Quand la réalisation des prédictions recule continuellement dans le temps

                          tempsIl y a quelques jours, j’ai consulté une voyante qui a une excellente réputation. Je fais en effet cet investissement régulièrement, que de consulter quelqu’un d’apprécié. Et cette dame, charmante au demeurant, me parle en priorité de ma vie professionnelle. J’avais pris un petit forfait, et je lui ai laissé le choix du sujet abordé.

Cette voyante me fait alors une prédiction comme je les aime, très précise, avec  des détails parlants sur un homme qui doit jouer un rôle important quant à la réalisation d’un de mes projets, sans que l’affectif soit en jeu, je le précise. Elle me détaille le lieu la rencontre, les circonstances, et les étapes dans cette aide qu’il doit m’apporter, et rejoint en tout point une prédiction récurrente faite par mes meilleurs voyants et cela depuis… 2007. La première des prédictions précises qui tournait autour de cet homme dans ce contexte professionnel, m’a donc été faite il y a 7 ans… et ne s’est pas encore réalisée. Et pour cause, selon cette voyante dont je dévoilerais le nom si sa prédiction se réalise… puisque c’est en 2017 que tout se met en place.

De toute évidence, la voyance a un problème avec le temps. Et c’est ce qui conduit tant de consultants à consulter encore et encore, puisque la plupart des voyants ne savent pas dater leurs prédictions. Et il est vrai que si réellement cette affaire doit se passer en 2017, il ne faut pas s’étonner que cette prédiction récurrente ne se soit pas réalisée…

C’est ce problème de temporalité qui rend la voyance quasiment inutilisable. Ce n’est pas un service comme les autres. C’est un don qui est offert aux hommes, et devant lequel on touche au sacré.

Le mieux qu’on puisse faire, selon moi, c’est admettre que la consultation propose une vision intéressante, car rassurante quant à la finalité ultime de notre projet, mais oublier toute date. Quand on a trouvé un voyant, ou deux ou trois dont on est sûr, il suffit alors d’une consultation par an, et attendre. Si on trouve en outre un voyant qui a le don de pouvoir dater ses prédictions et que ces dates sont fiables, c’est encore mieux.

Mais pour le moment je n’ai vu cela qu’une fois. C’était une cartomancienne à Nouméa, il y a une vingtaine d’années. Elle m’avait prédit qu’il me faudrait attendre la quarantaine pour rencontrer le père de mes enfants, et c’est effectivement dans les dates que je l’ai rencontré. A l’époque, dix ans avant, sa prédiction m’avait paru fort peu crédible. Et finalement c’est bien ce qui s’est passé. J’ai raconté les choses en détail dans un autre article.

Maintenant si on m’avait dit en 2007 qu’il me faudrait attendre dix ans pour voir mon projet réalisé, je ne sais pas si j’aurais trouvé la force de le travailler avec cette intensité qui fut la mienne. La voyance me pose de gros problèmes en tant que passionnée par cet art difficile : d’un côté elle aide à garder espoir, d’un autre côté elle désespère quand la réalisation des prédictions semble toujours poussée à plus tard, conduisant à se demander si on n’a pas raté son destin. Et enfin, quand elle est parfaite, c’est-à-dire détaillée et dans les clous au niveau des dates, elle peut être là aussi totalement désespérante. Car dix ans, c’est énorme pour qui est porteur d’un désir.

Liliblue



Voyance et Temporalité

La ligne du temps pour les grammairiens

La ligne du temps inscrite dans la langue française

La conception ordinaire du temps rend la voyance impossible, d’où son rejet par la plupart des cartésiens et rationalistes en tous genres, au nom d’une vision conforme aux sciences. Pourtant il y a des recherches scientifiques sur la voyance, aux USA surtout, mais en France aussi. Nous en parlerons dans un autre article. Et surtout, en ce qui me concerne, il y a les preuves que j’accumule depuis plus de 20 ans, et si je compte mes propres rêves prémonitoires, plus de 40 ans.

Si la voyance existe, cela signifie que notre rapport au temps n’est pas celui qu’on croit, celui de cette ligne qui s’avance de gauche à droite, passant du passé au présent et du présent au futur. Déjà certaines conceptions philosophiques du temps ont repensé cette ligne en l’inversant : c’est le futur qui arrive au présent et s’écoule vers le passé.

Mais la voyance remet totalement en cause ces visions du temps linéaire, puisqu’au présent, certaines personnes captent des images du présent donc, mais qui parlent de l’avenir.

Comment est-ce possible ? Comme le disait déjà saint Augustin, le philosophe théologien à la base de la philosophie chrétienne, le passé est dépassé, donc n’existe pas, et l’avenir n’étant pas encore, n’est donc pas du tout. Ni le passé ni l’avenir n’existent. Seul le présent existe, et au présent, la mémoire du passé et l’anticipation de l’avenir qui sont des imaginations, des projections mentales dans des temps qui n’existent  pas et que l’on fait exister en image seulement, une image fondée sur l’expérience du passé dans un cas, une image simplement inventée dans le cas du futur.

Si Augustin avait raison, le voyant serait un charlatan, ce que beaucoup de personnes pensent. Ils seraient d’habiles mentalistes, capables, à partir des informations du présent d’imaginer correctement le plus souvent un avenir dont le présent porte les traces visibles et analysables par toute personne attentive. Or, je peux témoigner que les meilleures voyances, qu’on m’a faites, l’ont été sur des images d’un avenir imprévisible au présent. Quand la cartomancienne de Nouméa m’annonçait, alors que je n’avais pas encore trente ans, que je rencontrerai le père de mes enfants peu avant 40 ans, cela m’a paru fort peu vraisemblable. Quand Peggy Hol me voyait travailler sur des projets artistiques où le professionnel et le technique seraient mêlés, et alors que j’avais, complètement, fermé la porte du cinéma, j’ai pensé à une extrapolation et non à la captation d’une image future. Or, quelques années plus tard, j’ai effectivement travaillé avec des designers, où les questions techniques et artistiques sont indissociables.

Bref…

Comment le voyant peut-il, au présent, capter des images du futur puisque le futur n’existe pas ?

Il faut en réalité  admettre qu’il existe déjà.

Deux interprétations alors se heurtent à propos de ce futur qui existe déjà :

- ou bien ce futur est entièrement tracé, dans un déterminisme qui fait de l’homme un simple pantin, et le voyant ne ferait que capter ce qui est écrit depuis toujours dans le Grand Rouleau divin (pour parler comme Jacques le fataliste, le personnage de Diderot). On conçoit ce que cette vision de l’homme a de rebutant : c’est la liberté même qui disparaît là.

- Ou bien le futur est déjà en germe dans le présent, et c’est ce germe qui a déjà une consistance matérielle suffisante pour exister en image, ce que le voyant capte. Cette seconde vision, pour ma part, me semble juste. Et c’est elle que je vais essayer de rendre concrète.

N’importe quel médecin, sans être fataliste, peut voir, au présent, l’avenir d’une personne en fonction de ce qu’elle mange, boit, ou des activités physiques qui sont les siennes et d’une manière globale de son genre de vie. Il peut s’appuyer aussi sur la génétique. Ainsi, à un moment T et devant tel alcoolique, la cirrhose lui est visible. On peut même faire des statistiques pour chaque année d’alcoolisme, le pourcentage de « chance » d’avoir une cirrhose augmentant année après année pour un alcoolique.

On peut donc dire que la cirrhose est ce que capte, très rationnellement et au présent, tout médecin en face d’un alcoolique. Et à un moment donné cette prévision devient presque irrésistible (bien que pas totalement, un alcoolique pouvant mourir d’une autre façon, écrasé par exemple). C’est sur de telles captations rationnelles que se fonde la statistique médicale.

Car le présent est gros de l’avenir, bien qu’un avenir en formation.

MatriochkaCe que captent donc, selon moi, les voyants, ce sont les expressions concrètes d’un présent en formation, et non en exécution. D’où les erreurs de la voyance qui ne sont pas toutes dues à l’insuffisance d’un don. L’avenir peut être changé. Une conduite meilleure, une meilleure hygiène de vie, une prise de conscience et pour certains, la prière peuvent créer progressivement une expression matérielle qui prendra la place de celle qui semblait inéluctable.

La voyance nous désigne donc une autre image du temps : au lieu de la conception linéaire du temps, il faut l’imaginer sous l’image d’une poupée russe : le présent c’est la poupée extérieure, et cette poupée contient en elle des couches et des couches d’avenir en devenir. La poupée la plus grande à l’intérieur de la poupée du présent, c’est l’avenir qui est presque là, tout près et que certains voyants captent aisément. Mais certains descendent jusqu’aux poupées les plus petites, captant la matérialisation incomplète d’un futur en construction dès maintenant. Cette matérialisation en construction est captable quand elle a déjà une certaine consistance du fait du passé et de la vie au présent.

D’une certaine manière donc, on peut dire que le voyant ne voit pas l’avenir mais une forme de présent, ou bien qu’il voit l’avenir, parce qu’il est déjà, concrètement, une partie du présent, contenu en lui, comme le chêne est contenu comme un potentiel d’être dans le gland.

Liliblue.



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