Le Tirage en une Lame du Tarot secret

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Le tirage en un Atout du Tarot secret

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Le Tarot secret offre de merveilleux récits à ceux qui se prêtent à son tirage. Il consiste à considérer chaque Atout comme une réalisation potentielle à part entière dans la mesure où le consultant s’approprie la Lame complémentaire et use du moyen que représente la Lame médium.

Pour calculer la Lame complémentaire, rien de plus simple : il suffit de soustraire  le nombre de l’Atout en question du Nombre XXI qui représente Le Monde. Le Monde contient en lui la totalité du réel dans sa perfection. Chaque Atout est donc destiné à la pleine réalisation mais pour cela, il lui faut monter jusqu’au Monde. Chaque Atout contient donc en lui une lame cachée et complémentaire qui lui permet de s’élever jusqu’à la réalisation parfaite et qu’on trouve par cette soustraction.

Encore faut-il aller jusqu’à elle, et c’est la lame médiatrice qui le permet. Pour calculer la Lame médiatrice, on soustrait le nombre de l’Atout tiré du nombre de la Lame complémentaire.

Voici quelques exemples :

L’Impératrice ne peut aller à sa réalisation complète qu’en s’appropriant la valeur de La Lune (Atout XXI – Atout III = Atout XVIII), et celle-ci ne peut être atteinte qu’en passant par Le Diable (Atout XVIII – Atout III = Atout XV).

l_imperatriceQue nous raconte donc le Tarot secret à propos de L’Impératrice ? Qu’être une femme réalisée dans sa féminité aussi bien dans sa vie privée que dans sa vie sociale et politique, une épouse heureuse, une mère épanouie, une créatrice attestée (L’Impératrice), il faut activer en soi le lien naturel entre la femme et la nature (La Lune, Lame complémentaire), et dès lors ce que Clarissa Pinkola Estés désigne comme le féminin sauvage qu’elle illustre avec cette image de « la femme qui court avec les loups », mais aussi le féminin primitif des eaux primordiales. femmes-loup

La conquête de cette femme sauvage qu’illustre La Lune ( la Déesse sous sa forme de Diane ou d’Artémis, Déesse des forêts et des loups) implique, par ailleurs, la pleine acceptation des valeurs positives du Diable (Lame médiatrice). Avoir conscience de ses désirs sexuels de femme, les assumer, et les vivre dans la plénitude est présenté par le Tarot comme le moyen pour la femme de se connecter au féminin sauvage incarné par La Lune.

 

Un autre exemple : L’Empereur04-empereur, cette incarnation mâle de l’humain au sein du Tarot ne peut, si l’on en croit le Tarot secret, être pleinement réalisé dans son humanité masculine (L’Empereur élevé jusqu’au Monde) que s’il admet pleinement l’anima qui est en lui, cette jeune fille tendre qu’il porte comme son complémentaire caché (L’Étoile), et celle-ci n’est, elle-même, accessible  que s’il accepte intimement la finitude (L’Atout XIII).

Maria Kreyn - Tutt'Art@ (1)C’est exactement ce que le philosophe Levinas illustre en affirmant que l’éros masculin (l’amour érotique pour la femme) n’est possible à l’homme que s’il rencontre une limite radicale à sa puissance, c’est-à-dire que s’il prend pleinement conscience de sa mortalité, de sa féminitude, et qu’il n’est donc pas tout puissant dans la réalisation de ses désirs. En mettant une limite à son affirmation virile, la mort fait place en lui à l’altérité qui prend la forme du féminin virginal qu’est son âme, son anima et qu’il recherche hors de lui, dans la femme aimée. 

 La bonne castration qu’est L’Atout XIII (qui met fin à l’illusion de la toute puissance) est donc la condition d’une manière d’être masculine qui ne soit pas tyrannique, grossière, absurdement primitive, mais digne, évoluée, sage et bienveillante et qui naît de ce que l’Atout le plus masculin du Tarot (L’Empereur) contient, en lui, l’Atout de la plus tendre féminité (L’Etoile).

 

ii-la-papesse-tarot-de-marseilleAllez… encore un : La Papesse. Que nous dit le Tarot secret de cet Atout de la vieille femme, de la femme voilée, de la gestation, de la femme enceinte ou fusionnelle, du cloitre, de la nonne, etc. ?

La Papesse ne peut réaliser pleinement ses valeurs positives que si elle intègre son Atout complémentaire, Le Soleil. Ainsi, la Nonne tend à l’amour idéalisé, platonique en élevant son désir jusqu’au divin. Chaque Nonne se considère alors comme l’épouse de cet Autre masculin idéalisé qu’est le divin (Le Soleil, image de Dieu ou de Jésus) et elle le trouve en tant que vierge éternelle (L’Étoile)thérèse de lisieux.

Si c’est une Carte qui signale un projet secret et en gestation, on voit comment le Tarot secret insiste sur le fait qu’il doit aller vers la visibilité du Soleil et il ne le peut que si l’on accepte de l ‘élever jusqu’au Service (L’Étoile). Le projet en gestation doit se dévoiler et gagner en visibilité ainsi qu’en réalisation (les murs ouverts du Soleil, sa lumière).

La femme de savoir repliée dans la solitude doit accepter d’enlever son voile, d’être nue devant son aimé, de donner sans crainte et sans attentes égoïstes, d’assumer pleinement sa féminité, de retrouver en elle-même l’éternelle jeune vierge (L’Étoile), afin de trouver le grand amour (Le Soleil).

La mère fusionnelle qu’est aussi La Papesse est invitée à faire place au Père aimant (Le Soleil).

la-grand-mre-s-asseyant-dans-la-chaise-lit-un-livre-ses-petits-enfants-62245390La vieille femme trouve dans ses petits enfants (les jumeaux du Soleil) un surcroit de bonheur et d’énergie.

 

Amusez-vous, maintenant que vous connaissez le procédé, à découvrir le langage du Tarot secret en faisant un tirage d’une carte à propos de ce que vous êtes, mais aussi de ce qu’il vous faut acquérir en trouvant l’Atout complémentaire et l’Atout médiateur.

 



Atout XIIII-Temperance

Tempérance

Atout XIIII

Angélisme et brutalité de l’idéalisme

Gnosticisme, vouloir faire l’ange et faire la bête

Idéal tempéré par le réalisme

Partage, échanges, amitié, respect mutuel

Fraternité universelle

 

Temperance-Jodo

 

S’il y a un Atout mal compris, c’est bien Tempérance dont on ignore la situation au sein du Système en 4 x 5 du Tarot, et dès lors qu’il est au croisement d’une Verticale mâle et d’un Niveau dédié aux épreuves et aux grandes vertus spirituelles qui en sont issues. 

Verticale des IIIIComme le manifeste déjà  appartenance à la Verticale des IIII, Tempérance qui n’est pas « La Tempérance » représente un ange de nature masculine, faisant de lui un élément d’une mâlitude archétypale qui réunit L’Empereur, L’Hermite, et Le Soleil.

La lecture d’une iconographie pourtant très claire s’obsède habituellement du seul fait qu’il s’agit d’un ange qui mélange deux types de fluides, pour en tirer toutes sortes d’interprétations qui ne sont que partiellement justes car elles ne  tiennent compte ni du fait que cet ange ailé ne rayonne pas, alors que c’est le cas de tous les autres anges du Tarot, ni qu’il ne vole pas alors que, de même, le vol ailé caractérise la situation ou l’action des trois autres anges du Tarot et qu’on trouve en Atouts VI (L’Amoureux), XX (Le Jugement) et XXI (Le Monde). L’absence de rayonnement et de vol montre bien qu’il ne s’agit pas du tout, dans cet Atout, d’une inspiration divine, mais d’une attitude humaine qu’il faut donc décrypter, en n’oubliant pas l’appartenance à ce troisième Niveau du Tarot et qui est en relation harmonique avec les Épées, Cartes des épreuves avant d’être celles des grandes vertus spirituelles.

Loin d’être cet Atout  si tranquille et serein que certains tarologues et taromanciens ont vu en lui l’expression principale de « vacances », ou cet Atout uniquement positif de l’équilibre et de la mesure, il incarne d’abord une des plus grandes épreuves que doit vivre l’humanité avant de s’éveiller à la rosée du Ciel, une épreuve plus difficile que celles de la violence (Atout XI), de l’impuissance (Atout XII) et du deuil (Atout XIII), mais moins difficile que celle qui est liée au Diable : l’aliénation en toute conscience. Tempérance, parallèlement, promet une vertu supérieure au courage (Atout XI), au renversement des perspectives (Atout XII) et au détachement (Atout XIII), bien que moins essentielle que la lucidité que promet Le Diable.

Le nom de « Tempérance » ne fait que désigner du doigt la vertu qu’il faut cultiver quand cet Atout est en question. Mais ce mot de Tempérance a au moins une autre signification : il devrait, aussi, être entendu dans la langue des oisons en usage chez les alchimistes du XVe siècle qui a vu naître le Tarot : Tempérance est le temps de l’errance, c’est-à-dire un temps long de l’erreur, et une erreur de laquelle l’humanité gargouilles_Notre-Damea bien du mal à se sortir, parce qu’elle ne ressemble pas à une erreur mais, au contraire, endosse l’habit de la spiritualité, l’habit de l’ange.

Quelle épreuve et quelle errance peut ainsi rectifier, cette vertu de tempérance, qu’est aussi l’Atout XIIII ?

C’est l’iconographie qui nous l’apprend : il s’agit pour celui qui veut faire l’ange de garder les pieds sur terre et de mettre de l’eau dans son vin. Il y a un proverbe français qui est admirablement illustré par Tempérance : « qui veut faire l’ange fait la bête ». C’est l’angélisme ou son extension : l’idéalisme, que représente d’abord Tempérance, deux tendances dangereuses pour l’être humain en chemin spirituel car elles conduisent à des excès et même un extrémisme. Cet angélisme et cet idéalisme sont particulièrement en jeu dans les idéologies religieuses, mais on les voit à l’œuvre dans les activités politiques et humanistes. Ainsi, si l’islamisme fondamentalisme qui ravage notre monde est né d’un idéal religieux, l’idéalisme communiste et athée fondé sur une volonté de justice et un idéal de d’égalité a abouti, préalablement et au cours du XXe siècle, à l’un des pires totalitarismes historiques.

Il est éclairant de considérer la Carte complémentaire de Tempérance, le Chariot, pour comprendre l’Atout XIIII : l’idéalisme peut être aussi violent qu’une conquête, qu’une forme de colonisation. Et c’est souvent en son nom que ces dernières sont entreprises. Ainsi, répandre une religion ou un idéal humaniste ont donné bien des excuses aux colonialistes des temps passés.

A l’heure actuelle, nous vivons l’épreuve conjointe, à la fois, de Tempérance et du Diable, et dans leurs milieux naturels respectifs si on peut dire : le milieu religieux fondamentaliste pour Tempérance et le libéralisme économique pour Le Diable. Le terrorisme islamiste fait, en effet, pendant aux excès issus d’une mondialisation libérale qui instrumentalise l’humanité à la recherche du seul profit d’une élite commerçante soumise à un but purement égoïste, celui de la richesse. Mais l’espoir m’anime, car Tempérance et Le Diable sont les deux derniers Atouts avant l’ouverture aux Atouts cosmiques. Nous sommes au plus important tournant de toute l’histoire de l’humanité : où bien elle se détruit, ou bien elle se métamorphose avec l’Atout suivant : La Maison Dieu.

Pour en rester à la partie qui concerne Tempérance, rappelons que le terrorisme islamiste est né dans le sol angélique d’une des religions les plus généreuses qui soient, où l’orphelin et le pauvre sont en particulier traités avec une grande bonté. Les terroristes islamistes, comme tout terroristes, sont des idéalistes qui veulent « sauver le monde » de ses péchés et de ses turpitudes par des actions considérées comme des moyens certes mauvais, mais nécessaires. Or, aucun idéal ne peut, en réalité, justifier l’injustifiable.

Krishnamurti est à mes yeux le philosophe et la personnalité spirituelle la plus consciente des méfaits de l’idéalisme, aussi il ne faut pas s’étonner si l’essentiel de son enseignement incarne, mieux qu’aucune autre philosophie, la sagesse du Diable : seul, affirme-t-il, celui qui a pris conscience de l’aliénation que représentent les religions, les croyances, les idéologies de toutes sortes, y compris de l’humanisme, a les yeux ouverts sur la réalité de la condition humaine. Pour Krishnamurti, il faudra bien qu’un beau jour, l’humanité commence à Voir le réel tel qu’il est et acquiert cette lucidité promise par l’Atout XVKnishnamurti. Autrement dit, il faudra que l’humanité dépasse le stade représenté par Tempérance et cela implique l’acceptation des valeurs positives du Diable tarologique.

L’idéal, affirmait Krishnamurti constamment lors de ses nombreuses causeries, c’est « quelque chose qui n’est pas ». Ce n’est pas le réel. C’est une négation du réel, un refus du réel qui comportent de grands dangers. A vouloir faire plier le réel sous son idéal, on le maltraite et parfois à l’extrême. Les camps de concentration, les génocides, les tortures, les viols, les meurtres sont nés et continuent de naître d’un idéal qui, pour se réaliser, emploie des méthodes pires que les souffrances qui l’ont fait naître. C’est pourquoi, pour Krishnamurti, « l’idéal est une brutalité ». Aucun idéal ne trouvait grâce aux yeux de Krishnamurti, pas même celui de la non-violence, alors en vogue en Inde. Car ce n’est pas en cultivant un idéal de la non-violence qu’on peut se débarrasser de la violence dans le monde, mais selon Krishnamurti en embrassant la violence, elle-même, dans une vision lucide et compatissante.

A cause de l’idéalisme, de l’angélisme qui sont des façades de bonté et d’amour altruiste, je me sépare d’autrui, affirmait encore ce sage et mystique que fut Krishnamurti, je m’oppose à lui, à ses besoins, à sa vision. Drapés dans leurs rôles de prédicateurs, les idéalistes sont “les diviseurs inconscients du monde”. Or la division, la séparation, la violence qui en découlent sont exactement ce le sens que porte le mot « diabolique », ce qui nous envoie directement à l’Atout suivant.

L’une des formes les plus concentrées du danger que représente l’idéalisme se trouve dans le gnosticisme qui a infesté toutes les religions, mais aussi bien les philosophies existantes, même si les gnostiques proprement nommés représentent aussi une secte chrétienne des IIe et IIIe siècles de notre ère et donc un espace culturel restreint.

L’âme gnostique dans ses caractéristiques éternelles est constituée d’un dégoût profond pour la matière, pour le monde réel, pour la nature qui se traduit par une haine des femmes, de la sexualité, de la chair sous toutes ses formes et d’une aspiration à un autre monde, transcendant, pur, dénué de toute souffrance, de toute violence, de tout péché. Ce rêve d’un monde parfait transcendant qu’on trouve dans la poésie de Baudelaire par exemple conduit à renforcer la haine du monde qui l’a fait naître. C’est cet idéal d’un paradis parfait qui motive les djihadistes. Se détourner émotionnellement de la seule réalité existante, parce qu’on la juge mauvaise et la mépriser au nom d’un monde parfait, probablement purement imaginaire, irréel mais qu’un prophète ou gourou quelconque a proposé à l’imagination de ses troupes pour motiver leur ardeur combattive, c’est faire preuve de folie, d’immaturité, de bêtise sans fond. Car le bonheur réel n’est possible que sur terre, ici et maintenant, et pour l’atteindre il faut commencer L'âme qui s'envole vers l'Idéal Transcendant-janmot-idealpar aimer ce qui est.

Ce mépris gnostique, ascétique, angélique du réel, de la nature, de la sexualité qu’on trouve dans la religion chrétienne, dans la philosophie platonicienne, dans la religion musulmane, dans le bouddhisme, etc. est inférieur, en terme d’évolution spirituelle, à l’amour passionnel et aliénant de ces mêmes réalités que représente Le Diable et c’est pourquoi l’Atout XV incarne un stade plus évolué que l’Atout XIIII. Et c’est pourquoi l’ange de Tempérance précède Le Diable de l’Atout XV.

L’iconographie de l’Atout XIIII invite donc à mettre de l’eau dans son vin, et si je dois traduire ce proverbe à partir de son iconographie, du réalisme dans son idéalisme, c’est-à-dire à garder les pieds sur terre. Alors les plus belles qualités de Tempérance se manifeste : celui est mû par un idéal tout en restant conscient des difficultés de ce monde et des nécessaires accommodements à la réalité qu’il doit accepter… devient modéré, sage, tempéré, tolérant, respectueux d’autrui. Il est foncièrement l’ami de tous les autres, et sa posture est celle d’un frère en humanité partagée.

Dès lors, le lien à la complémentaire, Le Chariot, se comprend dans un tout autre sens que celui que nous avons évoqué : le partage dans le respect mutuel est le moyen propre à une humanité réalisée pour découvrir de nouveaux domaines d’exploration. Don et contre-dons enrichissent alors tout le monde sans que personne n’ai rien à perdre.

Il est donc juste de faire de cet Atout, l’image de l’amitié, de la fraternité. Et de fait, il appelle l’Atout qui lui est supérieur dans la Verticale des IIII : Le Soleil où cette fraternité va jusqu’à la gemellité. Avec Tempérance, il y a partage, échange de dons et contre-dons mutuels, de services et d’écoute, et de confidences qui placent les deux personnes, aussi différentes soient-elles par leur genre, leur statut et leur place dans la société, dans la plus parfaite égalité.

Les flux qui se mélangent dans Tempérance sont ceux de la Terre et du réel (rouge et gauche) et du Ciel (bleu et droite), mais aussi du masculin (bleu) et du féminin (rouge), rappelant que l’Atout XIIII fait partie de la Verticale des IIII où il est question de mâlitude : tout de même qu’aucun être humain en chemin spirituel ne peut accéder au Ciel de son être sans accepter son ombre, aucun homme aussi masculin masculin soit-il ne peut vivre sa mâlitude sans avoir accepté sa propre féminité, son anima. Et cette anima est clairement marquée par la fleur qui se trouve au front même de l’ange dans l’iconographie du Tarot de Marseille. C’est l’équivalent, dans cette Verticale du IIII, de La Justice qui, au sein de la Verticale des III représente une incarnation féminine fortement masculine et qui vise le même équilibre qu’on retrouve en Tempérance.

Les deux flux relient deux vasques, l’une en bas, l’autre en haut, mais en montant d’un côté et en descendant de l’autre côté. Ils désignent donc la parfaite égalité des eaux des deux flux. Avec Tempérance, les valeurs de la Terre sont en parfaite égalité avec les valeurs du Ciel. Elles ne sont pas oubliées au nom d’un idéalisme écrasant. Elles sont respectées, et même transfigurées en valeurs célestes, tout comme ces dernières descendent dans la terre en s’incarnant dans le réel.

Tempérance-RiderLes concepteurs du Tarot ont tous été conscients de cette Verticale des IIII qui lie L’Empereur, L’Hermite et le Soleil à Tempérance sous l’égide du nombre quatre. Aussi ont-ils tous, d’une façon ou d’une autre, inscrit Le Soleil dans l’iconographie de Tempérance, l’Atout le plus près de lui au sein de cette Verticale. Dans le Tarot Conver, l’ange de Tempérance porte le Soleil sur la poitrine, moins un quart, et quatre quarts en décoration en dessous, signalant clairement à la fois cette Verticale qui est celle de la mâlitude et qu’avec Tempérance on s’approche du Soleil, même s’il en manque encore un morceau. Dans le Tarot Rider, le Soleil porté au front par l’ange se lève aussi derrière les montagnes.

Que signifie encore cette présence de Tempérance au sein de cette Verticale des IIII au sein des Atouts du Tarot ? Que sans l’amitié, le pouvoir paternel de L’Empereur est tyrannique. Que sans l’échange d’informations entre le maître et les disciples, l’enseignement de L’Hermite ne peut réaliser sa destinée socratique où le maître apprend autant des disciples que ceux-ci du maître. Que sans la parfaite égalité d’amour du Père pour les fils, le Soleil ne peut brûler l’envie qui ravage la relation des frères et des amis.

Quand on rencontre Tempérance dans un tirage, cet Atout indique toujours qu’il faut mettre de l’eau dans son vin, et revenir à une conception plus réaliste des choses. I Il invite à ne pas se laisser emporter par l’intransigeance de ses idéaux et à rester attentif aux vrais besoins d’autrui. Parfois, encore, il conduit ceux qui, dans la gent masculine pourraient affirmer trop vigoureusement leur mâlitude, avec un côté macho inadéquat, à découvrir leur propre féminité, afin que leur véritable masculinité soit équilibrée. Alors, ils pourront être amis avec les femmes, parce qu’une part d’eux pourra s’identifier à leur vision féminine du réel. Mais surtout, Tempérance est une invitation à traiter autrui comme son égal en toutes choses, condition pour que l’amitié et de véritables échanges soient possibles, ouvrant l’interprétation à l’amitié où les partages et les échanges sont centraux.

Dans tous les cas, Tempérance apparaît quand il y a un excès dans ses affirmations identitaires et rappelle que la voie spirituelle n’est possible que par la culture d’un équilibre en toute chose, car toute vertu n’est qu’un moyen terme entre deux excès. Il invite tout un chacun à échanger son point de vue avec celui des autres en respectant ces derniers, ce qui ne signifie pas qu’il doit, pour autant, tout accepter. Car l’inacceptable au regard d’une éthique du respect reste l’inacceptable. Respect d’autrui et tolérance sont donc les vertus qui, alors, rayonnent à travers Tempérance qui est bien autre chose que la culture que cette diététique alimentaire que certains voient, presque exclusivement, en cet Atout XIIII.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, Tempérance parle de la fratrie et, secondairement, de la sororité, mais aussi de l’ami intime, du confident.

En lien avec le second Niveau du Tarot, Tempérance évoque les métiers en lien avec les liquides (barman, batelier sur rivières et fleuves, etc.), les métiers de la communication, y compris dans le soin (thérapeute par la parole, par les fluides) ainsi qu’aux métiers de la médiation (conciliateur).

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, Tempérance désigne les excès de l’idéalisme, de la religiosité, de l’ascétisme, le mépris de la chair, mais aussi une ambivalence mal gérée dans l’identité sexuée. Mais ce Niveau est aussi celui de la conquête de la vertu de tempérance, de la modération, de l’aptitude au dialogue et au respect de la parole d’autrui.

l'homme à bébéEn lien avec le quatrième Niveau du Tarot, Tempérance parle d’équilibre intérieur, de tolérance, de respect d’autrui, de justice, d’égalité fraternelle, d’amitié humaniste et de fraternité universelle, mais aussi d’équilibre parfait entre animus et anima et dès lors, plus particulièrement et en lien avec la Verticale des IIII, d’hommes qui s’affirment dans leur masculinité sans avoir besoin de jouer les machos, d’hommes modernes finalement, ce qui montre qu’on est bien, actuellement, dans la construction d’une humanité proche de la fin du 3e Niveau, proche dès lors de l’explosion de souffrance ou de joie spirituelle que représente, dans un cas ou dans un autre, l’Atout XVI.

3-liberte-egalite-fraterniteTempérance, enfin, est par excellence et dans ses valeurs les plus élevées, l’Atout de la France dont deux de ses devises essentielles s’incarnent comme principes fondateurs de la nation. Regardez aussi l’équilibre des flux bleus et rouges, et comment le blanc de l’ange unit les deux autres couleurs, le rouge de la Terre et le bleu du Ciel. Tempérance est un Atout qui possède le pouvoir de nous élever jusqu’au Soleil, pourvu qu’on intègre l’importance de la chair ce qui est le travail du Diable, l’Atout suivant.

 



L’Atout XIII

L’Atout XIII

La Mort

Coeur de toute grande épreuve et de toute grande vertu

Deuil

détachement, transmutation, ascèse

 13-arcane

Verticale des IIIL’Atout XIII est profondément lié à l’Atout III dont elle est la décade supérieure. L’Impératrice est en effet l’Atout de l’accouchement, de la femme qui donne la vie à l’enfant et le soutient de son amour maternel. L’Atout XIII est l’Atout qui enlève la vie, qui tranche bien plus radicalement que ne l’a fait, préalablement La Justice, dans cette Verticale des III, Verticale dédiée à la femme, à la nature et à la vie. C’est le temps du détachement radical, obligatoire, forcé qui conduit à passer son chemin en laissant derrière soi, tout un monde de relations, projets, créations, d’activités (que symbolisent les mains qui sortent du sol), d’honneurs (la couronne sur la tête coupée), de cheminements (le pied coupé), de constructions (les os) et de réalisations (les feuilles) etc. et qui n’ont plus lieu d’être dans sa vie.

Sans la mort, la vie n’est pas possible. En quelque sorte, la mort est l’un des visages de la vie sans laquelle la naissance, la croissance et l’épanouissement des êtres vivants ne serait pas possibles. Imaginez un monde d’êtres vivants sans mort. Impossible ! La surpopulation aurait vite fait de réintroduire ce que notre imagination avait exclu. C’est pourquoi, tout en haut de cette Verticale des III, vie et mort sont unis par La Lune qui possède en effet deux maisons liées, dans la nuit : la maison de la vie et celle de la mort. Toutes les Déesses lunaires antiques, Hécate en particulier, mais aussi les grandes déesses de toute culture, comme Durga ou Kali en Inde,sont déesses de vie et de la mort, représentation féminine du pouvoir divin de la Nature.

Epi de bléDans l’iconographie du Tarot de Marseille, il ne faut pas rater la colonne vertébrale en épi de blé de la grande faucheuse : l’épi de blé est, dans sa symbolique, l’expression de ce lien entre vie et mort qui est l’essence de cet Atout. En tant qu’il nourrit la vie, le blé est en effet le symbole de l’épanouissement vital, mais il est moissonné et dès lors il est sacrifié à cette vie qu’il nourrit. Il est aussi promesse de renouvellement perpétuel de la vie. Voici ce que dit le Dictionnaire de la symbolique de G. Romey au sujet de l’épi de blé : « Vie, le blé est la mère, génération, abondance, multiplication, prolifération. Mais les cycles de la vie comprennent la mort. Le grain nourricier ne peut se réaliser que par le sacrifice. »

La Mort est l’Atout de la quintade supérieure de la Justice, l’Atout VIII. C’est qu’elle représente la plus grande Justice de la vie, dans le traitement radicalement égalitaire qu’elle octroie à tous : nul n’échappe à la mort et nul ne peut prévoir sa propre mort sauf à se suicider. C’est ce qu’on peut voir dans l’iconographie de l’Atout : femme, homme, roi ou roturier, jeunes sont atteints par la grande Faucheuse, au même titre que les vieillards qui sont ses proies les plus évidentes.

Sur le sol noir de l’Atout XIII, des parties du corps humain sont détachées les unes des autres, émergeant encore de la terre. Ce sont les restes d’un passé qui agissent encore sur son humeur, ses émotions, ses pensées. Car le temps de cette Carte est le temps du deuil : quelque chose se termine, une étape est en train d’être franchie qui rend caduques les vérités et les manières d’être et de s’investir dans le monde d’hier sans néanmoins les avoir complètement digérées comme passées et dépassées. Une souffrance, une colère même que représente bien la marche à grands pas du grand squelette, sont à vivre avant que la digestion de la terre, l’oeuvre au noir des alchimistes, fasse de ce qui était vivant hier, devienne l’humus fertile de demain, et c’est pourquoi l’herbe déjà pousse de nouveau sur ce sol noir de la mort.

Le fait que la Carte complémentaire de l’Atout XIII soit La Justice rappelle aux tarologues qu’il ne s’agit pas d’être excessif dans la négation de son être, et de rester indéfiniment, comme le squelette de l’iconographie de l’Atout XIII, dans un amoindrissement de toutes ses affirmations propres. Il s’agit d’apprendre à faire de la place à l’autre, mais sa propre place ne doit pas s’effacer. Le but de L’Atout XIII n’est pas la négation de soi, mais de trouver sa juste place.

Quand cet Atout entre dans le jeu d’un consultant de taromancie, il indique toujours la fin d’une étape importante de sa vie. Quelque chose est en train de se terminer, et doit être digéré pour qu’on puisse rebondir. C’est la promesse d’une renaissance par une métamorphose profonde de soi et de sa vie qui ne pourra être tenue que si l’on accepte de faire son deuil du passé. Cet Atout qui appartient au Niveau III du Tarot, celui des grandes épreuves, mais aussi des grandes vertus de l’humanité, celui qui inaugure le Ciel des Atouts du Tarot, transforme les émotions liées au deuil (déni, colère, désespoir, tristesse) en une acceptation, un détachement, un lâcher-prise qui accompagnent une grande étape de la vie spirituelle humaine. Et cette transformation, même si elle prend son temps, avance à grand pas : la mort sur l’Atout XIII est entièrement tournée vers la droite, l’action et l’avenir. Elle se détourne définitivement du passé, et ferme une porte, tout en nourrissant l’avenir des restes digérés du passé. En cela, L’Atout se distingue complètement de la Carte numérale du 10 d’épée qui ferme une page, marque la souffrance de cette fermeture et n’offre aucun avenir, ni aucune renaissance.

kaliEn lien avec le premier Niveau du Tarot, cet Atout parle de la fille rebelle, de l’enfant mort, des proches perdus, du lien familial à l’au-delà, des grands ancêtres de la famille.

En lien avec le second Niveau du Tarot, l’Atout XIII désigne les pompes funèbres, les cimetières, mais aussi la chirurgie, le laboratoire de biologie, le temps automnal qui suit les récoltes, la jachère, l’hiver. Il parle aussi de régime alimentaire restrictif, de jeune drastique, d’anorexie.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, cet Atout évoque l’épreuve difficile du deuil et le détachement qui en est la conquête. Il évoque les personnes qui vont à l’essentiel, ou qui vivent de l’essentiel, les ascètes, le travail au noir des alchimistes.

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, l’Atout XIII parle du sacrifice de sa vie au nom de ses valeurs, des martyres de la foi, de l’épreuve initiatique, du fait de mourir au vieil homme pour renaître à l’Adam spirituel. Il parle aussi de la negrido des mystiques, ce temps terrible où le sujet semble coupé de Dieu, où règne, apparemment, dans l’âme humaine les pires ténèbres du doute et de la déréliction. Mais ce temps de ténèbres est un appel puissant à la lumière. L’Atout XIII incarne cet appel. 

 

 (merci au site Le goût de l’Inde pour son image de Kali, la Déesse hindoue de la vie et de la mort). 

 

 



Atout XII-Le Pendu

Le Pendu

Atout XII

Impuissance, subir une oppression totale, être pieds et poings liés

Prière, lâcher-prise, sacrifice

Renversement des perspectives, enracinement dans le ciel

12pendu

 

Le Pendu est l’Atout le mieux compris des taromanciens, car son iconographie très particulière appelle une interprétation précise que corrobore, bien évidemment, sa place au sein de la Structure du Tarot en 4 x 5.

Situé dans la deuxième Verticale des Atouts du Tarot, Le Pendu représente la confrontation à l’altérité vécue au 4e Niveau, celui des Épreuves et des Vertus. Après avoir vécu l’altérité en soi, avec La Papesse, loin de soi et exotique avec Le Chariot, l’altérité apparaît, avec Le Pendu, comme ce qui fait totalement obstacle aux affirmations possibles du soi-même.

Tout chemin à droite comme à gauche est barré par les deux colonnes que dessinent les troncs d’arbres inversés. On ne peut donc ni avancer vers un changement salutaire, ni reculer sur une position ancienne plus confortable. Les mains qui représentent l’emprise sur le réel, la capacité d’action sont, chez Le Pendu, attachées derrière son dos. Son pied droit est, quant à lui, visiblement lié (le pied indique le mouvement, la direction qu’on va prendre). Il met en scène un adage populaire et parle de qui est « pieds et poings liés » c’est-à-dire de qui se trouve confronté à une radicale impuissance. Tout est figé, rien ne peut bouger. Il faut donc cultiver la plus grande patience, non celle qui était déjà en jeu avec L’Hermite qui parvient à ses fins à force de temps et d’effort, mais de qui ne peut prévoir quand va finir son épreuve, et qui de plus ne peut strictement rien faire pour changer les choses. Les branches des deux arbres sont coupées au vif, indiquant donc qu’aucun espoir de renouvellement n’est en vue. Cet Atout est même un avertissement : toute tentative pour changer les choses non seulement n’aura pas l’effet escompté, mais pourrait bien conduire à une aggravation des choses. Le Pendu invite donc à renoncer à agir, et à entrer dans une période de méditation plutôt que d’action.

Tout Atout du IIIe Niveau comporte deux significations : elle indique une des grandes épreuves de la vie, mais elle invite aussi à faire de cette épreuve un chemin spirituel qui transforme alors l’individu, créant à partir de l’épreuve une grande vertu. Bien évidemment, la patience est en jeu avec Le Pendu, mais la grande vertu qu’il cultive est ailleurs. Elle se trouve dans son visage, parfaitement serein, et dans les couleurs qu’il porte, ainsi que dans les deux arbres inversés.

Contrairement à ce qu’on peut lire à droite et à gauche, Le Pendu n’est certainement pas une référence à Odin pendu à l’Yggdrasil pour avoir plus de pouvoir, ni un Yogi tenant la posture inversée, car ces références culturelles sont étrangères à ce début de la Renaissance qui a vu naître le Tarot, même s’il n’est pas interdit de nourrir sa réflexion sur le Pendu à partir de là.

Ce que Le Pendu indique toujours, c’est l’inversion du point de vue qui accompagne celui qui est entrée sur la voie spirituelle ouverte par La Roue de Fortune et entreprise avec La Force. C’est ce que dessine l’iconographie du Pendu : il a les pieds enracinés dans le Ciel tout comme les arbres qui l’accompagnent, et c’est à partir du Ciel qu’il observe le monde qui l’entoure. Ses vêtements portent donc exactement la couleur qui convient : le bleu du Ciel et de son pantalon est en haut, le multicolore fait du rouge, du vert et du jaune, couleurs de  la vie terrestre est en bas.

penduLa spiritualité est, en effet, un renversement du point de vue : ainsi, quand l’élan naturel vise l’égoïsme et l’affirmation vitale de soi-même en priorité, l’élan spirituel est fait d’altruisme où l’autre a une place aussi grande ou plus grande que soi. Ainsi, quand la puissance naturelle s’exprime par la force et fait plier les faibles pour les mettre au service du fort, du point de vue spirituel, le fort est au service du faible. Jésus de Nazareth, Seigneur spirituel, lavant les pieds de ses disciples et demandant à tout être charismatique d’adopter cette humilité qui traduit le fait qu’on a compris quel était le sens véritable de son don et de sa puissance. C’est ce qu’indique aussi le quatre formé par les jambes du Pendu, référence à L’Empereur dont il est l’inversion spirituelle et la réalisation véritable : le véritable pouvoir n’est pas terrestre, mais il s’accomplit dans sa destinée spirituelle qui met le fort au service du faible. l’Inversion spirituelle prend aussi d’autres formes, ainsi, Jésus de Nazareth, homme, devient mère d’une humanité fraternelle en lui donnant son corps à ingérer, tout comme la mère biologique nourrit son enfant de son lait. Ainsi, le féminin matériel (le Denier, la Terre), inférieur au masculin matériel (le Bâton, le Feu), se convertit en Féminin sacré  (la Coupe, la rosée spirituelle) supérieur au masculin sacré (l’Épée, l’air). Ainsi, l’enfant devient l’enseignant du parent, ainsi, le fou devient plus sage que le sage, etc.

Le Pendu qui accomplit son destin spirituel a compris qu’il ne pouvait pas agir dans le monde matériel mais qu’une Verticalité infinie lui est offerte où, au contraire, il ne rencontre plus aucun obstacle : celle de relier la Terre de ses pieds au Ciel et le Ciel de sa tête à la Terre.

Cependant, le fait que L’Hermite soit la Carte complémentaire du Pendu rappelle que cette inversion des valeurs et du point de vue sur le monde doit rester mesuré et prudent. Il ne s’agit pas d’apparaître comme un fou ou un marginal incapable de se lier aux autres et de s’intégrer dans la communauté, mais comme un modèle de sagesse, de lâcher-prise, de recueillement et d’oraison. A terme, Le Pendu est destiné à l’enseignement de son expérience.

Quand le Pendu intervient en taromancie, il indique toujours qu’un changement de regard est nécessaire, qu’il faut se relier au Ciel, et surtout arrêter de courir en tous sens pour changer une situation où, par les moyens de la terre (intelligence, ruse, argent, manipulation, travail), rien n’est possible.

Le Pendu invite à un lâcher prise qui sera cependant mis à dure épreuve par la plus douloureuse des expériences, celle du deuil, que va rencontrer le cheminement du Tarot avec l’Atout XIII.

En lien avec le premier Niveau du Tarot, Le Pendu parle du fils malade proche de la mère, de l’enfant handicapé, hospitalisé, enfermé, emprisonné.

En lien avec le second Niveau du Tarot, Le Pendu renvoie aux acrobates, professeurs de yoga, maîtres de méditation, aux services hospitaliers en lien avec le grand handicap, les gardiens de prison.

En lien avec le troisième Niveau du Tarot, le Pendu parle de punition judiciaire, d’emprisonnement, de blocages en tout genre, mais aussi du handicap, du chômage, du bouc émissaire, d’une situation bloquée, de harcèlement, de victimisation, mais aussi d’éveil spirituel, de méditation, de transformation du point de vue sur le monde.

jesus-psautier-de-paris-eadwineCette carte en opposition invite à transformer le point de vue sur le monde, d’enraciner sa vision dans la spiritualité, et d’ouvrir son cœur à la prière, car rien de ce qu’on fera ne pourra changer les choses. Seule la prière sincère pourra être efficace. Cet Atout du renoncement, de l’acceptation et du lâcher-prise procède d’une spiritualisation de la relation à l’autre qui conduit à arrêter en soi la réactivité pour qu’émerge, dans le secret encore, l’activité compassionnelle qui est le destin ultime de cette Verticale des II auxquelles appartient Le Pendu et qui se manifestera clairement avec L’Étoile, son supérieur.

En lien avec le quatrième Niveau du Tarot, l’Atout XII évoque le mysticisme, la méditation, le sacrifice spirituel, et surtout Jésus-Christ qui assume la souffrance du monde, ainsi que sa culpabilité, afin de les transmuter.

C’est alors la notion de Sacrifice spirituel qui est en jeu. Le Roi de ce monde, Jésus-Christ est le grand Sacrifié, Celui qui a accepté de prendre sur lui la souffrance et le péché du monde pour les transmuter, pour alléger le monde qui n’aurait pas pu continuer à exister sinon. Beaucoup de mystiques catholiques ont aidé Jésus à porter de poids, dans l’acceptation, dans une spiritualité de la réparation et victimale. Ainsi, Marguerite-Marie Alacoque, Yvonne Beauvais (Mère Yvonne-Aimée de Jésus) ou Marthe Robin furent amenées à prendre en charge, toujours en pleine conscience, une part du fardeau christique et le poids des péchés humains, incarnant de manière exceptionnelle Le Pendu du Tarot.

 Yvonne de Beauvais insistait ainsi dans son témoignage sur l’abandon total entre les mains de Jésus. Tel est le sacrifice de ceux qui se donnent entièrement à la voie spirituelle, sous la forme de la mystique chrétienne. Apprendre cette confiance, cet abandon, cette foi total en l’amour de Jésus et du divin c’est la voie du Pendu.

 

 

 

 

 



Atout XI-La Force

La Force

Atout XI

Violence, guerre, tyrannie

Individualité, puissance, maîtrise

11-LA-FORCE

La Force est au croisement de la Verticale des I (individuation) et du premier Niveau du Cycle du Ciel. Faite d’un X (une réalité complète, celle de la Terre) et d’un I marquant une nouvelle étape, essentielle, dans l’affirmation du Soi, elle est la petite sœur du Monde, le XXI, constituée de deux X, symbolisant successivement la réalité de la Terre, celle du Ciel, deux réalités réunies en une unité : le I de l’individualité.

La Force et Le Monde contenant chacune un monde unifié autour d’un Moi maîtrisé sont les deux Atouts-maîtres des As, cette Carte numérale unique dans le jeu de Tarot puisqu’elle a deux places, au commencement des Nombres et à la couronne des Honneurs. Les As sont donc les plus petites Cartes et, en tant que telles, sous l’égide du Bateleur, mais en tant qu’expression ultime, perfection et en tant qu’essence des Honneurs c’est dans La Force et dans Le Monde qu’ils trouvent leur énergie.

Dans les Tarots anglo-saxons, La Force est placée en VIIIe position, à la place de la Justice, qui prend sa place en tant qu’Atout XI. Quelle hérésie donc que l’inversion de ces postures des Tarots anglais, tous influencés par le Rider, cette production tarologique de la Golden Daw ! La Justice appartient à la Verticale des III qui fait l’équilibre parfait entre les puissances de Vie (L’Impératrice et La Lune) et les puissances de Mort (La Justice et L’Atout XIII). La Justice (Atout VIII) est la petite mort que représente l’épée de la Justice quand pour que la vie vivante perdure et soit sauvée. L’Atout VIII, la jardinière du Tarot, est en effet celle qui opère une taille qui  débarrasse la plante vivante de ce qui est pourri, mort, entravant. La Force au contraire incarne l’un des Atout de la Verticale des I, Verticale du Moi, de l’Individualité.  Elle est placée, au sein de cette Verticale, au-dessus du Bateleur dont elle porte la coiffe, et de L’Amoureux et l’on retrouve le nombre 6 dans le nombre des dents du lion et celui des pointes de la couronne qui surmonte la coiffe , ainsi que dans le nombre de ses orteils.  Et elle appelle le renversement futur de La Maison Dieu, quand le Moi se dépasse lui-même en tant que petit ego, pour se découvrir dans son universalité et son attachement au Ciel. 

Que représente l’iconographie ? Une femme tient sans effort, la gueule ouverte d’un lion, assis à ses pieds. Le Lion est l’animal par excellence du deuxième Niveau du Tarot, tout comme des Bâtons, symbole du feu et de l’énergie sociétale et c’est aussi le plus noble des animaux, le symbole de la force pulsionnelle maîtrisée. Cette femme, en tant que premier individu réalisé dans son unité terrestre, représente la parfaite maîtrise de son corps, de son énergie, de ses impulsions. Sa noblesse se lit dans toute sa posture, mais particulièrement aussi dans sa couronne. Elle ne craint rien du lion qui est devenu son ami, qui est à son service, et dès lors dont elle use au besoin, montrant les dents si nécessaire car elle a pour destin la défense de sa communauté. Elle fait exactement suite à l’Atout X, La Roue de Fortune, quand les animaux au contraire occupent tout l’espace sociétal dans une roue perpétuelle qui ne peut être dépassée que lorsque naît à lui-même l’individu comme Unifié, toutes ses forces intérieures, pulsionnelles et sociétales harmonisée autour d’une conscience claire, d’une volonté affirmée. 

Le fait que la Carte complémentaire de La Force soit La Roue de Fortune indique que l’Atout XI doit désormais se dévouer à la communauté. Car il ne suffit pas d’être soi-même un Individu véritable, ayant maîtrisé ses pulsions, il faut encore se mettre au service d’une communauté d’hommes endormis, restés au stade mécanique du conformisme, afin de la guider vers la conscience.

21-mondeLa Force, en tant qu’Individu royal, représente l’humanité adamique admise dans sa royauté, celle qui se sait faite à la réplique du Divin. C’est pourquoi l’Atout XI est la petite réplique de l’Atout XXI, et le maître-Atout principal des As. Sur l’Atout XI et sur l’Atout XXI, nous voyons une femme et non un homme, car c’est le féminin sacré qui est destiné à être l’Individualité adamique royale, quand la Coupe que sera l’humanité aura recueilli, en soi, la rosée spirituelle. Et c’est pourquoi la Verticale des III, la verticale centrale, est dédiée à la féminité maternelle. Le féminin sacré est le cœur du réel divinisé comme la Vierge Marie est la reine du monde, la Mère divine de tous les peuples.

La Force est traditionnellement identifiée en tant qu’Atout du Courage, et on pourrait s’étonner que cette Vertu mâle par excellence (le mot latin « virtu » est composé du mot « vir » qui signifie « le mâle ») soit représentée par une femme. Le fait que ce soit une femme qui tienne ainsi la gueule du lion ouverte signifie qu’il n’y a aucun effort visible, aucun étalage de sa puissance. Le puissant charisme de cette personne est acquis. Et la Force est féminine car elle ne tire sa puissance que de sa réceptivité au regard des émanations du Ciel.

Cet Atout du Tarot de Marseille est entièrement tourné vers la droite, car il incarne l’être actif, créatif, et procréatif. Il procède d’une énergie mâle, émissive, mais totalement maîtrisée et de ce fait féminisé. C’est l’Atout de l’individualité réalisée comme personnalité dans la famille et la vie sociétale et qui désormais affronte, avec courage, les épreuves de la vie, procédant à leur conversion en épreuves spirituelles.

RWS_Tarot_08_Strength

Premier Atout du Ciel, la Force contient en elle la totalité des Atouts de la Terre. Et c’est ce que signifie, entre autres, la forme en lemniscate de son chapeau couronné. Deux mondes se rejoignent en elles, l’un étant complet, l’autre en devenir. En cela, l’Atout XI fait pendant à l’Atout I qui démarre le cycle de la Terre. Dans le Tarot Rider, la lemniscate a remplacé le chapeau couronné du Tarot de Marseille. Par derrière, on voit les montagnes : La Force, dans la plénitude de son individualité, et malgré son évident charisme, est seule au sommet des réalisations matérielles, familiales et sociales, tout comme devant les épreuves de la vie. 

Inaugurant le Ciel du Tarot, La Force est aussi la première Carte du IIIe Niveau qui est en liaison harmonique avec les Epées et qui ouvre sur les grandes épreuves de la vie. Ces épreuves bien évidemment sont celles de tout un chacun, mais elles peuvent être l’occasion d’une transmutation du Moi et ouvrir au Ciel. Toutes les personnes en chemin spirituel traversent une vie d’épreuves qui sont autant de martelage du métal dont est fait leur âme. On n’aborde donc pas ce chemin sans courage, et celui-ci représente la première vertu à acquérir, non seulement pour vivre en société ce qu’apportait la Justice, et non seulement pour acquérir la sagesse née d’une longue expérience que promettait L’Hermite, mais pour ouvrir en soi le cœur aux émanations célestes promises au dernier Niveau du Tarot.

Le courage est l’une des grandes Vertus de l’homme, évoqué par le Tarot et repris aux analyses philosophiques antiques. Il apparaît, dans le Tarot, en troisième place, après la Justice et la Sagesse (ou la Prudence et la Patience) respectivement incarnés par l’Atout VIII (La Justice) et l’Atout VIIII (L’Hermite) et qui appartenaient tous les deux au deuxième Niveau du Tarot, celui de la vie sociétale. Cette vertu du courage est pourtant considérée par l’Antiquité comme la vertu guerrière la plus ancienne, la plus primitive. Si le Tarot place le Courage en troisième position et en ouverture du cycle du Ciel, c’est parce que cette vertu naît d’une grande épreuve, celle de la position agressive qu’on subit ou qu’on manifeste, posture faite de colère et d’une violence qu’il faut transmuter en fermeté et courage. La dernière vertu du Tarot, Tempérance, arrivera ensuite, mais, elle aussi, et malgré les apparences, naît d’une épreuve, celle que représente l’idéalisme et l’idéalité qu’il faudra tempérer, en gardant les pieds sur terre, pour en faire une vertu de tempérance, vertu la plus élevée.

De même qu’Éros et son feu accompagnaient chacune des Cartes du deuxième Niveau du Tarot, de même le Courage de la Force accompagne chacun des Atouts du troisième Niveau, celui où l’énergie de l’Épée va trancher tout ce qui n’est pas digne, en soi, de servir à son élévation spirituelle. Et il faudra du courage pour supporter l’impuissance du Pendu, le deuil de l’Atout XIII, le renoncement au pur idéal de Tempérance et l’acceptation de la séparation d’avec le Ciel du Diable.

Tirer cet Atout XI indique toujours une grande force de caractère, une puissance d’action sans besoin de forcer son image, de mobiliser grandement son énergie.

Du point de vue du premier Niveau du Tarot, niveau de la famille et des incarnations corporelles et matérielles, La Force parle de la fille aînée, femme puissante déjà, et autoritaire.

Du point de vue du second Niveau de Tarot, niveau sociétal, l’Atout XI renvoie aux métiers liés au dressage et soins des animaux, aux métiers de courages (force de l’ordre, police, armée) et bien sûr toujours renvoie plutôt aux femmes qu’aux hommes dans ces métiers.

Du point de vue du troisième Niveau, La Force indique qu’une période d’épreuves est possible, avec la nécessité de mettre les points sur les i, et pour le coup de montrer quelque peu ses armes à ses ennemis. Un courage est sollicité car durant un bon moment, on sera solitaire face aux obstacles, ennemis, difficultés. Mais on possède tous  les moyens de triompher, et d’abord de l’emportement, de la colère et de la violence que peuvent provoquer, en soi, ces oppositions. Bien évidemment, à ce Niveau des épreuves, cet Atout peut indiquer un échec à se contrôler, la force des pulsions de violence, la colère et l’emportement.image011

jésus roi de FranceDu point de vue du quatrième Niveau, La Force parle du courage, de la maîtrise de soi, de l’individualité charismatique.

C’est par excellence, la Carte du héros.

Et plus encore de l’Adam royale, l’humanité adamique réplique du divin, et destinée à la royauté de la glèbe.

De ce fait, le XI est par excellence la représentation déployé du chrisme, ce symbole christique, où le I (P ou rhô grec) se place au centre du X (khi). Le X  et le I étant représentant les deux premières lettres du nom écrit en grec du Christ (Χριστός).

Mais nous voyons dans ce chrisme, tout comme dans le nombre XI bien autre chose encore : la réunion du ciel et de la terre, par deux urnes qui se rejoignent au centre, l’une tournée vers le Ciel, l’autre vers la Terre, traversée par la verticalité de l’individualité que symbolise le I.



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