Freud et la prémonition

 Freud jeune (gif)

Freud est un matérialiste, au sens précis du terme : il ne croit pas à l’au-delà, au divin, et à l’existence d’un esprit pur. Toute son œuvre consiste à expliquer les manifestations humaines par un jeu assez mécanique de pulsions, de leur refoulement, de transformation de la pulsion en expression sublimée ou pathologique.

Il n’est dès lors pas étonnant que, dans un texte écrit en 1899, et donc relativement au commencement de ses recherches, la prémonition se ramène pour Freud, à une production de  l’inconscient, et à une simple illusion, une impression de prévision qui est reconstruite après coup. Nous vous proposons quelques extraits de ce texte :

« Mme B, une personne distinguée, et non sans esprit critique, raconte dans un autre contexte, sans être le moins du monde tendancieuse, qu’une fois, il y a des années, elle a rêvé qu’elle rencontrait son ancien médecin de famille et ami, le Dr K., dans la Kärntnerstrasse devant le magasin de Hies. Le lendemain matin, elle prend cette rue et rencontre réellement la dite personne à l’endroit dont elle a rêvé. Voilà l’argument. (…)/ L’analyse tient compte de l’examen constatant qu’on ne peut pas fournir la preuve qu’elle ait remémoré ce rêve le matin suivant la nuit du rêve, précisément avant la promenade. Une telle preuve aurait été la transcription ou la communication du rêve avant son accomplissement. La dame doit plutôt consentir, sans objection, à la représentation suivante de l’affaire, qui est à mes yeux la plus vraisemblable : un matin elle est allée se promener dans la Kärntnerstrasse, et a rencontré, devant le magasin de Hies, son vieux médecin de famille. Lorsqu’elle le vit, elle acquit la conviction que la nuit dernière elle avait précisément rêvé de cette rencontre au même endroit. D’après les règles valables pour l’interprétation des symptômes névrotiques, cette conviction doit être fondée. Son contenu permet qu’on en modifie l’interprétation. (…) Nous ne trouvons rien de remarquable dans cette rencontre si nous songeons au nombre de fois où il a dû lui rendre visite. D’ailleurs de tels hasards, comme s’ils étaient concertés, se trouvent dans toutes les histoires d’amour. Pourtant cette rencontre est vraisemblablement le véritable contenu de son rêve et l’unique fondement de la conviction qu’elle a que ce rêve s’est réalisé. / Entre cette scène de la réalisation du désir et de ce rêve, il y a plus de vingt-cinq ans. Mme B. est devenue entre-temps veuve d’un second mari, qui lui a laissé un enfant et de la fortune. L’inclination de la veille dame se tourne toujours vers cet homme, le Dr K., qui maintenant est son conseiller et l’administrateur de sa fortune et qu’elle st habituée à voir fréquemment. Supposons qu’elle ait, dans les jours précédents le rêve, attendu sa visite, mais que – son empressement n’étant plus celui de jadis – qu’il ne soit pas venu. Elle a pu alors avoir facilement durant la nuit un rêve de désir nostalgique, qui la ramène aux temps anciens. Elle rêve alors vraisemblablement d’un rendez-vous du temps de la passion et la chaîne des pensées du rêve remonte jusqu’à cette fois où, sans s’être concertés, il était venu juste au moment où elle le désirait avec nostalgie. De tels rêves pourrait bien maintenant se produire souvent chez elle; ils sont une part de la punition tardive qui échoit en partage à la femme pour la cruauté de ses jeunes années. Mais comme rejetons d’un courant réprimé et pleins qu’il sont de réminiscences des rendez-vous auxquels depuis son second mariage, elle n’aime plus penser, de tels rêves sont également écartés après le réveil. Il a dû en aller ainsi également de notre rêve prétendument prophétique. (…)/ Ainsi, la création d’un rêve après-coup, qui rend seul possibles les rêves prothétiques, n’est en fait rien d’autre qu’une forme du processus de censure, qui rend possible au rêve la percée jusqu’à la conscience. »

Freud, Une prémonition onirique accomplie, 1899, in Résultats, idées, problèmes, Puf, 1998, p,109-111,

Nous le voyons, chez le jeune Freud, du début de son aventure et de son invention d’un inconscient psychique, pas de doute, la précognition est impossible, et l’impression qu’on peut avoir d’avoir eu un rêve prémonitoire, est souvent fallacieuse, produite par un arrangement de la censure qui nous interdit un désir.

Liliblue



Les limites de la voyance à la lumière des analyses de Michael Talbot

talbotDans L’univers est un hologramme, Michael Talbot évoque les découvertes d’un chercheur canadien, le Dr Joel Whitton, professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de Toronto, et qui a fondé une bonne part de ses recherches sur l’hypnose, celle-ci menant les sujets cliniques à régresser jusqu’à des incarnations passées, ce qui lui permettait d’ observer leurs effets sur le présent, notamment dans les phobies, les maladies…

Mais le plus intéressant, a porté, selon Michel Talbot, sur les périodes d’entre deux incarnations, pendant lesquelles les sujets seraient dans « un éblouissant royaume de lumière où l’espace et le temps tels que nous les connaissons n’ont plus cours. »

Dans ce royaume de lumière, les sujets se trouveraient dans un état de conscience inhabituel « caractérisé par une extrême lucidité sur soi et un sens moral accrus ».

Cet état de conscience n’est pas celui du moi habituel mais ne disparaîtrait pas complètement, dans l’incarnation du moment. Il appartiendrait au Moi que Michael Talbot appelle « métaconscient » et qui serait inconscient, bien que dans un autre sens que celui que Freud a donné à ce terme, dans le sens plutôt que Paul Diel nomme « Surconscient » et qui ne relève pas d’un refoulement, mais d’une Puissance supérieure,  en arrière-plan, et qui veillerait sur le moi conscient, en lui envoyant des rêves et des intuitions, ou le conduisant à faire telle ou telle expérience nécessaire à son évolution.

Ce serait ce Moi méta-conscient qui, totalement libéré dans ce royaume de lumière intermédiaire,  « préparerait l’incarnation future, traçant les grandes lignes de ce qui doit s’y passer », et cela, dans le but de permettre, à l’âme incarnée, une progression de la conscience et de l’engagement éthique.

Or, il semble que les sujets de Joel Whitton qui avaient, ainsi, et sous hypnose, accès à la connaissance de ce « destin » choisi par leur Moi métaconscient, ne montrèrent aucun empressement à connaître cet avenir. « Plusieurs, exerçant une censure sur leurs propres souvenirs, lui demandèrent l’implantation d’une suggestion post-hypnotique : celle de ne rien se rappeler du contenu des séances. Comme ils s’en expliquèrent, ils ne voulaient pas être tentés de modifier le scénario que leur Moi méta-conscient avait écrit pour eux. » [Joel Whitton, Life betwen Life, p. 152-153, cité dans Michael Talbot, L’univers est un hologramme, Pocket, 1994, p. 356]

Cette demande d’une suggestion d’oubli, de la part des sujets sous hypnose, tend à démontrer, comme le rappelle M. Talbot un peu plus loin, que le destin n’est pas inéluctable, même choisi avant l’incarnation par un Moi  Sur-conscient. Même les grandes lignes du destin peuvent encore dévier de leur route, et en l’occurrence, rendre inefficace, en quelque manière essentielle, l’incarnation présente.

De telles recherches, et de telles révélation nous conduisent à nous demander si les erreurs collectives des voyants, que rencontrent certains consultants, ne peuvent pas découler d’un refus-de-savoir méta-conscient et, de ce fait, inconscient, des consultants : la révélation de l’inéluctable pourrait en effet les conduire à faire des choix qui mettraient en cause un méta-choix antérieur à l’incarnation et nécessaire à leur évolution en leur permettant d’échapper à une expérience salutaire. Bien évidemment, de telles explications impliquent une certaine croyance en la réincarnation, ou tout au moins en l’idée discutable d’un destin relevant d’un choix métaphysique et antérieur à l’incarnation.

Le rejet de la voyance assez récurrent dans diverses religions pourrait avoir un fondement similaire : il s’agirait de ne pas échapper au destin prévu par le divin, que ce divin soit une part de soi, comme le pensent ceux qui croient à ce Moi Surconscient ou méta-conscient, ou qu’il soit une force transcendante à l’homme.

Liliblue



La précognition vue par Michael Talbot et David Bohm

Talbot-M-L-univers-Est-Un-Hologramme-Livre-896574298_LDans L’univers est un hologramme, Michael Talbot aborde la question de la précognition à travers les théories du physicien David Bohm qui affirme que l’univers est un hologramme. Je vous invite à lire ces quelques lignes avec lui :

« L’avenir est-il figé, déterminé une fois pour toutes, ou garde-t-on la possibilité de le modifier ? A première vue, l’existence des phénomènes précognitifs semble faire pencher la balance vers la première hypothèse. Ce serait alors passablement désespérant. Si l’avenir est un hologramme dont chaque détail est d’ores et déjà fixé, notre libre arbitre est un mirage et ce serait sans rien y comprendre que, marionnette entre les mains du destin, nous danserions sur un air écrit d’avance./Par bonheur, il semble qu’il n’en soit rien. La littérature regorge de catastrophes évitées parce que prévues, de cas où des personnes se sont abstenues de prendre un avion qu’elles « savaient » devoir s’écraser ou sont intervenues de justesse pour sauver leurs enfant de la noyade en les « sentant » s’aventurer dans un courant. Le naufrage du Titanic a fait l’objet de dix-neuf prémonitions dont les récits nous sont parvenus. Certaines furent le fait de passagers qui en tirent compte et survécurent, d’autres de passagers qui se noyèrent pour n’y avoir pas prêté attention, d’autres encore de personnes n’entrant dans aucune de ces deux catégories[1]./ Ce genre d’incidents suggère que l’avenir n’est pas tracé de manière rigide, qu’il est plastique et susceptible d’être modifié. (…)/ David Bohm rend compte de la même situation en termes légèrement différents : « quand une vision prémonitoire amène de gens à ne pas prendre le bateau ou l’avion qui va effectivement faire naufrage ou s’écraser, ce qu’ils ont vu n’était pas l’avenir réel mais quelque chose qui, implié dans le présent, était en passe de s’explier pour former l’avenir en question. En fait, le futur entrevu par eux différait du futur réel en ce qu’ils le modifiaient. J’estime donc préférable de voir dans ces phénomènes, s’ils ont une existence, des projections de l’avenir dans l’ordre implié du présent. Comme dit le poète, l’ombre de ce qui était sur le point de se produire s’étend déjà sur le présent, une ombre portée jusque dans les profondeurs de l’ordre implié.[2] »/ (…) l’avenir est un hologramme assez substantiel pour être perçu, mais dont la malléabilité reste suffisante pour que nous puissions le modifier. (…) Préférer tel ou tel avenir holographique revient pour l’essentiel à le créer. »

Michel Talbot, L’univers est un hologramme, 1991, Pocket, 1994 pour la traduction française, p. 346-350

David_BohmNotons que pour David Bohm, l’univers se compose de deux réalités différentes et absolument identiques, l’implié qui est la source divine de la réalité, source au potentiel infini, incommensurable à ce qu’on connaît, et qui reste en arrière-fond, et l’explié qui est la réalité telle qu’on la perçoit. Ce qui relie les deux mondes, c’est la notion d’hologramme dans ses caractéristiques essentielles : tout n’est qu’image, et en chaque parcelle du réel se tient la totalité du tout.


[1] Ian Stevenson, « A review and Analysis of Paranormal Experiences Connected with de Sinking of the Titanic, Journal of American Society for Psychological Research 54 (1960), pp 153-171.

[2] Entretien privé avec l’auteur, 28 octobre 1988.



Que penser du fait qu’un même voyant, consulté plusieurs fois sur le même sujet, fait des prédictions divergeantes ?

Voici ce que j’ai lu sur la page wengo d’une voyante que j’affectionne particulièrement, comme retour positif de la part d’une consultante manifestement satisfaite de ce que cette voyante n’avait jamais changé de prédictions :

« Jamais ses prédictions n’ont changé contrairement à d’autres que je ne consulte plus d’ailleurs. Ses prédictions n’ont pas encore abouti, mais je crois en elle. »

Est-ce un si bon signe que depuis des années, une affaire essentielle, qui justifie plusieurs consultations, traîne ainsi ?

Personnellement, je ne trouve pas qu’il y a là un bon critère de satisfaction à l’égard d’un voyant. Bien que je pense que cette voyante soit sincère, et que c’est tant mieux, pour cette consultante, si elle voit la même chose au fil du temps et manifestement une chose désirée depuis longtemps si on en croit la consultante ( « cette voyante me suit depuis des années » ).

Il peut arriver qu’il y ait, ainsi, des prédictions faites dix ans à l’avance, et que l’on voit répétées et répétées chez les meilleurs voyants, et que le consultant attende durant un temps fou qu’elle se réalise (voir à ce sujet, l’article : « les prédictions récurrentes »).

Mais c’est rare, et c’est pourquoi je n’aime pas beaucoup que les voyants me resservent les mêmes prédictions qu’ils ont fait dans le passé, souvent précisément parce qu’ils subissent cette pression qu’exercent les consultants qui pensent, comme le fait cette consultante, qu’une bonne prédiction ne peut pas évoluer.

Souvent, les consultants se plaignent de fiches que liraient les voyants, qui se contenteraient de répéter le résultat d’un travail passé d’une véritable concentration sur le futur, épuisante à leur dire, et qu’ils évitent ainsi lors de la nouvelle consultation, en s’assurant, en outre, une cohérence du discours servi. Mais ce sont les consultants qui ont créé ce type de comportement avec leur exigence de prédiction absolument immuable. Et les fiches, si elles existent, pourraient avoir une bien meilleure légitimité, notamment autour de la question d’une reconsultation gratuite dans le cas de prédictions non avérées.

La vie évolue. Je vous invite à lire l’article « voyance et temporalité » dans la catégorie « PHILOSOPHIE de la voyance ». Une prédiction peut dès lors évoluer.

Si toutes les prédictions, qui n’évolueraient pas, restaient justes, cela voudrait dire que nous serions dans une temporalité qui relèverait de la nécessité pure, où aucune liberté n’est donnée à l’homme. Dans ces conditions, j’ai envie de demander : « à quoi bon consulter ? » Ce qui doit arriver, arrivera, et, au sein d’un tel fatalisme, la consultation de voyance est inutile.

Mais ce n’est pas du tout ce que je crois. Ce fatalisme est une paresse, tant de la part du consultant que du voyant qui, au lieu de se concentrer sur ses visions ce qui demande un effort, se contente de répéter ce dont il se souvient .

En réalité nous construisons notre avenir, même si je pense que certaines grandes lignes ont sans doute été décidées avant même notre naissance, car cela seul peut expliquer des prédictions qui se réalisent dix ou vingt ans après qu’elles furent énoncées, ce qui m’est arrivé une fois (voir une cartomancienne en plein dans le mile dans années 1980 à Nouméa) .

Quand je vois un voyant s’accrocher à des prédictions passées, je fuis en général. Si je prends la peine de le reconsulter, ce n’est pas pour qu’on me répète les mêmes choses, mais pour voir si ma construction de l’avenir a fait bouger les choses.

L’avenir est ce que nous en faisons, nous et les autres.

Une reconsultation de voyance se justifie donc pour quatre raisons selon moi :

- D’une part la voyance étant un art, le voyant peut avoir une meilleure vision la deuxième fois que la première. Mais n’y comptez pas trop, car d’après mon expérience, les meilleures consultations sont souvent aux débuts du contact avec le voyant, quand il ne vous connait pas du tout, quand lui-même n’a encore rien dit qui puisse enfermer son discours.

- D’autre part, on peut le consulter sur un autre domaine et au passage lui redemander des précisions sur la question déjà traitée.

- Et surtout, on peut avoir fait bouger les choses et avoir envie de vérifier l’efficacité de ses efforts. Imaginons que vous soyez alcoolique, et que le voyant vous voit malade du foie dans quelque temps et vous met en garde. Imaginons qu’alors vous commenciez à vous soigner. Vous changez votre destin et le voyant peut le voir.

- Enfin, on n’est jamais tout-puissant face à au destin, les autres peuvent, aussi, faire changer les choses. Une reconsultation permet de voir si quelqu’un a fait changer les choses.

Je tiens à dire, cependant,  qu’une reconsultation qui porterait ainsi sur le même sujet, mois après mois, année après année, ne devrait pas être possible, à moins d’un suivi post-consultation offert par le voyant et dans des limites raisonnables, précisément pour que l’addiction ne puisse pas s’installer. Car veiller à ce que cette addiction soit évitée, relève, selon moi, en partie de sa responsabilité.

Liliblue

 

 

 

 

 



Peut-on prétendre au remboursement d’une consultation dont les prédictions se révèlent fausses ?

Beaucoup de consultants se plaignent du fait que les prédictions de la voyance ne se sont pas réalisées et aimeraient être remboursés. Est-ce légitime ?

Si l’on pense, comme l’Inad l’affirme dans sa charte de déontologie, que le voyant « n’a d’obligation que de moyens, non de résultats », cette prétention est immédiatement éjectée comme illégitime.

En revanche, si l’on pense, ce qui est mon cas, que le voyant a une obligation de résultat à concurrence de 50% de ses prédictions et que, pour une consultation qui ne voit pas la moitié au moins de ses prédictions se réaliser au bout d’un an, voire deux, cette question se pose nécessairement.

Je n’ai personnellement connu qu’une voyante qui acceptait de rembourser ses consultants quand ses prédictions étaient erronées. Il s’agit d’Estelle des Enclos à qui j’aimerais rendre hommage, non en tant que voyante, car je ne l’ai pas assez consultée pour pouvoir légitimement la présenter ici, mais en tant que personne humaine qui a participé sur un forum de retours de consultations de voyance et de réflexion sur la voyance. Non seulement c’est une des personnes les plus honnêtes que je connaisse, mais elle fait un effort remarquable de dialogue, instituant un pont entre consultants et voyants, et à ma connaissance, c’est la seule des grandes voyantes françaises, à faire ce travail.

Estelle des Enclos est donc l’une des rares voyantes à assumer pleinement son travail, puisqu’elle accepte de revoir les choses après que du temps se soit passé, pour juger, avec le consultant, de la réalisation de ses prédictions et en tirer les conséquences.

Ceci dit, je ne pense pas qu’un remboursement s’impose. Parce que le temps de la consultation est bien autre chose qu’un temps de prédiction. Le professionnel accorde de son temps, et un temps fondé sur un don rare et précieux ou sur un savoir-faire qui a impliqué lui-même du temps de formation.

En revanche, trois prétentions de la part des consultants me paraissent être fondées sur la déontologie même du métier de voyant, taromancien, astrologue… la première c’est que le tarif pratiqué ne soit pas prohibitif, aucune personne ne possède un tel don ou un tel savoir-faire pour justifier les prix de certains et nous y reviendrons. En second lieu, il est nécessaire que quelques minutes soient accordées en début de consultation pour vérifier la qualité de ce est perçu, et que la consultation s’arrête si la saisie du présent et du passé n’est pas là, sans bien sûr engager de paiement. En troisième lieu, c’est que des prédictions manifestement erronées face au véritable déroulement temporel donnent lieu à une vérification sérieuse et post-consultation.

Un véritable voyant ne peut tout voir en une seule fois, ni voir bien tout le temps. Il me semble donc légitime qu’il y ait un service après-vente pour les prédictions erronées et dont la temporalité n’est pas dépassée.

Imaginons que le voyant vous dise, « vous allez avoir votre concours dans l’année », et que vous ne l’ayez pas, il me semble normal qu’un nouvel examen, gratuit, mais sérieux de cette question, soit offert au consultant déçu, en dédommagement de cette déception du consultant, et en raison de l’engagement du voyant à l’égard de ses propres prédictions.

Bien évidemment, cela impose au voyant d’avoir des notes rapides sur ce qui a été dit lors d’une consultation, afin de ne pas être confronté à de fausses prédictions erronées et à des prétentions illégitimes de tel ou tel consultant malhonnête. Mais cela me paraît être le propre d’un vrai professionnel que cette prise de note.

Cela impose aussi que le professionnel des arts divinatoires admette qu’il puisse s’être trompé dans la saisie de sa vision ou son interprétation, ainsi que dans le fait que, parfois, les choses évoluent, et évoluent autrement que ce qui a été prévu.

Il n’y a pas de métier qui n’exige une bonne dose d’humilité, de conscience professionnelle et de service à l’autre qui excèdent toujours la rémunération. Suivre ses propres prédictions devrait faire partie de l’application au métier de voyant de cette humilité et de cette conscience, de ce service.

Liliblue



Obligation de résultat et attente légitime du consultant

Dans l’article précédent, nous avons parlé de la déontologie implicite de l’exercice du métier de voyant et nous avons insisté sur le fait que, contrairement à ce qu’affirme entre autres l’Inad, un voyant a une obligation de résultat au regard de ses prédictions, et que le consultant a donc des attentes légitimes à ce sujet.

Bien évidemment nous sommes conscients que la voyance et la médiumnité, ainsi que la taromancie et l’astrologie sont du côté de l’art, celui de l’artisanat ou celui de l’artiste. Ce ne sont donc pas des sciences exactes, cela tout le monde peut le comprendre et en reconnaître les forces et les limites. Et puisque la voyance est un art, il est tout à fait exacte de penser qu’on ne peut pas exiger une réussite à 100% dans la réalisation des prédictions faites par un professionnel de la voyance, et un consultant qui serait dans cette exigence, excèderait largement la légitimité de ses prétentions.

L’absence légitime d’exigence d’une réussite à 100% de la part des consultants n’est pas, cependant, l’équivalent d’une absence d’exigence de réussite à 0%. Le saut relève du paralogisme et il semble bien étrange que l’Inad exige, de la part des consultants, un tel renoncement à toute exigence quant aux résultats, défalquant de fait, les voyants, de toute responsabilité. Il me semble au contraire légitime de considérer qu’on peut attendre un résultat relatif d’une voyance et la considérer comme réussie  si la moitié au moins des prédictions se réalise. Et c’est cette réussite relative qu’un consultant est en droit d’attendre. Ce n’est pas une exigence excessive, car cela correspond à ma propre expérience. Je connais personnellement des voyants chez qui je suis assurée de cette réussite à concurrence d’au moins 50% des prédictions. Ce sont ceux dont je parle sur ce site.

Quand nous parlons de consultations réussies à moitié au moins dans la réalisation des prédictions, et sauf en ce qui concerne l’astrologie dont la temporalité est justement le point fort, nous ne prenons pas en compte les données temporelles, parce que celles-ci, selon notre expérience, sont impossibles à assurer, mais nous excluons aussi les prédictions en oui-non, ou celles qui relèvent de l’évidence (« vous irez cette année chez le dentiste »).

Nous abordons là quelque chose de très important : un véritable professionnel de la majorité des arts divinatoires (voyance, médiumnité et dans une moindre mesure taromancie ) est quelqu’un qui donne des détails et fait des prédictions qui sont, au regard du présent, bien souvent surprenantes et presque toujours imprévisibles. Jamais le bon sens n’y est en jeu, comme il peut l’être dans les prédictions que nous faisons tous par exemple du temps qu’il fait, à partir de données présentes (« il y a des nuages, il va pleuvoir »). Le bon voyant décrit des scènes, des personnes, des circonstances pleines de détails qui relèvent de cette « vision » qu’il est seul à voir.

Pour prendre un exemple que j’ai donné dans la présentation d’un des voyants que je consulte, quand on m’a dit « vous allez avoir un contrat d’édition par une femme qui va vous faire profiter de son réseau et cela va vous remettre le pied à l’étrier « , j’avais, à ce moment-là, décidé d’arrêter d’écrire, car se faire éditer est actuellement compliqué, et je m’étais heurté à suffisamment de déboires pour y renoncer. Cette prédiction était donc imprévisible, et en particulier dans les détails précis qu’elle révélait. De ce fait, elle fait partie selon moi des authentiques prédictions dont j’ai pu ensuite voir ensuite la réalisation. J’ai en effet été contactée par mon ancienne éditrice qui m’a servi d’intermédiaire auprès d’un autre groupe d’édition, pour faire quelque chose qui était différent de ce que je faisais jusqu’alors, et cela m’a permis de reprendre mon activité d’écriture.

En première conséquence, il faut insister sur le fait que si un voyant, médium, taromancien, astrologue n’est pas capable de faire des prédictions à concurrence de 50% de réussite dans l’ensemble de ses consultations, il est impératif qu’il s’arrête de pratiquer.

Toute personne qui se propose de faire des prédictions doit en effet se sentir responsable des résultats de ses prédictions, car c’est cette responsabilité qui justifie la rémunération, et cela, à égalité avec le temps passé, le don employé, et le savoir-faire appliqué.

Pour seconde conséquence, il faut admettre la nécessité d’un travail de la part des consultants qui doivent faire le tri entre les professionnels des arts divinatoires. Quand je fais une consultation, je note tout. Et je la relis un an après, pour voir la corrélation entre ce qui a été prédit et ce qui s’est réalisé, ou son absence… et je vois  bien alors si j’ai eu,ou non, affaire à un vrai voyant.

Certes, un bon voyant peut rater complètement une consultation, et c’est pourquoi une consultation ratée devrait conduire à une consultation de rattrapage sur les points précis qui ont été évoqués et seulement ceux-là, après une attente raisonnable d’un an. Ce serait au demeurant dans l’intérêt des voyants eux-mêmes que de s’y prêter, puisqu’une consultation ratée va presque immanquablement conduire à l’éviction du voyant par le consultant, alors qu’il peut s’agir d’un bon voyant. Un vrai voyant se rattrape en effet toujours sur la pluralité des consultations. Pour moi, c’est la troisième conséquence de cette obligation de réussite à raison d’au moins 50% des prédictions qui est ce que doit tout voyant à son consultant.

Bien évidemment, la reconsultation impliquerait une forme d’honnêteté de la part des consultants afin de ne pas prétendre à une reconsultation gratuite sans que celle-ci soit fondée sur un échec véritable dans la prédiction passée. Mais il serait simple d’éviter ce genre d’embarras : les voyants devraient, comme tout bon professionnel, garder dix minutes entre chaque consultant pour noter les grandes lignes de ce qu’ils ont dit, ce qui leur permettrait de faire le point sur cette base restreinte, un an après, et si nécessaire.

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Arts divinatoires et déontologie

Le terme de « déontologie » renvoie à la notion d’éthique dans son lien à l’exercice de son métier. Puisque les arts divinatoires sont devenus une profession, ils devraient obéir, comme tout métier, à une déontologie. Bien évidemment, comme pour beaucoup de métiers, celle-ci reste largement implicite.

Il n’existe en effet qu’une douzaine de codes de déontologie, couvrant essentiellement les métiers de la santé, de la police et de la sécurité, de la justice, et ceux de la recherche en psychologie humaine. Cela signifie qu’il y a beaucoup de métiers où la déontologie reste implicite.

Le métier de voyant, de taromancien ou d’astrologue est aux frontières de plusieurs domaines  :  commerce, information et soutien psychologique…

Le code de déontologie des arts divinatoires que certains ont voulu éditer,  comprend souvent une énonciation qui m’a toujours parue fort peu acceptable, et qui vise, selon moi, à défalquer les professionnels des arts divinatoires de toute responsabilité : ils n’auraient que des « obligations de moyens et non de résultats ».

Si le professionnel ne se donne aucune obligation de résultats, c’est, à mon sens, contraire à l’éthique qui se trouve au cœur de la déontologie professionnelle implicite de ce type de métier.

Revenons en effet à la notion d’éthique telle qu’on peut la comprendre au sein, déjà, d’une relation commerciale.

Le philosophe Kant est le premier à avoir clairement défini la relation éthique comme expression du « respect d’autrui ». Respecter autrui, c’est ne jamais l’instrumentaliser, c’est ne jamais oublier qu’il est une personne avec sa dignité, ses propres besoins, ses propres fins, et c’est donc agir en tenant compte de tout ce qui est dû à l’autre, et non exclusivement en fonction de ses propres intérêts.

Ainsi, dans toute relation commerciale à l’autre régie par l’éthique, le vendeur d’une prestation ne doit jamais considérer son client comme le simple moyen de gagner de l’argent mais doit lui rendre un service en proportion de l’argent reçu.

En ce qui concerne les voyants, leur conscience professionnelle devrait les conduire à ne jamais en faire, par exemple, le seul moyen d’avoir de bons retours sur sa page de présentation au sein d’une plateforme.

Le voyant se doit de servir honnêtement les fins du client qui consistent dans le fait pour lui d’être éclairé sur son avenir, d’être aidé à passer un cap difficile, ou dans la connaissance des données lui permettant un libre choix, etc.

Je ne vois pas, personnellement, comment, en ne se donnant « aucune obligation de résultats », le voyant peut traiter le consultant avec respect.

Cela implique entre autres chose qu’un voyant qui n’a pas eu de nombreuses expériences de retours positifs avant de se faire payer, ne devrait pas exercer un tel métier.

Cela signifie aussi qu’en cas de retour négatif, le voyant devrait s’obliger à une vérification, à une nouvelle consultation, à une sorte de service après-vente, dans des limites raisonnables, bien sûr.

À cette obligation de résultats moyens (au moins 50% des prédictions doivent se réaliser en moyenne), il faut ajouter bien d’autres choses, dont certaines sont évidentes : l’honnêteté d’un travail personnel fondé sur un art véritable, lui-même fondé sur un don véritable ou l’apprentissage sérieux d’une technique, la véracité d’une parole qui n’aura aucune complaisance, la bienveillance d’une personnalité qui ne se servira jamais de son don pour asseoir un pouvoir sur son consultant, et bien d’autres choses encore, parfois bien mises en évidence sur différents sites.

Parmi les questions que fait naître la réflexion sur la déontologie du métier de professionnel des arts divinatoires, il y en a une que je voudrais mettre en avant : le voyant ou astrologue ou taromancien peut-il annoncer un avenir contraire aux attentes du consultant, mais aussi parfois bien pire, un avenir très sombre, une aggravation des difficultés, et la mort ou la maladie de personnes proches ?

L’éthique professionnelle fait obligation à ce professionnel de dire la vérité, mais tout autant de la  dire sans la rendre intolérable, insupportable, et accroitre un malaise qui a déjà conduit le consultant à prendre conseil auprès de lui.

Un consultant déjà désespéré par le vécu d’un ensemble de difficultés, qui excèdent ses capacités à les encaisser, ne doit jamais se trouver, devant la prédiction d’un avenir encore plus sombre.

C’est pourtant ce que j’ai vécu: alors que je subissais un harcèlement dans le travail qui durait, j’ai eu affaire à une voyante qui ne m’a pas du tout aidée en me disant mon avenir proche. Cette terrible personne m’a ainsi annoncé que tout serait encore bien pire dans les mois à venir au sein du travail, et que j’allais apprendre que des collègues autour de moi auraient un cancer, et que je serai, enfin, confrontée à un deuil familial, d’une personne très proche, masculine. Ce genre de propos, envoyés par audio, en dehors de tout contexte de dialogue et de rassurance, est selon moi un scandale.

Quand on vient consulter un voyant, ce n’est  pas en effet pour savoir l’avenir de manière brutale, mais pour savoir suffisamment de choses du futur, pour mieux gérer le présent ou pour mieux le supporter.

Ainsi, le voyant n’a pas seulement le devoir d’avoir un don, de dire la vérité, mais de la dire d’une manière qui soit véritablement aidante.

Quelle aide reçoit en effet quelqu’un à qui on annonce brusquement la mort d’un proche ? Et pire encore, sans dire de quel proche il s’agit, ce qui rend le consultant à moitié fou d’angoisses inutiles.

Une voyante qui voit la mort d’un proche de son consultant devrait se taire. Elle peut  aussi l’inciter à se rapprocher de lui, sans lui dévoiler la raison de cette incitation, permettant ainsi au consultant de profiter au mieux du présent, au lieu de l’empoisonner par une souffrance prématurée.

Cet exemple montre à quel point le métier de voyant, pour être exercé au mieux de ses possibilités, implique une déontologie stricte et une intelligence fine de la psychologie humaine. Avoir de la délicatesse n’est pas donné à tout le monde, mais c’est une exigence si on veut exercer ce métier dans le respect de ses consultants.

 

Lilibue

ps :

Pour plus d’information, voici un lien pour lire le code de déontologie proposé par l’Inad à partir duquel, entre autres, nous vous proposons notre réflexion.

http://inad.info/documents/charte-de-deontologie



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