Structure du Tarot : La voie de la contradiction

Structure du Tarot : La voie de la contradiction

 Le Monde 

L’Atout XXI n’est pas seulement le dernier Atout du Tarot et la manifestation d’un ensemble complet et parfait, d’une réalisation définitive, il donne la clé de la voie du Tarot qui est une voie de la réconciliation entre des forces contradictoires au sein d’une même dynamique. Ainsi, le mouvement giratoire qui lie Vache sacrée, Lion sacré, Aigle céleste et Ange divin accompagne la voie d’une humanité qui suit quatre Âges en relation avec les quatre Couleurs du Tarot : la Vache correspond à l’ère de Denier (préhistoire néolithique), le lion à l’ère de Bâton (Antiquité et Moyen-Age), l’aigle à l’ère rationnelle, moderne et industrielle (XVIIe à nos jours), et l’ange annonce un futur lié à l’ère dernière, l’ère spirituelle. Mais ce n’est pas la seule structure lisible dans cet Atout XXI. La Danseuse qui est au centre ne se lie aux autres Atouts que si Vache et Aigle (ou Denier et Épées), mais aussi Lion et Ange (ou Bâton et Coupes) vont l’un vers l’autre pour se rencontrer au centre. Telle est la voie de la Contradictoires du Niveau I et IIIcontradiction, car ces Cartes ou Couleurs sont à l’opposé l’une de l’autre. La Vache est en effet féminine, de terre et dès lors sèche et froide quand l’Aigle est masculin, d’Air, et dès lors chaud et humide. Et le Lion est masculin, de feu et dès lors sec et chaud, tandis que l’Ange est féminin, d’eau et dès lors humide et froid.

Sachant que chacun de ces Personnages sacrés de l’Atout XXI représente à la fois une Couleur et un Niveau du Tarot, cette Carte nous donne la clé d’un cheminement spirituel à suivre : les Atouts du premier Niveau et ceux du troisième Niveau (ceux qui correspondent aux Deniers, à l’élément Terre et à la Vache sacrée pour le premier Niveau et aux Epées, à l’Air et à l’Aigle pour le troisième Niveau), ainsi que les Atouts du second Niveau et ceux du quatrième Niveau (des Bâtons, le Feu, et du Lion, face aux Coupes de l’Eau et de l’Ange) doivent être emmenés l’un vers l’autre. Car, par delà la contradiction, se trouve un chemin de traverse, qui permet à ces éléments de se retrouver, de s’unir deux par deux : Terre et Air, Feu et Eau et de faire naître l’Unité qu’incarne la Danseuse. Et c’est ce que manifeste les Nombres que partagent ces Atouts : ainsi, il y a une relation particulière, faite de contradictions, mais aussi d’intimes relations entre les Atouts I et XI, II et XII, III et XIII, IIII et XIIII, V et XV ; puis entre les
Contradictoires Niveau II et IV
Atouts VI et XVI, VII et XVII, VIII et XVIIII, VIIII et XVIIII et enfin X et XX.

Ainsi pour prendre un exemple, il y a une évidente contradiction entre L’Empereur et Tempérance : L’Empereur représente l’autorité mâle faite pour encadrer, protéger et diriger une communauté, que ce soit la communauté familiale ou politique. C’est une relation très verticale, car hiérarchique :
il est celui qui donne ses ordres et les autres obéissent. Et face à l’extériorité (les étrangers par exemple), il oppose de très fermes frontières. Tempérance représente au contraire, les échanges et partages horizontaux, là où une certaine égalité s’affiche entre tous, afin de permettre le partage culturel. Et loin d’opposer une frontière étanche aux étrangers, Tempérance ne demande qu’à les rencontrer, à les accueillir, et à s’enrichir de leurs cultures, de leurs arts, de leurs apports… et à devenir leur ami dans la plus parfaite égalité et par la réciprocité de la relation.L'Empereur et Tempérance

Mais, si L’Empereur ne fait pas un pas vers Tempérance pour le rejoindre, et si Tempérance n’accompagne ce mouvement de son propre élan vers L’Empereur, chacun s’enferme dans une manière d’être qui perd toute vertu.

Ainsi L’Empereur ne saura pas se mettre au niveau de ses administrés, si un père être l’ami de son fils ou de sa fille, s’il n’y a pas d’échange, d’écoute, de partage. Le pouvoir qu’il incarne devient alors tyrannique.

Et si Tempérance ne sait pas conserver ses frontières, sa propre culture, ses propres traditions, lorsqu’il s’ouvre aux autres, il peut très vite être noyé et perdre son identité. 

L’équilibre même de chacune de ces deux Cartes impose de faire un certain chemin pour rejoindre l’autre Carte, même si, au départ, leur expression est à l’opposée l’une de l’autre.

On peut donc dire qu’un véritable Souverain (ou un véritable Père terrestre) n’est accompli qu’en étant capable d’être l’ami de ceux qu’il dirige, tout comme un ami ne pourra être un ami véritable qu’en ayant fermement conscience de son identité propre et de ses frontières psychiques (ses limites).

Contradictoires du Niveau I et IIIOn retrouve un même croisement entre toutes les Cartes qu’unissent le même Nombre : Le Bateleur qui débute et a devant lui tout son potentiel a besoin d’apprendre à dominer celui-ci par une véritable maîtrise, ce qu’incarne La Force. Et de même, celle-ci ne trouvera la plénitude de son être que si elle n’oublie pas le tout petit, le débutant, l’humble joueur qui est en elle. La Papesse, enfermée dans sa bibliothèque et ensevelie sous ses voiles, cultive l’abnégation du Pendu, sa patience, et son aptitude à relier la Terre au Ciel, tandis que ce dernier n’oublie jamais que les fruits de son travail, même s’ils n’apparaissent pas, finiront par murir, car aucun de ses efforts ne sont vains dans l’ensemencement qui est le sien d’une Nouvelle Terre. L’Impératrice sait qu’en donnant la vie, elle fait don de la mort, et cette dernière sait qu’elle est entièrement au service de la vie vivante, et enfin, Le Pape au service de son Eglise doit faire place aux critiques de l’athéisme et du rationalisme qu’incarne Le Diable, quand ce dernier doit se garder de devenir un guru manipulateur en développant une spiritualité humaniste.

D’un autre côté, L’Amoureux éprouve la puissance bouleversante de l’amour érotique sous la forme de la foudre, quand La Maison Dieu fait de tout bouleversement une occasion d’aimer et de changer de vie, Le Chariot est guidé par la chance à l’état pur qu’incarne L’Étoile, tandis que cette dernière, jardinière de l’Eden, conquiert, exploratrice, et Chariot du Cosmos, l’ultime Terre, le Jardin à la fois céleste et terrestre. La Justice incarne la froide raison mais pour mieux s’élever à la conquête de l’intuition que représente La Lune, quand le rêve que représente cette dernière vise la conscience et l’objectivité de La Justice. Le froid, hivernal et ancestral L’Hermite devient, par sa transmission, un père solaire, quand Le Soleil qui aime ses enfants dans la plus stricte égalité, veille à ne pas les écraser sous sa magnificence, en se retirant, Saturne sage, premier L’Hermite, de sa propre plénitude pour l’offrir à ses enfants. La terrible Sphinge de la Roue de Fortune ne peut être vaincue que par l’intuition de ce qu’est vraiment l’être humain, ce que souffle l’ange du Jugement, quand ce dernier tempère son exultation pour devenir le Juge suprême.Contradictoires Niveau II et IV

A ce travail qui impose un croisement de chaque Niveau au sein de chacune des Verticales du tarot, il faut cependant adjoindre le travail sur le Tarot secret qui traverse en Croix les Verticales et les Niveaux du Tarot. Ainsi, on apprend que L’Empereur ne peut se réaliser pleinement dans sa mâlitude qu’en découvrant en lui L’Étoile, son anima ; et tout de même que Tempérance doit s’adjoindre au Chariot pour aller jusqu’au Monde. La voie du Tarot sera alors, non celle de la contradiction, mais des complémentaires, dont nous avons vu déjà l’importance dans l’étude du tarot secret. 

Enfin, la Structure du Tarot met encore en lumière, la proximité des Niveaux I et IV, Niveaux féminins, de Terre et d’Eau, de Denier et de Coupes, tout comme celle des Niveaux II et III, Niveaux masculins, de Feu et d’Air, de Bâtons et d’Epée. Ainsi, il y a une affinité entre Le Bateleur et La Maison Dieu, La Papesse et L’Étoile, L’Impératrice et La Lune, L’Empereur et Le Soleil, Le Pape et Le Jugement, tout comme entre L’Amoureux et La Force, Le Chariot et Le Pendu, La Justice et L’Atout XIII, L’Hermite et Tempérance et enfin entre La Roue de Fortune et Le Diable. Cela mérite, là aussi, cependant, une étude particulière.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Structure et Tarot secret : la croix des complémentaires au sein de l’Arbre de vie

Structure et Tarot secret : la croix des complémentaires au sein de l’Arbre de vie

 

Tous les Atouts ayant été abordés, nous possédons désormais une clé essentielle pour ouvrir la porte de la compréhension du Tarot et de la voie qu’il représente pour l’initié. Nous savons que la structure en 4×5 est essentielle, nous savons aussi que, dans cette Structure tarologique, le X ou la Croix, porte toute l’espérance tarologique. Nous avons appris que cette Forme en Croix s’accomplissait entre les Niveaux I et III, ainsi qu’entre les Niveaux II et IV, ou encore entre Les Deniers et les Épées, tout comme entre les Bâtons et les Coupes, parce qu’il s’agit là d’oppositions qui, si elles se rencontrent et se dépassent dans une synthèse heureuse, génèrent l’Individualité épanouie. Il y a donc une Croix des oppositions dans le Tarot, mais il y a aussi une Croix des Atouts complémentaires, dans cette complémentation que nous avons présentée sous le nom de Tarot secret et qu’il s’agit désormais de mettre en évidence, dans son lien à l’Arbre de vie tarologique.

Rappelons d’abord ce qui est en question dans le Tarot secret : chaque Atout est une parcelle de la complétude et de l’unité que représente l’Atout XXI. Pour parvenir jusqu’à cette pleine complétude et cette unité qui est au bout du chemin tarologique, il lui faut donc s’allier avec la Carte qui est complémentaire. Ainsi, l’Atout I a pour complément nécessaire l’Atout XX et cela signifie que la potentialité que contient Le Bateleur ne pourra advenir à sa réalité pleine et entière que s’il trouve la communauté qui le supportera et le protègera et qui est représentée par Le Jugement. Ou, pour prendre l’Atout suivant, La Papesse qui représente entre autres choses la mère fusionnelle, celle-ci a radicalement besoin du Père solaire, père qui aime tous ses enfants dans une stricte égalité, qui les réchauffe de son amour paternel, qui les éclaire et leur montre le bon chemin, sous peine d’en faire des proies d’un amour maternel qui étendrait autour d’eux une toile engluante de laquelle ils ne pourraient jamais se libérer. Bien évidemment, ce qui est vrai dans un sens l’est aussi dans l’autre. Ainsi, la famille spirituelle et prête à accueillir l’Enfant royal qu’incarne l’Atout XX n’a de sens que par l’advenue de cet Enfant que représente Le Bateleur. Et de même, le père solaire ne saurait se dispenser d’aimer sa compagne, la mère fusionnelle, sans quoi son amour paternel pourrait bien être Structure-complémentaires-Verticale IIIbrûlant (œdipien).

Or, quand on étudie le jeu des Complémentaires au sein des Atouts, on voit se dessiner à la fois l’Arbre de Vie tarologique et la Structure en Croix du Tarot. Ainsi, il est tout à fait frappant que tous les Atouts de la IIIe Verticale du Tarot, Verticale qui engage le Féminin Sacré dans sa puissance de Vie et de Mort, on s’aperçoit que tous les complémentaires sont inclus dans la Verticale. Ainsi le Complémentaire de l’Atout III, c’est l’Atout XVIII, parce que la Femme que représente L’Impératrice a pour condition de réalisation son inclusion dans le Féminin sacré que représente La Lune, tout comme cette dernière, pourtant incarnée dans la totalité du monde naturel, ne peut atteindre sa propre plénitude qu’à travers les femmes humaines quand ces dernières deviennent les vecteurs de sa Puissance de vie et de mort. Et une même relation engage la mort de L’Atout XIII et La Justice (Atout VII) : la mort est en effet la justice suprême, celle qui remet tous les pendules à zéro, celle qui ne fait aucune différence, celle qui impose l’égalité radicale de tous et de toutes ; et la justice impose une petite mort, un deuil, une sanction à l’épanouissement excessif de l’un face à l’autre. La mort sans la justice est un instrument de guerre et de violence, la justice sans la mort est impuissante.

Structure-Complémentaires II et IIIILa Verticale des III est le tronc de l’Arbre de vie, et l’étude des complémentaires suffirait à nous en convaincre : elle seule trouve ses complémentaires en elle-même, elle seule n’est la complémentaire d’aucun Atout extérieur à elle.

Les Atouts de la Verticale des I trouvent en effet leurs complémentaires dans la Verticale des V, tout comme les Atouts de la Verticale des II trouvent les leurs dans la Verticale des IIII. Et c’est très intéressant, car non seulement cela impose une structure en Croix (X) qui conforte cette lecture du Tarot qui s’impose de multiples manières, mais elle propose une réflexion philosophique sur le sens même de la vie.

Ce n’est pas en effet face au Féminin sacré, où s’expriment les Puissances de Vie et de Mort que la mâlitude dans sa Verticale des IIII se manifeste, mais face à l’altérité et à une féminité de l’âge et du voilement ou dévoilement, mais aussi face aux fils de la mère que sont Structure-Verticale I et VLe Chariot et Le Pendu.

Et de même, le Tarot renvoie l’individualité dans sa construction (Verticale des I) à l’individualité charismatique dans sa relation à la communauté (Verticale des V). Ainsi, s’il n’y a pas d’enfant sans parent (ou de Bateleur sans Jugement), il n’y a pas non plus d’amoureux sans sexualisation de la relation amoureuse (ou pas d’Amoureux sans Diable), pas d’Individu royal et maître de soi sans la confrontation au conformisme social (et donc pas de Force sans Roue de Fortune) et enfin pas d’Église ou Temple universel sans son berger (pas de Maison Dieu sans Pape).

 

 



L’Arbre de Vie

L’Arbre de Vie

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Le Tarot est la représentation en image d’une véritable Tradition spirituelle née sans doute à la Renaissance, mais enracinée dans un savoir antique et peut-être préhistorique. Or, au sein de ce savoir, il a toujours été question d’un Arbre de Vie, ce même Arbre mystique qui fut interdit à la consommation d’Adam et Ève quand ils se sont trouvés exclus de l’Éden.

Cet Arbre de vie était le symbole même d’Ashéra, la Déesse compagne de Yahvé avant que les rois-prophètes d’Israël imposent un monothéisme et le culte au seul dieu mâle Yahvé. Son existence s’est cependant poursuivi ensuite sous une forme cachée, celle de la Ménorah, le chandelier juif, qui n’est autre qu’un arbre stylisé, cet arbre de vie qui était le totem d’Ashéra. L'arbre de vie

L’Arbre de vie est cependant bien plus ancien que le culte hébraïque, puisqu’il était déjà en jeu dans l’imaginaire sacré de Babylone et de la Mésopotamie. Bien que de nombreux interprètes du Tarot s’efforcent de réduire la Tradition tarologique à la Kabbale (la mystique juive) et proposent à cette fin une lecture du Tarot à partir de l’organisation de l’univers à travers les Sephirots kabbalistes, ce n’est pas du tout en ce sens que nous proposons de voir dans le Tarot un arbre de vie. Le Tarot est une Tradition à part entière. Il est inutile de vouloir la ramener à une autre Tradition mystique et occultiste. Le Tarot a ses propres codes qu’il s’agit de lire en eux-mêmes et par eux-mêmes. Ainsi, sans cesse le Tarot nous renvoie à la nécessité de distribuer V Cartes pour retrouver la Structure cachée du Tarot, et notamment en mettant ce V à la place du « U » dans les dénominations des Cartes. C’est donc dans cette distribution en cinq Cartes ce qui nous donne quatre Niveaux de Cinq Verticales que nous trouvons l’Arbre de vie tarologique. 

L'Arbre de vie-tarotOn voit alors très clairement le tronc que représente la Verticale des III, et les embranchements à gauche et à droite de ce tronc où se rangent tous les autres Atouts à l’exception du Mat (les racines) et du Monde ( le sommet et à la fois l’arbre en entier).

Que signifie cet Arbre de vie au sein même du Tarot : il révèle l’importance de la Verticale des III et le caractère central de chaque Atout qui s’y trouve. Mais il permet aussi de composer de très intéressantes correspondances par un jeu de miroir entre les autres Atouts, à gauche et à droite du tronc.

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Ainsi, pour parler d’abord du caractère central de la Verticale des III, nous avons L’Impératrice, la femme féconde, au cœur de la première lignée de branches de l’Arbre de Vie, celle qui correspond à la vie familiale.

Sans cette femme féconde, sans la Mère, sans le ventre maternel, sans le pouvoir de fécondité des femmes, et sans leur amour maternel qui va bien au-delà de la fécondité, il n’y a pas de communauté familiale : pas d’enfant, pas de mère-grand, pas de père, pas d’époux et pas même de père spirituel.

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Au cœur de la seconde lignée de branchages, celle qui correspond à la vie sociale, se trouve la Justice. Cela signifie que sans la justice, sans les principes d’égalité et d’équité, il ne peut y avoir de vie communautaire pour les êtres humains. C’est donc sur la justice et sur elle seule que reposent toutes les sociétés existantes.

Sans cette justice, l’expérience de tiraillement entre deux communautés que vit l’Amoureux tourne en effet au drame, l’exploration du Chariot à la conquête dans sa violence, la sagesse de l’Hermite n’est pas entendue et la Roue de la vie tourne perpétuellement en renouvelant les mêmes erreurs.

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Au cœur de la troisième lignée de branchages, celle qui correspond aux grandes épreuves de la vie et leur transmutation en grandes vertus humaines, il y a la Carte de la Mort. Cela signifie que le deuil et l’affrontement à la mort sont l’essence de toutes les grandes épreuves de la vie humaine, et que sans l’acceptation du deuil et le détachement qui en résulte, aucune vertu n’est accessible à l’être humain.

Ainsi le courage n’est que colère et violence contre autrui, l’oppression subie ne permet jamais d’être dépassée par la sérénité, l’idéalisme se fait brutalité et la lucidité n’accompagne aucune des aliénations ordinaires de l’être humain.

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Au cœur de la quatrième lignée de branchage, celle qui correspond aux émanations du Ciel et à leur fécondation de la Terre, se trouve La Lune, la Carte qui incarne la Mère divine en tant que Gaïa, la Terre-Mère, la Mère-Nature. Cela signifie que sans l’amour infini des hommes pour Mère-Nature, pour sa merveilleuse fécondité, pour son incroyable générosité, aucune authentique spiritualité n’est possible.

L’adoration du Père divin, la vénération de la Vierge-Mère, et le culte du Fils christique, ainsi que leTemple universel qui se trouve au-delà de toutes religions ne sont accessibles qu’à celui qui aime en profondeur la Nature et l’incarnation matérielle fécondée par les émanations du Ciel.

Par ailleurs, La Lune, en tant qu’Atout de la Nuit, du Rêve, de l’Imaginaire, de l’Inconscient, de la médiumnité et de la voyance est au coeur de la quatrième lignée de branchage, car rien de spirituel n’est possible sans commencer dans un enracinement dans cette Nuit des forces de l’ombre sans lequel l’imaginaire créatif n’est pas possible.

Une fécondité tout autre encore de cet Arbre de vie se révèle pour tout chercheur de Vérité, dans un jeu de miroir qui situe tout Atout face aux autres de la même lignée d’embranchement.

Ainsi, pour prendre le premier Niveau d’embranchement en exemple :

bateleur2 ii-la-papesse-tarot-de-marseilleA gauche de L’Impératrice se trouvent deux Cartes qui parlent de la façon dont sa fécondité va pouvoir se réaliser. 

Ainsi, l’enfant, le projet, le commencement qu’incarne Le Bateleur a pour première enveloppe la fusion maternelle et le secret des cœurs. Il a besoin d’être fécondé dans une matrice qu’elle soit physique, imaginaire ou intellectuelle. 

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4empereur5pape A droite de L’Impératrice se manifestent deux autres conditions de réalisation d’un projet bien menée, d’une éducation bien donnée.

Ainsi, le fils (ou la fille) se doit, après avoir vécu le maternage fusionnel, de rencontrer le père tribal : la loi, l’ordre, l’autorité du Père symbolique, celui qui mobilise en partie l’affectivité de la mère (L’Empereur), mais aussi le père spirituel qui n’a pas pour but de cadrer l’enfant et de lui transmettre des limites comme le père tribal, mais de lui donner confiance en lui et en ses forces d’autonomies (Le Pape).

Mais un même jeu de miroir et de complétude se joue entre les Atouts de la gauche et ceux de la droite de L’Impératrice. Ainsi, le premier et le dernier Atout de l’embranchement familial (le premier Niveau du Tarot) met en relation Bateleur et Pape. Et, de même, le premier Atout de chaque côté (gauche et droite de L’Impératrice) rassemble et oppose Bateleur et Empereur, quand la place de second Atout de chaque côté lie Papesse et Pape. Il s’agit alors de comprendre le sens profond de cette liaison.

bateleur2 5pape Le Jeune Bateleur, première Carte de la première Branche est mis aussi, et toujours par L’Impératrice, en relation d’opposition avec Le Pape, dernière Carte de la première Branche : le jeune homme qui démarre dans la vie et qui est pris dans ses jeux et ses expériences individuelles (Le Bateleur) s’oppose aux jeunes gens vivant une expérience collective et éduqués par le premier père spirituel du Tarot à s’émanciper de l’expérience familiale (Le Pape). Toute jeune individualité a en effet besoin, pour achever le cycle de la communauté familiale, qu’incarne le premier Niveau du Tarot, de rencontrer non seulement le Père tribal de la loi et de l’ordre (L’Empereur), mais aussi le Père spirituel qui, par son amour et la foi qu’il place en lui, lui donne la force d’aller à la conquête du monde. 

4empereurii-la-papesse-tarot-de-marseilleTout de même,  La Papesse s’oppose et complète L’Empereur (tous les deux en effet miroir autour de L’Impératrice) parce que la mère de la mère (La Papesse) et l’époux de l’épouse (L’Empereur) représentent deux soutiens essentiels à la bonne fécondité et à la bonne maternité de toute femme (L’Impératrice).

Mais nul n’ignore aussi à quel point la mère de la mère et l’époux de l’épouse peuvent se heurter dans l’influence qu’ils exercent sur la femme. C’est que chacun joue un rôle important pour elle et qu’il voudrait exclusif. La grande-mère, l’arrière-mère qu’est la mère de la femme transmet son savoir de mère. L’époux fait d’elle une femme accomplie.

bateleur24empereurMais avant de rencontrer Le Pape, le jeune Bateleur (en tant que première Carte de la gauche de la première Branche) est aussi mis en relation de complémentarité, par L’Impératrice, avec L’Empereur (première Carte de la droite de cette même première Branche. Ainsi, le fils (Le Bateleur) ne peut exister dans son identité mâle qu’en s’identifiant au père tribal (L’Empereur), le chef de la communauté familiale. Mais il ne pourra en particulier, dans l’amour que celui-ci éprouve pour son épouse (L’Empereur regarde L’Impératrice), mais aussi dans sa stabilité, dans son besoin de protéger sa famille, etc. Mais ce fils ne pourra aimer son père et s’identifier à lui qui si la mère aime à la fois le fils et le père. Et le père ne pourra aimer complètement son fils qu’en tant que l’enfant de sa bien-aimée. C’est l’Impératrice qui fait le lien entre les deux Cartes mâles de la famille.

Et tout de même, La Papesse est en relation de complémentarité évidente avec Le Pape, tous les deux représentant les fonctions sacerdotales humaines au féminin et au masculin. Cependant, ce couple sacerdotal ne pourra se rencontrer, et s’entraider dans leur dévotion au Divin que si le rôle essentiel du féminin sacré (incarné par L’Impératrice) s’est révélé au monde.

ii-la-papesse-tarot-de-marseille 5papeOr ce rôle sacerdotal qui est ainsi affirmé par le Tarot a été nié durant plus de deux millénaires, durant l’âge des Bâtons qui correspond à l’Antiquité et au Moyen-Age, et l’âge des Épées qui correspond à la Renaissance et au monde moderne. Ce n’est que durant l’âge des Coupes, imminent désormais, que ce rôle sacerdotal des femmes sera pleinement reconnu. Alors, la sacralité retrouvera sa plénitude perdue.

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À vous, maintenant, de décrypter les relations qui s’imposent, dès lors, entre toutes les Cartes de chaque Niveau d’embranchement de l’Arbre tarologique de la Vie.

Ce n’est qu’en comprenant toutes ses relations que Le Tarot et sa puissance de sagesse et de réalisation se révèlent complètement.

 

 



Les quatre âges de l’humanité selon le Tarot

Les quatre âges de l’humanité selon le Tarot

 

Le Tarot obéit à un mouvement aux trois quarts circulaire qu’on voit clairement dans Le Monde, et dans une certaine mesure dans La Roue de Fortune, bien que dans cette dernière, la roue est perpétuelle, alors que le mouvement du Monde s’arrête à l’ange. Il n’y a pas ensuite de descente de l’ange au taureau, l’évolution temporelle s’arrêtant au stade le plus élevé de la conscience humaine, celle de la spiritualité.

C’est un mouvement qui, dans l’Atout XXI fait passer de la Vache sacrée au lion ailé et de ce dernier à l’aigle, puis de l’aigle à l’ange.

Ce mouvement est imprimé à tous les niveaux du Tarot, si bien qu’il est aussi celui qui va de la terre au feu, du feu à l’air, et de l’air à l’eau, ou encore des Deniers aux Bâtons, des Bâtons aux Épées et des Épées aux Coupes.

Il retrace les grandes ères de l’humanité, telle que le Tarot les comprend, dans une histoire universelle qu’elle découpe à partir de sa propre compréhension du réel : les Deniers correspondent au temps préhistorique du néolithique, quand la conscience humaine éveillée à sa spécificité découvre l’agriculture et la divinité tandis que les sociétés humaines sont toutes matriciennes. Les Bâtons retracent la période de l’Antiquité et du Moyen-âge qui est dédiée à l’énergie mâle du courage, de la guerre, de la chevalerie, des grandes conquêtes et de l’instauration du patriarcat. Les Épées représentent une époque dédiée aux découvertes scientifiques et au déploiement de la vie intellectuelle qui correspond au monde moderne depuis le XVIIIe siècle. Les Coupes ouvrent une période qui n’a pas commencé véritablement où l’humanité s’ouvrirait intégralement à son destin spirituel.

Le temps s’accélère au fur et à mesure que l’histoire des hommes progresse de Couleur en Couleur. Si l’ère des Deniers dure en effet sur une dizaine de millénaires, l’ère des Bâtons représente un peu plus de deux millénaires, et l’ère des Épées environ 400 ans. L’ère des Coupes nous ferait sortir alors de la temporalité telle qu’on la vivait alors, c’est-à-dire comme transformations et révolutions historiques, obsession du passé et de l’avenir, permettant l’émergence d’une conscience centrée sur le présent dans son éternité.

 

asofcoinsL’ère des Deniers et les sociétés matriciennes du néolithique

Les Deniers sont la Couleur qui correspond à l’élément Terre et à la symbolique qui l’accompagne : la nature, la fécondité, l’agriculture. Dans Le Monde, cette très longue et ancienne ère est représentée par la Vache sacrée, animal totémique de la Mère-nature.

Or, on sait désormais que le néolithique représente une période très importante dans la préhistoire, car c’est à ce moment-là que l’agriculture fut découverte. Les êtres humains en s’appropriant des terres, en maîtrisant les techniques pour faire pousser des plantes nourricières ont quitté le mode du nomadisme des cueilleurs-chasseurs qu’ils étaient jusqu’alors pour se fixer en villages sédentaires (ou semi-sédentaires, avec parfois une migration annuelle).

Le mystère de la vie était alors entièrement compris comme le pouvoir même des femmes, pouvoir de la maternité, pouvoir d’engendrement qui était assimilé à celui d’une Mère-nature féconde et féroce à la fois. Les statuettes qu’on trouve à cette époque sont dédiées au corps de la femme. Ce sont les fameuses Vénus préhistoriques qu’on a trouvées un peu partout, en Europe, de la France et l’Italie jusqu’en Russie et qui témoigne d’un monothéisme dédié à la Grande Déesse-mère, ainsi qu’à la jeune fille. Ce sont des oeuvres d’une très grande beauté plastique dont a fait cette époque si éloignée de nous, témoins d’une civilisation agraire raffinéevenusnéolithique.

La maison et la terre appartenaient aux femmes, et les hommes venaient vivre avec elles (matrilocalité), à moins que l’organisation soit fondée sur la fratrie, le modèle masculin étant celui du frère de la mère qui, en tant qu’oncle, élevait ses neveux et nièces. La famille étant matrilinéaire, les enfants n’étaient jamais perturbés par la mésentente parentale, la séparation, les coups de foudres des adultes et les désordres qu’ils engendraient. Ils restaient avec les mêmes adultes référents toutes leurs vie. Parallèlement, les personnes âgées étaient toujours gardées dans une maison où ils étaient les parents des deux adultes qui s’occupaient de la maison, au contraire du système patriarcal où les femmes devaient soigner des personnes âgées qui n’étaient pas leurs parents, ce dont elles se sont libéré dès que les moeurs étaient moins durement patriarcale, à l’âge d’Épée.

La vie communautaire était villageoise, et profondément pacifique : on ne trouve que peu d’armes dans cette époque bénie où l’humanité naissait à elle-même.

On sait aussi désormais que cette ère matricienne a pris fin avec l’envahissement de l’Europe par des hordes de nomades violents et qui ont imposé un patriarcat qui s’est répandu partout.

 

AsofwandsgoldenL’ère des Bâtons et les sociétés patriarcales antiques et médiévales dédiées à la conquête et à la guerre

La période qui a suivi le néolithique fut la pré-Antiquité, qui fut elle-même suivie par ces périodes qu’on découpe habituellement en Antiquité, puis moyen-Age. Or ces périodes appartiennent, du point de vue du Tarot à la même ère, celle qui est dédiée aux Bâtons et à son élément, le feu. Dans l’Atout XXI, cette ère est représentée par le Lion et sa force mâle souveraine.

Cette ère s’enracine dans la découverte du rôle du sperme dans la fécondité.

C’est une époque où la verge, le phallus, le masculin va écraser totalement le féminin, et où les hommes prennent le pouvoir dans tous les domaines de la société. C’est aussi le moment où apparaissent des dieux masculins qui s’associent d’abord à la Déesse-mère qui, elle-même, se diffracte en de nombreuses déités.

Peu à peu, les dieux mâles sont devenus  plus importants que les déesses qui leur sont devenues adjacentes. Puis s’est imposé un monothéisme masculin dans la religion hébraïque puis dans le christianisme et l’islam.Labataillede san Romano

Des armes de guerre sont fabriquées, des empires se constituent, des armées se rassemblent, des conquêtes, des occupations de territoires étrangers, le colonialisme se répand partout. Des lois sont édictées pour organiser la vie humaine.

L’organisation de la société était alors profondément hiérarchique et patriciale. La femme s’installait dans la famille de son époux, et elle n’est souvent plus qu’un ventre reproducteur dédié à la filiation masculine.

Finalement l’essence des bâtons s’est manifesté dans la chevalerie médiévale qui représente l’expression la plus noble, la plus élevée de cet âge de Bâton, incarnant mieux que n’importe quoi, le lion, l’animal emblématique de cette ère. 

 

AsofswordsgoldenL’ère des Épées et les sociétés modernes, laïques, fondées sur une représentation scientifique du réel

La dernière période historique est la nôtre, c’est celle qui est née en même temps que les sciences modernes, au XVIIe siècle, au moment où les savants inventèrent la méthode expérimentale qui permet de tester la validité des théories scientifiques. Cette ère relativement courte est celle des Épées et l’élément qui est le sien est l’Air. Dans la carte du  Monde, elle est représentée par l’Aigle aux yeux perçants.

C’est encore un temps masculin que cette ère et c’est la masculinité de l’Air qui domine l’histoire mondiale de l’humanité durant cette période. Cette masculinité s’exprime cependant autrement que par la force brutale. C’est dans une intelligence technicienne profondément dédiée à l’instrumentalisation du réel au profit des besoins des êtres humains.internet

L’âge d’Épée s’incarne dans l’industrialisation des modes de la production des biens de consommation. Dans la multiplication des moyens de communication. Dans le développement sans précédent de la connaissance. Dans l’émancipation des sociétés à l’égard des croyances religieuses, et le développement d’un humanisme des droits de l’homme qui ne doit rien aux dieux.

Cette période dédiée à l’Air est aussi l’époque des plus grandes épreuves de l’humanité. Celles qui doivent la conduire à la conquêtes des grandes vertus humaines du courage, de l’individuation, de la spiritualisation de la relation au monde et du détachement, ainsi que de la tempérance, de la mesure, de la recherche de la voie médiane et de la fraternité universelle, et enfin celle de la lucidité, sans laquelle l’aliénation de l’homme laissé à ses seules ressources ne peut lui apparaître.

C’est à la fin de cette ère, que désespérés les êtres humains se libèreront des vieilles religions pour rencontrer l’authentique spiritualité et leur propre royauté.

 

AsofcupgoldenL’ère des Coupes et la société de demain

Cette ère est la dernière. Elle n’y aura pas de grandes mutations après elle, et il n’y aura pas non plus de retour circulaire aux Deniers.

Et on ne peut, sur cette ère nouvelle, que faire des conjectures, car elle n’a pas vraiment commencé.

Mais le Tarot peut nous en donner quelques indices essentiels : elle sera spirituelle, mais d’une spiritualité qui n’entrera pas en contradiction avec le savoir scientifique, et d’une spiritualité qui ne sera pas qu’humanisme. Elle s’incarne en effet dans les Coupes qui recueillent l’eau du Ciel, la rosée remplie de lumière pour la donner à la Terre entière.village planétaire

C’est la période où l’humanité parvient à sa réalisation ultime : relier le mortel et l’immortel, la glèbe et le divin, faire de la terre un Eden. Les êtres humains que représentent les Coupes seront capables de recueillir les émanations célestes pour les répandre sur la Terre. Ce seront les prêtres et prêtresses de la Déesse et du Dieu de l’amour, les artistes du bonheur et les créateurs de l’Eden, ce jardin terrestre et célestes à la fois auquel seules des Individualités saintes sont capables d’œuvrer.

L’humanité sera dès lors l’humanité royale, réplique et servante du divin, gardienne de la Terre, protectrice de la biosphère.

On peut aussi légitimement penser que cette période d’achèvement et de réalisation que sera l’ère des Coupes va redonner aux femmes une place éminente, semblable à celle qu’elles avaient dans la préhistoire. Mais cette fois, cette place sera essentiellement religieuse : elles seront les prêtresses du Nouveau et Dernier Monde.

 

Merci à Kat Black pour ses merveilleux As.



Les cinq Verticales du Tarot

 

Les cinq Verticales du Tarot

Structure du Tarot en 4x5

La Structure en 4×5 du Tarot encadré par l’Atout sous-jacent qu’est Le Mat, l’Atout du Tohu-bohu d’avant la Création divine, et par le Monde qui contient en son Individualité divine l’ensemble de l’univers, n’a pas seulement pour intérêt de mettre en lumière quatre Niveaux qui sont autant de  paliers dans l’évolution de l’individualité humaine : la communauté familiale, la communauté sociale, la purification, la conquête des vertus par les grandes épreuves de la vie, les grâces en pluie célestes. Elle a aussi pour intérêt de mettre en relation tous les Atouts qui sont gouvernés par les cinq premiers nombres, le I, le II, le III, le IIII et le V, constituant de grandes Verticales qui sont autant de chemins spirituels nécessaires : celui de la conquête de son individualité terrestre puis divine (Verticale des I), celui de la relation respectueuse à l ‘altérité (Verticale des II), celui du don de la vie (Verticale des III), celui du don de la lumière (Verticale des IIII) et enfin celui de la guidance spirituelle (Verticale des V). 

Capture d’écran 2016-11-28 à 18.13.33La première Verticale qui réunit tous les I du Tarot est celle de la construction du Moi et de son rattachement au Soi.

Cette première Verticale démarre avec Le Bateleur, le Tout petit, le Nouveau dont l’individualité se trouve encore dans le stade du potentiel, lui qui possède tout ce qu’il est devant lui, sur la Table des potentialités de son être, saisissant dans la main gauche, la boule des Deniers, et dans la main gauche la petite baguette des Bâtons. Le Bateleur est l’enfant qui a encore besoin d’être aimé, entouré, soutenu par la famille qu’incarnent tous les Atouts du Niveau I.

Au-dessus du Bateleur, se trouve la seconde incarnation de l’Individualité : L’Amoureux qui se trouve hésitant entre la communauté familiale originelle incarnée par la femme plus âgée, et la nouvelle communauté : la communauté sociale que représente la jeune femme à la tête fleurie. Nourri par l’énergie d’Éros, le dieu de l’amour, le dieu du feu de la passion, il trouve la force de s’ouvrir au monde sociétal qu’incarne le second Niveau du Tarot. Or, si chacun a besoin d’être nourri par le bain familial pour construire son individualité, chacun doit aussi s’émanciper de cette première communauté, de ses pensées, de ses croyances pour advenir à soi.

La Force associe au chapeau en forme de lemniscate du Bateleur, forme qui unit les cycles de la Terre et du Ciel, la couronne royale de la Personnalité unifiée, individualisée, souveraine de la Terre. A ce niveau-là, l’individu est un, capable de vertu, d’ouverture spirituelle. Le moi est royal.

Enfin, La Tour représente l »élévation du Moi jusqu’au Soi. La construction de l’individualité est désormais aussi élevée et aussi solide que possible, mais ce n’est pas un Moi fermé qui se trouve à ce Niveau IV du Tarot : il est rempli de la lumière du Ciel et de la Terre, traversée de conscience, de spiritualité, les pieds enracinés dans le Ciel, l’activité étant devenue pleine créativité.

Verticale des IILa seconde Vertical, celle des Atouts contenant le II, est celle de la rencontre avec l’altérité et de l’accession au respect d’autrui.

Cette seconde Verticale démarre avec La Papesse qui incarne la relation fusionnelle. A ce niveau, la rencontre avec l’altérité prend la forme de la grossesse : l’autre est l’être qui est en soi et qui, de soi, cherche à s’extérioriser. L’altérité est entièrement cernée par l’individualité.

La seconde Verticale s’élève ensuite avec Le Chariot qui voit dans l’exotisme et le lointain la forme émerveillante de l’altérité. Il va chercher l’autre dans l’ailleurs, pour le ramener à soi. Voyageur infatigable, le Chariot est un conquérant qui à la fois emporte chez soi l’altérité de l’ailleurs et cherche à la rendre semblable à soi.

Le Pendu rencontre l’altérité sous la forme d’une opposition radicale. Impuissant face aux autres qui, dans la pluralité, le bloquent à tous les niveaux, il élève alors le regard et découvre l’Autre divin. Il fait alors une expérience unique : renonçant à s’affirmer dans le monde de l’horizontalité, il découvre son véritable lieu de liberté où le mouvement d’élévation peut être sans limite, vers le haut, vers le divin. Son regard alors fait une expérience magique : la vraie nature des choses se révèle toujours, au regard spirituel, à l’envers de ce qu’on croit d’abord.

L’Étoile est le dernier Atout de la relation à l’altérité, celui du don de soi. Recueillant la rosée spirituelle des étoiles dans ses vasques, elle sert le monde avec l’assurance de celui qui n’a plus à craindre, remplie elle-même du rayonnement stellaire.

Verticale des IIILa troisième Verticale du Tarot, réunissant tous les III du Tarot, met en scène le don de la vie et le Féminin sacré

Cette troisième Verticale lie la donneuse humaine de la vie : L’Impératrice à la Nature divine, la Déesse de la vie et de la mort, La Lune, en passant par ces deux expressions de la castration : La Justice et la mort.

L’Impératrice est l’incarnation humaine de la Déesse, elle est la mère, la créatrice, la femme dans sa royauté familiale.

La Justice incarne le pouvoir féminin du don de la vie dans une forme plus dure : elle taille tout ce qui est mort, malsain, mauvais en l’être humain pour permettre à la vie qui est en lui de s’épanouir véritablement.

L’Atout XIII est l’élément sombre du don de la vie qu’octroient aussi bien la mère biologique que la Déesse de la vie qu’est la Nature. Sans la mort, la Vie n’est pas possible. Aussi bien, le don de la vie est toujours aussi un don de la mort.

La Lune est l’astre de la nuit, de la germination, de la procréation et du renouvellement perpétuel de la vie. Cet Atout est par excellence celui de la Nature sauvage, de la vie naturelle, des forces créatives de la Nature. Ses deux maisons sont celles de la vie et de la mort reliées par le cycle perpétuel du renouvellement de la vie. En La Lune s’incarne la Déesse de la Vie, la figure féminine du pouvoir divin dans son don d’intuition et de connaissance secrète.

Verticale des IIIILa quatrième Verticale, des Atouts au nombre IIII, est celui du don de la lumière et la mâlitude sacrée

La quatrième Verticale unit tous les pères du Tarot : père familial avec L’Empereur, père spirituel avec L’Hermite, père amical avec Tempérance et père divin avec Le Soleil. Ces pères sont des porteurs de lumière. Ils éveillent à la spiritualité, et le don des pères est celui de la conscience.

Cette Verticale démarre avec le père familial, le pater familias des latins, cet homme à l’autorité incontestée dans la famille. C’est le père des règles familiales qui donne à ses enfants l’éducation des limites à ne pas franchir. La lumière qu’il transmet est celui de la limitation des égoïsmes et de l’apprentissage de la vie communautaire.

L’Hermite représente le père socratique, le père spirituel qui guide l’enfant non en lui inculquant ses valeurs et ses règles mais en faisant appel à son autonomie, à sa capacité à faire lui-même les expériences de la vie. C’est aussi le père du père, le grand-père qui aime ses petits enfants d’une manière plus détendue que le père. Son éclairage est celui d’un homme d’expérience qui veille sur ceux qui font leurs propres expériences pour éviter qu’elles ne soient fatales ou simplement nuisibles.

La Verticale des IIII montre un autre visage du père avec Tempérance. C’est celui de l’ami. Avec Tempérance, le père cesse d’affirmer son autorité, et sa supériorité, et admet un échange, un partage des expériences. La lumière qu’il transmet est celle de l’amitié personnelle à partir de laquelle se construit en chacun la fraternité universelle. Il stimule la recherche de l’idéal, mais sans accepter que ce dernier écrase le réel. 

Le Soleil est l’Atout du Père divin qui aime d’un amour égalitaire tous ses enfants, les réchauffant de son amour solaire, les éclairant de toute sa lumière solaire.

Verticale des VLa cinquième Verticale, celle des V (et des X, car dans le X, se trouve deux V réunis dans par la pointe) est celle des guides spirituels, des prophètes, des médiums, de tous ceux qui, par leur charisme, font le lien entre les hommes, mais aussi entre le Ciel et la Terre

Dans cette Verticale, tous les Atouts sont collectifs, avec une figure élevée qui domine l’ensemble. Ils représentent les guides spirituels, les gurus, prêtres, imams, rabbis, etc. qui guident les hommes, mais aussi les grands juges devant lesquels l’âme est mise à nu et doit faire face à elle-même et à ses responsabilités. Tous les personnages de cette Verticale sont des cardeurs d’âme.

Elle démarre avec Le Pape, l’Atout du guide spirituel propre à une communauté religieuse particulière. Il ouvre l’âme de ses ouailles au Ciel, transformant les grands événements de la vie en actes sacrés : ainsi la naissance devient baptême, l’union sexuelle mariage, etc.

La Sphinge de La Roue de Fortune est le guide spirituel sociétal qui met en demeure de s’élever de la Terre au Ciel. Elle représente le petit Juge céleste, celui qui invite à ne pas rester enfermé dans le retour perpétuel des cycles de la Terre, mais d’accepter d’affronter la purification par les grandes épreuves de la vie.

Le Diable est le grand maître spirituel du IIIe Niveau du Tarot. Il met les communautés devant leurs responsabilités dans le déploiement de leurs intérêts égoïstes. Il situe chacun dans la nécessité absolue de faire preuve de lucidité quant aux aliénations ordinaires des hommes. A partir de cette lucidité, seulement, la prière prend sens : chacun sait alors qu’il est impuissant sans l’aide du divin. 

Cette ultime Verticale s’achève avec Le Jugement où l’ange claironne sa joie devant l’accession de l’humanité au Mariage divin, quand le Ciel et la Terre sont enfin réunis dans l’Individu christique.



Le Ciel et la Terre du Tarot

La Terre du Tarot

La Terre du Tarot

Les deux premiers Niveaux du Tarot correspondent à la première partie du Monde : le Cycle de la Terre. Cette Terre du Tarot se décompose elle-même en deux Niveaux : le premier est féminin et en correspondance harmonique avec les Deniers, ainsi que sous l’égide de l’élément Terre. Il s’agit du Cycle familial. Le second est masculin, sous l’égide du Feu du dieu Eros. Il est  en correspondance harmonique avec les Bâtons, et masculin.

Le Cycle de la Terre du Tarot commence dans l’enfance avec Le Bateleur, l’enfant du Tarot, qui ne peut exister sans avoir des enveloppes familiales adéquates. Celles-ci se succèdent dans le temps en fonction de l’importance qu’elles requiert au fur et à mesure du cycle de l’enfance : la première personne qui est vue par l’enfant et assimilée en couche moïque, c’est la mère fusionnelle, la mère des premiers mois de la vie. Et c’est La Papesse qui incarne cette première couche psychique dans la construction de l’individu : l’identification à la mère apporte à l’enfant le fait de savoir prendre soin de soi. La deuxième personne essentielle qui apparaît à l’enfant est le deuxième visage de la mère : non plus son double maternant dont l’enfant a du mal à se distinguer, mais ce cœur de la famille qu’est la maman de tous les enfants et l’épouse du père. C’est L’Impératrice qui représente le deuxième personnage rencontré par l’enfant. Le Troisième personnage essentiel, sans lequel la construction du Moi est impossible, c’est le père : L’Empereur et ses lois, sa norme, son autorité par lesquels l’enfant apprend qu’il y a des limites à son affirmation et les assimile comme une expression essentielle de soi. C’est le temps du Surmoi freudien, l’apprentissage des premières normes sociales : celles de la famille. Enfin, le quatrième personnage rencontré par l’enfant et nécessaire à son évolution c’est l’autre figure de l’homme, l’oncle, le parrain, l’instituteur, le prêtre, celui qui va donner à l’enfant l’envie de découvrir le monde.

Le second Niveau du Cycle de la Terre est initié par le dieu Éros : c’est parce qu’on tombe amoureux, qu’on trouve la force et le désir de quitter sa première communauté sociale, la famille, pour entrer dans la vie sociale. L’attrait de l’éros est celui de toute passion. C’est cette même passion, en profonde relation harmonique avec le Feu des Bâtons, qui va alimenter tout le deuxième Niveau du Cycle de la Terre dédié aux incarnations sociétales. Ainsi, sans l’attrait puissant de l’exotisme, pas de Chariot, sans l’amour de la justice, pas d’Atout VIII, sans l’amour de la sagesse, pas d’Hermite, et sans l’amour du Ciel pas de Roue de Fortune. La deuxième forme que prend l’éros c’est en effet l’attrait pour le lointain, pour l’exploration de nouveaux mondes qui ne sont pas que géographiques et culturels. La troisième forme qu’il prend, c’est l’acceptation des limitations de son être pour faire de la place, socialement, aux autres. La quatrième forme, c’est l’amour de la sagesse mais aussi de la transmission de son expérience aux autres (L’Hermite). Enfin, avec La Roue de Fortune s’affirme le besoin puissant d’élévation spirituelle.

Avec La Roue de Fortune, le Cycle de la Terre est complet. Il peut donc se reproduire perpétuellement, et il y a des individualités qui en restent, toute leur vie, à ce niveau II du Tarot, devenus de bons citoyens dans une société où ils se sentent parfaitement adaptés. Mais alors, ils ne sont guère plus évolués que ces animaux en habits qui se trouvent sur la Roue et qui ne cessent de reproduire, sempiternellement, les mêmes erreurs, les mêmes expériences, les mêmes traditions que celles de leurs parents et grands-parents. Ces individualités ne parviennent jamais à dépasser l’épreuve que fait subir la sphinge à l’aspirant à la sagesse : sauras-tu faire des épreuves de  la vie, le moyen d’une métamorphose de ton être, pour en faire la Coupe spirituelle qu’elle est destinée à être ?

Quand la coupe est pleine, quand est accompli le premier Cycle, celui de la Terre, quand le féminin de la Terre (premier Niveau) s’est uni au masculin de la Terre (second Niveau), alors l’être humain accède à la plénitude du X, constitué de deux coupes inversées, unies en une Croix en son centre, signifiant l’individualité à venir. Aussi bien, le X mène-t-il au XI, La Force.

Le Ciel du Tarot

le Ciel du Tarot

Le second Cycle du Tarot est celui du Ciel et il démarre avec La Force. Cet Atout allie le I, l’individualité, au premier X du Tarot, le X indiquant qu’un Cycle entier, ici celui de la Terre, est maîtrisé, assimilé par le I de l’individualité. Chaque V du X est parfaitement à sa place, le premier V est ouvert sur le bas (^), il tire sa force de l’élément Terre, le second V placé au-dessus du premier, lié à lui par un centre individuel, est ouvert sur le Ciel. Il tire sa force du Ciel.

Voilà pourquoi La Force est l’image d’une individualité parfaite et stable, prête à conquérir le deuxième Cycle du Tarot, celui du Ciel. Or, cette conquête n’est possible que par la transmutation des épreuves en grandes vertus. La Force est l’épreuve de la violence et la vertu qui en découle est le courage. Le Pendu nous met devant l’Impuissance et la vertu qui en découle est L’inversion des valeurs et l’appel de la prière. L’Atout XIII nous place devant le deuil et nous fait advenir au détachement. Tempérance nous place devant la terrible épreuve de l’idéalisme et nous conduit à l’équilibre entre idéalisme et réalisme. Le Diable du matérialisme et des aliénations nous conduit à la lucidité et secondairement à l’appel puissant pour la vie spirituelle.

Le matérialisme pourrait rester définitivement le lot de l’humanité qui s’arrêterait d’évoluer avec le XXe siècle. Mais il conduit à de telles absurdités, à de telles souffrances, à un tel risque de pollution et de destruction qu’il fait naître le plus grand appel à l’aide du divin qu’il permet, et lui seul, de changer de Niveau et d’atteindre le Ciel du Ciel : celui de la rosée spirituelle.

vievilleXVI-XXLe quatrième Niveau est celui des émanations spirituelles qui hydrate la Terre et la matière, la transformant totalement. Pour ceux qui douteraient de la pertinence de cette organisation du Tarot, regardez le très inspiré Tarot Vieville : mieux qu’aucun autre Tarot, il a su mettre en évidence la question des émanations cosmiques, puisque les Atouts compris entre le XVIe et le XXe sont illustrés par des gouttes de lumières qui tombent du ciel (ou une rosée spirituelle qui émane, pour l’Atout XVI, d’une nuée lumineuse). 

Ainsi, ce Niveau en correspondance avec les Coupes et l’élément Eau commence avec La Maison Dieu qui partage avec Le Pendu l’inversion de la posture des personnages : désormais, les pieds sont enracinés dans le Ciel, et l’activité humaine traduit une créativité spirituelle. La Pierre de la matière s’est élevée jusqu’au Ciel et s’est faite cathédrale. Elle est traversée de lumière, tant du feu du Ciel que de celui de la Terre, de ce fait, une rosée spirituelle inonde la Terre. L’individualité dans la relation à l’altérité est dans le don le plus pur avec L’Etoile, jardinière spirituelle qui répand sur le sol de la Terre l’eau spirituelle issue des étoiles. Le Maternel est élevé jusqu’à sa divinisation avec La Lune et la Déesse a retrouvé sa place, centrale, dans la spiritualité humaine. Elle répand sur le monde sa douceur et sa tendresse infinie. Ce sont les gouttes de Lune. Le Dieu unique est son époux, et il distribue sa lumière à tous les hommes sur Terre, tous ses enfants, tous aimés. Enfin, avec Le Jugement, l’humain atteint sa perfection et devient l’Etre spirituel dans son excellence. C’est l’humanité toute entière qui suit le frère ainé d’une longue chaîne fraternelle : Jésus de Nazareth.

judgementQuand le deuxième X, celui du Ciel est accompli par l’union du masculin du Ciel (le troisième Niveau) et du féminin du Ciel (quatrième Niveau), deux X se réunissent, la Terre et le Ciel sont en Couple, ils peuvent faire naître le Fils spirituel, l’humanité accomplie. Tel est le message de l’Atout XX : Le Jugement représente l’union de la Terre (la mère) et du Ciel (le père), et la Naissance du fils. Allégresse du Monde qui attend cette Naissance de l’humanité spirituelle depuis toujours.

 



Les quatre Niveaux des Atouts

Les quatre Niveaux des Atouts

Structure du Tarot en 4x5

Il y a de nombreuses façons d’organiser l’ensemble que représentent les Atouts du Tarot, la plus en usage chez les taromanciens, c’est l’ensemble de 3 x 7 qui s’imposa à partir de la vision de Court de Gébelin.

Tarot en trois étapesCourt de Gébelin est le grand redécouvreur de la signification ésotérique du Tarot. Voyant ce jeu qui faisait fureur dans la France du XVIIIe siècle, il reconnut dans les iconographies l’enseignement qu’il avait reçu dans la loge franc-maçonnique à laquelle il appartenait. Il vit alors, pour la première fois depuis deux siècles, dans le Tarot, une représentation initiatique. Mais son imagination en fit le Livre perdu du Dieu Thot qui aurait transmis un savoir secret qui viendrait de la nuit des temps et du divin lui-même. C’est tout naturellement que Court de Gébelin rangea les Atouts en ces trois Niveaux du réel qu’on lui avait appris à considérer dans cet enseignement : matériel, pour le premier Niveau, rationnel pour le second, et spirituel pour le troisième.

Cette structure en III Niveaux n’était pas totalement absurde ni dénuée de fondements, notamment parce que le Tarot est constitué de 3 sortes de Cartes (Atouts, Honneurs, Numérales). Mais elle a mis beaucoup de confusions dans le Tarot, et Court de Gébelin a fait ce que la plupart des Taromanciens continuent de faire de nos jours, et qu’ils ont fait durant plus de trois siècles : étudier le Tarot avec d’autres choses que le Tarot lui-même, inventer une généalogie mythique qui empêche de considérer la véritable histoire du Tarot et ses vraies raisons d’être.

Enfin, cette Structure en Trois Niveaux a pour principal méfaits de rendre invisibles les Cinq Verticales du Tarot, cinq chemins spirituels humains, qui sont l’une des plus importantes clés de compréhension du Tarot comme chemin initiatique et histoire mythique de l’humanité.

Si donc nous sommes reconnaissants à Court de Gébelin d’avoir eu l’oeil sur ce Tarot, ses analyses ont entraîné beaucoup d’erreurs, et un long temps d’errance sur le sens véritable du Tarot.

En réalité, le Tarot a été inventé au début de la Renaissance, en Italie, quand les penseurs se libérant de l’emprise absolue qu’avait eu sur eux la Religion chrétienne, se nourrissaient de philosophie grecque, et particulièrement de Platon ainsi que de sa mythologie pour proposer la vision d’une initiation humaine qui ne concernait pas que les Adeptes de l’Alchimie mais retraçait l’histoire même d’une humanité en voie de spiritualisation.

Tout dans le Tarot, pour peu qu’on veuille bien le considérer comme un TOUT autonome qui n’a nul besoin d’être éclairé, ni surtout écrasé sous une autre Tradition (égyptienne, franc-maçonne, kabbalistique, astrologique, numérologique…) nous conduit à cette structuration en quatre Niveaux entourés par Le Mat, l’Atout du Tohu-bohu initial, et du Monde, l’Atout de l’Organisation parfaite du Monde.

Ainsi, le jeu de Tarot qui a transmis, à travers les âges ce Livre initiatique à l’insu des joueurs eux-mêmes, a pour règle de distribuer les Cartes cinq par cinq. Et pour le cas où les joueurs auraient eu l’idée de transformer les règles inventées par les Philosophes créateurs de la Renaissance, ceux-ci ont émaillé les Noms donnés aux Atouts de V, en remplaçant, dans des Atouts stratégiques, les « u » des Noms » par des « v ». Or le « v » est l’écriture du cinq en nombres latins. C’est comme si les Créateurs du Tarot nous disaient sans arrêt : « n’oubliez pas cette distribution des Cartes cinq par cinq, ouvrez les yeux sur la série des V Verticales du Tarot).

En outre, cette distribution cinq par cinq donne une grande satisfaction visuelle au spectateur : on voit alors clairement les Atouts de la famille en Niveau I, les Atouts de la sociabilité en Niveau II, les Atouts des épreuves et grandes vertus en Niveau III, et enfin, tellement visibles, les Atouts de la rosée spirituelle, en Niveaux IV où chaque Atout présente une émanation du Ciel et de la Terre, reliant ces deux mondes.

Or, ces quatre Niveaux sont aussi en harmonie avec les quatre Couleurs qui organisent les autres Cartes du Tarot, restituant un Tout souvent méprisé par les taromanciens qui ne savent pas que faire des autres Cartes du Tarot, se concentrant uniquement sur les Atouts, mais avoir compris le sens profond que la Structure du Tarot donne à chaque Atout.

 

Niveau 4 du TarotLe Niveau IV incarne la rosée spirituelle, quand l’humanité se fait réceptacle de la Lumière divine sous ses cinq formes. Il est en harmonie avec les Coupes du Tarot et l’élément Eau.

Niveau III du TarotLe Niveau III représente les énergies des grandes épreuves de la vie et des grandes vertus qui en découlent. Il est en correspondance harmonique avec les Épées et l’élément Air du Tarot.

Niveau II du TarotLe Niveau II représente les énergies de l’investissement sociétal et dès lors les identités sociales adéquates au Moi. Ce Niveau est en profonde harmonie avec les Bâtons du Tarot qui représentent les incarnations sociétales, ainsi qu’avec le Feu (qu’initie le petit Éros de L’Atout VI).

Niveau I du TarotLe Niveau I représente les énergies de l’amour familial et dès lors les enveloppes psychiques familiales qui permettent la construction du Moi individuel. Ce Niveau est profondément en accord avec les Deniers qui représentent les identités matérielles de l’individu (ses possessions, son habitat, son héritage, etc.). C’est le Niveau de la Terre.

Chaque Niveau représente une étape essentielle à la construction du Moi individuel, mais aussi à la construction d’une Humanité spirituelle. Impossible de bien réussir dans la vie sans avoir les assises familiales adéquates, et tout psychanalyste le sait, aucune compensation sociétale d’une défaillance familiale n’est profonde. Impossible de s’élever dans le Ciel du Tarot sans avoir enraciné ses pieds dans le sol de la Terre du Tarot. Et toute envolée qui conduirait à nier la Terre est aussi fausse et malfaisante que possible. Impossible de rencontrer le Ciel du Tarot sans subir les grandes épreuves de la vie qui peuvent détruire le Moi ou s’élever en grandes Épreuves spirituelles qui creusent l’Appel du Ciel en l’individu. Alors, une pluie de rosée spirituelle, de grâces en tous genres s’épand sur la Terre.

lemondeEnfin, notons que chaque Niveau a sa place dans Le Monde, l’Atout intégratif où l’Individualité humaine comprend en elle, exactement à sa juste place, ces quatre Niveaux :

- le premier Niveau est représenté par la Vache nourricière et terrestre qui se trouve en bas à gauche

- le second Niveau par le Lion sacré en bas à droite

- le troisième Niveau par l’Aigle royal en haut à droite

- le dernier Niveau par l’Ange féminin, en haut à gauche.

Le mouvement est celui, propre au Tarot, et révélé par La Roue de Fortune.  C’est celui qui va du féminin matériel au masculin matériel, du masculin matériel au masculin spirituel, et du masculin spirituel au féminin spirituel, ou encore des Deniers aux Bâtons, des Bâtons aux Epées, et des Epées aux Coupes. On peut aussi désigner cette voie comme celle qui mène de la Terre au Feu, du Feu à l’Air et de l’Air à l’Eau, les éléments Féminins encadrant les éléments Masculins. 



La Verticale des III

La Verticale des III

ATOUTS III, VIII, XIII et XVIII

L’IMPÉRATRICE, LA JUSTICE, LA MORT (ou Carte sans nom) et LA LUNE

DONNER LA VIE

 

18luneLa Structure du Tarot en 4 fois 5 Atouts encadrés par Le Mat et Le Monde n’a pas seulement pour avantage d’être conforme aux règles du jeu de Tarot dont on peut raisonnablement penser qu’à travers elles quelque chose d’essentiel à la signification profonde du Tarot a pu se transmettre à travers les âges, ni seulement de structurer le Tarot en quatre Niveaux qui sont en harmonie avec les quatre Couleurs qui organisent les Honneurs et les Nombres, elle met à jour cinq Verticales qui sont autant de chemins courts pour relier Le Mat, l’Atout du soubassement, au Monde, l’Atout de l’Achèvement.

Les cinq Verticales ne s’imposent pas seulement par une Structure en 4 fois 5 du Tarot, elles se manifestent par le partage des cinq premiers nombres : en plus de la Verticale des III, il y a donc la Verticale des I qui réunit Le Bateleur, L’Amoureux, La Force et La Maison Dieu ; la Verticale des II où l’on trouve La Papesse, Le Chariot, Le Pendu et L’Etoile, la Verticale des IIII qui lie L’Empereur, L’Hermite, Tempérance et Le Soleil, et enfin la Verticale des V avec Le Pape, La Roue de Fortune, Le Diable et Le Jugement.

Structure du Tarot en 4x5La IIIe Verticale est la plus importante de toutes, car elle se situe exactement au cœur du Tarot. Elle est la Voie par excellence, mais aussi, pour ceux qui connaissent l’Alchimie, la voie humide et féminine que peuvent choisir de pratiquer les Adeptes. Elle est la Verticale de la Vie, verticale qui contient en elle la mort comme un processus de la vie, la petite mort et la grande mort. Elle est la Verticale du renouveau perpétuel de la vie, de la procréation, de la création, de l’accouchement, mais aussi de la taille et de la mort.

Elle lie les quatre Atouts féminins qui incarnent la Vie dans son entièreté : L’Impératrice, La Justice, L’Atout XIII et La Lune : il n’y a pas de vie sans une matrice maternante (L’Impératrice), sans la taille de ce qui est nuisible à la vie (La Justice), sans la mort qui permet le renouvellement de la vie (Atout XIII) et sans la nature et sa puissance de renouvellement continuel de la vie (La Lune). Ainsi la IIIe Verticale élève de la mère terrestre jusqu’à la Mère divine que représente La Lune en passant par la petite mort quotidienne (La Justice) et la grande mort sans laquelle la vie sur terre serait impossible (Atout XIII).

13arcanesansnomDans chaque Verticale nous voyons les Atouts se lier les uns aux autres par affinité, par opposition, par complémentarité. La IIIe ne fait pas exception : A l’Atout III, L’Impératrice qui se situe tout en bas de la Verticale, Atout de la femme, de la féminité procréative et créative, répond par une affinité particulièrement forte, l’Atout XVIII, La Lune qui incarne la Déesse, la Mère divine et la Nature, tout comme le microcosme qu’est le féminin humain répond le macrocosme du féminin sacré de la Divinité.

Cette correspondance forte entre L’Impératrice et La Lune est en accord avec les Couleurs avec lesquelles elles sont en affinité : aux Deniers du premier Niveau du Tarot s’accordent les Coupes du dernier Niveau, Couleurs féminines, réceptives et passives, correspondant elles-mêmes à la Terre et à l’Eau.

Mais L’Impératrice appartient à d’autres Couples au sein de cette Verticale. Ainsi, L’Impératrice, la femme au foyer, la mère et l’épouse fait couple avec La Justice, l’Atout VIII, qui représente la femme puissamment investie dans le monde économique, sociétal et politique, la femme active, la professionnelle, la juge, la femme directrice, la représentante politique.

Il se trouve en effet que les deux premiers Niveaux du Tarot sont aussi en grande affinité, en tant qu’expressions féminines et masculines de la Terre du Tarot, tout comme les deux Niveaux suivants (IIIe et IVe) sont en affinité en tant qu’expression du Ciel du Tarot.

8justiceAinsi, on trouvera une affinité forte aussi entre La Mort et La Lune. On ne doit pas oublier, en effet, que les deux maisons qui sont dessinées sur l’iconographie de l’Atout XVIII représentent la maison de la vie et celle de l’au-delà. La lune et les déesses qui l’incarnent dans l’Antiquité (Hécate en particulier) sont à la fois mères divines de la fécondité, mais aussi grandes passeuses entre la vie et l’après-vie.

Il n’est pas plus étonnant que La Justice (Atout VIII) soit en harmonie forte avec L’Atout XIII (la mort) : la mort est en effet la Justice par excellence, celle qui répare toutes les erreurs judiciaires, toutes les inégalités de la vie, toutes les injustices ordinaires en mettant chaque être humain au même niveau que tous les autres. Et de même que La Justice est la Carte de la petite castration, de la séparation, de la taille de ce qui, en soi, tend à se développer inconsidérément, de même L’Atout XIII représente la grande Castration, la grande séparation, la grande Taille de la vie qui oblige à faire son deuil de ce qui, en soi, doit accéder au renoncement, au détachement.

3imperatriceLa grande affinité qu’il y a entre L’Impératrice et La Lune, tout comme entre La froide Justice et la terrible mort de l’Atout XIII n’empêche pas une affinité secondaire et complémentaire entre L’Impératrice et l’Atout XIII, la mort. Celle qui donne la vie, en la donnant, doit accepter que son don de vie est aussi don de  la mort, puisque la vie n’est possible que dans un laps de temps dont on n’a pas la maîtrise. De même, l’Atout XIII ne trouve son sens véritable que dans la continuité de la vie dont L’Impératrice est l’expression.

Une même affinité secondaire existe entre La Justice et La Lune qui sont complémentaires : la froide, rationnelle et distanciée Justice complète l’imaginative, fusionnelle, confusionnelle Lune. Aussi bien l’une a besoin de l’autre, car l’une et l’autre participent au féminin sacré dans son entièreté, un féminin sacré qui ne serait pas entier sans La Justice, la femme froide qui la tête sur les épaules et qui s’investit dans la vie professionnelle, mais non plus sans l’intuition féminine puissante de La Lune, une intuition qui s’enracine dans la participation du féminin aux mystères sacrés de la Nature, notre mère à tous.

La Verticale des III n’est pas seulement le centre d’une Structure du Tarot qui se distribue en 5 Verticales, elle est le tronc de l’Arbre de Vie qu’est le Tarot. Elle est unique pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’elle réunit des Atouts qui sont complémentaires l’un de l’autre, quand les autres Atouts trouvent leur complémentaires dans d’autres Verticales – les Atouts de la Verticale du I trouvent ainsi leur Atout complémentaire dans la Verticale des V et vice-versa, et ceux de la Verticale des II dans la Verticale des IIII -. Ensuite parce que ces complémentaires croisent avec les Atouts de la contradiction dont l’Atout XXI révèle l’importance. Il n’est pas lieu ici de tout expliquer de ces complémentarités et du dépassement nécessaire de la contradiction dans une même Verticale, et vous trouverez des articles à ce sujet dans les Catégories Tarot : Structure et tirages, il suffit pour l’heure de savoir que deux Atouts sont complémentaires quand leur addition conduit au nombre XXI, et sont contradictoires quand ils relèvent de Niveaux opposés (I et III, II et IV).

Ainsi, du point de vue des Atouts complémentaires, L’Atout III est complémenté par l’Atout XVIII, et vice-versa, tandis que l’Atout VIII est complémenté par l’Atout XIII. Mais du point de vue des contradictoires, l’Atout III trouve son opposé dans l’Atout XIII, et l’Atout VIII dans l’Atout XVIII. Nous ne sortons jamais de la même Verticale, et en ce qui concerne les complémentaires, c’est unique. Ainsi tous les Atouts de la Verticale des III sont intimement liés les uns aux autres, tous doivent être mis en relation avec les autres et de toutes les manières possibles afin que le centre du réel humain serve de Tronc sacré, Poteau sacré, à partir de quoi se déploie la totalité d’une sacralité humaine et divine. 



Le Tirage en une Lame du Tarot secret

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Le tirage en un Atout du Tarot secret

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Le Tarot secret offre de merveilleux récits à ceux qui se prêtent à son tirage. Il consiste à considérer chaque Atout comme une réalisation potentielle à part entière dans la mesure où le consultant s’approprie la Lame complémentaire et use du moyen que représente la Lame médium.

Pour calculer la Lame complémentaire, rien de plus simple : il suffit de soustraire  le nombre de l’Atout en question du Nombre XXI qui représente Le Monde. Le Monde contient en lui la totalité du réel dans sa perfection. Chaque Atout est donc destiné à la pleine réalisation mais pour cela, il lui faut monter jusqu’au Monde. Chaque Atout contient donc en lui une lame cachée et complémentaire qui lui permet de s’élever jusqu’à la réalisation parfaite et qu’on trouve par cette soustraction.

Encore faut-il aller jusqu’à elle, et c’est la lame médiatrice qui le permet. Pour calculer la Lame médiatrice, on soustrait le nombre de l’Atout tiré du nombre de la Lame complémentaire.

Voici quelques exemples :

L’Impératrice ne peut aller à sa réalisation complète qu’en s’appropriant la valeur de La Lune (Atout XXI – Atout III = Atout XVIII), et celle-ci ne peut être atteinte qu’en passant par Le Diable (Atout XVIII – Atout III = Atout XV).

l_imperatriceQue nous raconte donc le Tarot secret à propos de L’Impératrice ? Qu’être une femme réalisée dans sa féminité aussi bien dans sa vie privée que dans sa vie sociale et politique, une épouse heureuse, une mère épanouie, une créatrice attestée (L’Impératrice), il faut activer en soi le lien naturel entre la femme et la nature (La Lune, Lame complémentaire), et dès lors ce que Clarissa Pinkola Estés désigne comme le féminin sauvage qu’elle illustre avec cette image de « la femme qui court avec les loups », mais aussi le féminin primitif des eaux primordiales. femmes-loup

La conquête de cette femme sauvage qu’illustre La Lune ( la Déesse sous sa forme de Diane ou d’Artémis, Déesse des forêts et des loups) implique, par ailleurs, la pleine acceptation des valeurs positives du Diable (Lame médiatrice). Avoir conscience de ses désirs sexuels de femme, les assumer, et les vivre dans la plénitude est présenté par le Tarot comme le moyen pour la femme de se connecter au féminin sauvage incarné par La Lune.

 

Un autre exemple : L’Empereur04-empereur, cette incarnation mâle de l’humain au sein du Tarot ne peut, si l’on en croit le Tarot secret, être pleinement réalisé dans son humanité masculine (L’Empereur élevé jusqu’au Monde) que s’il admet pleinement l’anima qui est en lui, cette jeune fille tendre qu’il porte comme son complémentaire caché (L’Étoile), et celle-ci n’est, elle-même, accessible  que s’il accepte intimement la finitude (L’Atout XIII).

Maria Kreyn - Tutt'Art@ (1)C’est exactement ce que le philosophe Levinas illustre en affirmant que l’éros masculin (l’amour érotique pour la femme) n’est possible à l’homme que s’il rencontre une limite radicale à sa puissance, c’est-à-dire que s’il prend pleinement conscience de sa mortalité, de sa féminitude, et qu’il n’est donc pas tout puissant dans la réalisation de ses désirs. En mettant une limite à son affirmation virile, la mort fait place en lui à l’altérité qui prend la forme du féminin virginal qu’est son âme, son anima et qu’il recherche hors de lui, dans la femme aimée. 

 La bonne castration qu’est L’Atout XIII (qui met fin à l’illusion de la toute puissance) est donc la condition d’une manière d’être masculine qui ne soit pas tyrannique, grossière, absurdement primitive, mais digne, évoluée, sage et bienveillante et qui naît de ce que l’Atout le plus masculin du Tarot (L’Empereur) contient, en lui, l’Atout de la plus tendre féminité (L’Etoile).

 

ii-la-papesse-tarot-de-marseilleAllez… encore un : La Papesse. Que nous dit le Tarot secret de cet Atout de la vieille femme, de la femme voilée, de la gestation, de la femme enceinte ou fusionnelle, du cloitre, de la nonne, etc. ?

La Papesse ne peut réaliser pleinement ses valeurs positives que si elle intègre son Atout complémentaire, Le Soleil. Ainsi, la Nonne tend à l’amour idéalisé, platonique en élevant son désir jusqu’au divin. Chaque Nonne se considère alors comme l’épouse de cet Autre masculin idéalisé qu’est le divin (Le Soleil, image de Dieu ou de Jésus) et elle le trouve en tant que vierge éternelle (L’Étoile)thérèse de lisieux.

Si c’est une Carte qui signale un projet secret et en gestation, on voit comment le Tarot secret insiste sur le fait qu’il doit aller vers la visibilité du Soleil et il ne le peut que si l’on accepte de l ‘élever jusqu’au Service (L’Étoile). Le projet en gestation doit se dévoiler et gagner en visibilité ainsi qu’en réalisation (les murs ouverts du Soleil, sa lumière).

La femme de savoir repliée dans la solitude doit accepter d’enlever son voile, d’être nue devant son aimé, de donner sans crainte et sans attentes égoïstes, d’assumer pleinement sa féminité, de retrouver en elle-même l’éternelle jeune vierge (L’Étoile), afin de trouver le grand amour (Le Soleil).

La mère fusionnelle qu’est aussi La Papesse est invitée à faire place au Père aimant (Le Soleil).

la-grand-mre-s-asseyant-dans-la-chaise-lit-un-livre-ses-petits-enfants-62245390La vieille femme trouve dans ses petits enfants (les jumeaux du Soleil) un surcroit de bonheur et d’énergie.

 

Amusez-vous, maintenant que vous connaissez le procédé, à découvrir le langage du Tarot secret en faisant un tirage d’une carte à propos de ce que vous êtes, mais aussi de ce qu’il vous faut acquérir en trouvant l’Atout complémentaire et l’Atout médiateur.

 



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