poétique qui prendra une place essentielle dans le troisième rêve. En ce qui concerne le choix de sa vocation qui est en question dans les trois rêves de Descartes, il est clair que le rêve l’informe qu’il ne peut s’appuyer sur la seule raison, il doit même la mettre momentanément de côté. Ce symbole rejoint parfaitement le précédent, il s’agit d’une entrée en matière : il faut maintenant écouter la voix intérieure, l’intuition, celle qui, précisément, parle à la conscience de Descartes dans ces trois rêves.

Le vent impérieux qui fit faire au rêveur « trois ou quatre tours sur le pied gauche » peut être pensé comme le vent de Dieu ou le vent de l’intuition qui lui fait effectivement faire trois rêves, trois productions intuitives, qui auront le même but. Nous voyons que ces trois rêves sont nécessaires, car Descartes n’est pas à l’aise dans une telle démarche « étant honteux de marcher de la sorte, il fit un effort pour se redresser », il résiste à cette brusque entrée de l’intuition dans sa vie, et a donc besoin de cette répétition des trois rêves.

Pour sa part, il y voit l’expression d’un mauvais génie, qui veut lui faire faire par force ce que lui ne fera que par libre arbitre : entrer dans une église.

Quand, ensuite, Descartes est détourné de son projet pour suivre un autre homme et revenir sur des connaissances passées, nous voyons bien que c’est un vent de Dieu qui le ramène vers l’église. Cette image montre clairement que Descartes ne peut suivre personne d’autre, il ne ferait alors que régresser. Il doit inventer son propre chemin, mais il y sera conduit avec toute la puissance de son intuition géniale, une intuition presque médiumnique d’après son rêve.

Le quatrième élément c’est l’entrée dans la Cour du collège où se trouve l’église du rêve. Nous sommes là dans le temple intérieur. L’essentiel est désormais abordé, le vent alors peut diminuer.

Devant cette église, une personne accueille le rêveur avec civilité et lui donne un message qu’il comprend : il va recevoir un cadeau d’un certain Monsieur N. dont le biographe ne nous donne aucune indication, mais que le rêveur imagine comme lui donnant un melon. Voici le cœur du message : le fruit de son travail lui est promis, un fruit qui symbolise l’accueil du soleil par la terre (le melon est un fruit gorgé d’eau sucrée et qui ne pousse que dans des lieux très ensoleillés, sa forme et sa couleur évoquant aussi le cercle solaire), et donc cette spiritualisation de la matière que va représenter le travail de Descartes dans son effort pour rendre la pensée de l’homme plus consciente dans son cheminement.

Augustin  voyait dans le melon l’image des « «trésors en or de Dieu» inscrits dans la nature. Sa forme pourrait aussi évoquer le fruit du paradis perdu, celui de l’arbre « de la connaissance du bien et du mal » qui sera transformée par Descartes en connaissance du vrai et du faux. Les rayures du melon pourraient aussi faire penser au globe terrestre avec ses méridiens, et évoque l’idée d’une totalité, en lien avec ce système de connaissance totale qu’était alors la philosophie à laquelle Descartes allait se consacrer .

Le rêve malgré ses aspects pénibles (le vent puissant qui semble emmener Descartes contre sa volonté vers l’église, et la démarche  boiteuse) est très bénéfique : il annonce que Descartes ne travaillera pas en vain, qu’il bénéficiera d’une puissante inspiration qui l’empêchera de se perdre dans son chemin, le détournera des mondanités inutiles et régressives au regard de ce qu’il doit apporter au monde (la civilité qui, dans le rêve, tente de l’emmener à revenir sur ses pas).  Ce rêve annonce le succès éclatant qui sera celui de Descartes ensuite, parce qu’il apportera au monde entier (le globe du melon) une nourriture à la fois spirituelle, solaire, lumineuse et très matérielle, concrète, en adéquation avec la réalité (ce que symbolise encore ce melon promis du rêve).

Mais ce succès n’est pas encore proche dans le temps. Le passage du relais de témoin en témoin montre que l’obtention du fruit de son travail va exiger du temps, de la recherche et de nombreux échanges.

Le sixième élément du rêve, c’est la comparaison que Descartes fait entre lui et les personnes présentes dans l’église. Alors qu’il est tout courbé sur le côté gauche, les autres sont droits. Descartes s’appuie essentiellement sur son côté droit : la rationalité. Il est invité par son rêve à se tenir sur le côté gauche, c’est-à-dire à rééquilibrer sa pensée, faisant une place importante à l’intuition philosophique, et pas seulement à la recherche scientifique qui l’occupait alors beaucoup. Les personnes qui sont dans ce lieu sacré,  représentent au contraire de lui une forme supérieure d’humanité et un idéal à atteindre : l’usage équilibré des deux parties, rationnelle et intuitive, masculine et féminine du psychisme.

La sortie du rêve nous montre à quel point Descartes est pieux. Nous sommes dans une époque où la foi est vécue pleinement, et un tel rêve n’a pas manqué de conduire son auteur à la prière.

Nous voyons aussi comment la réalité du corps peut influencer les rêves. Descartes était couché sur le côté gauche, et souffrait d’une douleur (crampe ?). Cette relation entre réalité et rêve n’empêche rien de la profondeur du message du rêve. D’autant que Descartes fit ensuite, deux autres rêves, qui le prolongèrent et le confirmèrent.

Liliblue



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