le 10 de Bâton

Le 10 de Bâton

Retraite ou surcharge

10 de bâton

Les maîtres-mots des Nombres dix, c’est : l’achèvement, le couronnement, la fin d’un cycle. Il faut dire qu’il n’y a plus de chiffre à venir ; avec les dix, tout est dit. On a donc une impression de fin de parcours. En ce qui concerne le 10 de Bâton, cette fin de parcours porte sur le domaine des responsabilités sociétales. Les Bâtons sont les Nombres les plus impliqués dans la vie sociétale, les plus à même de prendre des responsabilités. Le 10 de Bâton indique que quelque chose dans l’ordre de la vie sociétale est désormais en fin de cycle. C’est la fin d’un investissement important et c’est pourquoi la première signification de cette Carte peut tout à fait être l’entrée dans la retraite, cette période de la vie où l’on cesse la première des activités sociétales : l’exercice du métier. Mais cette Carte a pris une autre signification, sous l’influence du Rider.

wands10L’iconographie proposée par Pamela Colman Smith, la dessinatrice du Rider, tout comme la surcharge de la représentation classique du Tarot de Marseille renvoient à tout autre chose qu’à l’entrée dans l’âge de la retraite. Le Rider montre un homme en train de porter tellement de bâtons, qu’il ne voit plus rien devant lui, qu’il marque en aveugle et qu’il a le dos courbé, la marche lourde. Tirer un 10 de bâton en dehors de la fin d’un gros et long travail ou d’une mise à la retraite, indique toujours que le vase des tâches à accomplir est prêt à déborder. Ce qui s’achève alors, c’est la possibilité d’en ajouter un peu plus. C’est la fin d’un surcroît possible de responsabilités qu’indique le 10 de Bâton, et si le message n’est pas entendu, ce sera le burn-out.

Le maître Atout du 10 de Bâton, c’est le Jugement et secondairement la Roue de Fortune. La Roue de Fortune renvoie toujours à la question des fondements d’une humanité véritable et a contrario du dépassement du poids de la société sur l’individu, du dépassement du conformisme. Le Jugement indique la fin dernière du cycle des Atouts et la nécessité de faire face à l’ultime justice divine, quand le vivant de l’humain seul peut continuer à exister. Or le 10 de Bâton met en scène, comme aucun autre Nombre ce poids de la société et du conformisme : jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour être reconnu, pour conserver votre position sociale, pour défendre votre image de bon travailleur, d’employé modèle, de chef d’entreprise exemplaire ? Au-delà de vos forces souvent. C’est cet au-delà que signale cette Carte qui demande à ce qu’on arrête de défendre à tout prix et surtout au prix de sa santé, cette implication de soi dans ce que Jung appelle « la persona », le masque et le rôle social endossés. Avec le 10 de Bâton, une transfiguration de la tâche est nécessaire sous peine d’un écrasement. 

En tant que représentant du premier Niveau du Tarot (la famille, les biens, le corps propre), le 10 de Bâton renvoie à de grosses difficultés pour pouvoir tout gérer. Ce sont les wonder women des temps modernes qui sont désignées là, les femmes qui doivent à la fois être des amantes au corps soigné, des mamans exemplaires et disponibles, des épouses dévouées, des femmes de ménage efficaces, des professionnelles hors paires, etc. Trop c’est trop. Ce Nombre placé dans une configuration familiale demande à ce qu’on lâche l’image de la femme ou de l’homme parfait et qu’on se recentre sur l’essentiel, car les forces ne permettront pas de tout mener de front. C’est en particulier les enfants qui risquent d’être délaissés, or le temps que les parents ont à leur disposition pour réussir leur éducation est compté.Mais-comment-font-les-femmes_visuel_ctnt


En tant que représentant du second Niveau du Tarot (vie sociétale),
le 10 de Bâton indique que la retraite arrive. À moins qu’il ne parle, là aussi, d’un excès de dévouement dans l’exercice de son métier. Il parle d’une période où l’on va être littéralement débordé par les tâches à faire. Il indique la nécessité de se faire aider en opposant à la direction un refus net et précis d’en faire plus. Ou bien il parle aux managers de l’obligation de déléguer et de faire confiance aux autres à ce sujet. Malheureusement ce Nombre peut tout à fait parler aussi d’une période difficile où l’on subit une oppression dans le cadre du travail sans qu’il soit possible d’y échapper (sous peine de perdre son travail).


En tant que représentant du troisième Niveau du Tarot (épreuves et grandes vertus
), en plus de toutes les épreuves déjà citées, ce Nombre renvoie au fait de s’identifier tellement à son métier que l’on n’a plus aucun loisir, plus aucun moyen de grandir intérieurement ce qui implique un peu de temps pour soi.

Le 10 de Bâton peut indiquer aussi, et a contrario, une absence complète d’investissement sociétal, un refus de responsabilité, une paresse légendaire, une immaturité déplorable.

Il indique donc la nécessité de cultiver le sens de ce qu’on doit à la société, mais sans se laisser submerger par lui. Il rappelle qu’une vie équilibrée se distribue entre vie familiale et affective, vie sociétale, vie intellectuelle et artistique et vie spirituelle.

Voler par ElisabethVEn tant que représentant du quatrième Niveau du Tarot (la rosée spirituelle), le 10 de Bâton rappelle qu’il est impossible d’être surchargé de travail si l’on se situe devant la Tâche comme devant un sacerdoce librement accepté. Voici ce que dit l’ange le 22 septembre 1944

« Le seul poids est la tâche,
tache librement acceptée. La Grâce élève au-dessus de l’eau. Autant de Grâce que de tâche acceptée, Tâche volontairement, librement acceptée. »

Ce qui semble être un débordement total de ses forces et une épreuve excessive est en réalité le signe que c’est encore le petit moi qui agit et non le Serviteur du divin qui accepte de n’être que l’intelligence créatrice et le bras du Seigneur. Hannah, celle qui offre sa voix à l’ange, explique alors : « Si tu sens un poids trop lourd, tu n’es pas sur ton chemin. Si ton fardeau te semble léger, tu es sur le chemin. Cela ne dépend que de toi. » Sentir que le fardeau est trop lourd signifie toujours un mauvais positionnement spirituel face à la Tâche.

 

 

 

Merci à ElisabethV de Pot-pourri Photo pour ce magnifique tableau photographique. 

 



Le 9 de Denier

Le 9 de Denier

Raffinement

9dedenier

 

Cette Carte croise l’influence du Maître-Atout Le Soleil (et secondairement de L’Hermite), et la Couleur de Denier. Ainsi, la bénédiction du Ciel, du Soleil et de l’amour divin vient se répandre dans la Terre des Deniers, dans la matière, ainsi que dans toutes les expressions corporelles de l’être humain. Cette Carte est d’emblée l’une des plus bénéfiques qui soient. Quel que soit le domaine interrogé, c’est une pluie de bienfaits qui est promise.

19soleilLe Soleil est l’Atout qui incarne l’amour divin infini qui s’adresse à tous, dans la plus parfaite égalité. Il répand sur les bons comme les méchants son rayonnement et fait pousser pour tous les fruits de la Terre. Aussi, quand il intervient dans le domaine matériel des Deniers, c’est pour répandre sur lui une bénédiction sans comparaison. Cependant, c’est en neuvième position que cette bénédiction intervient, après que l’apprenti dans la maîtrise de l’élément terre aura franchi bien des obstacles. Si vous tirez cette Carte, soyez assuré d’avoir mérité cette bénédiction par votre travail, par les expériences passées, par l’acquis des vertus que ce travail vous a permis. Une grande discipline a été nécessaire dans le passé, et celle-ci se révèle, désormais, payante. Vous pouvez profiter du monde plus que confortable, car c’est un monde raffiné qui est désormais le vôtre.

jardin de la villa Ephrussi de Rotschild Cap-FerratC’est le jardin qui incarne le mieux cette bénédiction du Ciel, le jardin étant un espace qui représente le mieux à la fois la vie intime et la conciliation entre la nature et l’humain. Dans son jardin, chacun peut voir son âme se refléter, dans cette conjonction entre le travail nécessaire pour faire pousser les plantes et la générosité de la nature, Terre-mère, et du soleil, sans lesquels aucun végétal ne peut croître.

pents09C’est ce qu’exprime le Rider, un homme se tient dans son jardin luxuriant où l’on voit des raisins mûrs en quantité qui ne demandent qu’à être récolté pour le vin nouveau. Cet homme vêtu très richement, placé devant son château au loin (son jardin est très grand) ressemble aux Seigneurs de la Renaissance, et tient dans sa main droite un faucon, symbole du Soleil, animal mâle, diurne, symbole ascensionnel sur tous les plans (physique, intellectuel et moral). C’est l’espérance en la lumière qu’il manifeste, et cette lumière rayonne tout autour de lui, dans le ciel, dans sa robe, elle aussi couverte de fleurs, et dans les deniers qui l’entourent. Ce Seigneur esthète et raffiné n’a nul besoin de se battre pour exister. Il vit dans son domaine, détendu, dans sa robe d’intérieur, et avec son animal préféré. C’est une période de loisirs raffinés pour lui.

Beaucoup de tarologues interprètent ce personnage comme une femme, ce qui est une erreur quoi qu’ai voulu faire Pamela Colman Smith, la dessinatrice du Rider, car les 9 sont sous la direction de la Verticale mâle du Tarot, la Verticale des IIII. Néanmoins, bien évidemment, cette Carte peut désigner quelques qualités essentielles d’une femme, mais ces qualités d’esthète et de maîtrise de soi sont des qualités masculines. Nous avons alors une femme avec un fort tempérament masculin, bien que très policé.

En lien avec le premier Niveau du Tarot (la matière, les biens, le corps), cet Atout indique une excellente santé, obtenue par une hygiène de vie parfaite, mesurée, entre diététique, activité physique et artistique.

Cette Carte parle aussi souvent d’un célibataire, ayant une vie d’esthète raffiné, vivant dans un cadre de vie merveilleux, et avec un goût inné pour l’art et la beauté.

Tout élément matériel désigné par cette Carte se révèle d’une grande beauté. S’il s’agit d’une maison ou d’un appartement, la vue sera très belle, les meubles souvent d’antiquité.

En lien avec le second Niveau du Tarot (la vie sociale), le 9 de Denier parle des métiers liés à l’esthétique (galerie d’art, styliste, coiffure, etc.). C’est une période de réussite et d’abondance. Ce Nombre parle aussi de loisirs merveilleux, d’une période de repli et de repos, mais active, tournés vers la consommation d’art, vers le jardinage, vers la restauration de meubles anciens. La vie sociale n’est pas forcément intense, mais très choisie.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot (les épreuves et grandes vertus), ce Nombre indique un dessèchement du cœur par un excès d’esprit critique, d’exigences esthétiques et culturelles. Il parle de luxe. Il indique un élitisme déplorable.

Ce Nombre demande qu’on s’ouvre davantage au partage et à l’indulgence envers autrui. Il ne faut pas oublier que le Soleil est le maître de ce Nombre et que l’une des dimensions les plus importantes de cette Carte, c’est l’altruisme et le partage, l’entraide. Le 9 de Denier a tendance à vivre pour lui-même et les plaisirs raffinés qui sont les siens. Il doit dépasser cet individualisme et apprendre à diffuser son amour merveilleux de la beauté.

Elle indique aussi que toute hygiène de vie doit rester mesurée. La maîtrise de soi ne doit pas conduire à un nouvel excès. La vertu cultivée par ce Nombre, c’est la juste mesure dans l’amour de la beauté et de la santé.

Le 9 de Denier, dans cette posture, met en garde contre l’excès de dépenses. Il peut indiquer un manque d’économie et un déséquilibre dans le rapport financier au monde. 

Fra_AngelicoEn lien avec le quatrième Niveau du Tarot (les émanations du Ciel), le 9 de Denier parle de l’art au service de l’émotion mystique et spirituelle. Il s’agit de l’art religieux le plus souvent, mais aussi de l’art non religieux quand il provoque une émotion intense et spirituelle.

Voici ce que rappelle l’ange de Gitta, le 17 décembre 1945

« Je parle de l’œuvre d’art.
 L’œuvre d’art n’est que matière.
 Une statue dans l’espace…
 Ce n’est pas la statue qui est création,
 Elle n’est que vase.
 Le vase est rempli et la Boisson crée,
 Si je pouvais vous parler de l’Art Nouveau !
SI je le pouvais !
 Les mots n’existent pas encore pour en parler… Ce qui était jusqu’à présent vase — sera Boisson. Ce qui était Boisson — sera Ivresse. Époque morte !


Les mains mercantiles serrent le vase vide.
 Ils encensent les artistes !
 Ils encensent ceux qui devraient encenser !
 Et la fumée s’abat et la parole est à Caïn.
 Tout se dessèche.
 Ils ont peur de la mort.
 Ils enferment l’oiseau dans la cage, l’oiseau bleu, Et il devient moineau gris.
 Collections de tableaux –
Dépôts de tableaux — entrepôts.
 Les enveloppes mortes sont conservées.
 Odeur de caveau. » (Dialogue avec l’ange)

 

 



Le 8 de Coupe

Le 8 de coupe

Sacrifice

8decoupe 

Le 8 de Coupe est une Carte au croisement de la Couleur de Coupe et du huit, dédié, dans les Nombres du Tarot, à marquer la fin d’un cycle et la naissance d’un autre, ce que la forme de ce chiffre en écriture arabe manifeste clairement (8).

Les 8 du Tarot sont en effet sous l’égide de La Lune et secondairement de La Justice :  La Lune indique qu’il est question du passage d’une maison à l’autre, d’une temporalité à une autre, d’une manière d’être, d’avoir et de faire à une autre, tandis que l’Atout VIII indique qu’une forme de justice est en cours, et que quelque chose va trancher désormais. Comme pour les 3 du Tarot, ce sont les forces féminines qui sont en jeu, mais au lieu que cela soit dans l’ordre de la création (procréation) et de la mort et la destruction, les 8 de Tarot parlent de la maturation d’une réalité intérieure et du passage à autre chose et donc d’une deuxième vie, autre que celle qui fut menée jusqu’alors.

La Couleur de Coupe renvoie, quant à elle, à l’aptitude humaine à recueillir les émanations du Ciel, et dès lors à être inspiré tant dans l’ordre artistique que mystique.

Plus qu’aucun autre 8, le 8 de Coupe est marqué par La Lune, et va incarner la plupart de ses caractéristiques dans le monde des hommes et des événements humains. Ainsi, le caractère obscur de La Lune, le fait qu’elle ne reçoive qu’une lumière indirecte, qu’elle règne sur les rêves, sur l’inconscient, sur les illusions ajoute à la notion de sortie de cycle une dimension à la fois onirique et sacrificielle : beaucoup d’amour a été donné, beaucoup de générosité fut en jeu jusqu’alors dans la relation à autrui, mais n’a pas suscité d’équivalent chez autrui.

Tout don, et particulièrement le don d’amour s’offre dans l’espoir d’un contre don d’amour et de générosité. Dans le cas contraire, le don s’arrête, parce que la réciprocité est toujours implicitement exigée dans la relation humaine, hormis dans les rares cas d’amour inconditionnels, celui de la mère fusionnelle par exemple.

L’amour s’élance toujours vers l’autre comme un pari généreux, et il appelle le contre-don d’amour. C’est la justice même que cette réciprocité d’amour et de générosité. Mais comme tout don, l’amour est gratuit, et librement offert, il peut donc ne pas se donner en retour de l’amour reçu.

Le 8 de Coupe marque donc la fin d’un cycle, celui d’un amour et d’une générosité sans limites qui a épuisé ses réserves, qui n’ayant pas été nourri de réciprocité s’assèche. Cette sortie de l’amour, cette fin de l’illusion que représentait l’espérance d’une réciprocité qu’incarne le 8 de Coupe installe aussi une sorte de justice de la vie : la sècheresse du cœur de l’autre a rendu impossible l’épanouissement d’un Jardin d’amour entre deux personnes, il est temps que le temps, la disponibilité, la bonté, la générosité de celui qui s’offrait ainsi dans son être à l’amour soit détournés de son objet et puisse s’élancer ailleurs.

Il y a donc une notion de deuil qui rappelle que La Lune, l’Atout-maître du 8 de Coupe, contient en elle la vérité de l’Atout XIII qu’elle domine dans la Verticale des III.

cups08Le 8 de Coupe du Rider marque ce temps de fin de cycle et le départ vers d’autres horizons par le départ d’un personnage tournant le dos aux Coupes qui étaient l’expression de cet attachement généreux et de ces dons presque illimités qui étaient les siens. Les coupes sont vides. Elles se sont répandues en toutes pertes dans un sol aride, desséché malgré la rivière (les émotions et sentiments) qui coulent là. La Lune dans le ciel marque l’évolution du temps : elle est aussi bien le croissant que la pleine lune. Elle rappelle qu’il est question-là d’une fin de cycle. Cette Carte marque un moment de souffrance, car sortir d’une illusion qui a duré, sortir d’un espoir de réciprocité porté par beaucoup d’élan et de patience, n’a pas été facile. Mais le plus dur est fait : la lucidité porte maintenant le départ hors de ce désert. L’individu est prêt à vivre tout autre chose et à faire fleurir cette générosité qui est la sienne et qu’on voit dans son vêtement rouge, et ses souliers, rouges, eux aussi.

En relation avec le premier Niveau du Tarot (la famille, le corps, les biens matériels), le 8 de Coupe parle de relation familiale fondée sur l’amour sacrificiel et sans limites. L’un des parents, souvent la mère (mais pas toujours voyez Le Père Goriot de Balzac) aime ses enfants avec passion, et aveuglement. Il est temps qu’un peu de plus de réciprocité soit exigé, car trop d’attentions, trop de maternage ne sont plus à l’heure du jour.

Parfois, c’est un enfant qui, n’étant pas aimé correctement, aime son parent maltraitant avec tant et tant d’efforts pour recevoir quelques miettes d’amour. Plus tard, cela donnera un adulte qui devra se faire aider par un professionnel sous peine de répéter indéfiniment la même histoire avec ses partenaires, et ses propres enfants.

En relation avec le second Niveau du Tarot (relation professionnelle), le 8 de Coupe parle de relations professionnelles déséquilibrées qui conduisent à une rupture de contrat, à un départ, à une mutation. C’est nécessaire, car aucune explication ou mise au point ne semble pouvoir rééquilibrer les choses. Et ce ne serait pas juste, car la relation est trop déséquilibrée. La justice, ici, s’incarne dans le fait de reprendre ses billes et d’aller voir ailleurs.

En relation avec le troisième Niveau du Tarot (les épreuves, les vertus), le 8 de Coupe parle clairement de relation unilatérale qui doit désormais se terminer. C’est le sacrifice dans le mauvais sens du terme qui est là en question, quand une personne se fait exploiter dans tous les sens du terme. Clairement nous avons affaire à une forme d’escroquerie.

La vertu qui ressort de cette Carte est clairement celle de l’endurance et d’une capacité à ne pas se laisser aller au désespoir. Énormément d’énergie a été dépensée pour tenter de faire vivre une relation qui n’en vaut pas la peine. Être capable de rebondir, de reprendre son énergie pour retrouver des forces vives d’espoir et de désir de vie, voilà ce que cette Carte annonce, dans ses plus belles expressions du 3e Niveau du Tarot.

Sacré-CoeurEn relation avec le quatrième Niveau du Tarot (la rosée spirituelle), il faut évoquer la notion de sacrifice spirituel, quand une personne offre, d’avance, la souffrance programmée du Ciel en rachat du péché des autres hommes. Ainsi, le jeûne est la forme la plus courante des sacrifices. Mais le sacrifice par excellence c’est l’amour christique qui rachète le péché du monde par une souffrance infinie.

Yvonne de beauvaisLes grands saints et les grandes saintes du monde catholique rencontrent cette notion de sacrifice accepté de façon à porter une partie du poids de Jésus et d’alléger sa peine. Ainsi, une sainte particulièrement aimée en France bien qu’encore non reconnue comme telle par l’Église de Rome, Yvonne Beauvais, raconte comment Jésus, qu’elle voyait et qui lui parlait durant ses extases, lui avait demandé d’être, comme lui « une victime sacrificielle », afin d’expier les péchés d’une France d’avant-guerre, et de limiter par là, durée et dureté de la guerre qui allait suivre. A bien des égards, Yvonne de Beauvais incarna la plus belle expression du 8 de Coupes.



Atout XV-Le Diable

Le Diable

Atout XV

Le Tentateur

Faiblesse de la chair

Individualisme, envie, manipulation

lucidité et liberté

spiritualisation de la chair

Le Diable

 

tarot-devilLe Diable représente la dernière Carte du troisième Niveau du Tarot, niveau en relation harmonique avec l’élément Air et avec la Couleur d’Épée. Ce Niveau est celui des grandes épreuves de l’humanité, mais aussi celui des grandes vertus, celles qui ouvrent le cœur des êtres humains aux émanations du Ciel, celles qui les transforment en calices pour recueillir ces émanations et transformer la Terre.

Étant le dernier Atout du 3e Niveau du Tarot, Le Diable représente à la fois la plus grande épreuve que l’être humain et l’humanité dans son ensemble peuvent rencontrer, mais aussi la plus grande vertu qui puisse en être tirée.

Cette épreuve est, d’abord, représentée par les deux diablotins qui sont aux pieds du Diable, enchaînés. C’est leur propre impuissance qui est représentée par le fait qu’ils ont les mains dans le dos, leur incapacité à suivre leur propre chemin, la nécessité qu’ils sont d’obéir aux décisions et volontés du Diable souverain du Monde, placé sur le globe comme s’il en était le maître et qui, au contraire, garde sa main (son pouvoir) libre, visible et bien ouverte.

marionnetteCette main bien montrée du Diable indique qu’il a la main sur la situation. C’est  un « manipulateur » au sens premier du terme : il use de sa main pour faire des autres de purs instruments de sa volonté. Pour lui, les autres ne sont que des pions sur son jeu et des pions qu’il manœuvre à sa guise et à ses propres fins, tel un joueur d’échec. Incontestablement, cette Carte indique l’épreuve qui consiste à être mis en présence d’un pervers narcissique, et de façon plus grave encore, l’épreuve que consiste, pour l’humanité, le risque de devenir ce monstre, cet être à la limite de l’humanité que représente celui qui est dépossédé de tout altruisme et de tout sens moral.

Que nous dit encore l’iconographie du Diable sur cette aliénation humaine ? Le personnage est terriblement puissant. Il domine la scène de bien plus haut que le Pape auquel souvent il est comparé du fait du partage de ce même V qui, en réalité, se trouve aussi dans les Atouts du X (où deux V se rejoignent en leur centre). C’est un être du pouvoir. Il aime le pouvoir qu’il possède sur les autres et c’est une de ses motivations premières.

Bien souvent, on met l’accent sur le flambeau qui est le sien pour rappeler l’un des noms que la religion chrétienne a donnés au démon : Lucifer, le porteur de lumière. Mais regardez bien ce flambeau : c’est le feu rouge de la passion qu’il incarne et non le feu de la lumière qui, au contraire, éclaire d’autres Atouts, particulièrement l’Hermite et Le Soleil. Certes, ce flambeau pourra éclairer la nuit noire d’une lueur rougeoyante, mais ce n’est pas sa première signification. 15-le-diable-Noblet

Pour atteindre la lucidité qu’incarne aussi Le Diable, il faut d’abord prendre en considération l’aveuglement qu’il représente dans un premier temps. S’il est aveuglé, c’est parce que chez lui, le ventre parle avant tout, ventre qui domine l’iconographie traditionnelle et sur lequel un visage apparaît et parfois un visage aux yeux fermés. Qu’est-ce que symbolise ce ventre au visage ? La faim, le désir, la soif de possession et de pouvoir, de gloire, de jouissances orientent toute la personnalité. C’est un être marqué par l’avidité. Nous sommes encore là dans la passion, et cette passion n’a rien de noble, la passion qui organise la perception, si bien qu’on en perd toute objectivité. Ce sont les impulsions les plus vitales, les plus égoïstes qui sont en jeu.

Le corps du Diable est ambigu. Il s’est doté de tous les atouts de la séduction. Il sera femme ou homme pour séduire sa proie. Il refuse de s’enfermer dans un genre parce que son but, c’est manipuler l’autre, et pour cela, il est prêt à jouer tous les rôles et à compléter, apparemment, celui qu’il entend manipuler, lui accordant, en apparence, tout ce dont il a besoin, l’enchaînant en réalité à lui. Les yeux des diablotins sont fixés sur son phallus. Mâle ou femelle, ils sont fascinés par sa puissance de séduction, incapables désormais de penser à autre chose.

yeux-diable_converRegardez les yeux du Diable. Ils louchent. Ce personnage ne voit pas bien. Il ne voit pas clair. Son aliénation est fondée d’abord sur un manque de lucidité. Cette loucherie a cependant d’autres significations. D’abord, c’est un personnage « louche », quelqu’un envers qui notre intuition nous met en garde : il n’est pas ce qu’il paraît être. Il y a une distinction entre un apparaître gentil, plaisantin (la main levé en petit signe, la langue tirée, les yeux croisés), et une réalité dangereuse. Les yeux qui louchent signifient aussi que cet individu est égocentrique. Ses yeux se centrent au lieu de regarder droit devant lui. Le regard qui louche enfin est significateur d’envie : l’envieux louche en effet sur ce qui lui fait envie. Il y a une tradition ancienne qui relie le mauvais œil et l’envie, et dès lors l’envie et la sorcellerie. Nous sommes-là dans l’obscurité la plus profonde de l’âme humaine. L’envie n’est pas, en effet, un défaut, un vice, un péché comme les autres. Il ne contient aucune lumière. Il est une haine de soi redoublée en haine violente, rageuse sur autrui. C’est l’envie la cause du mal qui divise la fraternité humaine, depuis l’aube des temps, et lui nuit comme aucune autre réalité. C’est elle qui a fait de Caïn le meurtrier de son frère. C’est l’envie qui a conduit les frères de Jacob à vouloir le tuer et finalement à le vendre comme esclave. Le Diable est envieux de ceux qu’il s’apprête à manipuler. Il les envie parce que ce sont précisément des êtres qui diffusent une certaine lumière même s’ils sont aussi trop naïfs. Or de cette lumière (altruisme, joie, confiance), Le Diable se sait dépossédé. 

sphinge-roue-de-fortune-camoinCet être mi-homme mi-bête ressemble, cependant et par bien des côtés, à la Sphinge de l’Atout X. De fait, comme dans l’Atout V et dans l’Atout X où le pape et la sphinge surplombaient une scène collective, Le Diable est un personnage qui domine son monde. Marqués par le bleu, la couleur du Ciel, ce personnage est en réalité un Gardien du Seuil. Ce qu’il garde c’est l’entrée dans le dernier Niveau du Tarot. Comme Le Pape et La Sphinge, puis plus tard Le Jugement, Le Diable se trouve à la fin d’un Niveau. Il clôture de Niveau et ouvre sur le suivant.

En tant que gardiens du seuil, le Pape, la Sphinge et Le Diable posent une question à ceux qui arrivent jusqu’à eux : « Es-tu capable de t’émanciper des influences familiales ? » demande le Pape qui enjoint ses ouailles à trouver en eux la curiosité du monde.  « Es-tu capable de sortir de l’éternelle répétition du conformisme ? » demande La Sphinge qui cherche l’individualité potentielle de celui qui vient à elle. « Sauras-tu faire preuve de lucidité sur ta propre nature humaine et admettre tes propres aliénations ? » demande le Diable à celui qui est parvenu jusqu’à lui après avoir traversé toutes les épreuves du 3e Niveau du Tarot.

Ce Diable n’est pas dès lors la seule expression du démoniaque tel que nous l’avons d’abord décrit. Il représente à la fois le personnage de Lucifer et celui de Satan qui ont, tous les deux, un rôle particulier au sein de la Création divine.

Satan, l’adversaire, est le Juge par excellence, celui qui, par les pires épreuves, a pu vérifier la foi de Job. En ce sens, Le Diable mène tout droit à la Carte qui le surplombe dans la Verticale des V : Le Jugement, tout comme il ouvre la porte de cette Maison-Dieu qui le suit, en tant que Maison de Dieu, Temple véritable parce qu’universel. C’est le maître spirituel par excellence, celui qui fait suite à la dureté de l’Atout XIII et qui domine l’ensemble du 3e Niveau fait d’épreuves et de tentations. C’est l’Enseignant par excellence, plus puissant que Le Pape et plus implacable que la sphinge de la Roue de Fortune.

LuciferLucifer est, quant-à lui, l’ange déchu. En réalité, c’était le préféré de Dieu. De ce fait, c’est l’ange de lumière qui a accepté de s’incarner pour ensemencer la Création de la lumière divine et qui, en plongeant dans la matière, savait qu’il s’y oublierait lui-même et sa nature céleste, pour tomber dans le matérialisme, dans la chair, dans l’individualisme qu’implique toute incarnation. Il représente à cet égard, le grand Sacrifié de la Création, et les êtres humains iront jusqu’à perdre l’idée même de son sacrifice, assimilé qu’il fut simplement par eux à la plus grande incarnation du mal.

Pourtant, en s’enfonçant dans l’obscurité de la matière, la lumière qui était en Lucifer a travaillé celle-ci siècle après siècle. Son refus même du divin, sa promotion de l’athéisme sont porteurs d’une lumière indispensable à toute spiritualité authentique. Comme le disait la philosophe et mystique Simone Weil, l’athéisme représente la purification du religieux. Car tout dans le religieux n’est pas spirituel. Beaucoup de choses relèvent en lui du culturel et même du culturel le moins spirituel, celui qui justifie l’inégalité entre les êtres humains, la soumission des uns aux autres, la manipulation des uns par les autres… ce qui nous conduit tout droit dans les bras…  du Diable.

Et à la fin des temps, Lucifer retrouvera sa place, en tant que maître spirituel de l’humanité. Dès lors, Le Diable est aussi la Carte de la rédemption. Et cette Carte offre dès  lors, aussi, une tout autre symbolique que celle de la perversion narcissique qui est aussi la sienne.

tarotvievillexv-le-diableLe Diable, en tant que Carte du 3e Niveau n’est pas en effet que l’expression d’une terrible épreuve pour l’humanité, elle parle des plus grandes vertus, celles qui transforment l’humain en coupe spirituelle, capable de recueillir la rosée céleste du 4e Niveau. Cet Atout  parle alors de spiritualisation du corps, de la chair et de la matière, mais aussi de la lucidité quant aux capacités de l’humanité à s’élever toute seule jusqu’à sa propre réalisation. Cette lucidité est manifestée par l’iconographie de certains Tarots : des yeux ou des visages se trouvent partout sur son corps. Ce dernier n’est plus seulement une matière vivante biologiquement, c’est une chair de conscience et d’amour. Le corps du Diable est bleu dans presque tous les Tarots anciens. C’est la spiritualisation de la chair que cette couleur désigne et singulièrement celle de la sexualité humaine. Le Diable, dès lors, ne parle plus alors de la dépendance que la sexualité engage entre les hommes et les femmes, mais du don mutuel, de l’union sanctifiée que représente la Chambre d’amour

La main du Diable grande ouverte exprime dès lors le salut, celui que le personnage central rend à l’humanité éveillée à sa propre spiritualité par la sanctification de la chair. C’est une main amicale, sans arme. Les cornes du Diables sont celles du Cerf, bleues, spiritualisées elles aussi. Le Cerf c’est le père et le roi de la forêt, le guide suprême. Le Diable représente alors l’ange qui protège les amants de la forêt par le silence des sous-bois, de tout regard louche sur eux, de toute impudeur du regard. La loucherie du Pape prend aussi un autre sens : celui de la méditation, quand on se recentre sur l’intériorité.Les amants dans la forêt, ou à l’abri des regards dans la chambre, se donnent mutuellement dans un acte de désir et d’amour qui est une véritable méditation et la première Porte du Ciel.

étoile du diableLucifer et la Carte du Diable représentent, aussi, une forme d’humanisme : l’amour de la vérité scientifique et de la rationalité, mais aussi le refus presque iconoclaste du sacré. Le Diable se moque des autres et du sacré en tirant la langue, c’est lui qui invite l’humanité à rire de tout, y compris des images pieuses. La  moquerie à l’égard des imbécillités religieuses et le blasphème se révèlent en effet  des étapes nécessaires, celles qui correspondent au rejet de la valorisation religieuse de l’au-delà et de la chasteté qui, durant des siècles, ont imprégné les esprits aux dépens de l’amour et du respect de la nature, de la joie de vivre, de la liberté, de la réalisation sexuelle et de la plénitude de la chair.

Le BaphometC’est la signification de cette étoile inversée qu’incarne le Diable : la pointe de l’étoile est tournée vers le bas, vers la terre, vers la nature, vers l’obscurité même de la nature humaine, afin que celle-ci soit mise en lumière et transfigurée ce qui sera le fait de la Maison Dieu, Atout qui suit Le Diable. Cette étoile s’est incarnée aussi, au sein de l’histoire de l’occultisme, dans le Baphomet des Templiers et de la franc-maçonnerie. Le Baphomet incarne la sagesse quand celle-ci  ne vient pas d’une vision idéalisée et angélique de l’humanité, mais d’une conception de l’homme acceptant son incarnation comme enracinée dans le plus profond et le plus obscur de la Terre. Le Baphomet symbolise l’humanité ayant accepté l’ombre et la nuit qui sont en elle pour en tirer une grande puissance.  En ce sens, Le Diable est l’exact opposé de Tempérance qui représente au contraire une humanité angélique imaginaire coupée de la Terre. Alors que Tempérance incarne l’idéalisme qui risque d’être une brutalité, Le Diable symbolise un réalisme et un matérialisme qui finissent par être un humanisme, quand les hommes ayant renoncé au divin et à l’au-delà s’efforcent de vivre le mieux possible sur la Terre. C’est la spiritualité de la Terre qu’il propose et une spiritualisation de la chair par l’athéisme quand ce dernier s’élève jusqu’à l’humanisme. Et certains d’entre nous, les athées, en resteront là. Et c’est leur droit, par la liberté que le divin a accordé à l’humanité, et une liberté qu’incarne la Carte du Diable.

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Le Diable est, de ce fait, l’incarnation du monde moderne, monde individualiste, matérialiste, ayant lucidement rejeté les vieilles religions et dénoncé l’aliénation et les illusions qu’elles incarnent. Mais ce stade doit, lui-même, être dépassé, car peu d’êtres humains peuvent être régulés par leurs seules forces propres et par le seul idéal humaniste de la fraternité humaine. De ce fait, le monde moderne athée et individualiste n’est pas assez humaniste pour ne pas courir à sa perte. Ce monde est tellement la proie des pulsions d’appropriation et de possession qu’il s’est coupé de la Mère-Nature pourtant racine des pulsions vitales. Le Diable, Prince de l’âge des Épées, appelle dès lors un dépassement de l’athéisme et de l’humanisme et promet l’entrée dans l’ère des Coupes.

La Terre va cependant à sa perte si les croyants et tous ceux qui ont besoin d’un lien spirituel à la transcendance ne digèrent pas la sagesse du Diable et ses critiques du religieux. Campés sur leur indignation de croyants blessés par le blasphème, ils ne parviendront pas à dépasser les particularismes religieux pour se relier les uns aux autres dans une fraternité universelle fondée aussi sur la foi. Ne parvenant pas à être heureux et à construire leur bonheur sans l’aide du divin, ils doivent cependant dépasser les cloisonnements religieux et leurs particularismes pour s’élever jusqu’à la Cathédrale universelle, jusqu’au Temple unique que représente La Maison Dieu. Mais il ne le pourront que grâce à l’aide de l’athéisme et de ses critiques des religions, et grâce à l’attitude blasphématoire purificatrice du Diable.

Eros-AmoureuxN’oublions pas que Le Diable a pour complémentaire L’Amoureux, celui qui est touché par la grâce divine, par les flèches de l’amour divin. Pour aller à la Réalisation ultime qu’incarne Le Monde dans le Tarot, Le Diable doit donc ouvrir son cœur aux flèches de l’amour divin, à l’érotique mystique ce qui est bien autre chose que la simple transmission religieuse. On comprend alors que cette flèche du petit angelot de l’amour a pour fonction principale de permettre à l’humanité de passer des croyances anciennes, traditionnelles, culturelles (que représente la vénérable dame de gauche), à l’érotique spirituelle universelle qui inclut en elle toutes les religions (qu’incarne la jeune fille en fleur). Car, de même que la lumière blanche n’est accessible qu’en fusionnant toutes les couleurs, la nature divine authentique implique qu’on accepte de nourrir son âme à la Révélation de toutes les religions et même à l’humanisme athée. La lumière divine ne peut en effet être diffusée sur Terre qu’en passant par le prisme de la coloration culturelle. Mais pour remonter à la vérité de sa lumière on doit dépasser chaque coloration culturelle par laquelle l’appréhension humaine du divin est rendue possible.

En lien avec le premier niveau du Tarot, Le Diable parle de sexualité dans le couple et de la dépendance mutuelle, mais aussi de tromperie, d’adultère, d’expériences adolescentes multiples, de bisexualité. Un membre de la famille est dangereux pour l’équilibre familial. C’est potentiellement un pervers narcissique, à tout le moins un manipulateur.

En lien avec le second niveau du Tarot, Le Diable renvoie aux personnalités charismatiques, séductrices, manipulatrices, aux gurus des sectes, aux jeux d’argent, aux casinos, aux débits de boissons, aux thérapeutes de l’addiction, aux sexologues, à la mafia, à la criminalité.

Il invite à faire usage de sa ruse, de ses capacités de dissimulation, de manipulation, et d’être comme un joueur d’échec, avançant ses pions avec une conscience générale du jeu qui est devant soi. 

En relation avec le troisième niveau du Tarot, Le Diable parle de rencontres très difficiles avec un manipulateur, un faux gentil, un menteur, un diviseur, un pervers narcissique d’autant plus dangereux qu’on ne le voit pas du tout comme tel. Il met en garde le consultant, l’informant d’une épreuve l’attend dans l’ordre de la soumission, de l’addiction, de la passion malheureuse et destructrice. Il dénonce l’individualisme, l’envie, la manipulation.

Mais il annonce aussi la possibilité d’une prise de conscience libératrice, d’une nouvelle lucidité. Il est le symbole, par excellence de l’humanisme, de l’athéisme qui est aussi une spiritualité. Il invite à la sanctification de la chair par une sexualité sainte.

as-de-coupeEn relation avec le quatrième Niveau du Tarot, Le Diable met en scène la dernière grande épreuve de l’humanité, celle du monde moderne, celle de l’athéisme et de l’individualisme. Il représente le gardien du seuil d’une ère totalement différente, l’ère des Coupes, où l’humanité royale découvrira l’authentique spiritualité contenue dans chaque religion, mais aussi dans l’humanisme athée.

C’est alors que chaque croyant admettra son besoin de Présence divine non pas parce qu’il obéira au dressage culturel et religieux que représentent les menaces de châtiments et les promesses de l’au-delà paradisiaque, mais parce que sa soif d’amour absolu et sa faim de spiritualité et de grâces ne peuvent être comblées que par la rosée spirituelle promise à tous les êtres humains sur Terre, à égalité.

Le Diable bleu ciel est alors le symbole, par excellence, de la rédemption de l’humanité, de la spiritualisation de la chair et de la sexualité, et des relations charismatiques au monde fondée sur une authentique spiritualité. C’est le maître spirituel par excellence.

 

 

 

 



L’Arbre de Vie

L’Arbre de Vie

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Le Tarot est la représentation en image d’une véritable Tradition spirituelle née sans doute à la Renaissance, mais enracinée dans un savoir antique et peut-être préhistorique. Or, au sein de ce savoir, il a toujours été question d’un Arbre de Vie, ce même Arbre mystique qui fut interdit à la consommation d’Adam et Ève quand ils se sont trouvés exclus de l’Éden.

Cet Arbre de vie était le symbole même d’Ashéra, la Déesse compagne de Yahvé avant que les rois-prophètes d’Israël imposent un monothéisme et le culte au seul dieu mâle Yahvé. Son existence s’est cependant poursuivi ensuite sous une forme cachée, celle de la Ménorah, le chandelier juif, qui n’est autre qu’un arbre stylisé, cet arbre de vie qui était le totem d’Ashéra. L'arbre de vie

L’Arbre de vie est cependant bien plus ancien que le culte hébraïque, puisqu’il était déjà en jeu dans l’imaginaire sacré de Babylone et de la Mésopotamie. Bien que de nombreux interprètes du Tarot s’efforcent de réduire la Tradition tarologique à la Kabbale (la mystique juive) et proposent à cette fin une lecture du Tarot à partir de l’organisation de l’univers à travers les Sephirots kabbalistes, ce n’est pas du tout en ce sens que nous proposons de voir dans le Tarot un arbre de vie. Le Tarot est une Tradition à part entière. Il est inutile de vouloir la ramener à une autre Tradition mystique et occultiste. Le Tarot a ses propres codes qu’il s’agit de lire en eux-mêmes et par eux-mêmes. Ainsi, sans cesse le Tarot nous renvoie à la nécessité de distribuer V Cartes pour retrouver la Structure cachée du Tarot, et notamment en mettant ce V à la place du « U » dans les dénominations des Cartes. C’est donc dans cette distribution en cinq Cartes ce qui nous donne quatre Niveaux de Cinq Verticales que nous trouvons l’Arbre de vie tarologique. 

L'Arbre de vie-tarotOn voit alors très clairement le tronc que représente la Verticale des III, et les embranchements à gauche et à droite de ce tronc où se rangent tous les autres Atouts à l’exception du Mat (les racines) et du Monde ( le sommet et à la fois l’arbre en entier).

Que signifie cet Arbre de vie au sein même du Tarot : il révèle l’importance de la Verticale des III et le caractère central de chaque Atout qui s’y trouve. Mais il permet aussi de composer de très intéressantes correspondances par un jeu de miroir entre les autres Atouts, à gauche et à droite du tronc.

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Ainsi, pour parler d’abord du caractère central de la Verticale des III, nous avons L’Impératrice, la femme féconde, au cœur de la première lignée de branches de l’Arbre de Vie, celle qui correspond à la vie familiale.

Sans cette femme féconde, sans la Mère, sans le ventre maternel, sans le pouvoir de fécondité des femmes, et sans leur amour maternel qui va bien au-delà de la fécondité, il n’y a pas de communauté familiale : pas d’enfant, pas de mère-grand, pas de père, pas d’époux et pas même de père spirituel.

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Au cœur de la seconde lignée de branchages, celle qui correspond à la vie sociale, se trouve la Justice. Cela signifie que sans la justice, sans les principes d’égalité et d’équité, il ne peut y avoir de vie communautaire pour les êtres humains. C’est donc sur la justice et sur elle seule que reposent toutes les sociétés existantes.

Sans cette justice, l’expérience de tiraillement entre deux communautés que vit l’Amoureux tourne en effet au drame, l’exploration du Chariot à la conquête dans sa violence, la sagesse de l’Hermite n’est pas entendue et la Roue de la vie tourne perpétuellement en renouvelant les mêmes erreurs.

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Au cœur de la troisième lignée de branchages, celle qui correspond aux grandes épreuves de la vie et leur transmutation en grandes vertus humaines, il y a la Carte de la Mort. Cela signifie que le deuil et l’affrontement à la mort sont l’essence de toutes les grandes épreuves de la vie humaine, et que sans l’acceptation du deuil et le détachement qui en résulte, aucune vertu n’est accessible à l’être humain.

Ainsi le courage n’est que colère et violence contre autrui, l’oppression subie ne permet jamais d’être dépassée par la sérénité, l’idéalisme se fait brutalité et la lucidité n’accompagne aucune des aliénations ordinaires de l’être humain.

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Au cœur de la quatrième lignée de branchage, celle qui correspond aux émanations du Ciel et à leur fécondation de la Terre, se trouve La Lune, la Carte qui incarne la Mère divine en tant que Gaïa, la Terre-Mère, la Mère-Nature. Cela signifie que sans l’amour infini des hommes pour Mère-Nature, pour sa merveilleuse fécondité, pour son incroyable générosité, aucune authentique spiritualité n’est possible.

L’adoration du Père divin, la vénération de la Vierge-Mère, et le culte du Fils christique, ainsi que leTemple universel qui se trouve au-delà de toutes religions ne sont accessibles qu’à celui qui aime en profondeur la Nature et l’incarnation matérielle fécondée par les émanations du Ciel.

Par ailleurs, La Lune, en tant qu’Atout de la Nuit, du Rêve, de l’Imaginaire, de l’Inconscient, de la médiumnité et de la voyance est au coeur de la quatrième lignée de branchage, car rien de spirituel n’est possible sans commencer dans un enracinement dans cette Nuit des forces de l’ombre sans lequel l’imaginaire créatif n’est pas possible.

Une fécondité tout autre encore de cet Arbre de vie se révèle pour tout chercheur de Vérité, dans un jeu de miroir qui situe tout Atout face aux autres de la même lignée d’embranchement.

Ainsi, pour prendre le premier Niveau d’embranchement en exemple :

bateleur2 ii-la-papesse-tarot-de-marseilleA gauche de L’Impératrice se trouvent deux Cartes qui parlent de la façon dont sa fécondité va pouvoir se réaliser. 

Ainsi, l’enfant, le projet, le commencement qu’incarne Le Bateleur a pour première enveloppe la fusion maternelle et le secret des cœurs. Il a besoin d’être fécondé dans une matrice qu’elle soit physique, imaginaire ou intellectuelle. 

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4empereur5pape A droite de L’Impératrice se manifestent deux autres conditions de réalisation d’un projet bien menée, d’une éducation bien donnée.

Ainsi, le fils (ou la fille) se doit, après avoir vécu le maternage fusionnel, de rencontrer le père tribal : la loi, l’ordre, l’autorité du Père symbolique, celui qui mobilise en partie l’affectivité de la mère (L’Empereur), mais aussi le père spirituel qui n’a pas pour but de cadrer l’enfant et de lui transmettre des limites comme le père tribal, mais de lui donner confiance en lui et en ses forces d’autonomies (Le Pape).

Mais un même jeu de miroir et de complétude se joue entre les Atouts de la gauche et ceux de la droite de L’Impératrice. Ainsi, le premier et le dernier Atout de l’embranchement familial (le premier Niveau du Tarot) met en relation Bateleur et Pape. Et, de même, le premier Atout de chaque côté (gauche et droite de L’Impératrice) rassemble et oppose Bateleur et Empereur, quand la place de second Atout de chaque côté lie Papesse et Pape. Il s’agit alors de comprendre le sens profond de cette liaison.

bateleur2 5pape Le Jeune Bateleur, première Carte de la première Branche est mis aussi, et toujours par L’Impératrice, en relation d’opposition avec Le Pape, dernière Carte de la première Branche : le jeune homme qui démarre dans la vie et qui est pris dans ses jeux et ses expériences individuelles (Le Bateleur) s’oppose aux jeunes gens vivant une expérience collective et éduqués par le premier père spirituel du Tarot à s’émanciper de l’expérience familiale (Le Pape). Toute jeune individualité a en effet besoin, pour achever le cycle de la communauté familiale, qu’incarne le premier Niveau du Tarot, de rencontrer non seulement le Père tribal de la loi et de l’ordre (L’Empereur), mais aussi le Père spirituel qui, par son amour et la foi qu’il place en lui, lui donne la force d’aller à la conquête du monde. 

4empereurii-la-papesse-tarot-de-marseilleTout de même,  La Papesse s’oppose et complète L’Empereur (tous les deux en effet miroir autour de L’Impératrice) parce que la mère de la mère (La Papesse) et l’époux de l’épouse (L’Empereur) représentent deux soutiens essentiels à la bonne fécondité et à la bonne maternité de toute femme (L’Impératrice).

Mais nul n’ignore aussi à quel point la mère de la mère et l’époux de l’épouse peuvent se heurter dans l’influence qu’ils exercent sur la femme. C’est que chacun joue un rôle important pour elle et qu’il voudrait exclusif. La grande-mère, l’arrière-mère qu’est la mère de la femme transmet son savoir de mère. L’époux fait d’elle une femme accomplie.

bateleur24empereurMais avant de rencontrer Le Pape, le jeune Bateleur (en tant que première Carte de la gauche de la première Branche) est aussi mis en relation de complémentarité, par L’Impératrice, avec L’Empereur (première Carte de la droite de cette même première Branche. Ainsi, le fils (Le Bateleur) ne peut exister dans son identité mâle qu’en s’identifiant au père tribal (L’Empereur), le chef de la communauté familiale. Mais il ne pourra en particulier, dans l’amour que celui-ci éprouve pour son épouse (L’Empereur regarde L’Impératrice), mais aussi dans sa stabilité, dans son besoin de protéger sa famille, etc. Mais ce fils ne pourra aimer son père et s’identifier à lui qui si la mère aime à la fois le fils et le père. Et le père ne pourra aimer complètement son fils qu’en tant que l’enfant de sa bien-aimée. C’est l’Impératrice qui fait le lien entre les deux Cartes mâles de la famille.

Et tout de même, La Papesse est en relation de complémentarité évidente avec Le Pape, tous les deux représentant les fonctions sacerdotales humaines au féminin et au masculin. Cependant, ce couple sacerdotal ne pourra se rencontrer, et s’entraider dans leur dévotion au Divin que si le rôle essentiel du féminin sacré (incarné par L’Impératrice) s’est révélé au monde.

ii-la-papesse-tarot-de-marseille 5papeOr ce rôle sacerdotal qui est ainsi affirmé par le Tarot a été nié durant plus de deux millénaires, durant l’âge des Bâtons qui correspond à l’Antiquité et au Moyen-Age, et l’âge des Épées qui correspond à la Renaissance et au monde moderne. Ce n’est que durant l’âge des Coupes, imminent désormais, que ce rôle sacerdotal des femmes sera pleinement reconnu. Alors, la sacralité retrouvera sa plénitude perdue.

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À vous, maintenant, de décrypter les relations qui s’imposent, dès lors, entre toutes les Cartes de chaque Niveau d’embranchement de l’Arbre tarologique de la Vie.

Ce n’est qu’en comprenant toutes ses relations que Le Tarot et sa puissance de sagesse et de réalisation se révèlent complètement.

 

 



Les quatre âges de l’humanité selon le Tarot

Les quatre âges de l’humanité selon le Tarot

 

Le Tarot obéit à un mouvement aux trois quarts circulaire qu’on voit clairement dans Le Monde, et dans une certaine mesure dans La Roue de Fortune, bien que dans cette dernière, la roue est perpétuelle, alors que le mouvement du Monde s’arrête à l’ange. Il n’y a pas ensuite de descente de l’ange au taureau, l’évolution temporelle s’arrêtant au stade le plus élevé de la conscience humaine, celle de la spiritualité.

C’est un mouvement qui, dans l’Atout XXI fait passer de la Vache sacrée au lion ailé et de ce dernier à l’aigle, puis de l’aigle à l’ange.

Ce mouvement est imprimé à tous les niveaux du Tarot, si bien qu’il est aussi celui qui va de la terre au feu, du feu à l’air, et de l’air à l’eau, ou encore des Deniers aux Bâtons, des Bâtons aux Épées et des Épées aux Coupes.

Il retrace les grandes ères de l’humanité, telle que le Tarot les comprend, dans une histoire universelle qu’elle découpe à partir de sa propre compréhension du réel : les Deniers correspondent au temps préhistorique du néolithique, quand la conscience humaine éveillée à sa spécificité découvre l’agriculture et la divinité tandis que les sociétés humaines sont toutes matriciennes. Les Bâtons retracent la période de l’Antiquité et du Moyen-âge qui est dédiée à l’énergie mâle du courage, de la guerre, de la chevalerie, des grandes conquêtes et de l’instauration du patriarcat. Les Épées représentent une époque dédiée aux découvertes scientifiques et au déploiement de la vie intellectuelle qui correspond au monde moderne depuis le XVIIIe siècle. Les Coupes ouvrent une période qui n’a pas commencé véritablement où l’humanité s’ouvrirait intégralement à son destin spirituel.

Le temps s’accélère au fur et à mesure que l’histoire des hommes progresse de Couleur en Couleur. Si l’ère des Deniers dure en effet sur une dizaine de millénaires, l’ère des Bâtons représente un peu plus de deux millénaires, et l’ère des Épées environ 400 ans. L’ère des Coupes nous ferait sortir alors de la temporalité telle qu’on la vivait alors, c’est-à-dire comme transformations et révolutions historiques, obsession du passé et de l’avenir, permettant l’émergence d’une conscience centrée sur le présent dans son éternité.

 

asofcoinsL’ère des Deniers et les sociétés matriciennes du néolithique

Les Deniers sont la Couleur qui correspond à l’élément Terre et à la symbolique qui l’accompagne : la nature, la fécondité, l’agriculture. Dans Le Monde, cette très longue et ancienne ère est représentée par la Vache sacrée, animal totémique de la Mère-nature.

Or, on sait désormais que le néolithique représente une période très importante dans la préhistoire, car c’est à ce moment-là que l’agriculture fut découverte. Les êtres humains en s’appropriant des terres, en maîtrisant les techniques pour faire pousser des plantes nourricières ont quitté le mode du nomadisme des cueilleurs-chasseurs qu’ils étaient jusqu’alors pour se fixer en villages sédentaires (ou semi-sédentaires, avec parfois une migration annuelle).

Le mystère de la vie était alors entièrement compris comme le pouvoir même des femmes, pouvoir de la maternité, pouvoir d’engendrement qui était assimilé à celui d’une Mère-nature féconde et féroce à la fois. Les statuettes qu’on trouve à cette époque sont dédiées au corps de la femme. Ce sont les fameuses Vénus préhistoriques qu’on a trouvées un peu partout, en Europe, de la France et l’Italie jusqu’en Russie et qui témoigne d’un monothéisme dédié à la Grande Déesse-mère, ainsi qu’à la jeune fille. Ce sont des oeuvres d’une très grande beauté plastique dont a fait cette époque si éloignée de nous, témoins d’une civilisation agraire raffinéevenusnéolithique.

La maison et la terre appartenaient aux femmes, et les hommes venaient vivre avec elles (matrilocalité), à moins que l’organisation soit fondée sur la fratrie, le modèle masculin étant celui du frère de la mère qui, en tant qu’oncle, élevait ses neveux et nièces. La famille étant matrilinéaire, les enfants n’étaient jamais perturbés par la mésentente parentale, la séparation, les coups de foudres des adultes et les désordres qu’ils engendraient. Ils restaient avec les mêmes adultes référents toutes leurs vie. Parallèlement, les personnes âgées étaient toujours gardées dans une maison où ils étaient les parents des deux adultes qui s’occupaient de la maison, au contraire du système patriarcal où les femmes devaient soigner des personnes âgées qui n’étaient pas leurs parents, ce dont elles se sont libéré dès que les moeurs étaient moins durement patriarcale, à l’âge d’Épée.

La vie communautaire était villageoise, et profondément pacifique : on ne trouve que peu d’armes dans cette époque bénie où l’humanité naissait à elle-même.

On sait aussi désormais que cette ère matricienne a pris fin avec l’envahissement de l’Europe par des hordes de nomades violents et qui ont imposé un patriarcat qui s’est répandu partout.

 

AsofwandsgoldenL’ère des Bâtons et les sociétés patriarcales antiques et médiévales dédiées à la conquête et à la guerre

La période qui a suivi le néolithique fut la pré-Antiquité, qui fut elle-même suivie par ces périodes qu’on découpe habituellement en Antiquité, puis moyen-Age. Or ces périodes appartiennent, du point de vue du Tarot à la même ère, celle qui est dédiée aux Bâtons et à son élément, le feu. Dans l’Atout XXI, cette ère est représentée par le Lion et sa force mâle souveraine.

Cette ère s’enracine dans la découverte du rôle du sperme dans la fécondité.

C’est une époque où la verge, le phallus, le masculin va écraser totalement le féminin, et où les hommes prennent le pouvoir dans tous les domaines de la société. C’est aussi le moment où apparaissent des dieux masculins qui s’associent d’abord à la Déesse-mère qui, elle-même, se diffracte en de nombreuses déités.

Peu à peu, les dieux mâles sont devenus  plus importants que les déesses qui leur sont devenues adjacentes. Puis s’est imposé un monothéisme masculin dans la religion hébraïque puis dans le christianisme et l’islam.Labataillede san Romano

Des armes de guerre sont fabriquées, des empires se constituent, des armées se rassemblent, des conquêtes, des occupations de territoires étrangers, le colonialisme se répand partout. Des lois sont édictées pour organiser la vie humaine.

L’organisation de la société était alors profondément hiérarchique et patriciale. La femme s’installait dans la famille de son époux, et elle n’est souvent plus qu’un ventre reproducteur dédié à la filiation masculine.

Finalement l’essence des bâtons s’est manifesté dans la chevalerie médiévale qui représente l’expression la plus noble, la plus élevée de cet âge de Bâton, incarnant mieux que n’importe quoi, le lion, l’animal emblématique de cette ère. 

 

AsofswordsgoldenL’ère des Épées et les sociétés modernes, laïques, fondées sur une représentation scientifique du réel

La dernière période historique est la nôtre, c’est celle qui est née en même temps que les sciences modernes, au XVIIe siècle, au moment où les savants inventèrent la méthode expérimentale qui permet de tester la validité des théories scientifiques. Cette ère relativement courte est celle des Épées et l’élément qui est le sien est l’Air. Dans la carte du  Monde, elle est représentée par l’Aigle aux yeux perçants.

C’est encore un temps masculin que cette ère et c’est la masculinité de l’Air qui domine l’histoire mondiale de l’humanité durant cette période. Cette masculinité s’exprime cependant autrement que par la force brutale. C’est dans une intelligence technicienne profondément dédiée à l’instrumentalisation du réel au profit des besoins des êtres humains.internet

L’âge d’Épée s’incarne dans l’industrialisation des modes de la production des biens de consommation. Dans la multiplication des moyens de communication. Dans le développement sans précédent de la connaissance. Dans l’émancipation des sociétés à l’égard des croyances religieuses, et le développement d’un humanisme des droits de l’homme qui ne doit rien aux dieux.

Cette période dédiée à l’Air est aussi l’époque des plus grandes épreuves de l’humanité. Celles qui doivent la conduire à la conquêtes des grandes vertus humaines du courage, de l’individuation, de la spiritualisation de la relation au monde et du détachement, ainsi que de la tempérance, de la mesure, de la recherche de la voie médiane et de la fraternité universelle, et enfin celle de la lucidité, sans laquelle l’aliénation de l’homme laissé à ses seules ressources ne peut lui apparaître.

C’est à la fin de cette ère, que désespérés les êtres humains se libèreront des vieilles religions pour rencontrer l’authentique spiritualité et leur propre royauté.

 

AsofcupgoldenL’ère des Coupes et la société de demain

Cette ère est la dernière. Elle n’y aura pas de grandes mutations après elle, et il n’y aura pas non plus de retour circulaire aux Deniers.

Et on ne peut, sur cette ère nouvelle, que faire des conjectures, car elle n’a pas vraiment commencé.

Mais le Tarot peut nous en donner quelques indices essentiels : elle sera spirituelle, mais d’une spiritualité qui n’entrera pas en contradiction avec le savoir scientifique, et d’une spiritualité qui ne sera pas qu’humanisme. Elle s’incarne en effet dans les Coupes qui recueillent l’eau du Ciel, la rosée remplie de lumière pour la donner à la Terre entière.village planétaire

C’est la période où l’humanité parvient à sa réalisation ultime : relier le mortel et l’immortel, la glèbe et le divin, faire de la terre un Eden. Les êtres humains que représentent les Coupes seront capables de recueillir les émanations célestes pour les répandre sur la Terre. Ce seront les prêtres et prêtresses de la Déesse et du Dieu de l’amour, les artistes du bonheur et les créateurs de l’Eden, ce jardin terrestre et célestes à la fois auquel seules des Individualités saintes sont capables d’œuvrer.

L’humanité sera dès lors l’humanité royale, réplique et servante du divin, gardienne de la Terre, protectrice de la biosphère.

On peut aussi légitimement penser que cette période d’achèvement et de réalisation que sera l’ère des Coupes va redonner aux femmes une place éminente, semblable à celle qu’elles avaient dans la préhistoire. Mais cette fois, cette place sera essentiellement religieuse : elles seront les prêtresses du Nouveau et Dernier Monde.

 

Merci à Kat Black pour ses merveilleux As.



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